ENS Physique Chimie L PC 2012Sujet
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ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE DE LYON
COMPOSITION DE PHYSIQUE-CHIMIE - (L)
(Durée : 5 heures)
L'usage des calculatrices de poche est autorisé, y compris les calculatrices programmables et alphanumériques ou à écran graphique, à condition que leur fonctionnement soit autonome et qu'il ne soit pas fait usage d'imprimante.
Les candidats rédigeront impérativement chacune des deux parties, celle se rapportant à la physique et celle se rapportant à la chimie, sur des copies distinctes et sur lesquelles ils porteront la mention "PHYSIQUE" ou "CHIMIE". Par ailleurs, ils indiqueront très clairement les références des questions abordées.
Application de la résonance magnétique nucléaire à la caractérisation de composés chimiques
La spectroscopie par résonance magnétique nucléaire (RMN) est une technique de caractérisation physico-chimique qui trouve des applications en physique, chimie, biochimie et médecine. Son application en médecine est connue sous le nom d'imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM). Elle permet d'obtenir une image en coupe des tissus organiques.
- Partie physique Principe de la résonance magnétique nucléaire
Nous nous proposons de décrire l'interaction d'un moment magnétique avec un champ magnétique et d'étudier son application en résonance magnétique nucléaire. Nous analyserons le cas particulier où le moment magnétique est celui porté par une particule élémentaire telle qu'un électron ou un proton. Nous établirons que le comportement dynamique de ces particules, dans un échantillon soumis à une champ magnétique, renseigne sur leur environnement atomique. Cette étude comprend quatre parties. La première présente le cadre général de la RMN. Les deuxième et troisième parties s'intéressent à la résonance sous irradiation continue puis pulsée. En dernière partie, nous aborderons quelques aspects expérimentaux. Les trois premières parties sont liées et il est conseillé de les traiter chronologiquement. La dernière est indépendante.
Définitions.
-
R_0 est le référentiel du laboratoire d'origineO , associé à la base orthonormée directe (O, u⃗_x, u⃗_y, u⃗_z ), et supposé galiléen. -
R_1 est le répère d'origineO , associé à la base orthonormée directe (O, u⃗_X, u⃗_Y, u⃗_Z ) qui se déduit deR_0 par une rotation autour de l'axeu⃗_z = u⃗_Z , de vitesse angulaireω⃗_(1/0) = ω_(1/0)u⃗_z . - Pour un vecteur
X⃗(t) (a priori exprimé dansR_1 ) nous avons la relation de dérivation :
- Un moment magnétique
μ⃗ , soumis à un champ magnétiqueB⃗ , subit de sa part un momentΓ⃗ = μ⃗ ∧ B⃗ et une forceF⃗ = (μ⃗ ⋅ grad^(→−))B⃗ . - Une fréquence (
ν ouf ) sera toujours une grandeur positive, même si elle se rapporte à une pulsation (orientée) négative.
Constantes fondamentales.
| Charge électrique élémentaire : |
|
|
C |
| Masse de l'électron : |
|
|
kg |
| Rapport gyromagnétique du proton : |
|
|
|
| Perméabilité magnétique du vide : |
|
|
|
I Introduction.
I.A Relation moment magnétique-moment cinétique.
- Considérons un électron, de masse
m_e et de chargeq_e , en mouvement circulaire uniforme à la vitessev et à une distancer d'un noyau placé enO (modèle planétaire). Nous notons (u⃗_r, u⃗_θ, u⃗_z ) les vecteurs de base des coordonnées polaires tels queu⃗_z est perpendiculaire au plan de la trajectoire. Exprimer le moment cinétiqueℓ⃗ de l'électron par rapport au pointO , en fonction dem_e, r etv . - Nous assimilons l'orbite circulaire électronique à une boucle de courant parcourue par un courant
I . Exprimer ce courant en fonction der, v etq_e . - Nous notons
μ⃗ le moment magnétique de la boucle de courant. Établir qu'il s'écritμ⃗ = γ_e^c ℓ⃗ et exprimer le facteur gyromagnétiqueγ_e^c . - La mécanique quantique (relativiste) révèle que le facteur gyromagnétique de l'électron est le double de celui obtenu par cette approche classique. En déduire la valeur numérique du facteur gyromagnétique
γ_e de l'électron, associé à son mouvement orbital.
Ici établie pour le mouvement orbital de l'électron, la relation de linéarité entre le moment magnétique et le moment cinétique se généralise au spin de l'électron, du proton ou du neutron.
I.B Relaxation nucléaire.
Nous considérons un échantillon de volume
V constitué d'un ensemble de molécules organiques comportant N protons
(H^i)_(i ∈ [1, N]) chimiquement identiques et indépendants. Chaque proton possède un moment cinétique
ℓ⃗_i et un moment magnétique
μ⃗_i = γℓ⃗_i (mesurés dans le référentiel du laboratoire). Dans toute la suite, nous ne nous intéresserons qu'aux protons de l'échantillon.
5. Exprimer le moment magnétique globalM^(→−) de l'échantillon, en fonction du moment cinétique des protons.
Dans la suite, ce moment magnétique global sera appelé (abusivement) "aimantation" et noté plus simplementM⃗ .
