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Centrale Mathématiques 1 MP 2006Sujet, corrigé et rapport du jury

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MATHÉMATIQUES I

Notations et objectifs du problème

  • On rappelle qu'une ellipse d'un plan affine euclidien, de demi-axes a et b(a > b > 0), notée ( E_(a, b) ) admet, dans un certain repère orthonormé, une représentation paramétrique de la forme :
{x = acost; y = bsint
( t décrit un segment de longueur 2π ).
  • 𝒞_(2π) désigne le C-espace vectoriel des fonctions continues sur ℝ, 2π - périodiques, à valeurs complexes. On munit cet espace du produit scalaire défini par:
(f|g) = 1/(2π)∫_(− π)^π f(t)^–g(t)dt
  • Pour k ∈ ℤ, n ∈ ℕ et f ∈ 𝒞_(2π) on rappelle les expressions des coefficients de Fourier exponentiels et trigonométriques de f, utiles dans le problème :
c_k(f) = 1/(2π)∫_(− π)^π f(t)e^(− kit)dt, a_n(f) = 1/π∫_(− π)^π f(t)cos(nt)dt.
  • Dans tout le problème r désignera un nombre réel appartenant à l'intervalle ouvert ]0, 1[ et f_r l'élément de 𝒞_(2π) défini par : t ↦ |1 − re^(it)|
    On désignera aussi par 𝒮_r l'ensemble des suites réelles (a_n)_(n ≥ 0) vérifiant, pour tout entier naturel non nul n, la relation :
r(2n + 3)a_(n + 1) − (1 + r^2)2na_n + r(2n − 3)a_(n − 1) = 0
et ℬ_r le sous-ensemble de 𝒮_r constitué des suites ( a_n ) telles que le rayon de convergence de la série entière de terme général a_n z^n soit au moins égal à 1 .
  • Dans tout le problème (α_n)_(n ≥ 0) sera la suite réelle définie par:
α_n = (− ((2n)/n))/(4^n(2n − 1)) pour tout n ∈ ℕ
(Les candidats qui le préfèrent pourront aussi noter C_(2n)^n le coefficient binomial).
  • La partie entière du réel x est notée [x].

Filière MP

  • L'attention des candidats est attirée sur le fait que la notation √z ne sera prise en considération que lorsque z est un nombre réel positif.
  • L'objectif du problème est l'étude de quelques problèmes asymptotiques relatifs à la longueur, notée L(a, b), de l'ellipse ( E_(a, b) ).

Partie I - Préliminaires

I.A - Préciser sur un dessin la signification géométrique du paramètre t intervenant dans le paramétrage (1).
I.B - Prouver rapidement que 𝒮_r et ℬ_r sont des R - espaces vectoriels et préciser la dimension de 𝒮_r.
I.C - Donner sans démonstration l'énoncé précis du théorème de Parseval relatif à un élément f ∈ 𝒞_(2π) (les coefficients de Fourier intervenant dans la formule seront les coefficients exponentiels).
Si f et g sont deux éléments de 𝒞_(2π), prouver, en justifiant d'abord la convergence absolue de la série, la formule :
(f|g) = c_0(f)^–c_0(g) + ∑_(n = 1)^∞(c_n(f)^–c_n(g) + c_(− n)(f)^–c_(− n)(g)).
I.D - Soit n un entier naturel. Exprimer a_n(f_r) à l'aide de c_n(f_r).
I.E - Soient a et b deux réels vérifiant a > b > 0. On pose r = (a − b)/(a + b).
Exprimer, en fonction de a, b et de constantes, le réel (L(a, b))/(a_0(f_r)).

Partie II - .Comportement asymptotique de la suite ( a_n(f_r) )

II.A - Déterminer le rayon de convergence R de la série entière de terme général α_n z^n. On notera f(z) sa somme dans le disque ouvert complexe de centre 0 et de rayon R.
II.B - Soit x un réel appartenant à l'intervalle ouvert ] − R, R[. Donner une relation entre (1 − x)f^′(x) et f(x). En déduire une expression simple de la restriction de f à l'intervalle ouvert ] − R, R[.
II.C - On choisit maintenant un complexe z tel que |z| < R. Déterminer une expression très simple de f(z)^2.
II.D - Prouver, pour r ∈ ]0, 1[ et t ∈ ℝ, la relation : |f(re^(it))|^2 = f_r(t).
II.E - Soit n un entier naturel. En utilisant la question I.C et la précédente, prouver l'égalité :
(c_n(f_r))/(α_n r^n) = ∫_0^(+ ∞)α_([x])(α_(n + [x]))/(α_n)r^(2[x])dx
En déduire la limite de cette suite quand l'entier n tend vers l'infini.
II.F - Prouver que, quand n → ∞ :
a_n(f_r) ∼ (√(1 − r^2)r^n)/(√πn^(3/2)).
En quoi ce résultat corrobore-t-il votre cours sur les séries de Fourier?

