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Corrigé détaillé Mines Physique 1 MPI 2024 (page 2/2 : Partie II)

Des objets astronomiques, de Mars à Sirius

Comment utiliser ce corrigé

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Partie II : Structure et énergie des étoiles

A · L'énergie gravitationnelle

Question 13

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I

Notions : énergie potentielle de gravitation, énergie de liaison

Donner et justifier physiquement le signe de . Expliquer pourquoi on nomme parfois l'énergie de liaison de l'étoile.

Voir l'indice

Analyser le caractère attractif de la force gravitationnelle : l'opérateur doit retenir la matière pour l'amener de manière quasi-statique depuis l'infini.

Voir la réponse courte

W_g < 0 car l'interaction est attractive ; l'énergie de liaison E_\ell = -W_g > 0 représente le travail pour dissocier l'astre à l'infini.

Voir le corrigé complet

L'interaction gravitationnelle étant purement attractive, les éléments de matière sont naturellement attirés vers le centre de l'étoile au cours de sa constitution depuis l'infini.

Pour que la formation s'effectue de manière quasi-statique, l'opérateur doit à chaque instant exercer une force opposée à la force d'attraction gravitationnelle, c'est-à-dire dirigée vers l'extérieur alors que le déplacement de la matière s'effectue vers l'intérieur. Le travail élémentaire exercé par l'opérateur est donc résistant :

\boxed{W_g < 0}

D'un point de vue énergétique, en choisissant l'état de référence de l'énergie potentielle gravitationnelle nul à l'infini (E_p(\infty) = 0), l'énergie potentielle finale de l'étoile liée est strictement négative (E_{p} < 0). L'évolution étant quasi-statique (\Delta E_c = 0), le premier principe ou le théorème de l'énergie mécanique donne W_g = \Delta E_p = E_p - 0 < 0.

Par définition, l'énergie de liaison E_\ell d'un système lié est l'énergie minimale qu'un opérateur extérieur doit fournir au système pour dissocier totalement ses constituants et les renvoyer à l'infini au repos.

En inversant le processus de formation de manière quasi-statique, le travail à fournir pour disperser l'étoile vaut :

W_{\text{dispersion}} = -W_g = E_\ell > 0

L'énergie de liaison de l'étoile est donc bien une grandeur positive égale à l'opposé du travail de constitution :

\boxed{E_\ell = -W_g > 0}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Évitez la confusion entre sens de transfert et signe du travail, et consolidez la notion d'énergie de liaison.

« Confusion étonnante entre le sens de transfert de l’énergie et le signe algébrique du travail. »

« Le concept de l’énergie de liaison est très mal maîtrisé. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 14

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : masse volumique, distribution à symétrie sphérique

Exprimer la masse volumique , supposée uniforme et constante, de l'étoile en fonction de et . En déduire, en fonction de , et , les expressions de (masse déjà constituée dans une sphère de rayon ) et de (masse à apporter pour faire passer ce rayon de à ).

Voir l'indice

Calculer le rapport de la masse totale au volume d'une boule de rayon R, puis exprimer m(r) = \rho V(r) et différencier pour obtenir \mathrm{d}m.

Voir la réponse courte

Calcul de la densité uniforme \rho = 3M/(4\pi R^3), de la masse intérieure m(r) = M(r/R)^3 et de la coquille \mathrm{d}m.

Voir le corrigé complet

L'étoile est modélisée par une boule homogène de masse totale M et de rayon R. Son volume total est donc :

V = \frac{4}{3}\pi R^3

La masse volumique \rho étant uniforme, elle s'écrit :

\boxed{\rho = \frac{M}{V} = \frac{3M}{4\pi R^3}}

La masse m(r) déjà constituée à l'intérieur de la sphère de rayon r \leqslant R s'exprime comme le produit de la masse volumique par le volume de cette sphère :

m(r) = \rho \times \frac{4}{3}\pi r^3 = \frac{3M}{4\pi R^3} \times \frac{4}{3}\pi r^3

soit :

\boxed{m(r) = M \left(\frac{r}{R}\right)^3}

L'accroissement de masse \mathrm{d}m nécessaire pour faire passer le rayon de r à r + \mathrm{d}r correspond à la masse contenue dans une couche sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r et de volume \mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r. Il s'obtient directement par différentiation de m(r) ou par \rho\,\mathrm{d}V :

\boxed{\mathrm{d}m = 3M \frac{r^2}{R^3}\mathrm{d}r}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La linéarisation de la variation de masse a posé des difficultés à plusieurs candidats.

« Quelques difficultés restent dans la linéarisation de la variation de masse. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 15

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : énergie potentielle de gravitation, énergie propre

Justifier que la contribution à l'énergie gravitationnelle de cet accroissement (passage de à ) s'écrit . Calculer l'énergie gravitationnelle totale de l'étoile en fonction de , et .

Voir l'indice

Considérer l'énergie potentielle gravitationnelle d'une coquille de masse \mathrm{d}m amenée de l'infini jusqu'au rayon r au contact de la masse intérieure m, puis intégrer de r=0 à R.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le travail fourni par l'opérateur pour amener de l'infini jusqu'au rayon r une couche sphérique de masse \mathrm{d}m, en utilisant le théorème de Gauss (ou le potentiel gravitationnel extérieur créé par une distribution à symétrie sphérique).
  2. Injecter les expressions de m(r) et \mathrm{d}m obtenues à la question précédente et intégrer de r = 0 à r = R.
Voir la réponse courte

Intégration du travail d'apport successif de coquilles massiques depuis l'infini : W_g = -\frac{3}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R}.

