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Agrégation physique externe 2024, épreuve 1Sujet et rapport du jury

Agrégation externe section physique-chimie option physique - Sujet de la première épreuve écrite de la session 2024

Pas encore noté
  • Mécanique des fluides et électromagnétisme des plasmas
  • Propagation d'ondes électromagnétiques et effet de peau
  • Thermodynamique, bilans radiatifs et incertitudes de mesure
  • Cellules photovoltaïques et conversion de puissance
  • Induction électromagnétique et matériaux ferromagnétiques doux
  • Amplificateur opérationnel et traitement numérique du signal

Téléchargements

  • Corrigé : pas encore disponible

Présentation du sujet

Difficile
Conversion de l'énergie solaire : chauffage de la couronne solaire, expérience historique et incertitudes, panneaux photovoltaïques et transformateur (agrégation externe physique-chimie, option physique, composition de physique)
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La composition de physique de l'agrégation externe physique-chimie, option physique, 2024 porte sur la conversion de l'énergie solaire. La première partie établit un modèle analytique du chauffage de la couronne solaire. La deuxième partie prolonge cette étude par des considérations thermodynamiques et un travail sur les incertitudes de mesure. La troisième partie, indépendante, aborde l'électrocinétique, l'induction et le magnétisme des milieux matériels à travers l'étude de cellules photovoltaïques et d'un transformateur.

  1. 1Partie I : chauffage de la couronne solaireÉtablissement d'un modèle analytique du chauffage de la couronne solaire à partir d'équations fondamentales de mécanique des fluides et d'électromagnétisme (propagation d'ondes, effet de peau).
  2. 2Partie II : approche thermodynamique et incertitudesExploitation d'une expérience historique et d'un document, ajustement de données expérimentales et évaluation des incertitudes, notamment pour le flux solaire reçu par la Terre.
  3. 3Partie III : électrocinétique, induction et magnétisme des milieux matérielsÉtude de la caractéristique de cellules photovoltaïques associées et de leur rendement de conversion, puis d'un transformateur avec noyau ferromagnétique doux, d'un montage à amplificateur linéaire intégré et d'un traitement numérique de signal.

Difficile. La moyenne des candidats ayant composé est de 7,2/20 (10,8/20 pour les candidats français admissibles) ; le sujet comportait des questions de niveaux très variés, certaines d'un niveau d'exigence élevé pouvant donner lieu à des développements calculatoires complexes.

L'épreuve en chiffres

Moyenne 7,2 / 20
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Moyenne
7,2/ 20

Source : rapport du jury. Notes publiées par le concours (après harmonisation le cas échéant). Courbe : estimation par une loi normale.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Densité de courant mal établie dans le référentiel mobile · Confusion entre la lame et l'atmosphère pour l'absorption du flux solaire · Écart normalisé confondu avec écart relatif
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Le sujet, centré sur la conversion de l'énergie solaire, répartissait ses points entre restitution de connaissances (20 %) et compétences de la démarche scientifique, les questions de cours représentant au total 42 % du barème. En moyenne, les candidats n'ont abordé que 47 % des questions, avec un taux de réussite de 65 % sur les questions traitées. Le jury s'attendait à un meilleur taux de réussite sur les questions de cours que sur les autres, ce qui n'a pas été le cas, ces questions étant souvent traitées de manière hâtive et superficielle, sans mention des hypothèses ni précision sur les calculs.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Densité de courant mal établie dans le référentiel mobileQ6

    Cette question a posé des difficultés car la densité volumique de courant n'a été considérée qu'en tenant compte des électrons, alors que dans le référentiel dans lequel le conducteur se déplace, les électrons et les ions se déplacent tous deux, le conducteur étant globalement neutre.

    « la densité volumique de courant n'a été considérée qu'en tenant compte des électrons, or da ns le référentiel dans lequel le conducteur se déplace »
  2. 2
    Confusion entre la lame et l'atmosphère pour l'absorption du flux solaireQ25

    Une part très importante des candidats a mal lu l'énoncé et a cru que la lame, au lieu de l'atmosphère, absorbait un tiers du flux énergétique du Soleil, ce qui a empêché d'obtenir un résultat numérique correct.

    « Une part très importante de candidats a mal l u l'énoncé et a cru que la lame, au lieu de l'atmosphère, absorbait un tiers du »
  3. 3
    Écart normalisé confondu avec écart relatifQ29

    La notion d'écart normalisé, pourtant utilisée à bon escient par une partie des candidats, reste méconnue pour le plus grand nombre d'entre eux, et est régulièrement confondue avec la notion d'écart relatif.

    « La notion d'écart normalisé, utilisée à bon escient par une partie des candidats, reste méconnue pour le plus grand nombre d'entre eux »
  4. 4
    Caractéristique de deux cellules photovoltaïques en série mal établieQ37

    L'obtention de la caractéristique de deux cellules photovoltaïques associées en série a été très rarement obtenue de manière correcte.

    « L'obtention de la caractéristique des deux ce llules en série a été très rarement obtenue de manière correcte. »
  5. 5
    Matériau ferromagnétique doux mal définiQ43

    Beaucoup de candidats ont des difficultés à définir un matériau ferromagnétique doux ; un grand nombre d'entre eux pense à tort qu'il s'agit d'un matériau de faible perméabilité relative.

    « Un grand nombre d'entre eux pense qu'il s'agit de matériaux de faible perméabilité relative »
  6. 6
    Dispersion confondue avec atténuationQ20

    Le phénomène de dispersion n'est pas synonyme d'atténuation, confusion que le jury demande explicitement d'éviter dans le vocabulaire scientifique employé.

