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Vers un ciel plus propre : un turbopropulseur hybride pour l'aviation régionale

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Vers un ciel plus propre : modélisation d'un turbopropulseur hybride pour l'aviation régionale
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Le sujet modélise un turbopropulseur d'avion de transport régional et étudie la possibilité d'y intégrer une source d'énergie électrique. La partie A construit un modèle thermodynamique et mécanique complet du turbopropulseur conventionnel (bilan énergétique, cycle de Brayton, régulateur de pas d'hélice), tandis que la partie B étudie les briques d'une alimentation électrique hybride, de la pile à combustible aux décharges partielles dans les bobinages électriques.

  1. 1Partie A-1 : les enjeux énergétiquesEstime les besoins énergétiques d'un profil de vol type (décollage, montée, palier) à partir d'un modèle simplifié de frottement de l'air résolu par une équation différentielle non linéaire, puis évalue la masse de batteries nécessaire pour une propulsion tout électrique.
  2. 2Partie A-2 : modélisation d'un turbopropulseurConstruit un modèle thermodynamique du turbopropulseur fondé sur un cycle de Brayton ouvert pour déterminer la puissance fournie à l'hélice, la consommation de carburant et les émissions de dioxyde de carbone.
  3. 3Partie A-3 : le régulateur de pas d'héliceModélise mécaniquement le régulateur centrifuge de pas d'hélice à l'aide des théorèmes du moment dynamique et de la résultante dynamique, pour obtenir une équation différentielle du second ordre régissant son mouvement.
  4. 4Partie A-4 : validation du modèleConfronte les résultats du modèle de poussée et de force résistante aux données constructeur et propose un mécanisme électrique alternatif pour faire varier le pas d'hélice.
  5. 5Partie B-1 : modélisation d'une pile à combustible à membrane échangeuse de protonsÉtudie le fonctionnement électrochimique d'une pile à combustible, approche sa caractéristique tension-courant par un polynôme obtenu par moindres carrés, puis la modélise par un circuit électrique équivalent dont on détermine la fonction de transfert et les diagrammes de Bode.
  6. 6Partie B-2 : augmentation de la puissance massique des entraînements électriques et fiabilitéÉtudie le lien entre puissance massique, vitesse de rotation de base et tension d'alimentation d'une machine électrique synchrone.
  7. 7Partie B-3 : décharges partielles au sein des conducteursÉtudie, à l'aide du théorème de Gauss et de la courbe de Paschen, l'apparition de décharges électriques entre les conducteurs d'un bobinage selon l'altitude de vol et la tension d'alimentation.

Corrigé détaillé

52 questions
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52 questions corrigées une à une : un indice, puis la stratégie, puis le corrigé complet avec le résultat encadré. Chaque question est vérifiée avant publication.

  1. Q1• Montrer que est solution de l'équation différentielle où est une constante à préciser. • Résoudre en…
  2. Q2Pour les 3 phases de vol, donner l'expression de la vitesse en fonction des paramètres présentés sur les…
  3. Q3• Commenter la modélisation proposée concernant la force de frottement de l'air. • Pour chaque phase…
  4. Q4En appliquant le théorème de l'énergie cinétique à l'avion, donner l'expression de l'énergie que doivent…
  5. Q5Estimer chaque terme de l'expression précédente et critiquer la modélisation proposée.
  6. Q6• En déduire la masse de batterie nécessaire avec ce modèle, pour une propulsion 100 • Comparer avec la…
  7. Q7L'ajout de batteries implique une augmentation de la masse embarquée, ce qui nécessite de nouvelles…
  8. Q8Établir l'expression de pour un gaz parfait en fonction de sa pression et de.
Voir les 44 autres questions
  1. Q9La vitesse du son étant définie par, exprimer à partir de,, et.
  2. Q10Exprimer la capacité calorifique massique à pression constante d'un gaz parfait en fonction de, (masse…
  3. Q11Donner l'expression de (débit massique d'air en entrée du turbopropulseur, Figure 10) en fonction du nombre…
  4. Q12Déterminer l'expression de, puis, en fonction de (respectivement), et.
  5. Q13Déterminer en fonction de,, et ainsi que la puissance apportée par le compresseur, en fonction du débit…
  6. Q14• Écrire l'équation de combustion. Le coefficient stœchiométrique du dodécane sera unitaire. • En déduire la…
  7. Q15En déduire la valeur du débit massique de carburant dans le cadre d'un vol à d'altitude à Mach 0,5.
  8. Q16Calculer l'enthalpie standard de réaction de la combustion du dodécane (on négligera l'enthalpie de…
  9. Q17À l'aide d'un bilan au niveau de la chambre de combustion, déterminer la température en fonction de,,,, et.
  10. Q18Déterminer la puissance totale extraite au cours de la détente ④⟹⑤ et ⑤⟹⑥, en fonction de,,, des différentes…
  11. Q19Donner l'expression de la puissance reçue par l'hélice en fonction des puissances présentes aux différents…
  12. Q20Comment le graphique précédent est-il modifié si les hypothèses suivantes de la modélisation ne sont pas…
  13. Q21En reprenant l'équation de combustion de la question 14, en déduire le débit massique (en) de émis par…
  14. Q22• Déterminer numériquement la consommation de carburant par passager pour en vol de croisière (78 passagers…
  15. Q23Analyser finement les valeurs de ces courbes et expliquer pourquoi la vitesse de croisière de cet avion est.
  16. Q24Expliquez l'avantage d'un tel ratio entre ces deux forces.
  17. Q25Exprimer en fonction de.
  18. Q26Écrire le théorème du moment dynamique à la masselotte 3, au point, dans son mouvement par rapport au…
  19. Q27Appliquer le théorème de la résultante dynamique à 2, en projection sur.
  20. Q28En déduire l'équation de mouvement en fonction de,, et des autres constantes du mécanisme. Le résultat sera…
  21. Q29Quel est l'inconvénient majeur de ce modèle ?
  22. Q30La structure de l'avion étant déformable, elle peut transmettre certaines vibrations et le régulateur…
  23. Q31Déterminer la force propulsive en vol en palier (), à 70
  24. Q32• Estimer, à partir des données des Figures 2 et 3 ou de la Figure 15, la force résistante de l'air dans ces…
  25. Q33Dans le cadre d'un avion tout électrique, proposer, sous forme de schéma cinématique, un mécanisme…
  26. Q34Équilibrer la demi équation d'oxydoréduction au niveau de la cathode. Donner et.
  27. Q35Calculer la tension à vide, notée, de la cellule.
  28. Q36Écrire l'approximation polynomiale de pour la mesure sous la forme:
  29. Q37Déduire de la forme précédente le vecteur complet contenant toutes les mesures (il y a G+1 mesures) sous la…
  30. Q38La matrice est appelée matrice des régresseurs. Compléter le code python (Figure 26) qui permet d'écrire…
  31. Q39Montrer que le vecteur des paramètres qui minimise l'erreur entre la mesure et l'approximation est calculé à…
  32. Q40Pour le modèle d'ordre 1, démontrer que ce modèle revient à considérer comme schéma équivalent un générateur…
  33. Q41Décrire plusieurs critères afin de comparer ces deux modèles.
  34. Q42Déterminer l'expression canonique de la fonction de transfert à l'aide de la variable de Laplace entre le…
  35. Q43Tracer les diagrammes de Bode asymptotiques de la fonction transfert pour le courant (entrée) et (sortie)…
  36. Q44Pour une machine électrique de couple maximal et de vitesse de rotation au point de base, définir la…
  37. Q45Écrire la relation entre le flux total de la phase à courant nul et la force contre électromotrice. À partir…
  38. Q46Le courant électrique et la force contre électromotrice sont en phase. Montrer que l'augmentation de la…
  39. Q47À partir du théorème de Gauss, donner le champ électrique crée par le conducteur pour tout rayon.
  40. Q48En utilisant le théorème de superposition, écrire le champ électrique pour en fonction de.
  41. Q49Écrire la circulation du champ électrique entre. En déduire la différence de potentiel entre les deux…
  42. Q50Déterminer la tension de claquage entre deux conducteurs au niveau du sol et à d'altitude.
  43. Q51Actuellement, la tension dans les réseaux de bord est de l'ordre de, cela pose t'il problème dans ce cas…
  44. Q52Tirer de cette étude trois points clés du développement des avions hybrides dans un contexte de transport…

