ENS Mathématiques BCPST 2002Sujet
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SESSION 2002
Filière BCPST
(Epreuve commune aux ENS de Paris, Lyon et Cachan)
MATHEMATIQUES
Durée : 4 heures
L'usage de calculatrices électroniques de poche à alimentation autonome, non imprimantes et sans document d'accompagnement, est autorisé. Cependant, une seule calculatrice à la fois est admise sur la table ou le poste de travail, et aucun échange n'est autorisé entre les candidats.
Ce problème aborde l'étude d'une classe d'objets probabilistes connus sous le nom de "marches aléatoires". Dans tout le problème, N (respectivement
N^∗ ) désigne l'ensemble des nombres entiers naturels (respectivement, des entiers naturels strictement positifs); Z , l'ensemble des nombres entiers relatifs; R (respectivement
R_+, R_+^∗ ), l'ensemble des nombres réels (respectivement, des réels positifs ou nuls, des réels strictement positifs). On note
e la base du logarithme néperien (
ln ), et la fonction exponentielle de
x est notée indifféremment
x ↦ e^x ou
x ↦ expx . L'espérance et la variance d'une variable aléatoire réelle
X seront notées respectivement
E[X] et var
X .
Soit
(X_i)_(i ∈ N) . une suite de variables aléatoires réelles definies sur un mēme espace de probabilité (
Ω, A, P ), indépendantes, identiquement distribuées (c'est-à-dire, pour tout entier
k > 0 . les variables
X_1, X_2, …, X_k sont indépendantes et identiquement distribuées). Pour tout entier
n > 0 , on pose:
Sauf mention contraire (questions II. 2 et II.3), on pose
S_0 = 0 . La suite
(S_n)_(n ∈ ℕ) est appelée "marche aléatoire". Dans tout le problème, on suppose
P(X_1 = 0) < 1 ,
E[X_1] < ∞ et
0 < varX_1 < ∞ .
Tournez la page S.V.P.
Pour tout événement
A de l'espace de probabilité considéré, on note
1_A la fonction indicatrice de
A , c'est-à-dire la variable aléatoire qui vaut 1 si
A est réalisé, 0 sinon.
Soient
a et
b deux nombres réels tels que
a < 0 < b . On note
T la variable aléatoire définie par:
Le problème vise à décrire la loi de
T , dont l'étude connait d'importantes applications en biologie des populations - évaluation du risque d'extinction d'une espèce, planification des stratégies de contrôle des épidémies, etc. La partie II utilise les résultats de la partie I. Les parties III et IV sont indépendantes et peuvent être traitées indépendamment des parties I et II.
Partie I
I.1. Montrer que la variable aléatoire
T est finie presque surement.
On suppose dans la suite de cette partie I que
E[T] est fini fla démonstration de ce résultat fera l'objet de la question III.4.e).
I.2. Montrer les égalités:
I.2. Montrer les égalités:
I.3. Montrer, pour tout
j ∈ N^∗ , que les variables aléatoires
X_j et
(1 − 1_({T < j})) sont indépendantes, de même que les variables aléatoires
X_k et
X_j(1 − 1_({T < j}))(1 − 1_({T < k})) pour tout entier
k tel que
k > j .
I.4. On admet que l'espérance et la somme infinie qui apparaissent dans l'expression (a) de la question I. 2 peuvent être permutées. Démontrer l'égalité:
I.4. On admet que l'espérance et la somme infinie qui apparaissent dans l'expression (a) de la question I. 2 peuvent être permutées. Démontrer l'égalité:
(C'est la "première identité de Wald".)
I.5. On supposeE[X_1] = 0 . En admettant que l'espérance et la somme infinie qui apparaissent dans l'expression (b) de la question I. 2 peuvent être permutées, montrer l'égalité:
I.5. On suppose
et en déduire:
(C'est la "deuxième identité de Wald".)
Partie II
On suppose dans cette partie II seulement que
a et
b sont des entiers relatifs tels que
a < 0 < b , et que l'on a
P(X_1 = − 1 ou 0 ou 1
) = 1 . Plus précisément, on pose:
et
où
p et
q sont des réels positifs ou nuls tels que
2p + q = 1 et
q < 1 .
On admettra, comme à la partie I, queE[T] est fini.