    « Le phénomène de dispersion n'est pas synonyme d'atténuation. »

Ce qui a été bien réussi

  • Le jury a eu le plaisir d'évaluer des prestations d'excellente qualité ; 11 candidats ont obtenu une moyenne générale supérieure à 15/20.
  • Le candidat ayant rendu la meilleure copie a abordé 96 % des questions et répondu correctement à 88 % des questions abordées.
  • Les meilleurs candidats traitent davantage les questions de cours que les autres questions et y obtiennent un meilleur taux de réussite.

Conseils du jury

  • S'entraîner, pendant la préparation, à rédiger ses réponses dans les conditions du concours, avec un langage clair et précis.
  • Veiller à l'emploi rigoureux du vocabulaire scientifique, par exemple ne pas confondre dispersion et atténuation.
  • Accompagner les calculs de brèves phrases explicatives permettant de comprendre la démarche suivie.
  • Encadrer ou souligner systématiquement le résultat final d'un calcul, avec une unité naturellement associée à la grandeur obtenue.
  • Lire l'énoncé avec soin avant de répondre, puis se relire pour vérifier que la réponse est précise et complète.
  • Ne jamais utiliser comme hypothèse la relation que l'on cherche justement à établir.
  • Ne pas délaisser les questions ouvertes : elles sont bien valorisées dans le barème et il n'est pas nécessaire de les traiter entièrement pour obtenir des points.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

Description

Sujet officiel Agrégation externe en physique, session 2024.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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Libert
Egalité
Fraternité
SESSION 2024

AGREGATION
CONCOURS EXTERNE

Section : PHYSIQUE-CHIMIE
Option : PHYSIQUE

COMPOSITION DE PHYSIQUE
Durée : 5 heures
Calculatrice autorisée selon les modalités de la circulaire du 17 juin 2021 publiée au BOEN du 29 juillet 2021.
L'usage de tout ouvrage de référence, de tout dictionnaire et de tout autre matériel électronique est rigoureusement interdit.
Il appartient au candidat de vérifier qu'il a reçu un sujet complet et correspondant à l'épreuve à laquelle il se présente.
Si vous repérez ce qui vous semble être une erreur d'énoncé, vous devez le signaler très lisiblement sur votre copie, en proposer la correction et poursuivre l'épreuve en conséquence. De même, si cela vous conduit à formuler une ou plusieurs hypothèses, vous devez la (ou les) mentionner explicitement.
NB : Conformément au principe d'anonymat, votre copie ne doit comporter aucun signe distinctif, tel que nom, signature, origine, etc. Si le travail qui vous est demandé consiste notamment en la rédaction d'un projet ou d'une note, vous devrez impérativement vous abstenir de la signer ou de l'identifier.
Le fait de rendre une copie blanche est éliminatoire

INFORMATION AUX CANDIDATS

Vous trouverez ci-après les codes nécessaires vous permettant de compléter les rubriques figurant en en-tête de votre copie
Ces codes doivent être reportés sur chacune des copies que vous remettrez.

Conversion d'énergie solaire

Figure 1 : Couronne solaire visible en France lors de l'éclipse solaire du 11 août 1999.
Ce sujet porte sur différents aspects de la conversion de l'énergie solaire.
La partie II dépend partiellement de la partie I.
La partie III est entièrement indépendante de la partie I et de la partie II.
Il est conseillé de prendre connaissance de l'ensemble de l'énoncé. Les candidats peuvent commencer par traiter la partie III puis aborder les parties I et II s'ils le souhaitent.
La clarté de la rédaction, la correction de la langue et la qualité de la présentation constituent une part importante de l'évaluation de la copie.
Certaines questions sont repérées par une double barre dans la marge. Il s'agit de questions moins guidées pour lesquelles il est attendu une prise d'initiative de la part du candidat. Une argumentation conforme à la démarche scientifique sera valorisée par le correcteur, même si la réponse proposée demeure inaboutie.
Si, au cours de la composition, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit son travail en précisant, le cas échéant, les initiatives qu'il est amené à prendre.

Formulaire d'analyse vectorielle

  • □Pour tout champ de vecteur A⃗, V étant un volume délimité par une surface S :
    ∯ _S A⃗ ⋅ d^2 S^(→−) = ∭_V div(A⃗)d^3 τ
  • ◻(A⃗ ∧ B⃗).C⃗ = A⃗.(B⃗ ∧ C⃗) = − B⃗.(A⃗ ∧ C⃗)
  • □ rot^(→−)(rotA^(→−)) = grad^(→−)(divA⃗) − ΔA⃗
  • ◻rot^(→−)(A⃗ ∧ B⃗) = (B⃗.grad^(→−))A⃗ − (A⃗.grad^(→−))B⃗ + A⃗(divB⃗) − B⃗(divA⃗)
  • ◻(rot^(→−)A⃗) ∧ B⃗ = (B⃗.grad^(→−))A⃗ − grad^(→−)((A⃗.B⃗)/2)
  • □Gradient en coordonnées cylindriques : grad^(→−)f = (∂f)/(∂r)u_r^(→−) + 1/r(∂f)/(∂θ)u_θ^(→−) + (∂f)/(∂z)u_z^(→−)

Valeurs numériques

  • □Rayon du Soleil : R_S = 7, 0 × 10^5 km
  • □Rayon terrestre : R_T = 6380 km
  • □Distance Terre-Soleil (unité astronomique) : D = 1, 5 × 10^8 km
  • □Constante de Stefan-Boltzmann : σ_S = 5, 67 × 10^(− 8) W ⋅ m^(− 2) ⋅ K^(− 4)
  • □Conductivité du cuivre à 25^∘C : σ_(Cu) = 5, 9 × 10^7 S ⋅ m^(− 1)
  • □Constante de Planck réduite : ℏ = h/(2π) = 1, 05 × 10^(− 34) J ⋅ s
  • □Perméabilité magnétique du vide : μ_0 = 1, 26 × 10^(− 6)H ⋅ m^(− 1)
  • □Constante de Boltzmann : k_B = 1, 38 × 10^(− 23) J ⋅ K^(− 1)

I. LES ONDES D'ALFVÉN

La température de surface du Soleil est de quelques milliers de kelvins alors que la couronne solaire, qui correspond à la partie extérieure de l'atmosphère solaire visible lors d'une éclipse, est à une température de l'ordre du million de kelvins. Le mécanisme précis de chauffage de la couronne solaire reste une énigme depuis la mise en évidence des températures élevées de la couronne dans les années 1940. Cependant un scénario impliquant les ondes d'Alfvén fait partie des mécanismes privilégiés par la communauté scientifique.

