E3A Physique PSI 2006Sujet, corrigé et rapport du jury
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CONCOURS ENSAM - ESTP - EUCLIDE - ARCHIMEDE
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, d'une part il le signale au chef de salle, d'autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.
L'usage de la calculatrice n'est pas autorisé
Etude d'une ligne bifilaire
Le problème est relatif à l'étude d'une ligne bifilaire et des phénomènes de propagation associés. La longueur
ℓ de la ligne est assez grande pour que les effets d'extrémités soient négligés et pour assimiler les champs et potentiels identiques à ceux produits par une ligne infiniment longue.
Remarques préliminaires importantes. II est rappelé aux candidat(e)s que :
- les explications des phénomènes étudiés interviennent dans la notation au même titre que les développements analytiques et les applications numériques,
- tout au long de l'énoncé, les paragraphes en italique ont pour objet d'aider à la compréhension du problème mais ne donnent pas lieu à des questions,
- tout résultat fourni dans l'énoncé peut être admis et utilisé par la suite, même s'il n'a pas été démontré par les candidat(e)s.
PREMIERE PARTIE
EQUILIBRE ELECTROSTATIQUE ET REGIME STATIONNAIRE
A / ETUDE DE L'EQUILIBRE ELECTROSTATIQUE
Soit un fil de longueur et de conductivité infinies, de rayon a et possédant la charge linéique
λ (figure 1).
A1. Rappeler les équations de Maxwell dans le vide. Que vaut la densité volumique de charges
ρ dans le fil ?
A2. Montrer que le champ électrostatique est radial et qu'il ne dépend que de
r , tel que:
E⃗ = E(r)u⃗_r .
A3. En appliquant le théorème de Gauss sur une surface à préciser, établir l'expression de
E(r) en fonction de
λ, ε_0, r et de constantes à déterminer en distinguant deux domaines (à définir). Quelle relation existe-t-il entre
E⃗ = E(r)u⃗_r et le potentiel électrostatique
V(r) ?
A4. Le fil conducteur est porté au potentiel
V_1 . Exprimer la différence de potentiel
V(r) − V_1 en fonction de
λ, ε_0 , a et
r .
Considérons deux fils (1) et (2) de longueur infinie, infiniment conducteurs, de rayon a, parallèles entre eux, espacés de
h≫a et possédant les charges linéiques
λ et
− λ constantes et uniformes (figure 2). Nous ferons l'hypothèse que les charges restent uniformément réparties à la périphérie des conducteurs cylindriques. Ces deux conducteurs forment une ligne bifilaire.
A5. En appliquant le théorème de superposition, exprimer
V_1 − V_2 , la différence de potentiel entre le fil (1) et le fil (2).
A6. Réaliser un tracé qualitatif des lignes de champ et des surfaces équipotentielles relatives aux conducteurs cylindriques.
A7. Montrer qu'une surface équipotentielle particulière est un plan et donner son équation.
A8. Déterminer l'expression du champ électrique
E⃗ en tout point de ce plan. Tracer le module de
E⃗ en fonction d'une variable à préciser.
A9. Montrer que certaines lignes de champ sont portées par une droite. Exprimer le champ électrique
E⃗ en tout point de cette droite. Tracer le module de
E⃗ en fonction d'une variable à préciser.
L'ensemble des deux conducteurs forme un condensateur de capacité linéique
C_0 . Pour la suite, il sera admis que
C_0 = (πε_0)/(Ln((h − a)/a)) .
B / ETUDE EN REGIME STATIONNAIRE
La ligne bifilaire est utilisée pour alimenter une charge. Le conducteur (1) constitue le conducteur aller du courant électrique constant d'intensité
I_0 (dans le sens de l'axe Oz ). Le conducteur (2) est le conducteur retour de ce courant. La répartition du courant est uniforme sur chaque conducteur. Les vecteurs densité de courant sont respectivement :
B1. Montrer que le champ magnétique créé par le conducteur (1) est orthoradial et qu'il ne dépend que de
r , tel que :
B⃗_1 = B_1(r)u⃗_θ .
B2. A partir du théorème d'Ampère sur un contour à préciser, établir l'expression de
B_1(r) en distinguant deux domaines (à définir). Tracer le graphe de
B_1(r) .
B3. De même, exprimer
B⃗ , le champ magnétique résultant créé par les conducteurs (1) et (2), mais uniquement dans le plan défini par les axes des deux conducteurs et entre les conducteurs.