6. On applique un champ magnétique constant et uniformeB⃗_0 = B_0 u⃗_z(B_0 > 0) à l'échantillon. Exprimer la force
F⃗_i et le moment
Γ⃗_i qu'exerce le champ magnétique sur un proton
H^i . En déduire l'équation différentielle d'évolution de l'aimantation
M⃗ dans le référentiel du laboratoire
R_0 .
7. Justifier que le mouvement deM⃗ est une rotation de vecteur rotation
ω⃗_0 que l'on exprimera.
8. Déterminer la valeur deB_0 telle que la fréquence de rotation de
M⃗ vaille
ν_0 = 300MHz . Situer ce champ par rapport à ceux que peut produire un aimant.
9. On constate, qu'un bout d'un certain temps, l'aimantationM⃗ atteint un état d'équilibre pour lequel l'aimantation est orientée parallèlement à
B⃗_0 en prenant la valeur
M⃗_(eq) . On rend compte de cette relaxation en introduisant un couple supplémentaire
C⃗_i = 1/τ(ℓ⃗_(eq) − ℓ⃗_i) , subit par chaque proton
H^i .
Écrire alors l'équation d'évolution deM⃗ et exprimer
M⃗_(eq) en fonction de
ℓ⃗_(eq) .
Quelle peut-être une cause possible de ce phénomène de relaxation?
5. Exprimer le moment magnétique global
Dans la suite, ce moment magnétique global sera appelé (abusivement) "aimantation" et noté plus simplement
6. On applique un champ magnétique constant et uniforme
7. Justifier que le mouvement de
8. Déterminer la valeur de
9. On constate, qu'un bout d'un certain temps, l'aimantation
Écrire alors l'équation d'évolution de
Quelle peut-être une cause possible de ce phénomène de relaxation?
II Résonance magnétique en irradiation continue.
On applique maintenant à l'échantillon, en plus du champ
B⃗_0 = B_0 u⃗_z , un champ magnétique
B⃗_1 , de norme constante, perpendiculaire à
B⃗_0 , et tournant autour de l'axe
Oz à la vitesse angulaire
ω , constante. On pose
ω⃗_1 = − γB⃗_1 .
10. Écrire l'équation d'évolution du vecteurM⃗ dans le repère du laboratoire
R_0 .
11. Le repère tournantR_1(O, X, Y, Z) se déduit de
R_0 par une rotation uniforme de vecteur rotation
ω⃗ = ωu⃗_z et tel que
u⃗_X = B⃗_1/‖B⃗_1‖(B_1 ≥ 0) .
Établir l'équation différentielle d'évolution deM⃗ dans le repère tournant
R_1 .
12. Nous notons (M_X, M_Y, M_Z ) les composantes de
M⃗ dans le repère
R_1 . Comme à la question (9), nous modélisons le processus de relaxation en introduisant le couple
C⃗ = 1/τ(M^⋆u⃗_Z − M⃗) , agissant sur
M⃗ .
En tenant maintenant compte de ce couple, établir le système d'équations différentielles dont les composantes (M_X, M_Y, M_Z ) sont solutions.
13. Le système d'équations précédent admet pour solution, en régime stationnaire :
10. Écrire l'équation d'évolution du vecteur
11. Le repère tournant
Établir l'équation différentielle d'évolution de
12. Nous notons (
En tenant maintenant compte de ce couple, établir le système d'équations différentielles dont les composantes (
13. Le système d'équations précédent admet pour solution, en régime stationnaire :
Relier
M^⋆ à
M_(eq) en passant à la limite
B_1 ⟼ 0 .
Esquisser les représentations graphiques de ces composantes (fonctions deω ), rapportées à
M^⋆ . Commenter ces tracés.
14. Déterminer la valeur du produit|τω_1| rendant extrémal le pic de résonance de la composante
M_Y . Le temps de relaxation
τ est, en irradiation continue, de l'ordre de 10 ms , déterminer alors
B_1 . Nous nous plaçons dès lors dans cette situation.
15. Déterminer la largeur fréquentielle (à mi-hauteur) de la résonance de la composanteM_Y puis le facteur de qualité
Q_Y correspondant. Commenter brièvement ce résultat.
16. Dans le repèreR_1 et pour la résonance, représenter précisément le vecteur
M⃗ (toujours en régime stationnaire).
17. Il n'est pas aisé de produire un champ tournant dans le domaine radiofréquence (RF). Les spectromètres RMN fonctionnent en réalité avec un champ magnétique oscillantB⃗_1 = B_1^′ cos(ωt)u⃗_x , de direction fixe dans
R_0 , produit à l'aide d'une bobine RF. Préciser pourquoi on observe cependant toujours une résonance. Indiquer ce qui est néanmoins modifié. Exprimer
B_1^′ "optimal".
Esquisser les représentations graphiques de ces composantes (fonctions de
14. Déterminer la valeur du produit
15. Déterminer la largeur fréquentielle (à mi-hauteur) de la résonance de la composante
16. Dans le repère
17. Il n'est pas aisé de produire un champ tournant dans le domaine radiofréquence (RF). Les spectromètres RMN fonctionnent en réalité avec un champ magnétique oscillant
III Résonance magnétique en irradiation pulsée.
En pratique, les spectromètres RMN modernes n'utilisent pas le mode d'excitation continue. Le champ magnétique
B⃗_1(t) = B_1 u⃗_X , tournant à la pulsation
ω_0 , n'est appliqué à l'échantillon que pendant une séquence temporelle
δT (contrôlable). On a coutume d'appeler cette excitation une "implusion (RF)". L'échantillon peut alors être soumis à une suite d'impulsions, espacées d'un certain intervalle de temps (également contrôlable). La figure (1) représente le signal de champ,
B_(1x)(t) , alors mesuré selon l'axe
u⃗_x (fixe).

