Sciences Po Paris ou HEC ?

Bijour bijour,

Bon, après vous avoir demandé il y a plus d’un an maintenant (souvenirs souvenirs) d’examiner mon dossier pour savoir si, miracle, une prépa voudrait bien de moi, rev’là t’il pas que je reviens à la charge pour vous demander un autre pitit service.
Il se trouve que j’ai appris jeudi soir que j’étais admissible à Sciences Po Paris, que j’avais passé pour le fun et n’avais jamais révisé, donc grosse surprise. Logiquement, je pensais ne pas hésiter entre continuer la prépa HEC dans mon beau lycée (où je peux légitimement espérer inégrer une parisienne l’an prochain, étant donné que je suis dans le TOP 10 à LLG qui fait du 90% dans les parisiennes et plus de 50% sur uniquement HEC) et aller à Pipo, qui me semblait moins « conforme » à mes projets professionnels (bien qu’ils soient plutôt vagues); mais bon, ne voulant pas faire un choix idiot que je pourrais regretter au cas où Pipo m’accepterait à l’issue de l’oral, je me permets de vous demander:

  • Quels sont les débouchés offerts par Pipo en plus/en moins par rapport à HEC ? Pour ceux qui sont identiques, quelle formation est-elle plus prisée par les DRH ? Quid des salaires, progression de carrière ?

  • Est-il réellement envisageable de faire 2 ans à Sciences Po (je rentrerais en deuxième année donc seconde année et troisième année) puis de récupérer une parisienne ? Si oui, quels sont les avantages, inconvénients de ce cursus ?

  • Pour ceux qui connaissent mieux Pipo, quid de la Prep’ENA ? Quid des éventuels doubles cursus ? La troisième année à l’étranger, le choix de la destination se passe comment ?

  • L’ambiance à Sciences Po, très différente de celle que l’on retrouve en ESC ?

  • Last but not least, quel choix feriez-vous ?

Merci d’avance, et bonne journée !

Bin va a Ulm… :laughing:

Sciences-Po, ça ne suffit pas à trouver du boulot. Il faut faire une autre formation après (l’ENA en est un exemple, il y a aussi la magistrature etc.). Alors qu’HEC, c’est une formation clef en main.

Félicitations pour ton admissibilité! Etant très intéressé par Pipo, je vais essayer de répondre à tes questions:

Aerisde a écrit:

  • Quels sont les débouchés offerts par Pipo en plus/en moins par rapport à HEC ? Pour ceux qui sont identiques, quelle formation est-elle plus prisée par les DRH ? Quid des salaires, progression de carrière ?
    La première chose à éviter serait de confondre Sciences Po avec une business school. La différence se fait dans le type de formation, plus généraliste, qui ne se limite pas à t’apprendre la gestion/finance/marketing et que sais-je encore de ce que peut t’apporter une école de commerce. La différence Sc Po/HEC est là, HEC faisant sous-traiter la formation intellectuelle de ses étudiants aux prépas, tandis que Sciences Po dispense les deux volets, intellectuel et pratique/technique.

La différence entre Sciences Po et HEC en termes de débouchés est évidente, Pipo préparant à toutes les carrières de la fonction publique hexagonale et internationale, mais aussi, et c’est pourquoi on peut être amené à les comparer, à la finance, le marketing, la communication, etc., des majeures que tu peux retrouver à HEC. Alors qu’est-ce qui est plus prisé? Dans le même domaine, HEC jouit certainement d’une plus grande notoriété, car je le répète, Sciences Po n’est pas qu’une business school. Néanmoins faudrait pas croire que mettre Sciences Po sur son CV n’est pas un atout!

  • Est-il réellement envisageable de faire 2 ans à Sciences Po (je rentrerais en deuxième année donc seconde année et troisième année) puis de récupérer une parisienne ? Si oui, quels sont les avantages, inconvénients de ce cursus ?

J’ignore s’il est possible de joindre une parisienne en passant par le premier cycle de Sciences Po, tandis qu’il est tout à fait possible de faire l’inverse, intégrer HEC et rejoindre Sciences Po pour le cycle du diplôme (4e et 5e année) qui t’apporteraient plus que le premier cycle. Peut-être y gagnerais-tu, hormis la fameuse troisième année à l’étranger que propose Pipo: Sc Po serait une plus-value s’ajoutant à HEC, et puis une 2e année de prépa t’apporterait aussi bcp. Quand on peut intégrer HEC, comme on peut raisonnablement l’attendre en ce qui te concerne, c’est un plus je pense que d’opter pour HEC d’abord et Pipo ensuite.