L'ensemble des deux conducteurs forme une bobine d'inductance linéique
L_0 . Dans la suite du problème, il sera admis que
L_0 = (μ_0)/πLn((h − a)/a) .
B4. A l'aide d'une figure, montrer ce que représente la grandeur physique
L_0 I_0 .
B5. Que vaut le produitL_0 C_0 ? Application numérique.
B5. Que vaut le produit
DEUXIEME PARTIE
REGIMES VARIABLES
L'étude est menée dans le cadre de la théorie générale de l'électromagnétisme. La répartition des courants possède les propriétés suivantes : à un instant
t et à une abscisse
z donnés,
i(z, t) est l'intensité du courant à travers une section droite du conducteur (1) et
− i(z, t) l'intensité du courant à travers une section droite du conducteur (2). Les vecteurs densité de courant sont respectivement
j→_1 = (i(z, t))/(πa^2)u→_z et
j→_2 = (− i(z, t))/(πa^2)u→_z La répartition des charges est donnée par la densité linéique de charges
λ(z, t) pour le conducteur (1) et
− λ(z, t) pour le conducteur (2). La différence de potentiel électrique entre (1) et (2) est de la forme
v(z, t) et le conducteur (2) sera pris comme référence de potentiel.
C / ETUDE A PARTIR DES EQUATIONS DE MAXWELL
Seul l'espace compris entre les conducteurs et au voisinage du plan contenant les axes des conducteurs sera considéré. Les coordonnées cartésiennes seront utilisées.
C1. Justifier que dans le domaine considéré, les champs magnétique et électrique peuvent s'écrire avec les approximations suivantes :
B⃗ ≈ B(x, z, t)u⃗_y et
E→ ≈ E(x, z, t)u→_x .
II sera admis que le potentiel vecteur
A⃗ s'exprime sous la forme
A⃗ = A(x, z, t)u⃗_z .
C2. A partir de la forme locale de l'équation de Maxwell-Ampère appliquée à l'espace entre les conducteurs, établir une relation notée [ℛ1 ] entre une dérivée partielle de
B(x, z, t) et une dérivée partielle de
E(x, z, t) .
C2. A partir de la forme locale de l'équation de Maxwell-Ampère appliquée à l'espace entre les conducteurs, établir une relation notée [
C3. Appliquer la forme locale de l'équation de Maxwell-Faraday dans le domaine considéré. En déduire une relation notée [
ℛ2 ] entre une dérivée partielle de
B(x, z, t) et une dérivée partielle de
E(x, z, t) .
C4. Etablir l'expression suivante du champ magnétique :
C5. Déduire des trois questions précédentes que l'intensité
i(z, t) satisfait à une équation de d'Alembert que l'on établira. Préciser la vitesse de propagation.
C6. Trouver l'expression du champ
E(x, z, t) en fonction de
λ(z, t) et de paramètres à expliciter.
C7. En déduire une relation entre
(∂λ(z, t))/(∂t) et une dérivée partielle de l'intensité
i(z, t) . A quoi correspond cette relation?
C8. A partir de la relation générale
E⃗ = − gradV^(→−) − (∂A⃗)/(∂t) , établir une relation entre
v(z, t) ,
λ(z, t) et
C_0 .
C9. A partir de la relation [
ℛ2 ], établir l'équation liant
(∂v(z, t))/(∂z), (∂i(z, t))/(∂t) et des constantes à déterminer. Que traduit cette relation?
C10. A partir de la relation [
ℛ1 ], établir l'équation liant
(∂i(z, t))/(∂z), (∂v(z, t))/(∂t) et des constantes à déterminer. Que traduit cette relation?
C11. Est-ce que l'Approximation des Régimes Quasi-Stationnaires est vérifiée ? Pourquoi?
D / ETUDE A PARTIR D'UN SCHEMA EQUIVALENT
La ligne présente une capacité linéique
C_0 , une inductance linéique
L_0 et une résistance linéique R car les conducteurs (1) et (2) ne sont pas des conducteurs parfaits. Une conductance transversale linéique G complète le schéma équivalent pour modéliser les pertes transversales. Une portion de ligne est représentée sur la figure 3.
