ENS Mathématiques 1 MP 2007Sujet et corrigé
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SESSION 2007
Filière MP
MATHÉMATIQUES MPI 1
Épreuve commune aux ENS de Paris, Lyon et Cachan
Durée : 6 heures
L'usage de calculatrice est interdit
Avertissement
La qualité de la rédaction sera un facteur important d'appréciation des copies. On invite donc le candidat à produire des raisonnements clairs, complets et concis. Le candidat peut utiliser les résultats énoncés dans les questions ou parties précédentes; il veillera toutefois à préciser la référence du résultat utilisé.
Les parties I à V sont essentiellement indépendantes les unes des autres, à l'exception près de la dernière question de la partie III.
Objectif
Ce problème est consacré à l'étude des solutions entières d'équations de la forme
où
d et
m sont des entiers strictement positifs et
t un entier positif ou nul.
Notations
On note
N l'ensemble des entiers positifs ou nuls,
Z l'anneau des entiers relatifs,
Q le corps des nombres rationnels,
R le corps des réels et
C le corps des complexes. Pour tout
n ⩾ 2, (Z/nZ)^× désigne l'ensemble des éléments inversibles de l'anneau
Z/nZ ; la multiplication munit
(Z/nZ)^× d'une structure de groupe. On note
ℳ_n(C) l'algèbre des matrices
n × n sur
C .
Pour tout nombre réel
α , on note
⌊α⌋ la partie entière de
α , définie par :
Pour tout ensemble fini
X , on note
♯X son cardinal. Si
Y est une partie d'un ensemble
X , on note
X − Y le complémentaire de
Y dans
X . Pour tout entier
n de
N − {0} , on note
𝔖_n le groupe des permutations de
{1, …, n} . Pour tout entier
n de
N et tout élément
p de
Z , on note
Soit
X une partie de
N . Si
X n'est pas vide, on note
min(X) le plus petit élément de
X et on dit que
min(X) est fini; par contre, si
X est vide, on pose
min(X) = + ∞ .
Partie I Étude de cas particuliers
- Soient
m un entier strictement positif ett un élément deN .
a. Montrer que l'ensemble
est fini.
On note dans la suiteN_1^m(t) son cardinal.
b. Montrer que pour tout entierm ⩾ 2 et tout
t de
N on a la relation
On note dans la suite
b. Montrer que pour tout entier
c. Montrer la formule
pour tout
m de
N − {0} et tout
t de
N .
d.En déduire pour tout entier strictement positifm ,l'équivalence
d.En déduire pour tout entier strictement positif
2.On s'intéresse maintenant au cas où
d = 2 et
m = 3 .
a.Déterminer l'image des applications
a.Déterminer l'image des applications
b.Donner l'ensemble des solutions de l'équation
dans
(Z/8Z)^× × (Z/8Z)^3 .
c.Soitb un entier strictement positif.Montrer que l'équation
c.Soit
n'a pas de solution dans
Q^3 .
d.Soientb un entier strictement positif et
a un entier positif ou nul.Montrer que l'équation
d.Soient
n'admet pas de solution dans
N^3 .
Partie II
Somme de quatre carrés
Dans cette partie on s'intéresse au cas
d = 2 et
m = 4 .
1.Soitp un nombre premier impair.
a.Déterminer le noyau du morphisme de groupes
1.Soit
a.Déterminer le noyau du morphisme de groupes
b.En déduire le cardinal de son image et le cardinal de l'ensemble
c.Montrer que les ensembles
s'intersectent.
d. Montrer qu'il existe des entiers positifs ou nulsx, y et
m avec
0 < m < p tels que
d. Montrer qu'il existe des entiers positifs ou nuls
- On note
H leR -sous-espace vectoriel duR -espace vectorielℳ_2(C) engendré par les matrices
On identifie
R avec son image par l'application
a ↦ a1 . En particulier, on note
a pour
a1 .
a. Montrer que(1, I, J, K) forme une base de
H et que
a. Montrer que
b. Montrer que l'application
τ : H → H définie par
est
R -linéaire et vérifie
c. Montrer qu'il existe une application
N : H → R telle que
On exprimera cette fonction en termes des coordonnées dans la base
(1, I, J, K) .
d. Montrer que
d. Montrer que
Dans le reste de cette partie, on note
- Montrer que
- Soit
p un nombre premier impair.
a. Montrer qu'il existem ∈ {1, …, p − 1} tel quemp appartienne à𝒩_2^4 .