Description

Le sujet modélise un turbopropulseur d'avion de transport régional et étudie la possibilité d'y intégrer une source d'énergie électrique. La partie A construit un modèle thermodynamique et mécanique complet du turbopropulseur conventionnel (bilan énergétique, cycle de Brayton, régulateur de pas d'hélice), tandis que la partie B étudie les briques d'une alimentation électrique hybride, de la pile à combustible aux décharges partielles dans les bobinages électriques.

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VENDREDI 17 AVRIL 2026 08h00-13h00 FILIERE PSI - Epreuve n° 8
MODELISATION (XUSR)
Durée : 5 heures
L'utilisation des calculatrices n'est pas autorisée pour cette épreuve
Il est recommandé aux candidats :
  • -De respecter l'ensemble des notations alphabétiques et numériques du sujet;
  • -De préciser ses propres notations lorsque cela s'avère nécessaire ;
  • -De justifier ses hypothèses et rédiger clairement ses réponses ;
  • -De numéroter soigneusement les pages de sa copie.

Vers un ciel plus propre : un turbopropulseur hybride pour l'aviation régionale

Figure 1 - Projet de turbopropulseur hybride (source https://theaircurrent.com)
Dans un contexte de transition énergétique et de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le secteur aéronautique est confronté à des enjeux environnementaux majeurs. L'aviation civile représente une part croissante des émissions mondiales de CO_2 et les prévisions de trafic aérien pour les prochaines décennies rendent indispensable le développement de solutions de propulsion plus propres et plus efficaces. Parmi celles-ci, l'avion hybride-électrique apparaît comme une voie prometteuse pour répondre aux exigences de décarbonation du transport régional.
Toutefois, à ce jour, aucun avion hybride de transport régional n'est pleinement opérationnel ni certifié pour un usage commercial. Ce travail se limite donc à une étude de modélisation, qui vise à explorer les performances théoriques d'un turbopropulseur à carburant fossile et la possibilité d'intégrer une deuxième source d'énergie, en vue de contribuer aux choix technologiques futurs dans le développement de l'aviation bas-carbone.
Partie A - L'avion de transport régional
  • A-1 Les enjeux énergétiques
  • A-2 Modélisation d'un turbopropulseur
  • A-3 Le régulateur de pas d'hélice
  • A-4 Validation du modèle
Partie B - L'alimentation électrique en énergie d'un avion hybride et électrique
  • B-1 Modélisation d'une pile à combustible à membrane échangeuse de protons
  • B-2 Augmentation de la puissance massique des entrainements électriques et fiabilité
  • B-3 Décharges partielles au sein des conducteurs
L'ensemble du sujet vise à mettre en évidence la continuité entre la modélisation thermodynamique classique et l'intégration d'une architecture hybride, ouvrant la voie à une propulsion plus efficiente et respectueuse de l'environnement.
Important : une aide pour les calculs numériques est proposée en annexe.

