Sujet CCINP Mathématiques 2 MP 2004
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EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE MP
MATHEMATIQUES 2
Durée : 4 heures
Les calculatrices sont interdites.
NB : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.
Fonctions de matrices
Notations :
- Les |-algèbres suivantes sont considérées au cours de ce texte :
- L'algèbre
M_n(|) des matrices carrées réelles d'ordren . - Si
I est un intervalle de| d'intérieur non vide, on noteC_I^∞ l'algèbre commutative des fonctions de classeC^∞ deI dans| . - L'algèbre des fonctions polynomiales de
I dans | est usuellement identifiée à l'algèbre|[X] .
- On y rencontre aussi les |-espaces vectoriels suivants:
- L'espace des colonnes réelles à
n lignes notéM_(n, 1)(|) . - L'espace
|_N[X] = {P∈|[X]/degP ≤ N} , oùN ∈ ⌉ .
- Les notions de convergence dans
M_(n, 1)(|) etM_n(|) sont relatives aux normes respectives :
-
‖X‖_∞ = Max_(1 ≤ k ≤ n)|x_k| , siX = ^t[x_1, …., x_n] . -
‖M‖ = nMax_(1 ≤ i, j ≤ n)|m_(ij)| , siM = [m_(ij)]_(1 ≤ i ≤ n) .
Objectifs du problème
Lorsque
P∈|[X] et
A ∈ M_n(|) , on sait donner un sens à la matrice
P(A) et l'on maîtrise bien le calcul polynomial sur
A qui en résulte. En particulier, si
M est une matrice de
M_n(|) , on appelle POLYNÔme MINIMAL de
M le polynôme unitaire
P de plus bas degré tel que
P(M) = 0 ; il est immédiat (et on l'admettra) qu'il s'agit du polynôme minimal de l'endomorphisme
u de
R^n dont
M est la matrice dans la base canonique de
R^n .
Dans un premier temps, ce texte propose de donner un sens à la matricef(A) pour tOUTE FONCTION
f DE CLASSE
C^∞ , et cela moyennant des hypothèses convenables sur la matrice
A . Autrement dit, on apprend à maitriser un certain calcul fonctionnel sur
A .
Dans un second temps, on exploite ces résultats pour résoudre un système différentiel linéaire.
Dans un premier temps, ce texte propose de donner un sens à la matrice
Dans un second temps, on exploite ces résultats pour résoudre un système différentiel linéaire.
Notations fixées pour tout le problème :
On considère une matrice
A de
M_n(|) et l'on SUPPOSE que son polynôme minimal
Π_A peut être écrit sous la forme:
Π_A(X) = (X − λ_1)^(m_1)…(X − λ_r)^(m_r) avec :
r ≥ 1 ; les
λ_j sont des RÉELS distincts; les
m_j sont dans
⌉^∗ . On note alors
m = ∑_(1 ≤ j ≤ r)m_j le degré de
Π_A .
On considère aussi un intervalleI de
| , d'intérieur non vide et contenant tous les
λ_j .
La matriceA et l'intervalle
I sont particularisés dans les divers exemples traités au cours du problème.
On considère aussi un intervalle
La matrice
Préliminaires :
- Établir que pour
X dansM_(n, 1)(|) etM dansM_n(|) , on a :‖MX‖_∞ ≤ ‖M‖‖X‖_∞ . - Soit
M un sous-espace vectoriel de dimensiond ≥ 1 deM_n(|) , et soitβ = (B_1, …, B_d) une base deM .
a) Montrer que l'on définit une normeN surM en posantN(M) = Max_(1 ≤ k ≤ d)|x_k| , siM = ∑_(1 ≤ k ≤ d)x_k B_k est la décomposition de l'élémentM deM sur la baseβ .
b) Justifier l'existence de constantes réelles strictement positivesa etb vérifiant:∀M ∈ M, a‖M‖ ≤ N(M) ≤ b‖M‖ .
c) Soit(M_p)_(p ∈ ⌉) une suite d'éléments deℳ ; on noteM_p = ∑_(1 ≤ k ≤ d)x_p(k)B_k la décomposition deM_p surβ . Montrer que la suite(M_p)_(p ∈ ⌉) converge vers 0 dans (M_n(|), ‖‖ ) si et seulement si CHAQUE SUITE RÉELLE(x_p(k))_(p ∈ ⌉)(k = 1, …, d) converge vers 0 .
