BCE Maths approfondies HEC/ESCP ECS 2019, épreuve 2Sujet et corrigé
Epreuve de maths approfondies - ECS 2019
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Annale de maths approfondies BCE HEC/ESCP pour la filiere ECS, session 2019.
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Conception : HEC Paris - ESCP Europe
OPTION SCIENTIFIQUE
MATHÉMATIQUES II
Jeudi 2 mai 2019, de 8 h. à 12 h.
La présentation, la lisibilité, l'orthographe, la qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements entreront pour une part importante dans l'appréciation des copies.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
Aucun document n'est autorisé. L'utilisation de toute calculatrice et de tout matériel électronique est interdite. Seule l'utilisation d'une règle graduée est autorisée.
Si au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il la signalera sur sa copie et poursuivra sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il sera amené à prendre.
Les candidats sont invités à encadrer dans la mesure du possible les résultats de leurs calculs.
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La régression logistique permet de modéliser l'influence qu'exercent des facteurs exogènes sur une variable binaire, c'est-à-dire une variable ne pouvant prendre que deux valeurs.
Outre son domaine d'application privilégié qui est l'apprentissage automatique (machine learning), la régression logistique est couramment utilisée aussi bien en médecine qu'en actuariat et en économétrie.
Outre son domaine d'application privilégié qui est l'apprentissage automatique (machine learning), la régression logistique est couramment utilisée aussi bien en médecine qu'en actuariat et en économétrie.
Partie I. Fonction logistique et lois logistiques
On appelle fonction logistique la fonction
Λ définie sur
R par:
∀x ∈ R, Λ(x) = 1/(1 + e^(− x)) .
1.a) Montrer queΛ est une bijection de
R sur
]0, 1[ , dont la bijection réciproque est la fonction
L définie par :
1.a) Montrer que
b) Calculer la dérivée de la fonction
Λ .
c) Justifier l'existence d'un unique réelx_0 tel que :
Λ(x_0) = x_0 .
d) Établir pour toutx ∈ R , l'inégalité :
|Λ(x) − x| ⩽ |x − x_0| .
2. Le script Scilab suivant, dont la ligne (1) définit la fonctionΛ , permet de calculer une valeur approchée de
x_0 par la méthode de dichotomie.
(1) deff('y = Lambda(x)^′, ^′ y = 1/(1 + exp(− x))^′) ;
(2)a = 0 ;
(3)b = 1 ;
(4) eps= ........;
(5) while b-a>eps ;
(6)c = (a + b)/2 ;
(7) if Lambda(c) > c then ........; else
b = ……… ; end;
(8) end;
(9)xO = (a + b)/2
a) Compléter la ligne (7) et justifier le choix des valeurs affectées en lignes (2) et (3) aux variables a et b.
b) Quelle valeur maximale peut-on affecter en ligne (4) à la variable eps pour être assuré que l'erreur d'approximation commise ne dépasse pas10^(− 4) ?
c) Que peut-on dire de la valeur numérique obtenue par l'instruction (10) suivante ?
(10) Lambda ( x 0 ) -x 0
3. On noteλ la dérivée de la fonction
Λ .
a) Vérifier queλ est une densité de probabilité.
b) Préciser la parité de la fonctionλ ; donner l'allure de sa courbe représentative dans le plan rapporté à un repère orthogonal et en déterminer les points d'inflexion.
c) Justifier l'existence d'un unique réel
d) Établir pour tout
2. Le script Scilab suivant, dont la ligne (1) définit la fonction
(1) deff('
(2)
(3)
(4) eps= ........;
(5) while b-a>eps ;
(6)
(7) if Lambda
(8) end;
(9)
a) Compléter la ligne (7) et justifier le choix des valeurs affectées en lignes (2) et (3) aux variables a et b.
b) Quelle valeur maximale peut-on affecter en ligne (4) à la variable eps pour être assuré que l'erreur d'approximation commise ne dépasse pas
c) Que peut-on dire de la valeur numérique obtenue par l'instruction (10) suivante ?
(10) Lambda ( x 0 ) -x 0
3. On note
a) Vérifier que
b) Préciser la parité de la fonction
On dit qu'une variable aléatoire
Z suit la loi logistique standard si elle admet la fonction
λ pour densité. Pour tout couple
(r, s) ∈ R × R_+^∗ , on dit qu'une variable aléatoire
Y suit la loi logistique
L(r, s) si la variable aléatoire
Z définie par
Z = (Y − r)/s suit la loi logistique standard.