Voir le corrigé complet

La masse m déjà rassemblée forme une boule de rayon r à symétrie sphérique. D'après le théorème de Gauss (ou les résultats de la question Q2), le champ gravitationnel extérieur créé par cette boule à une distance r' \geqslant r est identique à celui d'une masse ponctuelle m située en O :

\vec{G}(r') = -\frac{\mathcal{G} m}{{r'}^2} \hat{u}_r

Pour amener de manière quasi-statique une masse élémentaire \mathrm{d}m depuis l'infini (où l'interaction est nulle) jusqu'au rayon r, l'opérateur doit compenser à chaque instant la force gravitationnelle :

\vec{F}_{\text{op}} = -\vec{F}_{\text{grav}} = +\frac{\mathcal{G} m \mathrm{d}m}{{r'}^2} \hat{u}_r

L'auto-interaction de la couche élémentaire d'épaisseur \mathrm{d}r étant d'ordre (\mathrm{d}m)^2, elle est négligeable. Le travail fourni par l'opérateur lors de cette étape s'écrit donc :

\mathrm{d}W_g = \int_{\infty}^r \vec{F}_{\text{op}} \cdot \mathrm{d}\vec{r}' = \int_{\infty}^r \frac{\mathcal{G} m \mathrm{d}m}{{r'}^2} \, \mathrm{d}r' = \left[ -\frac{\mathcal{G} m \mathrm{d}m}{r'} \right]_{\infty}^r

ce qui conduit bien à :

\boxed{\mathrm{d}W_g = -\mathcal{G}\frac{m\,\mathrm{d}m}{r}}

D'après la question Q14, la masse intérieure et la masse de la couche élémentaire valent :

m(r) = M \frac{r^3}{R^3} \quad \text{et} \quad \mathrm{d}m = 3M \frac{r^2}{R^3}\,\mathrm{d}r

En substituant ces expressions dans \mathrm{d}W_g :

\mathrm{d}W_g = -\frac{\mathcal{G}}{r} \left( M \frac{r^3}{R^3} \right) \left( 3M \frac{r^2}{R^3}\,\mathrm{d}r \right) = -\frac{3\mathcal{G}M^2}{R^6} r^4 \,\mathrm{d}r

L'énergie gravitationnelle totale s'obtient en intégrant de r = 0 (début de la constitution) à r = R (étoile entièrement formée) :

W_g = \int_0^R \mathrm{d}W_g = -\frac{3\mathcal{G}M^2}{R^6} \int_0^R r^4 \,\mathrm{d}r = -\frac{3\mathcal{G}M^2}{R^6} \left[ \frac{r^5}{5} \right]_0^R

Soit finalement :

\boxed{W_g = -\frac{3}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La justification de l'élément différentiel a posé problème, bien que le calcul intégral soit réussi.

« Difficultés dans la justification de dWg, en lien avec Q13. L’intégration est relativement bien réussie. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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B · Pression cinétique

Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : statique des fluides, équilibre hydrostatique

On s'intéresse à l'équilibre de la colonne de fluide d'aire et comprise entre les altitudes et . Expliciter, éventuellement sous forme intégrale, les forces exercées sur cette colonne. En déduire l'équation différentielle reliant , et .

Voir l'indice

Effectuer le bilan des forces appliquées à la tranche de fluide projeté selon l'axe (Oz) : forces de pression aux frontières et poids de la tranche.

Voir la stratégie
  1. On isole la colonne de fluide comprise entre les altitudes z_1 et z_2 (z_1 < z_2) et de section droite S.
  2. On fait l'inventaire des forces extérieures exercées sur cette colonne (forces de pression sur les parois et force de gravitation volumique) et on écrit sa condition d'équilibre statique projetée selon l'axe vertical \hat{u}_z.
  3. En faisant tendre z_2 vers z_1 (ou par dérivation par rapport à la borne supérieure), on en déduit l'équation différentielle locale de la statique des fluides.
Voir la réponse courte

Bilan des forces de pression et de gravitation sur une tranche de fluide menant à \mathrm{d}P/\mathrm{d}z = -\rho(z)G(z).

Voir le corrigé complet

Considérons la colonne de fluide immobile de section droite d'aire S, délimitée par les plans horizontaux de cotes z_1 et z_2 (avec z_1 < z_2).

Les forces extérieures appliquées à cette colonne sont :

  • la force pressante exercée sur la face inférieure en z_1, dirigée vers le haut :

    \vec{F}_1 = P(z_1) \, S \, \hat{u}_z
  • la force pressante exercée sur la face supérieure en z_2, dirigée vers le bas :

    \vec{F}_2 = - P(z_2) \, S \, \hat{u}_z
  • les forces pressantes exercées par le fluide environnant sur la surface latérale : perpendiculaires à la paroi verticale en chaque point, leur résultante est purement horizontale et ne possède aucune composante selon \hat{u}_z :

    \vec{F}_{\text{lat}} \cdot \hat{u}_z = 0
  • la force de gravitation volumique : pour une tranche élémentaire de fluide comprise entre z et z + \mathrm{d}z, de masse \mathrm{d}m = \rho(z) \, S \, \mathrm{d}z, le poids élémentaire s'écrit \mathrm{d}\vec{F}_g = \vec{G}(z) \, \mathrm{d}m = \rho(z) \, G(z) \, S \, \mathrm{d}z \, \hat{u}_z. La résultante sur la colonne vaut donc :

    \vec{F}_g = \left( \int_{z_1}^{z_2} \rho(z) \, G(z) \, S \, \mathrm{d}z \right) \hat{u}_z

À l'équilibre mécanique de la colonne dans le référentiel d'étude, la résultante des forces est nulle :

\vec{F}_1 + \vec{F}_2 + \vec{F}_{\text{lat}} + \vec{F}_g = \vec{0}

En projetant sur le vecteur unitaire \hat{u}_z, il vient :

P(z_1) \, S - P(z_2) \, S + S \int_{z_1}^{z_2} \rho(z) \, G(z) \, \mathrm{d}z = 0

Soit, en simplifiant par S \neq 0 :

P(z_2) - P(z_1) = \int_{z_1}^{z_2} \rho(z) \, G(z) \, \mathrm{d}z

Cette relation étant valable pour tout couple d'altitudes (z_1, z_2), on dérive par rapport à z_2 (ou on pose z_1 = z et z_2 = z + \mathrm{d}z), ce qui donne l'équation différentielle fondamentale de la statique des fluides :

\boxed{\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho(z) \, G(z)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Le bilan des forces a été source d'erreurs de signes et de difficultés avec le nombre fini de particules.

