X ENS Physique PSI 2017Sujet et corrigé
- Électromagnétisme : champ créé par un solénoïde
- Thermodynamique : bilans thermiques
- Mécanique du solide en rotation
- Physique statistique de Maxwell-Boltzmann
- Circuits RLC et filtrage
- Physique quantique du spin
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- Rapport du jury : non disponible
Présentation du sujet
Principe physique de la spectroscopie de résonance magnétique nucléaireAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
Le sujet retrace le principe physique de la RMN. Il étudie la génération d'un champ magnétique intense par un solénoïde supraconducteur, la précession de Larmor et l'aimantation paramagnétique des noyaux dans une approche classique puis quantique, le circuit électrique de détection du signal, et se termine par l'exploitation de spectres RMN réels comme celui de l'éthanol.
- 1Partie I : génération du champ magnétique B0Calcul du champ créé par un solénoïde et étude thermique d'un bobinage en cuivre puis supraconducteur.
- 2Partie II : effet du champ magnétiqueÉtude classique de la précession de Larmor puis approche quantique et statistique de l'aimantation paramagnétique des protons.
- 3Partie III : acquisition du signal RMNÉtude du circuit RLC de détection accordé sur la fréquence de précession et du rapport signal sur bruit.
- 4Partie IV : applicationsInterprétation d'un spectre RMN réel via le déplacement chimique et le couplage, avec ouverture sur l'IRM et la RPE.
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PSI
Épreuve de Physique
L'usage de calculatrices est interdit.
Abstract
N.B. : L'attention des candidats est attirée sur le fait que la notation tiendra compte du soin, de la clarté et de la rigueur de la rédaction et de la présentation. Les résultats non justifiés n'apporteront pas de points. Les candidats sont priés d'accorder une importance particulière aux applications numériques. Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre. La longueur du sujet ne doit pas décourager les candidats. L'indépendance des différentes parties, la progressivité de chacune d'entre elles, la diversité des thèmes abordés permettront à chaque candidat de révéler sa compréhension de la physique dans des domaines variés. Les candidats doivent être conscients qu'un traitement superficiel de quelques questions dans chaque partie sera peu valorisé.
Notations, données numériques et rappel mathématique :
Constante de Planck :
Constante de Planck réduite :
Perméabilité du vide :
Charge élémentaire :
Masse du proton :
Masse de l'électron :
Nombre d'Avogadro :
1 gauss
Fonction tangente hyperbolique :
Les données suivantes sont fournies à pression ambiante. Les données pour l'hélium correspondent à son isotope
température de liquéfaction/vaporisation du diazote : 77 K
température de liquéfaction/vaporisation de l'hélium : 4 K
enthalpie de vaporisation du diazote :
enthalpie de vaporisation de l'hélium :
masse volumique du diazote :
masse volumique de l'hélium :
température de fusion du cuivre :
La spectroscopie de Résonance Magnétique Nucléaire
Cette spectroscopie a rapidement donné lieu à de nombreux développements permettant de riches applications dans les domaines les plus divers. Elle est en particulier utilisée maintenant de manière très courante dans les laboratoires et les industries chimiques (au sens large) pour l'identification, la caractérisation et la quantification de molécules en solution, mais aussi de matériaux solides. L'importance de cet outil dans le domaine de la recherche a justifié l'attribution de deux prix Nobel de chimie (1991 et 2002). Elle a par ailleurs donné naissance à la technique d'Imagerie par résonance magnétique (IRM), d'usage courant dans les hôpitaux et récompensée par un prix Nobel assez récent (2003) de physiologie et médecine.
Partie I. Génération du champ magnétique
B_0^(→−)
I.1. Descriptif de la RMN

.jpg)
I.2. Génération du champ magnétique
B_0^(→−)
- Établir l'expression vectorielle du champ magnétique généré par le solénoïde (supposé infini et de rayon
R ) à une distancer quelconque de son axe. On introduira les hypothèses et notations nécessaires.
Actuellement, les salles de laboratoire équipées de spectromètres de RMN comportent le tracé d'une «ligne des 5 gauss » (plots bicolores sur la Figure 1) au-delà de laquelle aucune précaution particulière n'est requise par les utilisateurs (il est par contre déconseillé de porter une montre dans la zone comprise à l'intérieur de cette ligne et son accès est interdit aux personnes porteuses d'un stimulateur cardiaque). Suivant l'intensité du champ magnétique créé par le spectromètre, cette ligne est plus ou moins distante de celui-ci (de un à quelques mètres). - À l'aide des résultats précédents, pouvez-vous expliquer l'existence de cette ligne, sa position ou les variations de celle-ci ?
