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Polynômes de Hilbert, séries entières et théorème de Pólya sur les fonctions entières
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Le problème étudie d'abord les polynômes de Hilbert et leur lien avec les polynômes prenant des valeurs entières sur les entiers naturels, à partir de notions d'algèbre linéaire de première année. La deuxième partie établit des propriétés des séries entières, notamment un principe du maximum, utilisées dans la troisième partie pour démontrer le théorème de Pólya sur les fonctions entières vérifiant une condition asymptotique.

  1. 1Partie I : polynômes de Hilbertpremière annéeInversion d'une matrice, étude d'une base adaptée et caractérisation des polynômes à valeurs entières sur les entiers naturels.
  2. 2Partie II : quelques propriétés des séries entièresReprésentation intégrale et principe du maximum pour une fonction développable en série entière.
  3. 3Partie III : théorème de PólyaDémonstration qu'une fonction entière vérifiant une certaine condition asymptotique est un polynôme.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Déterminant confondu avec la trace · Inverse d'une matrice triangulaire mal caractérisé · Inégalités entre nombres complexes
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Le rapport signale, sur la partie I d'algèbre linéaire de première année, des erreurs et confusions encore trop fréquentes. Sur la partie II consacrée aux séries entières, plusieurs erreurs grossières et des signes de mauvaise compréhension des notions de base ont été relevés.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Déterminant confondu avec la trace

    Certains candidats confondent le déterminant et la trace d'une matrice triangulaire.

  2. 2
    Inverse d'une matrice triangulaire mal caractérisé

    Certains candidats croient que l'inverse d'une matrice triangulaire supérieure est une matrice triangulaire inférieure.

  3. 3
    Inégalités entre nombres complexes

    Des candidats utilisent des inégalités entre nombres complexes sans passer par leur module.

  4. 4
    Règle de d'Alembert mal utilisée

    La règle de d'Alembert est utilisée comme condition nécessaire et suffisante de convergence, ce qui est erroné.

  5. 5
    Confusion entre max et supII.B.1

    Plusieurs candidats confondent max et sup lors de la justification de la définition du maximum du module sur le cercle.

  6. 6
    Confusion entre puissance et dérivéeII.B.3

    De nombreux candidats confondent f à la puissance p et la dérivée p-ième de f.

Conseils du jury

  • Revoir les notions de base d'algèbre linéaire de première année, notamment déterminant, trace et inversion de matrices triangulaires.
  • Manipuler les nombres complexes avec rigueur, en particulier en passant systématiquement par le module pour toute comparaison.
  • Vérifier que la règle de d'Alembert n'est utilisée que comme condition suffisante de convergence.
  • Bien distinguer, dans les notations de l'énoncé, la puissance d'une fonction de sa dérivée.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

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L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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MATHÉMATIQUES I

Notations, définitions et rappels

Si n ∈ ℕ, soit ℂ_n[X] l'espace des polynômes complexes de degré inférieur ou égal à n. Pour P dans ℂ[X], soit T(P) le polynôme P(X + 1). L'application T ainsi définie est clairement un endomorphisme de ℂ[X]. De plus, si n ∈ ℕ, ℂ_n[X] est stable par T et on note T_n l'endomorphisme de ℂ_n[X] induit par T. Soit (H_i)_(i ∈ ℕ) la suite des polynômes de Hilbert, définie par :
H_0 = 1 et ∀i ∈ ℕ^∗, H_i = 1/(i!)∏_(k = 0)^(i − 1)(X − k)
Si R ∈ ℝ_+^∗, soient :
D_R = {z ∈ ℂ, |z| < R}, D_R^– = {z ∈ ℂ, |z| ≤ R} et C_R = {z ∈ ℂ, |z| = R}
On convient d'autre part que D_∞ = ℂ. Pour R dans ℝ_+^∗ ∪ {∞}, soit E_R l'espace vectoriel des fonctions de D_R dans ℂ de la forme :
z ↦ ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n z^n, où la série entière ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n z^n
a un rayon de convergence supérieur ou égal à R. L'espace E_∞ est appelé espace des fonctions entières.
On pourra utiliser la formule de Stirling :
sin → + ∞, n! ∼ √(2πn)(n/e)^n

Objectif du problème, dépendance des parties

La partie I étudie les polynômes de Hilbert, ce qui permet notamment de déterminer les polynômes P de ℂ[X] tels que P(ℕ) ⊂ ℤ. La partie II est complètement indépendante de I. Elle a pour but d'établir quelques propriétés des séries entières utilisées dans la partie III, laquelle montre que toute fonction entière vérifiant une certaine condition asymptotique est un polynôme. Le résultat obtenu est dû à Georg Pólya (1915). La partie III utilise II et la dernière question de I.

Filière PSI

Partie I - Polynômes de Hilbert

Soit n dans ℕ.

I.A - Inversion d'une matrice

I.A.1) Écrire la matrice M_n de T_n dans la base ( 1, X, …, X^n ) de ℂ_n[X].
I.A.2) Vérifier que M_n est inversible ; expliciter M_n^(− 1).
I.B - Propriétés de la suite (H_i)_(i ