CCINP Mathématiques 1 MP 2006Sujet, corrigé et rapport du jury
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EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE MP
MATHEMATIQUES 1
Durée : 4 heures
Les calculatrices sont autorisées.
NB : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Le sujet est composé de deux exercices et d'un problème indépendants.
EXERCICE 1
Montrer que les deux séries suivantes sont convergentes puis calculer leur somme.
a.∑_(n ≥ 1)1/(n(n + 1)(n + 2)) .
b.∑_(n ≥ 1)(2^n)/((n − 1)!) .
a.
b.
EXERCICE 2
On considère la fonction
f définie sur
ℝ de la façon suivante :
f est une fonction périodique de période
2π ,
f est une fonction paire et pour tout
x ∈ [0, π] : f(x) = x^2 .
a. Déterminer la série de Fourier de la fonctionf .
b. En déduire, avec soin, les réels :∑_(n = 1)^(+ ∞)((− 1)^n)/(n^2), ∑_(n = 1)^(+ ∞)1/(n^2) et
∑_(n = 0)^(+ ∞)1/((2n + 1)^2) .
c. Déterminer, en énonçant le théorème utilisé, le réel :∑_(n = 1)^(+ ∞)1/(n^4) .
a. Déterminer la série de Fourier de la fonction
b. En déduire, avec soin, les réels :
c. Déterminer, en énonçant le théorème utilisé, le réel :
PROBLEME : Une introduction aux fonctions tests
Dans tout le problème,
ℝ est muni de sa norme naturelle : la valeur absolue.
Toutes les fonctions considérées seront à valeurs dansℝ .
Sih est une fonction de classe
C^k, h^((k)) désigne la dérivée
k -ième de
h .
Sih est une fonction bornée sur
ℝ , on note
‖h‖_∞ = sup_(x ∈ ℝ)|h(x)| .
Une fonction définie surℝ est dite nulle à l'infini si ses limites en
+ ∞ et en
− ∞ sont nulles.
Toutes les fonctions considérées seront à valeurs dans
Si
Si
Une fonction définie sur
Objectifs :
Le support d'une fonction
f définie sur un intervalle
I , noté Supp
f , est l'adhérence de l'ensemble des points où elle ne s'annule pas :
Suppf = {x ∈ I, f(x) ≠ 0}^– .
Une fonction est dite à support compact si son support est une partie compacte deℝ .
On appellera fonction test, une fonction de classeC^∞ sur
ℝ à support compact.
On noteT l'ensemble des fonctions tests. Il est facile de vérifier que
T est une
ℝ -algèbre.
Le but du sujet est de découvrir des fonctions tests dans la partieI et d'en voir deux utilisations; pour l'approximation uniforme de fonctions dans la partie II, et pour démontrer un théorème de Whitney à la partie III.
Les parties II et III sont indépendantes et utilisent des résultats de la partie I.
Une fonction est dite à support compact si son support est une partie compacte de
On appellera fonction test, une fonction de classe
On note
Le but du sujet est de découvrir des fonctions tests dans la partie
Les parties II et III sont indépendantes et utilisent des résultats de la partie I.
I. Découverte des fonctions tests
- Soit
A une partie deℝ . Montrer queA est bornée si et seulement si son adhérenceA¯ est une partie compacte deℝ .
Une fonctionf définie surI est donc à support compact si et seulement si{x ∈ I, f(x) ≠ 0} est une partie bornée deℝ .
2. Quelques exemples
a. On note
u la fonction paire définie sur
ℝ par
u(x) = 4 − x^2 si
x ∈ [0, 2] et
u(x) = 0 si
x > 2 .
Représenter la fonctionu et déterminer son support. La fonction
u est-elle à support compact? La fonction
u est-elle une fonction test?
b. La fonction sinus est-elle une fonction test ?
3. Soith la fonction définie sur
ℝ par
h(x) = e^((− 1)/x) si
x > 0 et
h(x) = 0 si
x ≤ 0 .
a. La fonctionh est, d'après les théorèmes généraux, de classe
C^∞ sur
]0, + ∞[ . Montrer que pour tout entier naturel
k , il existe un polynôme
P_k dont on précisera le degré tel que pour tout réel
x strictement positif,
h^((k))(x) = P_k(1/x)e^((− 1)/x) . En déduire que
h est de classe
C^∞ sur
ℝ .
b. La fonction h est-elle une fonction test ? h est-elle développable en série entière au voisinage de 0 ?
4. On définit surℝ la fonction
φ par
φ(x) = h(− (x + 1)(x − 1)) .
a. Déterminer le support deφ puis justifier que c'est une fonction test. Déterminer les variations de
φ puis tracer l'allure de sa courbe.
b. Déterminer une fonction test dont le support est[3, 8] puis une fonction test dont le support est
[1, 2] ∪ [5, 6] .
5. Déterminer les limites en+ ∞ et
− ∞ d'une fonction définie sur
ℝ à support compact.