On note
m_0 le plus petit entier strictement positif tel que
m_0 p ∈ 𝒩_2^4 .
b. Soitm un entier pair tel qu'il existe
(x_1, x_2, x_3, x_4) ∈ N^4 avec
b. Soit
(i) Montrer qu'il existe une permutation
σ de
𝔖_4 telle que les entiers
x_(σ(1)) + x_(σ(2)), x_(σ(1)) − x_(σ(2)), x_(σ(3)) + x_(σ(4)) et
x_(σ(3)) − x_(σ(4)) soient tous les quatre pairs et positifs.
(ii) En déduire que(mp)/2 appartient à
𝒩_2^4 .
c. Montrer quem_0 est impair.
d. On suppose quem_0 ≠ 1 . On se donne
(x_1, x_2, x_3, x_4) ∈ N^4 tels que
(ii) En déduire que
c. Montrer que
d. On suppose que
(i) Montrer qu'il existe des entiers
b_1, b_2, b_3 et
b_4 tels que les entiers donnés par
y_i = x_i − b_i m_0 pour
i ∈ {1, 2, 3, 4} satisfassent les trois conditions suivantes :
et
On note
m_1 = (y_1^2 + y_2^2 + y_3^2 + y_4^2)/m_0 .
(ii) Montrer qu'il existe(z_1, z_2, z_3, z_4) ∈ N^4 tels que
(ii) Montrer qu'il existe
et
(On pourra considérer le produit
(x_1 + x_2 I + x_3 J + x_4 K)(y_1 − y_2 I − y_3 J − y_4 K) .)
e. Montrer quem_0 = 1 .
5. Montrer queN = 𝒩_2^4 .
e. Montrer que
5. Montrer que
Partie III Les fonctions
g et
G
Pour tout entier
d strictement positif, on note
et
G(d) = min{m ∈ N|∃t_0 ∈ N, ∀t ∈ N, t ⩾ t_0 ⇒ ∃(x_1, …, x_m) ∈ N^m, t = ∑_(i = 1)^m x_i^d} .
- Soit
d un entier strictement positif.
a. Soitt = 2^d⌊(3/2)^d⌋ − 1 . Soitm un entier strictement positif. Montrer que si(x_1, …, x_m) ∈ N^m vérifie
alors
b. Montrer la relation
- Y a-t-il équivalence entre la finitude de
g(d) et celle deG(d) ? Dans le cas où ils sont tous les deux finis, donner une inégalité entreG(d) etg(d) . - Déterminer
g(2) et comparer la valeur obtenue avec la borne donnée dans la question 1.b. DéterminerG(2) .
Partie IV
Expression intégrale
Soient
d et
m des entiers strictement positifs. Pour tout entier
t de
N , on note
Pour tout nombre réel
B ∈ [1, + ∞[ , on note
On désigne par
f_d^m la fonction
- Montrer que pour tout
n deZ , on a
- Montrer la relation
- Comparer
N_d^m(t, B) etN_d^m(t) siB ⩾ t^(1/d) .
Le reste du problème est consacré aux premières étapes de la démonstration de la finitude de
G(d) , qui passe par une minoration de
N_d^m(t) .
