BCE Maths appliquées ESSEC ECE 2017, épreuve 2Sujet, corrigé et rapport du jury
Epreuve de maths appliquées - ECE 2017
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Annale de maths appliquées BCE ESSEC pour la filiere ECE, session 2017.
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Concours d'admission de 2017
MATHÉMATIQUES II
Mercredi 3 mai 2017, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Etudier l'évolution des inégalités dans la répartition des richesses, matérielles ou symboliques, dans une société est un des thèmes majeurs des sciences humaines. Considérons un exemple élémentaire. Le tableau cidessous présente le pourcentage d'accès à l'enseignement secondaire en Grande-Bretagne lors de deux périodes pour deux catégories sociales.
| avant 1910 | entre 1935 et 1940 | |
| Profession libérale |
|
|
| Ouvriers |
|
|
On propose trois modes de comparaison des inégalités entre les deux classes sociales.
- En regardant l'augmentation des pourcentages pour les deux classes entre les deux périodes on conclut que l'inégalité a augmenté entre la classe la plus aisée (Profession libérale) et la plus défavorisée (Ouvriers).
- Si on regarde le taux d'accroissement des pourcentages, comme
(10)/1 > (62)/(37) , on déduit que l'inégalité a diminué. - Si on regarde le taux d'accroissement des pourcentages de ceux qui n'accèdent pas à l'enseignement secondaire, comme
(90)/(99) > (38)/(63) , on déduit que l'inégalité a augmenté puisque le nombre de ceux qui n'ont pas accès à l'enseignement supérieur a proportionnellement plus diminué que celui de ceux qui y ont accès.
Comme on le voit chacune des façons de voir est légitime à sa manière. L'objet du problème est d'introduire des outils afin d'étudier la concentration d'une loi de probabilité pour contourner des paradoxes auxquels une analyse trop rapide peut conduire, ou du moins d'en être conscient.
I Indice de Gini
On rappelle qu'une fonction numérique définie sur l'intervalle
J de
ℝ est convexe sur
J si elle vérifie la propriété suivante:
∀(t_1, t_2) ∈ J^2, ∀λ ∈ [0, 1], f(λt_1 + (1 − λ)t_2) ≤ λf(t_1) + (1 − λ)f(t_2) .
On rappelle en outre qu'une fonction
f est concave si
− f est convexe.
On désigne parE l'ensemble des applications
f définies sur
[0, 1] à valeurs dans
[0, 1] , continues et convexes sur
[0, 1] , et telles que
f(0) = 0 et
f(1) = 1 . Pour toute application
f de
E , on note
f~ l'application associée à
f , définie sur
[0, 1] par
f(t) = t − f(t) .
On pose enfinI(f) = 2∫_0^1 f~(t)dt = 2∫_0^1(t − f(t))dt.I(f) ''appelle l'indice de Gini de l'application
f . 1)
(a) Donnez une interprétation géométrique de la propriété de convexité.
(b) Lorsquef est une fonction de classe
C^1 sur
[0, 1] , rappeler la caractérisation de la convexité de
f sur
[0, 1] à l'aide de la dérivée
f^′ .
2)
(a) Justifier quef~ est concave sur
[0, 1] .
(b) Montrer queI(f) = 1 − 2∫_0^1 f(t)dt .
(c) Représenter dans un même repère orthonormé les fonctionsf et
t ↦ t et donner une interprétation géométrique de
I(f) .
3) Un premier exemple.
On désigne par
On pose enfin
(a) Donnez une interprétation géométrique de la propriété de convexité.
(b) Lorsque
2)
(a) Justifier que
(b) Montrer que
(c) Représenter dans un même repère orthonormé les fonctions
3) Un premier exemple.
Soit
f : [0, 1] → ℝ telle que
f(t) = t^2 pour tout
t ∈ [0, 1] .
(a) Montrer quef est un élément de
E .
(b) CalculerI(f) .
4) Propriétés de l'indice de Gini
(a) Pourf élément de
E , établir que
I(f) ≥ 0 .
(b) Montrer queI(f) = 0 si et seulement si
f(t) = t pour tout
t ∈ [0, 1] .
(c) Montrer que pour toutf élément de
E, I(f) < 1 .
(d) Pour tout entiern > 0 , on définit
f_n sur [0,1] par
f_n(t) = t^n .
i) Pour tout entiern strictement positif, calculer
I(f_n) .
ii) En déduire que pour tout réelA vérifiant
0 ≤ A < 1 , il existe
f appartenant à
E telle que
I(f) > A .
5) Minoration de l'indice de Gini
(a) Soitf élément de
E . Montrer qu'il existe
t_0 dans
]0, 1[ tel que
f~(t_0) = max_(t ∈ [0, 1])f~(t) .
(b) Montrer que pour toutt de
[0, t_0], f~(t) ≥ f~(t_0) ⋅ t/(t_0) .
(c) Montrer que pour toutt de
[t_0, 1], f~(t) ≥ f~(t_0) ⋅ (t − 1)/(t_0 − 1) .
(d) En déduire queI(f) ≥ f~(t_0) .
