BCE Maths appliquées ESSEC ECE 2019, épreuve 2Sujet, corrigé et rapport du jury
Epreuve de maths appliquées - ECE 2019
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Annale de maths appliquées BCE ESSEC pour la filiere ECE, session 2019.
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Conception : ESSEC BS
MATHÉMATIQUES II
Lundi 6 mai 2019, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Aucun document n'est autorisé. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Aucun document n'est autorisé. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Un modèle probabiliste d'une expérience aléatoire représente dans un certain sens le désordre qui intervient dans l'expérience et il est donc naturel que des outils soient introduits qui permettent de mesurer l'intensité de ce désordre. C'est le cas de la notion d'entropie qui fait l' objet du présent problème. On considèrera différentes situations et notamment la façon dont on mesure l'information que deux variables aléatoires s'apportent mutuellement.
Dans la première partie on étudie le cas plus simple techniquement de variables dont la loi admet une densité. Les deuxièmes et troisièmes parties sont consacrées au cas discret. Dans la deuxième partie, on introduit les différentes notions d'entropie pour le cas de variables discrètes et dans la troisième partie, on examine comment on peut mesurer l'information apportée mutuellement par deux variables aléatoires.
Toutes les variables aléatoires intervenant dans le problème sont définies sur un espace probabilisé (Ω, A, P ). Pour toute variable aléatoire
Y , on notera
E(Y) son espérance lorsqu'elle existe.
Dans la première partie on étudie le cas plus simple techniquement de variables dont la loi admet une densité. Les deuxièmes et troisièmes parties sont consacrées au cas discret. Dans la deuxième partie, on introduit les différentes notions d'entropie pour le cas de variables discrètes et dans la troisième partie, on examine comment on peut mesurer l'information apportée mutuellement par deux variables aléatoires.
Toutes les variables aléatoires intervenant dans le problème sont définies sur un espace probabilisé (
Première partie : Entropie différentielle d'une variable à densité
- La fonction logarithme de base 2 , notée
log_2 , est définie surℝ_+^∗ parlog_2(x) = (lnx)/(ln2) .
(a) Montrer que pour tout(x, y) élément deℝ_+^∗ × ℝ_+^∗ , on alog_2(xy) = log_2 x + log_2 y .
(b) Vérifier que pour tout réelα, log_2(2^α) = α .
(c) Montrer que la fonctionlog_2 est concave surℝ_+^∗ . - Soit
X une variable aléatoire réelle à densité, et soitf une densité deX . On appelle support def l'ensembleI = {x ∈ ℝ, f(x) > 0} , et on suppose queI est un intervalle deℝ d'extrémitésa etb (a < b, a etb finis ou infinis). L' entropie différentielle deX est, sous réserve d'existence, le réel
Montrer que
h(X) = − E(log_2 f(X)) .
3) SoitX une variable aléatoire de densité
f de support
I , intervalle de
ℝ d'extrémités
a et
b . On suppose que
X admet une entropie différentielle.
(a) Soitc un réel, et soit
Y la variable aléatoire définie par
Y = c + X .
i) Déterminer une densité deY .
ii) Justifier l'existence de l'entropie différentielleh(Y) , et la déterminer en fonction de
h(X) .
(b) Soitα un réel strictement positif, et soit
Z la variable aléatoire définie par
Z = αX .
i) Déterminer une densité deZ .
ii) Justifier l'existence de l'entropie différentielleh(Z) , et la déterminer en fonction de
h(X) .
4) On détermine dans cette question l'entropie différentielle de quelques variables aléatoires suivant des lois classiques.
(a) Soita > 0 . On considère
X une variable aléatoire de loi uniforme sur
[0, a] .
i) Donner une densité deX .
ii) Justifier l'existence de l'entropie différentielleh(X) , et la déterminer.
iii) Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur a pour queh(X) > 0 .
(b) On considèreY une variable aléatoire de loi normale centrée réduite. Montrer que
Y admet une entropie différentielle et que
h(Y) = 1/2log_2(2πe) .