Partie V
Majoration de sommes d'exponentielles
Soient
(G, +) et
(H, +) des groupes commutatifs. Pour toute application
φ de
G dans
H et tout entier
k ⩾ 1 , on définit
En particulier,
- a. Calculer
φ_2 .
b. Montrer que, pour tout entierk strictement positif,
c. Montrer que, pour tout entier
k de
N − {0} et tout
(g_1, …, g_(k + 1)) ∈ G^(k + 1) , on a la relation
d. Montrer que, pour tout entier
k ⩾ 1 et toute permutation
σ de
𝔖_k , on a
- On se place dans le cas où
G est le groupe additif d'un anneau commutatifA . Soitn un entier strictement positif et soit
a. Calculer
φ_2 .
b. Montrer que l'on a
b. Montrer que l'on a
Si
U est une partie du groupe abélien
G , on note pour tout
g de
G ,
On pose également
et pour tout entier
k ⩾ 1 et tout
(g_1, …, g_k) ∈ G^k ,
Par convention, si
k = 0, U(g_1, …, g_k) désigne
U .
3. Montrer que pour tout entierk ⩾ 1 , on a
3. Montrer que pour tout entier
Soit
φ : G → R une application. On note
Soit
U une partie finie de
G ; on considère la somme
- a. Montrer que
b. Montrer que
c. Montrer que
- a. Soit
n un entier strictement positif. Montrer que pour tout(x_1, …, x_n) deR^n ,
b. Montrer que pour tout entier
k ⩾ 2 ,
(On pourra raisonner par récurrence en utilisant le cas
k = 2 .)
Dans la suite de cette partie, on fixe des entiers
d ⩾ 2 et
m ⩾ 1 . Soit
α un nombre réel. Pour tout nombre réel
B de
[1, + ∞[ , on pose
- a. Montrer que pour tous
a, b deZ aveca ⩽ b , toutα deR et toutn deZ , on a l'inégalité
avec la convention que le terme de droite vaut
b − a + 1 si
e(αn) = 1 .
On note pour toutx de
R
On note pour tout
b. Montrer que
c. Montrer que pour tout nombre réel
x, |1 − e(x)| ⩾ ‖x‖ .
d. Montrer que
d. Montrer que
e. On note
et pour tout
(n_1, …, n_(d − 2)) de
([ − B, B] ∩ Z)^(d − 2) , on note
M_B^α(n_1, …, n_(d − 2)) l'entier
(i) Exprimer
N_B^α en termes des
M_B^α(n_1, …, n_(d − 2)) .
(ii) Pour toutt de
R , on note
{t} = t − ⌊t⌋ . Montrer que pour tout
(n_1, …, n_(d − 2)) de
([ − B, B] ∩ Z)^(d − 2) , et tout entier
δ de
N ∩ [0, B[ ,
(ii) Pour tout
(On pourra se donner des éléments convenables
n_(d − 1)^0 et
n_(d − 1)^1 de cet ensemble et considérer les différences
n_(d − 1) − n_(d − 1)^i .)
(iii) En déduire que
(iii) En déduire que
(On pourra se ramener d'abord au cas où
B est entier.)
7. Soientα ∈ R, a ∈ Z, q ∈ N − {0} tels que
pgcd(a, q) = 1 et
7. Soient
a. Fixons
x_0 ∈ Z et soient
y et
y^′ deux entiers tels que
1 ⩽ y ⩽ q, 1 ⩽ y^′ ⩽ q ,
‖α(x_0 + y)‖ < 1/B et
‖α(x_0 + y^′)‖ < 1/B . Montrer que
b. Montrer que le cardinal de l'image dans
Z/qZ de
{z ∈ Z| ‖a/qz‖ < 2/B + 1/q} est majoré par
2q(2/B + 2/q) .
c. En déduire que
c. En déduire que
d.Montrer que
8.Soit
f : N − {0} → R une fonction.On dit que
f est multiplicative si elle vérifie les deux conditions suivantes :
(i)f(1) = 1 ,
(ii)∀a, b ∈ N − {0}, pgcd(a, b) = 1 ⇒ f(ab) = f(a)f(b) .
a.Montrer que la fonctionτ : N − {0} → R définie par
(i)
(ii)
a.Montrer que la fonction
est multiplicative.
b.Montrer que pour tout nombre réelε > 0 ,il existe un nombre réel
C tel que
b.Montrer que pour tout nombre réel
(On pourra d'abord considérer le cas où
n est une puissance d'un nombre premier.)