  • Pour ceux qui connaissent mieux Pipo, quid de la Prep’ENA ? Quid des éventuels doubles cursus ? La troisième année à l’étranger, le choix de la destination se passe comment ?

La Prep’ENA est principalement réservée aux diplômés de Pipo. Que te dire dessus? Si tu vises HEC, est-ce ensuite pour viser l’ENA? j’avoue ne pas savoir grand chose là-dessus. Pour ce qui est de la troisième année à l’étranger, ça se cogite dès maintenant. Tu peux aller pratiquement partout, à condition d’avoir de bons scores au TOEFL si tu veux aller dans une fac US.

Partie comme tu es, HEC à ta portée, tu peux d’abord faire HEC, plus professionnalisant et non moins prestigieux que Pipo, que tu peux ajouter ensuite!

Je ne te réponds pas sur les débouchés mais sur les études. J’ai une très bonne copine qui était en BL, préparait l’ENS et sciences Po … qu’elle n’a pas réussi. Par contre, elle est rentrée à HEC. Très déçue par le contenu des études. Elle qui aimait la philo, les langues, elle se retrouve à faire du droit des entreprises … qui ne l’intéresse pas beaucoup. Donc c’est une question de goût. Si le critère essentiel est le gros salaire, HEC est envisageable. Si tu n’as pas ton compte d’aliments intellectuels, prend plutôt PIPO … où tout n’est pas intéressant non plus, mais c’est mieux.

Partons du principe d’une chose: si tu intègres Sciences-Po, il te faudra faire un petit effort pour entrer dans la vie active de plein pied: être admis à l’ENA. La fonction publique récupère aussi les admissibles, ce me semble.

Etudes payées, débouchés garantis :smiley:

HEC est plus intégrée dans le tissu professionnel (un peu plus cher aussi :wink: )

Connaissant Aerisde je pense qu’elle va réussir à faire les deux, à moins qu’elle soit tentée par Cachan aussi :smiley:. (Mais nan je te taquineuh)

Aerisde a écrit:

  • Last but not least, quel choix feriez-vous ?

Si j’avais les moyens: HEC.
En effet, Sciences Po, c’est bien joli, mais il faut faire une autre formation après; toute seule, ça n’avance pas à grand-chose (dixit les gens que je connais là-bas).

C’est un peu inutile de comparer Sciences-Po et HEC, tout compte fait…

Sciences-Po vous fait manquer beaucoup de pratique, mais une fois un boulot trouvé, vous aurez plus d’armes qu’à HEC pour avoir des réorientations partout: si vous bossez dans la gestion d’entreprises, avoir suivi Sciences-Po vous servira à vous adapter à différents types d’entreprises ou d’institutions.

HEC permet d’entrer plus rapidement dans la vie active, mais est-ce plus pluridisciplinaire que Sc-Po, je me le demande…

Bref, je pense que question plan de carrière, les deux se valent. C’est un peu le principe de l’embouteillage: vous avez toujours une file qui avance plus vite que l’autre, mais au final, vous avancez à la même vitesse :smiley:

Moi j’aurais choisi HEC, mais cela ne compte pas car j’aime beaucoup l’argent.

Le débat est clos depuis longtemps maintenant mais je me dis que cette question risque d’intéresser encore pendant longtemps, par exemple les littéraires, ce que je suis moi-même.
Ce que j’ai fait, c’est trois ans de prépa puis entrée en 4e année à Sc-Po : franchement, si vous êtes dans une bonne prépa, c’est pas très difficile, et vous avez un avantage énorme sur ceux qui sont passés par la fac et ont cassé le rythme. J’avais pas mal d’amis, de même formation que moi, qui sont allés à HEC, ou à l’ESCP, et, vraiment, tous ont cru mourir (ambiance pourrie, fêtes insupportables pour un littéraire et j’en passe). Ce qui les a « tués » (beaucoup ont vu leur jeunesse passer très vite…) c’est le vide des cours, le fait de mettre son cerveau en sourdine. Ce que je dis peut paraître insultant pour les gens ne venant pas de prépas littéraires, mais pour passer des heures à faire de la micro ou des stats, il faut aimer ça. Or, un littéraire qui aime que le français ou la philo s’y fait très mal. Donc, conséquence très logique, il est pas très bon, même s’il s’en sort (impossible de pas s’en sortir exams super faciles). Et donc, il est non seulement pas très bon dans ce qui devient sa spécialité et son métier, mais en plus il s’ennuie. Il y a souvent un sentiment de frustration très net (je fais pas ce que j’aime vraiment etc)
En revanche, à Sciences Po le littéraire se sent bien mieux (histoire, géo, options etc). Il suit des cours immédiatement rentables, pas mal spécialisés, et est tout de même bien armé pour aller travailler en sortant, même s’il est vrai qu’il peut renchaîner parfois sur une année de formation en plus, ce qui n’est pas grave si l’on considère que j’ai moi-même fini Sc Po à 22 ans - ce qui est trop jeune de toute façon pour aller travailler (23 c’est pareil et c’est le cas d’absolument tous les ex-prépas), question de crédibilité. En plus Sc Po est vraiment une clé d’entrée pour des domaines où les HEC sont très mal vus, tout ce qui touche à la culture (édition, théâtre, musées etc) et que les littéraires aiment bien.
J’ajoute pour finir que la prep’ENA a tendance à tomber en désuétude, Sc Po n’est plus du tout l’antichambre de l’ENA, école qui en revanche devient de plus en plus facile à avoir pour ceux qui vraiment y tiennent (moins de candidats proportionellement plus d’admis, surtout que les provinciaux ont très peu de chances).
Donc c’est simple : si on aime l’éco, on va à HEC, sinon Sc Po.

