Sujet X ENS Mathématiques PSI 2006
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MATHÉMATIQUES
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Le sujet comporte 5 pages
Préambule
Dans tout ce problème,
R[X] désigne l'espace vectoriel des polynômes à coefficients réels. Le degré du polynôme nul est pris par convention égal à
− ∞ . Pour tout entier naturel
n, R_n[X] est le sous-espace vectoriel de
R[X] formé des polynômes de degré inférieur ou égal à
n . On identifiera chaque fois que c'est nécessaire les éléments de
R[X] à des fonctions réelles d'une variable réelle.
On appelle
W l'ensemble des fonctions
w : R ⟶ R continues par morceaux telles que
(i)∀x ∈ R, w(x) ⩾ 0 ,
(ii) il existe un intervalle ouvert non vide sur lequelw ne s'annule pas,
(iii) pour tout entier natureln, lim_(x → − ∞)x^n w(x) = lim_(x → + ∞)x^n w(x) = 0 .
(i)
(ii) il existe un intervalle ouvert non vide sur lequel
(iii) pour tout entier naturel
Soit
n un entier strictement positif. On note (
e_1, …, e_n ) la base canonique de l'espace vectoriel
R^n . On munit
R^n du produit scalaire
⟨ ⋅, ⋅ ⟩ défini comme suit: pour tous réels
x_1, …, x_n et
y_1, …, y_n ,
Soit
n un entier strictement positif et
A une matrice de taille
n × n à coefficients réels. Pour tous entiers
i et
j appartenant à
{1, …, n} , on note
A_(ij) le coefficient de
A situé à l'intersection de sa
i -ème ligne et de sa
j -ème colonne. Pour tout
n entier strictement positif, on note
I_n la matrice identité de taille
n × n .
On rappelle que si
J est un intervalle fermé borné de
R et si
f : J ⟶ R est une fonction continue, alors pour tout
ε > 0 , il existe
P dans
R[X] tel que
sup_(x ∈ J)|f(x) − P(x)| < ε .
La quatrième partie du problème est indépendante des trois autres.
Première partie
- a. Donner un exemple de fonction appartenant à
W . - b. Soit
w un élément deW . Montrer que pour tousP etQ appartenant àR[X] , la fonction d'une variable réellex ↦ P(x)Q(x)w(x) est intégrable surR . On note alors(P|Q)_w le nombre réel défini par
- c. Montrer que l'application qui à un couple
(P, Q) d'éléments deR[X] associe(P|Q)_w est un produit scalaire. On notera‖P‖_w = √((P|P)_w) la norme associée.
On appelle suite
w -orthogonale échelonnée une suite
(P_n)_(n ⩾ 0) d'éléments de
R[X] telle que
(i)∀n ⩾ 0, P_n est de degré
n ,
(ii) pour tous entiers naturelsn et
m distincts,
(P_n|P_m)_w = 0 .
2. a. Montrer qu'il existe une suitew -orthogonale échelonnée. On donnera une expression d'une telle suite, qui pourra faire intervenir le produit scalaire
(⋅ | ⋅)_w .
2. b. Soient(P_n)_(n ⩾ 0) et
(Q_n)_(n ⩾ 0) deux suites
w -orthogonales échelonnées. Montrer que pour tout
n ⩾ 0 , les polynômes
P_n et
Q_n se déduisent l'un de l'autre par multiplication par un réel non nul.
(i)
(ii) pour tous entiers naturels
2. a. Montrer qu'il existe une suite
2. b. Soient
On choisit une suite
w -orthogonale échelonnée que l'on note
(P_n)_(n ⩾ 0) . Pour tout
n ⩾ 1 , on note (
a_n, b_n ) l'unique couple de réels tel que le polynôme
P_n(X) − a_n X^n − b_n X^(n − 1) soit de degré inférieur ou égal à
n − 2 . On pose
(a_0, b_0) = (P_0(0), 0) .
3. a. Montrer que pour toutn ⩾ 2 et pour tout
Q ∈ R_(n − 2)[X], (XP_n|Q)_w = 0 .