(c) On considèreZ une variable aléatoire de loi exponentielle de paramètre
λ(λ > 0) . Justifier l'existence de l'entropie différentielle
h(Z) et la déterminer.
(d) Soitf la fonction définie sur
ℝ par
f(x) = 1/2λe^(− λ|x|)(λ > 0) .
i) Montrer quef est une densité de probabilité sur
ℝ .
ii) SoitW une variable aléatoire de densité
f . Justifier l'existence de l'entropie différentielle
h(W) et la déterminer.
5) On dit qu'un couple(X, Y) de variables aléatoires est un couple gaussien centré si, pour tout
(α, β) ∈ ℝ^2 ,
αX + βY est une variable de loi normale centrée, c'est-à-dire qu'il existe
γ ∈ ℝ et une variable aléatoire
Z de loi normale centrée réduite tels que
αX + βY a même loi que
γZ . On considère un tel couple (
X, Y ) et on note
σ^2 la variance de
X . On suppose que
σ^2 > 0 .
(a) Montrer queX suit une loi normale centrée.
(b) Calculerh(X) .
(c) On suppose désormais queX et
Y suivent la même loi normale centrée de variance
σ^2 et on admet que les propriétés de l'espérance des variables discrètes se généralisent aux variables aléatoires quelconques.
i) Montrer queE(XY) existe.
ii) Montrer de plus que pour tout réelλ, λ^2 E(Y^2) + 2λE(XY) + E(X^2) ≥ 0 .
iii) En déduire queE(XY)^2 ≤ E(X^2)E(Y^2) .
iv) On poseρ = E(XY)/σ^2 . Montrer que
ρ ∈ [ − 1, 1] .
v) Que vautρ si
X et
Y sont indépendantes?
(d) On suppose|ρ| < 1 . On appelle entropie jointe du couple (
X, Y ) le réel
3) Soit
(a) Soit
i) Déterminer une densité de
ii) Justifier l'existence de l'entropie différentielle
(b) Soit
i) Déterminer une densité de
ii) Justifier l'existence de l'entropie différentielle
4) On détermine dans cette question l'entropie différentielle de quelques variables aléatoires suivant des lois classiques.
(a) Soit
i) Donner une densité de
ii) Justifier l'existence de l'entropie différentielle
iii) Déterminer une condition nécessaire et suffisante sur a pour que
(b) On considère
(c) On considère
(d) Soit
i) Montrer que
ii) Soit
5) On dit qu'un couple
(a) Montrer que
(b) Calculer
(c) On suppose désormais que
i) Montrer que
ii) Montrer de plus que pour tout réel
iii) En déduire que
iv) On pose
v) Que vaut
(d) On suppose
i) A quelle condition
h(X, Y) est-elle nulle?
ii) L' information mutuelle deX et
Y est définie par
ii) L' information mutuelle de
Calculer
I(X, Y) .
iii) Montrer queI(X, Y) ≥ 0 .
iv) Quelle est la limite deI(X, Y) quand
ρ tend vers 1 ?
iii) Montrer que
iv) Quelle est la limite de
Deuxième partie : Généralités sur l'entropie des variables discrètes
Soit
A un ensemble fini non vide. On dit que
X est une variable aléatoire dont la loi est à support
A , si
X est à valeurs dans
A et si pour tout
x ∈ A, P(X = x) > 0 .
6) SoitX une variable aléatoire de loi à support
{0, 1, 2, …, n} où
n est un entier naturel. On appelle entropie de
X le réel
6) Soit
(a) On définit la fonction
g : {0, …, n} → ℝ en posant
g(k) = log_2 P(X = k) pour
k élément de
{0, 1, …, n} . Montrer que
H(X) = − E(g(X)) .
(b) Montrer queH(X) ≥ 0 .
(c) Soitp un réel tel que
0 < p < 1 . On suppose dans cette question que
X suit la loi de Bernoulli
B(p) .
i) CalculerH(X) en fonction de
p . On note
ψ la fonction qui, à
p , associe
H(X) .
ii) Montrer queψ est concave sur
]0, 1[ .
iii) Déterminer la valeurp_0 où
ψ est maximale.