Figure 1 : Évolution temporelle de la composante, selon
u⃗_x , du champ magnétique tournant
B⃗_1(t) , en mode pulsé (le nombre de cycles n'a pas été respecté afin de préserver la lisibilité du tracé).
III.A Action d'une impulsion sur l'aimantation.
- Pour
t ≤ 0 , l'aimantation est dans son état d'équilibreM⃗(t ≤ 0) = M_(eq)u⃗_z , dans le seul champB_0 u⃗_z . Nous négligeons le phénomène de relaxation pendant la séquence d'impulsion. Écrire, dans ces conditions, les équations établies à la question (12). Expliciter les composantes (M_X(t), M_Y(t), M_Z(t) ) et décrire le mouvement de l'aimantation, observé depuisR_1 . - En déduire l'angle
δθ dont a tourné l'aimantation, en sortie d'une implusion de duréeδT . PourB_1 = 0, 65mT , déterminer la largeur d'impulsionδT_(90) permettant de faire basculer l'aimantation le long de l'axeY . - Après la séquence d'impulsion
δT_(90) nous considérons l'effet de relaxation. Nous posonst^+ = t − δT_(90) .
Écrire, dans ce nouveau contexte, les équations différentielles du mouvement.
Expliciter les composantes (M_X(t^+), M_Y(t^+), M_Z(t^+) ) et décrire le mouvement de l'aimantation, observé depuisR_1 . - En déduire les expressions des composantes (
M_x(t^+), M_y(t^+), M_z(t^+) ), mesurées dans le référentielR_0 .
Représenter l'évolution temporelle deM_x(t^+) (grandeur mesurée). - Le contenu spectral du signal
M_x(t^+) définit une raie du spectre RMN des protons de l'échantillon. Comment, pratiquement, accède-t-on à ce contenu? Par analogie avec le modèle des trains d'onde, en optique, donner la largeur naturelleδν de la raie observée. - Dans le cas d'une relaxation libre, le temps de relaxation
τ est de l'ordre de la seconde, en général. Pour un ensemble de molécules possédant deux types de protons, résonant aux fréquencesν_1 etν_2 = ν_1 + Δν , déterminer le plus petit écart de fréquence que le spectromètre peut résoudre. - La figure (2) présente le spectre RMN de la molécule d'éthanol
CH_3 CH_2 OH , dans le solvantCDCl_3 , lorsque toutes les raies sont parfaitement résolues. L'axe des abscisses est gradué en échelle de déplacement chimiqueδ = 10^6(ν − ν_0)/ν_0(enppm) . Un spectromètre fonctionnant àν_0 = 300MHz permet-il d'observer la structure fine des différentes raies?

