BCE Maths appliquées ESSEC ECE 2017Sujet et corrigé
Epreuve de maths appliquées - ECE 2017
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Annale de maths appliquées BCE ESSEC pour la filiere ECE, session 2017.
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Concours d'admission de 2017
Conception : ESSEC
MATHÉMATIQUES
Jeudi 4 mai 2017 , de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs. Ils ne doivent faire usage d'aucun document. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
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^1 , mettant en cause les outils de mesure de performance en temps réel des différentes campagnes de publicité sur internet, démontrent que certaines données très sensibles (préférences religieuses, sexuelles, etc.) peuvent être obtenues par des segmentations précises des audiences et sans aucune action de la part de l'utilisateur.
Dans ce problème, nous nous intéressons à une méthode proposée pour protéger ces données, méthode baptisée confidentialité différentielle.
Dans ce problème, nous nous intéressons à une méthode proposée pour protéger ces données, méthode baptisée confidentialité différentielle.
Les parties I et II sont totalement indépendantes. Vous trouverez une aide Scilab en fin de sujet.
On considère un espace probabilisé (Ω, A, ℙ ) sur lequel sont définies les variables aléatoires qui apparaissent dans l'énoncé.
On considère un espace probabilisé (
Partie I - Lois de Laplace - propriétés et simulation
Soit
α ∈ ℝ et
β > 0 . On dit qu'une variable aléatoire réelle a densité suit une loi de Laplace de paramètre
(α, β) , notée
L(α, β) , si elle admet comme densité la fonction
f donnée par :
- Vérifier que
f est bien une densité de probabilité d'une variable aléatoire réelle. - Déterminer la fonction de répartition, notée
Ψ , de la loiL(0, 1) . - On suppose que
X suit la loiL(0, 1) .
(a) Montrer queβX + α suit la loiL(α, β) .
(b) En déduire la fonction de répartition de la loiL(α, β) . - Espérance et variance.
(a) On suppose queX suit la loiL(0, 1) .
Montrer que
𝔼(X) et
𝕍(X) existent et valent respectivement 0 et 2.
(b) En déduire l'existence et les valeurs de l'espérance et de la variance d'une variable aléatoire réelle qui suit la loiL(α, β) .
5. Simulation à partir d'une loż exponentielle. SoitU une variable aléatoire qui suit la loi exponentielle de paramètre 1 et
V une variable aléatoire qui suît la loi de Bernoulli de paramètre
1/2 et indépendante de
U .
(a) En utilisant le système complet naturellement associé àV , montrer que
X = (2V − 1)U suit la loi
L(0, 1) .
(b) Compléter la définition Scilab ci-dessous pour que la fonction ainsi définie réalise la simulation d'une variable aléatore qui suit la loiC(α, β) :
(b) En déduire l'existence et les valeurs de l'espérance et de la variance d'une variable aléatoire réelle qui suit la loi
5. Simulation à partir d'une loż exponentielle. Soit
(a) En utilisant le système complet naturellement associé à
(b) Compléter la définition Scilab ci-dessous pour que la fonction ainsi définie réalise la simulation d'une variable aléatore qui suit la loi
function r = Laplace (alpha,beta)
if ...<= 1/2
V =1
else
V = 0
end
X=(2*V-1)*grand(1,1, "exp", 1)
r = ...
endfunction
Partie II - Lois
ε -différentielles
Soit
ε > 0 . On dit que
(X, Y) , un couple de variables aléatoires, est un couple
ε -différentiel si, pour tout intervalle
I de
ℝ :
Intuitivement, les lois de
X et
Y seront d'autant plus proches que le plus petit
ε tel que
(X, Y) soit un couple
ε -différentiel est proche de 0 .
6. Soit(X, Y, Z) un triplet de variables aléatoires réelles.
(a) Montrer que si(X, Y) est
ε -différentiel alors
(Y, X) l'est aussi.
(b) Montrer que si(X, Y) est
ε -différentiel et
(Y_1 Z) est
ε^′ -différentiel alors
(X, Z) est
(ε + ε^′) -différentiel.
7. Soit(X, Y) un couple de variables aléatoires réelles discrètes. On suppose que
X(Ω) ∪ Y(Ω) = {z_n/n ∈ J} où
J est un sous ensemble non vide de
ℕ .
Montrer que (X, Y ) est
ε -differentiel si et seulement si
6. Soit
(a) Montrer que si
(b) Montrer que si
7. Soit
Montrer que (
- Premier exemple.
Dans cette question, on suppose que
X suit la loi géométrique de paramètre
1/2, Z suit la loi de Bernoulli de paramètre
p ∈ ]0, 1[ et elles sont indépendantes. On pose
Y = X + Z .
(a) Déterminer la loi deY .
(b) Établir que pour toutk ∈ ℕ^∗, 1 − p ⩽ (ℙ([Y = k]))/(ℙ([X = k])) ⩽ 1/(1 − p) .
(c) En déduire que(X, Y) est
− ln(1 − p) -différentiel.
(d) Que se passe-t-il lorsquep s'approche de 0 ou lorsqu'il s'approche de 1 ? Était-ce prévisible?
9. On suppose queX et
Y sont deux variables à densité de densités respectives
f et
g et de fonction de répartition
F et
G .
(a) On suppose que pour toutt ∈ ℝ, e^(− ε)f(t) ⩽ g(t) ⩽ e^ε f(t) .
(a) Déterminer la loi de
(b) Établir que pour tout
(c) En déduire que
(d) Que se passe-t-il lorsque
9. On suppose que
(a) On suppose que pour tout
Montrer que
(X, Y) est
ε -différentiel.
(b) On suppose dans la suite de cette question que(X, Y) est
ε -différentiel.
(b) On suppose dans la suite de cette question que
Soit
h > 0 et
t ∈ ℝ où
f et
g sont continues.
Montrer que :
Montrer que :
En conclure que :
e^(− ε)f(t) ⩽ g(t) ⩽ e^ε f(t) .
10. Deuxième exemple : lois de Cauchy.
(a) Montrer que∫_(− ∞)^(+ ∞)1/(t^2 + 1) dt converge. On admet que cette intégrale est égale à
π .
(b) On définit, poura > 0 , la fonction
f_a sur
ℝ par, pour tout
t ∈ ℝ, f_a(t) = a/(π(t^2 + a^2)) .
10. Deuxième exemple : lois de Cauchy.
(a) Montrer que
(b) On définit, pour
Montrer que
f_a est une densité de probabilité d'une variable aléatoire à densité.
(c) On suppose queX et
Y sont deux variables aléatoires admettant comme densités repectives
f_1 et
f_a avec
a > 1 .
Montrer que(X, Y) est
ln(a) -différentiel.
11. Une première interprétation.
(c) On suppose que
Montrer que
11. Une première interprétation.
On suppose que
(X, Y) est un couple
ε -différentiel et que
U est une variable de Bernoulli de paramètre
p ∈ ]0, 1[ indépendante de
X et
Y .
On définit la variable aléatoireZ par :
On définit la variable aléatoire
(a) Soit
I un intervalle de
ℝ telle que
ℙ([Z ∈ I]) ≠ 0 .
Montrer que :
ℙ_([Z ∈ I])([U = 1]) = p(ℙ([X ∈ I]))/(pℙ([X ∈ I]) + (1 − p)ℙ([Y ∈ I])) .
En déduire que :
En déduire que :
(b) Si
ε est proche de zéro, le fait de disposer d'une information sur la valeur de
Z change-t-il notablement le paramètre de la loi de
U et par conséquent la probabilité d'en déduire la valeur prise par U?
Partie III - Confidentialité différentielle
- Soit
d ∈ ℕ^∗ . On considèreD = [ [0, d] ] etn un entier naturel plus grand que 2 . - On dira que deux éléments de
D^n, a etb , sont voisins si ils ne différent que d'une composante au plus. On noteV l'ensemble des couples de voisins.
- On considère
q une application deD^n dansℝ .
Concrètement, un élément de
D^n représente une table d'une base de donnée et q une requête sur cette base. Étant donné
a = (a_1, …, a_n) , on s'intéresse au problème de la confidentialité de certains des
a_i lorsque les autres
a_i sont connus, ainsi que
D, q et
q(a) .
12. Dans cette question on suppose quea_2, …, a_n sont connus et on cherche à protéger
a_1 .
(a) Quelle est probabilité d'obtenir la bonne valeur dea_1 si lon choisit une valeur au hasard daus
[ [0, d] ] ?
(b) Dans cette questionq(a_1, …, a_n) = ∑_(i = 1)^n a_i .
12. Dans cette question on suppose que
(a) Quelle est probabilité d'obtenir la bonne valeur de
(b) Dans cette question
Montrer que si
q(a) est publique alors on sait déterminer la valeur de
a_1 .
On dit que l'on dispose d'un procédé de
ε -confidentialite de
D^n pour
q si :
(c1) pour touta ∈ D^n , on dispose d'une variable aléatoire réelle
X_a ;
(c2) pour tout(a, b) ∈ V, (X_a, X_b) est
ε -différentiel.
(c3) pour touta ∈ D^n, 𝔼(X_a) = q(a) .
13. Majoration de la probabilité de trouver a1.
(c1) pour tout
(c2) pour tout
(c3) pour tout
13. Majoration de la probabilité de trouver a1.
Dans cette question, nous allons justifier en partie la terminologie. On suppose à nouveau que
a_2, …, a_n sont connus, que l'on cherche à protéger
a_1 et que :
- Le public connaît des "intervalles
I_0, …, I_d disjoints de réunionℝ tels qu'avec les valeurs fixées dea_2, …, a_n , siq(a) ∈ I_j alorsa_1 = j . Cela signifie que siq(a) est publique alorsa_1 aussi. - On dispose d'un procédé de
ε -confidentialité deD^n pourq et que1^2 on rendX_a publique à la place deq(a) .
On considère alors que l'expérience aléatolie modélisée par (
Ω, A, ℙ ) comporte comme première étape le choix au hasard de
a_1 dans
[ [0, d] ] et on définit :
-
A_1 la variable aléatoire associée à ce choix ; - pour tout
j ∈ [0, d], Y_j = X_((j, a_2, …, a_m)) . On suppose queA_1 etY_j sont indépendantes pour toutj ∈ D . - la variable aléatoire réelle
R par :
∀ω ∈ Ω , siA_1(ω) = j alors on détermine l'uniquek tel queY_j(ω) ∈ I_k et on poseR(ω) = k . -
θ = ℙ([R = A_1]) .
(a) Montrer queθ = ∑_(j = 0)^d ℙ([Y_j ∈ I_j] ∩ [A_1 = j]) .
(b) En déduìre queθ = 1/(d + 1)∑_(j = 0)^d ℙ([Y_j ∈ I_j]) .
(c) En conclure que :
(d) On pose
ρ = 1/(d + 1) et
τ = (θ − ρ)/ρ .
Donner une majoration de
τ . Que représente cette quantité?
Qu'en déduire concernant la méthode de confidentialité présentée dans cette question lorsque e est proche de 0 ?
On poseδ = max_((a, b) ∈ V)|q(a) − q(b)| et on suppose que
δ > 0 .
14. Dans cette question, pour touta ∈ D^n , on pose
X_a = q(a) + Y où
Y suit la loi de Laplace de paramètre
(0, β) .
(a) Pour touta ∈ D^n , déterminer
𝔼(X_a) et une densité de probabilité
f_a de la loi de
X_a en fonction de
q(a) et de
β .
(b) Montrer que pour toutt ∈ ℝ et
(a, b) ∈ V, f_a(t) ⩽ exp(δ/β)f_b(t) .
Qu'en déduire concernant la méthode de confidentialité présentée dans cette question lorsque e est proche de 0 ?
On pose
14. Dans cette question, pour tout
(a) Pour tout
(b) Montrer que pour tout
En deduire que pour tout
(a, b) ∈ V, (X_a, X_b) est
δ/β -différentiel.
(c) Comment choisirβ pour disposer alors d'un procédé de
ε -confidentialité de
D^n pour
q ?
15. Dans cette question, pour touta = (a_1, …, a_n) appartenant à
D^n_r q(a) = ∑_(k = 1)^n a_k .
(a) Quelle est la valeur deδ ?
(c) Comment choisir
15. Dans cette question, pour tout
(a) Quelle est la valeur de
On utilise dans la suite le procédé de
ε -confidentialité tel qu'il a été défini dans la question 14 mais au lieu de publier la valeur
X_a , on procède ansi :
- si
X_a < 1/2 on publie 0; - si
X_a ∈ [k − 1/2, k + 1/2[ oùk ∈ [1, nd − 1] , on publiek ; - sinon on publie nd.
(b) Montrer que la valeur aléatoireZ_a publiée vérifie :
(c) Écrire un script qui pour
d, n et
a saisis par l'utilisateur, génère une valeur aléatoire de
a ∈ D^n puis affiche
q(a) et
Z_α .
(d) Pourn = 1000, d = 4 et
ε choisi par l'utilisateur, ecrire un script qui estime la valeur moyenne de
(|Z_a − q(a)|)/(q(a)) (on considèrera que
q(a) est toujours non nul).
N.B. À titre d'information, on obtient le tableau de valeurs suivant :
(d) Pour
N.B. À titre d'information, on obtient le tableau de valeurs suivant :
|
|
0.1 | 0.2 | 0.3 | 0.4 | 0.5 | 0.6 | 0.7 | 0.8 | 0.9 | 1 | 1.1 | 1.2 |
| Moyenne |
|
|
|
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|
Aide Scilab. La fonction Scilab grand permet de simuler, en particulier, les lois exponentielles et uniformes discretes. Par exemple :
- grand
(3, 2 , "exp", 0.5) renvoie une matrice aléatoire(3, 2) dont les coefficients sont des variables indépendantes qui suivent la loi exponentielle d'espérance 0,5 . - grand ( 1,2, "uin",
− 1, 3 ) renvoie une matrice aléatoire ( 1,2 ) dont les coefficients sont des variables indépendantes qui suivent la loi uniforme discrète sur[ [ − 1, 3] ] .
- Par exemple, A. Korolova. Privacy violations using microtargeted ads : A case study (2010)
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