X ENS Mathématiques PSI 2017Sujet et corrigé
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X-ENS 2017 - PSI
Notations
Dans tout le texte, on adopte les notations suivantes.
- Pour toute fonction définie sur un intervalle de
ℝ et tout entiern ≥ 1 , on notef^((n)) la dérivéen -ième def sur cet intervalle (si elle existe). Ainsi,f^((1)) = f^′, f^((2)) = f^(′′) etc. On convient quef^((0)) = f . - Pour tout entier
n ≥ 1 , on noten! = 1 × ⋯ × n la factorielle den . On convient que0! = 1 . - Pour tous
m, n ∈ ℕ^∗, M_(n, m)(ℝ) désigne l'ensemble des matrices à coefficients réels ayantn lignes etm colonnes. On poseM_n(ℝ) = M_(n, n)(ℝ) . Le déterminant d'une matrice carréeA = [a_(i, j)]_(1 ≤ i, j ≤ n) ∈ M_n(ℝ) sera notédet(A) . Sa transposée est notée^t A = [a_(j, i)]_(1 ≤ j, i ≤ n) . LorsqueA = [a_(1, 1)] ∈ M_(1, 1)(ℝ) on identifieA au réela_(1, 1) . - On note
ℝ[X] leℝ -espace vectoriel des polynômes à coefficients réels. Pour tout entiern ≥ 0 , on désigne parℝ_n[X] leℝ -espace vectoriel des polynômes à coefficients réels et de degré inférieur ou égal àn . Les polynômes deℝ[X] et les fonctions polynomiales associées seront notées indentiquement. Ainsi, siP ∈ ℝ[X] est un polynôme, alors la fonction polynomiale associée est encore notéeP . - Etant donné un
ℝ -espace vectoriel de dimension finieE on note0_E l'élément nul deE , et on noteId_E l'application identité deE dans lui même. On noteL(E) l'ensemble des endomorphismes deE .
SiL ∈ L(E) est un endomorphisme deE etn ≥ 2 un entier naturel, on noteL^n l'application composée deL avec lui mêmen fois :L^n = L ∘ L ∘ ⋯ ∘ L (n fois). Par convention,L^0 = Id_E etL^1 = L . Le noyau et l'image deL seront notés respectivementker(L) etIm(L) .
SiF_1 etF_2 sont deux sous-espaces vectoriels deE , on noteF_1 + F_2 la somme de ces sous-espaces. On écriraF_1 ⊕ F_2 pour signifier que cette somme est directe. Si, de plus,E est muni d'un produit scalaire, on écriraF_1 ⊕ ^⊥F_2 pour signifier que la somme est orthogonale, c'est à dire queF_1 etF_2 sont orthogonaux entre eux. L'orthogonal d'un sous-espace vectorielF deE sera notéF^⊥ . On noteradim(F) la dimension deF .
Partie I
Soit
m ≥ 2 un entier naturel et
E un
ℝ -espace vectoriel de dimension
2m + 1 . Cet espace est muni d'un produit scalaire (.|.). Soient
T, M deux endomorphismes de
E vérifiant les hypothèses suivantes :
(H1)T^(2m) ≠ 0_(L(E)) et
T^(2m + 1) = 0_(L(E)) .
(H2)M^2 = Id_E .
(H3)∀(v, w) ∈ E^2, (M(v)|w) = (v|M(w)) .
(H4)T ∘ M + M ∘ T = 0_(L(E)) .
On pose dans la suite
(H1)
(H2)
(H3)
(H4)
On pose dans la suite
On considère l'application
S de
E × E dans
ℝ définie par
et on note
G l'ensemble des éléments
u ∈ E vérifiant les deux propriétés suivantes :
(a)u ∈ Im(T) ,
(b)∀v ∈ E, S(u, v) = 0 .
(a)
(b)
- Pour tout vecteur
v ∈ E , on pose
(a) Montrer que
∀v ∈ E, v^+ ∈ F^+ et
v^− ∈ F^− .
(b) Montrer queE = F^+ ⊕ ^⊥F^− .
(c) Montrer que∀v ∈ F^+, T(v) ∈ F^− et que
∀v ∈ F^−, T(v) ∈ Fk .
(b) Montrer que
(c) Montrer que
En déduire que
F^+ et
F^− sont stables par
T^2 .
