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Corrigé détaillé Mines Physique 1 PSI 2020 (page 2/2 : Partie II)

Au temps des Mayas

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Partie II : Couleur de la Lune totalement éclipsée

A · Sources de lumière éclairant la Lune

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : éclipse de lune, ombre et pénombre

Situer la photographie de la figure 9 dans la chronologie de la figure 8b.

Voir l'indice

Observer l'absence de bord tranchant éclairé directement par le Soleil et comparer avec les phases de pénombre ou de totalité définies sur la coupe géométrique.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature du phénomène visible sur la photographie (figure 9) : absence de zone saturée par l'éclat direct du Soleil et présence d'une lueur sombre/cuivrée sur l'ensemble du disque.
  2. Relier cette observation aux différentes étapes temporelles définies sur la figure 8b (contacts 1 à 4).
Voir la réponse courte

Identification de la phase de totalité de l'éclipse au centre du cône d'ombre terrestre sur le schéma chronologique.

Voir le corrigé complet

Sur la photographie de la figure 9, le disque lunaire ne présente aucune zone éblouissante recevant directement la lumière solaire (ce qui serait le cas lors des phases partielles, entre les contacts 1 et 2 ou entre 3 et 4). La Lune est entièrement plongée dans l'ombre de la Terre et diffuse une faible lueur caractéristique.

Il s'agit donc de la phase de totalité de l'éclipse.

Dans la chronologie définie sur la figure 8b, cette étape se situe :

\boxed{\text{Entre le premier contact intérieur (étape 2) et le dernier contact intérieur (étape 3).}}

On peut de plus remarquer sur le cliché un gradient de luminosité : le bord supérieur (vers le zénith) est plus lumineux que le bas. Cela concorde avec la trajectoire représentée sur la figure 8b, où la Lune traverse la partie supérieure du cône d'ombre, passant ainsi plus près de la limite ombre-pénombre au nord qu'au sud.

Résultat

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif

Notions : diffraction de fraunhofer, tache d'airy

Proposer un ordre de grandeur de l'angle caractéristique de la diffraction de la lumière solaire par la Terre, en admettant que cet angle est identique au phénomène de diffraction produit par une ouverture circulaire de même diamètre que la Terre, éclairé par une onde plane de direction . En déduire la taille caractéristique de la figure de diffraction dans le plan d'observation . La diffraction peut-elle éclairer le disque lunaire durant la phase de totalité ? Citer, dans le contexte de l'hypothèse envisagée, d'autres sources possibles d'éclairage du disque lunaire.

Voir l'indice

Modéliser la Terre par un disque opaque de rayon R_T et estimer le demi-angle d'Airy \theta_d \sim \lambda / (2R_T). Évaluer l'étalement transverse correspondant à la distance Terre-Lune.

Voir la stratégie
  1. Estimer l'angle de diffraction \theta_d à l'aide de la formule usuelle de diffraction de Fraunhofer par une ouverture circulaire de diamètre D = 2R_T pour une onde du domaine visible.
  2. Calculer l'étalement spatial correspondant a_d \approx r_L \theta_d dans le plan frontal \mathscr{P}_e situé à la distance Terre-Lune r_L.
  3. Comparer cette dimension aux échelles macroscopiques en jeu (rayons de la Lune et du cône d'ombre) pour conclure quant au rôle de la diffraction.
  4. Recenser les autres sources de lumière astronomiques susceptibles d'atteindre la Lune en l'absence d'atmosphère terrestre.
Voir la réponse courte

Calcul de \theta_d \sim \lambda/D_T \sim 10^{-13}\text{ rad} : tache d'Airy infime à la distance Terre-Lune, diffraction négligeable pour éclairer la Lune.

Voir le corrigé complet

Pour une onde lumineuse de longueur d'onde moyenne dans le domaine visible \lambda \approx 500\text{ nm} = 5 \times 10^{-7}\text{ m}, la diffraction par un obstacle circulaire (ou une ouverture circulaire selon le théorème de Babinet) de diamètre D = 2R_T donne un demi-angle caractéristique de diffraction :

\theta_d \approx \frac{\lambda}{2R_T}

Avec R_T \approx 6,37 \times 10^6\text{ m}, soit D \approx 1,27 \times 10^7\text{ m} :

\theta_d \approx \frac{5 \times 10^{-7}}{1,27 \times 10^7} \approx 4 \times 10^{-14}\text{ rad}
\boxed{\theta_d \sim 10^{-14}\text{ rad}}

Dans le plan d'observation \mathscr{P}_e situé à la distance r_L = 3,84 \times 10^8\text{ m} de la Terre, la taille caractéristique de la diffraction est :

a_d \approx r_L\,\theta_d

Soit numériquement :

a_d \approx 3,84 \times 10^8 \times 4 \times 10^{-14} \approx 1,5 \times 10^{-5}\text{ m} \approx 15\ \mu\text{m}
\boxed{a_d \sim 10^{-5}\text{ m} = 10\ \mu\text{m}}

Le rayon du cône d'ombre de la Terre au niveau de l'orbite lunaire ainsi que le rayon de la Lune (R_L \approx 1,74 \times 10^6\text{ m}) sont de l'ordre de plusieurs milliers de kilomètres. La lumière diffractée ne pénètre dans l'ombre que sur une distance a_d \sim 10\ \mu\text{m}, qui est strictement négligeable devant la taille de la zone d'ombre.

\boxed{\text{La diffraction ne peut absolument pas éclairer le disque lunaire durant la totalité.}}

Dans l'hypothèse d'une Terre sans atmosphère, les autres sources potentielles d'éclairage du disque lunaire sont :

  • la lumière stellaire issue des étoiles et de la Voie lactée ;
  • la lumière diffusée ou réfléchie par les autres planètes du Système solaire (notamment Vénus et Jupiter) ;
  • la lumière provenant de la couronne solaire externe (qui dépasse le disque terrestre vu depuis la Lune) ;
  • la lumière zodiacale (diffusion par les poussières interplanétaires).

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

L'angle caractéristique de diffraction ne doit pas être parachuté arbitrairement mais déduit d'un raisonnement d'ordre de grandeur.

« Un très grand nombre de candidats se contente d’affirmer une valeur numérique pour l’ouverture angulaire due à la diffraction, comme si elle était universelle et bien connue, par exemple 10−3 rad, 1◦, 30◦, π/4. . . ou même 100 rad (sic). »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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B · Modèle d'atmosphère isotherme

Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : atmosphère isotherme, statique des fluides

Déterminer le profil altimétrique de masse volumique en fonction de et d'une hauteur caractéristique que l'on exprimera et dont on calculera la valeur numérique.

