CCINP Physique 2 MP 2004Sujet, corrigé et rapport du jury
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EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE MP
PHYSIQUE 2
Durée : 4 heures
Les calculatrices sont autorisées.
NB : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Conformément à l'usage international, les vecteurs sont représentés en gras.
PARTIE A - OPTIQUE
Ce problème traite de l'observation de deux étoiles
E_a et
E_b à l'aide d'une lunette astronomique munie d'un détecteur. Les deux étoiles
E_a et
E_b sont considérées ponctuelles et à l'infini, séparées par une distance angulaire
θ , l'étoile
E_a étant située dans la direction de l'axe optique de la lunette.
Dans une première partie, on définit la configuration de la lunette utilisée dans les conditions de Gauss et on demande de calculer ses caractéristiques géométriques.
La deuxième partie étudie la tache de diffraction produite par la lunette et évalue la limite de résolution de l'instrument définie comme la plus petite distance angulaire entre deux étoiles décelable.
Enfin, la troisième partie aborde le principe de la mesure de la distance angulaire entre deux étoiles effectuée grâce aux interférences produites par deux fentes placées devant la lunette astronomique.
NB : la distance algébrique entre un pointM et un point
N est notée
MN^– .
Les figures sont rassemblées en pages 5 et 6 .
Dans une première partie, on définit la configuration de la lunette utilisée dans les conditions de Gauss et on demande de calculer ses caractéristiques géométriques.
La deuxième partie étudie la tache de diffraction produite par la lunette et évalue la limite de résolution de l'instrument définie comme la plus petite distance angulaire entre deux étoiles décelable.
Enfin, la troisième partie aborde le principe de la mesure de la distance angulaire entre deux étoiles effectuée grâce aux interférences produites par deux fentes placées devant la lunette astronomique.
NB : la distance algébrique entre un point
Les figures sont rassemblées en pages 5 et 6 .
I-Etude géométrique
On néglige dans cette partie les effets de la diffraction. On considère une lunette astronomique d'axe optique
z^′ z (Figure 1) constituée d'un objectif assimilé à une lentille mince convergente
L_1 de diamètre
D_1 = 50 cm et de distance focale image
f_1^′ = 7, 5 m associé à une lentille divergente
L_2 de distance focale image
f_2^′ = − 0, 025 m . On désigne respectivement par
O_1 et
O_2 , par
F_1 et
F_1^′, F_2 et
F_2^′ , les centres optiques, les foyers objet et image des lentilles
L_1 et
L_2 .
- Quelle est la forme et la direction des faisceaux lumineux des ondes 1 et 2 , respectivement émises par les étoiles
E_a etE_b , lorsqu'elles parviennent sur la lunette? - On appelle
A_1 l'image de l'étoileE_a à travers la lentilleL_1 . De même,B_1 désigne l'image deE_b à traversL_1 .
a) Dans quel plan se situentA_1 etB_1 ? Donner la distance algébriqueA_1 B_1^– .
b) La lentilleL_2 est placée peu avant le plan où se forment les imagesA_1 etB_1 . On appelle respectivementA_2 etB_2 , les images deE_a etE_b à travers la lunette. Sachant que(A_2 B_2^–)/(A_1 B_1^–) = 2 , exprimer et calculer la distanceO_2 A_1^– . - On définit la distance focale
f^′ de la lunette par la relationA_2 B_2^– = f^′.θ .
a) Calculer la distance focalef^′ de la lunette.
b) ExprimerA_1 A_2^– . Comment évolue l'encombrement de la lunette par rapport au cas où seule la lentilleL_1 existerait ? Quel est l'intérêt de la lentilleL_2 ? - On place dans le plan où se forment les images
A_2 etB_2 , une caméra à DTC (Dispositif à Transfert de Charge). Ce récepteur d'images est composé d'une matrice rectangulaire de768 × 512 détecteurs élémentaires, appelés pixels, de forme carrée, de côtésa_1 = 9μm . On suppose que la lunette est librement orientable.
Une image parfaite à travers la lunette d'un point situé à l'infini, produit sur le détecteur un signal donnant une image dont la dimension ne peut être inférieure à la taille d'un pixel. Exprimer et calculer en seconde d'arc, la limite de perception angulaireθ_(min) due au récepteur d'image. Quelle est la plus grande valeur décelableθ_(max) en minute d'arc?
