ENS Mathématiques 2 MP PC 2007Sujet et corrigé
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Filière MP (groupes MP/MPI et groupe I)
MATHÉMATIQUES MPI 2
Durée : 4 heures
L'usage de calculatrices électroniques de poche à alimentation autonome, non imprimantes et sans document d'accompagnement, est autorisé. Cependant, une seule calculatrice à la fois est admise sur la table ou le poste de travail, et aucun échange n'est autorisé entre les candidats.
Nous notons
C^0(ℝ, ℂ) l'ensemble des fonctions continues de
ℝ dans
ℂ , et
C^k(ℝ, ℂ) le sous-espace des fonctions
k fois continûment dérivables, pour un entier
k ≥ 1 . L'espace
C^∞(ℝ, ℂ) est l'intersection de tous les espaces
C^k(ℝ, ℂ) . Nous adoptons la notation
‖f‖_∞ = sup_(x ∈ ℝ)|f(x)| pour une fonction
f : ℝ → ℂ .
On dira qu'une fonction
f : ℝ → ℂ est hölderienne d'exposant
α ∈ ]0, 1] , si la quantité
est finie. Pour
0 < α < 1 On note
H^α(ℝ, ℂ) l'ensemble des fonctions hölderiennes d'exposant
α . Une fonction
f hölderienne d'exposant 1 est dite lipschitzienne. On note
‖f‖_(Lip) = N_1(f) , et
Lip(ℝ, ℂ) l'ensemble des fonctions lipschitziennes.
Dans tout le problème, on suppose donnée une fonction
g ∈ Lip(ℝ, ℂ) , 1-périodique, ainsi que deux nombres réels
a, b ∈ ℝ , avec
On cherche à étudier certaines propriétés de régularité de la fonction «de type Weierstrass » définie par
Dans la partie I, on se concentre sur des propriétés de régularité élémentaires des fonctions
W .
Les parties II, III et IV ont pour but de montrer que la fonction
W n'est dérivable en aucun point de
ℝ , dans le cas particulier où
g est une fonction cosinus.
La partie V montre que dans un cas plus général, l'alternative suivante est vérifiée : ou bien
W est lipschitzienne, ou bien elle n'est dérivable en aucun point de
ℝ .
Les différentes parties sont raisonnablement indépendantes entre elles, de sorte que chaque partie peut être abordée directement, en admettant, pour les parties III et IV, les résultats de la partie précédente.
I Généralités
- Montrer que la série de la formule (1) définit bien une fonction
W : ℝ → ℂ , qui de plus est continue et bornée. - Dans cette question seulement, on suppose que
b est un entier naturel strictement plus grand que 1 . Montrer queW est 1 -périodique. - Pour une fonction
f : ℝ → ℂ , on définit la fonctionTf : ℝ → ℂ par
La fonction
g étant fixée par l'énoncé, on considère alors l'équation
dont l'inconnue est la fonction
f .
3.a. Montrer queW satisfait l'équation (2).
3.b. Montrer queW est l'unique solution de l'équation (2) qui soit continue et bornée.
4. Dans cette question on suppose quea < 1 .
4.a. Montrer que pour tout entierN , et tout
x, y ∈ ℝ ,
3.a. Montrer que
3.b. Montrer que
4. Dans cette question on suppose que
4.a. Montrer que pour tout entier
4.b. En déduire que
W ∈ H^a(ℝ, ℂ) .
5. On suppose à présent quea = 1 , et que
g est dans
C^2(ℝ, ℂ) .
5.a. Montrer qu'il existe une constanteC > 0 telle que pour tout
x ∈ ℝ et
h ∈ ℝ tel que
|h| ≤ 1 ,
5. On suppose à présent que
5.a. Montrer qu'il existe une constante
5.b. En s'inspirant de la question 4., montrer qu'il existe une constante
C^′ > 0 telle que pour tout
x ∈ ℝ et
h ∈ ℝ tel que
|h| ≤ 1 ,
II Inversion de Fourier
Soit
f ∈ C^0(ℝ, ℂ) une fonction sommable sur
ℝ . On définit une fonction
Ff , appelée transformée de Fourier de
f , par la formule
On note également, pour tout
y ∈ ℝ ,
Le but de cette partie est de montrer la formule dite d'inversion de Fourier (question 6.) pour des fonctions assez régulières, en utilisant des résultats connus sur les séries de Fourier.
Dans toute cette partie, on considère une fonction
f ∈ C^0(ℝ, ℂ) vérifiant
1.a. Montrer que pour tout
h > 0 , la série de terme général
f(nh), n ≥ 0 est sommable.
1.b. Montrer que l'on a la convergence
1.b. Montrer que l'on a la convergence
1.c. Montrer que l'on a la convergence
après avoir donné un sens au terme de gauche.
2. On définit pourT > 0 ,
2. On définit pour
Montrer que cette série de fonctions converge uniformément sur tout intervalle compact de
ℝ , et définit une fonction
f_T continue sur
ℝ , et
T -périodique.
3. On note
3. On note
le
n -ième coefficient de Fourier de
f_T dans la base de Fourier des fonctions
T -périodiques
x ↦ exp(2iπnx/T), n ∈ ℤ . Montrer soigneusement l'égalité
- On suppose de plus, et jusqu'à la fin de cette partie, que
Ff est une fonction continue vérifiant, comme pourf ,
On note
S_(N, T) la
N -ième somme de Fourier de
f_T :
4.a. Montrer que la série trigonométrique (
S_(N, T), N ≥ 0 ) converge uniformément sur
ℝ lorsque
N → ∞ .