I.1. Équations de base

Dans cette partie nous allons établir l'existence des ondes d'Alfvén. Ces ondes sont des perturbations se propageant le long des lignes de champ magnétique dans le plasma coronal. Ce dernier sera assimilé à un fluide conducteur de conductivité électrique σ, de densité volumique de courant ȷ⃗, de masse volumique ρ et de viscosité dynamique η. Le champ des vitesses est noté u⃗, le champ de pression p et le champ magnétique B⃗. Ces champs vérifient notamment l'équation de continuité et l'équation de Navier-Stokes :
div(ρu⃗) + (∂ρ)/(∂t) = 0; ρ((∂u⃗)/(∂t) + (u⃗.grad^(→−))u⃗) = − grad^(→−)(p) + ȷ⃗ ∧ B⃗ + ηΔu⃗
  1. En considérant un volume fermé V délimité par une surface fermée S et en réalisant soigneusement un bilan de masse entre deux instants voisins, démontrer l'équation (1).
  2. Dans la suite on considèrera l'écoulement incompressible, de sorte que ρ = ρ_0. Montrer que u⃗ est à flux conservatif.
  3. Décrire brièvement le sens physique des différents termes de l'équation (2) sans excéder deux lignes de réponse par terme.
  4. Les permittivités magnétiques et diélectriques du plasma coronal sont celles du vide. Rappeler les équations de Maxwell dans le vide. Préciser leur expression simplifiée dans l'approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS).
On se placera dans le cadre de cette approximation dans la suite de cette partie.

Changement de référentiel non relativiste du champ électromagnétique.

Un référentiel (R') est en translation uniforme de vitesse u⃗ par rapport à un référentiel (R). Les champs électriques et magnétiques sont notés (E^′^(→−), B^′^(→−)) dans le référentiel (R') et (E⃗, B⃗) dans le référentiel (R). On se place dans l'approximation non relativiste.
5. Justifier en quelques mots l'invariance de la force de Lorentz dans un changement de référentiel.
Utiliser cette invariance pour établir les relations suivantes :
E^′^(→−) = E⃗ + u⃗ ∧ B⃗; B^′^(→−) = B⃗
  1. En utilisant la loi de transformation des vitesses montrer que, pour un conducteur globalement neutre, la densité volumique de courant J⃗ est invariante dans le changement de référentiels (R') et (R).
    Justifier que la loi d'Ohm locale dans un conducteur de conductivité σ animé d'une vitesse u⃗ dans un référentiel (R) dans lequel est évalué le champ électromagnétique (E⃗, B⃗) s'exprime :
J⃗ = σ(E⃗ + u⃗ ∧ B⃗)

I.2. Équation d'induction

Nous nous proposons maintenant d'établir une équation d'évolution pour le champ magnétique dans le plasma coronal.
7. Montrer que B⃗ vérifie l'équation d'induction dans le plasma solaire :
(∂B⃗)/(∂t) = rot^(→−)(u⃗ ∧ B⃗) + η_m ΔB⃗
où η_m = 1/(μ_0 σ) correspond à la diffusivité magnétique.
8. On peut étudier le sens concret de l'équation (3) en se plaçant, dans un premier temps, dans le cas particulier où le champ de vitesse est nul, u⃗ = 0→, et le plasma infini dans le demi-plan z ≥ 0. Donner un exemple de processus physique régi par une équation similaire à l'équation (3) dans le cas où u⃗ = 0→.
Nous cherchons un champ magnétique dont la représentation complexe est de la forme :
B⃗_– = B⃗_S f(z)e^(iωt)
En utilisant l'équation d'induction, retrouvez l'équation différentielle pour la fonction spatiale du champ f(z) :
(d^2 f)/(dz^2) − α^2 f = 0,
où α = (1 + i)√(ω/(2η_m)).
9. Déterminer la solution de l'équation précédente et démontrer que le champ magnétique se propage dans le plasma dans une épaisseur de dimension caractéristique δ que l'on exprimera en fonction de η_m et ω. Commentez l'évolution de cette épaisseur de peau δ en fonction de la conductivité σ et de la pulsation ω.
Dans le cadre d'un écoulement incompressible, on peut transformer l'équation (3) pour faire apparaître deux nouveaux termes :
(∂B⃗)/(∂t) + (u⃗ ⋅ grad^(→−))B⃗ − (B⃗ ⋅ grad ^(→−))u⃗ = η_m ΔB⃗.
  1. A quel type de transport du champ magnétique correspond le terme (u⃗. grad ^(→−))B⃗ ? Proposez en quelques mots une interprétation pour le terme (B⃗.grad^(→−))u⃗. Récrire cette équation en faisant apparaitre la dérivée particulaire (ou dérivée lagrangienne) (DB⃗)/(Dt) du champ magnétique.