Figure 2: Spectre RMN de la molécule d'éthanol
CH_3 CH_2 OH dans le solvant
CDCl_3 . L'axe des abscisses est gradué en déplacement chimique
δ = 10^6(ν − ν_0)/ν_0 ⋅ ν_0 est la fréquence de résonance des protons d'une molécule de référence.
III.B Effet d'une inhomogénéité de champ.
Bien que le système de réglage comporte de nombreuses bobines de compensation (bobines de shim), il est impossible de réaliser un champ magnétique
B⃗_0 parfaitement uniforme sur tout le volume de l'échantillon. Afin d'analyser les conséquences de l'inhomogénéité du champ nous supposons, pour simplifier, que le champ statique est toujours orienté selon
u⃗_z mais que son module varie de
B_0 − δB_0/2 à
B_0 + δB_0/2 , sur le volume de l'échantillon.
25. Exprimer la largeur de raieΔ_B ν associée à l'inhomogénéité du champ
B_0 .
26. Lorsque l'appareil n'est pas réglé, sa largeur de raie est de l'ordre deΔ_B ν = 10 Hz . Déteminer la valeur
δB_0 correspondante. Commenter ce résultat.
27. Chaque moment magnétiqueμ⃗_i perçoit un champ statique
B⃗_(0i) ∈ [B_0 − δB_0/2, B_0 + δB_0/2] . Nous posons
δω_i = − γ(B_(0i) − B_0) . Décrire le mouvement d'un moment magnétique
μ⃗_i quelconque, observé depuis
R_1 (tournant à
ω_0 ), en négligeant la relaxation.
28. On applique une impulsionδT_(90) à l'échantillon, initialement à l'équilibre dans le champ statique. Exprimer l'étalement angulaire
δθ de l'ensemble des moments magnétiques, au temps
t^+ compté depuis l'extinction de l'impulsion (en supposant
t^+≪τ ). En déduire un temps caractéristique
ΔT au delà duquel la composante
M_x(t) (signal mesuré) peut être considérée comme nulle.
29. Pour tenter de préserver le signal mesuré (dans le but d'accéder finalement au temps de relaxationτ ) on soumet l'échantillon, préalablement mis à l'équilibre dans le champ statique, à une séquence d'impulsions particulière, appelée écho de spin. Celle-ci est constituée d'une impulsion
δT_(90) suivie d'une impulsions
δT_(180) un temps
T plus tard, puis d'une série d'impulsions
δT_(180) . Chaque nouvelle impulsion est appliquée un temps
2T après la fin de l'impulsion précédente (figure (3)). En pratique,
δT_(180)≪ΔT ∼ T≪τ .
25. Exprimer la largeur de raie
26. Lorsque l'appareil n'est pas réglé, sa largeur de raie est de l'ordre de
27. Chaque moment magnétique
28. On applique une impulsion
29. Pour tenter de préserver le signal mesuré (dans le but d'accéder finalement au temps de relaxation