Partie A - L'avion de transport régional

A-1 Les enjeux énergétiques

Commençons par estimer, grâce à une modélisation simple, les besoins énergétiques pour un profil de vol typique du transport régional, où nous considèrerons les phases de décollage, montée et vol en palier (nous négligerons les dépenses énergétiques lors de la descente et de l'atterrissage).
Le paramétrage et les caractéristiques sont présentés Figures 2 et 3.
La force de propulsion totale est appelée « poussée » et se note ici T_u^(→−).
La résistance de l'air T_x^(→−) est modélisée par une force qui dépend de la phase de vol :
  • -décollage : T_x^(→−) = 0→;
  • -montée : T_x^(→−) = − KV(t)^2 x_1^(→−);
  • -palier : T_x^(→−) = − K/2V_p^2 x⃗.
Figure 2 - Paramétrage et caractéristiques des phases de vol
Le tableau suivant résume les caractéristiques de l'avion étudié et de son environnement :
Masse de l'avion (à vide) M_v = 22000 kg
Carburant consommé pour ce vol 570L soit M_c = 450kg
Charge utile M_u = 7400kg
Coefficient de frottement visqueux de l'air K = 1.22 au niveau du sol
Vitesse de décollage V_d = 55 m/s(200 km/h)
Vitesse de croisière V_p = 153m/s(550km/h)
Altitude de croisière H = 6500m
Poussée max des 2 turbopropulseurs (T_u)_(max) = 48000N
Angle de montée θ = 5^∘
Accélération de la pesanteur g = 9, 81 m/s^2
Nombre maximal de passagers 78
Consommation (donnée constructeur) 2, 4L/ passager /100km
Carburant Kérosène (pour la modélisation : dodécane C_(12)H_(26), densité 0,75)
Figure 3 - Tableau de données
Préliminaire. Pour les besoins de cette modélisation, on considère une fonction f, de la variable réelle t, de classe C^1 sur ℝ_+solution de l'équation différentielle non linéaire :
(E E_1) f^′ = − Af^2 + B avec {A et B des constantes réelles strictement positives; f(0) = f_0 et |f_0| < √(B/A)
On rappelle que la fonction tangente hyperbolique, notée th, est la fonction définie sur ℝ par :
th(x) = (sh(x))/(ch(x))
Cette fonction th réalise une bijection de ℝ vers ]-1,1[ et sa bijection réciproque est notée Argth. On note enfin k = √(B/A) et u la fonction définie sur ℝ_+paru(t) = (f(t))/k.
Question 1.
  • -Montrer que u est solution de l'équation différentielle (E_2) : u^′ = ω(1 − u^2) où ω est une constante à préciser.
  • -Résoudre (E_2) en posant, pour t ≥ 0, u(t) = th(v(t)) avec v une fonction de classe C^1 sur ℝ_+.
  • -En déduire, pour t ≥ 0, f(t) en fonction de A, B et f_0.
Question 2. Pour les 3 phases de vol, donner l'expression de la vitesse V(t) en fonction des paramètres présentés sur les Figures 2 et 3. On notera M_t la masse totale de l'avion : M_t = M_v + M_u + M_c. Le vol se fera à masse totale M_t constante (on néglige les variations de la masse M_c de carburant (qui représentent ici moins de 2 % de la masse totale)).
Question 3.
  • -Commenter la modélisation proposée concernant la force de frottement de l'air.
  • -Pour chaque phase, évaluer le sens de l'erreur commise par rapport à la réalité.
  • -Conclure sur l'erreur globale.
Pour les 3 phases de vol, la vitesse est tracée sur la Figure 4 :
Figure 4 - Évolution de la vitesse de l'avion en fonction du temps
On note ρ_e la densité énergétique des batteries susceptibles d'être utilisées pour propulser l'avion. Actuellement, les batteries candidates sont les batteries Li-ion NMC/NCA (Lithium-ion Nickel-Manganèse-Cobalt ou Nickel-Cobalt-Aluminium), dont la densité énergétique vaut :
ρ_e ≈ 250 Wh. kg^(− 1)
Question 4. En appliquant le théorème de l'énergie cinétique à l'avion, donner l'expression de l'énergie que doivent fournir les turbopropulseurs E_(TP) pour ce profil de vol (durée T_p ), en fonction de V(t) et des différents paramètres et temps caractéristiques (le calcul de l'intégrale de V(t)^3 n'est pas attendu).
L'énergie dépensée pour contrer les frottements visqueux en phase de montée est égale 27.10^5 J.
Question 5. Estimer chaque terme de l'expression précédente et critiquer la modélisation proposée.
Question 6.
  • -En déduire la masse de batterie m_b nécessaire avec ce modèle, pour une propulsion 100 % électrique.
  • -Comparer avec la masse à vide.
  • -Un avion de transport régional 100 % électrique est-il envisageable ?
  • -Quel serait l'impact sur le coefficient K et la consommation ?
Un modèle plus fin, non développé ici, tenant compte de l'évolution réelle de la pression atmosphérique, de paramètres aérodynamiques plus précis, de modifications de la structure de l'avion, donne les résultats suivants (énergie totale E en joules, masse M_t en kg ). Des interpolations linéaires ont été réalisées sur les deux parties de la courbe et sont précisées sur le graphique.
Au-delà de 30T, on sort du domaine réel et le modèle est exploratoire.
Figure 5 - Nouveau modèle : estimation de l'énergie nécessaire en fonction de la masse totale
Question 7. L'ajout de batteries implique une augmentation de la masse embarquée, ce qui nécessite de nouvelles batteries. En vous appuyant sur les interpolations linéaires du modèle cidessus (Figure 5), ainsi que sur la densité énergétique ρ_e, discuter l'existence d'une solution.