I.3. Équation de la quantité de mouvement et paramètres sans dimension

  1. En utilisant les équations de Maxwell, montrer que l'on peut écrire l'équation de quantité de mouvement (2) telle que :
ρ_0((∂u⃗)/(∂t) + (u⃗ ⋅ grad^(→−))u⃗) = − grad^(→−)(p) − grad^(→−)((B^2)/(2μ_0)) + ηΔu⃗ + 1/(μ_0)(B⃗ ⋅ grad^(→−))B⃗
Proposer une interprétation physique du terme − grad^(→−)((B^2)/(2μ_0)). Pour illustrer son propos, le candidat pourra s'appuyer sur un schéma.
On s'intéresse désormais aux phénomènes qui se produisent dans la couronne solaire. Ici, la longueur caractéristique des boucles magnétiques issues du soleil est L = 10^7 m, le champ magnétique caractéristique B_0 ≈ 10^(− 2) T et la vitesse caractéristique U_0 = 10^3 m ⋅ s^(− 1). Le plasma coronal, dans lequel elles se développent, a une masse volumique de ρ_0 ≈ 10^(− 9) kg ⋅ m^(− 3), une viscosité dynamique η = 10^(− 11) Pa ⋅ s, et une conductivité σ = 10^3 Ω^(− 1) ⋅ m^(− 1). On introduit de plus les champs et les opérateurs adimensionnés (marqués par ^∼ ) suivants :
{B~ = B/(B_0); u~ = u/(U_0); t~ = (U_0 t)/L; p~ = p/(ρ_0 U_0^2); grad^(→−) = Lgrad^(→−); Δ˜ = L^2 Δ
L'équation de Navier-Stokes (2) et l'équation de la dynamique du champ magnétique (4) deviennent alors :
(∂u~→)/(∂t~) + (u~→ ⋅ grad^–^(→−))u~→ = − grad^–^(→−)p~ + 1/(Re)Δ˜u~→ + M_A(− grad_–^(→−)(B~^2)/2 + (B~→ ⋅ grad_–^(→−))B~→); (∂B~→)/(∂t~) + (u~→ ⋅ grad_–^(→−))B~→ = (B~→ ⋅ grad^(→−))u~→ + 1/(R_m)Δ~B~→
Dans ces équations, on a fait apparaitre trois nombres sans dimension : le nombre de Reynolds hydrodynamique R_e = (ρ_0 LU_0)/η, le nombre de Reynolds magnétique R_m = (LU_0)/(η_m), et le nombre de Mach alfvénique M_A = (B_0^2)/(μ_0 ρ_0 U_0^2).
12. Chacun de ces nombres peut être interprété comme le rapport de deux grandeurs physiques d'intérêt : pour chacun, préciser lesquelles.
Calculer les ordres de grandeur des nombres sans dimension R_e, R_m, M_A. Quel est le régime d'écoulement? Cet écoulement est-il piloté par le champ hydrodynamique ou par le champ magnétique ?
D'après les ordres de grandeur obtenus, quels termes des équations d'induction (3) et (4) et de l'équation de la quantité de mouvement (5) peut-on négliger ?
Dans la suite on se placera dans le cadre de la magnétohydrodynamique idéale en prenant R_m≫1. Dans cette approximation on peut négliger le phénomène de diffusion du champ magnétique, cela entraîne le «gel» des lignes de champ magnétique et des lignes de courant les unes par rapport aux autres. Les lignes de champ magnétique sont donc contraintes de se déplacer avec le fluide et réciproquement.

I.4. Ondes d'Alfvén

L'écoulement du plasma de la couronne solaire est considéré incompressible et sans gradient de pression hydrodynamique.
13. Récrire les équations (4) et (5) dimensionnées en négligeant les termes qui peuvent l'être selon les résultats de la question 12.
On introduit un champ magnétique constant et uniforme B_0^(→−) = B_0 e_z→. On observe une petite perturbation localisée de la vitesse qui entraîne une perturbation du champ magnétique :
u⃗ = v⃗,; B⃗ = B_0^(→−) + b⃗,
où v⃗ et b⃗ sont des champs d'ordre 1.
Un calcul au premier ordre, non demandé, permet de démontrer que la perturbation b⃗ doit vérifier :
B_0^(→−) ⋅ b⃗ = 0.
  1. Montrer que les champs v⃗ et b⃗ vérifient le système :
(∂b⃗)/(∂t) = B_0∂/(∂z)v⃗; ρ_0(∂v⃗)/(∂t) = 1/(μ_0)B_0∂/(∂z)b⃗
  1. Déterminer l'équation de propagation vérifiée par le champ magnétique b⃗. On introduira une vitesse caractéristique pour ces ondes dites la vitesse d'Alfvén : V_A = (B_0)/(√(ρ_0 μ_0)).
Donner un ordre de grandeur de cette vitesse dans la couronne.
16. En cherchant les solutions de l'équation précédente sous la forme b_–→ = b_0→e^(i(ωt − k_x x − k_y y − k_z z)), établir la relation de dispersion des ondes dites d'Alfvén en faisant apparaître la norme du vecteur d'onde k = ‖k⃗‖, ainsi que l'angle θ entre k⃗ et B_0^(→−).
On note grad^(→−)_k l'opérateur vectoriel défini en coordonnées cartésiennes par l'expression : grad^(→−)_k = ∂/(∂k_x)e_x^(→−) + ∂/(∂k_y)e_y→ + ∂/(∂k_z)e_z→.
17. Donner la signification physique de la vitesse de phase et de la vitesse de groupe. On rappelle que la vitesse de groupe vectorielle s'exprime v_g^(→−) = grad^(→−)_k ω. Exprimer ces deux
vitesses dans le cas des ondes d'Alfvén en fonction de B_0, θ, ρ, μ_0. Commenter en précisant la direction de propagation de l'énergie transportée par l'onde.
18. Montrer que les ondes d'Alfvén sont des ondes transversales. Citez un exemple d'ondes transversales ainsi qu'un exemple d'ondes longitudinales dans un autre domaine de la physique.
19. La solution de l'équation de la vitesse peut aussi être mise sous la forme v⃗_– = v_0^(→−)e^(i(ωt − k_x x − k_y y − k_z z)). Montrer qu'il y a égalité des densités volumiques d'énergie magnétique et cinétique dans ces ondes.
En se plaçant en dehors de l'approximation de la MHD idéale, on ne considère plus R_m≫1. On peut réécrire les équations du système avec le terme de diffusion du champ magnétique :
(∂^2 b⃗)/(∂t^2) − (B_0^2)/(ρ_0 μ_0)(∂^2)/(∂z^2)b⃗ − ∂/(∂t)η_m Δb⃗ = 0
En reprenant le raisonnement précédent on peut déterminer (calculs non demandés) la nouvelle relation de dispersion pour les ondes d'Alfvén : ω^2 − iη_m ωk^2 − V_A^2 k_z^2 = 0.
20. Que représente le terme supplémentaire de cette équation ?
On suppose que le vecteur d'onde est réel. Mettre en évidence deux types de dépendance temporelle possible selon la valeur de k.
Commenter chacun de ces cas.