- Calculer l'intensité du courant par unité de longueur du solénoïde, qu'il faudrait faire circuler afin de générer un champ de 12 T sur l'axe de ce solénoïde.
- En modélisant la bobine comme un cylindre de longueur et de diamètre moyen 1 m recouvert d'un conducteur de cuivre dont la section conductrice (dans n'importe quel plan incluant l'axe du cylindre) aurait pour épaisseur 25 cm , évaluer la résistance électrique offerte par ce conducteur en fonction du nombre de spires par unité de longueur. On pourra prendre la valeur de
1, 7 ⋅ 10^(− 8)Ω . m pour la résistivité du cuivre et on supposera que les spires sont jointives.
On peut caractériser les échanges conducto-convectifs entre le bobinage en cuivre et l'extérieur par le coefficient de convection thermiqueh (à ne pas confondre ici avec la constante de Planck), dont on prendra une valeur de10 W ⋅ m^(− 2) ⋅ K^(− 1) . On rappelle que la loi de Newton spécifie que le flux thermique à l'interface entre deux milieux (l'un solide, l'autre fluide) est proportionnel à la différence de leur température. - Effectuer un bilan thermique sur le solénoïde et en déduire l'expression de la température atteinte par celui-ci en régime permanent, en fonction de la température extérieure.
- Calculer et commenter la température atteinte par le bobinage dans ce modèle. Dans quel sens varie la résistance électrique lorsque la température augmente et dans quel sens cela joue-t-il ici (si l'on cherche à maintenir le champ constant) ?
- Afin de remédier à cet inconvénient, les bobines sont constituées de matériau supraconducteur. Décrire simplement ce qu'est la supraconductivité. À quand remonte sa découverte?
8) Expliquer le rôle de chacun des deux «gaz» (liquéfiés) dans l'expérience. Quelle pourrait être l'origine de la vaporisation de ces gaz ?
9) Évaluer les pertes thermiques (en termes de puissance thermique) de la bobine supraconductrice d'après les volumes de gaz liquéfiés utilisés.
10) Conclure sur l'intérêt d'utiliser des supraconducteurs plutôt qu'un bobinage classique en cuivre.
11) Quelle autre solution pourrait-on éventuellement mettre en œuvre pour générer un champ magnétique sans effet thermique?
12) Quel ordre de grandeur de champ magnétique pourrait-on atteindre avec cette solution?
Partie II. Effet du champ magnétique : approche classique et quantique
Dans
Pour chaque noyau, les moments cinétique
Les noyaux étudiés dans cette partie sont les noyaux
On ne prendra pas en compte l'effet du champ de pesanteur.
II.1. Étude classique de la précession de Larmor (effet gyroscopique microscopique)
13) On rappelle l'expression de l'énergie potentielle du dipôle dans le champ
Dans la suite, la direction de
On rappelle l'expression du moment
14) Trajectoire suivie par
a) Montrer que
b) Montrer que
c) En déduire la constance de l'angle
d) Montrer que l'extrémité du vecteur
Pour tout vecteur
15) Montrer que le vecteur-rotation
16) Calculer cette force.
17) Calculer la valeur de la fréquence de précession des protons
18) Dans quelle application rencontre-t-on l'effet gyroscopique? Par ailleurs, citer un phénomène naturel de précession (macroscopique).
II.2. Approche quantique et statistique du phénomène d'aimantation paramagnétique associée aux noyaux
La composante
Ce peuplement s'effectue selon la loi statistique de Maxwell-Boltzmann, que l'on rappelle ici : soit
19) Écart d'énergie et transition radiative :
a) Exprimer l'écart d'énergie entre les deux états de spins.
b) Tracer l'énergie des niveaux associés à ces états en fonction de
c) Que remarque-t-on (par comparaison avec la question 15)) au sujet de la fréquence qui serait associée à une transition radiative entre ces deux états ?