Voir l'indice

Combiner l'équation de la statique des fluides \mathrm{d}P/\mathrm{d}Z = -\rho_a g et l'équation d'état des gaz parfaits sous forme massique P = \rho_a R T / M_a.

Voir la stratégie
  1. Appliquer la relation fondamentale de la statique des fluides le long de la verticale ascendante \boldsymbol{e}_Z.
  2. Exprimer la pression P(Z) en fonction de la masse volumique \rho_a(Z) via l'équation d'état du gaz parfait à température T uniforme.
  3. Établir l'équation différentielle sur \rho_a(Z), l'intégrer et identifier la hauteur d'échelle H_c, puis effectuer l'application numérique sans calculatrice.
Voir la réponse courte

Équation de l'hydrostatique et loi des gaz parfaits : \rho_a(Z) = \rho_a(0)\exp(-Z/H_c) avec H_c = RT_0/(M_a g) \approx 8,4\text{ km}.

Voir le corrigé complet

L'atmosphère est supposée au repos dans le référentiel terrestre supposé galiléen. La relation fondamentale de la statique des fluides s'écrit, en projection sur l'axe vertical ascendant défini par le vecteur unitaire \boldsymbol{e}_Z (où le champ de pesanteur s'exprime par \boldsymbol{g} = -g\,\boldsymbol{e}_Z) :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}Z} = -\rho_a(Z)\,g

L'air étant assimilé à un gaz parfait de masse molaire M_a à température T uniforme, l'équation d'état s'écrit pour une masse m occupant un volume V :

P V = \frac{m}{M_a} R T \implies P(Z) = \frac{\rho_a(Z) R T}{M_a}

La température T étant uniforme et stationnaire, la dérivation par rapport à Z conduit à :

\frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}Z} = \frac{R T}{M_a}\frac{\mathrm{d}\rho_a}{\mathrm{d}Z}

En injectant cette relation dans l'équation de la statique des fluides, il vient :

\begin{aligned} \frac{R T}{M_a}\frac{\mathrm{d}\rho_a}{\mathrm{d}Z} &= -\rho_a(Z)\,g \\ \frac{\mathrm{d}\rho_a}{\mathrm{d}Z} + \frac{M_a g}{R T}\,\rho_a(Z) &= 0 \end{aligned}

En introduisant la hauteur caractéristique (hauteur d'échelle) :

\boxed{H_c = \frac{R T}{M_a g}}

l'équation différentielle se résout immédiatement sous la forme :

\boxed{\rho_a(Z) = \rho_a(0)\,\exp\left(-\frac{Z}{H_c}\right)}

Application numérique : Avec T = 20\,^\circ\text{C} = 293\text{ K}, R = 8,31\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1}\cdot\text{K}^{-1}, M_a = 29\times 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} et g = 9,80\text{ m}\cdot\text{s}^{-2} :

\begin{aligned} R T &\approx 8,31 \times 293 \approx 2,44 \times 10^3\text{ J}\cdot\text{mol}^{-1} \\ M_a g &\approx 2,9 \times 10^{-2} \times 9,80 \approx 0,284\text{ N}\cdot\text{mol}^{-1} \\ H_c &= \frac{2,44 \times 10^3}{0,284} \approx 8,6 \times 10^3\text{ m} = 8,6\text{ km} \end{aligned}
\boxed{H_c \approx 8,6\text{ km}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Ne faites pas l'hypothèse incohérente d'incompressibilité pour évaluer un profil de masse volumique, et soyez rigoureux sur les unités.

« Ces calculs classiques d’équilibre de l’atmosphère sont en général bien traités, sauf par les candidats qui débutent par une hypothèse d’incompressibilité. . . pour évaluer une variation de masse volumique ou qui tombent dans les pièges classiques des unités (gramme ou kilogramme, bar ou pascal. . . ). »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : gaz parfait, masse volumique

Évaluer numériquement la masse volumique de l'air au niveau de la mer (pression d'environ 1 bar) puis en déduire celle de l'air au sommet du mont Everest (8 848 m d'altitude) : on indique que . Les valeurs moyennes annuelles de pression et de température relevées au sommet de l'Everest sont respectivement 321 hPa et . Le modèle isotherme est-il réaliste ?

Voir l'indice

Calculer la masse volumique au sol avec P_0 = 1\text{ bar}, puis appliquer la loi exponentielle en utilisant l'approximation numérique fournie pour \exp(-Z/H_c).

Voir la stratégie
  1. Exprimer et calculer la masse volumique au sol \rho_a(0) à partir de l'équation d'état des gaz parfaits avec P_0 = 1\text{ bar} et T = 293\text{ K}.
  2. Calculer \rho_a(Z_E) au sommet de l'Everest (Z_E = 8\,848\text{ m}) en utilisant le profil exponentiel établi à la question précédente et l'approximation fournie Z_E \approx H_c, soit \exp(-1) \approx 1/3.
  3. Comparer la prédiction du modèle aux valeurs réelles relevées (P_E = 321\text{ hPa}, T_E = -23^\circ\text{C}) et évaluer la validité physique de l'hypothèse isotherme.
Voir la réponse courte

Calcul de \rho_a(0) \approx 1,2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}, \rho_a(Z_E) \approx 0,4\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3} ; discussion de l'écart avec les données réelles (décroissance thermique).