II. PUISSANCE RAYONNEE PAR LE SOLEIL

II.1. Chauffage dans l'atmosphère solaire

Nous appliquons les résultats de la partie I au plasma que constitue l'atmosphère solaire dans la couronne. Les notations sont celles de la partie I.
Dans la couronne solaire, la longueur caractéristique à considérer est L = 10^7 m, la masse volumique ρ_0 ≈ 10^(− 9) kg ⋅ m^(− 3), la vitesse U_0 = v_⊥ = 10^3 m ⋅ s^(− 1) et le champ magnétique B_0 ≈ 10^(− 2) T. La couronne solaire est transparente au rayonnement, l'émission ne suit donc pas la loi de Stefan mais des lois plus complexes qui dépendent des collisions entre les espèces. En 1941, Alfvén, à partir de mesures du spectre lumineux de la couronne, estima la température de la couronne, T = 10^6 K, ainsi que le flux énergétique nécessaire à son chauffage, Φ_c ≈ 0, 2 × 10^3 W ⋅ m^(− 2). Ces valeurs ont été confirmées depuis.
L'objectif de cette partie est de vérifier si les ondes d'Alfvén peuvent être à l'origine de ce chauffage. Pour cela, on s'intéresse au vecteur de Poynting associé à ces ondes.
21. Rappeler la définition et l'expression mathématique du vecteur de Poynting Π⃗ d'une onde électromagnétique. Quelle est l'unité de ce vecteur ?
On se place à nouveau dans le cadre de la MHD idéale pour laquelle la densité de courant est négligeable dans le plasma.
On s'intéresse à une onde d'Alfvén se propageant selon une ligne de champ magnétique (B⃗ = B_0 e_z→, k⃗ = k_z e_z→) et émergeant de la surface du soleil définie comme un plan défini par les
vecteurs (e_x^(→−), e_y→). Nous rappelons que ces ondes, abordées dans la partie précédente, sont des ondes transversales, qui présentent une égalité des densités volumiques d'énergie magnétique et cinétique. De plus, elles font intervenir une vitesse caractéristique dites la vitesse d'Alfvén : V_A = (B_0)/(√(ρ_0 μ_0)).
22. Écrire la composante selon e_z→ de Π⃗ à partir des composantes transverses de vitesse et de champ magnétique de l'onde ( v_⊥, b_⊥ ) et du champ magnétique porteur ( B_0 e_z→ ).
23. Justifier qu'ici, la composante en z de la vitesse de l'onde est nulle ( v_z = 0 ).
En déduire, à l'aide de la relation entre v_⊥ et b_⊥ rencontrée en question 19 , que le vecteur de Poynting peut s'écrire grâce à la vitesse d'Alfvén, de la masse volumique et de la vitesse caractéristique dans la couronne pour la vitesse de l'onde v_⊥ :
Π_z = ρ_0 v_⊥^2 V_A.
  1. Calculez l'ordre de grandeur de Π_z. Est-il est compatible avec l'ordre de grandeur de flux énergétique nécessaire au chauffage de la couronne solaire Φ_c ≈ 0, 2 × 10^3 W ⋅ m^(− 2) ? Quelle quantité doit-on mesurer sur la longueur d'une boucle magnétique pour définitivement valider que les ondes d'Alfvén sont bien à l'origine du chauffage de la couronne solaire ?