« Difficultés pour le bilan de forces avec les bons signes et pour un nombre fini de particules. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 17

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : gaz parfait monoatomique, pression cinétique

Un volume de fluide est soumis à la pression , supposée uniforme. Dans quel modèle l'énergie cinétique d'agitation thermique associée peut-elle s'écrire ? Dans la suite de cette partie II.B on supposera que c'est bien le cas en chaque point intérieur à l'étoile.

Voir l'indice

Se référer au modèle thermodynamique classique dans lequel l'énergie interne ne dépend que de la translation des particules sans degrés de liberté internes.

Voir la stratégie

Pour identifier le modèle requis :

  1. Exprimer l'énergie cinétique microscopique en fonction de la température à l'aide du théorème de l'équipartition de l'énergie ou de la théorie cinétique des gaz.
  2. Utiliser l'équation d'état liant la pression P, le volume V et la température T pour aboutir à la relation E_c = \frac{3}{2}PV.
Voir la réponse courte

Modèle du gaz parfait monoatomique classique non relativiste, où U = E_c = \frac{3}{2}nRT = \frac{3}{2}PV.

Voir le corrigé complet

Cette relation s'obtient dans le cadre du modèle du gaz parfait monoatomique classique (non relativiste) :

  • Les constituants sont modélisés par des particules ponctuelles sans structure interne, n'interagissant entre elles que par des collisions élastiques instantanées (pas d'énergie potentielle d'interaction à distance).
  • Chaque particule ne possède que 3 degrés de liberté de translation. D'après le théorème de l'équipartition de l'énergie (ou la théorie cinétique des gaz), l'énergie cinétique moyenne d'une particule à la température T s'écrit :

    \langle e_c \rangle = \frac{3}{2} k_B T

    Pour un système de N particules, l'énergie cinétique totale de translation (agitation thermique) vaut donc :

    E_c = N \langle e_c \rangle = \frac{3}{2} N k_B T
  • L'équation d'état du gaz parfait s'écrit P V = N k_B T. En combinant ces deux relations, on obtient directement :
\boxed{E_c = \frac{3}{2} PV}

De manière équivalente, la théorie cinétique des gaz relie directement la pression cinétique P à la densité volumique d'énergie cinétique de translation u_c = E_c / V par la relation fondamentale :

P = \frac{1}{3} n^* m \langle v^2 \rangle = \frac{2}{3} \frac{E_c}{V} \iff E_c = \frac{3}{2} P V

qui reste valable pour tout gaz parfait où les particules n'ont pas d'énergie interne de rotation ou de vibration contribuant à la pression.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question sélective où le recours au modèle du gaz parfait a souvent fait défaut.

« Question discriminante. La notion de gaz parfait n’est pas toujours évidente. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : théorème de gauss, statique des fluides

Expliciter le champ gravitationnel ressenti au sein de l'étoile en équilibre à la distance du centre, en fonction de , , et . En déduire l'expression de la pression .

Voir l'indice

Appliquer le théorème de Gauss gravitationnel à l'intérieur de la sphère pour trouver \vec{G}(r), puis intégrer l'équation d'équilibre hydrostatique avec la condition P(R) = 0.

Voir la stratégie
  1. Déterminer le champ gravitationnel intérieur à l'aide du théorème de Gauss pour la gravitation (ou du théorème des coquilles sphériques) en exploitant l'expression de la masse intérieure m(r) établie à la question Q14.
  2. Appliquer l'équation d'équilibre hydrostatique transposée en géométrie sphérique, \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} = \rho G_r(r), puis intégrer entre le rayon r et la surface de l'étoile R où la pression s'annule dans le vide spatial.
Voir la réponse courte

Champ gravitationnel interne via le théorème de Gauss, puis intégration de l'équilibre hydrostatique avec la condition P(R) = 0.

Voir le corrigé complet

La distribution de masse possède une symétrie sphérique centrée en O. Le champ gravitationnel est donc purement radial et ne dépend que de la distance r au centre :

\vec{G}(\vec{r}) = G_r(r)\,\hat{u}_r

D'après le théorème de Gauss appliqué au champ gravitationnel à travers une sphère de centre O et de rayon r \leqslant R :

\iint_{S(r)} \vec{G} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = -4\pi\mathcal{G}\,m_{\text{int}}(r)

Par invariance et symétrie, le flux s'écrit \iint_{S(r)} \vec{G} \cdot \mathrm{d}\vec{S} = 4\pi r^2 G_r(r). La masse intérieure m_{\text{int}}(r) = m(r) vaut, d'après la question Q14, m(r) = M\frac{r^3}{R^3}. On en déduit :

4\pi r^2 G_r(r) = -4\pi\mathcal{G} M \frac{r^3}{R^3}

soit :

\boxed{\vec{G}(\vec{r}) = -\frac{\mathcal{G}M}{R^3} r\,\hat{u}_r}

D'après le préambule de la question, l'équation différentielle d'équilibre s'obtient en transposant celle de la question Q16 en coordonnées sphériques par la substitution z \to r, avec \rho(r) = \rho = \text{cste} :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} = \rho\,G_r(r)

