Feuille d'entraînement : Ferromagnétisme et circuits magnétiques
10 questions · filière PSI · durée estimée environ 53 min
Énoncés
Exercice 1E3A Physique-Chimie PSI 2026, Q26· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 6 min
Citer le théorème d’Ampère dans un tel milieu magnétique idéalisé et dans l’approximation des régimes quasi-stationnaires magnétiques. En déduire l’expression de l’intensité du courant circulant dans le secondaire en fonction de ainsi que et et qu’on désignera par le nom de loi de transformation des intensités.
Exercice 2Mines-Ponts Physique 2 PSI 2026, Q13· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 4 min
Justifier qu'il est légitime de négliger, dans l'air, le champ magnétique en dehors des minces entrefers d'épaisseur .
Exercice 3Mines-Ponts Physique 2 PSI 2026, Q14· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 6 min
On suppose dorénavant la perméabilité magnétique du rotor et du stator infinies. Montrer que l'intensité du champ magnétique en un point quelconque des deux entrefers est donnée par la relation .
Exercice 4Mines-Ponts Physique 2 PSI 2026, Q16· Exigeant· Incontournable· ≈ 6 min
Proposer une définition énergétique de l'inductance du système. Déduire des questions 14 et 15 les valeurs minimale et maximale de l'inductance. Comment varie l'inductance entre ces deux valeurs extrêmes ?
Exercice 5E3A Physique-Chimie PSI 2024, Q31· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 8 min
En d'étaillant les étapes et hypothèses de votre raisonnement, montrer que le champ magnétique dans l'entrefer s'écrit :
Exercice 6Mines-Ponts Physique 2 PSI 2024, Q13· Application directe· Incontournable· ≈ 5 min
Faire apparaître sur votre copie l'allure d'un tel cycle en précisant les valeurs de l'aimantation rémanente , de l'aimantation à saturation et de l'excitation coercitive .
Laquelle de ces trois grandeurs pourrait être déterminée à partir de la mesure de ?
Exercice 7CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2023, Q14· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 5 min
En travaillant en coordonnées cylindriques, d'axe l'axe de révolution du tore, justifier que et .
Exercice 8CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2023, Q15· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 5 min
Exprimer les champs et en fonction de , , , et . Préciser les orientations choisies.
Exercice 9Mines-Ponts Physique 1 PSI 2023, Q22· Application directe· Incontournable· ≈ 3 min
Déterminer la dimension de . Quelle relation lie et le champ magnétique ? Définir puis exprimer la perméabilité magnétique relative du milieu.
Exercice 10Mines-Ponts Physique 1 PSI 2023, Q24· Intermédiaire· Incontournable· ≈ 5 min
En déduire les inductances propres et des deux bobines et leur inductance mutuelle .
Corrigés
Exercice 1E3A Physique-Chimie PSI 2026, Q26
Dans le cadre de l'approximation des régimes quasi-stationnaires (ARQS), le courant de déplacement est négligeable et le théorème d'Ampère s'écrit pour le vecteur excitation magnétique \vec{H} :
\oint_{\mathcal{C}} \vec{H} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = I_{\text{libre, enlacé}}où \mathcal{C} est un contour fermé orienté et I_{\text{libre, enlacé}} la somme algébrique des courants libres traversant une surface s'appuyant sur \mathcal{C}.
Le matériau magnétique étant supposé linéaire, homogène et isotrope :
\vec{B} = \mu_0 \mu_r \vec{H} \iff \vec{H} = \frac{\vec{B}}{\mu_0 \mu_r}Le champ d'induction magnétique \vec{B} restant borné et la perméabilité relative étant idéalisée (\mu_r \to \infty), on a \vec{H} \approx \vec{0} dans le noyau ferromagnétique. La circulation de \vec{H} le long du contour \mathcal{C} fermé suivant la ligne moyenne du tore (de longueur 2\pi a) est donc nulle :
\oint_{\mathcal{C}} \vec{H} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = 0 \implies I_{\text{libre, enlacé}} = 0Sur la figure 7, le circuit primaire est en convention récepteur (le courant i_1(t) entre par la borne repérée) tandis que le secondaire débite dans une charge en convention générateur (le courant i_2(t) sort par la borne repérée). Compte tenu du sens identique d'enroulement des spires au primaire et au secondaire, les ampère-tours s'opposent :
I_{\text{libre, enlacé}} = N_1 i_1(t) - N_2 i_2(t) = 0On en déduit la loi de transformation des intensités :
\boxed{i_2(t) = \frac{N_1}{N_2} \, i_1(t) = \frac{1}{m} \, i_1(t)}avec m = \dfrac{N_2}{N_1} le rapport de transformation introduit à la question Q25.