Représenter la fonction
b. La fonction sinus est-elle une fonction test ?
3. Soit
a. La fonction
b. La fonction h est-elle une fonction test ? h est-elle développable en série entière au voisinage de 0 ?
4. On définit sur
a. Déterminer le support de
b. Déterminer une fonction test dont le support est
5. Déterminer les limites en
6. Construction d'une suite régularisante
a. Justifier que la fonction
φ de la question 4. est intégrable sur
ℝ et que
∫_(− ∞)^(+ ∞)φ(t)dt > 0 . En déduire l'expression d'une fonction test
ρ positive, de support
[ − 1, 1] , intégrable sur
ℝ et telle que
∫_(− ∞)^(+ ∞)ρ(t)dt = 1 .
Pour tout entier naturel non nuln , on définit sur
ℝ la fonction
ρ_n par
ρ_n(x) = nρ(nx) . La suite de fonctions
(ρ_n)_n est appelée suite régularisante.
b. Pour tout entier naturel non nuln , déterminer le support de
ρ_n et calculer
∫_(− ∞)^(+ ∞)ρ_n(t)dt .
Pour tout entier naturel non nul
b. Pour tout entier naturel non nul
II. Approximation uniforme sur
ℝ par des fonctions de classe
C^∞ ou par des fonctions tests
Un théorème de Weierstrass nous dit que toute fonction continue sur un segment peut être approchée uniformément par des fonctions polynômes.
Voyons ce qu'il en est si la fonction est continue sur
ℝ tout entier (donc sur un intervalle non borné).
7. L'approximation polynomiale ne convient plus
Soit
(P_n)_n une suite de fonctions polynômes qui converge uniformément sur
ℝ vers une fonction
f .
a. Justifier qu'il existe un entier naturelN tel que pour tout entier naturel
n supérieur ou égal à
N , on ait pour tout réel
x, |P_n(x) − P_N(x)| ≤ 1 .
Que peut-on en déduire quant au degré des fonctions polynômesP_n − P_N lorsque
n ≥ N ?
b. Conclure quef est nécessairement une fonction polynôme.
a. Justifier qu'il existe un entier naturel
Que peut-on en déduire quant au degré des fonctions polynômes
b. Conclure que
Nous allons toutefois démontrer qu'il est possible d'approcher certaines fonctions uniformément sur
ℝ , non pas par des fonctions polynômes, mais par des fonctions de classe
C^∞ , ou par des fonctions tests.
Plus précisément, nous allons démontrer les deux résultats d'approximation suivants :
(A_1) : toute fonction continue sur
ℝ , nulle à l'infini est limite uniforme sur
ℝ d'une suite de fonctions continues sur
ℝ à support compact.
(A_2) : toute fonction continue sur
ℝ à support compact, est limite uniforme sur
ℝ d'une suite de fonctions tests.
L'approximation (A_1 ) est un résultat préliminaire, qui est démontré à la question 8 .
8. Approximation d'une fonction continue nulle à l'infini par une suite de fonctions continues à support compact
Pour tout entier natureln , on définit sur
ℝ , la fonction paire
z_n par
z_n(x) = 1 si
x ∈ [0, n[ ,
z_n(x) = − x + n + 1 si
x ∈ [n, n + 1[ et
z_n(x) = 0 si
x ∈ [n + 1, + ∞[ .
a. Représenter graphiquement la fonctionz_n . Déterminer la limite simple de la suite de fonctions
(z_n) . La convergence est-elle uniforme sur
ℝ ?
b. Soitg une fonction continue sur
ℝ , nulle à l'infini. Démontrer que la fonction
g est bornée sur
ℝ . On peut donc poser pour tout entier naturel
n, α_n = sup_(|x| ≥ n)|g(x)| .
c. Etudier la monotonie de la suite (α_n ) puis déterminer sa limite lorsque
n tend vers
+ ∞ .
d. Pour tout entier natureln , on définit la fonction
g_n en posant
g_n = gz_n . Déterminer un réel
k tel que pour tout entier naturel
n, ‖g_n − g‖_∞ ≤ kα_n .
e. En déduire le résultat d'approximation(A_1) : toute fonction continue sur
ℝ , nulle à l'infini peut être approchée uniformément sur
ℝ par une suite de fonctions continues sur
ℝ à support compact.
L'approximation (
8. Approximation d'une fonction continue nulle à l'infini par une suite de fonctions continues à support compact
Pour tout entier naturel
a. Représenter graphiquement la fonction
b. Soit
c. Etudier la monotonie de la suite (
d. Pour tout entier naturel
e. En déduire le résultat d'approximation
Dans les questions 9., 10., et 11.,
f désigne une fonction continue sur
ℝ et
g désigne une fonction continue à support compact. Il existe donc un réel
R > 0 tel que
Suppg ⊂ [ − R, R] .