3. b. En déduire qu'il existe un unique couple (α_0, β_0 ) de réels tels que
XP_0(X) = α_0 P_1(X) + β_0 P_0(X) et qu'il existe, pour tout
n ⩾ 1 , un unique triplet (
α_n, β_n, γ_n ) de réels tels que
3. a. Montrer que pour tout
3. b. En déduire qu'il existe un unique couple (
- c. Montrer que pour tout
n ⩾ 1 , on a les égalités
Deuxième partie
Soit
w un élément de
W . On note
J un intervalle de
R tel que
∀x ∉ J, w(x) = 0 . Il n'est pas exclu que
J soit égal à
R . On choisit une suite
w -orthogonale échelonnée
(P_n)_(n ⩾ 0) .
4. Soitn ⩾ 1 fixé. On définit un entier naturel
r_n et un polynôme
R_n comme suit. Si
P_n n'a aucune racine dans
J ou si toutes ses racines appartenant à
J sont d'ordre pair, on pose
r_n = 0 et
R_n = 1 . Sinon, on définit
r_n comme le nombre de racines distinctes d'ordre
impair deP_n contenues dans
J . On note
{t_1, …, t_(r_n)} l'ensemble de ces racines. On pose alors
R_n(X) = (X − t_1)…(X − t_(r_n)) .
4. a. Montrer qu'il existe un polynômeQ_n de signe constant sur
J tel que
P_n = Q_n R_n .
4. b. Montrer que sir_n < n , alors
(P_n|R_n)_w = 0 . En conclure que
P_n est scindé sur
R , que toutes ses racines sont simples et qu'elles appartiennent toutes à
J .
5. a. Montrer qu'il existe une suitew -orthogonale échelonnée dont tous les termes sont de norme 1 dans (
R[X], ‖ ⋅ ‖_w ). Une telle suite est-elle unique?
4. Soit
impair de
4. a. Montrer qu'il existe un polynôme
4. b. Montrer que si
5. a. Montrer qu'il existe une suite
On suppose jusqu'au 7.a. inclus que pour tout
n ⩾ 0, ‖P_n‖_w = 1 . On remarquera qu'avec cette hypothèse supplémentaire,
γ_n = α_(n − 1) pour tout
n ⩾ 1 .
Soit
T_1 la matrice
1 × 1 égale à (
β_0 ) et, pour tout
n ⩾ 2, T_n la matrice tri-diagonale
n × n suivante:
où les suites
(α_n)_(n ⩾ 0) et
(β_n)_(n ⩾ 0) sont celles qui ont été définies à la question 3 . On fixe un entier
n ⩾ 1 .
5. b. Calculer, pour tout réelλ , le vecteur
5. b. Calculer, pour tout réel
- c. Montrer que le spectre de
T_n coïncide avec l'ensemble des racines deP_n . - Soit
n ⩾ 2 fixé. SoitA une matrice symétrique réelle de taillen × n dont toutes les valeurs propres sont simples. On noteSp(A) = {λ_1, …, λ_n} son spectre et (u_1, …, u_n ) une base deR^n telle que pour touti entre 1 etn , on aitAu_i = λ_i u_i . On suppose queλ_1 < … < λ_n .
SoitB la matrice(n − 1) × (n − 1) dont les coefficients sont donnés, pour tout(i, j) ∈ {1, …, n − 1}^2 , parB_(ij) = A_(ij) .
Pour toutx ∈ R∖Sp(A) , on noter(x) = (det(xI_(n − 1) − B))/(det(xI_n − A)) . - a. Soit
x ∈ R∖Sp(A) . En calculant de deux façons différentes le coefficient (n, n ) de la matrice(xI_n − A)^(− 1) , montrer que
- b. Montrer que pour tout
x ∈ R∖Sp(A) ,
- c. En déduire que la fonction
r est continue et strictement décroissante sur chaque intervalle où elle est définie. - d. On suppose que pour tout
i appartenant à{1, …, n}, ⟨e_n, u_i⟩ ≠ 0 . Montrer que les valeurs propres deB sont simples et que si on les noteμ_1, …, μ_(n − 1) de telle sorte queμ_1 < … < μ_(n − 1) , alors on a
- Pour tout
n ⩾ 1 , on noteλ_1^((n)), …, λ_n^((n)) les racines deP_n classées dans l'ordre croissant. - a. Soit
n ⩾ 2 fixé. Montrer queP_(n − 1) etP_n n'ont pas de racine commune puis déduire de ce qui précède qu'on a la suite d'inégalités
- b. Montrer que le résultat reste vrai sans supposer que pour tout
n ⩾ 0, ‖P_n‖_w = 1 .
