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Loi exponentielle et suite récurrente, variable aléatoire à densité, endomorphisme de multiplication matricielle et tirages dans deux urnes
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Le sujet comprend trois exercices indépendants. L'exercice 1 étudie une suite récurrente liée à la loi exponentielle, puis une variable aléatoire de densité xe^(-x) et son image par l'exponentielle. L'exercice 2 étudie l'endomorphisme φ_A de M2(R) qui à M associe AM, et son lien avec la diagonalisabilité de A. L'exercice 3 étudie trois expériences de tirages dans deux urnes contenant des boules blanches et une éventuelle boule noire, avec calcul de lois et d'espérances.

  1. 1Exercice 1, partie I : loi exponentielle et étude d'une suiteRappel des propriétés de la loi exponentielle, étude de la monotonie et de la convergence d'une suite récurrente définie par la fonction de répartition, complétion d'un programme Scilab et étude de la nature de la série associée.
  2. 2Exercice 1, partie II : fonction et variable aléatoire à densitéÉtude de la fonction g(x) = xe^(-x), démonstration qu'elle est une densité de probabilité, calcul de la fonction de répartition et de l'espérance de la variable aléatoire Y associée, puis étude de la variable aléatoire Z = e^Y.
  3. 3Exercice 2 : endomorphisme de multiplication à gauche par une matriceÉtude de l'endomorphisme φ_A de M2(R) défini par φ_A(M) = AM, lien entre bijectivité de φ_A et inversibilité de A, étude sur un exemple numérique, puis démonstration que la diagonalisabilité de A entraîne celle de φ_A.
  4. 4Exercice 3 : tirages dans deux urnesÉtude de trois expériences aléatoires de tirages sans remise puis avec remise dans deux urnes, avec calcul des lois et espérances des variables aléatoires représentant le rang d'obtention de la boule noire, le nombre de tirages pour identifier l'urne, et le temps d'attente conjoint de boules noires et blanches, en s'appuyant sur des simulations Scilab.

Description

Annale de maths appliquées Ecricome pour la filiere ECE, session 2015.

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Voie E

Erreur d'énoncé : Exercice 1, I-2(b), lire « Montrer que pour tout entier naturel n non nul, on a : u_n > 0. ».

EXERCICE 1

Les deux parties de cet exercice sont indépendantes.

I - Une loi exponentielle et une suite

1. Une loi exponentielle.

Soit X une variable aléatoire réelle qui suit une loi exponentielle de paramètre 1 .
(a) Donner une densité de X et rappeler les valeurs de l'espérance et de la variance de la variable aléatoire X.
(b) Redémontrer que la fonction de répartition de la variable aléatoire X est la fonction F définie pour tout réel x par :
F(x) = {0, si x < 0,; 1 − e^(− x), si x ⩾ 0.

2. Étude d'une suite.

On considère la suite (u_n)_(n ⩾ 1) définie par u_1 = 1 et pour tout entier naturel non nul n par : u_(n + 1) = F(u_n).
(a) Montrer que pour tout réel x : e^x ⩾ x + 1.
Montrer que l'égalité a lieu si et seulement si x = 0.
(b) Montrer que pour tout entier naturel n, on a : u_n > 0.
(c) Recopier et compléter le programme SCILAB suivant qui permet de représenter les cent premiers termes de la suite (u_n)_(n ⩾ 1) :
\(\mathrm{U}=\operatorname{zeros}(1,100)\)
\(\mathrm{U}(1)=1\)
for \(\mathrm{n}=1\) : 99
    \(\mathrm{U}(\mathrm{n}+1)=\) _----------------
end
plot( U, " + ")
(d) Le programme précédent complété permet d'obtenir la représentation graphique suivante :
Quelle conjecture pouvez-vous émettre sur la monotonie et la limite de la suite (u_n)_(n ⩾ 1) ?
(e) Étudier la monotonie de la suite (u_n)_(n ⩾ 1).
(f) En déduire que la suite (u_n)_(n ⩾ 1) est convergente et déterminer sa limite.
(g) À l'aide de la question 2(a), montrer successivement que pour tout entier naturel n non nul :
u_(n + 1) ⩾ (u_n)/(1 + u_n) et 1/(u_(n + 1)) ⩽ 1 + 1/(u_n).
(h) Montrer par récurrence que pour tout entier naturel n non nul :
u_n ⩾ 1/n
(i) On modifie le programme écrit en question 2(c) en remplaçant la dernière ligne par :
X = 1 : 100; S = cumsum(U); Y = log(X); plot2 d(X, S); plot2 d(X, Y)
Le programme ci-dessus permet d'obtenir la représentation graphique suivante :
Que représente le vecteur-ligne S ?
Quelle conjecture pouvez-vous émettre sur la nature de la série de terme général u_n ?
(j) A l'aide de la question 2(h), établir la nature de la série de terme général u_n.

