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CONCOURS ENSAM - ESTP - EUCLIDE - ARCHIMEDE

Epreuve de Mathématiques B PSI durée 4 heures

Abstract

Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, d'une part il le signale au chef de salle, d'autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.

L'usage de la calculatrice n'est pas autorisé

Exercice 1

On note C l'ensemble des nombres complexes, R l'ensemble des nombres réels et n un entier naturel, n ≥ 2.
1^∘ Soient a_1, a_2, ……, a_n des nombres complexes.
On note V(a_1, a_2, ……, a_n) le déterminant de la matrice carrée d'ordre n telle que, pour ( i, j ) élément de {1, 2, ….., n}^2, le coefficient situé dans la i-ème ligne et la j-ème colonne vaut a_j^(i − 1) (on rappelle que a_j^0 = 1 ).
Pour n ≥ 3, montrer que : V(a_1, a_2, ……, a_n) = V(a_1, a_2, ……, a_(n − 1))∏_(1 ≤ i ≤ n − 1)(a_n − a_i).
Etablir l'égalité : V(a_1, a_2, ……, a_n) = ∏_(1 ≤ i < j ≤ n)(a_j − a_i).
Les questions 2^∘ et 3^∘ qui suivent sont indépendantes l'une de l'autre.
2^∘ On désigne par E l'espace vectoriel des polynômes en X, à coefficients complexes et de degré inférieur ou égal à n. Soient λ_0, λ_1, ……, λ_n des nombres complexes 2 à 2 distincts .
Démontrer que ((X + λ_0)^n, (X + λ_1)^n, ……, (X + λ_n)^n) est une base de E .
3^∘ Soient x_1, x_2, ……, x_n des nombres réels non nuls, 2 à 2 distincts et c_1, c_2, ……, c_n des nombres complexes.
On considère l'application g de R vers C telle que : g(t) = ∑_(k = 1)^n c_k e^(ix_k t).
a) Montrer qu'il existe un réel α strictement positif tel que les n nombres complexes e^(iαx_1), e^(iαx_2), ……, e^(iαx_n) soient 2 à 2 distincts.
b) Pour t réel, on pose : Y(t) = (g(t); g(t + α); g(t + 2α); ⋅; ⋅; ⋅; g(t + (n − 1)α)) et X(t) = (c_1 e^(ix_1 t); c_2 e^(ix_2 t); c_3 e^(ix_3 t); ⋅; ⋅; ⋅; c_n e^(ix_n t))
i) Déterminer une matrice carrée A d'ordre n à coefficients complexes telle que : Y(t) = AX(t).
ii) Montrer que la matrice A est inversible.
c) On suppose que g admet une limite L dans C quand t tend vers + ∞.
i) Démontrer que X(t) admet une limite quand t tend vers + ∞.
ii) En déduire que pour k élément de {1, 2, ….., n}, c_k = 0.

Exercice 2

R est le corps des nombres réels, et n est un entier naturel supérieur ou égal à 2 . On note E le R-espace vectoriel des matrices carrées d'ordre n à coefficients dans R, O_n(R) l'ensemble des matrices orthogonales de E et I_n la matrice unité de E . Pour M élément de E, ^t M et tr(M) désignent respectivement la matrice transposée de M et la trace de M.
Pour (i, j) élément de {1, 2, ….., n}^2, on note E_(ij) la matrice de E dont tous les coefficients sont nuls sauf celui situé dans la i-ème ligne et la j-ème colonne qui vaut 1 .
Soient A et B deux éléments fixés de E et f l'endomorphisme de E défini par :
∀M ∈ E, f(M) = AMB.
1^∘ Soit C un élément de E . Calculer CE_(ij) et E_(ij)C.
On suppose que pour tout M élément de E, CM = MC. Prouver qu'il existe a dans R tel que : C = aI_n.
2^∘ Pour M et N appartenant à E , on pose : ⟨M|N⟩ = tr(^t MN). Montrer que l'on définit ainsi un produit scalaire sur E .
Dans la suite de l'exercice, E est muni de ce produit scalaire.
3^∘ On note f^∗ l'endomorphisme adjoint de f. Montrer que :
∀M ∈ E, f^∗(M) = ^t AM^t B.
4^∘ Dans cette question on veut déterminer une condition nécessaire et suffisante sur A et B pour que f soit un endomorphisme orthogonal de E .
a) On suppose que f est un endomorphisme orthogonal de E .
i) Prouver que les matrices ^t AA et B^t B sont inversibles et que l'une est l'inverse de l'autre.
ii) Démontrer qu'il existe un réel a strictement positif tel que ^t AA = aI_n.
b) Démontrer que f est un endomorphisme orthogonal de E si et seulement s'il existe un réel λ strictement positif et deux matrices Ω_1 et Ω_2 appartenant à O_n(R) vérifiant : A = λΩ_1 et B = 1/λΩ_2.