Ben en même temps, si on n’est pas un minimum interessé par tout ça, pourquoi aller en école de commerce :question: :confused:

Elles ne sont clairement pas faites pour s’épanouir en philosophie ou en histoire, donc bon fallait s’y attendre …

Y’a une petite différence entre HEC et Science-po : Les maths. :smiley:

J’ajoute pour finir que la prep’ENA a tendance à tomber en désuétude, Sc Po n’est plus du tout l’antichambre de l’ENA, école qui en revanche devient de plus en plus facile à avoir pour ceux qui vraiment y tiennent (moins de candidats proportionellement plus d’admis, surtout que les provinciaux ont très peu de chances).

Hmmm… Je suis plus que dubitatif là, sur plusieurs points.

Déjà, dire que l’ENA est de plus en plus facile à avoir parce qu’il y a moins de candidats et plus d’admis n’est vraiment pas pertinent I think. On sait tous que ce qui importe pour juger la sélectivité d’un concours, ce n’est pas tant le nombre de candidats que leur qualité (qui, quoi qu’on en dise, est relativement facile à estimer). Or Sciences-Po Paris n’a peut-être jamais été autant prisé qu’aujourd’hui (étant une des rares filières de prestige n’imposant pas, parmi ses critères de sélection, les mathématiques). Donc je ne vois pas pourquoi il y aurait moins de candidats pour l’ENA (concours externe bien entendu), qui me semble précisément toujours populaire - à juste titre - auprès des étudiants de Pipo qui sont eux-mêmes de plus en plus sévèrement sélectionnés. Et les statistiques sur le site de l’ENA le prouvent :

ena.fr/index.php?page=format … atistiques
ena.fr/index.php?page=format … atistiques

Il y a certes moins de candidats certaines années que d’autres (ça paraît logique…), mais si on devait esquisser une tendance pour ces dernières années, ce serait plutôt pour remarquer qu’après la légère régression de 1998 et des quelques années qui suivent (traumatisme post-mondial de foot ?), le nombre de candidats présents est en hausse. Et parallèlement aussi, apparemment, moins de postes pour le concours externe… Donc ça ne va vraiment pas dans ton sens.

De toute façon, n’oublions pas que l’ENA est sans aucun doute la Grande école française la plus prestigieuse avec l’X, alors même si cela ne rime pas nécessairement avec sélectivité (Ulm est plus sélective que l’X, mais moins prestigieuse tout de même - en tout cas au niveau du grand public), c’est aller un peu vite en besogne que de dire que si on tient vraiment à intégrer l’ENA, c’est largement faisable. Malheureusement, je crains que ce ne soit pas si facile.

Bon je suis d’accord, les provinciaux ont peu de chances d’avoir l’ENA. Mais si Pipo n’est plus l’antichambre de l’ENA, d’où viennent alors ceux qui intègrent ? Quelques normaliens, quelques étudiants issus de la préparation Paris I-ENS et… des Pipo Paris, non ?

Ceci dit, le reste du post m’a beaucoup intéressé, étant en HK AL, ne pouvant passer Pipo cette année, et cherchant des débouchés autres que Normale après la KH (parce que là aussi c’est assez sélectif :unamused: ), c’est-à-dire Pipo ou les écoles de commerce. Et je penche ausss plutôt pour Pipo, car tu confirmes bien les avis que j’avais entendus jusqu’alors. :smiley:

Dernière chose, si tu pouvais me prouver que je raconte n’importe quoi ci-dessus et que tu as raison, tu me ferais super plaisir, parce que j’aimerais bien entrer à l’ENA, et ça m’arrangerait donc bien si la sélection n’était en réalité pas si drastique que ce que je pense (à savoir, pour moi, une des écoles les plus sélectives du système français…). :wink:

Voilà !

