BCE Maths appliquées HEC/ESSEC ECE 2019Sujet et corrigé
Epreuve de maths appliquées - ECE 2019
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Annale de maths appliquées BCE HEC/ESSEC pour la filiere ECE, session 2019.
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Conception : HEC Paris - ESSEC BS
MATHÉMATIQUES
Mardi 30 avril 2019, de 14 h. à 18 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Aucun document n'est autorisé. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
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Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
EXERCICE
- Dans cette question, on considère les matrices
C = (0; 1; 2) ∈ M_(3, 1)(R), L = (1, 2, − 1) ∈ M_(1, 3)(R) et le produit matricielM = CL .
a) (i) CalculerM etM^2 .
(ii) Déterminer le rang deM .
(iii) La matriceM est-elle diagonalisable?
b) (i) SoitP = (0, 1, 0; 1, 0, 0; 0, − 2, 1) . Justifier que la matriceP est inversible et calculer le produitP(0; 1; 2) .
(ii) Trouver une matrice inversibleQ dont la transposée^t Q vérifie :^t Q(1; 2; − 1) = (1; 0; 0) .
(iii) Pour une telle matriceQ , calculer le produitPMQ . - La fonction Scilab suivante permet de multiplier la
i -ème ligneL_i d'une matriceA par un réel sans modifier ses autres lignes, c'est-à-dire de lui appliquer l'opération élémentaireL_i ← aL_i (oùa ≠ 0 ).
function B=multlig(a,i,A)
[n,p]=size(A);
B=A;
for j=1:p
B(i,j)=a*B(i,j)
end;
endfunction
a) Donner le code Scilab de deux fonctions addlig (d'arguments b,i, j, A ) et echlig (d'arguments i, j, A) permettant d'effectuer respectivement les deux autres opérations élémentaires sur les lignes d'une matrice :
a) Donner le code Scilab de deux fonctions addlig (d'arguments b,
b) Expliquer pourquoi la fonction multligmat suivante retourne le même résultat B que la fonction multlig.
function \(B=\) multligmat \((a, i, A)\)
[n,p]=size(A) ;
\(D=\operatorname{eye}(n, n)\);
\(D(\mathbf{i}, \mathbf{i})=\mathbf{a}\);
\(\mathrm{B}=\mathrm{D} * \mathrm{~A} ;\)
endfunction
- Dans cette question, on note
n un entier supérieur ou égal à 2 etM une matrice deM_n(R) de rang 1 .
Pour tout couple
(i, j) ∈ [ [1, n] ]^2 , on note
E_(i, j) la matrice de
M_n(R) dont tous les coefficients sont nuls sauf celui situé à l'intersection de sa
i -ème ligne et de sa
j -ème colonne, qui vaut 1 .
a) (i) Justifier l'existence d'une matrice-colonne non nulleC = (c_1; ⋮; c_n) ∈ M_(n, 1)(R) et d'une matrice-ligne non nulle
L = (ℓ_1…ℓ_n) ∈ M_(1, n)(R) telles que
M = CL .
(ii) Calculer la matriceMC et en déduire une valeur propre de
M .
(iii) Montrer que si le réel∑_(i = 1)^n c_i ℓ_i est différent de 0 , alors la matrice
M est diagonalisable.
b) (i) À l'aide de l'égalitéM = CL , établir l'existence de deux matrices inversibles
P et
Q telles que
PMQ = E_(1, 1) .
(ii) En déduire que pour tout couple(i, j) ∈ [ [1, n] ]^2 , il existe deux matrices inversibles
P_i et
Q_j telles que
P_i MQ_j = E_(i, j) .
a) (i) Justifier l'existence d'une matrice-colonne non nulle
(ii) Calculer la matrice
(iii) Montrer que si le réel
b) (i) À l'aide de l'égalité
(ii) En déduire que pour tout couple
PROBLÈME
Dans ce problème, on définit et on étudie les fonctions génératrices des moments et les fonctions génératrices des cumulants de variables aléatoires discrètes ou à densité.
Les cumulants d'ordre 3 et 4 permettent de définir des paramètres d'asymétrie et d'aplatissement qui viennent compléter la description usuelle d'une loi de probabilité par son espérance (paramètre de position) et sa variance (paramètre de dispersion) ; ces cumulants sont notamment utilisés pour l'évaluation des risques financiers.