A-2 - Modélisation d'un turbopropulseur

Afin d'évaluer avec précision les bénéfices d'une architecture hybride, il est indispensable de disposer d'un modèle thermodynamique détaillé du turbopropulseur conventionnel. Ce modèle va permettre de dresser un bilan énergétique, de relier consommation spécifique et conditions de vol, et d'en déduire la quantité de CO_2 émise pour une mission type.
Contrairement au turboréacteur qui produit sa poussée en accélérant un flux d'air à haute vitesse, le turbopropulseur est constitué d'un compresseur et d'une turbine qui entraine une hélice.
Le rendement du turbopropulseur est supérieur à celui du turboréacteur, mais son utilisation est limitée en altitude et en vitesse. Ce mode de propulsion est optimal pour les avions de transport régionaux qui nous intéressent ici.
Figure 7 - Turbopropulseur et turboréacteur
Figure 8 - Turbopropulseur PW127 (Pratt & Whitney) équipant l'ATR72 et schéma de principe
Le turbopropulseur étudié ici comprend :
  • -une entrée (diffuseur)
  • -un étage de compression
  • -une chambre de combustion
  • -une turbine HP qui entraîne le compresseur et une turbine libre qui entraîne l'hélice
  • -un réducteur pour obtenir la meilleure vitesse de rotation possible pour l'hélice.
L'objectif de cette partie est de déterminer le travail fourni à l'hélice pour la propulsion de l'avion, la consommation spécifique et la quantité de CO_2 émise.
Les hypothèses clés sont :
  • -gaz parfaits à c_p constant (air et gaz brûlés) ;
  • -transformations adiabatiques avec pertes modélisées par des rendements ;
  • -combustion idéale à pression totale constante ;
  • -cycle stationnaire et ouvert (entrée = air, sortie = gaz brûlés) ;
  • -pas de pertes mécaniques au niveau des compresseurs/turbines, pas de pertes de charge ;
  • -78 passagers dans l'avion.
Le tableau de la Figure 9 précise les grandeurs utiles pour cette modélisation.
Constante des gaz parfaits R = 8, 314 J.mol^(− 1).K^(− 1) Coefficient isentropique de l'air γ = 1.4
Coefficient isentropique du dodécane gazeux γ_f = 1.05 Coefficient isentropique des gaz brulés γ_c = 1.3
Conditions ambiantes P_1 = 0, 85 bar T_1 = 250 K Coefficient de détente de la tuyère π_e
Rapport de compression du compresseur r_c = 12 Rendement isentropique du compresseur η_c = 0, 85
Rendement mécanique (réducteur) η_m = 0, 95 Rendement isentropique de la turbine η_T = 0, 9
Enthalpies standards de formation ( T^∘ combustion)
Δ_f H^∘(CO_2(g)) -392 kJ/mol M(C) 12 g/mol
Δ_f H^∘(H_2 0(g)) − 237 kJ/mol M(H) 1g/mol
Δ_f H^∘(C_(12)H_(26)(g)) − 355 kJ/mol M(O) 16 g/mol
M(N) 14 g/mol
Figure 9 - Tableau avec les grandeurs physiques liées à la modélisation
Le turbopropulseur fonctionne selon un cycle de Brayton ouvert, illustré Figure 10 :
Figure 10 - Les différents étages du cycle thermodynamique ouvert (cycle de Brayton)
  • -(1)⟹ (2) Admission d'air : dans cette étape, l'air est ralenti à vitesse quasi nulle. Hypothèse : compression isentropique faible (Mach subsonique), pas de transfert thermique. L'entrée d'air a une section A_e et l'avion vole à une vitesse V_p (nombre de Mach μ_1 ).
  • -(2) ⇒ (3) Compression : l'air est comprimé par le compresseur. On note η_c le rendement isentropique du compresseur, T_3 la température de sortie réelle du compresseur et T_(3s) la température isentropique. Le taux de compression est noté r_c(= (P_3)/(P_2)).
  • -(3) ⇒ (4) Combustion : ajout du carburant et combustion à pression supposée constante. Lors de cette phase, le carburant est ajouté avec un débit massique D_(mf).
  • -(4) ⇒ (5) et (5) ⇒ (6) Détente : le gaz se détend dans la turbine, qui extrait l'énergie pour entraîner le compresseur et l'hélice via le réducteur. L'écoulement se termine au passage d'une tuyère d'éjection (5-6), où la détente se termine jusqu'à la pression ambiante P_1. Le coefficient de détente vaut π_e = (P_6)/(P_5) ≈ (P_1)/(P_5).
    On note η_T le rendement isentropique de la turbine, T_5 la température réelle de sortie de la turbine et T_(5s) la température isentropique, γ_f le coefficient isentropique du dodécane gazeux.
Pour un compresseur, le rendement isentropique est le rapport du travail minimal théorique (isentropique) au travail réel consommé pour atteindre la même pression de sortie.
Pour une turbine, le rendement isentropique est défini comme le rapport du travail réel produit au travail maximal théorique (isentropique) que la turbine pourrait fournir entre les mêmes pressions d'entrée et de sortie.
L'objectif est de déterminer la puissance reçue par l'hélice en fonction du débit massique de carburant. Une analyse chimique de la combustion permettra de quantifier la pollution générée par le turbopropulseur.
On note χ_s la compressibilité de l'air à entropie constante : χ_s = − 1/V((∂V)/(∂P))_s, ρ_a sa masse volumique et M_a sa masse molaire.
Question 8. Établir l'expression de χ_s pour un gaz parfait en fonction de sa pression P et de γ.
Question 9. La vitesse du son étant définie par V_(son) = √(1/(ρχ_s)), exprimer V_(son) à partir de γ, M_a, R et T.
Question 10. Exprimer la capacité calorifique massique à pression constante d'un gaz parfait c_p en fonction de γ, M (masse molaire) et R la constante des gaz parfaits.
Le nombre de Mach à l'entrée du turbopropulseur est défini par μ_1 = (V_p)/(V_(son)).
Question 11. Donner l'expression de D_(ma) (débit massique d'air en entrée du turbopropulseur, Figure 10) en fonction du nombre de Mach μ_1, la masse volumique de l'air ρ_a, sa masse molaire M_a, la section d'entrée A_e, la température d'entrée T_1 et les constantes liées aux gaz parfaits.
La figure suivante (Figure 11) illustre le résultat précédent, en atmosphère standard (15°C et 1, 013.10^5 Pa au niveau de la mer), pour un avion de transport régional type ATR72 équipé d'un turbopropulseur PW127.
Débit massique d'air PW127 estimé en fonction de l'atitude
Figure 11 - Débit massique en fonction de l'altitude et du nombre de Mach, en atmosphère standard
Question 12. Déterminer l'expression de T_2, puis P_2, en fonction de T_1 (respectivement P_1 ), γ et μ_1.
Question 13. Déterminer T_3 en fonction de T_2, γ, r_c et η_c ainsi que la puissance apportée par le compresseur P_(comp), en fonction du débit massique d'air D_(ma), de R, M_a, γ, T_2, r_c et η_c.
Le carburant utilisé est un mélange complexe d'hydrocarbures (paraffines, cycloparaffines, aromatiques). On va utiliser dans notre modélisation un hydrocarbure « moyen », le dodécane C_(12)H_(26). La combustion est complète (excès d'air).
L'air est ici représenté par un mélange oxygène/azote : 20 % de O_2 et 80 % de N_2 (en quantité de matière).
Question 14.
  • -Écrire l'équation de combustion. Le coefficient stœchiométrique du dodécane sera unitaire.
  • -En déduire la valeur AFR (Air Fuel Ratio) définie par AFR = (Masse d'air)/(Masse de carburant) pour être dans les proportions stœchiométriques.
À l'altitude considérée (6500 m), il n'y a que 20 % de l'air entrant qui participe à la combustion (source « Etude paramétrique des turbopropulseurs», Boudali Errebai 2018»). La combustion reste complète.
Le débit d'air servant à la combustion est donc 0, 2∗D_(ma).
Question 15. En déduire la valeur du débit massique de carburant D_(mf) dans le cadre d'un vol à 6500m d'altitude à Mach 0,5.
Question 16. Calculer l'enthalpie standard de réaction Δ_r H^∘ de la combustion du dodécane (on négligera l'enthalpie de vaporisation du carburant). Commentez le signe.
Avant d'être vaporisé, le carburant est réchauffé dans un échangeur carburant/huile, ce qui permet de refroidir l'huile et d'éviter le givrage du carburant au moment de la pulvérisation. Le dodécane arrive donc à la température T_3, sous forme gazeuse, dans la chambre de combustion.
De plus, grâce à la valeur AFR trouvé en question 14, on négligera l'énergie nécessaire à l'échauffement du dodécane jusqu'à T_4.
Question 17. À l'aide d'un bilan au niveau de la chambre de combustion, déterminer la température T_4 en fonction de T_3, M_a, Δ_r H^∘, R, et γ.
Question 18. Déterminer la puissance totale P_(tot) extraite au cours de la détente (4)⟹ 5) et (5) ⇒ (6), en fonction de D_(ma), T_4, AFR, des différentes constantes et des pressions P_4 et P_1.
On note η_m le rendement de la chaine cinématique menant à l'hélice.
Question 19. Donner l'expression de la puissance reçue par l'hélice en fonction des puissances présentes aux différents étages et du rendement mécanique η_m.
Le cycle de Brayton correspondant à notre modélisation est donné par la Figure 12 ci-dessous.
Figure 12 - Diagramme T − s du cycle de Brayton pour le turbopropulseur, à Mach 0.5.
Question 20. Comment le graphique précédent est-il modifié si les hypothèses suivantes de la modélisation ne sont pas strictement vérifiées (répondre qualitativement) :
  • -transfert thermique vers l'extérieur (non adiabatique) ;
  • -combustion incomplète ;
  • -pertes de charge dans l'écoulement.
Question 21. En reprenant l'équation de combustion de la question 14, en déduire le débit massique (en kg/s ) de CO_2 émis par l'avion présenté (ATR 72, 2 turbopropulseurs, vol à 6500m avec 20% d'air utile).
Question 22.
  • -Déterminer numériquement la consommation de carburant par passager pour 100km en vol de croisière (78 passagers dans l'avion).
  • -Comparer avec la donnée constructeur de consommation (tableau de la Figure 3). Conclure sur la qualité du modèle.
Les questions précédentes ont permis de déterminer les paramètres thermodynamiques de l'écoulement, selon le schéma de la Figure 13 :
Figure 13 -Vue d'ensemble de la modélisation thermodynamique
La question 19 a permis d'établir l'expression de la puissance que reçoit une hélice (P_(hélice)) en fonction des conditions de vol. La Figure 14 s'appuie sur ce résultat et donne la puissance totale qui sert à propulser l'avion (80 % de P_(hélice), 2 turbopropulseurs) en fonction du nombre de Mach μ_1 et de l'altitude ( T_1 et P_1 sont donc connues par les conditions d'atmosphère standard).
Figure 14 - Puissance théorique propulsant l'avion
La Figure 15 donne quant à elle la puissance de la résistance de l'air en fonction de l'altitude et du nombre de Mach.
Figure 15 - Puissance résistante de l'air
Question 23. Analyser finement les valeurs de ces courbes et expliquer pourquoi la vitesse de croisière de cet avion est Mach 0,5.

