BCE Maths appliquées ESSEC ECE 2015, épreuve 2Sujet et corrigé
Epreuve de maths appliquées - ECE 2015
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Annale de maths appliquées BCE ESSEC pour la filiere ECE, session 2015.
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Concours d'admission de 2015
Conception : ESSEC
MATHÉMATIQUES II
Mercredi 6 mai 2015 , de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des coples.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite, Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énonce, Il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite, Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énonce, Il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
L'étude des propriétés asymptotiques des lois de probabilités est importante pour modéliser la façon dont une expérience aléatoire a une tendance plus ou moins forte à donner des résultats numériquement grands. Dans la première partie, on introduit un outil d'analyse asymptotique. Dans la deuxième, on étudie un type de loi spécifique et dans la troisième des conditions plus simples pour vérifier que des propriétés asymptotiques sont satisfaites. Les trois parties sont largement indépendantes. De plus, dans les deux dernières parties, on n'utilise de la partie I que les résultats des questions 5.(f) iii) et 5.(g), qu'on pourra admettre si besoin. Dans tout l'énoncé, "positif" signifie "positif ou nul" sauf indication contraire.
I Limite inférieure d'une suite et d'une fonction
Si
a et
b sont deux entiers tels que
a ≤ b , on notera
[ [a, b] ] = {k ∈ ℤ, a ≤ k ≤ b} l'intervalle d'entiers d'extrémités
a et
b .
Pour(x_n)_(n ∈ IN) suite de réels et
I ensemble fini d'entiers naturels, on notera
min_(i ∈ I)x_i le plus petit élément de
l'ensemble{x_i, i ∈ I} . Par exemple,
min_(i ∈ [1, 9])1/i = 1/9 .
Pour
l'ensemble
- Un exemple : déterminer
min_(i ∈ [0, 4])((− 1)^i)/(i + 1) . - Soit
(x_n)_(n ≥ 0) une suite de réels positifs.
(a) Pourn entier naturel fixé, on pose pour toutk deIN, u_n(k) = min_(i ∈ [n, n + k])x_i .
Montrer que la suite
(u_n(k))_(k ≥ 0) est décroissante.
(b) En déduire que la suite(u_n(k))_(k≧0) est convergente. On note
u_n = lim_(k → + ∞)u_n(k) .
(c) Établir une inégalité entre les réelsu_(n + 1)(k) et
u_n(k + 1) et en déduire que la suite
(u_n)_(n ≥ 0) est croissante.
(d) En déduire que la suite(u_n)_(n ≥ 0) admet une limite (qui peut être
+ ∞ ). Cette limite est dite limite inférieure de la suite
(x_n)_(n ≥ 0) et est notée
lim inf_(n → + ∞)x_n .
3) Soient les deux suites réelles positives(y_n)_(n ≥ 0) et
(z_n)_(n≧0) définies par
(b) En déduire que la suite
(c) Établir une inégalité entre les réels
(d) En déduire que la suite
3) Soient les deux suites réelles positives
et
(a) Expliciter pour
n positif ou nul et
k supérieur ou égal à 1 les termes
u_n(k) associés à chacune des deux suites
(y_n)_(n ≥ 0) et
(z_n)_(n ≥ 0) .
(b) Déterminerlim inf_(n → + ∞)y_n et
lim inf_(n → + ∞)z_n .
4)
(a) On suppose ici que(x_n)_(n ≥ 0) est une suite croissante de réels positifs. Comparer
u_n et
x_n et en déduire que si
(x_n)_(n ≥ 0) converge en croissant vers un réel
ℓ alors
lim inf_(n → + ∞)x_n = ℓ
(b) Montrer que si(x_n)_(n ≥ 0) est une suite décroissante de réels positifs, convergente vers un réel
ℓ , alors
lim inf_(n → + ∞)x_n = ℓ .