(a) Montrer que
(b) Calculer
4) Propriétés de l'indice de Gini
(a) Pour
(b) Montrer que
(c) Montrer que pour tout
(d) Pour tout entier
i) Pour tout entier
ii) En déduire que pour tout réel
5) Minoration de l'indice de Gini
(a) Soit
(b) Montrer que pour tout
(c) Montrer que pour tout
(d) En déduire que
L'indice de Gini donne une indication sur la concentration des richesses d'un pays si l'on suppose que la fonction
f rend compte de cette concentration. Par exemple,
f(0, 3) = 0, 09 s'interprète par le fait que dans la population classée par ordre de richesse croissante, les premiers
30% de la population possèdent
9% de la richesse totale du pays. Plus l'indice
I(f) est grand, plus la répartition des richesses est inégalitaire.
II Le cas à densité
Soit
g une densité de probabilité sur
ℝ , nulle sur
] − ∞, 0] , continue et strictement positive sur
]0, + ∞[ . On définit une fonction
G sur
ℝ_+ par
G(x) = ∫_0^x g(ν)dν pour
x ∈ ℝ_+ . Si
g représente la densité de population classée suivant son revenu croissant,
G(x) représente la proportion de la population dont le revenu est inférieur à
x . On suppose de plus que
∫_0^(+ ∞)νg(ν)dν est convergente et on note
m sa valeur qui représente donc la richesse moyenne de la population.
6)
(a) Montrer quem > 0 .
(b) Montrer queG est une bijection de
[0, + ∞[ sur
[0, 1[ . On notera
G^(− 1) son application réciproque.
(c) Quel est le sens de variation deG^(− 1) sur
[0, 1[ ?
7)
(a) A l'aide du changement de variablesu = G(ν) , établir que pour tout
t ∈ [0, 1[ ,
6)
(a) Montrer que
(b) Montrer que
(c) Quel est le sens de variation de
7)
(a) A l'aide du changement de variables
(b) En déduire que
∫_0^1 G^(− 1)(u)du converge et donner sa valeur.
8) Soitf la fonction définie sur
[0, 1] par :
f(t) = 1/m∫_0^t G^(− 1)(u)du pour tout
t ∈ [0, 1[ et
f(1) = 1 .
(a)
i) Montrer quef est continue sur
[0, 1] .
ii) Montrer quef est convexe sur
[0, 1[ . On admettra qu'en fait
f est convexe sur
[0, 1] .
iii) En déduire quef est un élément de
E .
(b) Montrer, à l'aide d'une intégration par parties, l'égalité
8) Soit
(a)
i) Montrer que
ii) Montrer que
iii) En déduire que
(b) Montrer, à l'aide d'une intégration par parties, l'égalité
- Soit
λ un réel strictement positif. On suppose dans cette question queg est une densité de la loi exponentielle de paramètreλ .
(a) ExpliciterG(x) pourx > 0 .
(b) ExpliciterG^(− 1)(u) pouru ∈ [0, 1[ .
(c) Donner la valeur dem .
(d) Soitt ∈ [0, 1[ . Montrer quef(t) = − ∫_0^t ln(1 − u)du .
(e) En déduire que pour toutt élément de[0, 1[ , on af(t) = (1 − t)ln(1 − t) + t .
(f) Justifier la convergence de l'intégrale∫_0^1(1 − t)ln(1 − t)dt et la calculer.
(g) En déduire la valeur deI(f) .
III Application à une population
Une population de
N personnes est divisée en deux classes (typiquement hommes et femmes) et en
n catégories (par exemple socio-professionnelles), suivant le tableau à double entrée suivant où tous les
x_i et
y_i pour
i dans
[ [1, n] ] sont des entiers naturels. On suppose en outre que pour tout
i dans
[ [1, n] ], x_i ≠ 0 .
| Classes | Catégories |
|
|
|
|
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|
| I |
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|
|
|
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| II |
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| Total |
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|
|
où on a donc posé
X = ∑_(i = 1)^n x_i, Y = ∑_(i = 1)^n y_i et
X + Y = N . On suppose en outre que
Y > 0 .
Pouri appartenant à
[ [1, n] ] , on adopte les notations suivantes :
Pour
On note aussi
ε_i = (x_i)/(n_i) , et
ε = X/N , et on suppose que les catégories sont numérotées de telle sorte que
- On pose
Ω = {c_1, c_2, …, c_n} , ensemble des catégories dans la population.
(a) Montrer queP = (p_i)_(1 ≤ i ≤ n), Q = (q_i)_(1 ≤ i ≤ n) etR = (r_i)_(1 ≤ i ≤ n) sont des distributions de probabilités.
(b) Montrer que(q_1)/(p_1) ≤ ⋯ ≤ (q_n)/(p_n) (*)^∗
(c) Montrer que(r_1)/(p_1) ≥ ⋯ ≥ (r_n)/(p_n)
(d) Montrer que pouri appartenant à[ [1, n] ], r_i = (n_i − x_i)/(N − X) = (p_i − εq_i)/(1 − ε) . - Dans un premier temps, nous allons construire une application appartenant à
E , qui permet de mesurer les inégalités à l'intérieur de la classe I.
