WikiPrépaLivrets

ENS Mathématiques 1 MP 2006Sujet et corrigé

Téléchargements

  • Rapport du jury : non disponible

Présentation du sujet

Le groupe SL_n(Z) : générateurs, réduction modulo p et sous-groupes finis
Afficher ou masquer la section

Le problème étudie le groupe des matrices entières de déterminant 1, SL_n(Z). Il établit d'abord que ce groupe est engendré par les matrices élémentaires M_i,j = I_n + E_i,j, à l'aide d'opérations élémentaires sur les colonnes, puis que la réduction modulo un nombre premier p définit un morphisme surjectif vers SL_n(Z/pZ).

  1. 1Le groupe SL_n(Z)Montrer que SL_n(Z) est un sous-groupe de SL_n(Q), que les matrices élémentaires M_i,j l'engendrent, et que la réduction modulo un nombre premier p définit un morphisme surjectif vers SL_n(Z/pZ).
  2. 2Sous-groupes finis de SL_n(Z)Montrer que tout élément d'un sous-groupe fini de GL_n(R) est diagonalisable sur C, construire un produit scalaire invariant par le groupe, classifier les sous-groupes finis de SL_2(Z) selon leur cardinal, et établir des majorations générales du cardinal d'un sous-groupe fini de SL_n(Z) à l'aide de la trace.
  3. 3Morphismes de groupes et SL_n(Z)Montrer que tout morphisme de SL_n(Z) vers un groupe commutatif est constant, et que tout morphisme de groupes surjectif de SL_n(Z) sur lui-même est bijectif.

Ces sujets peuvent vous intéresser

Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
Afficher ou masquer la section
SESSION 2006

Filière MP

MATHÉMATIQUES MPI 1

Épreuve commune aux ENS de Paris, Lyon et Cachan
Durée : 6 heures
L'usage de calculatrice est interdit

NOTATIONS ET CONVENTIONS

Soit G un groupe et soit S une partie de G. On appelle sous-groupe de G engendré par S l'intersection de tous les sous-groupes de G qui contiennent S. On dit que S engendre G si le sous-groupe de G engendré par S est G.
Un élément g de G est d'ordre fini si le sous-groupe de G engendré par {g} est fini. On appelle alors ordre de g le cardinal de ce sous-groupe. Si G est fini, le cardinal de tout sous-groupe de G divise le cardinal de G; en particulier, tout élément de G est d'ordre fini et son ordre divise le cardinal de G.
Dans tout le problème, n est un entier naturel non nul. Soit k un corps; on note
  • ℳ_n(k) la k-algèbre des matrices carrées à n lignes à coefficients dans k;
  • GL_n(k) le groupe des éléments inversibles de ℳ_n(k);
  • I_n l'élément neutre de GL_n(k), c'est-à-dire la matrice identité de taille n;
  • SL_n(k) le sous-groupe de GL_n(k) formé des matrices de déterminant 1;
  • SL_n(Z) l'ensemble des matrices de SL_n(Q) à coefficients dans Z.
Pour tous éléments distincts i et j de {1, …, n}, on note E_(i, j) l'élément de ℳ_n(Q) dont tous les coefficients sont nuls, sauf celui de la i-ième ligne et de la j-ième colonne, qui vaut 1 . On pose M_(i, j) = I_n + E_(i, j); c'est un élément de SL_n(Z).

Le groupe SL_n(Z)

  1. Montrer que SL_n(Z) est un sous-groupe de SL_n(Q) (on pourra utiliser l'expression de l'inverse d'une matrice en fonction de sa comatrice).
  2. Pour tous entiers distincts i et j dans {1, …, n} et tout entier relatif m, calculer (M_(i, j))^m.
  3. Soit M une matrice à n colonnes, non nécessairement carrée, à coefficients dans Z. On appelle opération élémentaire restreinte sur les colonnes de M la multiplication à droite de M par une matrice (M_(i, j))^m, où m ∈ Z et où i et j sont des éléments distincts de {1, …, n}. Comment s'expriment les colonnes de la matrice M(M_(i, j))^m en fonction de celles de M ?
  4. On suppose n ⩾ 2. Soient a_1, …, a_n des entiers relatifs. Montrer que l'on peut, par des opérations élémentaires restreintes sur ses colonnes, transformer la matrice ligne
(a_1, a_2, ⋯, a_n)
en la matrice ligne
(d, 0, ⋯, 0)
où d est le pgcd positif de a_1, a_2, …, a_n.
5. Montrer que l'ensemble des matrices M_(i, j), pour i et j distincts dans {1, …, n}, engendre le groupe SL_n(Z).
6. Soit p un nombre premier, de sorte que Z/pZ est un corps.
a) Montrer que la réduction modulo p des coefficients d'une matrice permet de définir un morphisme de groupes
φ_(n, p) : SL_n(Z) → SL_n(Z/pZ)
b) Montrer que φ_(n, p) est surjectif (on pourra utiliser la question 4 et raisonner par récurrence sur n ).