Figure 3: Séquence d'écho de spin. Pendant chaque impulsion, le champ magnétique tournant
B_1(t) est appliqué à l'échantillon.
a) Une première impulsion
δT_(180) est appliquée à l'échantillon, après un temps
T mesuré depuis la fin de l'impulsion
δT_(90) . L'origine du temps est prise en fin de l'implusion
δT_(90) . Compte tenu de la hiérarchisation des temps, les phases de basculement et de retournement sont considérées comme instantanées. Considérons deux moments magnétiques, l'un percevant
B_0^− ≡ B_0 − δB_0/2 , l'autre
B_0^+ ≡ B_0 + δB_0/2 . En notation complexe, ces moments s'écrivent, dans le plan (
u⃗_X, u⃗_Y ) du repère
R_1 :
Exprimer
μ_–^+ et
μ_–^− pour
t ≥ T (sans tenir compte de la relaxation).
b) Exprimer le tempst^∗ pour lequel les moments
μ⃗^+ et
μ⃗^− se retouvent en phase. Quelle est alors leur situation dans
R_1 ?
En superposant maintenant l'effet de la relaxation, exprimer leur composante selonu⃗_Y (toujours pour
t = t^∗ ).
c) On applique une séquence deK impulsions
δT_(180) , chaque nouvelle impulsion étant appliquée un temps
2T après l'impulsion précédente. Esquisser l'évolution temporelle de la composante
M_Y(t) mesurée depuis l'arrêt de la première impulsion
δT_(90) . Justifier que cette courbe permet la mesure du temps de relaxation
τ des protons de l'échantillon.
b) Exprimer le temps
En superposant maintenant l'effet de la relaxation, exprimer leur composante selon
c) On applique une séquence de
IV Aspect expérimental de la résonance magnétique (irradiation continue).
Dans la pratique, la bobine d'émission radio-fréquence qui génère le champ
B⃗_1(t) = B_1(t)u⃗_x sert aussi à détecter les variations de la composante
M_x(t) de l'aimantation. La bobine est enroulée autour de l'échantillon. Elle possède une impédance équivalente à une résistance
r = 50Ω en série avec une inductance
L = 10μH . Orientée selon l'axe
Ox , elle capte un flux magnétique
φ_x(t) = μ_0 M_x(t)/ℓ provenant de l'aimantation de l'échantillon où
ℓ est une constante homogène à une longueur et
μ_0 la perméabilité magnétique du vide.
Afin d'optimiser la sensibilité de la détection, la bobine est branchée en série avec un condensateur de capacitéC et une résistance
R aux bornes de laquelle on mesure une tension
u(t) (figure (4)).
Afin d'optimiser la sensibilité de la détection, la bobine est branchée en série avec un condensateur de capacité