D1. Etablir les équations exprimant les dérivées partielles
(∂v(z, t))/(∂z) et
(∂i(z, t))/(∂z) , en fonction de
v(z, t), i(z, t), (∂v(z, t))/(∂t), (∂i(z, t))/(∂t), R, G, L_0 et
C_0 .
D2. En déduire une équation de propagation pour la tension
v(z, t) . A quelle équation l'intensité
i(z, t) satisfait-elle?
Considérons une onde
v_–(z, t) = v_0 e^(j(ωt − kz_–)) (en notation complexe), se propageant sur la ligne.
k_– est une grandeur complexe tel que
k_– = k^′ + jk " où
k^′ et
k^(′′) sont des nombres réels.
D3a. Déterminer la relation de dispersion liant
k_– à
ω .
D3b. Définir la vitesse de phasev_φ et une grandeur
δ caractéristique de l'atténuation en fonction de
k^′ et de
k^(′′) .
D3b. Définir la vitesse de phase
D3*c. Pour le cas où
R≪L_0 ω et
G≪C_0 ω , donner l'expression de
v_φ et de
δ à l'ordre le plus bas en
1/ω . A quelle condition sur
R, L_0, G et
C_0 , un signal quelconque n'est-il pas déformé par la ligne après transmission ? Y a-t-il dispersion dans ce cas ?
Dans toute la suite du problème la ligne est supposée être une ligne idéale, dont les caractéristiques sont telles que
R = 0 et
G = 0 .
D4*a. Montrer que l'équation aux dérivées partielles relative à la tension s'écrit :
Quelle est la dimension de u ?
Quelle est la forme générale des solutions de cette équation?
D4*b. Retrouver que l'intensitéi(z, t) vérifie une équation de propagation.
Quelle est la forme générale des solutions de cette équation?
D4*b. Retrouver que l'intensité
II sera admis que les solutions générales s'écrivent sous la forme :
D4*d. Montrer les relations suivantes :
Calculer numériquement
Un condensateur (de capacité C) en série avec une bobine (d'inductance propre
L et de résistance interne négligeable) est connecté sur la ligne bifilaire infinie par l'intermédiaire d'un interrupteur
K initialement ouvert (figure 4-a). Le condensateur est chargé sous la tension
U , puis à l'instant
t = 0, K est fermé.
D5*a. Montrer que le circuit est équivalent à un circuit
R, L, C série pour lequel les éléments seront précisés.
D5*b. Etablir que la tension aux bornes du condensateur
v_c(t) satisfait à une équation différentielle qui sera exprimée sous la forme :
Préciser l'expression de la pulsation caractéristique
ω_0 et du facteur d'amortissement réduit m.
D5*c. Résoudre cette équation dans le cas où
m < 1 . Tracer l'allure de la tension
v_c(t) pour
m = 10^(− 2) . A partir de quel temps caractéristique
t_c , la tension
v_c(t) est-elle inférieure à
U/100 ?
D5*d. La figure 4-b représente
v(z, t_c) pour
0 < z < (ct)/4 . Expliquer cette courbe et préciser l'ordre de grandeur de la valeur maximale. En déduire l'allure de
v(z, t_c) pour
0 < z < 2ct_c .
D5e. Proposer un bilan énergétique.
D5f. Que se passe-t-il si la ligne bifilaire n'est pas infinie? Que pourrait-on observer en pratique?
D5f. Que se passe-t-il si la ligne bifilaire n'est pas infinie? Que pourrait-on observer en pratique?
TROISIEME PARTIE
PROPAGATION DE SIGNAUX
E / CAS DE SIGNAUX SINUSOÏDAUX
La ligne bifilaire de longueur
ℓ est alimentée en entrée par un générateur de tension de résistance interne
R_G (figure 5) ; elle est branchée en sortie sur une résistance de charge
R_U . Dans cette partie le générateur de tension impose un régime sinusoïdal forcé de pulsation
ω dans la ligne bifilaire. Les grandeurs
v_1, v_2, i_1 et
i_2 introduites en
D4^∗ C deviennent des fonctions sinusoïdales dépendant de
ω(t − z/c) pour les grandeurs d'indice 1 et de
ω(t + z/c) pour les grandeurs d'indice 2. Les grandeurs à l'entrée de la ligne sont notées avec l'indice et les grandeurs à la sortie de la ligne avec l'indice s, comme indiqué ci-dessous:
En utilisant la notation complexe et sachant que
k = ω/c , il vient alors :
où
⋁_–_(10) et
⋁_–_(20) sont des nombres complexes constants.
