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BCE Maths appliquées ESSEC ECE 2009, épreuve 2Sujet, corrigé et rapport du jury

Epreuve de maths appliquées - ECE 2009

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Description

Annale de maths appliquées BCE ESSEC pour la filiere ECE, session 2009.

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BANQUE COMMUNE D'EPREUVES

CONCOURS D'ADMISSION DE 2009
Concepteur : ESSEC
ESSECM2_E

OPTION ECONOMIQUE

MATHEMATIQUES II

Mardi 5 mai de 8 h à 12 h
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.

Notations

  • Tout au long du sujet ( Ω, F, P ) désignera un espace probabilisé et les variables aléatoires utilisées seront toutes définies sur cet espace probabilisé. Sous réserve d'existence, l'espérance mathématique d'une variable aléatoire réelle X sera notée E(X) et sa variance sera notée V(X).
  • Pour un événement A, on notera P_B(A) la probabilité conditionnelle de A sachant B où B est un événement non négligeable.
Le sujet est composé de quatre parties. Les parties I, II, III et IV.A sont indépendantes. Il s'agit de variations autour de la notion de risque quadratique en théorie de l'estimation.

I. Premier problème d'estimation

Dans ce premier problème d'estimation, on dispose d'une seule observation notée X. On suppose que X admet pour densité f_θ définie sur ℝ par
f_θ(x), = (k + 1)/(θ^(k + 1))x^k pour tout x ∈ [0, θ]; = 0 sinon
où k est un entier naturel non nul et θ un paramètre réel inconnu strictement positif que l'on souhaite estimer.
I. 1 Montrer que f_θ est bien une densité de probabilité.
I. 2 Calculer E(X).
I. 3 Déterminer λ_0 réel dépendant uniquement de k tel que λ_0 X estime θ sans biais.
I. 4 Calculer V(X).
On définit le risque quadratique de T estimateur de θ par
R(T, θ) = E((T − θ)^2)
I. 5 Redémontrer le résultat du cours précisant que pour tout T estimateur de θ
R(T, θ) = (E(T) − θ)^2 + V(T)
I. 6 Donner la valeur de R(λ_0 X, θ).
Le but de la fin de cette partie I est de déterminer un estimateur de θ ayant un plus petit risque quadratique que celui de λ_0 X.
I. 7 En utilisant I. 5 montrer que pour tout λ réel
R(λX, θ) = θ^2 Q(λ)
où Q est un polynôme de degré 2 dont les coefficients ne dépendent que de k.
I. 8 Montrer que la fonction λ ↦ Q(λ) atteint son minimum en un unique réel noté λ^∗ que l'on exprimera en fonction de k.
I. 9 Conclure sur le but recherché.

II. Second problème d'estimation

Dans ce second problème d'estimation, on dispose de n observations indépendantes ( n ≥ 2 ) notées X_1, …, X_n de même loi de Poisson de paramètre θ inconnu (θ ∈ ]0, + ∞[). On souhaite estimer le paramètre exp(− θ).
On définit pour tout i élément de {1, …, n} la variable aléatoire Y_i par
Y_i = 1 si X_i = 0 et Y_i = 0 sinon.
Puis on note
Y_n^– = 1/n∑_(i = 1)^n Y_i; 2/7
II. 1 Pour tout i élément de {1, …, n}, donner la loi de Y_i.
II. 2 Donner la loi de ∑_(i = 1)^n Y_i, puis montrer que E(Y_n^–) = exp(− θ). On dira dans ce cas que Y_n^– est un estimateur sans biais de exp(− θ).
II. 3 Calculer V(Y_n^–).
Pour tout k élément de {1, …, n} on définit S_k = ∑_(i = 1)^k X_i.
II. 4 Rappeler sans démonstration la loi de S_k pour tout k élément de {1, …, n}.
On définit jusqu'à la fin de cette partie II pour tout j entier naturel
φ(j) = P_({S_n = j})(X_1 = 0)
II. 5 Montrer que pour tout j entier naturel
φ(j) = (1 − 1/n)^j
On a donc φ(j) indépendant du paramètre θ inconnu.
D'après la question II.5, on peut définir l'estimateur
φ(S_n) = (1 − 1/n)^(S_n)
II. 6 Montrer que φ(S_n) admet une espérance et que E(φ(S_n)) = exp(− θ). On dira dans ce cas que φ(S_n) est un estimateur sans biais de exp(− θ).
II. 7 Montrer que φ(S_n) admet une variance vérifiant
V(φ(S_n)) = exp(− 2θ)(exp(θ/n) − 1)
II. 8 On souhaite comparer les performances de Y_n^– et φ(S_n) en tant qu'estimateurs de exp(− θ).
a. En utilisant le théorème des accroissements finis, démontrer que
1 ≤ (exp(θ) − 1)/θ ≤ exp(θ)
b. Soit la fonction h : [0, 1] → ℝ définie par
h(t) = texp(θ) + (1 − t) − exp(tθ)
pour tout t ∈ [0, 1]. Etudier les variations de h.
c. En déduire que
exp(θ/n) ≤ (exp(θ))/n + (n − 1)/n
puis l'inégalité
V(φ(S_n)) ≤ V(Y_n^–)
d. On définit le risque quadratique de T_n estimateur de exp(− θ) par
R(T_n, exp(− θ)) = E((T_n − exp(− θ))^2)
Comparer les risques quadratiques de Y_n^– et φ(S_n).
On reprendra à la fin de la partie IV l'étude de φ(S_n).