Résultat
Exercice 2Mines-Ponts Physique 2 PSI 2026, Q13
Le stator et le rotor sont constitués de fer doux de perméabilité magnétique relative très élevée (\mu_{\mathrm{r}} \gg 1, typiquement 10^3 à 10^4).
Dans le fer doux, l'excitation magnétique vaut \vec{H}_{\text{fer}} = \frac{\vec{B}}{\mu_0 \mu_{\mathrm{r}}} \approx \vec{0}, de sorte que le fer se comporte comme un quasi-équipotentiel pour le potentiel scalaire magnétique V_{\mathrm{m}} (défini par \vec{H} = -\vec{\nabla} V_{\mathrm{m}} hors des courants). La différence de potentiel magnétique \Delta V_{\mathrm{m}} entre le stator et le rotor est imposée par les ampères-tours des bobinages statoriques d'après le théorème d'Ampère :
\oint \vec{H} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = 2 N iDans l'air (\mu = \mu_0), le champ magnétique s'écrit B = \mu_0 H \sim \mu_0 \frac{\Delta V_{\mathrm{m}}}{d_{\text{air}}}, où d_{\text{air}} est l'épaisseur d'air séparant le stator et le rotor le long d'une ligne de champ :
Au niveau des entrefers minces, la distance parcourue dans l'air est d_{\text{air}} = e, d'où un champ intense :
B_{\mathrm{entrefer}} \sim \frac{\mu_0 \Delta V_{\mathrm{m}}}{e}En dehors de ces entrefers, les surfaces en regard sont séparées par une distance de l'ordre de la taille du rotor, d_{\text{air}} \sim R :
B_{\text{hors}} \sim \frac{\mu_0 \Delta V_{\mathrm{m}}}{R}
Comme e \ll R, le rapport des champs magnétiques vérifie :
\frac{B_{\text{hors}}}{B_{\mathrm{entrefer}}} \sim \frac{e}{R} \ll 1En termes de circuit magnétique (théorème d'Hopkinson), la réluctance d'un tube de flux dans l'air \mathcal{R} = \frac{d_{\text{air}}}{\mu_0 S} est proportionnelle à la longueur traversée dans l'air : elle est donc considérablement plus grande pour tout chemin passant hors de l'entrefer que pour le chemin direct à travers l'entrefer mince.
\boxed{\text{Le flux magnétique se canalise dans les entrefers et le champ dans l'air est négligeable ailleurs.}}Résultat
Exercice 3Mines-Ponts Physique 2 PSI 2026, Q14
Considérons une ligne de champ moyenne fermée \mathcal{C}, orientée dans le sens du champ magnétique, qui traverse successivement :
- le pôle saillant supérieur du stator ;
- l'entrefer supérieur d'épaisseur e ;
- le rotor ;
- l'entrefer inférieur d'épaisseur e ;
- le pôle saillant inférieur du stator, puis la culasse statorique pour se refermer.
Appliquons le théorème d'Ampère au champ d'excitation magnétique \vec{H} le long de ce contour \mathcal{C} :
\oint_{\mathcal{C}} \vec{H} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = I_{\text{enlacé}}1. Circulation dans le fer doux :
Dans le rotor et le stator en fer doux, \vec{B} = \mu \vec{H}. Le champ magnétique \vec{B} y restant d'intensité finie, l'hypothèse d'une perméabilité magnétique infinie (\mu \to \infty) entraîne :\vec{H}_{\text{fer}} = \vec{0} \implies \int_{\text{fer}} \vec{H} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = 02. Circulation dans les entrefers :
Dans l'air assimilé au vide, \vec{B}_{\mathrm{a}} = \mu_0 \vec{H}_{\mathrm{a}}, soit \vec{H}_{\mathrm{a}} = \dfrac{\vec{B}_{\mathrm{a}}}{\mu_0}.