Voir le corrigé complet

L'air étant assimilé à un gaz parfait, l'équation d'état relie la pression P, le volume V, le nombre de moles n et la masse m par :

P V = n R T = \frac{m}{M_a} R T \implies \rho_a = \frac{P M_a}{R T}

Au niveau de la mer (Z = 0), pour P(0) = P_0 = 1\text{ bar} = 1{,}0\times 10^5\text{ Pa} et T = 20^\circ\text{C} = 293\text{ K} :

\rho_a(0) = \frac{P_0 M_a}{R T} = \frac{1{,}0\times 10^5 \times 29\times 10^{-3}}{8{,}31 \times 293} \approx \frac{2\,900}{2\,435} \approx 1{,}19\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}
\boxed{\rho_a(0) \approx 1{,}2\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}}

Au sommet du mont Everest, à l'altitude Z_E = 8\,848\text{ m}, le rapport à la hauteur caractéristique H_c \approx 8{,}6\text{ km} (établie en Q17) vaut :

\frac{Z_E}{H_c} \approx \frac{8{,}85}{8{,}56} \approx 1{,}0

D'après la loi exponentielle \rho_a(Z) = \rho_a(0)\exp(-Z/H_c) et l'indication \exp(-1) \approx 1/3 :

\rho_a(Z_E) \approx \rho_a(0) \exp(-1) \approx \frac{1{,}19}{3} \approx 0{,}40\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}
\boxed{\rho_a(Z_E) \approx 0{,}40\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}}

Critique du modèle isotherme :

  • Pression et masse volumique prédites : Selon le modèle isotherme, la pression au sommet vaut P(Z_E) = P_0\exp(-Z_E/H_c) \approx \frac{1000\text{ hPa}}{3} \approx 333\text{ hPa}, ce qui est remarquablement proche de la valeur moyenne mesurée (321\text{ hPa}, soit moins de 4\,\% d'écart). La masse volumique réelle déduite des mesures locales vaut :

    \rho_{\text{réelle}} = \frac{P_E M_a}{R T_E} = \frac{321\times 10^2 \times 29\times 10^{-3}}{8{,}31 \times (273 - 23)} = \frac{931}{8{,}31 \times 250} \approx 0{,}45\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}

    L'ordre de grandeur de la masse volumique prédite (0{,}40\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}) est tout à fait satisfaisant (environ 11\,\% d'écart).

  • Hypothèse isotherme : En revanche, la température varie de +20^\circ\text{C} au niveau de la mer à -23^\circ\text{C} à 8\,848\text{ m}, soit une chute de plus de 40^\circ\text{C} (gradient thermique moyen d'environ -5\text{ K}\cdot\text{km}^{-1}). L'hypothèse d'une température uniforme n'est donc pas réaliste à l'échelle de la troposphère, où un modèle à gradient thermique constant (atmosphère standard) ou adiabatique est physiquement plus adapté.

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Méfiez-vous des pièges classiques sur les unités lors de l'application numérique (pression en pascals, masse en kilogrammes).

« Ces calculs classiques d’équilibre de l’atmosphère sont en général bien traités, sauf par les candidats qui débutent par une hypothèse d’incompressibilité. . . pour évaluer une variation de masse volumique ou qui tombent dans les pièges classiques des unités (gramme ou kilogramme, bar ou pascal. . . ). »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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C · Onde électromagnétique incidente

Question 19

Application directeTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé

Notions : onde plane progressive harmonique, onde électromagnétique

Donner les expressions réelles des champs de vecteur électrique et magnétique puis exprimer en fonction notamment de . Représenter sur un même graphique, à une date donnée, l'évolution spatiale du champ électrique ainsi que celle du champ magnétique.

Voir l'indice

Écrire la forme d'une onde plane progressive se propageant selon +e_x, et relier \boldsymbol{B} à \boldsymbol{E} via la relation de structure dans le vide \boldsymbol{B} = \frac{1}{c}\boldsymbol{e}_x \wedge \boldsymbol{E}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le champ électrique réel \boldsymbol{E}(x,t) à partir des hypothèses de l'énoncé (polarisation rectiligne selon \boldsymbol{e}_y, propagation selon +\boldsymbol{e}_x, phase nulle à l'origine).
  2. Déterminer le champ magnétique \boldsymbol{B}(x,t) à l'aide de la structure d'onde plane progressive dans le vide (relation issue de l'équation de Maxwell-Faraday), puis en déduire l'amplitude B_m.
  3. Représenter l'évolution spatiale à une date fixée (par exemple t=0), en faisant apparaître la période spatiale \lambda, les amplitudes respectives et la perpendicularité des champs.
Voir la réponse courte

Écritures réelles de \boldsymbol{E} et \boldsymbol{B} avec B_m = E_m/c, trièdre direct (\boldsymbol{u}_x, \boldsymbol{E}, \boldsymbol{B}) et sinusoïdes en phase.

Voir le corrigé complet

L'onde est plane, progressive, monochromatique, de pulsation \omega, et se propage dans le vide selon +\boldsymbol{e}_x. Le vecteur d'onde s'écrit donc :

\boldsymbol{k} = k\,\boldsymbol{e}_x = \frac{\omega}{c}\,\boldsymbol{e}_x

Le champ électrique est polarisé rectilignement selon \boldsymbol{e}_y et sa phase à l'origine spatio-temporelle (x=0, t=0) est nulle. Son expression réelle est donc :

\boxed{\boldsymbol{E}(x,t) = E_m \cos\!\left[\omega\left(t - \frac{x}{c}\right)\right]\boldsymbol{e}_y}

Pour une onde plane progressive dans le vide, la relation de structure issue de l'équation de Maxwell-Faraday \boldsymbol{\nabla}\wedge\boldsymbol{E} = -\dfrac{\partial \boldsymbol{B}}{\partial t} relie le champ magnétique au champ électrique par :

\boldsymbol{B}(x,t) = \frac{\boldsymbol{e}_x \wedge \boldsymbol{E}(x,t)}{c}

Comme \boldsymbol{e}_x \wedge \boldsymbol{e}_y = \boldsymbol{e}_z, on obtient :

\boxed{\boldsymbol{B}(x,t) = B_m \cos\!\left[\omega\left(t - \frac{x}{c}\right)\right]\boldsymbol{e}_z}

avec :

\boxed{B_m = \frac{E_m}{c}}

À une date t donnée (par exemple choisie telle que \omega t \equiv 0 \pmod{2\pi}, soit t=0), les composantes spatiales oscillent avec la période spatiale \lambda = \dfrac{2\pi c}{\omega} :

E(x,0) = E_m \cos\left(\frac{2\pi x}{\lambda}\right) \quad \text{et} \quad B(x,0) = B_m \cos\left(\frac{2\pi x}{\lambda}\right)

Les champs \boldsymbol{E} et \boldsymbol{B} sont en phase, orthogonaux entre eux et transverses (perpendiculaires à la direction de propagation \boldsymbol{e}_x).

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : vecteur de poynting, intensité lumineuse

Exprimer le vecteur de Poynting en fonction notamment de . Calculer l'ordre de grandeur de pour une onde électromagnétique véhiculant une intensité .