Figure 4: Schéma (simplifié) du circuit électrique permettant la mesure de la variation de l'aimantation de l'échantillon.
La tension
u(t) est ensuite multipliée par une tension
e(t) = e_0 cos(ω_0 t) de référence, puis filtrée par un filtre de fréquence de coupure
f_c = 1/(2πR_1 C_1) . Une carte d'acquisition numérise enfin la tension
s(t) en vue de son exploitation.
L'étude précédente a révélé, qu'après l'extinction d'une impulsion
RFB⃗_1 = B_1 cos(ω_0 t)u⃗_x , l'aimantation (
M_X(t), M_Y(t), M_Z(t) ) variait sur une échelle de temps
τ de l'ordre de la seconde, très supérieure à la période d'oscillation de
B⃗_1 . Nous rappelons enfin la relation de projection
M_x(t) = M_X(t)cos(ω_0 t) − M_Y(t)sin(ω_0 t) .
30. Établir l'équation différentielle dont le couranti(t) est solution et pour laquelle le terme de forçage implique
φ_x(t) (ce flux est compté comme le flux propre de la bobine).
31. Exprimer l'amplitude complexe de la tensionu(t) , aux bornes de la résistance
R , en réponse à une composante harmonique, d'amplitude
φ_ω , de
φ_x(t) . Sachant que la fréquence est
toujours proche deν_0 = 300MHz , établir qu'un choix judicieux de la valeur de
C permet de maximiser l'amplitude de la tension
u(t) (nous considérerons que le facteur de qualité du circuit est très supérieur à l'unité). Calculer la valeur de cette capacité optimale.
32. Nous rappelons l'expression du facteur de qualité d'un circuit (R^′, L, C ) série :
Q_s = 1/(R^′)√(L/C) . En déduire la bande passante du filtre dans le cas
R = 50Ω . Commenter la comparaison de cette bande passante avec l'ordre de grandeur de la largeur fréquentielle de
φ_x(t) (plage de mesure de la figure (2)).
33. En tenant compte queω_0 τ≫1 , et dans le cas
R = r , déduire que l'on a :
30. Établir l'équation différentielle dont le courant
31. Exprimer l'amplitude complexe de la tension
toujours proche de
32. Nous rappelons l'expression du facteur de qualité d'un circuit (
33. En tenant compte que
- Exprimer la tension
v(t) à la sortie du multiplieur. Comment choisir la fréquence de coupuref_c du filtre (R_1, C_1 ) pour que la tensions(t) soit l'image de la composanteM_Y(t) ? Proposer un choix def_c . - Comment opérer pour que
s(t) devienne maintenant l'image de la composanteM_X(t) ?
- Partie chimie -
Application de la résonance magnétique nucléaire du proton à l'analyse structurale de phtalates
Les phtalates sont des plastifiants utilisés activement dans l'industrie chimique, pour leur capacité à moduler et à améliorer les propriétés mécaniques (souplesse, résistance aux chocs mécaniques et thermiques,...) des polymères auxquels ils sont ajoutés. On les retrouve ainsi dans la composition d'une grande variété de plastiques souples, notamment les PVC (polychlorure de vinyle). En raison de leur utilisation intensive, l'impact des phtalates sur l'environnement en général, et sur l'homme en particulier est actuellement étudié avec soin. Il a été démontré que certains phtalates présentent un risque multiple pour l'être humain, qui va d'une baisse de la fertilité, à la perturbation du système endocrinien. Dans toutes ces études de risque, la structure moléculaire de chaque type de phtalate, ainsi que la concentration à laquelle nos organismes y sont exposés, ont été démontrées comme étant des facteurs qui influencent fortement sa toxicité. Ce sujet propose d'examiner quelques aspects de la synthèse des phtalates, et surtout de leur analyse par Résonance Magnétique Nucléaire (RMN).
Des données de référence sont fournies en Annexe 1, qui permettent de prédire le déplacement chimique d'un proton subissant l'influence d'un ou plusieurs substituants, dans un certain nombre de structures moléculaires que les candidats seront éventuellement amenés à envisager dans ce sujet. Lorsqu'un calcul est nécessaire, son principe est illustré par un exemple.
V Etude structurale préliminaire.
Le spectre RMN
^1 H du phtalate
P_0 , de formule brute
C_(16)H_(22)O_4 , enregistré à une fréquence de résonance de 300 MHz , est donné en Annexe 2, figure (18) (solvant :
CDCl_3 , référence : hexaméthyldisiloxane, HMDS). L'intégration des différents signaux est indiquée en dessous du spectre. Un agrandissement de certains multiplets est représenté, et la fréquence de chaque raie est donnée en Hertz.
- Combien d'insaturations cette molécule possède-t-elle?
- Etablissez un tableau référençant les déplacements chimiques, l'intégration de chaque signal et le nombre de protons qui peut en être déduit. Déduisez des valeurs de déplacement chimique la nature des groupements chimiques présents dans cette molécule.
- On s'intéresse maintenant aux signaux compris entre 0,5 et
4, 5ppm .
a) Identifier la multiplicité de chaque signal.
b) Mesurer les constantes de couplage correspondantes.
c) En déduire le nombre de voisins pour chaque signal. Dessiner toutes les structures moléculaires pouvant correspondre à chaque multiplet.
d) En déduire la structure du fragment de la moléculeP_0 dont les protons résonnent entre 0,5 et4, 5ppm .
e) Sur la base des déplacements chimiques que vous avez mesurés, et des données de RMN fournies en Annexe 1, à quel type de fonction chimique ce fragment est-il raccordé?
f) En comparant la structure de ce fragment à l'intégration de ses signaux, que pouvez vous en déduire sur la structure globale de la molécule? - Etude des signaux compris entre 7,3 et
7, 8ppm .
a) À ce stade de l'analyse, 3 isomères sont envisageables pour la structure deP_0 : lesquels?
b) Pour chacun de ces isomères, préciser le nombre de signaux attendus entre 7 et 8 ppm . Justifier.
c) Calculer, à l'aide des données de RMN du proton fournies en Annexe 1, le déplacement chimique de ces signaux.
d) En déduire la (ou les) structure(s) possible(s) pour la moléculeP_0 .
VI Synthèse et analyse d'un phtalate.
VI.A Synthèse.
Étape 1 : Voir figure (5).