On poseP_0 = Q_0 = 0 , et pouri ∈ [ [1, n] ], P_i = ∑_(h = 1)^i p_h etQ_i = ∑_(h = 1)^i q_h . On définit alors l'applicationφ de[0, 1] dans[0, 1] telle que, pour tout entieri ∈ [ [0, n] ], φ(P_i) = Q_i et pour tout entieri ∈ [ [0, n − 1] ], φ est affine sur le segment[P_i, P_(i + 1)] .
(a) On suppose dans cette questionn = 3 .
Représenter dans un repère orthonormé
φ lorsque
P = (1/2, 1/4, 1/4) et
Q = (1/3, 1/6, 1/2) .
(b) Montrer que, dans le plan rapporté à un repère orthonormé, la pente de la droite passant par les points de coordonnées(P_(i − 1), Q_(i − 1)) et
(P_i, Q_i) est
u_i = (q_i)/(p_i) pour
i appartenant à
[ [1, n] ] .
(c) Montrer que sii ∈ [ [0, n − 1] ] et
t ∈ [P_i, P_(i + 1)] , on a
φ(t) = u_(i + 1)(t − P_i) + Q_i .
(d) En admettant que les inégalités (*) de la question 10(b) permettent d'affirmer queφ est convexe, justifier que
φ appartient à
E .
(e) Pouri ∈ [ [0, n − 1] ] , calculer
∫_(P_i)^(P_(i + 1))φ(t)dt .
(f) ExprimerI(φ) sous la forme d'une somme en fonction de
P_0, P_1, …, P_n, Q_0, …, Q_n .
12) Nous allons maintenant étudier l'application correspondante pour la classe II.
(b) Montrer que, dans le plan rapporté à un repère orthonormé, la pente de la droite passant par les points de coordonnées
(c) Montrer que si
(d) En admettant que les inégalités (*) de la question 10(b) permettent d'affirmer que
(e) Pour
(f) Exprimer
12) Nous allons maintenant étudier l'application correspondante pour la classe II.
On pose
P_0 = R_0 = 0 et pour
i ∈ [ [1, n] ], P_i = ∑_(h = 1)^i p_h et
R_i = ∑_(h = 1)^i r_h . De même on définit pour
i élément de
[ [0, n] ], Π_i = 1 − P_(n − i) . On considère l'application
ψ de
[0, 1] dans
[0, 1] telle que pour tout entier
i ∈ [ [0, n] ] ,
ψ(P_i) = R_i et pour tout entier
i ∈ [ [0, n − 1] ] ,
ψ est affine sur le segment
[P_i, P_(i + 1)] .
(a) Montrer que la pente de la droite passant par les points de coordonnées(P_(i − 1), R_(i − 1)) et
(P_i, R_i) est
v_i = (r_i)/(p_i) pour
i ∈ [ [1, n] ] .
(b) On considère l'applicationψ^∗ définie pour tout
t ∈ [0, 1] par
ψ^∗(t) = 1 − ψ(1 − t) .
i) On suppose dans cette questionn = 3 .
(a) Montrer que la pente de la droite passant par les points de coordonnées
(b) On considère l'application
i) On suppose dans cette question
Représenter dans un même repère orthonormé les courbes représentatives de
ψ et
ψ^∗ lorsque
P = (1/2, 1/4, 1/4) et
R = (2/3, 1/6, 1/6) .
ii) Montrer queψ^∗ est convexe sur
[0, 1] .
iii) Montrer queψ^∗ est affine sur chaque segment
[Π_i, Π_(i + 1)] pour
i ∈ [ [0, n − 1] ] .
iv) Montrer que la pente deψ^∗ sur
[Π_(i − 1), Π_i] est
v_(n − i + 1) pour
i ∈ [ [1, n] ] .
ii) Montrer que
iii) Montrer que
iv) Montrer que la pente de
On dit dans cette situation que les fonctions
φ et
ψ^∗ sont adjointes l'une de l'autre. C'est leur comparaison que Gini a proposé de considérer pour "mesurer les inégalités" entre la population de catégorie I et celle de catégorie II.
Une égalité entre les fonctions adjointes signale notamment l'absence totale d'inégalité sociale. La dernière question précise quelque peu ce point.
13)
(a) Montrer que siφ = ψ^∗ alors pour tout
i appartenant à
[ [1, n] ] ,
Une égalité entre les fonctions adjointes signale notamment l'absence totale d'inégalité sociale. La dernière question précise quelque peu ce point.
13)
(a) Montrer que si
(b) Montrer que si
φ = ψ^∗ , alors pour tout
i appartenant à
[ [1, n] ] , on a
ε_i + ε_(n − i + 1) = 2ε .
(c) Déduire que siφ = ψ^∗ , on a pour tout
i appartenant à
[ [1, n] ], ε_i(1 − 2ε) = ε(1 − 2ε) .
(d) On supposeε ≠ 1/2 . Montrer que si
φ = ψ^∗ , alors pour tout
i appartenant à
[ [1, n] ], ε_i = ε . Interpréter ce résultat.
(c) Déduire que si
(d) On suppose
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