(d) On suppose dans cette question que la loi deX est à support
{0, 1, 2, 3} avec les probabilités
(b) Montrer que
(c) Soit
i) Calculer
ii) Montrer que
iii) Déterminer la valeur
(d) On suppose dans cette question que la loi de
Calculer
H(X) .
7) On souhaite écrire une fonction en Scilab pour calculer l'entropie d'une variable aléatoireX dont le support de la loi est de la forme
A = {0, 1, …, n} où
n est un entier naturel. On suppose que le vecteur P de Scilab est tel que pour tout
k de
A, P(k + 1) = P(X = k) . Compléter la fonction ci-dessous d'argument P qui renvoie l'entropie de
X , c'est-à-dire
− ∑_(k = 0)^n P(X = k)log_2 P(X = k) .
7) On souhaite écrire une fonction en Scilab pour calculer l'entropie d'une variable aléatoire
function h = Entropie(P)
...
endfunction
Si nécessaire, on pourra utiliser l'instruction length
(P) qui donne le nombre d'éléments de P .
On souhaite maintenant démontrer quelques inégalités concernant l'entropie.
8) On commence par une inégalité générale, appelée Inégalité de Jensen.
(a) SoitN ≥ 2 . Soit
X une variable aléatoire de loi à support
{x_1, x_2, …, x_N} où les
x_i sont des éléments distincts de
ℝ_+ . On pose
P(X = x_i) = p_i . Montrer que pour tout
1 ≤ i ≤ N , on a
p_i < 1 .
On souhaite maintenant démontrer quelques inégalités concernant l'entropie.
8) On commence par une inégalité générale, appelée Inégalité de Jensen.
(a) Soit
On désire démontrer par récurrence la propriété suivante
P(N) :
Pour touteφ fonction convexe sur
ℝ_+ , si
X une variable aléatoire de loi à support
A ⊂ ℝ_+avecCardA = N , on a
E(φ(X)) ≥ φ(E(X)) .
(b) Montrer queP(2) est vraie.
(c) SoitN ≥ 3 . On suppose que
P(N − 1) est vérifiée. Soit
X une variable aléatoire de loi à support
A = {x_1, x_2, …, x_N} où les
x_i sont des éléments distincts de
ℝ_+ . On pose
P(X = x_i) = p_i . Pour
i tel que
1 ≤ i ≤ N − 1 , on pose
p_i^′ = (p_i)/(1 − p_N) .
i) Montrer que∑_(i = 1)^(N − 1)p_i^′ = 1 et
0 < p_i^′ < 1 pour
1 ≤ i ≤ N − 1 .
ii) SoitY une variable aléatoire de loi à support
{x_1, …, x_(N − 1)} telle que
P(Y = x_i) = p_i^′ pour
1 ≤ i ≤ N − 1 . Montrer que
∑_(i = 1)^(N − 1)p_i^′ φ(x_i) ≥ φ(∑_(i = 1)^(N − 1)p_i^′ x_i) .
iii) Montrer queE(φ(X)) ≥ φ(E(X)) .
(d) Montrer que siφ est concave sur
ℝ_+ , on a
E(φ(X)) ≤ φ(E(X)) .
9) SoitX une variable aléatoire de loi à support
{0, 1, …, n} . On pose, pour
k tel que
0 ≤ k ≤ n ,
p_k = P(X = k) .
(a) Montrer que∑_(k = 0)^n p_k log_2 1/((n + 1)p_k) ≤ log_2∑_(k = 0)^n(p_k)/((n + 1)p_k) = 0 .
(b) Montrer que∑_(k = 0)^n p_k log_2[(n + 1)p_k] = log_2(n + 1) − H(X) .
(c) Montrer queH(X) ≤ log_2(n + 1) .
(d) On suppose queX suit la loi uniforme sur
{0, 1, …, n} . Calculer
H(X) .
10) SoientX et
Y deux variables aléatoires de même loi à support
{0, 1, …, n} . On suppose en outre
X et
Y indépendantes.