A-3 - Le régulateur de pas d'hélice

Nous allons maintenant établir un modèle pour le régulateur de pas d'hélice. Le pilote agit sur la puissance délivrée et c'est un système mécanique qui régule le pas d'hélice pour que la vitesse de rotation de cette dernière soit constante en palier. L'étude de cette partie du turbopropulseur va permettre de construire un modèle complet incluant la thermodynamique, la chimie de combustion et la régulation mécanique.
Figure 16 - Régulateurs centrifuges de pas d'hélice
Figure 16 - Régulateurs centrifuges de pas d'hélice
Le régulateur contient des masselottes (3 et 4) montées sur un axe tournant avec l'hélice, via un réducteur. Quand le régime augmente, la force centrifuge fait s'écarter les masselottes vers l'extérieur.
Un ressort s'oppose à l'écartement. Il est réglé pour maintenir un équilibre à un régime cible.
Le déplacement du point M (masselottes contre ressort) actionne une valve hydraulique pilotant le pas d'hélice. La charge sur le turbopropulseur change alors et impacte la vitesse de rotation du régulateur.
Figure 16 - Schéma cinématique du régulateur, vue 3D, paramétrage, graphe des liaisons
Hypothèses et paramétrage :
  • -l'angle β_3 reste faible au cours du mouvement :
    cos(β_3) ≈ 1 et sin(β_3) ≈ β_3
  • - (O_0, k⃗, l_1→) est plan de symétrie matériel et géométrique ;
  • -toutes les liaisons sont supposées parfaites et le repère R_0(O, ı⃗, ȷ⃗, k⃗) sert de référentiel galiléen ;
  • -les actions de la pesanteur sur les masselottes 3 et 4 sont négligées devant les forces d'inertie ;
  • -le poids de 2 est négligé ;
  • -le déplacement de la pièce 2 est repérée par la variable z = O_0 O_2^(→−).k⃗, qui mesure l'écrasement du ressort à un instant t par rapport à sa position à vide O_0 (Figure 17) ;
  • -le ressort, de raideur k_R, exerce un effort F_(R → 2)^(→−) sur la pièce 2 tel que : F_(R → 2)^(→−) = − k_R zk⃗;
  • -la vitesse de rotation de 1 par rapport à 0 est supposée constante : Ω_(1/0)^(→−) = β_1˙k⃗ = ω_1 k⃗.
Géométrie :
B_3 G_3^(→−) = a_3 k_3^(→−), O_2 A_3^(→−) = − ck⃗ + dJ_1^(→−), O_0 O_2^(→−) = zk⃗; B_3 A_3^(→−) ≈ − b_3 J_3^(→−), O_0 B_3^(→−) = − ak⃗ + bJ_1^(→−)
Données de masse: Moment d'inertie par rapport à (O_0, k⃗) de l'arbre d'entraînement 1 :
I_((O_0, k⃗))(1) = I_1
Distributeur 2 : masse M_2
Masselottes 3 et 4 (identiques) : masse M_3, de centre d'inertie G_3 et de matrice d'inertie I(G_3, 3)^–^– = [A_3, 0, 0; 0, B_3, 0; 0, 0, C_3]_((l_1, J_3^(→−), k_3^(→−)^(→−)))
Effort de liaison : La résultante de l'action mécanique de 2 sur 3 est notée : R_(2 → 3)^(→−) = − Z_(23)k⃗.
La vitesse de rotation de l'arbre 1, par rapport à la structure de l'avion, est d'environ 100rad/s, ce qui rend les forces de pesanteur faibles (≈ 1, 5N) devant les forces centrifuges (≈ 100N).
Question 24. Expliquez l'avantage d'un tel ratio entre ces deux forces.
Question 25. Exprimer β_3 en fonction de z.
Question 26. Écrire le théorème du moment dynamique à la masselotte 3, au point B_3, dans son mouvement par rapport au référentiel galiléen R_0, en projection sur l_1→.
Question 27. Appliquer le théorème de la résultante dynamique à 2, en projection sur k⃗.
Question 28. En déduire l'équation de mouvement en fonction de ω_1, z, z¨ et des autres constantes du mécanisme. Le résultat sera proposé sous la forme :
K_1 z¨ + K_2 z = K_3
où K_1, K_2 et K_3 sont des constantes à préciser.
Question 29. Quel est l'inconvénient majeur de ce modèle ?
En vol, le pilote dispose de deux leviers de commande (Figure 18):
  • -la vitesse hélice CL (Condition Level), qui reste constante en vol en palier,
  • -la puissance (POWER).
Pour certains turbopropulseurs, lorsque le pilote veut une puissance de traction de l'hélice plus importante, cela se traduit par une augmentation du débit massique de kérosène dans le turbopropulseur et un déplacement vertical du ressort du régulateur, c'est-à-dire une modification du point O_0. En palier, la vitesse de rotation ω_1 reste constante, l'excès de puissance étant absorbé par un changement de pas d'hélice et donc un couple résistant plus grand. Le schéma global de cette régulation est donné par la Figure 19.
Le régulateur centrifuge de pas (Propeller Control Unit (PCU)) ajuste automatiquement le pas pour maintenir ω_(hélice) demandé lorsque le couple change.
L'hélice et le régulateur sont placés tous deux en aval d'un réducteur, de rapport r_1 = 1/15 pour l'hélice et r_2 = 0, 8 pour le régulateur.
L'équation différentielle trouvée en question 28 s'écrit, pour un réglage POWER de 70%, avec des valeurs numériques issues de données ou plans constructeurs :
5, 42 ⋅ 10^(− 2)z¨(t) + 7080z(t) = 14, 5.
Ces valeurs sont obtenues dans les conditions suivantes :
  • -vol en palier, Mach 0,5 (≈ 550km/h = 153m/s), altitude 6500m;
  • -POWER sur 70 % ;
Question 30. La structure de l'avion étant déformable, elle peut transmettre certaines vibrations et le régulateur pourrait alors devenir un oscillateur forcé. En analysant le schéma de régulation de la Figure 19, indiquer si la fréquence de résonance de cet oscillateur est présente dans les conditions de vol considérées (turbopropulseur, régulateur et hélice).