II.2. Energie solaire reçue à la surface de la Terre

Le rayon R_S du Soleil est mesuré de son centre jusqu'à la photosphère. La photosphère est la couche en dessous de laquelle les gaz sont assez condensés pour être opaques ; au-delà de laquelle ils deviennent transparents. La photosphère est ainsi la couche la plus visible à l'œil nu. Jusqu'à la photosphère, le Soleil vérifie les hypothèses du rayonnement du corps noir régi par la loi de Stefan-Boltzmann :
E_(emise) = σ_S T^4,
où E_(emise) est la puissance rayonnée par unité de surface et σ_S ≈ 5, 67 × 10^(− 8) W ⋅ m^(− 2) ⋅ K^(− 4).
La première mesure précise de la température du Soleil fut réalisée par Stefan à partir de cette loi et de l'expérience de Soret. Celui-ci a établi expérimentalement que le flux énergétique du Soleil, sur Terre, était 29 fois plus grand que celui d'une lamelle de métal circulaire chauffée placée devant son appareil de mesure, à une distance telle qu'elle apparaissait sous le même angle que le Soleil. Il avait estimé la température de la lamelle T_ℓ entre 1900^∘C et 2000^∘C.
On admet que l'atmosphère terrestre absorbe, dans les conditions de l'expérience de Soret, une fraction x_(abs) = 1/3 du flux énergétique du Soleil.
25. Déduire de l'expérience de Soret une valeur approchée de la température T_S du Soleil. Estimer l'incertitude sur la valeur obtenue en supposant que celle-ci est essentiellement liée à la mesure de la température T_ℓ.
On peut mesurer la puissance spectrale rayonnée par le Soleil juste en dehors de l'atmosphère terrestre ; on parle de spectre AM 0 . Un tracé du spectre AM 0 est représenté sur la figure 2.
26. Si l'on comparait le spectre AM0 avec le spectre obtenu au niveau de la mer après que la lumière du Soleil a traversé l'atmosphère, quelles différences principales observerait-on ?
On cherche à exploiter les mesures faites en les comparant à la loi de Planck. Sous Python, on a utilisé la fonction curve_fit de la bibliothèque scipy.optimize. Cette fonction réalise un ajustement des points expérimentaux sur une courbe de forme donnée en utilisant la méthode des moindres carrés. Le seul paramètre à ajuster était la valeur de T. Le résultat est donné cidessous, sur la figure 2.
Figure 2 : Spectre solaire hors atmosphère et ajustement avec la loi de Planck
  1. En quelques lignes, expliquer le principe de la méthode dite « des moindres carrés ».
  2. Le maximum de la loi de Planck est donné par la relation : λ_(max) = (2, 899.10^(− 3))/T, où la longueur d'onde est exprimée en mètres et la température en kelvins (loi de déplacement de Wien). Quelle valeur de λ_(max) approximative obtenez-vous par lecture graphique de la figure 2 ? Vérifier que cette valeur est compatible avec la valeur renvoyée par la fonction curve_fit : T = 5761 K.
On admet que la méthode des moindres carrés a permis d'obtenir la température T avec une grande précision.
29. En mettant en œuvre le calcul d'un écart normalisé, indiquer si l'estimation de la température issue de l'expérience de Soret (question 25) est compatible avec la détermination faite à partir de l'ajustement par la méthode des moindres carrés.
On donne le rayon du Soleil : R_S = 7, 0 × 10^5 km. La distance Terre-Soleil moyenne, ou unité astronomique, a pour valeur approchée D = 1, 5 × 10^8 km. On appelle constante solaire, notée F, la puissance surfacique solaire moyenne reçue, hors atmosphère, perpendiculairement aux rayons du Soleil à une distance d'une unité astronomique.
30. Calculer à l'aide des résultats précédents (notamment les questions 25 et 28), la valeur de la constante solaire F. En déduire la valeur du flux solaire moyen en un point de la surface de la Terre.
Une partie de cette énergie est réfléchie vers l'espace ; l'énergie solaire nette reçue par la Terre par rayonnement solaire s'évalue finalement à un flux moyen de 237 W ⋅ m^(− 2). On rappelle que le rayon de la Terre vaut environ R_T = 6380 km.
31. Calculer l'énergie totale reçue par rayonnement solaire par la Terre pendant une année. La consommation totale de l'humanité en énergie primaire est de l'ordre de 1, 6 × 10^5 TWh. Comparer ces deux ordres de grandeur et faire un commentaire succinct.

III. ÉTUDE D'UNE INSTALLATION PHOTOVOLTAÏQUE

Dans cette partie on se propose d'étudier quelques aspects du raccordement de panneaux photovoltaïques au réseau électrique. On s'intéresse uniquement à une installation monophasée, ce qui correspond à la situation, par exemple, d'une installation domestique. Cette installation n'est pas autonome : pour la raccorder au réseau public de distribution de l'électricité :
  • □l'installation doit fournir une tension alternative sinusoïdale de valeur efficace égale à V_2 = 230 V, à la fréquence f = 50 Hz;
  • □cette tension doit obligatoirement être en phase avec la tension du réseau électrique.
On admet que, dans les conditions d'éclairement considérées, la puissance totale délivrée par l'installation photovoltaïque est égale à P = 2, 4 kW.

III.1. Schéma électrique équivalent d'une cellule photovoltaïque

On considère une cellule photovoltaïque en silicium. Celle-ci peut être modélisée par le schéma électrique ci-dessous, où la cellule est connectée à une charge résistive.
Figure 3 : Schéma électrique d'une cellule photovoltaïque sans pertes reliée à une résistance de charge
La diode a pour caractéristique : I_d = I_S(e^(V/(V_T)) − 1) où V_T = 25mV à T = 25^∘C.
On donne, pour une cellule élémentaire dont l'aire exposée au rayonnement vaut 1, 0 cm^2 :
  • ◻ I_S = 1, 0.10^(− 12) A;
  • □ I_(ph) = 40 mA pour une puissance d'éclairement P_L = 100 mW sur la cellule.
  1. Déterminer l'équation de la caractéristique I(V) de la cellule photovoltaïque en fonction de I_(ph), I_S et V_T.
  2. Déterminer l'expression littérale de l'intensité de court-circuit I_(cc) et de la tension en circuit ouvert V_(co). Faire les applications numériques à T = 25^∘C pour une puissance d'éclairement P_L = 100 mW sur la cellule.
On représente ci-dessous la forme de la caractéristique I(V) pour différentes valeurs de l'éclairement.
Figure 4 : Caractéristique intensité - tension de la cellule photovoltaïque sous différentes puissances d'éclairement
  1. On considère dans cette question que la puissance lumineuse reçue vaut P_L = 100 mW. En utilisant le tracé de la caractéristique, déterminer approximativement la valeur de résistance R de charge pour laquelle la cellule délivre une puissance électrique maximale. Donner la valeur numérique de cette puissance P.
  2. On souhaite associer plusieurs cellules élémentaires pour obtenir un panneau tel que, sous des conditions d'éclairement correspondant à E = 1, 0 kW ⋅ m^(− 2), on obtienne une tension aux bornes du panneau de 40 V et une puissance électrique égale à 300 W (par panneau). Déterminer le nombre de cellules élémentaires à associer et préciser la manière de les associer.
  3. Quelle surface de cellules doit-on placer pour obtenir une puissance totale de l'installation de 2,4 kW dans ces conditions d'éclairement (E = 1, 0 kW.m^(− 2)) ? Dans ces conditions, définir et calculer numériquement le rendement de l'installation photovoltaïque. Expliquer par un argument physique pourquoi ce rendement est éloigné de l'unité.
  4. Supposons que l'on associe en série deux cellules photovoltaïques élémentaires inégalement éclairées, l'une étant éclairée par un flux deux fois plus important que l'autre (à cause d'une salissure par exemple). Représenter qualitativement, sur un même graphe, la caractéristique de
    chaque cellule et la caractéristique de l'association en série des deux cellules. L'association en série fonctionne-t-elle de manière satisfaisante ?