Voir l'indice

Utiliser la définition \boldsymbol{R} = \frac{1}{\mu_0}\boldsymbol{E}\wedge\boldsymbol{B}, calculer sa valeur moyenne temporelle pour obtenir l'intensité I_0, puis inverser pour trouver E_m.

Voir la réponse courte

Expression \boldsymbol{R} = (\boldsymbol{E}\wedge\boldsymbol{B})/\mu_0, moyenne temporelle I_0 = E_m^2/(2\mu_0 c) et calcul de l'amplitude E_m \approx 870\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}.

Voir le corrigé complet

Par définition, dans le vide, le vecteur de Poynting s'écrit :

\boldsymbol{R}(x,t) = \frac{\boldsymbol{E}(x,t) \wedge \boldsymbol{B}(x,t)}{\mu_0}

En utilisant les expressions des champs électrique et magnétique obtenues à la question Q19, avec \boldsymbol{e}_y \wedge \boldsymbol{e}_z = \boldsymbol{e}_x et B_m = \frac{E_m}{c} :

\boldsymbol{R}(x,t) = \frac{E_m^2}{\mu_0 c} \cos^2\left[\omega\left(t - \frac{x}{c}\right)\right] \boldsymbol{e}_x
\boxed{\boldsymbol{R}(x, t) = \frac{E_m^2}{\mu_0 c} \cos^2\left[\omega\left(t - \frac{x}{c}\right)\right] \boldsymbol{e}_x}

L'intensité I_0 véhiculée par l'onde électromagnétique correspond à la puissance surfacique moyenne, c'est-à-dire à la moyenne temporelle de la norme du vecteur de Poynting. Sachant que la moyenne temporelle de \cos^2 vaut \frac{1}{2} :

I_0 = \langle \|\boldsymbol{R}(x,t)\| \rangle = \frac{E_m^2}{2\mu_0 c}

On en déduit l'expression de l'amplitude E_m :

E_m = \sqrt{2 \mu_0 c I_0}

Avec les valeurs fournies par l'énoncé :

  • \mu_0 \approx 10^{-6}\text{ H}\cdot\text{m}^{-1}
  • c \approx 3 \times 10^8\text{ m}\cdot\text{s}^{-1}
  • I_0 = 1\text{ kW}\cdot\text{m}^{-2} = 10^3\text{ W}\cdot\text{m}^{-2}

Le calcul donne :

E_m = \sqrt{2 \times 10^{-6} \times 3 \times 10^8 \times 10^3} = \sqrt{6 \times 10^5} = \sqrt{60} \times 10^2 \approx 7,7 \times 10^2\text{ V}\cdot\text{m}^{-1}

L'ordre de grandeur de E_m est donc :

\boxed{E_m \sim 10^3\text{ V}\cdot\text{m}^{-1} \quad (\text{soit } E_m \approx 8 \times 10^2\text{ V}\cdot\text{m}^{-1})}

Résultat

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D · Transfert du rayonnement solaire à travers l'atmosphère terrestre

Question 21

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : masse volumique, densité volumique

Exprimer en fonction notamment de la masse volumique du gaz atmosphérique au point d'abscisse .

Voir l'indice

Relier le nombre de molécules par unité de volume à la masse volumique en passant par la masse molaire M_a et la constante d'Avogadro \mathcal{N}_A.

Voir la réponse courte

Densité moléculaire reliée à la masse volumique par \eta_a(x) = \rho_a(x)\mathscr{N}_A/M_a.

Voir le corrigé complet

Considérons un volume mésoscopique V d'air situé au point d'abscisse x. La masse correspondante de ce gaz s'écrit :

m = \rho_a(x) \, V

Le nombre de moles d'air contenu dans ce volume est donné par n = \frac{m}{M_a}, où M_a est la masse molaire moyenne de l'air.

Le nombre total de molécules présentes dans ce volume vaut ainsi :

N = n \, \mathcal{N}_A = \frac{\rho_a(x) \, V \, \mathcal{N}_A}{M_a}

où \mathcal{N}_A désigne le nombre d'Avogadro (constante d'Avogadro).

Par définition, le nombre de molécules par unité de volume (densité particulaire) \eta_a(x) = \frac{N}{V} s'exprime donc selon :

\boxed{\eta_a(x) = \frac{\mathcal{N}_A}{M_a} \, \rho_a(x)}

On peut également exprimer ce résultat sous la forme \eta_a(x) = \frac{\rho_a(x)}{m_{\text{moléc}}}, où m_{\text{moléc}} = \frac{M_a}{\mathcal{N}_A} représente la masse moyenne d'une molécule d'air.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Mise en équation
  • Calcul littéral

Notions : bilan de puissance, atténuation

Effectuer un bilan unidimensionnel de puissance électromagnétique moyenne pour une tranche d'air limitée par les plans d'abscisse et ; en déduire la relation liant l'intensité de l'onde en en fonction notamment de l'intensité en : il faudra prendre en compte les deux phénomènes, de diffusion et d'absorption.

Voir l'indice

Établir un bilan de flux de puissance entre les sections x et x+\mathrm{d}x en retranchant la puissance diffusée et la puissance absorbée par les particules contenues dans le volume élémentaire.

Voir la réponse courte

Bilan de flux énergétique sur [x, x+\mathrm{d}x] : \mathrm{d}I = -I(\eta_a\sigma_a + \eta_p\sigma_p)\mathrm{d}x, intégrant absorption et diffusion.

Voir le corrigé complet

Considérons une tranche d'atmosphère d'épaisseur \mathrm{d}x, délimitée par les plans d'abscisses x et x+\mathrm{d}x, et d'aire transverse S. Le volume de cette tranche est :

\mathrm{d}V = S\,\mathrm{d}x

Le nombre de molécules d'air et le nombre de particules de poussière contenus dans cette tranche s'écrivent respectivement :

\mathrm{d}N_a = \eta_a(x)\,\mathrm{d}V = \eta_a(x)\,S\,\mathrm{d}x \quad\text{et}\quad \mathrm{d}N_p = \eta_p(x)\,\mathrm{d}V = \eta_p(x)\,S\,\mathrm{d}x

L'intensité I(x) représente la puissance électromagnétique moyenne traversant l'unité de surface orthogonale à la direction de propagation. Le bilan de puissance moyenne pour la tranche d'air en régime stationnaire s'écrit :

\mathscr{P}_{\text{entrant}} = \mathscr{P}_{\text{sortant}} + \mathrm{d}\mathscr{P}_{\text{diff}} + \mathrm{d}\mathscr{P}_{\text{abs}}

où :