II - Pouvoir séparateur de la lunette dû à la diffraction
A. Préliminaires
On considère une onde plane monochromatique de longueur d'onde
λ éclairant dans le plan
xy un diaphragme
D de centre
O dont la pupille est caractérisée en chaque point
M(x, y) par un coefficient de transmission en amplitude complexe
t_–(x, y) . On étudie l'éclairement en un point
P d'un plan
Σ_O dont l'intersection avec l'axe
z^′ z est notée
O^′ (figure 2).
- Enoncer le principe de Huygens-Fresnel. On se place dans le cadre de la diffraction à l'infini. Quelles hypothèses doit-on faire sur les distances
OM, O^′ P etOO^′ ? - Afin d'observer la figure de diffraction à l'infini, on place une lentille convergente
L_3 de foyer imageF_3^′ , de distance focale imagef_3^′ derrière l'ouverture diffractante. On considère les rayons diffractés dans la direction du vecteur unitaireu de coordonnées (α, β, γ ) (figure 3). Dans quel planπ convergent ces rayons? On associe un système d'axesX, Y à ce plan. Exprimer les coordonnées (X_P, Y_P ) du pointP où convergent ces rayons en fonction deα, β . - Dans le cas d'une onde incidente plane sur le diaphragme
D , de direction caractérisée par un vecteur unitaireu_i de coordonnées(α_i, β_i, γ_i) , le principe de Huygens-Fresnel permet d'écrire, en attribuant une phase nulle enP à l'onde qui provient deO , l'amplitude complexeA_–(P) de l'onde au pointP , sous la forme :A_–(P) = K_1∬_D t_–(x, y)exp(j(2π(u_i − u).OM)/λ)dS oùK_1 est une constante,dS un élément de la surface de la pupille entourantM , l'intégrale étant étendue à toute la surface du diaphragme.
On déplace le diaphragmeD parallèlement à lui-même, dans le même plan, le centre du diaphragme occupant alors une positionC . On appelle (d_x; d_y ) les coordonnées deC ; montrer que l'amplitude enP peut alors s'écrire :A_–^′(P) = A_–(P)e^(jh(d_x; d_y)) et exprimer la fonctionh(d_x; d_y) sous la forme d'un produit scalaire de 2 vecteurs que l'on précisera.
B. Application : diffraction par la lunette
- On place devant l'objectif
L_1 de la lunette un écran comportant une ouverture ayant la forme d'un carré centré enO de côtés parallèles aux axesx ety , de dimensiona = (D_1)/(√2) (figure 4). On considère l'étoileE_a seule supposée ponctuelle. On utilise un filtre sélectif permettant d'assimiler l'étoileE_a à une source qui émet une onde monochromatique de longueur d'ondeλ 。
a) Quel est l'élément diffractant? Exprimer l'amplitude diffractéeA_–(X_p, Y_p) par l'ouverture carrée dans la direction de vecteur unitaireu de coordonnées (α, β, γ ), en un pointP du plan focal image de l'objectifL_1 .
b) Donner alors l'éclairementε_a(X_p, Y_p) enP sous la forme :
Exprimer et tracer
g(X) . Donner
ε_(a max) en fonction de
K_1 et
a .
c) Montrer que la figure de diffraction est formée d'une tache centrale brillante entourée de lumière plus faible répartie en franges (pieds de la figure de diffraction). Où se situe le centre de la figure de diffraction? Quelle est la valeur deX pour laquelle
g(X) s'annule pour la première fois? En déduire la largeur de la tache centrale.
d) Comment évolue la figure de diffraction lorsque l'ouverture carrée devient une fente de dimensiona_x suivant l'axe
x et
a_y suivant
y , avec
a_y◻a_x . Exprimer alors l'amplitude diffractée
A_–(X_p) et l'éclairement
ε(X_p) en un point
P de l'axe
X .
2. L'étoileE_b située à la distance angulaire
θ de l'étoile
E_a est observée à l'aide de la lunette toujours munie de l'ouverture carrée de telle façon que l'image géométrique
B_1 de
E_b à travers l'objectif
L_1 se forme sur l'axe
F_1^′ X . L'étoile
E_b est également assimilée à une source lumineuse ponctuelle monochromatique de longueur d'onde
λ émettant une onde plane caractérisée par le vecteur unitaire
u_i de coordonnées
(α_i, β_i, γ_i) .
a) Donner la relation entreα_i, β_i, γ_i et
θ .
b) En supposant que seule l'étoileE_b est observée, exprimer l'éclairement
ε_b(X_p, Y_p) en
P . Quel est le centre et l'allure de la tache de diffraction?