Troisième partie
- Soit
n ⩾ 1 un entier fixé. Soientx_1, …, x_n des réels deux à deux distincts. Pour touti compris entre 1 etn , on définit la forme linéaireφ_i : R_(n − 1)[X] ⟶ R en posant, pour toutR ∈ R_(n − 1)[X], φ_i(R) = R(x_i) .
Montrer que
(φ_1, …, φ_n) est une base de l'espace dual de
R_(n − 1)[X] .
Soitw un élément de
W . On choisit une suite
w -orthogonale échelonnée
(P_n)_(n ⩾ 0) .
9. Soitn ⩾ 1 un entier fixé. On rappelle que les racines de
P_n sont toutes réelles et simples et qu'elles sont notées
λ_1^((n)), …, λ_n^((n)) . Soit
U un élément de
R_(2n − 1)[X] . Soit
R le reste de la division euclidienne de
U par
P_n .
9. a. Montrer queR est l'unique polynôme de degré inférieur ou égal à
n − 1 qui prend les mêmes valeurs que
U aux points
λ_1^((n)), …, λ_n^((n)) .
9. b. Montrer qu'on a l'égalité
Soit
9. Soit
9. a. Montrer que
9. b. Montrer qu'on a l'égalité
- c. Déduire de ce qui précède qu'il existe des constantes réelles
c_1, …, c_n telles que pour tout polynômeU appartenant àR_(2n − 1)[X] , on ait
- d. Montrer que les réels
c_1, …, c_n sont strictement positifs. - Pour tout intervalle fermé
J deR , on noteW_J le sous-ensemble deW formé des fonctions qui prennent des valeurs strictement positives surJ et sont identiquement nulles hors deJ .
Soit
J = [a, b] , où
a et
b sont deux réels tels que
a < b . Soit
w un élément de
W_J .
10. a. Soients et
t deux réels appartenant à
J tels que
a ⩽ s < t ⩽ b . Montrer qu'il existe
un polynômeV ∈ R[X] qui prend des valeurs strictement négatives sur
J∖]s, t[ = [a, s] ∪ [t, b] et tel que
10. a. Soient
un polynôme
On pourra commencer par montrer qu'il existe une fonction continue affine par morceaux satisfaisant cette propriété.
10. b. Montrer que tout intervalle ouvert non vide contenu dansJ a une intersection non vide avec l'ensemble
Λ = ⋃_(n ⩾ 1){λ_1^((n)), …, λ_n^((n))} .
10. b. Montrer que tout intervalle ouvert non vide contenu dans
Quatrième partie
Pour tout intervalle fermé
J de
R , on considère le sous-ensemble
W_J de
W défini à la question 10.
Soit
J un intervalle fermé de
R . On dit qu'une fonction
w ∈ W_J a la propriété
(D_J) si l'assertion suivante est vraie:
(D_J) Si
f : J ⟶ R est une fonction continue telle que pour tout
P appartenant
a^‵R[X] , on ait
alors
f est identiquement nulle sur
J .
11. SoitJ un intervalle fermé et borné. Soit
w un élément de
W_J .
11. a. Soitf une fonction continue de
J dans
R telle que l'égalité (2) ait lieu pour tout
P appartenant à
R[X] . Montrer que
∫_J f(x)^2 w(x)dx = 0 .
11. b. En déduire quew a la propriété
(D_J) .
12. Soientμ et
α deux réels tels que
μ ∈ ]0, 1[ et
α ∈ ] − π/2, π/2[ . Soit
n un entier naturel.
12. a. Montrer que l'intégrale
11. Soit
11. a. Soit
11. b. En déduire que
12. Soient
12. a. Montrer que l'intégrale
est convergente.
12. b. Montrer queI_n(μ, α) = 1/μe^(− i(n + 1)/μα)K_n(μ, α) , où l'on a posé
12. b. Montrer que
On s'assurera en particulier que la définition de
K_n(μ, α) a un sens.
12. c. Montrer que,n et
μ étant fixés, la fonction
α ↦ K_n(μ, α) est continue et dérivable sur l'intervalle ] -
π/2, π/2 [.
12. d. Montrer que cette fonction est constante sur] − π/2, π/2[ .
12. e. On supposeμ < 1/2 . Calculer la partie imaginaire de
I_n(μ, πμ) .
12. f. SoitJ = [0, + ∞[ . Toutes les fonctions de
W_J ont-elles la propriété
(D_J) ?
12. c. Montrer que,
12. d. Montrer que cette fonction est constante sur
12. e. On suppose
12. f. Soit
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