Les cumulants d'ordre 3 et 4 permettent de définir des paramètres d'asymétrie et d'aplatissement qui viennent compléter la description usuelle d'une loi de probabilité par son espérance (paramètre de position) et sa variance (paramètre de dispersion) ; ces cumulants sont notamment utilisés pour l'évaluation des risques financiers.
Dans tout le problème:
- on note
(Ω, A, P) un espace probabilisé et toutes les variables aléatoires introduites dans l'énoncé sont des variables aléatoires réelles définies sur (Ω, A ); - sous réserve d'existence, l'espérance et la variance d'une variable aléatoire
X sont respectivement notéesE(X) etV(X) ; - pour toute variable aléatoire
X et pour tout réelt pour lesquels la variable aléatoiree^(tX) admet une espérance, on pose :
(les fonctions
M_X et
K_X sont respectivement appelées la fonction génératrice des moments et la fonction génératrice des cumulants de
X )
- lorsque, pour un entier
p ∈ N^∗ , la fonctionK_X est de classeC^p sur un intervalle ouvert contenant l'origine, on appelle cumulant d'ordrep deX , notéQ_p(X) , la valeur de la dérivéep -ième deK_X en 0 :
Partie I. Fonction génératrice des moments de variables aléatoires discrètes
Dans toute cette partie :
- on note
n un entier supérieur ou égal à 2 ; - toutes les variables aléatoires considérées sont discrètes à valeurs entières;
- on note
S une variable aléatoire à valeurs dans{ − 1, 1} dont la loi est donnée par :
- Soit
X une variable aléatoire à valeurs dans[ [ − n, n] ] .
a) Pour toutt ∈ R , écrireM_X(t) sous la forme d'une somme et en déduire que la fonctionM_X est de classeC^∞ surR .
b) Justifier pour toutp ∈ N^∗ , l'égalité :M_X^((p))(0) = E(X^p) .
c) SoitY une variable aléatoire à valeurs dans[ [ − n, n] ] dont la fonction génératrice des momentsM_Y est la même que celle deX .
On noteG_X etG_Y les deux polynômes définis par :
(i) Vérifier pour tout
t ∈ R , l'égalité :
G_X(e^t) = e^(nt)M_X(t) .
(ii) Justifier la relation :∀t ∈ R, G_X(e^t) = G_Y(e^t) .
(iii) En déduire que la variable aléatoireY suit la même loi que
X .
2. Dans cette question, on noteX_2 une variable aléatoire qui suit la loi binomiale
B(2, 1/2) .
(ii) Justifier la relation :
(iii) En déduire que la variable aléatoire
2. Dans cette question, on note
On suppose que les variables aléatoires
X_2 et
S sont indépendantes et on pose
Y_2 = SX_2 .
a) (i) Préciser l'ensemble des valeurs possibles de la variable aléatoireY_2 .
(ii) Calculer les probabilitésP([Y_2 = y]) attachées aux diverses valeurs possibles
y de
Y_2 .
b) Vérifier que la variable aléatoireX_2 − (S + 1) suit la même loi que
Y_2 .
3. Le script Scilab suivant permet d'effectuer des simulations de la variable aléatoireY_2 définie dans la question précédente.
(1)n = 10 ;
(2)X = grand(n, 2, ^′ bin
^′, 2, 0.5) ;
(3)B = grand(n, 2, ^′ bin^′, 1, 0.5) ;
(4)S = 2∗B -ones
(n, 2) ;
(5)Z1 = [S(1 : n, 1) ⋅ ∗X(1 : n, 1), X(1 : n, 1) − S(1 : n, 1) − ones
(n, 1)] ;
(6)Z2 = [S(1 : n, 1) ⋅ ∗X(1 : n, 1), X(1 : n, 2) − S(1 : n, 2) − ones
(n, 1)] ;
a) Que contiennent les variablesX et
S après l'exécution des quatre premières instructions ?
b) Expliquer pourquoi, après l'exécution des six instructions, chacun des coefficients des matrices Z1 et Z2 contient une simulation de la variable aléatoireY_2 .
c) On modifie la première ligne du script précédent en affectant à n une valeur beaucoup plus grande que 10 (par exemple, 100000) et en lui adjoignant les deux instructions (7) et (8) suivantes:
p1 = length
(f ind
(Z1(1 : n, 1) = Z1(1 : n, 2)))/n;
p2 = length
(f ind
(Z2(1 : n, 1) = Z2(1 : n, 2)))/n ;
Quelles valeurs numériques approchées la loi faible des grands nombres permet-elle de fournir pour p1 et p2 après l'exécution des huit lignes du nouveau script ?
