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Banque PT Mathématiques A PT 2012Sujet et corrigé

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Présentation du sujet

Endomorphismes qui commutent, stabilité des sous-espaces propres et diagonalisation simultanée
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Le problème étudie les endomorphismes qui commutent entre eux, en lien avec la stabilité des sous-espaces propres. Une question préliminaire établit que le sous-espace propre d'un endomorphisme est stable par tout endomorphisme qui commute avec lui. La première partie applique ce résultat à un exemple explicite en dimension 3 pour construire une base de trigonalisation simultanée.

  1. 1Question préliminaire : stabilité des sous-espaces propresMontrer que si deux endomorphismes commutent, tout sous-espace propre de l'un est stable par l'autre.
  2. 2Partie I : exemple de trigonalisation simultanée en dimension 3Étudier deux endomorphismes explicites de R^3 qui commutent, déterminer leurs éléments propres, et construire une base commune dans laquelle leurs matrices sont triangulaires supérieures.
  3. 3Partie II : cas d'un endomorphisme à valeurs propres distinctesMontrer que tout endomorphisme qui commute avec un endomorphisme à n valeurs propres distinctes s'écrit comme un polynôme en cet endomorphisme, et appliquer ce résultat à la détermination des matrices racines carrées d'une matrice symétrique donnée.
  4. 4Partie III : rotations et réflexions de l'espace euclidienÉtudier l'action d'une rotation sur un vecteur quelconque de l'espace, puis la composée de deux réflexions et la condition de commutation entre elles, à travers des exemples explicites.

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Épreuve de Mathématiques A

Durée 4 h

Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, d'une part il le signale au chef de salle, d'autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.

L'usage de calculatrices est interdit.

AVERTISSEMENT

La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies. En particulier, les résultats non encadrés et non justifiés ne seront pas pris en compte.

Question préliminaire

Soit E un espace vectoriel sur ℝ, et f et g deux endomorphismes de E tels que
f ∘ g = g ∘ f
Soit λ une valeur propre de f, E_λ(f) le sous-espace propre associé. Montrer que le sous-espace E_λ(f) est stable par g c'est à dire
∀x ∈ E_λ(f), g(x) ∈ E_λ(f).

Partie I

Soient f et g les endomorphismes de ℝ^3 dont les matrices dans la base canonique sont respectivement
A = (1, 0, 0; 0, 0, − 1; 0, 1, 2) B = (0, 1, 1; − 1, 1, − 1; 1, 1, 3).
  1. Montrer que f et g commutent.
  2. Déterminer les valeurs propres et les sous-espaces propres de f et g. Les matrices A et B sont-elles diagonalisables ? trigonalisables ?
  3. On note e_1 un vecteur propre de g associé à la valeur propre 2 . En utilisant la question préliminaire, déterminer un vecteur e_2 non colinéaire à e_1 tel que le sousespace V ect (e_1, e_2) soit stable par f et par g.
    En déduire qu'il existe une base de E dans laquelle les matrices de f et g sont triangulaires supérieures.