  • la puissance incidente en x est \mathscr{P}_{\text{entrant}} = I(x)\,S ;
  • la puissance émergente en x+\mathrm{d}x est \mathscr{P}_{\text{sortant}} = I(x+\mathrm{d}x)\,S ;
  • la puissance moyenne totale diffusée par les molécules est :

    \mathrm{d}\mathscr{P}_{\text{diff}} = \mathrm{d}N_a \cdot \mathscr{P}_a = \eta_a(x)\,S\,\mathrm{d}x \cdot k_a\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4 I(x)
  • la puissance moyenne totale absorbée par les poussières est :

    \mathrm{d}\mathscr{P}_{\text{abs}} = \mathrm{d}N_p \cdot \mathscr{P}_p = \eta_p(x)\,S\,\mathrm{d}x \cdot k_p\,I(x)

En injectant ces expressions dans le bilan et en simplifiant par la surface S, il vient :

I(x) = I(x+\mathrm{d}x) + \left[ k_a\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4 \eta_a(x) + k_p\,\eta_p(x) \right] I(x)\,\mathrm{d}x

Soit, sous la forme reliant directement I(x+\mathrm{d}x) à I(x) :

\boxed{I(x+\mathrm{d}x) = I(x)\left\{ 1 - \left[ k_a\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4 \eta_a(x) + k_p\,\eta_p(x) \right] \mathrm{d}x \right\}}

Ce que l'on peut également écrire sous forme différentielle :

\mathrm{d}I = I(x+\mathrm{d}x) - I(x) = -\left[ k_a\left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4 \eta_a(x) + k_p\,\eta_p(x) \right] I(x)\,\mathrm{d}x

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Définissez explicitement le système étudié et identifiez avec précision les puissances entrante, sortante et perdue.

« Le bilan de puissance demandé ici s’est révélé assez discriminant. De bonnes copies proposent une définition explicite du système étudié et décrivent correctement les trois quantités entrante, sortante et perdue. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Résultat donné : utilisable pour la suite

Notions : loi de beer-lambert, densité optique

Montrer qu'il est possible d'écrire sous la forme suivante :

où est un facteur, appelé « densité optique », que l'on exprimera en fonction des quantités intégrales :

Voir l'indice

Intégrer l'équation différentielle linéaire d'ordre 1 vérifiée par I(x) pour identifier la densité optique intégrée d_o(x).

Voir la stratégie
  1. Séparer les variables dans l'équation différentielle du premier ordre portant sur I(x) obtenue à la question Q22.
  2. Intégrer entre l'abscisse d'entrée 0 et l'abscisse courante x, en utilisant la variable muette \xi.
  3. Identifier l'expression de la densité optique d_o(x) sous la forme demandée.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation différentielle menant à la loi de Beer-Lambert avec d_o(x) = \sigma_a\int_0^x \eta_a\mathrm{d}\xi + \sigma_p\int_0^x \eta_p\mathrm{d}\xi.

Voir le corrigé complet

D'après le bilan effectué à la question Q22, la dérivée spatiale de l'intensité vérifie :

\frac{\mathrm{d}I}{\mathrm{d}x}(x) = -\left[ k_a \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4 \eta_a(x) + k_p \, \eta_p(x) \right] I(x)

L'intensité I(x) étant strictement positive le long du trajet, on sépare les variables :

\frac{\mathrm{d}I}{I} = -\left[ k_a \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4 \eta_a(x) + k_p \, \eta_p(x) \right] \mathrm{d}x

En intégrant cette relation entre l'abscisse 0 et une position x quelconque, avec la variable muette \xi :

\begin{aligned} \int_{I(0)}^{I(x)} \frac{\mathrm{d}I}{I} &= -\int_0^x \left[ k_a \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4 \eta_a(\xi) + k_p \, \eta_p(\xi) \right] \mathrm{d}\xi \\ \ln\left( \frac{I(x)}{I(0)} \right) &= - k_a \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4 \int_0^x \eta_a(\xi)\,\mathrm{d}\xi - k_p \int_0^x \eta_p(\xi)\,\mathrm{d}\xi \end{aligned}

En prenant l'exponentielle des deux membres, on obtient bien la forme demandée :

I(x) = I(0) \exp\left[-d_o(x)\right]

où la densité optique d_o(x) s'exprime par :

\boxed{d_o(x) = k_a \left(\frac{\omega}{\omega_0}\right)^4 \int_0^x \eta_a(\xi)\,\mathrm{d}\xi + k_p \int_0^x \eta_p(\xi)\,\mathrm{d}\xi}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Menez un raisonnement clair et structuré jusqu'au bout pour intégrer le bilan de puissance sans vous perdre en chemin.

« Le bilan de puissance demandé ici s’est révélé assez discriminant. De bonnes copies proposent une définition explicite du système étudié et décrivent correctement les trois quantités entrante, sortante et perdue. Bien d’autres mélangent un peu tout ou abandonnent en cours de route un raisonnement peu clair pour le correcteur. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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E · Réfraction atmosphérique

Question 24

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : indice de réfraction, réfraction

Pourquoi l'atmosphère terrestre réfracte-t-elle les rayons lumineux qui la traversent ?

Voir l'indice

Invoquer l'hétérogénéité verticale de la masse volumique de l'air qui induit un gradient vertical d'indice de réfraction selon la relation de Gladstone-Dale.

Voir la réponse courte

La variation d'altitude induit un gradient de masse volumique donc un gradient d'indice de réfraction qui courbe les rayons lumineux.

Voir le corrigé complet

D'après l'énoncé, l'indice de réfraction de l'air dépend de l'altitude Z par la relation :

n(Z) = 1 + \varepsilon_\lambda \frac{\rho_a(Z)}{\rho_a(0)}

Or, la masse volumique \rho_a(Z) décroît continûment avec l'altitude (modèle établi en Q17). Par conséquent :

  • l'indice optique n(Z) n'est pas uniforme : l'atmosphère constitue un milieu transparent inhomogène, présentant un gradient d'indice dirigé vers le bas :

    \boldsymbol{\nabla} n = \frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}Z}\,\boldsymbol{e}_Z \quad \text{avec} \quad \frac{\mathrm{d}n}{\mathrm{d}Z} < 0
  • d'après les lois de Snell-Descartes appliquées de proche en proche (ou l'équation des rayons lumineux issue du principe de Fermat), un rayon lumineux se propageant dans un milieu d'indice continûment variable subit une réfraction progressive et s'incurve continûment vers les zones de plus fort indice optique, c'est-à-dire vers les couches d'air les plus denses (vers le sol).
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Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : gradient d'indice, approximation géométrique

En tenant compte des ordres de grandeur du problème, précisément et , exprimer en fonction de . Exprimer en fonction de puis en fonction de , , et .