Je ne sais pas a priori, les ESC axent leur formation pour que les gens soient opérationnels à la sortie (langues, connaissance pratique de l’entreprise, outils mathématiques et comptables, économie appliquée, travail en équipe élargie ou flexible…), ce n’est pas forcément le cas des Sciences-Po qui sont plus académiques et « hommes du monde ».
Autre différence entre ESC et IEP : le droit.

Après y a en a-t-il une meilleure que d’autre ? Je ne sais pas. Toujours est-il que la presse spécialisée collectionne les histoires de jeunes diplômés utra ambitieux ou trop zêlés, complètement scolaires et sûrs de leur science apprise dans la GRANDE école ou GRANDE université ou GRAND IEP, pondant des rapports ultra philosophiques là où on leur demande une note de synthèse ou des Powerpoint colorés comme au carnaval, illisibles et absolument pas synthétiques. Cela dit, Stiglitz dit de la même chose des grands Manitou du FMI…

N’empeche que hésiter entre Science-po et HEC c’est comme hésiter entre BCPST et MPSI… :confused:

Et un jour, qu’est-ce que j’aimerais pouvoir avoir le choix entre Science-po Paris et HEC… :smiley:

Ceci est une réponse à la khâgneuse qui veut faire l’ENA.
J’ai fini Sc Po en 2003, ce que je disais relève de l’expérience vécue - forcément tu peux trouver ça subjectif.

Sc Po n’est plus l’antichambre de l’ENA dans le sens où l’école s’organise maintenant sur des bases très différentes de celles de l’ENA. Consulte les majeures et tu verras qu’il y en a une multitude qui mènent à des domaines très variés. La fonction publique n’est plus du tout un débouché privilégié pour la majorité des étudiants. C’est plutôt une position de repli quand le marché du travail est déprimé comme ces derniers temps. Quand il est difficile de trouver du travail dans le privé, plus de gens s’inscrivent en prép’ena. La directrice de l’ENA (si elle est toujours en poste actuellement) s’évertue à cacher la baisse d’aura de son école, elle a des relations très tendues avec la rue Saint-Guillaume.

L’ENA n’étant plus cette grande école populaire que tu imagines, elle attire moins les gens brillants. C’est pour cela qu’à mon avis le concours est plus facile (tout est relatif je te le concède) qu’il y a quinze ou vingt ans. Ce sont des choses dont on prend vraiment conscience quand on est à ScPo. L’enseignement que tu y auras (si tu y entres) te montrera que le monde change, que les systèmes de pensée type ENA ne sont plus très très adaptés à ces changements. Je dois aussi dire qu’en venant de khâgne, il est possible que le programme même du concours (finances publiques!) te rebute un peu.

Tu auras à ScPo tout le temps de penser à tout ça. En ce qui concerne la sélectivité de cette école-là, elle existe bel et bien, mais tu dois tenir compte de l’origine des candidats. Les gens qui n’ont fait que la fac ont peu de chances par exemple. La plupart des admis de mon année avaient fait deux, ou plus souvent trois ans de (bonne) prépa. Ensuite c’est une question d’esprit si on peut dire. Il est aussi très important de très bien parler une langue étrangère.
Alors bonne chance!

Je te remercie rienn’estvrai. Ce post là est solide, et m’a bien plus convaincu.

Ah oui, je suis un hypokhâgneux. :wink:

pardon Ben j’ai fait une petite projection semble-t-il!

Le mérite de ScPo est de laisser les choses ouvertes, à la sortie le champ des possibles est très large, et cela, davantage que pour les diplômés des écoles de commerce comparables (HEC, ESCP).

C’est une façon de penser l’enseignement assez novatrice, très très loin de l’image que certains en ont (en gros, conseillers dans les minitères).

Moi par exemple je voudrais être prof de fac (c’est un vieux projet), je suis chargée de cours à la Sorbonne actuellement (allocataire-monitrice) en…histoire de l’art contemporain, ce n’est que le début d’un parcours semé d’embûches (euphémisme). Si ça ne marche pas, je suis assurée de trouver un travail dans un domaine très différent avec le diplôme de ScPo. Et ça, c’et chouette! J’ajoute que l’enseignement en histoire contemporaine à ScPo est plutôt très bon (excellents profs, école doctorale très efficace).

Tu auras compris que les ScPo sont plutôt polyvalents!