Sous-groupes finis de SL_n(Z)

  1. Soit G un sous-groupe fini de GL_n(R).
    a) Montrer que tout élément M de G est diagonalisable sur C et que
Tr(M) = Tr(M^(− 1)) |Tr(M)| ⩽ n
Quels sont les éléments de G de trace n ? Quels sont ceux de trace − n ?
b) Montrer que la matrice
U = ∑_(M ∈ G)^t MM
est symétrique définie positive.
c) On munit R^n du produit scalaire de matrice U dans la base canonique. Montrer que les endomorphismes de R^n dont la matrice dans la base canonique est un élément de G sont orthogonaux pour ce produit scalaire.
8. Soit G un sous-groupe fini de SL_2(Z).
a) Montrer que le groupe G est cyclique (on pourra utiliser la question 7.c)).
b) Montrer que le cardinal de G est 1, 2, 3, 4 ou 6 .
c) Déterminer tous les éléments de SL_2(Z) d'ordre 2 .
d) Caractériser les éléments de SL_2(Z) d'ordre 3, puis 4, puis 6, à l'aide de leur trace.
e) Pour chaque g ∈ {1, 2, 3, 4, 6}, donner un exemple de sous-groupe de_2(Z) de cardinal g.
9. Soit M un élément de SL_3(Z) d'ordre fini. Déterminer les valeurs possibles de sa trace et déterminer l'ordre de M en fonction de celle-ci.
10. Considérons des matrices carrées, à coefficients dans un corps k , dont les lignes et les colonnes sont indexées par un ensemble fini I pas nécessairement ordonné. Si M = (a_(i, j))_(i, j ∈ I) et N = (b_(i, j))_(i, j ∈ I) sont de telles matrices, on définit la trace de M comme ∑_(i ∈ I)a_(i, i), la somme M + N comme la matrice (a_(i, j) + b_(i, j))_(i, j ∈ I) et le produit MN comme la matrice (c_(i, j))_(i, j ∈ I), où c_(i, j) = ∑_(k ∈ I)a_(i, k)b_(k, j). On définit ainsi une k-algèbre; on notera ℳ_I(k) cette algèbre et GL_I(k) le groupe de ses éléments inversibles. Si I est de cardinal n, le choix d'une bijection entre I et {1, …, n} induit un isomorphisme de k-algèbres entre ℳ_I(k) et ℳ_n(k). On identifiera en particulier GL_({1, …, n})(k) et GL_n(k).
Soient I et I^′ des ensembles finis, soit M = (a_(i, j))_(i, j ∈ I) un élément de ℳ_I(R) et soit M^′ = (b_(i^′, j^′))_(i^′, j^′ ∈ I^′) un élément de ℳ_(I^′)(R). On définit un élément M⋆M^′ = (c_((i, i^′), (j, j^′))) de ℳ_(I × I^′)(R) en posant
c_((i, i^′), (j, j^′)) = a_(i, j)b_(i^′, j^′)
pour tous i, j ∈ I et i^′, j^′ ∈ I^′.
Enfin, pour tout entier r strictement positif, on définit un élément M^(⋆r) de ℳ_(I^r)(R) par récurrence sur r en posant M^(⋆1) = M et M^(⋆r) = M^(⋆(r − 1))⋆M.
a) Calculer la trace de M⋆M^′ en fonction de celles de M et de M^′.
b) Soient N un élément de ℳ_I(R) et N^′ un élément de ℳ_(I^′)(R). Exprimer la matrice (MN)⋆(M^′ N^′) en fonction des matrices M⋆M^′ et N⋆N^′.
c) Soit r un entier strictement positif. Montrer qu'en associant à M la matrice M^(⋆r), on définit un morphisme de groupes
ψ_r : GL_I(R) → GL_(I^r)(R)
  1. Soit G un sous-groupe fini de GL_n(R) de cardinal g. On pose
S = ∑_(M ∈ G)M
a) Montrer que la trace de S est un entier divisible par g (on pourra calculer S^2 ).
b) Soit r un entier strictement positif. Décrire le noyau de la restriction à G du morphisme de groupes
ψ_r : GL_n(R) → GL_({1, …, n}^r)(R)
défini dans la question 10.c) (on pourra étudier la trace des éléments de ce noyau).
c) Montrer que pour tout entier naturel r, la somme ∑_(M ∈ G)Tr(M)^r est un entier divisible par g.
12. Soit G un sous-groupe fini de SL_n(Z) de cardinal g.
a) Soit {t_0, t_1, …, t_s} l'ensemble des traces (distinctes) des éléments de G, avec t_0 = n = Tr(I_n). Montrer que
(n − t_1)⋯(n − t_s)
est un entier divisible par g (on pourra poser P(X) = (X − t_1)⋯(X − t_s) et considérer la somme ∑_(M ∈ G)P(Tr(M)) ).
b) En déduire que g divise ( 2n )! et que si n est impair, g divise ( 2n − 1 )!.
c) Si n = 3, montrer que g divise 24 (on pourra utiliser la question 9 ).
13. a) Construire pour chaque entier n ⩾ 2 un sous-groupe de SL_n(Z) de cardinal 2^(n − 1)n ! (si T est l'ensemble des vecteurs colonnes à n lignes dont tous les coefficients sont nuls sauf un qui vaut ± 1, on pourra considérer les matrices qui appliquent l'ensemble T dans lui-même).
b) En déduire le cardinal maximal d'un sous-groupe fini de SL_3(Z).
14. Soit p un nombre premier et soit M un élément de SL_n(Z) d'ordre p. On note m le pgcd positif de tous les coefficients de M − I_n.
a) Montrer que m divise p (on pourra écrire M = I_n + mN et développer (I_n + mN)^p ).
b) Montrer que soit m = 1, soit m = p = 2.
15. Soit G un sous-groupe fini de SL_n(Z) de cardinal g.
a) Montrer que la restriction à G du morphisme de groupes φ_(n, 3) : SL_n(Z) → SL_n(Z/3Z) défini dans la question 6.a) est injective.
b) En déduire que g divise 1/2(3^n − 1)(3^n − 3)⋯(3^n − 3^(n − 1)).
c) Si n = 4, montrer que g divise 5760 .
16. Montrer que tout groupe fini de cardinal g est isomorphe à un sous-groupe de_(SL_g(Z).)