Voir l'indice

Effectuer un développement limité au premier ordre en u/R_T pour le terme géométrique sous la racine, puis différentier n(Z) et \rho_a(Z) par rapport à la variable u.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le rapport des rayons r/r_0 à l'aide de la variable u = Z - Z_0, puis effectuer un développement limité au premier ordre sachant que u \ll r_0 \simeq R_T.
  2. Différencier la loi d'indice n(Z) pour relier \mathrm{d}n à \mathrm{d}\rho_a.
  3. Utiliser le profil exponentiel de masse volumique établi à la question Q17 pour exprimer \rho_a(Z_0 + u), puis calculer sa différentielle par rapport à u.
Voir la réponse courte

Développement limité \sqrt{r^2/r_0^2-1} \approx \sqrt{2u/R_T} et différentiation de la loi de Gladstone n-1 = K\rho_a.

Voir le corrigé complet

1. Expression approchée de \sqrt{\dfrac{r^2}{r_0^2}-1} :

Par définition, r = R_T + Z et r_0 = R_T + Z_0, d'où :

r = r_0 + (Z - Z_0) = r_0 + u

Comme Z \ll R_T et Z_0 \ll R_T, on a r_0 \simeq R_T et u \ll r_0. On peut alors développer le quotient :

\begin{aligned} \frac{r^2}{r_0^2} - 1 &= \left(1 + \frac{u}{r_0}\right)^2 - 1 \\ &= 1 + \frac{2u}{r_0} + \mathcal{O}\left(\frac{u^2}{r_0^2}\right) - 1 \\ &\simeq \frac{2u}{r_0} \simeq \frac{2u}{R_T} \end{aligned}

On en déduit :

\boxed{\sqrt{\frac{r^2}{r_0^2} - 1} \simeq \sqrt{\frac{2u}{R_T}}}

2. Expression de \mathrm{d}n en fonction de \mathrm{d}\rho_a :

La relation liant l'indice à la masse volumique s'écrit, à longueur d'onde \lambda fixée :

n(Z) = 1 + \varepsilon_\lambda \frac{\rho_a(Z)}{\rho_a(0)}

En différentiant cette relation, on obtient directement :

\boxed{\mathrm{d}n = \frac{\varepsilon_\lambda}{\rho_a(0)}\,\mathrm{d}\rho_a}

3. Expression de \mathrm{d}\rho_a en fonction de H_c, \rho_a(Z_0), u et \mathrm{d}u :

D'après le modèle d'atmosphère isotherme (question Q17), la masse volumique varie avec l'altitude selon :

\rho_a(Z) = \rho_a(0)\exp\left(-\frac{Z}{H_c}\right)

En introduisant Z = Z_0 + u, il vient :

\rho_a(Z) = \rho_a(0)\exp\left(-\frac{Z_0}{H_c}\right)\exp\left(-\frac{u}{H_c}\right) = \rho_a(Z_0)\exp\left(-\frac{u}{H_c}\right)

Pour une trajectoire donnée, l'altitude minimale Z_0 est fixée. En différentiant par rapport à la variable u, on trouve :

\boxed{\mathrm{d}\rho_a = -\frac{\rho_a(Z_0)}{H_c}\exp\left(-\frac{u}{H_c}\right)\mathrm{d}u}

Résultat

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Question 26

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Résultat donné : utilisable pour la suite
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : réfraction, déviation

Déduire des expressions obtenues à la question précédente que l'angle de déviation totale, d'un rayon monochromatique passant en , s'écrit :

où est une fonction de que l'on exprimera en fonction de et et . Pour quelle valeur particulière de , notée , la déviation d'un rayon lumineux est-elle maximale ?

Voir l'indice

Effectuer le changement de variable v = u/H_c dans l'intégrale de déviation pour faire apparaître l'intégrale de Gauss fournie. Le maximum de déviation correspond au trajet rasant le sol.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'élément différentiel \mathrm{d}n et le terme sous la racine en fonction de la variable d'altitude relative u = Z - Z_0 à l'aide des résultats établis à la question Q25.
  2. Réécrire l'intégrale donnant \theta_d(Z_0, \lambda) en effectuant le changement de variable v = u / H_c afin d'exploiter l'intégrale de Gauss fournie par l'énoncé.
  3. Identifier la fonction \Theta(Z_0) et déterminer la valeur Z_m qui maximise la déviation compte tenu du domaine de définition de Z_0.
Voir la réponse courte

Intégration de l'équation des rayons, identification de \Theta(Z_0) \propto \exp(-Z_0/H_c)/\sqrt{H_c}, maximale au niveau du sol (Z_m = 0).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q25, on dispose des approximations et relations suivantes :

\begin{aligned} \sqrt{\left[\frac{r(n)}{r_0(n_0)}\right]^2 - 1} &\simeq \sqrt{\frac{2u}{R_T}} \\ \mathrm{d}n = \frac{\varepsilon_\lambda}{\rho_a(0)}\,\mathrm{d}\rho_a &= -\frac{\varepsilon_\lambda}{\rho_a(0)}\,\frac{\rho_a(Z_0)}{H_c}\,\mathrm{e}^{-u/H_c}\,\mathrm{d}u \end{aligned}

avec, d'après la loi barométrique établie en Q17 :

\frac{\rho_a(Z_0)}{\rho_a(0)} = \exp\left(-\frac{Z_0}{H_c}\right)

Les bornes d'intégration sur l'indice n correspondent aux altitudes :

  • n = 1 \iff Z \to +\infty \iff u \to +\infty ;
  • n = n_0 \iff Z = Z_0 \iff u = 0.