En remplaçant \rho = \frac{3M}{4\pi R^3} (question Q14) et G_r(r) = -\frac{\mathcal{G}Mr}{R^3} :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}r} = -\left(\frac{3M}{4\pi R^3}\right)\left(\frac{\mathcal{G}Mr}{R^3}\right) = -\frac{3\mathcal{G}M^2}{4\pi R^6}\,r

À la surface de l'étoile (r = R), le fluide est au contact du vide, ce qui impose la condition aux limites P(R) = 0. On intègre alors entre r et R :

\begin{aligned} \int_{P(r)}^{0} \mathrm{d}P &= -\frac{3\mathcal{G}M^2}{4\pi R^6} \int_r^R r'\,\mathrm{d}r' \\ 0 - P(r) &= -\frac{3\mathcal{G}M^2}{4\pi R^6} \left[\frac{{r'}^2}{2}\right]_r^R = -\frac{3\mathcal{G}M^2}{8\pi R^6}(R^2 - r^2) \end{aligned}

On retrouve bien :

\boxed{P(r) = \frac{3\mathcal{G}M^2}{8\pi R^6}(R^2 - r^2)}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Attention aux signes et évitez d'écrire l'expression attendue sans cohérence avec votre propre calcul.

« Nombreuses erreurs dans les signes et tentatives de reproduire l’expression finale attendue sans cohérence avec les réponses précédentes. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : théorème du viriel, énergie interne

Calculer l'énergie cinétique totale de l'étoile en fonction de , et ; commenter.

Voir l'indice

Intégrer la densité volumique d'énergie cinétique \frac{3}{2}P(r) en coordonnées sphériques sur le volume de l'étoile et comparer avec W_g (théorème du viriel).

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique élémentaire \mathrm{d}E_c d'une couche sphérique d'épaisseur \mathrm{d}r et de volume \mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r en utilisant la relation établie à la question Q17.
  2. Intégrer de r = 0 à r = R en injectant le profil de pression P(r) obtenu à la question Q18.
  3. Comparer le résultat à l'énergie gravitationnelle W_g trouvée à la question Q15 et interpréter la relation obtenue (théorème du viriel, état lié).
Voir la réponse courte

Intégration spatiale de \frac{3}{2}P(r)\mathrm{d}V aboutissant à E_c = \frac{3}{10}\frac{\mathcal{G}M^2}{R} = -\frac{1}{2}W_g (théorème du viriel).

Voir le corrigé complet

D'après l'hypothèse de la question Q17, l'énergie cinétique d'agitation thermique contenue dans un volume élémentaire \mathrm{d}V soumis à la pression locale P(r) s'écrit :

\mathrm{d}E_c = \frac{3}{2} P(r) \, \mathrm{d}V

En raison de la symétrie sphérique, on découpe l'étoile en couches concentriques d'épaisseur \mathrm{d}r, de volume \mathrm{d}V = 4\pi r^2 \mathrm{d}r. L'énergie cinétique totale s'obtient donc par intégration :

\begin{aligned} E_c &= \int_0^R \frac{3}{2} P(r) \cdot 4\pi r^2 \, \mathrm{d}r \\ &= 6\pi \int_0^R P(r) \, r^2 \, \mathrm{d}r \end{aligned}

En injectant l'expression de la pression issue de la question Q18, P(r) = \dfrac{3\mathcal{G}M^2}{8\pi R^6}(R^2 - r^2) :

\begin{aligned} E_c &= 6\pi \times \frac{3\mathcal{G}M^2}{8\pi R^6} \int_0^R (R^2 - r^2) r^2 \, \mathrm{d}r \\ &= \frac{9\mathcal{G}M^2}{4 R^6} \left[ \frac{R^2 r^3}{3} - \frac{r^5}{5} \right]_0^R \\ &= \frac{9\mathcal{G}M^2}{4 R^6} R^5 \left( \frac{1}{3} - \frac{1}{5} \right) \\ &= \frac{9\mathcal{G}M^2}{4 R} \times \frac{2}{15} \end{aligned}

Ce qui se simplifie en :

\boxed{E_c = \frac{3}{10} \frac{\mathcal{G}M^2}{R}}

Commentaires :

  1. Théorème du viriel : À la question Q15, nous avons trouvé pour l'énergie potentielle gravitationnelle de l'étoile W_g = -\dfrac{3}{5}\dfrac{\mathcal{G}M^2}{R}. On constate la relation remarquable :

    E_c = -\frac{1}{2} W_g \quad \Longleftrightarrow \quad 2E_c + W_g = 0

    On retrouve exactement le théorème du viriel pour un système auto-gravitant à l'équilibre dynamique soumis à un potentiel d'interaction en 1/r.

  2. Cohérence des ordres de grandeur : Cela confirme que l'énergie thermique d'agitation et l'énergie gravitationnelle sont du même ordre de grandeur, comme annoncé dans le préambule.
  3. Énergie mécanique totale et stabilité : L'énergie mécanique totale de l'étoile vaut :

    E_m = E_c + W_g = -E_c = \frac{1}{2} W_g = -\frac{3}{10} \frac{\mathcal{G}M^2}{R} < 0

    Le signe négatif confirme que l'étoile forme un système gravitationnellement lié et stable.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Question abordée par seulement la moitié des candidats et qui a produit peu de réponses exactes.

« Question traitée par la moitié des candidats. Peu de réponses justes. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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C · Pression de confinement quantique

Question 20

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : ordre de grandeur, analyse dimensionnelle

Exprimer en fonction de , et seulement.

