Centrale Mathématiques 1 PSI 2001Sujet, corrigé et rapport du jury
Familles orthonormales de fonctions lipschitziennes
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MATHÉMATIQUES I
Définitions et notations
On note
E = C^0([0, 1] , IR
) l'espace vectoriel réel des fonctions définies et continues dans l'intervalle [ 0,1 ] à valeurs réelles.
Pourf et
g éléments de
E , on pose
(f|g) = ∫_0^1 f(t)g(t)dt , ce qui définit sur
E un produit scalaire dont la norme associée est notée
‖‖ (on rappelle que
‖f‖ = √((f|f)) ) et munit E d'une structure d'espace préhilbertien réel.
Pour
On dit qu'une suite
Φ = (Φ_n)_(n ∈ IN) d'éléments de
E est orthonormale si elle vérifie la condition
Soit
Φ une suite orthonormale de
E .
- Si
n ∈ IN , on désigne parV_Φ^n le sous-espace vectoriel deE engendré par{Φ_j|0 ≤ j ≤ n} , par∏_Φ^n l'opérateur de projection orthogonale deE surV_Φ^n et enfin pard_Φ^n(f) la distance def ∈ C^0([0, 1], IR) àV_Φ^n . - On désigne par
V_Φ le sous-espace vectoriel deE réunion desV_Φ^n
par définition
V_Φ est égal à l'ensemble des éléments de E qui sont combinaisons linéaires finies d'éléments de la famille, c'est-à-dire qui s'écrivent sous la forme
∑λ_i Φ_(j_i) , où
j_1, j_2, …, j_p sont des entiers distincts et
λ_1, λ_2, …, λ_p des coeffi
1, ≤ i ≤ p cients réels.
3) On dit que la suite orthonormaleΦ est totale dans
E si pour tout élément
f de
E il existe une suite
(f_n)_(IN) d'éléments de
V_Φ convergeant vers
f .
3) On dit que la suite orthonormale
Filière PSI
Enfin pour
n ∈ IN et
x ∈ [0, 1] , on pose
et on note
C = (C_n)_(n ∈ IN) et
S = (S_n)_(n ∈ IN) .
La partieIV est largement indépendante des trois parties précédentes.
Partiel - Généralités sur les suites orthonormales
I.A - Montrer que
C et
S sont des suites orthonormales de
E .
I.B - SoitΦ une suite orthonormale de
E, n ∈ IN et
f ∈ E .
I.B.1) Établir la formule‖f‖^2 = ‖Π_Φ^n(f)‖^2 + [d_Φ^n(f)]^2 .
I.B.2) Calculer
I.B - Soit
I.B.1) Établir la formule
I.B.2) Calculer
I.B.3) Expliciter
∏_Φ^n(f) dans la base
{Φ_j|0 ≤ j ≤ n} .
En déduire que la série de terme général
(f|Φ_k)^2 est convergente et que
I.C - On suppose toujours que
Φ est une suite orthonormale de
E .
I.C.1) Soit(f_k)_(k ∈ IN) une suite d'éléments de
V_Φ , convergeant dans
E et soit
f = lim_(k → ∞)(f_k) .
a) Montrer que pourk ∈ IN donné, on peut trouver
N ∈ IN tel que
I.C.1) Soit
a) Montrer que pour
b) En déduire que
lim_(n → + ∞)‖∏_Φ^n(f) − f‖ = 0 .
I.C.2) Démontrer alors l'équivalence entre les deux propositions suivantes:
i)Φ est totale dans
E .
ii)∀f ∈ E, lim_(n → + ∞)‖∏_Φ^n(f) − f‖ = 0 .
I.C.3) On suppose de plus dans cette question seulement queΦ est totale dans E .
Pourf ∈ E et
n ∈ IN expliciter
‖f‖^2 et
[d_Φ^n(f)]^2 à l'aide des
(f|Φ_k) .
I.C.2) Démontrer alors l'équivalence entre les deux propositions suivantes:
i)
ii)
I.C.3) On suppose de plus dans cette question seulement que
Pour
I.D - Étude de la suite
C .