2. Montrer que pour toutk ∈ {0, 1, …, 2m}, Im(T^(k + 1)) ⊂ Im(T^k) et
Im(T^(k + 1)) ≠ Im(T^k) .
3. En déduire que pour toutk ∈ {0, …, 2m + 1} , on a
2. Montrer que pour tout
3. En déduire que pour tout
- En déduire aussi que
Im(T^k) = ker(T^(2m + 1 − k)) pour0 ≤ k ≤ 2m + 1 . - Soit
k ∈ {1, 2, …, 2m + 1} etz ∈ Im(T^k)^⊥ ∩ Im(T^(k − 1)) tel quez ≠ 0_E . Après avoir justifié l'existence d'un tel vecteurz , montrer queT^(2m + 1 − k)(z) ≠ 0_E . - Montrer que pour tout nombre réel
α , l'endomorphismeId_E + αT^2 est bijectif et que
où
(Id_E + αT^2)^(− 1) désigne l'endomorphisme inverse de
Id_E + αT^2 .
7. Montrer queG est un sous-espace vectoriel de
E et que
G ∩ ker(T) = {0_E} .
8. En déduire que l'application (v, w) ∈ G × G ↦ (T(v)|T(w) ) est un produit scalaire sur
G .
9. Soitk ∈ ℕ .
(a) Montrer queM ∘ T^k = (− 1)^k T^k ∘ M .
(b) En déduire queIm(T^k) et
ker(T^k) sont stables par
M .
10. Montrer que l'une des deux assertions suivantes est vraie : (i)ker(T) ⊂ F^+, (ii)ker(T) ⊂ F^− .
11. On suppose ici queker(T) ⊂ F^+ .
(a) Montrer que∀z ∈ F^−, T^(2m)(z) = 0_E .
(b) Montrer queIm(T)^⊥ ⊂ F^+ et que
Im(T^2)^⊥ ∩ Im(T) ⊂ F^− .
(c) Soitz ∈ Im(T)^⊥ avec
z ≠ 0_E . Montrer que
T(z) ∈ G^⊥ et que
T(z) ≠ 0_E .
(d) Soitz ∈ Im(T^2)^⊥ ∩ Im(T) avec
z ≠ 0_E . Montrer que
T(z) ∈ G^⊥ et que
T(z) ≠ 0_E .
12. On dit désormais qu'un couple(w_1, w_2) ∈ E × E est une paire caractérisante de
G si
w_1 et
w_2 vérifient les trois propriétés :
(A)w_1 ∈ F^+, T(w_1) ∈ G^⊥ et
T(w_1) ≠ 0_E ,
(B)w_2 ∈ F^−, T(w_2) ∈ G^⊥ et
T(w_2) ≠ 0_E ,
(C)w_i ∈ Im(T^2)^⊥ pour
i = 1 et
i = 2 .
7. Montrer que
8. En déduire que l'application (
9. Soit
(a) Montrer que
(b) En déduire que
10. Montrer que l'une des deux assertions suivantes est vraie : (i)
11. On suppose ici que
(a) Montrer que
(b) Montrer que
(c) Soit
(d) Soit
12. On dit désormais qu'un couple
(A)
(B)
(C)
Déduire des questions précédentes l'existence d'une paire caractérisante de
G .
13. En déduire quedim(G) ≤ 2m − 2 .
14. On suppose queG vérifie l'hypothèse suivantes
13. En déduire que
14. On suppose que
Montrer que si (
w_1, w_2 ) est une paire caractérisante de
G alors (
T(w_1), T(w_2) ) constitue une base de
G^⊥ .
Partie II
On conserve toutes les notations de la partie I et on suppose que les hypothèses
(H1), (H2), (H3) , (H4) et (H5) sont toutes satisfaites. Soit (
w_1, w_2 ) une paire caractérisante de
G (c'est à dire vérifiant les propriétés
(A), (B) et
(C) de la question 12
) .
Pour toutλ ∈ ℝ , on considère le problème suivant, note
P_λ :
Pour tout
et on note
H_λ l'ensemble des solutions
u de ce problème. On montre facilement que
H_λ est un sousespace vectoriel de
G .
15. Soitλ ∈ ℝ .
(a) Montrer que si(P_λ) admet une solution
u ≠ 0_E , alors nécessairement
λ > 0 .