Partie II

Soit E un espace vectoriel sur ℂ de dimension n, n ∈ ℕ^∗, et soit f un endomorphisme de E admettant n valeurs propres distinctes λ_1, …, λ_n.
  1. Montrer qu'il existe une base (e_1, …, e_n) de E constituée de vecteurs propres de f.
  2. Soit (a_0, …, a_d) ∈ ℂ^(d + 1). On considère le polynôme P défini par
P = ∑_(i = 0)^d a_i X^i
Soit u l'endomorphisme de E défini par
u = P(f) = ∑_(i = 0)^d a_i f^i
avec f^0 = Id l'application identité de E, et pour k ≥ 1, f^k = f ∘ ⋯ ∘ f est la k-ième composée de f.
(a) Montrer que f et u commutent.
(b) Exprimer les valeurs propres de u en fonction de celles de f et montrer que u est diagonalisable dans la même base que f.
3. On suppose dans cette question uniquement que E = ℂ^5. On note I_5 la matrice identité d'ordre 5. Soit
A = (0, 0, 0, 0, 1; 1, 0, 0, 0, 0; 0, 1, 0, 0, 0; 0, 0, 1, 0, 0; 0, 0, 0, 1, 0) B = (5, 4, 3, 2, 1; 1, 5, 4, 3, 2; 2, 1, 5, 4, 3; 3, 2, 1, 5, 4; 4, 3, 2, 1, 5)
(a) Déterminer les valeurs propres (éventuellement complexes) de A.
(b) Trouver 5 nombres réels a_0, a_1, a_2, a_3, a_4 tels que
B = a_0 I_5 + a_1 A + a_2 A^2 + a_3 A^3 + a_4 A^4
(c) En déduire les valeurs propres (éventuellement complexes) de B.
4. On revient à un espace E général. Soit g un endomorphisme de E qui commute avec f.
(a) Quelle est la dimension de E_(λ_i), sous-espace propre de f associé à la valeur propre λ_i ?
(b) En déduire, en se servant également de la question préliminaire que pour tout i ∈ {1, …, n}, e_i est également un vecteur propre de g. On notera μ_i la valeur propre associée.
(c) g est-il diagonalisable ?
(d) On note ℂ_(n − 1)[X] l'ensemble des polynômes à coefficients complexes de degré strictement inférieur à n et on considère l'application
φ : ℂ_(n − 1)[X], ⟶, ℂ^n; P, ⟼ (P(λ_1), …, P(λ_n))
i. Vérifier que l'application φ est linéaire.
ii. Vérifier que son noyau est réduit au polynôme nul.
iii. Montrer qu'il existe un unique polynôme P de degré strictement inférieur à n tel que
∀i ∈ {1, 2, …, n}, P(λ_i) = μ_i
(e) Déduire des questions précédentes qu'il existe un polynôme P de degré strictement inférieur à n tel que g = P(f).
5. On considère la matrice
M = 1/2(5, − 3; − 3, 5)
(a) Déterminer une matrice orthogonale Q telle que Q^(− 1)MQ soit diagonale.
(b) On cherche une matrice N telle que N^2 = M. Montrer en utilisant les résultats de la question 4 que si une telle matrice N existe, alors,
  • Q^(− 1)NQ est diagonale.
  • Il existe deux réels α et β tels que
N = αI_2 + βM
où I_2 désigne la matrice identité d'ordre 2 .
(c) Déterminer toutes les matrices N vérifiant N^2 = M.

Partie III

On considère l'espace euclidien ℝ^3 orienté muni d'un repère orthonormé direct (i, j, k). On note ⟨u, v⟩ le produit scalaire usuel dans ℝ^3 des vecteurs u et v.
  1. On considère la rotation r d'axe dirigé par le vecteur unitaire a et d'angle θ.
    (a) Rappeler l'expression générale de l'image r(u) d'un vecteur u de ℝ^3 orthogonal à a.
    (b) Montrer que tout vecteur v de ℝ^3 s'écrit de manière unique
v = u + λa
avec a et u orthogonaux.
(c) En déduire l'expression générale de l'image r(v) d'un vecteur v quelconque de ℝ^3.
2. On considère f la réflexion par rapport au plan d'équation x + y = 0 et g la réflexion par rapport au plan d'équation y + z = 0.
(a) Quelle est la nature de f ∘ g ? Préciser ses éléments caractéristiques.
(b) Donner la matrice de f ∘ g dans la base canonique.
(c) Les endomorphismes f et g commutent-ils ?
(d) Déterminer les valeurs propres (complexes) de f ∘ g et de g ∘ f.
3. On considère l'endomorphisme de ℝ^3 dont la matrice dans la base canonique est
(3/5, 0, − 4/5; 0, 1, 0; 4/5, 0, 3/5)
Montrer que cet endomorphisme est une rotation dont on précisera les éléments caractéristiques.
4. Soit a un vecteur non nul de ℝ^3 et λ un réel strictement positif. On considère l'application φ de ℝ^3 dans ℝ^3 définie par
∀u ∈ ℝ^3, φ(u) = u + λ⟨u, a⟩a.
(a) Vérifier que φ est un endomorphisme.
(b) Pour quelle(s) valeur(s) de λ l'application φ est-elle une isométrie?
(c) Reconnaître alors φ.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte ce sujet de maths A banque PT 2012 ?
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Sur quels chapitres porte ce sujet de maths A banque PT 2012 ?

Il porte sur la réduction des endomorphismes, en particulier la stabilité des sous-espaces propres pour des endomorphismes qui commutent, la trigonalisation simultanée et les isométries de l'espace euclidien.

Ce sujet demande-t-il de connaître les rotations et réflexions de l'espace ?

Oui, la troisième partie étudie l'action des rotations et des réflexions de l'espace euclidien de dimension 3, ainsi que la condition pour que deux telles applications commutent.

Les parties de ce sujet sont-elles indépendantes ?

La question préliminaire est utilisée dans les parties I et II ; la partie III, consacrée aux isométries de l'espace, est plus indépendante du reste du problème.

Ce sujet permet-il de déterminer les racines carrées d'une matrice ?

Oui, la partie II utilise la commutation avec un endomorphisme diagonalisable à valeurs propres distinctes pour déterminer toutes les matrices N vérifiant N² égale une matrice symétrique donnée.

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