(c)
i) Soientα_1, α_2, …, α_r des réels donnés et soit
I un intervalle ouvert de
ℝ . On suppose que pour tout
i tel que
1 ≤ i ≤ r ,
α_i appartient à
I . Montrer que
min_(i ∈ [1, r])α_i ∈ I .
ii) Démontrer que si(x_n)_(n ≥ 0) est une suite de réels positifs convergente vers
ℓ réel positif, on a
lim inf_(n → + ∞)x_n = ℓ .
5) Soitf une fonction continue sur
ℝ_+ à valeurs dans
ℝ_+ .
(a) Pourx réel positif fixé, on définit la fonction
φ_x sur
ℝ_+ par
(b) Déterminer
4)
(a) On suppose ici que
(b) Montrer que si
(c)
i) Soient
ii) Démontrer que si
5) Soit
(a) Pour
Montrer que la fonction
φ_x est décroissante sur
ℝ_+ .
(b) En déduire queφ_x(h) a une limite dans
ℝ_+ quand
h tend vers
+ ∞ . On note
Φ_x cette limite.
(c) Montrer que la fonctionx ↦ Φ_x est croissante sur
ℝ_+ .
(d) En déduire que la limitelim_(x → + ∞)Φ_x existe (noter qu'elle peut valoir
+ ∞ ). On la nomme la limite inférieure de
f et elle est notée
lim inf_(x → + ∞)f(x) .
(e) Un exemple : soitf la fonction continue sur
ℝ_+ définie par
(b) En déduire que
(c) Montrer que la fonction
(d) En déduire que la limite
(e) Un exemple : soit
et telle que
f(x) = f(x + 2) pour tout réel positif
x (on dit que
f est périodique de période 2 ).
i) Représenter graphiquementf sur le segment
[0, 4] .
ii) Que vautφ_x(h) pour
x positif et
h supéricur ou égal à 2 .
iii) En déduireΦ_x puis
lim inf_(x → + ∞)f(x) .
(f)f est de nouveau une fonction quelconque continue sur
ℝ_+ à valeurs dans
ℝ_+ , et on reprend les notations de 5(a) et 5(b).
i) Soitx un réel positif. Montrer que pour tout réel
h positif, on a
f(x) ≥ φ_x(h) .
ii) En déduire l'inégalité
i) Représenter graphiquement
ii) Que vaut
iii) En déduire
(f)
i) Soit
ii) En déduire l'inégalité
iii) On suppose que
lim inf_(x → + ∞)f(x) > 0 . Montrer qu'il existe deux réels
x_0 et
ε strictement positifs tels que pour tout
x supérieur ou égal à
x_0 on a
f(x) ≥ ε .
(g) Soientf et
g deux fonctions continues de
ℝ_+ dans
ℝ_+ telles que
f(x) ≥ g(x) pour tout
x positif, et
lim_(x → + ∞)g(x) = ℓ où
ℓ est un réel positif. Montrer que
lim inf_(x → + ∞)f(x) ≥ ℓ .
(g) Soient
II Lois sous-exponentielles
Dans la suite du problème, toutes les variables aléatoires sont définies sur un espace probabilisé (
Ω, A, P ). On notera comme d'habitude, sous réserve d'existence,
E(X) et
V(X) l'espérance et la variance d'une variable aléatoire réelle
X .
SiX est une variable aléatoire réelle positive de fonction de répartition
F , on notera systématiquement
F¯ la queue de la répartition définie par
F¯(x) = 1 − F(x) = P(X > x) pour tout
x positif.
6) SoientX et
Y deux variables aléatoires indépendantes à valeurs dans
IN . Pour tout
n entier naturel, on pose
Si
6) Soient
Montrer que pour tout
n entier naturel,
Par analogie, on admettra que si
X et
Y sont deux variables aléatoires réelles positives indépendantes, admettant respectivement les densités
f_X et
f_Y continues sur
I_+^∗ et continues à droite en 0 , la variable
X + Y admet une densité notée
f_X∗f_Y définie, pour
x positif, par
On notera
F_(X + Y) la fonction de répartition de la variable aléatoire
X + Y .