Les entrefers étant très minces (e \ll R), le champ y est quasi uniforme, radial et dirigé colinéairement à la normale aux parois. Par symétrie du dispositif, le champ a la même intensité B_{\mathrm{a}} dans chacun des deux entrefers. La circulation de \vec{H} sur les deux entrefers de même épaisseur e vaut donc :\int_{\text{entrefers}} \vec{H} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = 2 H_{\mathrm{a}} e = 2 \frac{B_{\mathrm{a}}}{\mu_0} e3. Courant enlacé :
Le contour \mathcal{C} enlace les deux enroulements statoriques connectés en série. D'après le sens des spires indiqué sur la figure 4, les forces magnétomotrices des deux bobines de N spires s'additionnent le long de la ligne de champ. Le courant total algébrique enlacé est donc :I_{\text{enlacé}} = N i + N i = 2 N iEn égalant circulation et courant enlacé :
2 \frac{B_{\mathrm{a}}}{\mu_0} e = 2 N iOn en déduit l'intensité du champ magnétique en tout point de l'entrefer :
\boxed{B_{\mathrm{a}} = \frac{\mu_0 N i}{e}}Résultat
Exercice 4Mines-Ponts Physique 2 PSI 2026, Q16
L'inductance propre L du bobinage est définie énergétiquement par la relation liant le courant i à l'énergie magnétique totale \mathcal{E}_{\mathrm{ma}} emmagasinée dans le système :
\boxed{\mathcal{E}_{\mathrm{ma}} = \frac{1}{2} L i^2 \iff L = \frac{2\mathcal{E}_{\mathrm{ma}}}{i^2}}Dans le fer doux, la perméabilité magnétique étant infinie (\mu \to \infty), le champ d'excitation vérifie \vec{H} = \vec{B}/\mu = \vec{0}, de sorte que la densité volumique d'énergie magnétique y est nulle :
w_{\mathrm{m, fer}} = \frac{1}{2}\vec{B}\cdot\vec{H} = 0L'énergie magnétique est donc entièrement localisée dans l'air des deux entrefers d'épaisseur e, où règne le champ uniforme B_{\mathrm{a}} = \frac{\mu_0 N i}{e} (d'après la question Q14). La densité d'énergie magnétique dans l'air y est :
w_{\mathrm{m}} = \frac{B_{\mathrm{a}}^2}{2\mu_0} = \frac{1}{2\mu_0}\left(\frac{\mu_0 N i}{e}\right)^2 = \frac{\mu_0 N^2 i^2}{2e^2}L'énergie magnétique totale s'obtient en intégrant w_{\mathrm{m}} sur le volume total V de l'entrefer :
\mathcal{E}_{\mathrm{ma}} = w_{\mathrm{m}} V = \frac{\mu_0 N^2 i^2}{2e^2} VPar identification avec \mathcal{E}_{\mathrm{ma}} = \frac{1}{2}Li^2, on en déduit l'expression de l'inductance en fonction du volume de l'entrefer :
L = \frac{\mu_0 N^2}{e^2} VEn utilisant les volumes minimal et maximal établis à la question Q15 :
Pour V_{\min} = 2\epsilon R \ell e (position \theta_{\mathrm{r}} = k\pi) :
\boxed{L_{\min} = \frac{2\mu_0 \epsilon N^2 R \ell}{e}}Pour V_{\max} = \pi R \ell e (position \theta_{\mathrm{r}} = (2k+1)\frac{\pi}{2}) :
\boxed{L_{\max} = \frac{\mu_0 \pi N^2 R \ell}{e}}
Entre ces deux positions extrêmes, la surface de recouvrement des pôles rotoriques et statoriques varie linéairement avec l'angle de rotation \theta_{\mathrm{r}}. Par conséquent, le volume de l'entrefer et l'inductance L(\theta_{\mathrm{r}}) varient de manière affine par morceaux (allure triangulaire ou trapézoïdale avec paliers de saturation dus aux effets géométriques et d'angles \beta_{\mathrm{r}} et \beta_{\mathrm{s}}).