Dans le langage Scilab, la fonction length fournit la «longueur» d'un vecteur ou d'une matrice et la fonction find calcule les positions des coefficients d'une matrice pour lesquels une propriété est vraie, comme l'illustre le script suivant :
a) (i) Préciser l'ensemble des valeurs possibles de la variable aléatoire
(ii) Calculer les probabilités
b) Vérifier que la variable aléatoire
3. Le script Scilab suivant permet d'effectuer des simulations de la variable aléatoire
(1)
(2)
(3)
(4)
(5)
(6)
a) Que contiennent les variables
b) Expliquer pourquoi, après l'exécution des six instructions, chacun des coefficients des matrices Z1 et Z2 contient une simulation de la variable aléatoire
c) On modifie la première ligne du script précédent en affectant à n une valeur beaucoup plus grande que 10 (par exemple, 100000) et en lui adjoignant les deux instructions (7) et (8) suivantes:
Quelles valeurs numériques approchées la loi faible des grands nombres permet-elle de fournir pour p1 et p2 après l'exécution des huit lignes du nouveau script ?
Dans le langage Scilab, la fonction length fournit la «longueur» d'un vecteur ou d'une matrice et la fonction find calcule les positions des coefficients d'une matrice pour lesquels une propriété est vraie, comme l'illustre le script suivant :
- > A= [1;2;0;4];
- > B= [2;2;4;3];
-- length(A)
ans = 4.
--> length([A,B])
ans =8.
- → find(A<B)
ans = 1. 3. // car 1<2 et 0<4, alors que 2>=2 et 4>=3
- Dans cette question, on note
X_n une variable aléatoire qui suit la loi binomialeB(n, 1/2) .
On suppose que les variables aléatoires
X_n et
S sont indépendantes et on pose
Y_n = SX_n .
a) Justifier que la fonctionM_(X_n) est définie sur
R et calculer
M_(X_n)(t) pour tout
t ∈ R .
b) Montrer que la fonctionM_(Y_n) est donnée par:
∀t ∈ R, M_(Y_n)(t) = 1/(2^(n + 1))((1 + e^t)^n + (1 + e^(− t))^n) .
c) En utilisant l'égalité(1 + e^(− t))^n = e^(− nt)(1 + e^t)^n , montrer que
Y_n suit la même loi que la différence
X_n − H_n , où
H_n est une variable aléatoire indépendante de
X_n dont on précisera la loi.
a) Justifier que la fonction
b) Montrer que la fonction
c) En utilisant l'égalité
Partie II. Propriétés générales des fonctions génératrices des cumulants et quelques exemples
- Soit
X une variable aléatoire etD_X le domaine de définition de la fonctionK_X .
a) Donner la valeur deK_X(0) .
b) Soit(a, b) ∈ R^2 etY = aX + b . Justifier pour tout réelt pour lequel at appartient àD_X , l'égalité :
c) On suppose ici que les variables aléatoires
X et
− X suivent la même loi.
Que peut-on dire dans ce cas des cumulants d'ordre impair de la variable aléatoire
X ?
6. SoitX et
Y deux variables aléatoires indépendantes et
D_X et
D_Y les domaines de définition respectifs des fonctions
K_X et
K_Y .
a) Montrer que pour tout réelt appartenant à la fois à
D_X et
D_Y , on a :
K_(X + Y)(t) = K_X(t) + K_Y(t) .
b) En déduire une relation entre les cumulants des variables aléatoiresX, Y et
X + Y .
7. SoitU une variable aléatoire suivant la loi uniforme sur l'intervalle
[0, 1] .
a) Montrer que la fonctionM_U est définie sur
R et donnée par:
∀t ∈ R, M_U(t) = {(e^t − 1)/t, si t ≠ 0; 1, si t = 0 .
b) Calculer la dérivée de la fonctionM_U en tout point
t ≠ 0 .
c) Trouver la limite du quotient(M_U(t) − 1)/t lorsque
t tend vers 0 .
d) Montrer que la fonctionM_U est de classe
C^1 sur
R .