(b) Soitu ∈ G . Montrer que
u est une solution de
(P_λ) si et seulement si
15. Soit
(a) Montrer que si
(b) Soit
En déduire qu'il existe deux nombres réels
α et
β tels que :
(c) Montrer que le problème
(P_λ) admet une solution non nulle si et seulement si
où pour
i ∈ {1, 2}, Q_i est le polynôme
(d) Supposons que
λ est racine du polynôme produit
Q_1 Q_2 . Montrer que
dim(H_λ) = 2 si
λ est racine commune de
Q_1 et de
Q_2 , et
dim(H_λ) = 1 sinon.
(e) Montrer que
(e) Montrer que
- Soit
B = (z_1, …, z_ℓ) , oùℓ = 2m − 2 , une base deG . Pour tout élémentu deG , on noteU (lettre majuscule) le vecteur colonne comportant les coordonnées deu relativement à la baseB . On noteA = [a_(i, j)]_(1 ≤ i, j ≤ ℓ) etB = [b_(i, j)]_(1 ≤ i, j ≤ ℓ) les deux matrices carrées dont les coefficients sont définis par
(a) Soient
u, v ∈ G . Montrer que
et en déduire que
A et
B sont inversibles.
(b) Soitλ ∈ ℝ . Montrer qu'un élément
u ∈ G est solution de
(P_λ) si et seulement si
(b) Soit
En déduire que
(P_λ) admet une solution non nulle si et seulement si
det(A − λB) = 0 .
(c) On définit la fonctionψ sur
ℝ par
(c) On définit la fonction
Montrer que cette fonction
ψ est indépendante du choix de la base
B .
(d) Justifier pourquoi on peut choisir la baseB de sorte que
B = I_ℓ . En déduire que
ψ est une fonction polynomiale dont on précisera le degré.
(e) Montrer que le polynômeψ est scindé dans
ℝ[X] et que ses racines sont soit simples soit doubles.
(f) Montrer que
(d) Justifier pourquoi on peut choisir la base
(e) Montrer que le polynôme
(f) Montrer que
(on justifiera pourquoi nécessairement le dénominateur est non nul).
En déduire queQ_1 et
Q_2 sont scindés dans
ℝ[X] et à racines simples.
En déduire que
Partie III
On conserve ici les notations des parties I et II et on se place dans le cas particulier où
E = ℝ_(2m)[X] , avec
m ≥ 2 un entier naturel fixé. Cet espace vectoriel est muni du produit scalaire
Désormais, les deux endomorphismes
T et
M de
E seront définis par
où
P^∗(X) = P(− X) .
On pose pour toutk ∈ ℕ ,
On pose pour tout
- Montrer que
T etM vérifient bien les hypothèses (H1 ), (H2 ), (H3 ) et (H4 ). - Quels sont les espaces
F^+ etF^− dans ce cas ? - Montrer que
- Déterminer le sous-espace
G . L'hypothèse(H5) est-elle satisfaite? - On définit pour tout entier naturel
n le polynômeR_n comme suit
et on pose désormais
Soit
n ∈ ℕ .
(a) Quel est le degré du polynômeL_n ? Exprimer
M(L_n) en fonction de
L_n .
(b) Montrer que sin ≥ 1 alors
(a) Quel est le degré du polynôme
(b) Montrer que si
(c) Montrer que pour tout entier
k tel que
0 ≤ k ≤ n , on a
(d) Montrer que pour tout entier naturel
k , on a
- Montrer que le couple (
L_(2m), L_(2m − 1) ) est une paire caractérisante deG . - Soit
λ ∈ ℝ . On considère le problème : trouverP ∈ ℝ_(2m − 1)^0[X] tel que
Montrer que ce problème admet une solution
P non identiquement nulle si et seulement si
λ est racine du polynôme
- Montrer que
avec inégalité stricte si
P est non nul.
25. En déduire que les racines deK sont toutes réelles et appartiennent à l'intervalle
]0, 4[ .
26. Soit (P_1, …, P_(2m − 2) ) une base quelconque de
G . On considère les deux matrices carrées
A = [a_(i, j)]_(1 ≤ i, j ≤ 2m − 2) et
B = [b_(i, j)]_(1 ≤ i, j ≤ 2m − 2) définies par
25. En déduire que les racines de
26. Soit (
Déterminer le rapport
en fonction de
m .
Pas de description pour le moment