4.a) Justifier qu'une variable aléatoire qui suit une loi logistiqueL(r, s) admet des moments de n'importe quel ordre et en indiquer l'espérance.
b) En utilisant la méthode d'inversion, écrire le script d'une fonction Scilab, functionS = grandlogis(n, p, r, s) , fournissant pour tout couple (
n, p ) d'entiers strictement positifs, une matrice
S à
n lignes et
p colonnes dont les coefficients sont des simulations de variables aléatoires indépendantes suivant la loi logistique
L(r, s) .
c) Décrire un procédé permettant de calculer une valeur approchée de la variance de la loi logistique standard à l'aide de la fonction grandlogis.
5. SoitU_1 et
U_2 deux variables aléatoires indépendantes suivant chacune la loi exponentielle de paramètre 1 .
a) Montrer que la variable aléatoireZ = ln((U_1)/(U_2)) suit la loi logistique standard (on pourra utiliser un changement de variable exponentiel, c'est-à-dire de la forme
t = e^x ).
b) En déduire un nouveau script Scilab permettant de simuler une variable aléatoire suivant la loi logistique standard à l'aide de la fonction grand.
4.a) Justifier qu'une variable aléatoire qui suit une loi logistique
b) En utilisant la méthode d'inversion, écrire le script d'une fonction Scilab, function
c) Décrire un procédé permettant de calculer une valeur approchée de la variance de la loi logistique standard à l'aide de la fonction grandlogis.
5. Soit
a) Montrer que la variable aléatoire
b) En déduire un nouveau script Scilab permettant de simuler une variable aléatoire suivant la loi logistique standard à l'aide de la fonction grand.
Partie II. Variance de la loi logistique standard
- Pour tout couple
(a, b) ∈ R^2 , on noteIm(z) la partie imaginaireb du nombre complexez = a + ib . - Pour tout polynôme
P = ∑_(k = 0)^d a_k X^k ∈ R[X] de degréd ∈ N , les termes non nulsa_k X^k sont appelés les monômes deP et lesa_k leurs coefficients. - Dans la factorisation
P = a_d∏_(k = 1)^d(X − z_k) deP dansC[X] (lorsqued ≠ 0 ), la somme∑_(k = 1)^d z_k est appelée la somme des racines complexes deP , que les nombres complexesz_1, z_2, …, z_d soient distincts ou non.
Pour tout
n ∈ N , on pose :
P_n = ∑_(k = 0)^n(− 1)^k((2n + 1)/(2k + 1))(X − 1)^(n − k) .
6.a) Expliciter les polynômesP_0 et
P_1 .
b) Pour toutn ∈ N^∗ , préciser le degré du polynôme
P_n et donner les coefficients de ses deux monômes de plus hauts degrés.
c) Utiliser le résultat précédent pour montrer que pour toutn ∈ N^∗ , la somme des racines complexes de
P_n est égale à
(2n(n + 1))/3 .
7. Soitx ∈ R et
n ∈ N .
a) Justifier les égalités suivantes :
6.a) Expliciter les polynômes
b) Pour tout
c) Utiliser le résultat précédent pour montrer que pour tout
7. Soit
a) Justifier les égalités suivantes :
b) En déduire, pour tout
x ∈ ]0, π[ , la relation :
(sin((2n + 1)x))/(sin^(2n + 1)(x)) = P_n(1/(sin^2(x))) .
c) À l'aide du résultat de la question 6.c), montrer que pour toutn ∈ N^∗ , on a :
c) À l'aide du résultat de la question 6.c), montrer que pour tout
- Soit
x ∈ ]0, π/2[ .
a) Justifier les inégalités suivantes:sin(x) ⩽ x ⩽ tan(x) et1/(sin^2(x)) − 1 ⩽ 1/(x^2) ⩽ 1/(sin^2(x)) .
b) En utilisant le résultat de la question 7.c), en déduire, pour toutn ∈ N^∗ , l'encadrement :
c) Établir l'égalité :
∑_(k = 1)^(+ ∞)1/(k^2) = (π^2)/6 .
9. SoitZ une variable aléatoire suivant la loi logistique standard.
a) À l'aide d'une intégration par parties, justifier que la variance deZ , notée
V(Z) , vérifie l'égalité :
9. Soit
a) À l'aide d'une intégration par parties, justifier que la variance de
b) Établir pour tout
n ∈ N , l'égalité :
c) Montrer que l'intégrale
I_n tend vers 0 lorsque
n tend vers
+ ∞ et en déduire l'égalité :
d) En utilisant la formule établie en 8.c), déduire de l'égalité précédente que la variance de
Z est égale à
(π^2)/3 .