I - Une relation d'équivalence sur
C_I^∞
On convient de dire que des fonctions
f et
g de
C_I^∞ «coïncident sur le spectre de
A » lorsque :
∀j ∈ {1, …, r}, ∀k ∈ {0, …, m_j − 1}, f^((k))(λ_j) = g^((k))(λ_j) . Ce que l'on résume par la notation
f_(A¯)g . Un exemple : si
Π_A(X) = X^2(X + 1) la notation
f_(A¯)g signifie :
f(0) = g(0), f^′(0) = g^′(0) et
f(− 1) = g(− 1) .
3. Soientℓ dans
7^∗, λ dans
I et
f dans
C_I^∞ vérifiant :
f^((k))(λ) = 0 pour
k = 0, 1, 2, …, ℓ − 1 .
a) Établir l'identité :∀x ∈ I, f(x) = ∫_λ^x((x − u)^(ℓ − 1))/((ℓ − 1)!)f^((ℓ))(u)du .
b) En déduire à l'aide d'un changement de variable, l'existence d'une fonctionh vérifiant :
(1)∀x ∈ I, f(x) = (x − λ)^ℓ h(x)
(2)h ∈ C_I^∞
4. Soientf et
g dans
C_I^∞ .
a) On suppose:∃h ∈ C_I^∞, f = g + hΠ_A .
3. Soient
a) Établir l'identité :
b) En déduire à l'aide d'un changement de variable, l'existence d'une fonction
(1)
(2)
4. Soient
a) On suppose:
En considérant les dérivées successives de
f − g , établir que
f_(A¯)g .
b) On supposef_(A¯)g ; en exploitant le
3 . justifier l'existence de
h dans
C_I^∞ vérifiant:
f = g + hΠ_A .
5. SoientP et
Q dans
|[X] ; prouver que les conditions suivantes sont équivalentes :
(1)P ≡ A¯Q
(2)∃H∈|[X], P = Q + HΠ_A .
b) On suppose
5. Soient
(1)
(2)
II - Définition de la matrice
f(A)
A. On considère l'application
φ de
|_(m − 1)[X] vers
|^m qui associe à un polynôme
P le
m -uplet :
- Établir le caractère bijectif de
φ . - Soit
f dansC_I^∞ ; justifier l'existence d'un et d'un seul polynômeP_f de|[X] , de degré inférieur ou égal à(m − 1) et tel que :f_A P_f . On convient alors de DÉFINIR la matricef(A) en posant :f(A) = P_f(A) .
B. Quelques exemples
- On suppose ici que
f est polynomiale et l'on écrit :∀x ∈ I, f(x) = ∑_(k = 0)^N a_k x^k .
En effectuant une division euclidienne, montrer qu'avec la définition de la question 7 , on obtient le résultat naturel :
f(A) = ∑_(k = 0)^N a_k A^k .
9. ICI :A = [5, − 4; 4, − 3] ∈ M_2(|) et
I=| .
a) CalculerΠ_A(X) .
b) Calculer la matricef(A) dans chacun des cas suivants :
(1)f(x) = ax + b , les réels
a et
b étant donnés.
(2)f(x) = sin(πx)
(3)f(x) = (x − 1)^2 g(x) , où la fonction
g est donnée dans
C_I^∞ .
9. ICI :
a) Calculer
b) Calculer la matrice
(1)
(2)
(3)
III - Le calcul systématique de
f(A)
A. Une formule générale
- En exploitant l'isomorphisme linéaire
φ du II.A, justifier l'existence et l'unicité de polynômesQ_(j, k)(1 ≤ j ≤ r, 0 ≤ k ≤ m_j − 1) vérifiant:
pour TOUTE fonctionf deC_I^∞ , on a :P_f = ∑_(1 ≤ j ≤ r)∑_(0 ≤ k ≤ m_j − 1)f^((k))(λ_j)Q_(j, k)
On considère alors les matrices dites «associées» àA :
Z_(j, k) = Q_(j, k)(A) (1 ≤ j ≤ r, 0 ≤ k ≤ m_j − 1) . - Montrer que les diverses matrices
Z_(j, k) sont linéairement indépendantes et que :
∀f ∈ C_I^∞, f(A) = ∑_(1 ≤ j ≤ r)∑_(0 ≤ k ≤ m_j − 1)f^((k))(λ_j)Z_(j, k)
B. Deux exemples
- ICI :
A = [5, − 4; 4, − 3] etI = |_+^∗ .
