Soit un entier. On considère la matrice définie par :
Pour la question 1, exprimer sous la forme où est une matrice de permutation cyclique. Utiliser le fait qu'en caractéristique 2, .
Pour la question 2, observer d'abord que s'exprime linéairement à l'aide de la matrice de la question précédente.
Pour l'implication (ii) (i), utiliser une méthode de descente ou l'argument de divisibilité par les puissances de 2 combiné au caractère borné de la suite.
Pour l'implication (i) (ii), si n'est pas une puissance de 2, utiliser la non-nilpotence de pour construire un vecteur dont l'orbite ne contient pas 0.
morphisme de Frobenius en caractéristique 2 : .
Lien entre une dynamique sur et son comportement modulo .
Étude de la nilpotence par le polynôme caractéristique.
1. Condition de nilpotence de la matrice .
Soit la matrice de la permutation cyclique , c'est-à-dire la matrice dont les coefficients sont si (avec la convention ) et sinon.
On remarque que la matrice s'écrit :
Une matrice est nilpotente si et seulement si son unique valeur propre est , ce qui équivaut à ce que son polynôme caractéristique soit .
Le polynôme caractéristique de est . Comme nous sommes sur , cela s'écrit aussi .
Le polynôme caractéristique de est alors :
En utilisant dans , on obtient :
La matrice est nilpotente si et seulement si .
D'après la formule du binôme de Newton :
Comme dans , la condition devient :
C'est une propriété classique du triangle de Pascal modulo 2 : cette condition est vérifiée si et seulement si est une puissance de 2.
En effet, si , alors par itération du morphisme de Frobenius :
Réciproquement, si n'est pas une puissance de 2, l'écriture binaire de possède au moins deux chiffres non nuls, et le théorème de Lucas (ou une étude directe) montre qu'il existe un coefficient binomial impair.
2. Équivalence sur la convergence de l'itération .
(ii) (i) : Supposons que . Soit . Après une itération, . Posons .
Remarquons que pour tout , . Soit la projection canonique. On a :
Comme est nilpotente, l'est aussi. Ainsi, . Cela implique qu'au bout de étapes, . Tous les coefficients de sont donc des entiers pairs. On peut écrire avec .
De plus, l'application est homogène : . Ainsi, . Par le même raisonnement que précédemment, est un vecteur d'entiers pairs, donc est un vecteur dont tous les coefficients sont divisibles par .
Par récurrence, pour tout , les coefficients de sont divisibles par .
Notons . On a dès que les sont positifs. Ainsi, la suite est une suite décroissante d'entiers naturels. Elle est donc stationnaire. Comme est un multiple de et que cette suite est bornée par , la seule valeur possible pour la limite est . On a donc bien l'existence de tel que .
(i) (ii) : Supposons que ne soit pas une puissance de 2. Alors n'est pas nilpotente. L'endomorphisme induit par sur n'est pas nilpotent, donc il existe un vecteur non nul tel que la suite ne s'annule jamais.
Prenons tel que . Alors pour tout , . Ceci implique que pour tout . L'assertion (i) est donc fausse.
Ne pas oublier que n'est pas linéaire sur à cause de la valeur absolue. C'est le passage au quotient modulo 2 qui permet de retrouver la linéarité.