10.a) Établir la convergence des deux intégrales∫_0^(+ ∞)ln(x)e^(− x) dx et
∫_0^(+ ∞)(ln(x))^2 e^(− x) dx .
b) On poseI = ∫_0^(+ ∞)ln(x)e^(− x) dx et
J = ∫_0^(+ ∞)(ln(x))^2 e^(− x) dx .
10.a) Établir la convergence des deux intégrales
b) On pose
En utilisant le résultat de la question 5.a), calculer
J − I^2 .
Partie III. Estimation à partir de données binaires
Dans cette partie,
θ est un paramètre réel inconnu et
F désigne la fonction de répartition d'une variable aléatoire à densité dont une densité
f est continue et strictement positive sur
R .
Soit(Y_n)_(n ∈ N^∗) une suite de variables aléatoires indépendantes définies sur un espace probabilisé
(Ω, A, P_θ) suivant chacune la loi de Bernoulli de paramètre
F(θ) .
11. Justifier queF est une bijection de
R sur
]0, 1[ . On note
F^(− 1) sa bijection réciproque.
12. Pour toutn ∈ N^∗ , on pose :
Y¯_n = 1/n∑_(j = 1)^n Y_j .
Soit
11. Justifier que
12. Pour tout
Montrer que la suite
(√n(Y¯_n − F(θ)))_(n ∈ N^∗) converge en loi vers une variable aléatoire suivant une loi normale centrée dont on précisera la variance.
13. Pour toutn ∈ N^∗ et tout
ω ∈ Ω , on pose :
T_n(ω) = {F^(− 1)(Y¯_n(ω)), si 0 < Y¯_n(ω) < 1; 0, sinon .
13. Pour tout
De plus, pour tout
n ∈ N^∗ , on note
E_n l'événement
[0 < Y¯_n < 1] .
a) CalculerP_θ(E_n) et trouver la limite de cette probabilité lorsque
n tend vers
+ ∞ .
b) Soitx ∈ R et
n ∈ N^∗ .
(i) Établir l'égalité ensembliste{ω ∈ E_n/T_n(ω) ⩽ x} = [Y¯_n ⩽ F(x)] ∩ E_n et montrer que
[T_n ⩽ x] est un élément de la tribu
A .
(ii) Justifier l'encadrement :
a) Calculer
b) Soit
(i) Établir l'égalité ensembliste
(ii) Justifier l'encadrement :
c) Montrer que pour tout
x ≠ θ , on a :
lim_(n → + ∞)P_θ([T_n ⩽ x]) = {0, si x < θ; 1, si x > θ .
d) En déduire que(T_n)_(n ∈ N^∗) est une suite convergente d'estimateurs du paramètre
θ .
14. Pour toutn ∈ N^∗ et tout
ω ∈ Ω , on pose :
U_n(ω) = {(T_n(ω) − θ)/(Y¯_n(ω) − F(θ)), si Y¯_n(ω) ≠ F(θ); 1/(f(θ)), si Y¯_n(ω) = F(θ) .
d) En déduire que
14. Pour tout
On admet sans démonstration que pour tout
n ∈ N^∗, U_n est une variable aléatoire sur (
Ω, A, P_θ ).
a) Soitε > 0 .
a) Soit
Pour tout
n ∈ N^∗ , on note
B_n(ε) l'événement
[|U_n − 1/(f(θ))| ⩽ ε] .
(i) Établir l'existence d'un réelα > 0 tel que :
∀x ∈ [θ − α, θ + α], |1/(f(x)) − 1/(f(θ))| ⩽ ε .
(ii) Pour un telα , justifier l'inclusion :
[|T_n − θ| ⩽ α] ∩ E_n ⊂ B_n(ε) , où
E_n a été défini dans la question 13.
b) Montrer que la suite(U_n)_(n ∈ N^∗) converge en probabilité vers
1/(f(θ)) .
c) En déduire que la suite(√n(T_n − θ))_(n ∈ N^∗) converge en loi vers une variable aléatoire suivant une loi normale centrée dont on précisera la variance.