II - Une fonction et une variable aléatoire à densité

Soit g la fonction définie sur ℝ par :
g(x) = {0, si x < 0,; xe^(− x), si x ⩾ 0.

1. Étude de la fonction g.

(a) Montrer que g est dérivable sur ] − ∞, 0[ et sur ]0, + ∞[. Est-elle continue en 0 ? Est-elle dérivable en 0 ?
(b) Donner le tableau de variations de g sur [0, + ∞[ (on précisera la limite de g en + ∞ ).
(c) Étudier la convexité de g sur ]0, + ∞[.
(d) Donner l'allure de la courbe représentative de la fonction g sur ℝ.
On précisera avec soin cette allure au voisinage du point d'abscisse 0 de la courbe. On rappelle que e^(− 1) ≈ 0, 37.

2. Étude de variables aléatoires.

(a) Montrer que la fonction g est une densité de probabilité.
On note Y une variable aléatoire dont une densité est la fonction g, et dont la fonction de répartition est notée G.
(b) Sans calcul, justifier que la fonction G est de classe C^1 sur ℝ.
(c) Montrer que pour tout réel x,
G(x) = {0, si x < 0,; 1 − e^(− x)(1 + x), si x ⩾ 0.
(d) Montrer que la variable aléatoire Y admet une espérance, que l'on calculera.
3. On considère la variable aléatoire Z = e^Y.
(a) Déterminer la fonction de répartition notée H de la variable aléatoire Z.
(b) En déduire que Z est une variable aléatoire à densité et déterminer une densité de Z.
(c) La variable aléatoire Z admet-elle une espérance?

EXERCICE 2

On désigne par M_2(ℝ) l'ensemble des matrices carrées d'ordre 2 à coefficients réels. Pour toute matrice A ∈ M_2(ℝ), on considère l'application φ_A qui à toute matrice M ∈ M_2(ℝ) associe le produit AM.

I - Premiers résultats sur l'application φ_A et la matrice A

  1. Montrer que φ_A est un endomorphisme de M_2(ℝ).
  2. Montrer que si l'endomorphisme φ_A est bijectif, alors il existe une unique matrice N ∈ M_2(ℝ) telle que AN = I_2, où I_2 désigne la matrice identité d'ordre 2 .
  3. Montrer que l'application φ_A est un automorphisme de M_2(ℝ) si et seulement si la matrice A est inversible.

II - Un exemple

Dans cette partie et uniquement cette partie, on pose A = (1, 2; 0, − 1).
On note B = (E_(11), E_(12), E_(21), E_(22)) la base canonique de M_2(ℝ) avec :
E_(11) = (1, 0; 0, 0), E_(12) = (0, 1; 0, 0), E_(21) = (0, 0; 1, 0), E_(22) = (0, 0; 0, 1).
  1. Justifier que la matrice A est diagonalisable.
  2. Montrer que la matrice de l'endomorphisme φ_A dans la base B est :
T = (1, 0, 2, 0; 0, 1, 0, 2; 0, 0, − 1, 0; 0, 0, 0, − 1)
  1. Préciser les valeurs propres et une base de chaque sous-espace propre de l'endomorphisme φ_A.
  2. L'endomorphisme φ_A est-il diagonalisable ?

III - D'autres résultats sur l'application φ_A et la matrice A

On désigne par M_(2, 1)(ℝ) l'ensemble des matrices colonnes à 2 lignes.
  1. Soit un réel λ tel qu'il existe une matrice M ∈ M_2(ℝ) non nulle vérifiant :
φ_A(M) = λM
Montrer par un raisonnement par l'absurde que la matrice A − λI_2 n'est pas inversible.
2. Soit un réel μ tel qu'il existe une matrice X ∈ M_(2, 1)(ℝ) non nulle vérifiant AX = μX.
On note X = (x/y), A = (a, b; c, d), N = (x, 0; y, 0) et N^′ = (0, x; 0, y).
Montrer que N et N^′ sont des vecteurs propres de l'endomorphisme φ_A associés à la valeur propre μ.
3. Comparer le spectre de l'endomorphisme φ_A et le spectre de la matrice A.
4. Montrer que si la matrice A est diagonalisable, alors l'endomorphisme φ_A est diagonalisable.

EXERCICE 3

Dans tout cet exercice, N désigne un entier naturel supérieur ou égal à 3 .
On dispose de deux urnes opaques U_1 et U_2, d'apparence identique et contenant chacune N boules indiscernables au toucher.
L'urne U_1 contient ( N − 1 ) boules blanches et une boule noire.
L'urne U_2 contient N boules blanches.