III. Information de Fisher

A. Cas discret

Dans cette section III.A, on considère I un intervalle de ℝ, θ un paramètre inconnu de I et X une variable aléatoire à valeurs dans ℕ(X(Ω) ⊆ ℕ). On suppose qu'il existe une fonction p définie sur I × X(Ω) telle que pour tout k élément de X(Ω)
P(X = k) = p(θ, k)
et vérifiant pour tout k de X(Ω)θ ↦ p(θ, k) dérivable sur I.
On définit sous réserve d'existence l'information de Fisher de X par
I_X(θ) = ∑_(k ∈ X(Ω))(∂/(∂θ)lnp(θ, k))^2 p(θ, k)
III.A. 1 Dans cette question 1 , on considère X variable aléatoire de loi de Bernoulli de paramètre θ(θ ∈ ]0, 1[).
On a alors X(Ω) = {0, 1}, P(X = 1) = p(θ, 1) = θ, P(X = 0) = p(θ, 0) = 1 − θ et
I_X(θ) = (∂/(∂θ)lnp(θ, 1))^2 p(θ, 1) + (∂/(∂θ)lnp(θ, 0))^2 p(θ, 0)
Montrer que
I_X(θ) = 1/(θ(1 − θ))
III.A. 2 Dans cette question 2, on considère X variable aléatoire de loi binomiale de paramètres N et θ(N ∈ ℕ^∗, θ ∈ ]0, 1[).
a. Montrer que
I_X(θ) = 1/((θ(1 − θ))^2)∑_(k = 0)^N(k − Nθ)^2(N/k)θ^k(1 − θ)^(N − k)
b. En déduire que
I_X(θ) = (V(X))/((θ(1 − θ))^2)
puis donner la valeur de I_X(θ).
III.A. 3 Dans cette question 3 , on considère X une variable aléatoire de loi de Poisson de paramètre θ(θ ∈ ]0, + ∞[). Puisque X(Ω) = ℕ, on a sous réserve de convergence
I_X(θ) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)(∂/(∂θ)lnp(θ, k))^2 p(θ, k)
a. Montrer que la série de terme général (∂/(∂θ)lnp(θ, k))^2 p(θ, k) converge et calculer sa somme I_X(θ).
b. Justifier que
I_X(θ) = E((∂/(∂θ)lnp(θ, X))^2)

B. Cas d'une variable gaussienne

Soit X une variable aléatoire qui suit la loi normale de moyenne θ(θ ∈ ℝ) et de variance 1 dont la densité est notée x ↦ f(θ, x). On définit sous réserve de convergence l'information de Fisher de X par
I_X(θ) = ∫_(− ∞)^(+ ∞)(∂/(∂θ)ln(f(θ, x)))^2 f(θ, x)dx
III.B. 1 Montrer que sous réserve de convergence
I_X(θ) = ∫_(− ∞)^(+ ∞)(x − θ)^2 f(θ, x)dx
III.B. 2 En déduire l'existence et la valeur de I_X(θ).
III.B. 3 Justifier que
I_X(θ) = E((∂/(∂θ)ln(f(θ, X)))^2)