Résultat
Exercice 5E3A Physique-Chimie PSI 2024, Q31
On formule les hypothèses classiques d'étude d'un circuit magnétique :
- Absence de fuites magnétiques : les lignes de champ de \vec{B} sont entièrement canalisées à l'intérieur du matériau ferromagnétique et traversent les deux entrefers.
- Absence d'épanouissement dans les entrefers : les entrefers sont d'épaisseur x faible devant les dimensions transverses de la section (\sqrt{S}), de sorte que la section du faisceau reste égale à S dans l'entrefer.
- Uniformité : le champ \vec{B} est supposé uniforme sur toute section droite.
D'après l'équation de Maxwell-Thomson \mathrm{div}\,\vec{B} = 0, le flux du champ magnétique \Phi = \iint_S \vec{B} \cdot \mathrm{d}\vec{S} se conserve le long du tube de flux. La section S étant constante, l'intensité du champ magnétique est identique dans le ferromagnétique et dans les entrefers :
B_{\text{ferro}} = B_{\text{entrefer}} = B(x)D'après la question Q30, les lois de comportement des milieux s'écrivent :
- dans le ferromagnétique doux : \vec{B} = \mu_0 \mu_{\mathrm{r}} \vec{H}_{\text{ferro}}, soit H_{\text{ferro}} = \dfrac{B(x)}{\mu_0 \mu_{\mathrm{r}}} ;
- dans l'air constituant l'entrefer (\mu_{\mathrm{r,air}} \approx 1) : \vec{B} = \mu_0 \vec{H}_{\text{air}}, soit H_{\text{air}} = \dfrac{B(x)}{\mu_0}.
On applique le théorème d'Ampère au vecteur excitation magnétique \vec{H} sur un contour fermé \mathcal{C} suivant la ligne de champ moyenne du circuit, orientée dans le sens de \vec{B} :
\oint_{\mathcal{C}} \vec{H} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = I_{\text{enlacé}} = N ILe contour \mathcal{C} traverse une longueur \ell de matériau ferromagnétique et deux entrefers de longueur x chacun (voir figure 13). La circulation de \vec{H} se décompose donc selon :
\begin{aligned} \oint_{\mathcal{C}} \vec{H} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} &= H_{\text{ferro}} \ell + 2 H_{\text{air}} x \\ &= \frac{B(x)}{\mu_0 \mu_{\mathrm{r}}} \ell + 2 \frac{B(x)}{\mu_0} x \\ &= \frac{B(x)}{\mu_0 \mu_{\mathrm{r}}} \left( \ell + 2\mu_{\mathrm{r}} x \right) \end{aligned}En égalant à N I, on obtient :
\frac{B(x)}{\mu_0 \mu_{\mathrm{r}}} \left( \ell + 2\mu_{\mathrm{r}} x \right) = N ID'où l'expression recherchée :
\boxed{B(x) = \frac{\mu_0 \mu_{\mathrm{r}} N I}{\ell + 2 \mu_{\mathrm{r}} x}}Résultat
Exercice 6Mines-Ponts Physique 2 PSI 2024, Q13
Un matériau ferromagnétique dur possède un cycle d'hystérésis large (fort champ coercitif H_c et forte aimantation rémanente \mathcal{M}_r), propice à la confection d'aimants permanents. Le tracé de l'aimantation \mathcal{M} en fonction de l'excitation magnétique H présente la forme suivante :
Les trois grandeurs caractéristiques sont :
- l'aimantation à saturation \mathcal{M}_s, limite asymptotique de l'aimantation pour une excitation appliquée très intense (H \to \pm\infty) ;
- l'aimantation rémanente \mathcal{M}_r, aimantation subsistant dans le matériau en champ extérieur nul (H = 0) après aimantation à saturation ;
- l'excitation coercitive H_c, intensité du champ magnétique opposé à appliquer pour annuler l'aimantation (\mathcal{M} = 0).
L'aimant sphérique étudié est utilisé en l'absence de tout circuit extérieur alimenté créant une excitation magnétique imposée (H_{\mathrm{ext}} = 0). L'aimant conserve donc son aimantation rémanente \mathcal{M} \simeq \mathcal{M}_r.