I - Une première expérience aléatoire

On effectue des tirages sans remise dans l'urne U_1, jusqu'à l'obtention de la boule noire.
On note X la variable aléatoire qui prend pour valeur le nombre de tirages nécessaires pour l'obtention de la boule noire. On notera pour tout entier naturel i non nul :
  • N_i l'événement « on tire une boule noire lors du i-ième tirage».
  • B_i l'événement << on tire une boule blanche lors du i-ième tirage > .
  1. On simule 10000 fois cette expérience aléatoire.
Recopier et compléter le programme SCILAB suivant pour qu'il affiche l'histogramme donnant la fréquence d'apparition du rang d'obtention de la boule noire :
N = input(' Donner un entier naturel non nul') ;
S = zeros(1,N);
for k = 1 : 10000
    i = 1 ;
    M = N ;
    while
        i = i + 1 ;
        M = _-_-_-_-_-_____ ;
    end
    S(i)= S(i)+1 ;
end
disp(S / 10000)
bar(S / 10000)
  1. On exécute le programme complété ci-dessus. On entre 5 au clavier et on obtient l'histogramme suivant :
Quelle conjecture pouvez-vous émettre sur la loi de la variable aléatoire X ?
Pour les questions suivantes, on revient au cas général où N ⩾ 3.
3. En écrivant soigneusement les événements utilisés, calculer P(X = 1), P(X = 2) et P(X = 3).
4. Déterminer la loi de la variable aléatoire X.
5. Préciser le nombre moyen de tirages nécessaires à l'obtention de la boule noire.

II - Une deuxième expérience aléatoire

On choisit une des deux urnes au hasard (chaque urne a la même probabilité d'être choisie) et on tire dans l'urne choisie une par une les boules sans remise jusqu'à être en mesure de pouvoir connaître l'urne choisie.
On note Y la variable aléatoire qui prend pour valeur le nombre de tirages ainsi effectués.
On note :
  • C_1 l'événement « on choisit l'urne U_1 ».
  • C_2 l'événement « on choisit l'urne U_2 ».
  1. Montrer que pour tout entier j ∈ [ [1, N] ] :
P_(C_1)(Y = j) = 1/N
  1. Calculer P_(C_2)(Y = j) pour tout entier j ∈ [ [1, N] ].
    (On distinguera les cas j = N et 1 ⩽ j ⩽ N − 1 ).
  2. Montrer que :
P(Y = j) = {1/(2N), si j ∈ [ [1, N − 1] ]; 1/2 + 1/(2N), si j = N
  1. Calculer l'espérance de Y.

III - Une troisième expérience aléatoire

On effectue une succession infinie de tirages avec remise dans l'urne U_1. On admet qu'on obtient presque-sûrement au moins une boule blanche et au moins une boule noire lors de ces tirages.
On note T la variable aléatoire prenant pour valeur le nombre de tirages nécessaires jusqu'à l'obtention d'au moins une boule noire et d'au moins une boule blanche.
On note U la variable aléatoire prenant pour valeur le nombre de boules blanches tirées jusqu'à l'obtention d'au moins une boule noire et d'au moins une boule blanche.
Par exemple, si les tirages ont donné successivement : noire, noire, noire, blanche, blanche, noire,..., alors T = 4 et U = 1.
  1. Préciser les valeurs prises par T.
  2. Montrer soigneusement que pour tout entier k ⩾ 2,
P(T = k) = 1/N((N − 1)/N)^(k − 1) + (N − 1)/N(1/N)^(k − 1).
  1. Montrer que la variable aléatoire T admet une espérance que l'on calculera.
  2. (a) Calculer P([U = 1] ∩ [T = 2]).
    (b) Calculer P([U = 1] ∩ [T = k]) pour tout entier k ⩾ 3.
  3. Soit j un entier tel que j ⩾ 2.
    (a) Calculer P([U = j] ∩ [T = j + 1]).
    (b) Que vaut P([U = j] ∩ [T = k]) pour tout entier k ⩾ 2 tel que k ≠ j + 1 ?
  4. Les variables aléatoires T et U sont-elles indépendantes?
  5. Calculer P(U = 1) puis déterminer la loi de U.

Questions fréquentes

3 questions
Sur quels chapitres porte l'épreuve de mathématiques appliquées ECRICOME ECE 2015 ?
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Sur quels chapitres porte l'épreuve de mathématiques appliquées ECRICOME ECE 2015 ?

Le sujet porte sur les lois de probabilité continues (exponentielle, densité), les suites et séries, la réduction des endomorphismes, et les probabilités discrètes avec tirages dans des urnes.

Les trois exercices du sujet sont-ils indépendants ?

Oui, le sujet comporte trois exercices indépendants, et l'exercice 1 est lui-même divisé en deux parties indépendantes.

Le sujet demande-t-il d'utiliser un logiciel de programmation ?

Oui, plusieurs questions demandent de compléter ou d'interpréter des programmes en langage Scilab simulant des suites ou des expériences aléatoires.

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