9. Convolution
a. Justifier que, pour tout réel
x , l'application
t ↦ g(t)f(x − t) est intégrable sur
ℝ . On définit alors sur
ℝ la fonction
g∗f par
(g∗f)(x) = ∫_(− ∞)^(+ ∞)g(t)f(x − t)dt . On dit que
g^∗ f est le produit de convolution de
g par
f .
b. Soitx un réel, montrer que l'application
t ↦ f(t)g(x − t) est intégrable sur
ℝ .
b. Soit
On définit donc sur
ℝ la fonction
f∗g par
(f∗g)(x) = ∫_(− ∞)^(+ ∞)f(t)g(x − t)dt . Comparer les fonctions
f∗g et
g∗f .
10. Support d'une convolution
a. Dans cette question, on suppose de plus que
f est à support compact, il existe donc un réel
S > 0 tel que Supp
f ⊂ [ − S, S] . Si
x > R + S , que vaut
(f∗g)(x) ? En déduire que
f∗g est aussi à support compact.
b. Montrer que si la fonctionfn 'est pas à support compact,
f∗g n'est pas nécessairement à support compact.
b. Montrer que si la fonction
11. Dérivation d'une convolution
a. Soit
a un réel strictement positif. Justifier que pour tout
x ∈ [ − a, a] ,
(f∗g)(x) = ∫_(− a − R)^(a + R)f(t)g(x − t)dt .
b. Montrer que sig est de plus supposée de classe
C^1 , alors
f∗g est de classe
C^1 . Écrire alors
(f∗g)^′ à l'aide d'un produit de convolution.
b. Montrer que si
Si on suppose de plus, que
g est de classe
C^∞ sur
ℝ , on démontre de la même manière et on l'admettra que
f∗g est également de classe
C^∞ sur
ℝ .
12. Application à l'approximation
a. Soit
n un entier naturel non nul,
ρ_n désigne la fonction test introduite dans la question 6., montrer que pour tout réel
x, |f∗ρ_n(x) − f(x)| ≤ ∫_((− 1)/n)^(1/n)|f(x − t) − f(x)|ρ_n(t)dt .
b. On suppose de plus quef est uniformément continue sur
ℝ .
b. On suppose de plus que
Montrer avec soin que la suite de fonctions
(f∗ρ_n)_(n ≥ 1) est une suite de fonctions de classe
C^∞ qui converge uniformément sur
ℝ vers
f .
c. En déduire le résultat d'approximation (A_2 ): toute fonction continue sur
ℝ à support compact, est limite uniforme sur
ℝ d'une suite de fonctions tests (on pourra utiliser librement le résultat suivant: une fonction continue sur
ℝ , nulle à l'infini, est uniformément continue sur
ℝ ).
c. En déduire le résultat d'approximation (
Remarque: L'espace des fonctions tests joue un rôle important en analyse, notamment dans la théorie des distributions pour la résolution d'équations aux dérivées partielles.
III. Théorème de Whitney
Le but de cette partie est de démontrer le théorème suivant:
Théorème de Whitney : SiF est une partie fermée de
ℝ , alors il existe une fonction
f de classe
C^∞ sur
ℝ telle que
F = Z(f) où
Z(f) = {x ∈ ℝ, f(x) = 0} .
13. Justifier que la réciproque du théorème de Whitney est vraie.
14. Une première tentative de preuve...infructueuse
Théorème de Whitney : Si
13. Justifier que la réciproque du théorème de Whitney est vraie.
14. Une première tentative de preuve...infructueuse
Soit
F une partie fermée de
ℝ .
Pour tout réelx , on note
d(x, F) = inf_(y ∈ F)|x − y| et
d_F l'application définie sur
ℝ par
d_F(x) = d(x, F) .
DéterminerZ(d_F) . Quelle propriété notée
(P) devrait vérifier l'application
d_F pour que le théorème de Whitney puisse être démontré ?
Représenter graphiquementd_F dans le cas particulier où
F = ] − ∞, − 1] ∪ [1, + ∞[ .
d_F vérifie-t-elle cette propriété ( P ) ? Justifier votre réponse.
15. Utilisation de fonctions tests
Pour tout réel
Déterminer
Représenter graphiquement
15. Utilisation de fonctions tests
Démontrer le théorème de Whitney dans les cas suivants :
(i)F est le complémentaire d'un intervalle ouvert
]a, b[ .
(ii)F est le complémentaire de la réunion de deux intervalles ouverts disjoints.
16. Démontrer le théorème de Whitney dans le cas général. On utilisera librement le résultat suivant: une partie ouverteΩ de
ℝ , peut s'écrire comme une réunion finie ou dénombrable d'intervalles ouverts disjoints, c'est-à-dire
Ω = ⋃_(k ∈ I)]a_k, b_k[ , où
I est une partie de
ℕ .
(i)
(ii)
16. Démontrer le théorème de Whitney dans le cas général. On utilisera librement le résultat suivant: une partie ouverte
Fin de l'énoncé
Pas de description pour le moment