Morphismes de groupes et SL_n(Z)

  1. Montrer qu'il existe un morphisme de groupes surjectif
SL_2(Z) → Z/2Z
(on pourra montrer que SL_2(Z/2Z) est isomorphe à un groupe de permutations).
18. On suppose dans cette question n ⩾ 3.
a) Soient i, j et k des éléments deux à deux distincts de {1, …, n}. Calculer le produit
M_(i, j)M_(j, k)(M_(i, j))^(− 1)(M_(j, k))^(− 1)
b) Soit G un groupe commutatif. Montrer que tout morphisme de groupes SL_n(Z) → G est constant.
19. Soit G un groupe engendré par une partie finie et soit H un groupe fini.
a) Montrer qu'il n'y a qu'un nombre fini de morphismes de groupes de G dans H.
b) Soit u : G → G un morphisme de groupes surjectif. Montrer que pour tout morphisme de groupes v : G → H, on a Ker(u) ⊂ Ker(v).
20. En déduire que tout morphisme de groupes surjectif SL_n(Z) → SL_n(Z) est bijectif.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte ce sujet de maths 1 des ENS MP 2006 ?
Afficher ou masquer la section

Sur quels chapitres porte ce sujet de maths 1 des ENS MP 2006 ?

Il porte sur la théorie des groupes (générateurs, morphismes), l'algèbre linéaire sur les entiers (matrices élémentaires, réduction modulo p) et la réduction des matrices (diagonalisation, trace), autour du groupe SL_n(Z).

Ce sujet demande-t-il de connaître la réduction des endomorphismes ?

Oui, la partie sur les sous-groupes finis utilise la diagonalisabilité sur C des éléments d'ordre fini et des majorations faisant intervenir la trace de ces matrices.

Les parties de ce sujet sont-elles indépendantes ?

La première partie établit des résultats de base (générateurs, réduction modulo p) réutilisés dans les parties suivantes consacrées aux sous-groupes finis et aux morphismes de groupes.

Que démontre la dernière partie de ce sujet sur les morphismes de groupes ?

Elle montre que tout morphisme de groupes de SL_n(Z) dans un groupe commutatif est constant, puis en déduit que tout morphisme surjectif de SL_n(Z) sur lui-même est nécessairement bijectif.

Pas de description pour le moment