7) Soitλ un réel strictement positif et soient
X et
Y deux variables aléatoires indépendantes de loi exponentielle de paramètre
λ . On note
f une densité commune et
F leur fonction de répartition. On prendra pour tout
x positif ou nul,
f(x) = λe^(− λx) .
(a) Expliciter, pourx positif,
F(x) et
F¯(x) .
(b) Calculer(f∗f)(x) pour tout
x positif.
(c) En déduireF_(X + Y)(x) pour tout
x positif.
(d) Montrer que
7) Soit
(a) Expliciter, pour
(b) Calculer
(c) En déduire
(d) Montrer que
- Soit
X une variable aléatoire positive de fonction de répartitionF . On dit que la loi deX est à support illimité à droite si pour toutx positif,F¯(x) > 0 .
SoientX etY deux variables aléatoires indépendantes positives, de même loi à support illimité à droite, de fonction de répartition communeF .
(a) Montrer que pour toutx positif,
(b) Montrer que
P(max(X, Y) > x) = 1 − F^2(x) .
(c) Montrer quelim_(x → + ∞)(1 − F^2(x))/(F¯(x)) = 2 .
(d) En déduire quelim inf_(x → + ∞)(F_(X + Y)^–(x))/(F¯(x)) ≥ 2 .
9) SoitX une variable aléatoire positive de fonction de répartition
F . On suppose que la loi de
X est à support illimité à droite. On dit que cette loi est sous-exponentielle si
(c) Montrer que
(d) En déduire que
9) Soit
où, comme dans les notations précédentes,
F_(X + Y) désigne la fonction de répartition de la somme des deux variables aléatoires réelles positives
X et
Y indépendantes, de même loi et de fonction de répartition
F .
On considère alors deux variables aléatoires réelles positives indépendantes
X et
Y de même loi sousexponentielle.
(a) Montrer que
(a) Montrer que
(b) En déduire (en utilisant la question 8.c) que
(c) Démontrer l'égalité
(d) Conclure que
(e) Interpréter le résultat précédent.
III Problèmes de queues
Soit
f une densité de probabilité sur
ℝ que l'on suppose nulle sur
ℝ_−^∗ et continue sur
ℝ_+^∗ et
F la fonction de répartition associée. On dit que la loi de probabilité définie par la densité
f possède une loi à queue lourde si pour tout
λ strictement positif, l'intégrale
∫_1^(+ ∞)f(x)e^(λx)dx est divergente, c'est-à-dire que pour tout réel
λ > 0 ,
- Soit
X une variable aléatoire de densitéf . Montrer que si la loi deX est à queue lourde, elle est à support illimité à droite. - Étude de quelques lois particulières :
(a) Une loi exponentielle est-elle à queue lourde?
(b) Soitf la fonction d'expressionf(x) = 1/((1 + x)^2) six positif ou nul etf(x) = 0 six est strictement négatif.
i) Montrer quef est une densité de probabilité.
ii) Soitλ strictement positif. Justifier l'existence d'un réel positifx_0 tel que pour toutx supérieur ou égal àx_0 on ait(e^(λx))/((1 + x)^2) ≥ 1 .
iii) En déduire que la loi définie parf est à queue lourde.
(c) SoitZ une variable aléatoire de loi normale centrée réduite etX la variable aléatoire définie parX = e^Z .
i) Déterminer une densitéf deX .
ii) Soitλ strictement positif. Que vautlim_(x → + ∞)[λx − 1/2(lnx)^2 − lnx] ?
iii) En déduire qu'il existe un réelx_0 strictement positif tel que
iv) En déduire que la loi de
X est à queue lourde.