(a) Montrer queP(X = Y) = ∑_(k = 0)^n(P(X = k))^2 .
(b) On posev(k) = P(X = k) pour tout
k élément de
{0, 1, …, n} . Montrer que
Pour toute
(b) Montrer que
(c) Soit
i) Montrer que
ii) Soit
iii) Montrer que
(d) Montrer que si
9) Soit
(a) Montrer que
(b) Montrer que
(c) Montrer que
(d) On suppose que
10) Soient
(a) Montrer que
(b) On pose
(c) En déduire que
2^(− H(X)) ≤ P(X = Y) .
(d) Donner un exemple de loi où l'inégalité précédente est une égalité.
(d) Donner un exemple de loi où l'inégalité précédente est une égalité.
Troisième partie : Entropie jointe et information mutuelle de deux variables discrètes
Soient
X et
Y deux variables aléatoires de lois à support
{0, 1, …n} . On appelle entropie jointe de
X et
Y le réel
avec la convention
0log_2 0 = 0 .
11)
(a) On définit la fonctiong : {0, 1, …, n}^2 → ℝ ∪ { − ∞} en posant pour
(k, j) ∈ {0, 1, …, n}^2
11)
(a) On définit la fonction
Montrer que
H(X, Y) = − E(g(X, Y)) .
(b) Montrer queH(X, Y) = H(Y, X) .
(c) Pour toutk tel que
0 ≤ k ≤ n , on pose
(b) Montrer que
(c) Pour tout
On appelle entropie conditionnelle de
Y sachant
X le réel
Montrer que
H(X, Y) = H(X) + H(Y/X) .
(d) Montrer que pour tout couple de variables aléatoiresX et
Y de lois à support
{0, 1, …n} , on a
(d) Montrer que pour tout couple de variables aléatoires
- On considère dans cette question deux variables aléatoires de lois à support
{0, 1, 2, 3} . On suppose que la loi conjointe de(X, Y) est donnée par le tableau suivant
|
|
0 | 1 | 2 | |
|
|
3 | |||
| 0 |
|
|
|
|
| 1 |
|
|
|
|
| 2 |
|
|
|
|
| 3 |
|
0 | 0 | 0 |
(on lit dans la
k -ième colonne et la
j -ième ligne la valeur de
P([X = k] ∩ [Y = j]) ).
(a) Déterminer la loi deX et montrer que
H(X) = 7/4 .
(b) Déterminer la loi deY et calculer
H(Y) .
(c) Montrer queH(X/Y) = 11/8 .
(d) Que vautH(Y/X) ?
(e) CalculerH(X, Y) .
13) SoientX et
Y deux variables aléatoires de lois à support
{0, 1, …, n} . On appelle information mutuelle de
X et de
Y le réel
(a) Déterminer la loi de
(b) Déterminer la loi de
(c) Montrer que
(d) Que vaut
(e) Calculer
13) Soient
(a) Montrer que
I(X, Y) = I(Y, X) .
(b) Montrer queI(X, Y) = H(X) − H(X/Y) .
(c) Montrer queI(X, X) = H(X) .
(d) Que vautI(X, Y) si
X et
Y sont indépendantes?
14) SoientX et
Y deux variables aléatoires de lois à support
{0, 1, …, n} . On fixe
0 ≤ k ≤ n . Pour
0 ≤ j ≤ n , on pose
p_j = (P([X = k] ∩ [Y = j]))/(P(X = k)) . On suppose que
p_j > 0 pour tout
0 ≤ j ≤ n et on pose
x_j = (P(X = k)P(Y = j))/(P([X = k] ∩ [Y = j])) .
(a) Montrer que∑_(j = 0)^n p_j = 1 .
(b) SoitZ_k une variable aléatoire de loi à support
{x_0, …, x_n} dont la loi est donnée par
P(Z_k = x_j) = p_j pour
0 ≤ j ≤ n . Montrer que
(b) Montrer que
(c) Montrer que
(d) Que vaut
14) Soient
(a) Montrer que
(b) Soit
(c) En déduire que
I(X, Y) ≥ 0 .
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