A-4 - Validation du modèle

Les Figures 20, 21 et 22 complètent la modélisation du turbopropulseur en affichant respectivement les courbes de comportement suivantes :
  • -déplacement z de la tige du régulateur, en extrapolant la loi obtenue précédemment aux différents réglages de puissance affichée,
  • -angle de pas d'hélice en fonction du déplacement de la tige du distributeur,
  • -poussée totale des 2 hélices en fonction du pas, commande POWER sur 70%, altitude 6500m, Mach 0,5.
Figure 20 - loi entrée-sortie du régulateur centrifuge
Figure 21 - Angle de pas d'hélice en fonction du déplacement du distributeur
Figure 22 - Poussée de l'hélice en fonction du pas, commande POWER à 70%
Question 31. Déterminer la force propulsive en vol en palier (6500 m - Mach 0,5), à 70 % de puissance maximale.
Question 32.
  • -Estimer, à partir des données des Figures 2 et 3 ou de la Figure 15, la force résistante de l'air dans ces conditions de vol.
  • -Comparer avec la valeur précédente et discuter de la pertinence du modèle.
Question 33. Dans le cadre d'un avion tout électrique, proposer, sous forme de schéma cinématique, un mécanisme permettant de faire varier le pas d'hélice, sans hydraulique cette fois :l'actionneur serait un moteur électrique.

Partie B - L'alimentation électrique en énergie d'un avion hybride et électrique

L'étude précédente a permis de modéliser le fonctionnement d'un turbopropulseur conventionnel d'avion de transport régional, avec son bilan d'émissions de CO_2 ainsi que son régulateur centrifuge assurant la stabilité du régime moteur.
Cependant, cette analyse a révélé la forte dépendance énergétique du turbopropulseur vis-à-vis du carburant fossile. Or, les enjeux environnementaux actuels - réduction des émissions de CO_2, limitation du bruit et amélioration du rendement énergétique global - incitent à repenser la manière dont l'énergie est produite, stockée et utilisée à bord.
En effet, si l'énergie spécifique élevée du kérosène ( ∼ 11, 9 kWh/kg ) a permis à l'aviation thermique de prospérer, l'énergie spécifique des batteries actuelles (0,101 kWh/kg pour les batteries sodium-ion, 0,25 kWh/kg pour les lithium-ion) limite fortement la progression et le développement de ce type de transport.
Figure 23 - Profils standard en puissance pour un vol inter régional
L'étude de la partie A n'a pas pris en compte les variations de puissance en fonction du temps, qui sont souvent en contradiction avec l'utilisation optimale des moyens de production d'énergie à bord. Sur la Figure 23, nous pouvons remarquer trois phases d'énergie distinctes :
  • -le décollage avec une puissance maximale sur un temps court,
  • -le vol stationnaire où la puissance est constante,
  • -l'atterrissage avec une puissance moyenne faible mais des variations importantes de la puissance.
Différentes technologies de sources d'énergie sont en concurrences pour les avions électriques et hybrides : batteries, piles à combustible et supercondensateurs. Chacune de ces sources ne permet pas seule d'alimenter en énergie un avion. Il est nécessaire de les combiner afin d'obtenir une source globale d'énergie permettant d'adresser les différentes parties du vol.
Nous allons maintenant nous intéresser à des problématiques liées à la pile à combustible.

