_3(\mathbb{R})$}
Soit l'application définie par pour toute matrice .
Déterminer l'image de l'application .
Commencer par traiter le cas des matrices diagonalisables en utilisant la surjectivité de la fonction sur .
Étudier le cas des matrices inversibles. On pourra utiliser la décomposition de Dunford (ou une réduction adaptée) et chercher une racine sous la forme en utilisant un développement limité.
Pour les matrices ayant des valeurs propres complexes non réelles, utiliser une base adaptée de pour construire une racine réelle.
Analyser avec soin le cas de la valeur propre nulle. Si , quel lien existe-t-il entre et ? On rappelle que dans , si est nilpotente, alors .
Utilisation de la réduction pour décomposer le problème sur les sous-espaces caractéristiques.
Exploitation de la surjectivité de sur pour les parties diagonalisables.
Construction de racines pour les blocs nilpotents associés à des valeurs propres non nulles.
Condition nécessaire sur la dimension des noyaux itérés pour l'indice de nilpotence.
Analyse du problème.
Soit . Nous cherchons à savoir s'il existe telle que . On note que le polynôme caractéristique est de degré 3, il admet donc au moins une racine réelle.
1. Cas où est diagonalisable sur .}
Supposons avec . Comme l'application est une bijection de dans , on peut poser :
On vérifie immédiatement que et . Toute matrice diagonalisable sur est donc un cube.
2. Cas où admet des valeurs propres non réelles.
Le polynôme possède une racine réelle et deux racines complexes conjuguées et . Il existe une base de de la forme où et , telle que :
Soit le réel tel que et tel que . On définit l'endomorphisme par , et . La matrice de dans la base canonique vérifie . Comme vérifie les mêmes relations sur la base , on a , donc .
3. Cas où est inversible mais non diagonalisable.
Si est inversible, ses valeurs propres réelles sont non nulles. On peut décomposer (via la réduction de Dunford ou l'étude des sous-espaces caractéristiques) en blocs. Pour un bloc associé à une valeur propre , on a avec nilpotente. Comme (en dimension 3), on cherche avec nilpotente. L'équation devient . En posant et en identifiant, on trouve et , soit et .
Ainsi, toute matrice inversible de est un cube.
4. Cas où n'est pas inversible.
Soit telle que . Si , alors et commutent, donc stabilise les sous-espaces caractéristiques de . En particulier, si est nilpotente, est nilpotente. En dimension 3, si est nilpotente, son indice de nilpotence est au plus 3, donc . Ainsi, si est nilpotente, elle est un cube si et seulement si .
De manière plus générale, si 0 est valeur propre de , est un cube si et seulement si son bloc nilpotent associé à 0 est nul (donc de taille 1). Cela revient à dire que l'indice de nilpotence de la partie "nulle" est 1, soit :
5. Synthèse.
Une matrice est un cube si et seulement si elle n'a pas de bloc de taille associé à la valeur propre 0. En dimension 3, cela exclut exactement les matrices où est valeur propre multiple et qui ne sont pas diagonalisables "en 0".
L'image de est l'ensemble des matrices vérifiant :
Une erreur classique est de penser que toute matrice est un cube sous prétexte que est surjective sur . C'est oublier que pour les matrices non diagonalisables, la structure des blocs nilpotents impose des contraintes strictes.