I.D.1) Soit
f ∈ E . Montrer qu'il existe une unique fonction continue paire périodique et de période 2 notée
f~ telle que sa restriction à
[0, 1] soit égale à
f .
I.D.2) Montrer alors que la suite C définie dans le préambule est totale dans E. On pourra introduire les coefficient de Fourier de la fonction2π -périodique
h définie par
h(x) = f~x/π , la fonction
f~ étant celle de la question précédente. I.D.3) Exhiber une suite orthonormale de E non totale dans E .
I.D.2) Montrer alors que la suite C définie dans le préambule est totale dans E. On pourra introduire les coefficient de Fourier de la fonction
Partie II - Fonctions lipschitziennes
On note I un intervalle de IR non vide et non réduit à un point. Une fonction
f définie dans I et à valeurs réelles est dite lipschitzienne dans I si elle vérifie la condition :
On notera Lip(I,IR) I'ensemble de toutes les fonctions réelles définies et lipschitziennes dans I .
II.A - Propriétés élémentaires.
II.A.1) Vérifier que Lip(I,IR) est un sous-espace vectoriel de
C^0(I, IR) .
Le produit de deux éléments de Lip(I,IR) est-il encore un élément de Lip(I,IR) ? si
f ∈ Lip(l, IR) justifier l'existence du réel
k(f) défini par
Ce réel sera appelé la constante de Lipschitz de f.
II.A.2) Si I est un intervalle compact de IR, vérifier que Lip(I,IR) est une sous-al gèbre deC^0(I, IR) . Exhiber une fonction définieet continuesur [ 0,1 ] mais non lipschitzienne sur ce même intervalle.
II.B - Soitf une fonction de classe
C^1 sur I .
II.A.2) Si I est un intervalle compact de IR, vérifier que Lip(I,IR) est une sous-al gèbre de
II.B - Soit
Montrer que
f^′ est lipschitzienne sur I si et seulement si
f^′ est bornée sur I . Exprimer dans ce cas la constante de Lipschitz à l'aide de f'.
II.C - Soit(f_n)_(n ∈ IN) une suite d'éléments de Lip(I,IR) qui converge simplement sur I vers une fonction
f . On suppose de plus quel'ensemble des
{k(f_n)|n ∈ IN} est borné.
II.C - Soit
Montrer que
f ∈ Lip(I, IR) .
II.D - Soitg ∈ Lip([0, 1], IR) telle que
k(g) ≤ 1 .
II.D.1) Montrer qu'il existegˆ ∈ Lip(IR, IR) telle que:
II.D - Soit
II.D.1) Montrer qu'il existe
II.D.2) Pour
n ∈ IN^∗ et
x ∈ IR on pose
g_n(x) = n∫_x^(x + 1/n)g(t)dt .
Montrer que
g_n est de classe
C^1 sur IR à dérivée bornée par 1 .
Montrer que la suiteg_n converge uniformément sur IR vers
gˆ .
Montrer que la suite
II.E - Dans les deux dernières questions de cette partie les suites
S et C sont celles définies dans le préambule.
Soit
f ∈ C^1([0, 1] , IR
) .
II.E.1) Pourn ∈ I^∗ , calculer (
f|C_n ) en fonction de (
f^′|S_(n − 1) ).
II.E.2) Montrer quela série determe généraln^2(f|C_n)^2 est convergente et que
II.E.1) Pour
II.E.2) Montrer quela série determe général
II.F - Soit
f ∈ Lip([0, 1] , IR
) .
II.F.1) Montrer quela série determegénéraln^2(f|C_n)^2 est convergente et que
II.F.1) Montrer quela série determegénéral
II.F.2) En déduire alors que
∀n ∈ IN^∗, d_c^(n − 1)(f) ≤ 1/(nπ)k(f) .
Partie III - Constantes de Lipschitz d’une suite orthonormale
L'objectif est de montrer que la suite des constantes de Lipschitz des éléments d'une suite orthonormale de E est toujours minorée par une suite de la forme
(Γn)_(n ∈ IN) où
Γ est une constante positive indépendante de la suite choisie dans E .