II.1. Utiliser la première identité de Wald (cf. question I.4) pour calculerE[S_T] ; en déduire les expressions de
P(S_T = a) et
P(S_T = b) , puis celle de
E[S_T^2] . En utilisant la deuxième identité de Wald (cf. question I.5), établir l'égalité:
On admettra, comme à la partie I, que
II.1. Utiliser la première identité de Wald (cf. question I.4) pour calculer
Soient
Δ une partie de Z , et
x et
y , deux entiers naturels tels que
x ∉ Δ et
y ∉ Δ . On note
P_Δ(x, y) la probabilité que la marche aléatoire
(S_n)_(n ∈ N) partant de
x (ce qui signifie:
S_0 = x ) atteigne la valeur
y à un instant
n ∈ N^∗ inférieur à l'instant auquel elle atteint la partie
Δ pour la première fois.
II.2. On suppose dans cette question II. 2 seulement queΔ = {a, b} . Soit
y un entier relatif tel que
a < y < b . Montrer l'égalité:
II.2. On suppose dans cette question II. 2 seulement que
II.3. On note
E_Δ(x, y) l'espérance de la variable aléatoire
W_((x, y)) égale au nombre de passages par la valeur
y que la marche aléatoire
(S_n)_(n ∈ N) partant de
x effectue avant d'atteindre
Δ pour la première fois. On se propose de montrer l'égalité:
II.3.a. On se place d'abord dans le cas particulier
x = y . Montrer que
W_((y, y)) suit une loi géométrique de paramètre
1 − P_Δ(y, y) . En déduire l'égalité annoncée.
II.3.b. Dans le casx ≠ y , montrer l'égalité:
II.3.b. Dans le cas
et conclure.
Partie III
Cette partie III vise à établir une généralisation des identités de Wald démontrées dans la partie I. On suppose ici que la fonction génératrice
G(t) = E[e^(tX_1)] de la variable aléatoire
X_1 est définie pour tout réel
t dans un certain intervalle (fini ou infini). Dans les questions III. 1 à III.3, on supposera
t quelconque dans cet intervalle.
Pour toute variable aléatoire
X définie sur l'espace de probabilité (
Ω, A, P ) et tout événement
A on pose:
E_A[X] = E[1_A X] .
III.1. Montrer que, quel que soitn ∈ N^∗, E[e^(tS_n)] = G(t)^n .
III.2. Soitn ∈ N^∗ . Conditionnellement à l'événement
{T ≤ n} , les variables aléatoires
S_n − S_T et
S_T sont-elles indépendantes?
III.3. Démontrer l'égalité:
III.1. Montrer que, quel que soit
III.2. Soit
III.3. Démontrer l'égalité:
On pourra écrire:
S_n = S_T + (S_n − S_T) .
III.4. On établit dans cette question un lemme (III.4.e) qui sera utilisé à la question suivante pour établir une généralisation des identités de Wald.
III.4.a. En appliquant l'inégalité de Tchebychev, montrer qu'il existe un entiern_0 ∈ N^∗ tel que pour tout
n ≥ n_0 , on a:
III.4. On établit dans cette question un lemme (III.4.e) qui sera utilisé à la question suivante pour établir une généralisation des identités de Wald.
III.4.a. En appliquant l'inégalité de Tchebychev, montrer qu'il existe un entier
III.4.b. Montrer que pour tout entier
k > 1 , les variables aléatoires
S_(n_0) ,
S_(2n_0) − S_(n_0), S_(3n_0) − S_(2n_0), …, S_(kn_0) − S_((k − 1)n_0) sont indépendantes.
III.4.c. Montrer que l'on a:
III.4.c. Montrer que l'on a:
III.4.d. Montrer qu'il existe des constantes réelles
M > 0 et
c > 0 telles que, quel que soit
n ∈ N^∗ ,
III.4.e. En déduire que, quel que soit
n ∈ N^∗, P(T > n) < Me^(− cn) , puis que les moments de
T de tous ordres sont finis.
III.5. En écrivantE[e^(ts_a)] sous la forme:
III.5. En écrivant
(expression que l'on justifiera), montrer que pour tout réel
t tel que
1 ≤ G(t) < + ∞ , on a l'égalité:
("identité de Wald généralisée"). Pour cela, on utilisera les résultats des questions précédentes (III.1, III. 3 et III.4.e), et l'on remarquera que la condition
T > n implique
a < S_n < b .
Partie IV
On suppose ici que les variables aléatoires (indépendantes et identiquement distribuées)
X_1, X_2, … sont entières, à valeurs dans l'ensemble
où
r et
s sont fixés dans
N^∗ . On définit une variable aléatoire
U_n en posant:
Etant donnés
j ∈ N^∗, i_1, i_2, …, i_j des entiers positifs distincts, et
φ une fonction réelle quelconque définie sur
{ − r, …, s}^j , on admettra que l'espérance de la variable aléatoire
φ(X_(i_1), X_(i_2), …, X_(i_j)) est donnée par:
On pose
E_A[φ(X_(i_1), X_(i_2), …, X_(i_j))] = E[1_A φ(X_(i_1), X_(i_2), …, X_(i_j))] , où
1_A désigne la fonction indicatrice d'un événement
A de l'espace de probabilité considéré.