9.Montrer que pour tout nombre réel
ε > 0 ,il existe un nombre réel
C tel que pour tout
α de
R ,tout
a de
Z et tout
q de
N − {0} tels que
pgcd(a, q) = 1 et
|α − a/q| ⩽ 1/(q^2) ,on ait pour tout
B de
[1, + ∞[ ,
10.Soient
α ∈ R et
N un entier.
a.Montrer qu'il existei ∈ {0, …, N − 1} et
j, k ∈ {0, …, N} avec
j < k tels que
a.Montrer qu'il existe
b.En déduire qu'il existe
a ∈ Z et
q ∈ N − {0} tels que
pgcd(a, q) = 1, q ⩽ N et
Pour tout
Δ ∈ ]0, 1] , tout
B ∈ [1, + ∞[ , tout
a ∈ Z et tout
q ∈ N − {0} , on pose
On définit alors
et
- a. Décrire l'ensemble
𝔐_Δ(B, 1, 1) comme réunion d'intervalles.
b. Montrer que pour toutΔ ∈ ]0, 1] et tout réelB ⩾ 1, 𝔐_Δ(B)( resp.𝔪_Δ(B)) est une réunion finie d'intervalles.
Les intervalles formant
𝔐_Δ(B) (resp.
𝔪_Δ(B) ) sont appelés les arcs majeurs (resp. les arcs mineurs).
12. SoientΔ ∈ ]0, 1], B ∈ [1, + ∞[ et
α ∈ 𝔪_Δ(B)
a. Sia ∈ Z et
q ∈ N − {0} vérifient
|α − a/q| < (B^(Δ − d))/q , montrer que
q > B^Δ .
b. En déduire que pour toutε > 0 , il existe un nombre réel
C ne dépendant que de
d et
ε tel que, pour tout
B de
[1, + ∞[ , on ait
12. Soient
a. Si
b. En déduire que pour tout
- On définit pour tout
α deR ,
Montrer que, pour tout
ε > 0 , il existe un nombre réel
C ne dépendant que de
d, m et
ε tel que, pour tout
Δ ∈ ]0, 1] , pour tout
B de
[1, + ∞[ et tout
α de
𝔪_Δ(B) , on ait
Dans la suite, on notera pour toute fonction
f continue sur
[0, 1] et toute famille finie
(I_i)_(1 ⩽ i ⩽ n) d'intervalles disjoints contenus dans
[0, 1[ ,
- a. Montrer que, pour tout
Δ de]0, 1] et tout réelB ⩾ 1 ,
b. Montrer que, pour tout nombre réel
ε > 0 , il existe un nombre réel
C ne dépendant que de
d, m et
ε tel que, pour tout réel
B ⩾ 1 ,
c. Montrer que si
Δ_1, Δ_2 appartiennent à
]0, 1] avec
Δ_1 < Δ_2 , alors pour tout nombre réel
ε > 0 il existe un nombre réel
C ne dépendant que de
d, m et
ε tel que, pour tout réel
B ⩾ 1 ,
- On suppose que
m > d2^(d − 1) . Montrer que pour toutΔ ∈ ]0, 1] , il existe un nombre réelδ > 0 et un nombre réelC tels que pour tout réelB ⩾ 1 ,
(On pourra considérer des nombres réels
Δ = Δ_0 < Δ_1 < ⋯ < Δ_n = 1 .)
16. On suppose quem > d2^(d − 1) et qu'il existe un nombre réel
Δ ∈ ]0, 1] , un entier positif
t_0 et un nombre réel strictement positif
c tels que, pour tout entier
t ⩾ t_0 ,
16. On suppose que
Que peut-on en déduire sur
G(d) ?
Pas de description pour le moment