3. Les étoilesE_a et
E_b sont observées simultanément et sont d'éclat comparable.
a)E_a et
E_b étant deux sources incohérentes, que peut-on dire de l'éclairement total dans le plan focal image de
L_1 ? Quelle est l'allure de la figure de diffraction?
b) Sachant que deux taches de diffraction apparaissent comme séparées lorsque le maximum central de l'une coïncide avec le premier minimum nul de l'autre suivant l'axeX , estimer le plus petit écart angulaire
θ_1 décelable (en seconde d'arc) que l'on appelle pouvoir de séparation de la lunette pour la longueur d'onde
λ = 0, 68μ m .
c) En supposant queL_2 ne limite pas le faisceau, comparer la dimension d'un pixel et la largeur de la tache centrale de diffraction formée sur le détecteur. Conclusion?
c) Montrer que la figure de diffraction est formée d'une tache centrale brillante entourée de lumière plus faible répartie en franges (pieds de la figure de diffraction). Où se situe le centre de la figure de diffraction? Quelle est la valeur de
d) Comment évolue la figure de diffraction lorsque l'ouverture carrée devient une fente de dimension
2. L'étoile
a) Donner la relation entre
b) En supposant que seule l'étoile
3. Les étoiles
a)
b) Sachant que deux taches de diffraction apparaissent comme séparées lorsque le maximum central de l'une coïncide avec le premier minimum nul de l'autre suivant l'axe
c) En supposant que
III - Interférences
On considère une onde plane monochromatique de longueur d'onde
λ se propageant suivant l'axe
z^′ z en direction de la lunette. On place un écran opaque percé de 2 fentes de largeur
b suivant
x , d'écartement variable
d suivant
x devant l'objectif de la lunette toujours muni de l'ouverture, de forme carrée, de côté
a du B.1, avec
a◻b . On appelle
C_1 et
C_2 les centres des deux fentes (figure 5). On attribue une phase nulle au point
P du plan focal de l'objectif à l'onde qui provient de
C_1 .
- a) Calculer l'amplitude complexe en un point
P de l'axeX , notéeA_–_1^′(X_p) de l'onde diffractée par la fente 1 dans la directionu de vecteur unitaire (α, β, γ ).
b) Exprimer l'amplitude enP , notéeA_–_2^′(X_p) de l'onde diffractée dans la direction u par la fente 2 en fonction deA_–_1^′(X_p) et d'une fonction que l'on exprimera.
c) Que peut-on dire de la figure de diffraction donnée par chacune des fentes considérées séparément? - a) Sachant que les deux fentes, éclairées par une même onde, se comportent comme des sources cohérentes, montrer que l'éclairement en
P est donné par :
b) Tracer
3. On se place dans l'hypothèse où les fentes sont infiniment fines et on observe à l'aide de la lunette les étoiles voisines
a) Quelle est la distance dans le plan focal de
b) Donner alors la relation entre
Quelle est la valeur de
d qui permet de déceler la distance angulaire
θ_2 la plus petite ? Calculer
θ_2 pour
λ = 0, 68μ m .
.jpg)
Figure 1 - lunette astronomique

Figure 2
.jpg)
Figure 3

Figure 4
.jpg)
Figure 5
PARTIE B - Electromagnétisme
Ce problème examine quelques propriétés des supraconducteurs du seul point de vue de la magnétostatique. Au passage, il met en évidence celles de ces propriétés qui correspondent à celles des conducteurs parfaits. On donne
μ_0 = 4π ⋅ 10^(− 7)H ⋅ m^(− 1) .
I - Préliminaires
I. 1 Superposition d'un champ uniforme et de celui d'un dipôle
On considère la superposition d'un champ uniforme
B_a = B_a e_z et du champ
B_M créé par un dipôle magnétique de moment
M placé à l'origine des coordonnées qui s'écrit, au point
P repéré par ses coordonnées sphériques
r, θ, φ .
- Expliciter, pour cette valeur de
M , le champB_R = B_a + B_M en fonction deB_a, e_z, r etR . - Calculer le produit scalaire
B_R.re_r en un point quelconque. - En déduire que
B_R est tangent à la sphère de rayonR et de centreO en chacun de ses points. Où l'intensité du champ au voisinage de la sphère est-elle maximale ? - Donner un tracé approximatif des lignes de champ de
B_R à l'extérieur de cette sphère.
I. 2 Moment magnétique d'une distribution sphérique de courant
On considère la nappe surfacique de courant
J_s(r, θ, φ) = J_0 sinθe_φ si
r = R
J_s(r, θ, φ) = 0 sinon.