a) Justifier l'existence de matricesZ_1 etZ_2 deM_2(|) telles que:
b) En déduire le calcul de
Z_1 et
Z_2 .
c) Calculer les matricesA^(2004), √A et plus généralement
A^α pour
α dans
|_+^∗ .
13. ICI:A = [1, − 1, 1; 2, − 2, 1; 1, − 1, 0] ∈ M_3(|) et
I=| .
a) Présenter sous forme factorisée le polynômeΠ_A(X) . La matrice
A est-elle diagonalisable dans
M_3(|) ?
b) Calculer les matricesZ_(j, k) «associées» à
A .
c) Calculer les matrices
13. ICI:
a) Présenter sous forme factorisée le polynôme
b) Calculer les matrices
IV - Un calcul fonctionnel sur la matrice
A
A. Quelques identités bien naturelles
- Soient
f etg dansC_I^∞ etα dans| .
a) Que valentP_(αf) etP_(f + g) ?
b) Justifier l'existence d'un polynômeH de|[X] tel que :P_(fg) = P_f P_g + HΠ_A . - a) Montrer que l'application
S : f ↦ f(A) deC_I^∞ dansM_n(R) est un morphisme de |-algèbres.
b) Quel est son noyau? - On considère les fonctions cosinus et sinus de
| dans| , puis les fonctionsf_1 : x ↦ √x etf_2 : x ↦ 1/x de|_+^∗ dans| . On peut ainsi déFINIR les matricescosA, sinA , et même√A et1/A si lesλ_j sont dans|_+^∗ .
a) En exploitant le morphismeS , calculer(cosA)^2 + (sinA)^2 .
b) On suppose ici que lesλ_j sont strictement positifs. Reconnaître :(√A)^2 et1/A .
B. Le spectre de
f(A)
- Montrer que l'ensemble noté
M_A = {f(A)/f ∈ C_I^∞} est une sous-algèbre commutative deM_n(|) et préciser sa dimension. - Montrer que si un élément de
ℳ_A est inversible dansM_n(|) alors son inverse est aussi dansM_A . - Soit
f dansC_I^∞ ; établir l'équivalence des énoncés suivants:
(1)f(A) est inversible dansM_n(|) .
- Si
M est une matrice deM_n(|) , on noteΛ_M l'ensemble de ses valeurs propres RÉELLES.
En exploitant la question 19 comparer les ensembles :
Λ_A et
Λ_(f(A)) où
f est donnée dans
C_I^∞ .
V - Application à la résolution d'un système différentiel
- Soient
(f_p)_(p ∈ ⌉) une suite de fonctions deC_I^∞ etf dansC_I^∞ . Établir l'équivalence des énoncés suivants :
(1) La suite de matrices(f_p(A))_(p ∈ ⌉) converge dansM_n(|) versf(A) .
(2) Pour chaquej(1 ≤ j ≤ r) et chaquek(0 ≤ k ≤ m_j − 1) , la suite réelle(f_p^((k))(λ_j))_(p ∈ ⌉) converge versf^((k))(λ_j) .
Lorsque la condition (2) est réalisée, on convient de dire que la suite de fonctions(f_p)_(p ∈ ⌉) « converge versf sur le spectre deA ». - Pour
t réel, on considère la fonctionf_t : x ↦ e^(tx) de| dans| . Montrer que :f_t(A) = ∑_(ℓ = 0)^(+ ∞)(t^ℓ)/(ℓ!)A^ℓ . Il s'agit donc précisément de la matrice usuellement notéeexp(tA) . - En exploitant les résultats acquis à ce stade du problème, résoudre le système différentiel :
Pas de description pour le moment