20) Calcul de
a) En utilisant la statistique de Maxwell-Boltzmann, déterminer le quotient
b) En déduire les expressions de
c) Vérifier la pertinence de ces deux expressions dans les deux cas limites :
21) Justifier que
22) Montrer que
23) Expression simplifiée de
a) On donne
b) Commenter ce résultat et en déduire une expression simplifiée de
Dans toute la suite, seule cette expression simplifiée de
24) Dépendance de
a) Comment
b) Comment
c) Quel est le type de dépendance de
II.3. Etude de la relaxation
Cette technique est désormais très largement supplantée par celle dite «à impulsion», dans laquelle le champ permanent
Lorsque
- la contribution
ω_0^(→−) ∧ M⃗ calculée dans une partie précédente, avecω_0^(→−) = − γB_0^(→−) = − ω_0 u_z^(→−) ; - une contribution due aux phénomènes de relaxation, qui s'exprime ainsi :
25) Obtention de
a) Projeter l'équation différentielle vérifiée par
b) Résoudre cette dernière équation différentielle à l'aide de la condition initiale déjà donnée.
26) Obtention de
a) Donner l'équation différentielle vérifiée par
b) En posant
c) Etablir le système d'équations différentielles vérifié par les deux composantes
d) Vérifier que la solution
II.4. Étude de la force électromotrice
On admet que, dans ces conditions, le flux du champ magnétique créé par les
27) En admettant que les dimensions du circuit de détection sont inférieures au décimètre et que la fréquence de précession
28) On rappelle que
a) Expliquer qualitativement pourquoi il apparaît une force électromotrice (notée
b) Déterminer l'expression de
29) Expression simplifiée de
a) Montrer que dans ces conditions, on peut considérer que
b) Remplacer
c) Expliquer pourquoi on travaille avec des spectromètres de champ
Un spectre RMN (voir IV.1) est ensuite obtenu à partir de ce signal par le procédé de détection synchrone en quadrature qui utilise la technique de la transformée de Fourier et ne sera pas traité ici.
Partie III. Étude de l'acquisition du signal RMN
III.1.Circuit de détection

On étudie la réponse de ce filtre, en régime permanent sinusoïdal, à une excitation notée
30) En étudiant rapidement les comportements limites aux basses et hautes fréquences, deviner quelle est la nature du filtre constitué par ce circuit.
31) Déterminer la fonction de transfert
32) Montrer que
33) Etude du maximum de la fonction de transfert :
a) Quelle est la signification physique de
b) Déterminer l'écart
On caractérise l'acuité de ce filtre par le quotient
c) Exprimer Q en fonction des valeurs des composants du circuit.
34) Le diagramme de Bode correspondant à la fonction

b) Quelle est la valeur de l'atténuation du gain (en dB ) aux pulsations de coupure ?
35) Expliquer l'intérêt de cette opération d'accord.
36) Expliquer qualitativement sur quel paramètre on peut jouer pour faire varier la capacité du condensateur.
37) Valeur des composants du modèle électrique :
a) Si
b) Commenter ces résultats.
38) Déterminer l'ordre de grandeur des valeurs de
39) Expression approchée de
a) La fonction
b) En déduire la relation simple qui lit
40) Etude du courant :
a) Donner l'équation différentielle vérifiée par la charge
b) En déduire que l'équation différentielle vérifiée par
41) En tenant compte de la valeur de
Pour tout
42) Trouver les valeurs à
43) Forme simplifiée de
a) Chercher à quelle condition sur la date
b) Montrer que, pendant quasiment toute la durée d'un enregistrement (généralement supérieure à
III.2.Statistique d'acquisition du signal
44) On note par exemple
On souhaite estimer la loi
45) Étude du rapport signal sur bruit :
a) Déterminer, à chaque date
b) Déterminer la valeur moyenne de
c) On définit ici le rapport signal sur bruit, à
d) Proposer une estimation de la durée d'acquisition nécessaire pour réduire le rapport signal sur bruit d'un facteur 5 par rapport à celui obtenu lors de l'acquisition d'un enregistrement unique. Donner la valeur de la durée ainsi estimée.
Partie IV. Applications : étude de spectres de RMN et techniques connexes
IV.1. Etude d'un spectre
- de la polarité de la liaison à laquelle appartient le proton considéré
- de l'électronégativité des atomes voisins
- Calculer le champ
B_0^′ réellement perçu(B_0^′^(→−) est orienté selonB_0^(→−)) , en fonction deB_0 etσ .
Un signal est détecté en RMN (voir partie II. 4 et Partie III) lorsqu'a lieu une transition résonante entre les deux états de spin de chaque noyau (voir partie II.2). Pour un type de noyau donné (proton H ici), cette transition s'effectue toujours à la même valeur du champ effectifB_0^′ , à fréquence d'onde radiofréquence donnée^2 . Compte tenu de l'existence de la constante d'écranσ , cette transition résonante s'effectue à des valeurs différentes du champ appliquéB_0 :
- si
σ est élevée, on doit augmenter la valeur deB_0 pour atteindre la résonance. On parle alors d'effet de blindage. - si
σ est faible,B_0 est faible à la résonance. On dit alors que le proton étudié est déblindé.