Partie III - Approximation de L(a, b)

III.A - Déterminer une équation différentielle linéaire du premier ordre satisfaite par f_r. En déduire que la suite ( a_n(f_r) ) appartient à ℬ_r.
III.B - Pour tout réel r ∈ ]0, 1[, on définit deux suites (A_n(r))_(n ≥ 0) et (B_n(r))_(n ≥ 0) par:
A_0(r) = 1, B_0(r) = 0, A_1(r) = − 2/r(1 + r^2), B_1(r) = 1
et les relations de récurrence, valables pour n ≥ 2 :
A_n(r) = (2n(1 + r^2))/(r(2n − 3))A_(n − 1)(r) − ((2n + 1)/(2n − 5))A_(n − 2)(r); B_n(r) = (2n(1 + r^2))/(r(2n − 3))B_(n − 1)(r) − ((2n + 1)/(2n − 5))B_(n − 2)(r)
on définit également, pour n ≥ 1, la matrice M_n(r) par:
M_n(r) = (A_n(r), − (2n + 3)/(2n − 3)A_(n − 1)(r); B_n(r), − (2n + 3)/(2n − 3)B_(n − 1)(r)).
Pour alléger la rédaction, les candidats pourront remplacer, chaque fois que cela leur paraîtra utile, les expressions A_n(r), B_n(r), M_n(r), par A_n, B_n, M_n.
Pour n ≥ 1, déterminer une matrice T_n, dont les coefficients dépendent de n et r, telle que pour toute suite (a_n)_(n ≥ 0) appartenant à 𝒮_r on ait :
((a_(n − 1))/(a_n)) = T_n((a_n)/(a_(n + 1)))
Écrire, dans le langage de calcul formel de votre choix, des fonctions prenant en argument l'entier n et retournant a_n, A_n, B_n; a_0, a_1 et r seront considérés comme des variables globales. Montrer que, pour tout entier n ≥ 1, on a: M_n = M_(n − 1)T_n.
En déduire le produit matriciel M_n((a_n)/(a_(n + 1))) indépendamment de n
III.C - Soit (u_n)_(n ∈ ℕ) une suite réelle telle qu'existent une suite (ε_n) tendant vers 0 , un réel l, un réel k ∈ ]0, 1[ et un entier N vérifiant :
∀n > N, |u_n − l| ≤ k|u_(n − 1) − l| + ε_n
Montrer que lim_(n → ∞)u_n = l.
III.D - Prouver que :
lim_(n → ∞)A_n a_n(f_r) = (a_0(f_r))/(1 − r^2)
Que dire de la suite de terme général B_n a_n(f_r) lorsque n tend vers l'infini?
III.E - Soient a et b deux réels tels que a > b > 0. On pose r = (a − b)/(a + b). À l'aide des questions II.E et III.D, démontrer que la suite (l_n) définie par :
{l_0 = (a + b)π(1 − r^2)^(3/2); l_1 = l_0(1 + r^2); l_n = (1 + r^2)l_(n − 1) − (r^2(2n + 1)(2n − 3))/(4n(n − 1))l_(n − 2) converge vers L(a, b)

Partie IV - Étude de 𝒮_r et de ℬ_r

IV.A - Soit (a_n)_(n ≥ 0) un élément de 𝒮_r. Prouver l'égalité :
a_1 A_n − a_0 B_n = a_(n + 1)detM_n
IV.B - Calculer detT_n puis detM_n. Donner un équivalent de detM_n.
IV.C - Préciser la dimension et une base de ℬ_r. Soit ( a_n ) un élément de 𝒮_r qui n'appartient pas à ℬ_r. Déterminer un équivalent simple de a_n lorsque n → ∞.

-••FIN •••

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