Figure 5 : Synthèse phtalate : étape 1.
- Détailler le mécanisme réactionnel, et notamment la structure des intermédiaires mis en jeu au cours de l'étape 1.
- Quel est le rôle de
FeBr_3 ? - Indiquer la quantité de
FeBr_3 qu'il faut utiliser en nombre d'équivalents par rapport àP_1 . Justifier votre réponse. - Quels sont les sous-produits attendus? Dans quelles proportions? Justifier.
- Comment identifier les différents produits de cette réaction?
- Proposer une méthode séparative permettant d'isoler
P_2 .
Étape 2 : Voir figure (6).

Figure 6 : Synthèse phtalate : étape 2.
- Décrire le montage expérimental permettant de mettre en œuvre les deux réactions de l'étape 2.
- Quelle(s) réaction(s) parasite(s) doi(ven)t être évitée(s) ? Expliquer les précautions expérimentales à prendre en ce sens.
- Donner la structure de
P_2, P_3 etP_4 .
Étape 3 : Voir figure (7).
.jpg)
Figure 7: Synthèse phtalate : étape 3.
- A quel type de réaction correspond l'étape 3 ?
- Proposer un mécanisme expliquant la formation de
P_5 .
Étape 4 : Voir figure (8).
.jpg)
Figure 8: Synthèse phtalate : étape 4.
- Dans cette dernière étape, 2 équivalents de 1 -propen- 3 -ol sont introduits dans le milieu réactionnel. Donner la structure du produit final
P_6 . - Décrire le mécanisme d'obtention de
P_6 . - Quel est l'intérêt de réaliser l'étape 4 à partir de
P_5 plutôt queP_4 ?
VI.B Caractérisation de
P_6 .
- Etude préliminaire du système de spin d'un fragment éthylénique. Soit le système de spin constitué des protons du fragment éthylénique représenté en figure (9).
Figure 9 : Système de spin modèle d'un fragment éthylénique.
a) Rappeler la règle desn + 1 raies.
b) Cas de couplages avec des protons non équivalents : quand un proton Ha est couplé avecn_1 voisins d'une part (avec une constante de couplage
J_1 ) et
n_2 voisins d'autre part (avec une constante de couplage
J_2 ), quelle est la structure de son multiplet ?
c) En vous aidant des données RMN fournies en Annexe 1, faire le bilan des couplages scalaires^1 H − ^1 H présents dans le fragment éthylénique représenté figure (9).
d) Détermination du multiplet du proton Ha : faire le bilan, pour chaque couplageJ_i impliquant Ha , du nombre de protons Hi couplés à Ha avec cette valeur
J_i , et en déduire la forme de son multiplet.
e) Reprendre la question précédente pour les protonsHb, Hc et Hd .
2. Prédiction du spectre RMN^1 H du composé
P_6 .
a) Représenter la structure deP_6 , numéroter les protons et identifier les protons équivalents (i.e. ayant la même fréquence de résonance). Justifier.
b) Dresser et remplir un tableau de prédiction à partir du modéle donné en tableau(1).
a) Rappeler la règle des
b) Cas de couplages avec des protons non équivalents : quand un proton Ha est couplé avec
c) En vous aidant des données RMN fournies en Annexe 1, faire le bilan des couplages scalaires
d) Détermination du multiplet du proton Ha : faire le bilan, pour chaque couplage
e) Reprendre la question précédente pour les protons
2. Prédiction du spectre RMN
a) Représenter la structure de
b) Dresser et remplir un tableau de prédiction à partir du modéle donné en tableau(1).
| Proton |
|
|
|
|
Tableau 1: Modèle de tableau de prédiction du spectre RMN proton de la molécule
P_6 .
Pour chaque type de proton de la molécule
P_6 défini à la question précédente, indiquer l'intégration, le déplacement chimique théorique
δ^(th) (qui peut être prédit à partir des données de RMN du proton disponibles en Annexe 1), et l'intensité relative des pics prévue par la régle des
n + 1 raies (par exemple :
1 : 2 : 1 pour un triplet).
Le spectre RMN
^1 H de
P_6 enregistré à une fréquence de résonance de 300 MHz , est donné en Annexe 2, figure (19) (solvant :
CDCl_3 , référence : HMDS). L'intégration des différents signaux est indiquée en dessous du spectre. Un agrandissement de certains multiplets est représenté, et la fréquence de chaque raie donnée en Hertz.
3. Attribuer chaque signal du spectreau(x) proton(s) correspondant(s) sur la structure de
P_6 .
3. Attribuer chaque signal du spectre
VII Synthèse d'un isomère de
P_0 .
VII.A Synthèse.
Étape 1 : Voir figure (10).

Figure 10 : Synthèse d'un isomère de
P_0 : étape 1.
- Quels seraient les produits possibles de cette réaction en fonction de la quantité de
CH_3 Cl utilisée par rapport àP_1 ? Justifier votre réponse. - Après purification et séparation du produit
P_7 (précurseur de l'isomère deP_0 ) le spectre RMN^1 H est enregistré. Une simulation de ce spectre est fournie en Annexe 2, figure (17). Déduire à partir de l'analyse de ce spectre la (les) structure(s) possible(s) deP_7 . Justifier votre réponse.
Étape 2 : Voir figure (11).
Figure 11: Synthèse d'un isomère de
P_0 : étape 2.
3. Préciser le rôle du permanganate de potassium lors de la synthèse deP_8 .
4. Proposer un autre réactif qui aurait pu être utilisé à la place du permanganate de potassium.
5. Donner l'équation bilan de la réactionP_7 ⟼ P_8 .
6. Préciser les structures deP_8 et
P_9 .
3. Préciser le rôle du permanganate de potassium lors de la synthèse de
4. Proposer un autre réactif qui aurait pu être utilisé à la place du permanganate de potassium.
5. Donner l'équation bilan de la réaction
6. Préciser les structures de
Étape 3 : Voir figure (12).
Figure 12: Synthèse d'un isomère de
P_0 : étape 3.
7. Donner le nom et la structure de Lewis deSOCl_2 ?
8. Donner la structure de Lewis de la pyridine. Quel est son rôle dans l'étape 3 ?
9. Ecrire le mécanisme de cette réaction et donner la structure deP_(10) .
7. Donner le nom et la structure de Lewis de
8. Donner la structure de Lewis de la pyridine. Quel est son rôle dans l'étape 3 ?
9. Ecrire le mécanisme de cette réaction et donner la structure de
Étape 4 : Voir figure (13).
10. Donner la structure deP_(11) .
11. Cette réaction est-elle quantitative? Justifier.
10. Donner la structure de
11. Cette réaction est-elle quantitative? Justifier.

