WikiPrépaLivrets

Sujet CCINP Mathématiques 2 MP 2004

Téléchargements

Pour s'entraîner avec corrigé

Sujets proches (même matière, filière voisine) qui ont un corrigé.

Lecture web du sujet

Version HTML avec rendu des formules.

Sujet en PDF

EPREUVE SPECIFIQUE - FILIERE MP

MATHEMATIQUES 2

Durée : 4 heures

Les calculatrices sont interdites.

NB : Le candidat attachera la plus grande importance à la clarté, à la précision et à la concision de la rédaction.
Si un candidat est amené à repérer ce qui peut lui sembler être une erreur d'énoncé, il le signalera sur sa copie et devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il a été amené à prendre.

Fonctions de matrices

Notations :

  1. Les |-algèbres suivantes sont considérées au cours de ce texte :
  • L'algèbre M_n(|) des matrices carrées réelles d'ordre n.
  • Si I est un intervalle de | d'intérieur non vide, on note C_I^∞ l'algèbre commutative des fonctions de classe C^∞ de I dans |.
  • L'algèbre des fonctions polynomiales de I dans | est usuellement identifiée à l'algèbre |[X].
  1. On y rencontre aussi les |-espaces vectoriels suivants:
  • L'espace des colonnes réelles à n lignes noté M_(n, 1)(|).
  • L'espace |_N[X] = {P∈|[X]/degP ≤ N}, où N ∈ ⌉.
  1. Les notions de convergence dans M_(n, 1)(|) et M_n(|) sont relatives aux normes respectives :
  • ‖X‖_∞ = Max_(1 ≤ k ≤ n)|x_k|, si X = ^t[x_1, …., x_n].
  • ‖M‖ = nMax_(1 ≤ i, j ≤ n)|m_(ij)|, si M = [m_(ij)]_(1 ≤ i ≤ n).

Objectifs du problème

Lorsque P∈|[X] et A ∈ M_n(|), on sait donner un sens à la matrice P(A) et l'on maîtrise bien le calcul polynomial sur A qui en résulte. En particulier, si M est une matrice de M_n(|), on appelle POLYNÔme MINIMAL de M le polynôme unitaire P de plus bas degré tel que P(M) = 0; il est immédiat (et on l'admettra) qu'il s'agit du polynôme minimal de l'endomorphisme u de R^n dont M est la matrice dans la base canonique de R^n.
Dans un premier temps, ce texte propose de donner un sens à la matrice f(A) pour tOUTE FONCTION f DE CLASSE C^∞, et cela moyennant des hypothèses convenables sur la matrice A. Autrement dit, on apprend à maitriser un certain calcul fonctionnel sur A.
Dans un second temps, on exploite ces résultats pour résoudre un système différentiel linéaire.

Notations fixées pour tout le problème :

On considère une matrice A de M_n(|) et l'on SUPPOSE que son polynôme minimal Π_A peut être écrit sous la forme: Π_A(X) = (X − λ_1)^(m_1)…(X − λ_r)^(m_r) avec : r ≥ 1; les λ_j sont des RÉELS distincts; les m_j sont dans ⌉^∗. On note alors m = ∑_(1 ≤ j ≤ r)m_j le degré de Π_A.
On considère aussi un intervalle I de |, d'intérieur non vide et contenant tous les λ_j.
La matrice A et l'intervalle I sont particularisés dans les divers exemples traités au cours du problème.

Préliminaires :

  1. Établir que pour X dans M_(n, 1)(|) et M dans M_n(|), on a : ‖MX‖_∞ ≤ ‖M‖‖X‖_∞.
  2. Soit M un sous-espace vectoriel de dimension d ≥ 1 de M_n(|), et soit β = (B_1, …, B_d) une base de M.
    a) Montrer que l'on définit une norme N sur M en posant N(M) = Max_(1 ≤ k ≤ d)|x_k|, si M = ∑_(1 ≤ k ≤ d)x_k B_k est la décomposition de l'élément M de M sur la base β.
    b) Justifier l'existence de constantes réelles strictement positives a et b vérifiant: ∀M ∈ M, a‖M‖ ≤ N(M) ≤ b‖M‖.
    c) Soit (M_p)_(p ∈ ⌉) une suite d'éléments de ℳ; on note M_p = ∑_(1 ≤ k ≤ d)x_p(k)B_k la décomposition de M_p sur β. Montrer que la suite (M_p)_(p ∈ ⌉) converge vers 0 dans ( M_n(|), ‖‖ ) si et seulement si CHAQUE SUITE RÉELLE (x_p(k))_(p ∈ ⌉)(k = 1, …, d) converge vers 0 .