En supposant une aimantation uniforme dans le volume V = \frac{4}{3}\pi r^3 de la bille, le moment dipolaire total s'écrit :
M_0 = \mathcal{M}_r \, V = \frac{4}{3}\pi r^3 \mathcal{M}_r\boxed{\text{La mesure de } M_0 \text{ permet de déterminer l'aimantation rémanente } \mathcal{M}_r.}Résultat
Exercice 7CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2023, Q14
Soit un point M(r, \theta, z) à l'intérieur du tore.
Le plan méridien passant par M, défini par la base (\vec{e}_r, \vec{e}_z), est le plan de coupe contenant la section du tore. Les spires étant enroulées autour du tore et leur nombre N_t = 500 étant élevé, on peut négliger le pas de l'hélice d'enroulement : les lignes de courant sont contenues dans ces plans méridiens.
Le plan méridien (M, \vec{e}_r, \vec{e}_z) est donc un plan de symétrie de la distribution de courant électrique :
\mathcal{P}_s = (M, \vec{e}_r, \vec{e}_z).Le champ magnétique \vec{B} et le champ d'excitation magnétique \vec{H} étant des vecteurs axiaux (ou pseudovecteurs), ils sont orthogonaux en tout point d'un plan de symétrie de leurs sources de courant.
Le vecteur unitaire orthogonal au plan méridien étant \vec{e}_\theta, on en déduit :
\boxed{\vec{H} = H\,\vec{e}_\theta \quad \text{et} \quad \vec{B} = B\,\vec{e}_\theta}Cette colinéarité est par ailleurs cohérente avec la relation constitutive linéaire et isotrope \vec{B} = \mu_0 \mu_r \vec{H}.
Résultat
Exercice 8CentraleSupélec Physique-Chimie 2 PSI 2023, Q15
Considérons comme contour d'Ampère \mathcal{C} le cercle d'axe Oz, de rayon moyen R_m = \frac{\ell_t}{2\pi}, situé au cœur du tore.
Ce contour est orienté par le vecteur unitaire orthoradial \vec{e}_\theta. Selon la règle de la main droite (ou du tire-bouchon), le sens de parcours sur \mathcal{C} définit une normale à une surface s'appuyant sur ce contour ; on oriente le sens positif du courant i dans les spires de sorte que le courant total enlacé soit :
I_{\text{enlacé}} = N_t \, iD'après la question Q14, \vec{H} = H \vec{e}_\theta. De plus, d'après l'approximation du tore mince (question Q13), la composante H est uniforme le long du contour circulaire de longueur \ell_t = 2\pi R_m. La circulation de \vec{H} s'écrit alors :
\oint_{\mathcal{C}} \vec{H} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = \oint_{\mathcal{C}} H \, R_m \, \mathrm{d}\theta = H \, \ell_tD'après le théorème d'Ampère appliqué au champ \vec{H} en régime quasi stationnaire :
\oint_{\mathcal{C}} \vec{H} \cdot \mathrm{d}\vec{\ell} = I_{\text{enlacé}} \implies H \, \ell_t = N_t \, id'où :
\boxed{H = \frac{N_t \, i}{\ell_t}}Le milieu ferromagnétique étant étudié dans son domaine linéaire, la relation constitutive s'écrit \vec{B} = \mu_0 \mu_r \vec{H}. Les vecteurs \vec{B} et \vec{H} étant tous deux orientés selon \vec{e}_\theta, on obtient pour la composante B :
\boxed{B = \frac{\mu_0 \mu_r N_t \, i}{\ell_t}}Résultat
Exercice 9Mines-Ponts Physique 1 PSI 2023, Q22
Dimension de la susceptibilité magnétique \chi :
L'aimantation \vec{M} représente le moment dipolaire magnétique par unité de volume. Puisqu'un moment magnétique s'exprime en \mathrm{A\cdot m^2} (comme le produit d'un courant par une surface), l'aimantation a pour dimension :
[M] = \frac{\mathrm{I\cdot L^2}}{\mathrm{L^3}} = \mathrm{I\cdot L^{-1}} \quad (\text{en }\mathrm{A\cdot m^{-1}}).D'après le théorème d'Ampère macroscopique sous forme de circulation (\oint \vec{H}\cdot\mathrm{d}\vec{\ell} = I_{\text{enlacé, libre}}), l'excitation magnétique \vec{H} a également la dimension d'un courant surfacique :
[H] = \mathrm{I\cdot L^{-1}} \quad (\text{en }\mathrm{A\cdot m^{-1}}).La relation constitutive du milieu linéaire \vec{M} = \chi \vec{H} implique donc immédiatement que :
\boxed{[\chi] = 1}La susceptibilité magnétique \chi est une grandeur sans dimension.