- Déterminer a priori la direction du champ
B(0) créé par la distribution au centre de la sphère. - Calculer ce champ
B(0) . Dans la suite, on admettra que le champ créé par la distribution prend en tout point intérieur à la sphère la même valeur qu'au centre.
Donnée :∫_0^π sin^3 θdθ = 4/3 . - Quel est le moment magnétique
dM(θ) d'une tranche de la distribution de courant comprise entre les anglesθ etθ + dθ ? - Calculer le moment magnétique total
M_s de la nappe de courantJ_s(r) .
II - Sphère supraconductrice dans un champ magnétique
L'état supraconducteur parfait d'un matériau, obtenu pour une température inférieure à une température critique
T_c et pour une intensité du champ magnétique appliqué inférieure à une valeur critique
B_c , est caractérisé par
B = 0 en tout point intérieur.
Une sphère, remplie d'un matériau à l'état de supraconducteur parfait, est placée dans un champ magnétiqueB_a = B_a e_z initialement uniforme. L'intersection de cette sphère de centre
O et de rayon
R avec le plan
z = 0 est appelée cercle équatorial.
Une sphère, remplie d'un matériau à l'état de supraconducteur parfait, est placée dans un champ magnétique
II. 1 Propriétés du courant et du champ. Conséquences.
- En utilisant la forme locale du théorème d'Ampère, montrer que, dans un supraconducteur parfait en régime stationnaire, le courant volumique est nul.
- (a) Rappeler la relation vectorielle de continuité de la composante normale du champ
B à la traversée d'une surface séparant deux milieux 1 et 2 (on noteran_(12) la normale à la surface orientée de 1 vers 2).
(b) En déduire qu'en présence de la sphère supraconductrice (milieu 1) le champ extérieur est tangent à sa surface en chacun de ses points.
(c) Quelle est la propriété correspondante du champ électrique au voisinage d'un conducteur? - (a) Rappeler la relation vectorielle de discontinuité de la composante tangentielle du champ B traduisant le théorème d'Ampère au voisinage de la surface.
(b) En déduire qu'il existe sur la surface de la sphère une nappe de courant surfaciqueJ_s .
(c) Quel est le théorème d'électrostatique correspondant pour le champ électrique au voisinage d'un conducteur? - On admet que le champ prend à l'extérieur de la sphère, la valeur trouvée en I.1.1. Exprimer
J_s en fonction deB_a, θ, e_φ . - En déduire le champ créé dans la sphère par cette distribution. Conclure.
- A.N. :
B_a = 1 T . Calculer‖J_s(R, π/2)‖ . - Expliciter le moment magnétique induit
M_s acquis par la sphère supraconductrice dans le champ en fonction deB_a et deR .
A.N. : calculer‖M_s‖ pourB_a = 1 T etR = 1 cm .
II. 2 Rupture de supraconductivité. Etat intermédiaire
A température fixée, la supraconductivité cesse si la norme du champ au voisinage de la surface atteint une valeur critique
‖B_c‖ = B_c . Dans l'état normal (non supraconducteur) le niobure d'étain se comporte comme un conducteur usuel non magnétique. Pour le niobure d'étain à
18 K, B_c = 12, 5 T .
- En quel endroit de la surface se produira en premier ce phénomène ?
- Quel est le courant surfacique critique
J_c correspondant dans le niobure d'étain à 18 K ? - Quel est le champ
B_1 = B_1 e_z maximum que l'on peut appliquer sans qu'il se produise? - Pour cette valeur du champ appliqué, quel devrait être le champ au niveau du cercle équatorial si la sphère était entièrement dans l'état normal ? En déduire que pour cette valeur de
B_a , la sphère ne peut pas être entièrement dans l'état normal. - Calculer en fonction de
B_c , la valeurB_2 du champ pour laquelle cet état intermédiaire cesse et pour laquelle la sphère est entièrement à l'état normal.
II. 3 Lévitation magnétique
Une sphère à l'état supraconducteur parfait est placée dans un champ magnétique
B_a .
- Montrer que si le champ
B_a est uniforme, la force résultante exercée par le champ appliqué sur les courants surfaciques est nulle. - On augmente le champ appliqué de
dB_a . On admet que la variation de l'énergie potentielle d'interaction du dipôleM_s = − KB_a avec le champ s'écritdε_(pm) = − dM_s.B_a . En déduireε_(pm) en fonction deB_a . - Le champ
B_a n'est plus uniforme mais varie faiblement sur une distance de l'ordre de grandeur du rayonR de la sphère. Montrer par un raisonnement énergétique que cette dernière est repoussée vers les régions de plus faible champ (lévitation magnétique).
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