Exercice 3

Dans cet exercice, R est l'ensemble des nombres réels et n est un entier naturel.
1^∘ Soit Γ la fonction numérique de la variable réelle suivante : x → Γ(x) = ∫_0^(+ ∞)e^(− t)t^(x − 1)dt.
a) Montrer que l'ensemble de définition de Γ est ]0, + ∞[.
On rappelle que : ∫_0^(+ ∞)e^(− t^2)dt = (√π)/2. En déduire : Γ(1/2) = √π.
Dans la suite de la question 1^∘, x désigne un réel strictement positif.
b) Pour n ≥ 1, on considère l'application f_n de ]0, + ∞[ vers R définie par :
f_n(t) = (1 − t/n)^n t^(x − 1) si 0 < t ≤ n et f_n(t) = 0 si t > n
i) Etablir, pour tout réel u, l'inégalité : 1 + u ≤ e^u.
ii) Montrer que : lim_(n → + ∞)∫_0^(+ ∞)f_n(t)dt = Γ(x).
c) On pose : I_n(x) = ∫_0^1(1 − t)^n t^(x − 1)dt.
Prouver que pour n ≥ 1, on a : ∫_0^(+ ∞)f_n(t)dt = n^x I_n(x) et I_n(x) = n/xI_(n − 1)(x + 1).
d) En déduire : Γ(x) = lim_(n → + ∞)n^x(n!)/(x(x + 1)(x + 2)…(x + n)).
2^∘ Soit p un entier naturel non nul et a_n = ∫_0^1(1 − t^p)^n dt.
a) Prouver que pour n ≥ 1, on a : a_n = np(a_(n − 1) − a_n).
b) En déduire une expression de a_n en fonction de n et de p ne comportant pas de signe d'intégrale.
c) Etablir l'équivalence : a_n ∼ _(n → + ∞)(Γ(1/p))/(pn^(1/p)).
d) Soit c un élément de ]0, 1[. On pose : a_n(c) = ∫_0^c(1 − t^p)^n dt.
Prouver que : a_n − a_n(c) ≤ (1 − c^p)^n. En déduire l'équivalence : a_n(c) ∼ _(n → + ∞)a_n.
3^∘ Soit g une application de [0, 1] vers [0, 1] continue, décroissante telle que :
g(t) = 1 − λt^p + t^p ε(t)
où p est un entier naturel non nul, λ un élément de ]0, + ∞[ et où lim_(t → 0)ε(t) = 0.
On pose : u_n = ∫_0^1(g(t))^n dt.
a) Soit λ_1, λ_2 deux réels tels que : 0 < λ_1 < λ < λ_2.
i) Justifier l'existence d'un réel c élément de ]0, 1[ vérifiant :
∀t ∈ [0, c], 0 ≤ 1 − λ_2 c^p ≤ 1 − λ_2 t^p ≤ g(t) ≤ 1 − λ_1 t^p
ii) En déduire que : ∫_0^c(1 − λ_2 t^p)^n dt ≤ u_n ≤ (g(c))^n + ∫_0^c(1 − λ_1 t^p)^n dt.
iii) Prouver que : 1/(λ_2^(1/p))a_n(cλ_2^(1/p)) ≤ u_n ≤ (g(c))^n + 1/(λ_1^(1/p))a_n(cλ_1^(1/p)).
b) Cette question est plus technique et pourra être admise afin d'aborder directement la question 4^∘.
Etablir l'équivalence : u_n ∼ _(n → + ∞)(Γ(1/p))/(p(nλ)^(1/p))
4^∘ Pour n ≥ 1, on considère : v_n = ∫_0^1(t/(sht))^n dt.
a) Justifier l'existence de v_n.
b) Déterminer un équivalent de v_n lorsque n tend vers + ∞.

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