8. Soitα et
β deux réels tels que
α < β .
6. Soit
a) Montrer que pour tout réel
b) En déduire une relation entre les cumulants des variables aléatoires
7. Soit
a) Montrer que la fonction
b) Calculer la dérivée de la fonction
c) Trouver la limite du quotient
d) Montrer que la fonction
8. Soit
Dans cette question, on note
X une variable aléatoire qui suit la loi uniforme sur l'intervalle
[α, β] .
a) ExprimerK_X en fonction de
M_U , où la variable aléatoire
U a été définie dans la question 7 .
b) Justifier que la fonctionK_X est de classe
C^1 sur
R et établir l'égalité :
Q_1(X) = E(X) .
9. Soit un réelλ > 0 et soit
T une variable aléatoire qui suit la loi de Poisson de paramètre
λ .
a) Déterminer les fonctionsM_T et
K_T .
b) En déduire tous les cumulants deT .
10. SoitZ une variable aléatoire qui suit la loi normale centrée réduite.
a) Justifier pour toutt ∈ R , la convergence de l'intégrale
∫_(− ∞)^(+ ∞)exp(tx − (x^2)/2)dx .
b) Montrer que la fonctionM_Z est définie sur
R et donnée par :
∀t ∈ R, M_Z(t) = exp((t^2)/2) .
c) En déduire la valeur de tous les cumulants d'une variable aléatoire qui suit une loi normale d'espéranceμ ∈ R et d'écart-type
σ ∈ R_+^∗ .
11. Soit(T_n)_(n ∈ N^∗) une suite de variables aléatoires telles que, pour tout
n ∈ N^∗ , la variable aléatoire
T_n suit la loi de Poisson de paramètre
n . Pour tout
n ∈ N^∗ , on pose :
W_n = (T_n − n)/(√n) .
a) Justifier la convergence en loi de la suite de variables aléatoires(W_n)_(n ∈ N^∗) vers une variable aléatoire
W .
b) Déterminer la fonctionK_(W_n) .
c) Montrer que pour toutt ∈ R , on a :
lim_(n → + ∞)K_(W_n)(t) = K_W(t) .
a) Exprimer
b) Justifier que la fonction
9. Soit un réel
a) Déterminer les fonctions
b) En déduire tous les cumulants de
10. Soit
a) Justifier pour tout
b) Montrer que la fonction
c) En déduire la valeur de tous les cumulants d'une variable aléatoire qui suit une loi normale d'espérance
11. Soit
a) Justifier la convergence en loi de la suite de variables aléatoires
b) Déterminer la fonction
c) Montrer que pour tout
Partie III. Cumulant d'ordre 4
Dans cette partie, on considère une variable aléatoire
X telle que
M_X est de classe
C^4 sur un intervalle ouvert I contenant l'origine.
On admet alors queX possède des moments jusqu'à l'ordre 4 qui coïncident avec les dérivées successives de la fonction
M_X en 0 . Autrement dit, pour tout
k ∈ [ [1, 4] ] , on a
M_X^((k))(0) = E(X^k) .
De plus, on pose :μ_4(X) = E((X − E(X))^4) .
12. Justifier les égalités :Q_1(X) = E(X) et
Q_2(X) = V(X) .
13. SoitX_1 et
X_2 deux variables aléatoires indépendantes et de même loi que
X . On pose :
S = X_1 − X_2 .
a) Montrer que la variable aléatoireS possède un moment d'ordre 4 et établir l'égalité :
On admet alors que
De plus, on pose :
12. Justifier les égalités :
13. Soit
a) Montrer que la variable aléatoire
b) Montrer que les fonctions
M_S et
K_S sont de classe
C^4 sur
I et que pour tout
t ∈ I , on a :
c) En déduire l'égalité :
E(S^4) = Q_4(S) + 3(V(S))^2 .
14. Justifier que le cumulant d'ordre 4 deX est donné par la relation :
Q_4(X) = μ_4(X) − 3(V(X))^2 .
14. Justifier que le cumulant d'ordre 4 de
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