Voir l'indice

Exprimer le nombre total de nucléons N \approx M/m_p, en déduire le volume disponible par particule \vartheta = V/N, puis prendre la racine cubique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la masse totale M de l'étoile en fonction du nombre N d'atomes d'hydrogène et négliger la masse des électrons devant celle des protons (m_e \ll m_p) pour en déduire N.
  2. Exprimer le volume total V de l'étoile sphérique de rayon R.
  3. En déduire le volume individuel de confinement \vartheta = V/N et la longueur de la cellule cubique élémentaire a = \vartheta^{1/3}.
Voir la réponse courte

Détermination du volume disponible par particule a^3 \approx V/N avec N \approx M/m_p, donnant a = R(4\pi m_p/(3M))^{1/3}.

Voir le corrigé complet

L'étoile est constituée de N atomes d'hydrogène, soit N protons de masse m_p et N électrons de masse m_e. La masse totale s'écrit :

M = N (m_p + m_e)

Puisque m_e \ll m_p, la masse de l'étoile est très majoritairement portée par les protons :

M \simeq N m_p \quad \implies \quad N \simeq \frac{M}{m_p}

L'étoile étant sphérique de rayon R, son volume total est :

V = \frac{4}{3}\pi R^3

Le volume disponible par particule est \vartheta = \frac{V}{N}, d'où le côté a du volume cubique élémentaire tel que a^3 = \vartheta :

a^3 = \frac{V}{N} = \frac{4\pi R^3}{3} \frac{m_p}{M}

En prenant la racine cubique, on obtient :

\boxed{a = R\left(\frac{4\pi m_p}{3M}\right)^{1/3}}

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : puits de potentiel infini, relation d'incertitude de heisenberg

La particule étudiée étant confinée à l'intervalle , exprimer la fonction d'onde spatiale et l'énergie de l'état fondamental en fonction de , et . Justifier que cette relation illustre le principe d'indétermination de Heisenberg.

Voir l'indice

Poser la solution générale sinusoïdale de l'équation différentielle stationnaire vérifiant \psi(0)=0 et \psi(a)=0, puis relier la longueur d'onde de de Broglie à l'impulsion minimale.

Voir la stratégie
  1. Injecter la forme stationnaire \Psi(x,t) = \psi(x)\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\omega t} dans l'équation de Schrödinger pour obtenir l'équation spatiale indépendante du temps et identifier l'énergie E = \hbar\omega.
  2. Résoudre l'équation différentielle avec les conditions aux limites de confinement strict en x=0 et x=a, normaliser la fonction d'onde de l'état fondamental (n=1) et en déduire e_1.
  3. Relier l'incertitude spatiale \Delta x \sim a à la dispersion minimale d'impulsion \Delta p_x via l'inégalité de Heisenberg pour interpréter physiquement l'énergie d'énergie minimale e_1.
Voir la réponse courte

Fonction d'onde \psi_1(x) = \sqrt{2/a}\sin(\pi x/a) et énergie fondamentale e_1 = h^2/(8ma^2), en accord avec \Delta p \Delta x \sim h.

Voir le corrigé complet

En injectant \Psi(x,t) = \psi(x)\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\omega t} dans l'équation de Schrödinger fournie, avec \mathrm{j}^2 = -1 et en posant E = \hbar \omega, il vient :

-\frac{\hbar^2}{2m}\frac{\mathrm{d}^2\psi}{\mathrm{d}x^2}\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\omega t} = \mathrm{j}\hbar(-\mathrm{j}\omega)\psi(x)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\omega t} = \hbar\omega\psi(x)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\omega t} = E\psi(x)\,\mathrm{e}^{-\mathrm{j}\omega t}

Soit, pour l'onde spatiale à l'intérieur de la boîte (x \in [0, a]) :

\frac{\mathrm{d}^2\psi}{\mathrm{d}x^2} + k^2\psi(x) = 0 \quad \text{avec} \quad k = \frac{\sqrt{2mE}}{\hbar}

La solution générale est de la forme \psi(x) = A\sin(kx) + B\cos(kx).
Le confinement strict impose l'annulation de la fonction d'onde aux parois :

\begin{aligned} \psi(0) = 0 &\implies B = 0 \\ \psi(a) = 0 &\implies A\sin(ka) = 0 \implies ka = n\pi \quad (n \in \mathbb{N}^*) \end{aligned}

L'état fondamental correspond au premier niveau d'énergie non nul, soit n = 1 :

k_1 = \frac{\pi}{a} \implies e_1 = \frac{\hbar^2 k_1^2}{2m} = \frac{\hbar^2 \pi^2}{2m a^2}

En exprimant \hbar en fonction de la constante de Planck (\hbar = \frac{h}{2\pi}) :

\boxed{e_1 = \frac{h^2}{8m a^2}}

La constante A est déterminée par la condition de normalisation \displaystyle\int_0^a |\psi_1(x)|^2\,\mathrm{d}x = 1 :

|A|^2 \int_0^a \sin^2\left(\frac{\pi x}{a}\right)\mathrm{d}x = |A|^2 \frac{a}{2} = 1 \implies A = \sqrt{\frac{2}{a}} \quad \text{(à une phase globale près)}

La fonction d'onde spatiale de l'état fondamental s'écrit donc :

\boxed{\psi_1(x) = \sqrt{\frac{2}{a}}\sin\left(\frac{\pi x}{a}\right)} \quad \text{pour } x \in [0, a] \quad (\text{et } 0 \text{ ailleurs})

Illustration du principe d'indétermination de Heisenberg : La particule étant confinée dans un segment de longueur a, l'indétermination sur sa position est de l'ordre de la taille de la boîte : \Delta x \sim a.
D'après la relation d'indétermination de Heisenberg spatio-cinétique :

\Delta x \cdot \Delta p_x \gtrsim \frac{\hbar}{2} \implies \Delta p_x \gtrsim \frac{\hbar}{2a} \sim \frac{h}{a}

Comme la fonction d'onde correspond à une onde stationnaire, la valeur moyenne de l'impulsion est nulle (\langle p_x \rangle = 0), de sorte que :

\langle p_x^2 \rangle = (\Delta p_x)^2 \gtrsim \left(\frac{h}{a}\right)^2

L'énergie cinétique moyenne minimale imposée par la mécanique quantique est alors :

\langle E_c \rangle = \frac{\langle p_x^2 \rangle}{2m} \sim \frac{h^2}{m a^2}

On retrouve bien, à un facteur numérique d'ordre 1 près, l'énergie fondamentale e_1 = \frac{h^2}{8m a^2}. Le confinement spatial interdit à la particule d'être au repos et lui confère nécessairement une énergie cinétique minimale non nulle, appelée énergie de point zéro ou énergie de confinement.