(i) Établir l'existence d'un réel
(ii) Pour un tel
b) Montrer que la suite
c) En déduire que la suite
Partie IV. Régression logistique
- Dans toute cette partie,
p désigne un entier supérieur ou égal à 2 . - Pour tout couple
(n, m) ∈ (N^∗)^2 , on noteM_(n, m)(R) l'ensemble des matrices àn lignes etm colonnes à coefficients réels et^t M la transposée de toute matriceM ∈ M_(n, m)(R) . - Pour tout
m ∈ N^∗ , le produit scalaire usuel de deux vecteursu etv deR^m est noté⟨u, v⟩ . SiU etV sont les matrices colonnes représentantu etv dans la base canonique, le produit scalaire⟨u, v⟩ est donc l'unique coefficient de la matrice^t UV . - On rappelle que les fonctions
Λ etL ont été définies dans la partie I.
Dans cette partie, on note
Y une variable aléatoire de Bernoulli, dite variable endogène, dont la loi dépend du niveau de
p facteurs exogènes.
L'influence de ces facteurs sur la loi deY est résumée par la fonction
b qui associe à un vecteur
x ∈ R^p , la probabilité
b(x) que
Y soit égale à 1 lorsque les niveaux des facteurs sont donnés par les composantes du vecteur
x .
L'influence de ces facteurs sur la loi de
Dans le modèle de régression logistique envisagé dans cette partie, la fonction
b est supposée de la forme:
où
α = (α_1, α_2, …, α_p) est un vecteur de
R^p dont les composantes
α_1, α_2, …, α_p sont des paramètres inconnus qui représentent les degrés d'influence des divers facteurs exogènes sur la variable endogène
Y .
Pour estimer les paramètres du modèle, on dispose dek vecteurs
x^((1)), x^((2)), …, x^((k)) de
R^p(k ∈ N^∗) et pour tout
i ∈ [ [1, k] ] , d'une suite
(Y_(i, n))_(n ∈ N^∗) de variables aléatoires indépendantes suivant chacune la loi de Bernoulli de paramètre
b(x^((i))) = Λ(⟨α, x^((i))⟩) .
Pour chaque indice fixéi et pour tout
n ∈ N^∗ , les variables aléatoires
Y_(i, 1), Y_(i, 2), …, Y_(i, n) définissent donc un
n -échantillon associé à la loi de la variable endogène lorsque les niveaux des facteurs exogènes sont les composantes
x_1^((i)), x_2^((i)), …, x_p^((i)) du vecteur
x^((i)) dans la base canonique de
R^p .
15. On note respectivementA et
M la matrice du vecteur
α et la matrice de la famille (
x^((1)), x^((2)), …, x^((k)) ) dans la base canonique de
R^p :
Pour estimer les paramètres du modèle, on dispose de
Pour chaque indice fixé
15. On note respectivement
On suppose que le rang de la matrice
M est égal à
p .
a) Montrer que la matriceM^t M est inversible.
b) Montrer que pour toute matriceH ∈ M_(k, 1)(R) , la matrice
U ∈ M_(p, 1)(R) pour laquelle l'unique coefficient de la matrice
^t(^t MU − H)(^t MU − H) est le plus petit possible, est la matrice
(M^t M)^(− 1)MH .
c) Expliquer pourquoi les lois des variables aléatoiresY_(i, n) ne suffiraient pas à définir le vecteur
α si le rang de
M n'était pas égal à
p .
16. Pour toutn ∈ N^∗ et tout
i ∈ [ [1, k] ] , on pose
Y¯_(i, n) = 1/n∑_(j = 1)^n Y_(i, j) et pour tout
ω ∈ Ω :
a) Montrer que la matrice
b) Montrer que pour toute matrice
c) Expliquer pourquoi les lois des variables aléatoires
16. Pour tout
a) Soit
(c_1, c_2, …, c_k) ∈ R^k . En utilisant les résultats de la partie III, montrer que
(∑_(i = 1)^k c_i T_(i, n))_(n ∈ N^∗) est une suite convergente d'estimateurs du paramètre
∑_(i = 1)^k c_i⟨α, x^((i))⟩ .
b) Pour toutn ∈ N^∗ et tout
ω ∈ Ω , on pose,
H_n(ω) = (T_(1, n)(ω); T_(2, n)(ω); ⋮; T_(k, n)(ω)) et
(A_(1, n)(ω); A_(2, n)(ω); ⋮; A_(p, n)(ω)) = (M^t M)^(− 1)MH_n(ω) .
b) Pour tout
Montrer que pour tout
j ∈ [ [1, p] ] , la suite
(A_(j, n))_(n ∈ N^∗) est une suite convergente d'estimateurs de
α_j .
FIN
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