I - Une relation d'équivalence sur C_I^∞

On convient de dire que des fonctions f et g de C_I^∞ «coïncident sur le spectre de A » lorsque : ∀j ∈ {1, …, r}, ∀k ∈ {0, …, m_j − 1}, f^((k))(λ_j) = g^((k))(λ_j). Ce que l'on résume par la notation f_(A¯)g. Un exemple : si Π_A(X) = X^2(X + 1) la notation f_(A¯)g signifie : f(0) = g(0), f^′(0) = g^′(0) et f(− 1) = g(− 1).
3. Soient ℓ dans 7^∗, λ dans I et f dans C_I^∞ vérifiant : f^((k))(λ) = 0 pour k = 0, 1, 2, …, ℓ − 1.
a) Établir l'identité : ∀x ∈ I, f(x) = ∫_λ^x((x − u)^(ℓ − 1))/((ℓ − 1)!)f^((ℓ))(u)du.
b) En déduire à l'aide d'un changement de variable, l'existence d'une fonction h vérifiant :
(1) ∀x ∈ I, f(x) = (x − λ)^ℓ h(x)
(2) h ∈ C_I^∞
4. Soient f et g dans C_I^∞.
a) On suppose: ∃h ∈ C_I^∞, f = g + hΠ_A.
En considérant les dérivées successives de f − g, établir que f_(A¯)g.
b) On suppose f_(A¯)g; en exploitant le 3. justifier l'existence de h dans C_I^∞ vérifiant: f = g + hΠ_A.
5. Soient P et Q dans |[X]; prouver que les conditions suivantes sont équivalentes :
(1) P ≡ A¯Q
(2) ∃H∈|[X], P = Q + HΠ_A.

II - Définition de la matrice f(A)

A. On considère l'application φ de |_(m − 1)[X] vers |^m qui associe à un polynôme P le m-uplet :
φ(P) = ((P^((k_1))(λ_1))_(0 ≤ k_1 ≤ m_1 − 1), …, (P^((k_r))(λ_r))_(0 ≤ k_r ≤ m_r − 1)).
  1. Établir le caractère bijectif de φ.
  2. Soit f dans C_I^∞; justifier l'existence d'un et d'un seul polynôme P_f de |[X], de degré inférieur ou égal à (m − 1) et tel que : f_A P_f. On convient alors de DÉFINIR la matrice f(A) en posant : f(A) = P_f(A).

B. Quelques exemples

  1. On suppose ici que f est polynomiale et l'on écrit : ∀x ∈ I, f(x) = ∑_(k = 0)^N a_k x^k.
En effectuant une division euclidienne, montrer qu'avec la définition de la question 7 , on obtient le résultat naturel : f(A) = ∑_(k = 0)^N a_k A^k.
9. ICI : A = [5, − 4; 4, − 3] ∈ M_2(|) et I=|.
a) Calculer Π_A(X).
b) Calculer la matrice f(A) dans chacun des cas suivants :
(1) f(x) = ax + b, les réels a et b étant donnés.
(2) f(x) = sin(πx)
(3) f(x) = (x − 1)^2 g(x), où la fonction g est donnée dans C_I^∞.

III - Le calcul systématique de f(A)

A. Une formule générale

  1. En exploitant l'isomorphisme linéaire φ du II.A, justifier l'existence et l'unicité de polynômes Q_(j, k)(1 ≤ j ≤ r, 0 ≤ k ≤ m_j − 1) vérifiant:
    pour TOUTE fonction f de C_I^∞, on a : P_f = ∑_(1 ≤ j ≤ r)∑_(0 ≤ k ≤ m_j − 1)f^((k))(λ_j)Q_(j, k)
    On considère alors les matrices dites «associées» à A :
    Z_(j, k) = Q_(j, k)(A) (1 ≤ j ≤ r, 0 ≤ k ≤ m_j − 1).
  2. Montrer que les diverses matrices Z_(j, k) sont linéairement indépendantes et que :
    ∀f ∈ C_I^∞, f(A) = ∑_(1 ≤ j ≤ r)∑_(0 ≤ k ≤ m_j − 1)f^((k))(λ_j)Z_(j, k)