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral

Notions : puits de potentiel infini, état fondamental

Que deviennent ces expressions de la fonction d'onde et de l'énergie de l'état fondamental dans un modèle confiné à trois dimensions, , et ?

Voir l'indice

Utiliser la méthode de séparation des variables spatiales : l'énergie totale est la somme des énergies fondamentales associées à chaque degré de liberté cartésien.

Voir la stratégie
  1. Exploiter la séparation des variables permise par la forme cartésienne de la boîte cubique [0, a]^3 pour décomposer l'équation de Schrödinger stationnaire 3D en trois équations unidimensionnelles indépendantes.
  2. Exprimer la fonction d'onde fondamentale comme le produit des fonctions d'onde 1D et l'énergie correspondante comme la somme des trois contributions scalaires.
Voir la réponse courte

Par séparation des variables dans une boîte cubique 3D, \psi_0(\vec{r}) est le produit des composantes et l'énergie vaut 3e_1.

Voir le corrigé complet

Pour une particule confinée dans la boîte cubique [0, a]^3, le potentiel est nul à l'intérieur et infini à l'extérieur. L'équation de Schrödinger stationnaire à trois dimensions s'écrit à l'intérieur du domaine :

-\frac{\hbar^2}{2m} \left( \frac{\partial^2 \psi}{\partial x^2} + \frac{\partial^2 \psi}{\partial y^2} + \frac{\partial^2 \psi}{\partial z^2} \right) = e \, \psi(x, y, z)

avec la condition d'annulation de la fonction d'onde sur les frontières de la boîte.

La géométrie cartésienne permet de chercher la fonction d'onde sous forme à variables séparées :

\psi(x, y, z) = X(x) \, Y(y) \, Z(z)

L'équation se scinde alors en trois équations indépendantes identiques à celle résolue à la question Q21. Pour l'état fondamental, chaque direction correspond au mode fondamental (n_x = n_y = n_z = 1).

La fonction d'onde spatiale normalisée de l'état fondamental devient ainsi :

\boxed{\psi_1(x, y, z) = \left(\frac{2}{a}\right)^{3/2} \sin\left(\frac{\pi x}{a}\right) \sin\left(\frac{\pi y}{a}\right) \sin\left(\frac{\pi z}{a}\right)}

pour (x, y, z) \in [0, a]^3, et \psi_1(x, y, z) = 0 à l'extérieur.

L'énergie totale de l'état fondamental est la somme des énergies associées à chaque degré de liberté :

e_{1,3\mathrm{D}} = e_{1,x} + e_{1,y} + e_{1,z} = 3\,e_1

En injectant l'expression de e_1 établie à la question Q21, on obtient :

\boxed{e_{1,3\mathrm{D}} = \frac{3h^2}{8ma^2}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : énergie de confinement, pression de dégénérescence

En déduire que l'énergie cinétique totale due au confinement de l'étoile se met sous la forme dans laquelle on exprimera en fonction de , et .

Voir l'indice

Multiplier l'énergie fondamentale par le nombre total de particules en remarquant que l'énergie cinétique est dominée par celle des particules les plus légères (les électrons).

Voir la réponse courte

Énergie cinétique totale E_c = N_e e_1 avec N_e = M/m_p et substitution de a(R, M) menant à l'expression de \gamma.

Voir le corrigé complet

L'étoile est constituée de N protons et de N électrons, avec d'après la question Q20 :

N \simeq \frac{M}{m_p}

D'après la question Q22, l'énergie cinétique de confinement dans l'état fondamental pour une particule de masse m dans la boîte cubique de côté a s'écrit :

e_{1,3\mathrm{D}}(m) = \frac{3h^2}{8ma^2}

L'énergie cinétique totale de confinement de l'étoile est la somme des énergies de confinement de l'ensemble des particules :

\begin{aligned} E_c &= N \left[ e_{1,3\mathrm{D}}(m_e) + e_{1,3\mathrm{D}}(m_p) \right] \\ &= \frac{3Nh^2}{8a^2} \left( \frac{1}{m_e} + \frac{1}{m_p} \right) \end{aligned}

Comme m_e \ll m_p, le terme électronique domine très largement : \frac{1}{m_e} + \frac{1}{m_p} \simeq \frac{1}{m_e}. Il vient donc :

E_c \simeq \frac{3Nh^2}{8m_e a^2}

En injectant l'expression de a établie à la question Q20, a = R \left( \frac{4\pi m_p}{3M} \right)^{1/3}, on obtient :

a^2 = R^2 \left( \frac{4\pi m_p}{3M} \right)^{2/3}

En remplaçant N et a^2 dans l'expression de E_c :

\begin{aligned} E_c &= \frac{M}{m_p} \frac{3h^2}{8m_e R^2} \left( \frac{3M}{4\pi m_p} \right)^{2/3} \\ &= \frac{3}{8}\left( \frac{3}{4\pi} \right)^{2/3} \frac{h^2}{m_e m_p^{5/3}} \, \frac{M^{5/3}}{R^2} \end{aligned}

On retrouve bien la forme demandée E_c = \gamma \frac{M^{5/3}}{R^2} avec :

\boxed{\gamma = \frac{3}{8}\left(\frac{3}{4\pi}\right)^{2/3} \frac{h^2}{m_e m_p^{5/3}}}

(ou de façon rigoureusement exacte sans l'approximation m_e \ll m_p, en remplaçant 1/m_e par 1/m_e + 1/m_p).