On désigne désormais par
X une variable aléatoire positive de loi à support illimité à droite et admettant une densité
f continue sur
ℝ_+^∗ et continue à droite en 0 . On note
F la fonction de répartition associée. On pose alors
r(x) = (f(x))/(F¯(x)) et
R(x) = − lnF¯(x) , pour
x positif.
12) Montrer que
12) Montrer que
- On suppose que
lim inf_(x → + ∞)(R(x))/x > 0 .
(a) Montrer qu'il existe deux réelsx_0 etℰ strictement positifs tels que pour toutx supérieur ou égal àx_0 ,F¯(x) ≤ e^(− εx) ,
(b) Soitλ tel que0 < λ < ε . SoitA strictement positif donné. Montrer que
(c) Conclure que
∫_0^(+ ∞)e^(λx)f(x)dx converge et que la loi de
X n'est pas à queue lourde.
14) On rappelle l'inégalité de Markov : siZ est une variable aléatoire positive admettant l'espérance
E(Z) , alors pour tout
α strictement positif, on a
14) On rappelle l'inégalité de Markov : si
On suppose maintenant que la loi de
X n'est pas à queue lourde.
(a) Montrer qu'il existeλ strictement positif tel que
c = E(e^(λX)) existe.
(b) Soitx strictement positif. Montrer que
F¯(x) ≤ c ⋅ e^(− λx) .
(c) Montrer quelim inf_(x → + ∞)(R(x))/x ≥ λ > 0 .
(a) Montrer qu'il existe
(b) Soit
(c) Montrer que
La condition
lim inf_(x → + ∞)(R(x))/x = 0 n'est pas forcément très agréable à vérifier pour prouver qu'une loi possède une queue lourde. De ce fait, on introduit une autre notion plus simple dont on va montrer qu'elle suffit à assurer cette propriété.
15) SoitX une variable aléatoire positive de fonction de répartition
F . On dit que la loi de
X possède une queue longue si pour tout réel
ε strictement positif, il existe un réel
A strictement positif tel que pour tout réel
x supéricur ou égal à
A , et tout réel
y appartenant à
[0, 1] , on a
15) Soit
Dans la suite,
F désigne la fonction de répartition d'une variable aléatoire
X qui suit une telle loi.
(a) Montrer que pour touty de
[0, 1]lim_(x → + ∞)(F¯(x + y) − F¯(x))/(F¯(x)) = 0 .
(b) En déduire quelim_(x → + ∞)(F(x + y) − F(x))/(F¯(x)) = 0 .
(c) Montrer que pour touty de
[0, 1] ,
(a) Montrer que pour tout
(b) En déduire que
(c) Montrer que pour tout
(d) Montrer que
lim_(x → + ∞)(R(x + 1) − R(x)) = 0 .
16) SoitF la fonction de répartition d'une variable aléatoire de loi à queue longue.
(a) Soitλ strictement positif fixé.
i) Montrer qu'il existex_0 positif tel que pour tout
x supéricur ou égal à
x_0 et pour tout
y de
[0, 1] , on a
16) Soit
(a) Soit
i) Montrer qu'il existe
Indication : On utilisera la définition de fonction de répartition d'une variable aléatoire qui suit une loi à queue longue donnée à la question précédente avec une valeur précise de
ε que l'on explicitera.
ii) Montrer que pour tout entier naturel non nuln , on a
ii) Montrer que pour tout entier naturel non nul
iii) En déduire que
lim_(n → + ∞)e^(λ(x_0 + n))F¯(x_0 + n) = + ∞
(b) Justifier que pour toutλ strictement positif, la fonction
x ↦ e^(λx)F¯(x) n'est pas bornée sur
ℝ_+ ,
(c) En raisonnant par l'absurde, montrer quelim inf_(x → + ∞)(R(x))/x = 0 .
(d) Conclure que toute loi à queue longue possède une queue lourde.
(b) Justifier que pour tout
(c) En raisonnant par l'absurde, montrer que
(d) Conclure que toute loi à queue longue possède une queue lourde.
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