IV. Minoration du risque quadratique

A. Inégalité de Cramer-Rao

Dans cette section IV.A, on considère I un intervalle de ℝ, θ un paramètre inconnu de I et X une variable aléatoire telle que X(Ω) = {0, …, N}(N ∈ ℕ). On suppose qu'il existe une fonction p définie sur I × X(Ω) telle que pour tout k ∈ {0, …, N}
P(X = k) = p(θ, k)
et vérifiant :
  • pour tout k ∈ {0, …, N}, θ ↦ p(θ, k) dérivable sur I,
  • l'information de Fisher de X notée I_X(θ) définie dans la partie III est non nulle pour tout θ ∈ I.
Le but de la section IV.A est de démontrer l'inégalité suivante dûe à Cramer et Rao.

Théorème de Cramer-Rao

Soit f(X) un estimateur sans biais de g(θ) à savoir tel que E(f(X)) = g(θ) où g est dérivable sur I. On a alors
V(f(X)) ≥ ((g^′(θ))^2)/(I_X(θ))
IV.A. 1 Montrer que pour tout θ élément de I
∑_(k = 0)^N∂/(∂θ)(p(θ, k)) = 0
IV.A. 2 En déduire que pour tout θ élément de I
E(∂/(∂θ)ln(p(θ, X))) = 0
IV.A. 3 En dérivant partiellement par rapport à θ les deux membres de l'égalité (E), montrer que pour tout θ élément de I
E((∂^2)/(∂θ^2)ln(p(θ, X))) = − E((∂/(∂θ)ln(p(θ, X)))^2)
IV.A. 4 Montrer que pour tout θ élément de I
g^′(θ) = ∑_(k = 0)^N f(k)(∂/(∂θ)ln(p(θ, k)))p(θ, k)
puis que
g^′(θ) = E((f(X) − g(θ))∂/(∂θ)ln(p(θ, X)))
IV.A. 5 On pose pour tout t réel
L(t) = E(((f(X) − g(θ)) + t∂/(∂θ)ln(p(θ, X)))^2)
a. Développer le polynôme L suivant les puissances décroissantes de t.
b. Calculer le discriminant Δ de L et justifier que Δ ≤ 0.
c. En déduire l'inégalité de Cramer-Rao.

B. Extension du théorème de Cramer-Rao

On reprend dans cette section IV.B les notations et hypothèses de la partie II. On admet que, dans ce contexte, le théorème de Cramer-Rao peut se généraliser comme suit :

Théorème de Cramer-Rao

Soit T_n = f(X_1, …, X_n) un estimateur sans biais de g(θ) à savoir tel que E(f(X_1, …, X_n)) = g(θ) où g est dérivable sur ]0, + ∞[. On a alors
V(T_n) ≥ ((g^′(θ))^2)/(nI_(X_1)(θ))
où I_(X_1)(θ) est l'information de Fisher d'une variable aléatoire de loi de Poisson de paramètre θ définie et calculée à la partie III.
Il s'agit dans cette section d'exploiter cette nouvelle inégalité de Cramer-Rao. On note
X_n^– = 1/n∑_(i = 1)^n X_i
IV.B. 1 Calculer E(X_n^–) et V(X_n^–).
IV.B. 2 Déduire de la généralisation de Cramer-Rao, que X_n^– a le plus petit risque quadratique parmi les estimateurs sans biais de θ.
IV.B. 3 Montrer que pour g(θ) = exp(− θ) où θ ∈ ]0, + ∞[
V(φ(S_n)) ∼ _(n → + ∞)((g^′(θ))^2)/(nI_(X_1)(θ))
IV.B. 4 Que prouve ce résultat en terme d'optimalité de φ(S_n) dans l'estimation de exp(− θ)?
IV.B. 5 A la lumière de la partie I, peut-on conclure que lorsque n est grand φ(S_n) est le meilleur estimateur de exp(− θ) en terme de risque quadratique?

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