L'expression de la déviation totale s'écrit alors :

\begin{aligned} \theta_d(Z_0, \lambda) &\approx 2 \int_1^{n_0} \left\{\left[\frac{r(n)}{r_0(n_0)}\right]^2 - 1\right\}^{-1/2} \mathrm{d}n \\ &\approx 2 \int_{+\infty}^0 \sqrt{\frac{R_T}{2u}} \left( -\frac{\varepsilon_\lambda}{H_c}\,\mathrm{e}^{-Z_0/H_c}\,\mathrm{e}^{-u/H_c}\,\mathrm{d}u \right) \\ &\approx 2 \sqrt{\frac{R_T}{2}}\,\frac{\varepsilon_\lambda}{H_c}\,\mathrm{e}^{-Z_0/H_c} \int_0^{+\infty} \frac{\mathrm{e}^{-u/H_c}}{\sqrt{u}}\,\mathrm{d}u \end{aligned}

Effectuons le changement de variable sans dimension v = \frac{u}{H_c}, d'où u = H_c v et \mathrm{d}u = H_c\,\mathrm{d}v :

\int_0^{+\infty} \frac{\mathrm{e}^{-u/H_c}}{\sqrt{u}}\,\mathrm{d}u = \int_0^{+\infty} \frac{\mathrm{e}^{-v}}{\sqrt{H_c v}}\,H_c\,\mathrm{d}v = \sqrt{H_c} \int_0^{+\infty} \frac{\mathrm{e}^{-v}}{\sqrt{v}}\,\mathrm{d}v = \sqrt{\pi H_c}

En regroupant les termes :

\theta_d(Z_0, \lambda) \approx 2 \sqrt{\frac{R_T}{2}}\,\frac{\varepsilon_\lambda}{H_c}\,\mathrm{e}^{-Z_0/H_c} \sqrt{\pi H_c} = \sqrt{\frac{2\pi R_T}{H_c}}\,\mathrm{e}^{-Z_0/H_c}\,\varepsilon_\lambda

On identifie bien la forme demandée \theta_d(Z_0, \lambda) \approx \Theta(Z_0)\,\varepsilon_\lambda avec :

\boxed{\Theta(Z_0) = \sqrt{\frac{2\pi R_T}{H_c}}\,\exp\left(-\frac{Z_0}{H_c}\right)}

La fonction \Theta(Z_0) est une fonction strictement décroissante de Z_0. L'altitude Z_0 d'un rayon traversant l'atmosphère sans toucher la Terre étant nécessairement positive ou nulle (Z_0 \ge 0), la déviation est maximale pour un rayon rasant la surface terrestre :

\boxed{Z_m = 0}

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : dispersion, déviation

Exprimer l'écart de déviation correspondant à deux rayons incidents passant au même point (et donc caractérisés par le même ) mais possédant des longueurs d'ondes qui diffèrent de .

Voir l'indice

Différentier l'expression de \theta_d(Z_0, \lambda) par rapport à \lambda en ne dérivant que le terme chromatique \varepsilon_\lambda.

Voir la réponse courte

Différentiation par rapport à la longueur d'onde : \delta\theta_d = \Theta(Z_0)\frac{\mathrm{d}\varepsilon_\lambda}{\mathrm{d}\lambda}\delta\lambda.

Voir le corrigé complet

D'après le résultat de la question Q26, l'angle de déviation totale d'un rayon monochromatique de longueur d'onde \lambda passant au plus près de la Terre à l'altitude Z_0 s'écrit :

\theta_d(Z_0, \lambda) \approx \Theta(Z_0)\,\varepsilon_\lambda

avec :

\varepsilon_\lambda = a + \left(\frac{\lambda_r}{\lambda}\right)^2

Pour une altitude minimale Z_0 fixée, la fonction géométrique \Theta(Z_0) est constante. La dépendance chromatique de la déviation provient exclusivement du terme \varepsilon_\lambda.

En différenciant \theta_d(Z_0, \lambda) par rapport à la longueur d'onde \lambda :

\begin{aligned} \frac{\partial \theta_d}{\partial \lambda} &= \Theta(Z_0)\,\frac{\mathrm{d}\varepsilon_\lambda}{\mathrm{d}\lambda} \\ &= \Theta(Z_0)\,\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}\lambda}\left[ a + \lambda_r^2 \lambda^{-2} \right] \\ &= -2\,\Theta(Z_0)\,\frac{\lambda_r^2}{\lambda^3} \end{aligned}

Pour un écart fini élémentaire \delta\lambda entre deux longueurs d'ondes, l'écart de déviation associé \delta\theta_d s'obtient au premier ordre selon :

\boxed{\delta\theta_d \approx -2\,\Theta(Z_0)\,\frac{\lambda_r^2}{\lambda^3}\,\delta\lambda}

En valeur absolue, l'écart angulaire de dispersion s'écrit :

\boxed{|\delta\theta_d| \approx 2\,\Theta(Z_0)\,\frac{\lambda_r^2}{\lambda^3}\,\delta\lambda}

Résultat

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Question 28

ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : réfraction atmosphérique, tracé de rayons

L'angle sous lequel le rayon terrestre est vu depuis est d'environ tandis que celui sous lequel le rayon solaire est vu depuis la Terre vaut environ . L'atmosphère terrestre est-elle capable de dévier la lumière solaire pour éclairer le point ? On justifiera quantitativement la réponse en s'appuyant sur un schéma.

Voir l'indice

Construire un schéma des rayons limites tangents à la Terre et comparer l'angle de déviation atmosphérique maximale \theta_{d,M} au diamètre apparent de la Terre vue de la Lune.

Voir la stratégie
  1. Repérer la trajectoire d'un rayon lumineux issu du bord ou du centre du Soleil, passant dans l'atmosphère au voisinage du limbe terrestre (altitude Z_0 \ge 0), et se propageant vers le point N.
  2. Exprimer géométriquement l'angle de déviation nécessaire \theta_d en fonction du demi-diamètre angulaire du Soleil \theta_S et du demi-diamètre angulaire sous lequel la Terre est vue depuis N, \theta_T.
  3. Comparer la déviation requise à la déviation maximale permise par l'atmosphère, \theta_{d,M} = 70', pour conclure.
Voir la réponse courte

Schéma optique géométrique montrant que la déviation atmosphérique (> 1^\circ) compense largement l'écart angulaire \theta_T - \theta_S et éclaire le cône d'ombre.

Voir le corrigé complet

Considérons le plan contenant l'axe optique (ST) et un point M_0 situé au limbe de la Terre (altitude Z_0 \ll R_T).

1. Analyse angulaire des rayons parvenant en N :

  • Depuis le point N, le rayon terrestre R_T est vu sous l'angle :

    \theta_T \approx \frac{R_T}{r_L} \approx 57'.