III.2. Transformateur élévateur

Pour être couplé au le réseau de distribution, la tension délivrée par le panneau photovoltaïque est transformée, par un onduleur non étudié ici, en une tension quasi-sinusoïdale d'amplitude V_(1 max) = 30 V et de fréquence f = 50 Hz. On utilise un transformateur pour élever cette tension à une valeur compatible avec le réseau.
Dimensionnement du transformateur en absence de pertes
38. Rappeler la définition de la valeur efficace d'une tension périodique v de période T. Donner la valeur numérique de la valeur efficace V_1 du signal délivré par l'onduleur.
On considère un transformateur représenté sur la figure 5.
Figure 5 : Représentation du transformateur.
L'enroulement primaire compte N_1 spires, l'enroulement secondaire en compte N_2. On note m = (N_2)/(N_1).
Les tensions v_1 et v_2 sont sinusoïdales, de valeurs efficaces respectives V_1 et V_2.
  1. Dans le cadre du modèle du transformateur parfait, que peut-on dire du flux du champ magnétique B⃗ à travers toute spire des enroulements primaire et secondaire ? En déduire la loi des tensions, qui relie les valeurs efficaces V_1 et V_2 pour un transformateur parfait.
  2. En déduire la valeur numérique du rapport de transformation m permettant de satisfaire le cahier des charges du raccordement de panneaux photovoltaïques décrit au début de la partie III.
On s'intéresse maintenant au matériau ferromagnétique utilisé ; on ne suppose plus le transformateur parfait et on cherche à quantifier quelques limites physiques à prendre en compte dans sa conception. Dans un matériau ferromagnétique, on définit l'aimantation M⃗ du matériau ferromagnétique, et les courants d'aimantation par J_(lié)^(→−) = rot^(→−)(M⃗). Les autres distributions de courant sont notées J_(libres)^(→−).
On définit 1'aimantation M⃗ d'un matériau comme le moment magnétique d^3 M^(→−) par unité de volume d^3 τ : M⃗ = (d^3 M^(→−))/(d^3 τ).
41. Rappeler la relation permettant d'exprimer le champ magnétique B⃗ en fonction de l'excitation magnétique H⃗ et de l'aimantation M⃗. En déduire l'écriture de l'équation de Maxwell-Ampère reliant H⃗ et J_(lıbres)^(→−) dans 1'approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS) magnétique.
Sur la figure 6, on représente le cycle d'hystérésis réel et idéalisé du matériau utilisé pour la réalisation du transformateur.
Figure 6: Cycle d'hystérésis du matériau (réel à gauche, idéalisé à droite). M et H représentent respectivement la composante de l'aimantation et de l'excitation magnétique dans une même direction.
  1. Recopier le cycle idéalisé et faire figurer la norme M_(sat) de l'aimantation de saturation. Lorsque le matériau est dans la partie linéaire de la caractéristique M(H) de la figure 6, quelle est la relation entre M⃗ et H⃗ ? On introduira la susceptibilité magnétique χ du matériau.
  2. Qu'appelle-t-on un matériau ferromagnétique doux ? Donner un ordre de grandeur typique de la susceptibilité magnétique χ d'un tel matériau. Pour un matériau paramagnétique, quel serait l'ordre de grandeur de χ ? Et pour un matériau diamagnétique ?
  3. Dans la partie linéaire de la caractéristique M(H), montrer que le champ B⃗, est également proportionnel à H⃗. On introduira la perméabilité relative μ_r que l'on exprimera en fonction de χ.
  4. Tracer l'allure du cycle d'hystérésis, réel et idéalisé, représentant B en fonction de H.
Le matériau ferromagnétique utilisé dans le transformateur représenté figure 5 forme un tore de section circulaire constante S. On suppose les normes de B⃗ et H⃗, notées respectivement B et H constantes dans tout le tore ferromagnétique. On note φ = BS le flux du champ B⃗ à travers une section du tore. Pour le matériau choisi ici, le champ magnétique arrive à saturation lorsque B_(sat) = 1, 2 T.
46. On impose N_2 = 300 spires. Déterminer la section S_(min) permettant un fonctionnement du transformateur, dans les conditions nominales définies au début de la partie III, sans saturation du matériau ferromagnétique.
On suppose par la suite que l'on a choisi S = S_(min).
47. Sur la figure 7 on a représenté une ligne de champ de longueur ℓ. En utilisant cette ligne de champ, obtenir la relation d'Hopkinson : N_1 i_1 + N_2 i_2 = ℓ/(μ_0 μ_r S)φ. Que devient cette relation pour un transformateur parfait ?
Figure 7 : Transformateur étudié. Le trait gras en pointillés dans le tore représente une ligne de champ de longueur ℓ.
  1. Quelle est la valeur du rendement en puissance du transformateur dans le cadre du modèle du transformateur parfait ?