Résultat

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D · Le cas des naines blanches

Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral

Notions : position d'équilibre, minimisation de l'énergie

Pour une étoile de ce type, déterminer le rayon qui assure un minimum de l'énergie totale.

Voir l'indice

Sommer l'énergie cinétique de confinement E_c(R) et l'énergie potentielle de gravitation W_g(R), puis chercher la valeur de R annulant la dérivée première \mathrm{d}E_{\text{tot}}/\mathrm{d}R.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie totale E_{\mathrm{tot}}(R) de l'étoile comme la somme de l'énergie cinétique quantique de confinement E_c(R) et de l'énergie potentielle de gravitation W_g(R).
  2. Annuler la dérivée première de E_{\mathrm{tot}}(R) par rapport à R pour déterminer la position d'équilibre R_{\mathrm{eq}}.
  3. Justifier la nature du minimum en étudiant le signe de la dérivée seconde (ou le comportement aux bornes).
Voir la réponse courte

Dérivation de l'énergie totale E(R) = E_c + W_g par rapport à R pour déterminer le rayon d'équilibre stable R_{\mathrm{eq}} \propto M^{-1/3}.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle des naines blanches présenté, les effets de l'agitation thermique sont négligés. L'énergie totale de l'étoile est la somme de l'énergie cinétique de confinement des électrons et de l'énergie gravitationnelle :

E_{\mathrm{tot}}(R) = E_c(R) + W_g(R)

D'après les résultats des questions Q15 et Q23 (rappelé dans le préambule de la partie II.D) :

W_g(R) = -\frac{3}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R} \quad \text{et} \quad E_c(R) = \gamma \frac{M^{5/3}}{R^2}

L'énergie totale s'écrit donc en fonction du rayon R :

E_{\mathrm{tot}}(R) = \frac{\gamma M^{5/3}}{R^2} - \frac{3}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R}

Pour trouver le rayon R_{\mathrm{eq}} minimisant cette énergie, on calcule la dérivée de E_{\mathrm{tot}} par rapport à R :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}R} &= -\frac{2\gamma M^{5/3}}{R^3} + \frac{3}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R^2} \end{aligned}

L'annulation de cette dérivée impose :

\begin{aligned} \frac{3}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R_{\mathrm{eq}}^2} &= \frac{2\gamma M^{5/3}}{R_{\mathrm{eq}}^3} \\ R_{\mathrm{eq}} &= \frac{2\gamma M^{5/3}}{\frac{3}{5}\mathcal{G}M^2} \end{aligned}

Soit finalement :

\boxed{R_{\mathrm{eq}} = \frac{10}{3} \frac{\gamma}{\mathcal{G} M^{1/3}}}

Vérifions qu'il s'agit bien d'un minimum en calculant la dérivée seconde :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}^2E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}R^2} &= \frac{6\gamma M^{5/3}}{R^4} - \frac{6}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R^3} \end{aligned}

En R = R_{\mathrm{eq}}, comme \frac{2\gamma M^{5/3}}{R_{\mathrm{eq}}} = \frac{3}{5}\mathcal{G}M^2, on obtient :

\left.\frac{\mathrm{d}^2E_{\mathrm{tot}}}{\mathrm{d}R^2}\right|_{R_{\mathrm{eq}}} = \frac{1}{R_{\mathrm{eq}}^3} \left( 3 \times \frac{3}{5}\mathcal{G}M^2 - \frac{6}{5}\mathcal{G}M^2 \right) = \frac{3}{5}\frac{\mathcal{G}M^2}{R_{\mathrm{eq}}^3} > 0

La dérivée seconde étant strictement positive, le rayon R_{\mathrm{eq}} correspond bien à un minimum strict de l'énergie totale.

Résultat

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Question 25

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : naine blanche, ordre de grandeur

Calculer numériquement dans le cas d'une masse égale à celle du Soleil et conclure.

Voir l'indice

Effectuer l'application numérique avec la masse solaire M_\odot et la valeur de \gamma fournie par Fowler, puis comparer la taille obtenue à celle de la Terre.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rayon d'équilibre R_{\mathrm{wd}} en remplaçant la masse M par la masse du Soleil M_\odot dans la formule établie à la question 24.
  2. Réaliser l'application numérique sans calculatrice en exploitant les simplifications suggérées par les données de l'énoncé.
  3. Comparer la valeur obtenue au rayon de la Terre R_T et à celui du Soleil R_\odot pour en tirer les conclusions physiques sur la compacité de l'astre.
Voir la réponse courte

Application numérique donnant un rayon de l'ordre de 10^3\text{ km} (taille terrestre) pour une masse solaire, confirmant l'extrême compacité.