Relation liant \vec{H} et le champ magnétique \vec{B} :
De façon générale dans un milieu matériel, le champ magnétique \vec{B}, l'excitation magnétique \vec{H} et l'aimantation \vec{M} sont reliés par :
\boxed{\vec{B} = \mu_0(\vec{H} + \vec{M})}Pour le milieu linéaire considéré ici où \vec{M} = \chi \vec{H}, cette relation devient :
\vec{B} = \mu_0(1 + \chi)\vec{H}.Définition et expression de la perméabilité magnétique relative µ_r :
La perméabilité magnétique absolue \mu du milieu est définie par la relation linéaire \vec{B} = \mu \vec{H}. La perméabilité relative \mu_r est définie comme le rapport adimensionné de la perméabilité du milieu à celle du vide :
\boxed{\mu_r = \frac{\mu}{\mu_0}}de sorte que \vec{B} = \mu_0 \mu_r \vec{H}. Par identification avec \vec{B} = \mu_0(1+\chi)\vec{H}, on obtient son expression :
\boxed{\mu_r = 1 + \chi}
Résultat
Exercice 10Mines-Ponts Physique 1 PSI 2023, Q24
Le champ magnétique étant nul à l'extérieur du barreau et uniforme de valeur B_0 à l'intérieur, le flux de \vec{B} à travers une section droite du cylindre de rayon R vaut :
\phi = \iint_S \vec{B}\cdot\mathrm{d}\vec{S} = B_0 \pi R^2avec B_0 = \dfrac{\mu_0 \mu_r}{\ell}(N_1 I_1 + N_2 I_2) établi à la question Q23.
Le flux total \Phi_1 embrassé par les N_1 spires de la bobine \text{N}^\circ\,1 s'écrit :
\begin{aligned} \Phi_1 &= N_1 \phi = \frac{\mu_0 \mu_r \pi R^2 N_1}{\ell}(N_1 I_1 + N_2 I_2) \\ &= \left(\frac{\mu_0 \mu_r \pi R^2 N_1^2}{\ell}\right) I_1 + \left(\frac{\mu_0 \mu_r \pi R^2 N_1 N_2}{\ell}\right) I_2 \end{aligned}Par identification avec l'expression constitutive \Phi_1 = L_1 I_1 + M_0 I_2, on obtient l'inductance propre L_1 et l'inductance mutuelle M_0.
De même, le flux total \Phi_2 embrassé par les N_2 spires de la bobine \text{N}^\circ\,2 s'écrit :
\begin{aligned} \Phi_2 &= N_2 \phi = \frac{\mu_0 \mu_r \pi R^2 N_2}{\ell}(N_1 I_1 + N_2 I_2) \\ &= \left(\frac{\mu_0 \mu_r \pi R^2 N_1 N_2}{\ell}\right) I_1 + \left(\frac{\mu_0 \mu_r \pi R^2 N_2^2}{\ell}\right) I_2 \end{aligned}Par identification avec \Phi_2 = M_0 I_1 + L_2 I_2, on identifie l'inductance propre L_2.
On en déduit :
\boxed{L_1 = \frac{\mu_0 \mu_r \pi R^2 N_1^2}{\ell}} \quad , \quad \boxed{L_2 = \frac{\mu_0 \mu_r \pi R^2 N_2^2}{\ell}} \quad \text{et} \quad \boxed{M_0 = \frac{\mu_0 \mu_r \pi R^2 N_1 N_2}{\ell}}Résultat
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