Les amplitudes complexesV_–(z) et
I_–(z) de
v(z, t) et
i(z, t) seront utilisées telles que:
Les amplitudes complexes
La tension et l'intensité, à l'entrée de la ligne, seront notées :
E1. En éliminant
V_–_(10) et
V_–_(20) , déterminer les deux fonctions
f et
g telles que:
E2. En déduire l'impédance d'entrée
Z_–_e = (V_–_e)/(I_–_e) en fonction de
R_u, R_c, k et
ℓ . Que vaut
Z_–_e dans le cas particulier où
R_U = R_C ? Interpréter physiquement ce résultat.
F / CAS DE SIGNAUX IMPULSIONNELS
Dans cette partie le générateur de tension est modélisé à l'aide d'une force électromotrice variable
e(t) en série avec
R_G (figure 5 ), telle que pour
t < 0, e(t) = 0 et pour
t ≥ 0, e(t) = E .
F1. En écrivant quatre relations en
z = ℓ , à savoir :
- une relation [
ℜa ], entrev_s(t), R_U eti_s(t) , - une relation [
ℛ b], entrev_s(t), v_1(t − ℓ/c) etv_2(t + ℓ/c) , - une relation [
ℛc ], entrei_s(t), i_1(t − ℓ/c) eti_2(t + ℓ/c) , - une relation [
ℛd ], entrei_s(t), v_1(t − ℓ/c), v_2(t + ℓ/c) etR_c ,
montrer que :
v_2(t + ℓ/c) = αv_1(t − ℓ/c) pourt ≥ ℓ/c , oùα est une constante à déterminer.
En déduire que:v_2(t) = αv_1(t − (2ℓ)/c) .
Quelle est la signification physique deα ?
Calculerα pourR_U = 0, R_U = R_C etR_U = ∞ .
F2. De même, en écrivant quatre relations en
z = 0 , à savoir :
- une relation [
ℛ e], entrev_e(t), E, R_G eti_e(t) , - une relation
[ℛf] , entrev_e(t), v_1(t) etv_2(t) , - une relation
[ℛg] entrei_e(t), i_1(t) eti_2(t) , - une relation
[ℛh] entrei_e(t), v_1(t), v_2(t) etR_c ,
montrer que :v_1(t) = E/2 pourt ≥ 0 et pourR_G = R_C .
F3. Pour
R_G = R_C , tracer les graphes des tensions
v_e(t) et
v_s(t) pour les valeurs suivantes de
R_U : R_U = 0, R_U = R_C et
R_U = ∞ . (Pour chacun de ces graphes, placer les instants
ℓ/c et
(2ℓ)/c )
F4. En reprenant l'étude précédente pour
R_G et
R_U quelconques, donner l'expression de
v_e(0) et
v_e(∞) en fonction de
R_G et
R_U .
Quel est le schéma électrique équivalent en régime établi ?
Décrire qualitativement le fonctionnement du circuit pendant le régime transitoire.
Quel est le schéma électrique équivalent en régime établi ?
Décrire qualitativement le fonctionnement du circuit pendant le régime transitoire.
Reprenons l'étude avec une «impulsion» définie par:
e(t) = 0 , pour
t < 0; e(t) = E pour
0 < t ≤ l/c,; e(t) = 0 , pour
t > l/c .
F5. En considérant queR_G = R_C , étudier et tracer le graphe de
v_e(t) pour les valeurs suivantes de
R_U : R_U = 0, R_U = R_C et
R_U = ∞ . Pour chacun de ces graphes, placer les instants
ℓ/c, (2ℓ)/c, (3ℓ)/c .
F5. En considérant que
F6. Que se passe-t-il si la durée de l'impulsion est supérieure à
(2ℓ)/c ?
Données numériques :
Rappels d'analyse vectorielle :
Expressions des opérateurs gradient, divergence, rotationnel et laplacien en coordonnées cylindriques, pour une fonction scalaire
V = V(r, θ, z) et pour une fonction vectorielle
A⃗ = A_r(r, θ, z)u⃗_r + A_θ(r, θ, z)u⃗_θ + A_z(r, θ, z)u⃗_z :
Figures :
Figure 1

Figure 2
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Figure 4-a
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Figure 4-b
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Figure 5
FIN DE L'EPREUVE
Pas de description pour le moment