Figure 13: Synthèse d'un isomère de
P_0 : étape 4.
VII.B Caractérisation de
P_(11) .
Le spectre RMN
^1 H de
P_(11) , enregistré dans les mêmes conditions que
P_0 et
P_6 , est fourni en Annexe 2, figure (20).
- Valider la structure de
P_(11) en attribuant son spectre RMN^1 H . Justifier notamment la valeur des déplacements chimiques, et des couplages attribués à chaque proton. - Expliquer la structure (multiplicité, valeur des couplages, déplacement chimique, intégration) des signaux entre 7,45 et
7, 70ppm .
VIII Dosage d'un mélange de phtalates.
Lors de l'analyse de 1,0 gramme d'un plastique utilisé dans la fabrication de jouets, un mélange de phtalates de poids moléculaire compris entre 240 et
280 g.mol^(− 1) est extrait du polymère en question par chromatographie d'exclusion stérique. Ce mélange est concentré en sortie de colonne sur une cartouche d'extraction en phase solide, puis élué et injecté dans un tube RMN. Un spectre RMN du proton a été enregistré sur ce tube, et est représenté en Annexe 2, figure (21). A priori, seules les molécules
P_0, P_6 et
P_(11) sont susceptibles d'avoir été employées au cours de la synthèse de ce polymère.
- Identifier les composés présents dans ce mélange. Expliquez votre démarche.
- L'intégration de ce spectre a été normalisée de telle manière que la somme des aires intégrées soit égale à 100 . Déterminer la composition molaire, puis massique, de ce mélange.
- L'ajout dosé de 1 mg du composé possédant les protons résonant à 2 ppm fait passer l'intégration de ce signal à 9,55 (unité arbitraire). En déduire la teneur (en masse) de chaque phtalate présent dans ce plastique.
- La France a pris, en 1999 et 2000 , des arrêtés portant suspension de mise sur le marché et ordonnant le retrait des produits fabriqués, en totalité ou en partie, en plastique souple contenant, en termes de poids, plus de
0, 1% d'un ou plusieurs phtalates, parmi lesquels se trouvent les molécules présentes dans ce mélange. Le plastique étudié ici est-il en conformité avec ces arrêtés?
Annexe 1 : Données en RMN du proton : déplacements chimiques (ppm)
|
|
|
|
|
| M-Br | 2,7 | 3,4 | 4,1 |
|
|
1,8 | 1,85 | 1,9 |
|
|
3,8 | 4,2 | 5,0 |
|
|
1,65 | 1,75 | 1,85 |
| М-Ф | 2,2 | 2,6 | 2,8 |
| M-C-
|
1,15 | 1,55 | 1,8 |
|
|
1,6 | 1,9 | - |
|
|
1,0 | 1,35 | 1,55 |
Tableau 2: Protons aliphatiques (présence d'un seul substituant influençant le groupement M);
Φ : noyau aromatique.
| Substituant | Type de proton |
|
|
| Br |
|
2,18 | 0,6 |
| CH | 2,68 | 0,25 | |
|
|
|
2,98 | 0,43 |
| CH | 3,43 | 0 | |
|
|
|
1,45 | 0,53 |
| CH | 1,33 | 0 | |
|
|
|
0,75 | 0,1 |
| CH | 0 | 0 | |
|
|
|
0 | 0 |
| CH | 0 | 0 |
Tableau 3: Protons aliphatiques en présence de plusieurs substituants; l'effet des substituants placés à une distance plus grande est négligé. Exemple de calcul pour la molécule représentée figure (14)-B.

Figure 14: Protons aliphatiques.
| Substituant R |
|
|
|
|
|
0 | 0 | 0 |
|
|
0,44 | -0,26 | -0,29 |
|
|
0,67 | -0,02 | -0,07 |
| -Br | 1,04 | 0,4 | 0,55 |
|
|
2, 10 | -0,40 | -0,67 |
|
|
0,76 | 1,08 | 0,44 |
|
|
1,35 | 0,37 | -0,1 |
Exemple (voir figure (15)-B) :
Tableau 4: Protons alcéniques.
| Substituant R |
|
|
|
| -H | 0 | 0 | 0 |
|
|
|
|
|
|
|
0,16 | 0 |
|
| -Br | 0,17 |
|
|
|
|
0,71 | 0,08 | 0,19 |
Tableau 5: Protons aromatiques.

Figure 15 : Protons alcéniques (A,B) et aromatiques (C).
| Structure |
|
|
|
|
| (libre rotation) | |
| figure (16)-A |
|
|
|
|
|
|
|
| figure (16)-B |
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
| figure (16)-C |
|
|
|
|
|
|
Tableau 6 : Constantes de couplage scalaire proton-proton.
A

B
C
Figure 16 : Détermination du couplage scalaire proton-proton : structures chimiques.
.jpg)
Figure 17: Spectre RMN
^1 H du composé
P_7 .
Annexe 2 : Spectres RMN
^1 H

Figure 18: Spectre RMN
^1 H du composé
P_0 de formule brute
C_(16)H_(22)O_4 .

Figure 19: Spectre RMN
^1 H du composé
P_6 .

Figure 20 : Spectre RMN
^1 H du composé
P_(11) .

Figure 21: Spectre RMN
^1 H d'un mélange de phtalates.
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