B-1 Modélisation d'une pile à combustible à membrane échangeuse de protons

Il existe différentes technologies de piles à combustibles certaines étant toujours en développement dans les laboratoires. Parmi ces différentes technologies, la pile à combustible à membrane échangeuse de protons (PEMFC) est l'une des technologies les plus avancées et utilisées dans l'industrie. Nous pouvons trouver cette technologie de quelques watts, à plusieurs centaines de kilowatts. Elle possède une énergie spécifique supérieure à 3kWh/kg avec un rendement de l'ordre de 40 à 50%. La PEMFC transforme l'énergie chimique libérée durant la réaction du dihydrogène et du dioxygène en énergie électrique. Sa structure simplifiée se trouve sur la Figure 24 :
Figure 24 - Source d'énergie énergie électrique W_e
Deux demi-équations d'oxydoréduction se produisent dans la PEMFC : une au niveau de l'anode et la seconde au niveau de la cathode.
Au niveau de l'anode, le dihydrogène introduit sous pression se transforme en cations hydrogène et en électrons.
H_2 → 2H^+ + 2e^−
Au niveau de la cathode, le dioxygène introduit se transforme avec les électrons et les cations d'hydrogène en eau.
Question 34. Équilibrer la demi équation d'oxydoréduction au niveau de la cathode. Donner a et b.
4H^+ + 4e^− + aO_2 → bH_2 O
Dans le cas de la pile, la réaction oxydoréduction s'écrit :
2H_2 + O_2 → 2H_2 O
A l'équilibre thermodynamique dans l'état standard, l'enthalpie libre associée à la réaction électrochimique et la force électromotrice s'équilibre :
Δ_r G^0 + nFE_(eq)^0 = 0
avec Δ_r G^0 l'enthalpie libre standard de réaction qui vaut − 237, 1 kJ/mol, n le coefficient stœchiométrique associé à l'électron et F la constante de Faraday ( 96485C/mol )
Question 35. Calculer la tension à vide, notée E_(eq)^0, de la cellule.
Lorsqu'un courant électrique parcourt la pile à combustible, plusieurs phénomènes de conduction et de pertes entrent en jeu. Du point du vue du fonctionnement électrique externe, nous relevons la caractéristique tension / densité de courant de la pile à combustible de manière expérimentale U_(PEMFC) = f(J_(PEMFC)) (Figure 25) :
Figure 25 - Evolution de la tension, sous une pression de 1 atm
Dans la suite, nous cherchons à approcher la fonction U_(PEMFC) = f(J_(PEMFC)) par un polynôme de degré K. Cette modélisation sera ensuite utilisée pour simuler électriquement la PEMFC. Ce polynôme s'écrit sous la forme :
U˜_(PEMFC) = ∑_(k = 0)^K p_k J_(PEMFC)^k
avec U˜_(PEMFC), l'approximation polynomiale de U_(PEMFC). On notera i chaque mesure réalisée de telle manière que :
U_(PEMFC)[i] = f(U_(PEMFC)[i])
Question 36. Écrire l'approximation polynomiale de U_(PEMFC) pour la mesure i sous la forme :
U˜_(PEMFC)[i] = r^t[i]p = (r_0, ⋯, r_K)(p_0; ⋮; p_K)
Question 37. Déduire de la forme précédente le vecteur complet U˜_(PEMFC) contenant toutes les mesures (il y a G+1 mesures) sous la forme :
U˜_(PEMFC) = Rp = (r_(00), ⋯, r_(0K); ⋮, ⋮, ⋮; r_(G0), ⋯, r_(GK))(p_0; ⋮; p_K)
Question 38. La matrice R est appelée matrice des régresseurs. Compléter le code python (Figure 26) qui permet d'écrire numériquement cette matrice (MAT_REG_CONST dans le code proposé) à l'aide des mesures réalisées sur la densité de courant. Donner la complexité du code écrit.
def const_mat_regresseur(POLYNOME_TAILLE: int,
            D_COURANT: np.ndarray) -> np.ndarray:
    """
    Fonction qui construit la matrice des regresseurs à partir des mesures
    de densité de courant.
    Parameters
    ----------
    POLY_TAILLE : int
        Taille du polynôme d'approximation soit le nombre de coefficient à
calculer K + 1.
    D_COURANT : np.ndarray
        Vecteur des densités de courant mesurées (vecteur type numpy array)
soit de taille G + 1 mesures.
    Returns
    -------
    MAT_REG_CONST : np.ndarray
        Matrice des regresseurs (vecteur type numpy array).
    """
    # Création de la matrice des regresseurs
    return MAT_REG_CONST
Figure 26 - Code incomplet de construction de la matrice des régresseurs
Nous cherchons les valeurs de p_k qui permettent de minimiser la distance entre U_(PEMFC) et U˜_(PEMFC). Pour mesurer cette distance, nous utilisons une norme Euclidienne telle que :
‖ε‖_2^2 = ∑_(i = 1)^G ε_i^2 = ∑_(i = 1)^G(U_(PEMFC)[i] − U˜_(PEMFC)[i])^2
Cette fonction ‖ε‖_2^2 est convexe. La minimisation de cette fonction revient à trouver les K + 1 valeurs de p_k telles que :
(∂‖ε‖_2^2)/(∂p_k) → 0
Question 39. Montrer que le vecteur des paramètres qui minimise l'erreur entre la mesure et l'approximation est calculé à partir de l'équation normale :
(R^t R)p = R^t U_(PEMFC)
Nous rappelons quelques règles de dérivation vectorielle :
∂/(∂x)y^t Ax = ∂/(∂x)x^t A^t y = y^t A ou A^t y; ∂/(∂x)x^t A^t Ax = 2A^t Ax
Nous proposons de comparer deux modèles polynomiaux d'ordre 1 et d'ordre 7.
Question 40. Pour le modèle d'ordre 1, démontrer que ce modèle revient à considérer comme schéma équivalent un générateur de tension avec une résistance interne en série.
Sur la Figure 27, les deux modèles ont été représentés avec les données expérimentales comme point de comparaison.
Question 41. Décrire plusieurs critères afin de comparer ces deux modèles.
Figure 27 - Comparaison de modèles
Dans la suite, nous allons considérer un modèle du premier ordre de type source de tension et résistances internes pour la simulation électrique de la PEMFC. Pour prendre en compte le comportement dynamique, on se sert d'une capacité en parallèle des résistances, Figure 28.
Figure 28 - Utilisation d'une capacité
R_i représente la résistance interne, R_a la résistance modélisant l'activation de la cellule, R_c la résistance modélisant la concentration au sein de la cellule, I_L le courant représentant la puissance extraite de la cellule, C représente le phénomène de couche de double charge dans la cellule, V_L la tension de la cellule et E_(eq) la tension à courant nul.
Question 42. Déterminer l'expression canonique de la fonction de transfert à l'aide de la variable de Laplace p entre le courant I_L (entrée) et V_L (sortie) pour une tension E_(eq) constante.
Question 43. Tracer les diagrammes de Bode asymptotiques de la fonction transfert pour le courant I_L (entrée) et V_L (sortie) avec une tension E_(eq) constante. On précise que R_i > 1, R_a > 1, R_c > 1 et C > 0.