B. Deux exemples

  1. ICI : A = [5, − 4; 4, − 3] et I = |_+^∗.
    a) Justifier l'existence de matrices Z_1 et Z_2 de M_2(|) telles que:
∀f ∈ C_I^∞, f(A) = f(1)Z_1 + f^′(1)Z_2.
b) En déduire le calcul de Z_1 et Z_2.
c) Calculer les matrices A^(2004), √A et plus généralement A^α pour α dans |_+^∗.
13. ICI: A = [1, − 1, 1; 2, − 2, 1; 1, − 1, 0] ∈ M_3(|) et I=|.
a) Présenter sous forme factorisée le polynôme Π_A(X). La matrice A est-elle diagonalisable dans M_3(|) ?
b) Calculer les matrices Z_(j, k) «associées» à A.

IV - Un calcul fonctionnel sur la matrice A

A. Quelques identités bien naturelles

  1. Soient f et g dans C_I^∞ et α dans |.
    a) Que valent P_(αf) et P_(f + g) ?
    b) Justifier l'existence d'un polynôme H de |[X] tel que : P_(fg) = P_f P_g + HΠ_A.
  2. a) Montrer que l'application S : f ↦ f(A) de C_I^∞ dans M_n(R) est un morphisme de |-algèbres.
    b) Quel est son noyau?
  3. On considère les fonctions cosinus et sinus de | dans |, puis les fonctions f_1 : x ↦ √x et f_2 : x ↦ 1/x de |_+^∗ dans |. On peut ainsi déFINIR les matrices cosA, sinA, et même √A et 1/A si les λ_j sont dans |_+^∗.
    a) En exploitant le morphisme S, calculer (cosA)^2 + (sinA)^2.
    b) On suppose ici que les λ_j sont strictement positifs. Reconnaître : (√A)^2 et 1/A.

B. Le spectre de f(A)

  1. Montrer que l'ensemble noté M_A = {f(A)/f ∈ C_I^∞} est une sous-algèbre commutative de M_n(|) et préciser sa dimension.
  2. Montrer que si un élément de ℳ_A est inversible dans M_n(|) alors son inverse est aussi dans M_A.
  3. Soit f dans C_I^∞; établir l'équivalence des énoncés suivants:
    (1) f(A) est inversible dans M_n(|).
∀j ∈ {1, …, r} f(λ_j) ≠ 0
  1. Si M est une matrice de M_n(|), on note Λ_M l'ensemble de ses valeurs propres RÉELLES.
En exploitant la question 19 comparer les ensembles : Λ_A et Λ_(f(A)) où f est donnée dans C_I^∞.

V - Application à la résolution d'un système différentiel

  1. Soient (f_p)_(p ∈ ⌉) une suite de fonctions de C_I^∞ et f dans C_I^∞. Établir l'équivalence des énoncés suivants :
    (1) La suite de matrices (f_p(A))_(p ∈ ⌉) converge dans M_n(|) vers f(A).
    (2) Pour chaque j(1 ≤ j ≤ r) et chaque k(0 ≤ k ≤ m_j − 1), la suite réelle (f_p^((k))(λ_j))_(p ∈ ⌉) converge vers f^((k))(λ_j).
    Lorsque la condition (2) est réalisée, on convient de dire que la suite de fonctions (f_p)_(p ∈ ⌉) « converge vers f sur le spectre de A ».
  2. Pour t réel, on considère la fonction f_t : x ↦ e^(tx) de | dans |. Montrer que : f_t(A) = ∑_(ℓ = 0)^(+ ∞)(t^ℓ)/(ℓ!)A^ℓ. Il s'agit donc précisément de la matrice usuellement notée exp(tA).
  3. En exploitant les résultats acquis à ce stade du problème, résoudre le système différentiel :
{(dx)/(dt) = x − y + z; (dy)/(dt) = 2x − 2y + z; (dz)/(dt) = x − y

Pas de description pour le moment