IV.1. Donner (sans démonstration) le développement en série entière des fonctionsz ↦ e^z, z ↦ ln(1 − z) et
z ↦ 1/(1 − z) , en précisant leur rayon de convergence.
IV.2. On suppose la variable aléatoireT définie pour
a = − ∞ . Quelle relation existe-t-il entre
P(T > n) et
P(U_n < b) ?
IV.3. On définit les fonctions réelles de deux variables réelles:
IV.1. Donner (sans démonstration) le développement en série entière des fonctions
IV.2. On suppose la variable aléatoire
IV.3. On définit les fonctions réelles de deux variables réelles:
et on note
π(w) la fonction génératrice de
X_1 : π(w) = E[w^(X_1)] .
IV.3.a. Montrer que les fonctionsf_+ et
f_− sont bien définies pour
|z| < 1 et
|w| ≤ 1 .
IV.3.b. Démontrer l'égalité:
IV.3.a. Montrer que les fonctions
IV.3.b. Démontrer l'égalité:
pout tout
(z, w) ∈ ] − 1, 1[ × [ − 1, 1] .
On admettra que l'on peut écriref_+(z, w) et
f_−(z, w) sous la forme
∑_(n = 0)^(+ ∞)α_n(w)z^n et
∑_(n = 0)^(+ ∞)β_n(w)z^n , où
α_n(w) et
β_n(w) sont des produits de puissances de termes de la forme
E_({S_n > 0})[w^(S_n)] et
E_({S_n ≤ 0})[w^(S_n)] , respectivement.
IV.3.c. Montrer l'identité:
On admettra que l'on peut écrire
IV.3.c. Montrer l'identité:
pour tout
n ∈ N et tout
w ∈ [ − 1, 1] .
IV.4. Pour tout entiern , on définit la variable aléatoire
L_n égale au premier entier
k ∈ {0, 1, …, n} tel que
S_k = U_n .
IV.4.a. Montrer queL_n = 0 si et seulement si, quel que soit l'entier
i ∈ {1, 2, …, n} , on a
S_i ≤ 0 .
IV.4.b. Montrer que pour tout entierk ∈ {1, 2, …, n}, L_n = k si et seulement si les conditions
S_k > 0, S_k > S_1, …, S_k > S_(k − 1) et
S_k ≥ S_(k + 1), S_k ≥ S_(k + 2), …, S_k ≥ S_n sont toutes simultanément satisfaites.
IV.5. Pour tout entiern et tout réel
w tel que
|w| ≤ 1 , on pose
p_n(w) = E_({L_n = n})[w^(S_n)] et
q_n(w) = E_({L_n = 0})[w^(S_n)] où
w ∈ [ − 1, 1] .
IV.5.a. Montrer, pour tout entierk ∈ {0, 1, …, n} , l'égalité:
IV.4. Pour tout entier
IV.4.a. Montrer que
IV.4.b. Montrer que pour tout entier
IV.5. Pour tout entier
IV.5.a. Montrer, pour tout entier
IV.5.b. En déduire la relation:
pour tout
n ∈ N et tout
w ∈ [ − 1, 1] .
IV.6. A partir des résultats des questions IV.3.c et IV.5.b, établir les identitésα_n(w) = p_n(w) et
β_n(w) = q_n(w) pour tout
n ∈ N et tout
w ∈ [ − 1, 1] .
IV.7. Démontrer l'égalité:
IV.6. A partir des résultats des questions IV.3.c et IV.5.b, établir les identités
IV.7. Démontrer l'égalité:
pour tout
n ∈ N et tout
w ∈ [ − 1, 1] . En déduire que pour tous réels
z tel que
|z| < 1 et
w tel que
|w| ≤ 1 , on a la relation:
IV.8. On note
φ_n(t) et
ψ_n(t) les fonctions caractéristiques de
U_n et de la variable aléatoire
S_n^+ = max(0, S_n) , respectivement. Démontrer l'égalité:
IV.9. Montrer que l'on a, pour tout entier
n ∈ N^∗ :
Examiner le cas particulier où la loi de
X_1 est gaussienne de moyenne nulle et de variance unité.
Pas de description pour le moment