- ses protons H sont tous identiques du point de vue de la RMN (1 seul pic)
- ses protons H sont très blindés par rapport à ceux des composés à étudier (éthanol ici), de sorte qu'il n'y a pas de recouvrement entre le pic de la référence et ceux du composé à étudier - le composé de référence est chimiquement inerte
- Montrer que
δ ne dépend pas deB_0 . Conclure sur l'intérêt de tracer les spectres de RMN en fonction deδ plutôt que deB_0 . On rappelle que les différents spectromètres de RMN ne travaillent pas à la même valeur deB_0 .
48) Citer une autre grandeur mathématique ou physique sans dimension, pour laquelle on utilise couramment deux unités différentes.
49) La représentation tridimensionnelle de la molécule d'éthanol étant la suivante (Figure 6 ), justifier le nombre de massifs de pics présents sur le spectre.
50) Chaque noyau considéré ici (proton H ) a deux états de spin possibles (haut et bas, ou bien
51) Peut-on justifier les intensités relatives des pics de ce triplet ?
52) En tenant un raisonnement similaire aux questions précédentes, indiquer sous quelle forme de multiplet doit sortir le pic associé au groupement
On appelle constante de couplage
53) Indiquer la valeur (en ppm) de cet écart pour les multiplets présents dans le spectre de
54) En considérant que le champ auquel a été enregistrée la Figure 5 était de 1 T (contrairement au reste de ce problème), convertir le couplage déterminé précédemment (sous forme d'écart de déplacement chimique en ppm) en terme de constante de couplage
55) Prédire l'intensité relative des différents massifs du spectre (on ne cherchera pas à intégrer l'aire sous chaque pic du spectre expérimental présenté).
56) Identifier la molécule dont le spectre est donné dans la Figure 7 parmi les molécules suivantes :
butanone:
éthanoate de méthyle :
acide propanoïque :
butanal:
propanone:
propanal:
On prendra soin de justifier la démarche et d'attribuer les différents massifs de pics du spectre aux groupements de la molécule choisie.
Aucune connaissance préalable des valeurs usuelles des déplacements chimiques n'est nécessaire.

57) Calcul de la limite de détection :
a) Sachant que le signal RMN peut être détecté si la tension
b) En déduire la concentration minimale détectable de molécules (en mol.
IV.2.Techniques connexes
58) Vous paraît-il a priori aisé d'obtenir un signal significatif en RMN du
59) Justifier cette dernière affirmation.
utilisant les algorithmes de transformées de Fourier rapides permettent alors de localiser l'origine du signal. Il est ainsi possible d'établir des cartographies des temps de relaxation
60) Calculer le rapport gyromagnétique de l'électron
La RMN et ses dérivés plus ou moins récents étoffent donc sans cesse un panel de techniques spectroscopiques (et d'imagerie) déjà assez conséquent.
61) Quelles autres techniques de spectroscopie (non magnétiques) connaissez-vous ?
- ¹ Aucune connaissance particulière de cette notion n'est nécessaire ici.
^2 L'explication fournie dans ce paragraphe se comprend aisément dans le cadre de la spectroscopie par RMN de type «à onde continue». On admettra qu'elle peut s'étendre au cas de la spectroscopie «à impulsion», dont on a vu (II.3) qu'elle avait très largement supplanté la précédente.
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet X-ENS physique PSI 2017 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte le sujet X-ENS physique PSI 2017 ?
Le sujet mobilise l'électromagnétisme, la thermodynamique, la mécanique de rotation, la physique statistique et les circuits électriques filtrants.
Faut-il des connaissances en mécanique quantique pour ce sujet ?
Une connaissance minimale du spin nucléaire est utilisée, mais l'énoncé précise qu'aucune connaissance particulière de cette notion n'est nécessaire.
Quelles parties sont indépendantes dans ce sujet ?
L'énoncé ne mentionne pas explicitement d'indépendance entre les quatre parties, qui suivent une progression continue de la génération du champ magnétique jusqu'à l'exploitation des spectres.
Ce sujet aborde-t-il des applications concrètes de la RMN ?
Oui, la dernière partie exploite le spectre RMN de l'éthanol et identifie une molécule inconnue, puis ouvre sur l'imagerie par résonance magnétique et la résonance paramagnétique électronique.
Pas de description pour le moment