    Tout rayon lumineux rasant la Terre au point M_0 et atteignant le point N doit donc faire, après traversée de l'atmosphère, un angle \theta_T \approx 57' avec la direction de l'axe (ST).

  • Avant réfraction, les rayons lumineux provenant du Soleil font avec l'axe (ST) un angle \alpha compris entre -\theta_S et +\theta_S (où \theta_S \approx 16' est le demi-diamètre angulaire du Soleil vu depuis la Terre) :

    • pour un rayon issu du bord supérieur du Soleil, le faisceau est incliné vers le bas d'un angle \alpha = +\theta_S = +16' par rapport à l'axe (ST) ;
    • pour un rayon issu du centre du Soleil, \alpha = 0' ;
    • pour un rayon issu du bord inférieur du Soleil, \alpha = -\theta_S = -16'.
  • L'atmosphère terrestre dévie les rayons vers les zones de plus fort indice, c'est-à-dire vers la Terre (vers l'axe (ST)), d'un angle de déviation \theta_d \ge 0. L'angle du rayon émergent avec l'axe (ST) vaut donc :

    \theta_{\text{émergent}} = \alpha + \theta_d.

Pour que le rayon atteigne N, il faut que \theta_{\text{émergent}} = \theta_T, soit :

\theta_d = \theta_T - \alpha.

2. Condition quantitative : La déviation \theta_d nécessaire pour focaliser la lumière solaire en N doit donc être comprise dans l'intervalle :

\begin{aligned} \theta_{d,\min} &= \theta_T - \theta_S = 57' - 16' = 41', \\ \theta_{d,\max} &= \theta_T + \theta_S = 57' + 16' = 73'. \end{aligned}

Pour un rayon issu du centre du Soleil (\alpha = 0), la déviation requise est exactement :

\theta_d = \theta_T = 57'.

Or, d'après le texte, la déviation atmosphérique peut varier continûment entre 0' et :

\theta_{d,M} \approx 70'.

Puisque \theta_d = 57' \le \theta_{d,M} = 70' (et plus généralement [41', 70'] \subset [0', \theta_{d,M}]), une très large fraction de la lumière émise par le disque solaire subit une déviation suffisante pour atteindre le point N.

\boxed{\text{L'atmosphère terrestre est capable de dévier la lumière solaire pour éclairer le point } N.}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

Cette question peu abordée reposait simplement sur une lecture attentive des documents à traduire sous forme de schéma.

« Très peu abordées, ces deux questions relevaient pourtant d’une simple lecture de document à reproduire sous la forme d’un schéma ou d’une courbe, permettant de conclure rapidement et aisément. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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F · Prévision du spectre de la lumière reçue par la Lune

Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé

Notions : diffusion rayleigh, réfraction atmosphérique

À l'aide des deux schémas de la figure 12, déterminer quelques points du spectre de la lumière reçue par la Lune en permettant de représenter la courbe correspondante sur la feuille réponse. Conclure sur la couleur de la Lune totalement occultée.

Voir l'indice

Effectuer point par point le produit de l'intensité solaire hors atmosphère par le facteur de transmission \exp(-d_o) pour constater l'extinction totale des courtes longueurs d'onde.

Voir la stratégie
  1. Exprimer l'intensité spectrale I_\lambda(N) de la lumière parvenant en N à partir de l'intensité spectrale incidente I_{\lambda,0} et du facteur de transmission atmosphérique \exp[-d_o(\lambda)] établi à la question Q23.
  2. Relever par lecture graphique sur la figure 12 plusieurs valeurs de I_{\lambda,0} et de \exp[-d_o] pour différentes longueurs d'onde du spectre visible (\lambda \in [400\text{ nm}, 800\text{ nm}]), puis calculer le produit point par point.
  3. Tracer l'allure de la courbe correspondante sur l'intervalle [400\text{ nm}, 800\text{ nm}].
  4. Déduire du profil spectral obtenu la couleur apparente de la Lune lors d'une éclipse totale.
Voir la réponse courte

La diffusion de Rayleigh filtre préférentiellement les courtes longueurs d'onde ; seule la composante rouge transmise et réfractée éclaire la Lune.

Voir le corrigé complet

D'après la loi d'atténuation établie à la question Q23, la densité spectrale de puissance lumineuse I_\lambda(N) reçue par la Lune au point N s'obtient en multipliant le spectre incident hors atmosphère I_{\lambda,0}(\lambda) par le facteur d'atténuation spectral \exp[-d_o(\lambda)] :

I_\lambda(N) = I_{\lambda,0}(\lambda)\,\exp[-d_o(\lambda)]

Par lecture conjointe sur les deux graphes de la figure 12, on relève les valeurs suivantes :

\lambda\text{ (nm)}I_{\lambda,0}\text{ (W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{nm}^{-1}\text{)}\exp(-d_o)I_\lambda(N)\text{ (W}\cdot\text{m}^{-2}\cdot\text{nm}^{-1}\text{)}
4001{,}40{,}000{,}00
5001{,}90{,}000{,}00
6001{,}7\approx 0{,}005\approx 0{,}01
6501{,}60{,}0250{,}04
7001{,}40{,}0650{,}09
7501{,}20{,}120{,}14
7801{,}10{,}170{,}18

Conclusion sur la couleur de la Lune : Les courtes longueurs d'onde du spectre visible (bleu, vert, jaune pour \lambda < 600\text{ nm}) sont très fortement diffusées par l'atmosphère terrestre en raison de la diffusion de Rayleigh (\mathscr{P}_a \propto \omega^4 \propto \lambda^{-4}) et ne parviennent quasiment pas jusqu'à la Lune. En revanche, les grandes longueurs d'onde (rouge et proche infrarouge pour \lambda > 650\text{ nm}) traversent l'atmosphère avec une atténuation modérée et sont déviées par réfraction vers le cône d'ombre.

La lumière parvenant sur la Lune étant exclusivement constituée de composantes rouges, la surface lunaire rediffuse cette lumière vers la Terre :

\boxed{\text{La Lune totalement éclipsée apparaît d'une teinte rouge cuivré (<< Lune de sang >>).}}

Résultat

Voir ce qu'a relevé le jury

La question permettait de marquer des points facilement grâce à une simple extraction de points du document pour tracer la courbe.

« Très peu abordées, ces deux questions relevaient pourtant d’une simple lecture de document à reproduire sous la forme d’un schéma ou d’une courbe, permettant de conclure rapidement et aisément. »

Source : rapport du jury Mines-Ponts 2020

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