III.A - SoientΦ = (Φ_n)_(n ∈ IN) et
ψ = (ψ_n)_(n ∈ IN) deux suites orthonormales de
E . Montrer que
III.A - Soient
et en déduire que
III.B - On donne maintenant une suite
Φ = (Φ_n)_(n ∈ IN) orthonormale de
E . On suppose de plus que toutes les fonctions
Φ_n sont lipschitziennes dans [ 0,1 ]. III.B.1) Montrer que
III.B.2) Montrer que la suite
(k(Ψ_j))_(j ∈ IN) est non bornée.
III.B.3) Montrer quelim_(n → + ∞)k(Ψ_n) = + ∞ .
III.B.4) Trouver la valeur dek(C_n) .
III.B.5) Montrer qu'il existe un réelΓ > 0 vérifiant la propriété suivante : pour toute suite orthonormale
Ψ = (Ψ_n)_(n ∈ IN) de fonctions lipschitziennes sur [0,1] telle que la suite
(k(Ψ_j))_(j ∈ IN) soit une suite croissante, on a
III.B.3) Montrer que
III.B.4) Trouver la valeur de
III.B.5) Montrer qu'il existe un réel
Ce résultat est dû à W. Rudin (1952).
Partie IV - Constantes de Lipschitz des polynômes de Legendre
Le but de cette dernière partie est le calcul des constantes de Lipschitz d'une suite orthonormale d'éléments de
E constituée de polynômes.
Pour
n ∈ IN et
x ∈ IR on note:
La notation
f^((n)) représente la dérivée
n -ième de la fonction
f .
On démontre, et on admettra, que l'on a:
On démontre, et on admettra, que l'on a:
IV.A - Montrer qu'il existe une unique suite de réels tous strictement positifs notée
(α_n)_(n ∈ IN) telle que la suite
Q = (Q_n)_(n ∈ IN) d'éléments de
E définie par
est une suite orthonormale de
E .
Donner la valeur deα_n pour chaque
n ∈ IN .
Dans la suite, la notationQ_n désigne l'élément ainsi calculé.
Donner la valeur de
Dans la suite, la notation
IV.B -
IV.B.1) Soit
f ∈ E donné. Montrer que la suite
(d_Q^n(f))_(n ∈ IN) est décroissante.
IV.B.2) Montrer que la suite Q définie ci-dessus est totale dans E .
IV.B.2) Montrer que la suite Q définie ci-dessus est totale dans E .
Pour cela on pourra montrer quela suite
(d_Q^n(f))_(n ∈ IN) tend vers 0 quand
n → + ∞ en appliquant le théorème de Weierstrass à la fonction
f ∈ E donnée.
IV.B.3) Déterminer toutes les suites orthonormales(Φ_n)_(n ∈ IN) de
E possédant la propriété suivante:
∀n ∈ IN, Φ_n est une fonction polynomiale de degré n
IV.C - Montrer que
IV.B.3) Déterminer toutes les suites orthonormales
IV.C - Montrer que
IV.D - Soient
(n, x) ∈ IN × IR . On désigne par i le nombre complexe de module 1 et d'argument
π/2 .
La lettreθ désigne une variable réelle.
IV.D.1) Démontrer quesi|x| ≤ 1 alors
L_n(x) = 1/(2π)∫_(− π)^(+ π)(x + i√(1 − x^2)cosθ)^n dθ .
La lettre
IV.D.1) Démontrer quesi
On pourra remarquer que
IV.D.2) Établir que
Quelles sont les valeurs de
x ∈ [ − 1, + 1] telles que
|L_n(x)| = 1 ?
IV.E -
IV.E.1) En remarquant que
(x^2 − 1)U_n^′(x) = 2nxU_n(x) , montrer que
IV.E.2) Prouver que
IV.F - Calculer enfin la valeur
k(Q_n) pour
n ∈ 𝕀N .
Pas de description pour le moment