Voir le corrigé complet

D'après la question 24, le rayon d'équilibre d'une naine blanche s'écrit :

R_{\mathrm{wd}} = \frac{10}{3}\frac{\gamma}{\mathcal{G} M_\odot^{1/3}}

Pour mener le calcul sans calculatrice :

  • On remarque que \mathcal{G} = 6{,}67\cdot 10^{-11}\text{ m}^3\cdot\text{kg}^{-1}\cdot\text{s}^{-2} \simeq \dfrac{20}{3}\cdot 10^{-11}\text{ SI} ;
  • La masse du Soleil vaut M_\odot = 1{,}99\cdot 10^{30}\text{ kg} \simeq 2{,}0\cdot 10^{30}\text{ kg} ;
  • En utilisant la donnée de l'énoncé \left(\dfrac{5}{4}\right)^2 \simeq 1{,}6, on déduit :

    \left(\frac{5}{4}\right)^3 = \left(\frac{5}{4}\right)^2 \times 1{,}25 \simeq 1{,}6 \times 1{,}25 = 2{,}0 \implies M_\odot^{1/3} \simeq \frac{5}{4}\cdot 10^{10}\text{ kg}^{1/3}

En injectant ces approximations dans l'expression de R_{\mathrm{wd}} :

\begin{aligned} R_{\mathrm{wd}} &= \frac{10}{3} \times \frac{1{,}6\cdot 10^6}{\left(\dfrac{20}{3}\cdot 10^{-11}\right)\left(\dfrac{5}{4}\cdot 10^{10}\right)} \\ &= \frac{1{,}6\cdot 10^6}{2\cdot 10^{-11} \times 1{,}25\cdot 10^{10}} \\ &= \frac{1{,}6\cdot 10^6}{0{,}25} = 4 \times 1{,}6\cdot 10^6\text{ m} \end{aligned}

On obtient finalement :

\boxed{R_{\mathrm{wd}} \simeq 6{,}4\cdot 10^6\text{ m}}

Conclusion : Cette valeur est quasiment identique au rayon terrestre (R_T = 6{,}37\cdot 10^6\text{ m}) et est environ 100 fois plus petite que le rayon solaire (R_\odot \simeq 7{,}0\cdot 10^8\text{ m}). Une naine blanche concentre donc la masse du Soleil dans un volume comparable à celui de la Terre, ce qui correspond à une matière extraordinairement dense, de masse volumique moyenne :

\rho \sim \frac{M_\odot}{\frac{4}{3}\pi R_T^3} \sim 10^9\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} = 10^6\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} \quad (\text{soit de l'ordre d'une tonne par centimètre cube}).

Résultat

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Question 26

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : masse de chandrasekhar, vitesse de la lumière

En estimant la vitesse des électrons dans le modèle de Fowler justifier l'argument de Chandrasekhar.

Voir l'indice

Estimer la vitesse v à partir de l'énergie cinétique non relativiste e_1 \approx \frac{1}{2}m_e v^2 ou de l'impulsion de confinement p \approx h/a, et comparer le résultat à la célérité de la lumière c.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'énergie cinétique totale des électrons calculée dans le modèle de Fowler à l'équilibre en fonction de la vitesse quadratique moyenne v des électrons.
  2. En déduire l'ordre de grandeur de v à partir du nombre d'électrons N et de la masse m_e.
  3. Comparer cette vitesse à la vitesse de la lumière dans le vide c pour discuter la validité de l'approche classique non relativiste.
Voir la réponse courte

Estimation de la vitesse électronique qui approche c ; en régime relativiste, l'énergie cinétique varie en 1/R, empêchant la stabilisation.

Voir le corrigé complet

Dans le modèle classique (non relativiste) adopté, l'énergie cinétique totale de confinement E_c est portée par les électrons, supposés de vitesse quadratique moyenne v :

E_c = N \left(\frac{1}{2} m_e v^2\right)

où N est le nombre total d'électrons dans l'étoile. À l'équilibre mécanique de la naine blanche, l'énergie cinétique de confinement vaut (d'après l'équilibre de la question Q24) :

E_c = \frac{3}{10} \frac{\mathcal{G} M^2}{R_{\mathrm{eq}}}

En reprenant l'approximation de la partie II.C pour laquelle la masse de l'étoile est assurée par les nucléons (protons) de sorte que M \simeq N m_p, le nombre d'électrons s'écrit N \simeq \frac{M}{m_p} (ou N \simeq \frac{M}{2 m_p} pour un cœur de carbone, ce qui ne change pas l'ordre de grandeur). On en déduit :

v^2 = \frac{2 E_c}{N m_e} = \frac{2 m_p E_c}{M m_e} = \frac{3}{5} \frac{\mathcal{G} M m_p}{R_{\mathrm{wd}} m_e}

soit :

\boxed{v = \sqrt{\frac{3 \mathcal{G} M m_p}{5 m_e R_{\mathrm{wd}}}}}

Avec les valeurs numériques fournies pour une naine blanche de masse solaire M = M_\odot = 1{,}99\cdot 10^{30}\text{ kg} et de rayon R_{\mathrm{wd}} \simeq 6{,}4\cdot 10^6\text{ m} :

\begin{aligned} E_c &= \frac{3}{10} \times \frac{6{,}67\cdot 10^{-11} \times (1{,}99\cdot 10^{30})^2}{6{,}4\cdot 10^6} \simeq 1{,}2\cdot 10^{43}\text{ J} \\ N &\simeq \frac{1{,}99\cdot 10^{30}}{1{,}67\cdot 10^{-27}} \simeq 1{,}2\cdot 10^{57} \\ v &= \sqrt{\frac{2 \times 1{,}2\cdot 10^{43}}{1{,}2\cdot 10^{57} \times 9{,}11\cdot 10^{-31}}} \simeq \sqrt{2{,}2\cdot 10^{16}}\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \simeq 1{,}5\cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

(ou v \simeq 2{,}1\cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} en considérant du carbone où N \simeq M/(2m_p)).

Dans les deux cas, on obtient :

\frac{v}{c} \simeq 0{,}5 \text{ à } 0{,}7

La vitesse moyenne des électrons atteint une fraction notable de la vitesse de la lumière c = 3{,}0\cdot 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}. L'approximation non relativiste v \ll c n'est donc plus vérifiée : l'argument de Chandrasekhar est pleinement justifié, il est indispensable d'utiliser la mécanique quantique relativiste.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Il fallait mener un calcul rigoureux de la vitesse plutôt que d'invoquer la relativité restreinte au hasard.

« Quelques tentatives de deviner la pertinence de la relativité restreinte sans calcul juste. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024

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