B-2 - Augmentation de la puissance massique des entrainements électriques et fiabilité

L'accroissement de la puissance massique des entrainements et notamment des machines électriques est un des critères les plus important au moment de la conception. Néanmoins, cet accroissement va s'accompagner d'une dégradation de la fiabilité de la machine électrique, la fiabilité représentant la probabilité qu'une panne arrive en un temps donné.
Question 44. Pour une machine électrique de couple maximal Γ_(max)[Nm] et de vitesse de rotation au point de base Ω_b[rad/s], définir la puissance mécanique. En définissant le couple massique Γ_(max)/M, avec M [kg] la masse de la machine, comme étant limité pour une machine donnée par la capacité à évacuer les pertes sous forme de chaleur, expliquer pourquoi l'augmentation de la puissance massique passe par l'augmentation de la vitesse de rotation de base Ω_b.
Dans les machines électriques de type synchrone, nous pouvons définir la pulsation électrique ω_b[rad/s] comme étant proportionnelle à la vitesse de rotation ω_b = pΩ_b avec p le nombre de paires de pôles. De plus, le schéma électrique monophasé équivalent en négligeant la résistance de phase de cette machine est représenté sur la Figure 29 :
Figure 29 - Schéma électrique équivalent
Question 45. Écrire la relation entre le flux total de la phase φ_t(t) à courant nul et la force contre électromotrice e(t). À partir du schéma équivalent de la Figure 29 , écrire la loi des mailles puis la réécrire sous forme complexe. La forme complexe sera notée de la façon suivante :
x(t) → X_–(ω).
Question 46. Le courant électrique i(t) et la force contre électromotrice e(t) sont en phase. Montrer que l'augmentation de la vitesse de base Ω_b à courant d'amplitude maximale constante conduit à augmenter l'amplitude maximale de la tension d'alimentation v(t). Résumer la conséquence de l'accroissement de la puissance massique sur l'augmentation de la tension d'alimentation.
Dans la section suivante, nous allons nous intéresser à l'influence sur les conducteurs de la machine électrique de la montée en tension de l'alimentation.

B-3 - Décharges partielles au sein des conducteurs

Les machines électriques possèdent plusieurs phases électriques. Chaque phase est constituée des bobines électriques réparties dans des encoches. Dans les encoches les conducteurs sont répartis de manière plus ou moins ordonnée et ils sont entourés par un isolant de fond d'encoche pour les isoler de la carcasse métallique. Chaque conducteur possède une âme en cuivre entourée par un isolant. Chaque conducteur possède un potentiel électrique propre qui peut être différent des conducteurs voisins.
Dans cette partie nous allons étudier un mécanisme simplifiéqui est à l'origine des décharges partielles dans les bobinages de machine électrique.
Figure 30 - Stator d'une machine électrique avec les bobinages Figure 30 bis - Vue en coupe du bobinage
Dans un premier temps, nous allons nous intéresser à un conducteur unique dont nous allons négliger l'isolant. Ce conducteur se trouve dans un espace infini et possède un rayon R, une longueur H et une charge volumique q.
Question 47. À partir du théorème de Gauss, donner le champ électrique crée par le conducteur pour tout rayon r ≥ R.
Dans la suite, nous allons considérer deux conducteurs identiques mais possédant des charges opposées.
Figure 31 - Proximité de 2 conducteurs
Nous voulons obtenir l'expression du champ électrique sur l'axe où la distance entre les conducteurs est la plus faible, ici u_x^(→−).
Question 48. En utilisant le théorème de superposition, écrire le champ électrique pour 0 ≤ x ≤ L en fonction de x.
Question 49. Écrire la circulation du champ électrique entre [0, L]. En déduire la différence de potentiel entre les deux conducteurs. On prendra L>R. Le calcul de l'intégrale n'est pas demandé.
Entre deux conducteurs de cuivre nous trouvons une couche d'isolant et de l'air. Dans les deux cas, si la tension entre les deux conducteurs devient supérieure à la tension de claquage du matériau, un arc électrique se produit. Cet arc endommage les isolants électriques ce qui conduit à la création d'un pont électrique entre les deux conducteurs et donc à la création d'un court-circuit partiel qui réduit drastiquement la durée de vie de la machine électrique. Sur la Figure 32, la courbe de Paschen donne la tension de claquage de l'air en fonction de la pression (en bar) et la distance entre les électrodes.
Figure 32 - Evolution de la tension de claquage en fonction de la pression
Au niveau de la mer, la pression est de 1,013 bar. Pour un vol commercial, l'altitude de vol est de 6500 m en moyenne. La pression à cette altitude est de 0,264 bar. La distance moyenne entre deux conducteurs est de 0, 1mm.
Question 50. Déterminer la tension de claquage entre deux conducteurs au niveau du sol et à 6500m d'altitude.
Question 51. Actuellement, la tension dans les réseaux de bord est de l'ordre de 150V, cela pose t'il problème dans ce cas d'étude? Conclure quant à la difficulté d'augmenter la tension d'alimentation des machines électriques dans le cadre d'une application avionique.

Conclusion

Question 52. Tirer de cette étude trois points clés du développement des avions hybrides dans un contexte de transport aérien inter régions.

ANNEXE - Aide au calcul numérique

(15)/(15, 7) ≈ 0, 95 2∗0, 19∗3, 1 ≈ 1, 18 (1, 6)/(0, 75) = 2, 1
0, 2∗(15)/(15, 7) ≈ 0, 19 (2, 2 ⋅ 10^6∗3, 6)/(550) ≈ 14400 (2, 15.10^6)/(153) = 14000
12∗392 = 4704 153^2∗1, 22∗9; ≈ 257000 70∗44 ≈ 3, 1.10^3
13∗237 = 3081 250∗3600 = 9.10^5 (7430)/(0, 17) ≈ 43, 7 ⋅ 10^3
13∗392 = 5096 (2664)/(170) ≈ 15, 7 153^2 ≈ 23000
0, 19∗655 ≈ 125 55^2 ≈ 3000 (125)/(78) ≈ 1, 6
1, 6∗0, 75 = 1, 2 √((7080)/(5, 42 ⋅ 10^(− 2))) ≈ 360 53, 2∗5600 ≈ 3.10^5
1, 5∗153^2 ≈ 35000 (22.10^9)/(250) = 88.10^6 (22.10^9)/(250∗3600) = 24.10^3
74∗28 = 2072 18, 5∗32 = 592

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte ce sujet de modélisation X-ENS PSI 2026 ?
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Sur quels chapitres porte ce sujet de modélisation X-ENS PSI 2026 ?

Il porte sur les équations différentielles, la thermodynamique des systèmes ouverts, la mécanique du solide, l'électrochimie, les moindres carrés, les fonctions de transfert et l'électrostatique.

Les parties A et B sont-elles indépendantes ?

Non, la partie B s'appuie explicitement sur les résultats de la partie A concernant le turbopropulseur conventionnel pour étudier l'intégration d'une source d'énergie électrique.

Y a-t-il une question de programmation en Python dans ce sujet ?

Oui, la question 38 demande de compléter un code Python construisant la matrice des régresseurs utilisée pour l'approximation polynomiale de la caractéristique de la pile à combustible.

Quels domaines de la physique et des sciences de l'ingénieur sont mobilisés dans ce sujet ?

La thermodynamique, la mécanique du solide, l'électrochimie, l'électronique (fonctions de transfert) et l'électrostatique, dans une approche de modélisation pluridisciplinaire d'un système aéronautique.

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