Étude simplifiée des pertes dans le transformateur

On cherche maintenant à estimer les pertes dans le transformateur. On se limite aux pertes résistives dans les enroulements (les « pertes cuivre ») et par hystérésis dans le matériau (les « pertes fer »). On suppose que les autres « pertes fer » (courants de Foucault) sont négligeables.
L'enroulement primaire est constitué d'un fil de cuivre de section S_1 = 35, 0 mm^2 et l'enroulement secondaire d'un fil de cuivre de section S_2 = 2, 0 mm^2. On donne la conductivité du cuivre : σ_(Cu) = 5, 9 × 10^7 S.m^(− 1). On suppose pour simplifier que toutes les spires ont pour rayon a = 3, 0 cm.
49. Dans le cadre de ces hypothèses, exprimer et calculer la puissance totale P_(cuivre) dissipée dans les enroulements primaire et secondaire. On prendra I_2 = 12 A comme valeur efficace de l'intensité dans les conditions nominales pour l'enroulement secondaire.
Afin d'estimer maintenant les pertes fer, on propose d'exploiter le relevé du cycle d'hystérésis B(H) du noyau ferromagnétique du transformateur à l'aide du montage de la figure 8. On le réalise à l'aide d'une platine d'acquisition reliée à un ordinateur.
50. En supposant que |N_1 i_1|≫|N_2 i_2|, montrer que la tension v_X mesurée entre l'entrée de la voie X et la masse est proportionnelle à l'excitation magnétique dans le matériau, selon la relation v_X = k_H H.
51. Montrer que si la fréquence du générateur de tension est bien choisie, la tension v_Y mesurée entre l'entrée de la voie Y et la masse est une fonction linéaire du champ magnétique dans le matériau, selon la relation v_Y = k_B B + c^(te).
Figure 8 : Montage proposé pour le relevé du cycle d'hystérésis. On suppose toujours les normes de B→ et H^(→−), notées respectivement B et H constantes dans tout le tore ferromagnétique. L'amplificateur linéaire intégré est idéal.
  1. Le transformateur est alimenté à une fréquence f = 50 Hz. Proposer, en la justifiant brièvement, une valeur pour la période T_e d'échantillonnage des valeurs de v_X et v_Y.
Les pertes fer dans le noyau ferromagnétique du transformateur, de volume V = 1, 5.10^(− 3) m^3, alimenté à la fréquence f, sont données par la relation : P_(fer) = VfA. Le terme A est égal à l'aire du cycle d'hystérésis dans le plan (H, B).
53. Préciser la dimension A et son unité dans le système international (S.I.).
Figure 9 : Relevé du cycle d'hystérésis B(H) du transformateur
Afin d'évaluer ce terme A, on propose d'utiliser un programme informatique en langage Python.
54. Expliquer, en vous aidant d'un schéma, le principe de calcul approché de l'intégrale sur un segment [a, b] d'une fonction continue de la variable réelle f : x ↦ f(x). On notera p le pas d'intégration.
Lors d'une séance de travaux pratiques, deux étudiants proposent les deux codes suivants pour calculer l'aire du cycle ; seul l'un des deux codes s'exécute correctement. On précise que H et B sont des données de type list (listes ou vecteurs) de même dimension contenant les valeurs numériques de l'excitation et du champ magnétique. Ces valeurs sont stockées dans les unités du système international de H et B.
aire=0
for i in range(1,len(H)):
    aire+=B[i]*(H[i]-H[i-1])
aire=abs(aire)
print(aire)
aire=0
i=1
while i<=len(H):
    aire+=B[i]*(H[i]-H[i-1])
aire=abs(aire)
print(aire)
Code informatique proposé par l'étudiant A (à gauche) et B (à droite)
55. Indiquer le code incorrect et proposer une modification à indiquer à l'étudiant qui rencontre des difficultés dans la mise en œuvre de la méthode numérique d'intégration.
56. Quel est le rôle de l'instruction aire=abs(aire) ? Est-elle indispensable ? Justifier la réponse par un argument simple.
Sur le cycle d'hystérésis acquis, le bruit de mesure est observable. On propose aux étudiants de réaliser, avec un même transformateur et un montage identique, dix acquisitions successives et de stocker les valeurs obtenues pour les aires du cycle dans un tableau, recopié ci-dessous.
[662.71, 661.44, 665.52, 687.78, 672.97,
672.23, 666.46, 650.84, 637.25, 634.56]
Valeurs numériques obtenues de l'aire après dix acquisitions successives
57. La moyenne de ces valeurs est égale à 661, 18 J ⋅ m^(− 3), l'écart-type est égal à 15, 51 J ⋅ m^(− 3). Lors de la séance de travaux pratiques, un autre étudiant vous indique avoir trouvé, en appliquant le même protocole sur un transformateur identique, une valeur de 630, 4 J ⋅ m^(− 3) et vous demande votre avis. Que lui répondez-vous ?
58. Déduire des questions précédentes l'expression et la valeur numérique du rendement du transformateur dans ses conditions nominales de fonctionnement. Commenter.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte la composition de physique de l'agrégation externe physique-chimie (option physique) 2024 ?
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Sur quels chapitres porte la composition de physique de l'agrégation externe physique-chimie (option physique) 2024 ?

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Cette composition de physique de l'agrégation externe physique-chimie (option physique) 2024 est-elle difficile ?

Oui : la moyenne de 7,2/20 et le fait que les candidats n'aient abordé en moyenne que 47 % des questions traduisent une épreuve exigeante, même si de très bonnes notes restaient accessibles sans traiter les questions les plus difficiles.

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