4.b. Montrer que l'on a
4.b. Montrer que l'on a
4.c. En déduire que
f_T est somme ponctuelle de sa série de Fourier : pour tout
x ∈ ℝ ,
- Montrer que pour tout
x, f_T(x) converge versf(x) lorsqueT → ∞ . - Déduire des précédentes questions que l'on a la formule d'inversion
III Construction d'une ondelette
- Soit
𝒮 l'ensemble des fonctionsf ∈ C^∞(ℝ, ℂ) telles que pour tout choix dem, n ≥ 0 ,|x^n f^((m))(x)| tend vers 0 lorsque|x| → ∞ , où l'on a notéf^((m)) la dérivéem -ième de la fonctionf .
1.a. Montrer que sif ∈ 𝒮 alors sa transformée de Fourier est dansC^∞(ℝ, ℂ) , et montrer que pour touty ∈ ℝ ,
1.b. Montrer que si
f ∈ 𝒮 alors
Ff ∈ 𝒮 .
2. Soitψ_0 la fonction définie de
ℝ dans
ℝ par
2. Soit
2.a. Montrer que
ψ_0 est continue sur
ℝ .
2.b. Montrer queψ_0 est dérivable sur
ℝ_+∖{0} et que sa dérivée d'ordre
n s'exprime sous la forme
R_n(x)exp(− 1/x) , où
R_n est une fraction rationnelle.
2.c. Montrer queψ_0 est dans
C^∞(ℝ, ℂ) .
2.d. Soienta < b deux réels. Construire une fonction de
C^∞(ℝ, ℂ) prenant des valeurs réelles, strictement positive sur
]a, b[ et nulle ailleurs.
3. Soitb > 0 un nombre réel. Montrer qu'il existe une fonction
Ψ_b ∈ C^0(ℝ, ℂ) sommable ainsi que
x ↦ xΨ_b(x) , telle que
2.b. Montrer que
2.c. Montrer que
2.d. Soient
3. Soit
et dont la transformée de Fourier est strictement positive sur
]1/b, b[ et nulle ailleurs. On pourra utiliser la formule d'inversion de la question II.6.
IV Non-dérivabilité de
W dans le cas
g(x) = cos(2πx)
Dans cette partie, on suppose que la fonction
g est donnée par
g(x) = cos(2πx) pour tout
x ∈ ℝ . On se propose de montrer que la fonction
W associée n'est dérivable en aucun point.
- Soit
f : ℝ → ℂ une fonction continue, bornée, dérivable en un pointx ∈ ℝ . Montrer que l'on peut écrire pour touth ∈ ℝ ,
où
ε_x est une fonction continue bornée sur
ℝ , de limite nulle en 0 .
2. Dans cette question, on considère une fonction continueΨ_b ∈ C^0(ℝ, ℂ) telle que construite en III.3. En particulier,
Ψ_b est sommable ainsi que
x ↦ xΨ_b(x) , et
2. Dans cette question, on considère une fonction continue
Si
f est une fonction continue bornée de
ℝ dans
ℂ , et pour
α > 0 et
x ∈ ℝ , on pose
2.a. Montrer que la définition de
c(α, x) a bien un sens.
2.b. Le réelx étant fixé, montrer que si
f est dérivable en
x , alors
c(α, x) → 0 quand
α → 0 .
3. On rappelle que pour una ∈ ]0, 1] , et
b > 1 ,
2.b. Le réel
3. On rappelle que pour un
3.a. Montrer que
W n'est pas dérivable en 0 .
3.b. Montrer queW n'est dérivable en aucun point de
ℝ .
3.b. Montrer que
V Une alternative pour
W
Dans cette partie, on se place à nouveau dans le cas général d'une fonction
g lipschitzienne 1 -périodique. On suppose par ailleurs que
a ∈ ]0, 1[ , et que
b > 1 est un nombre entier, de sorte que
W est 1 -périodique par I.2.
- On suppose qu'il existe trois réels
x, h, u avech, u > 0 , tels que
Montrer qu'alors,
On pourra utiliser le fait que
W vérifie l'équation (2).
2. On suppose que la quantité‖W‖_(Lip) , éventuellement infinie, est strictement plus grande que
‖g‖_(Lip)/(b^(1 − a) − 1) .
2.a. Montrer qu'il existex_0 ∈ ℝ, u > 0 et
h ∈ ]0, 1[ tels que
2. On suppose que la quantité
2.a. Montrer qu'il existe
2.b. Les nombres
h, u étant fixés par la question précédente, montrer qu'il existe
l > 1 tel que pour tout intervalle
I de longueur
ℓ(I) > l , il existe un réel
x_I vérifiant
{x_I, x_I + h} ⊂ I , et
2.c. Soit
J un sous-intervalle de
ℝ ouvert de longueur
ℓ(J) < 1 , et
N l'unique entier tel que
où
l est défini dans la question précédente. En considérant l'intervalle
I = b^N J = {b^N x :
x ∈ J} , montrer que l'on peut trouver deux nombres distincts
x_J, y_J dans
J , tels que
2.d. En déduire qu'il existe une constante
C > 0 ne dépendant que de
g, a, b , telle que pour tout intervalle
J de longueur
ℓ(J) < 1 , on a
- Déduire des questions précédentes que l'on a l'alternative suivante pour
W :
(i) ou bienW est lipschitzienne avec
(ii) ou bien
W n'est nulle part dérivable.
4. Donner un exemple de fonctiong , non constante, où le premier point de l'alternative précédente est vérifié.
4. Donner un exemple de fonction
Pas de description pour le moment
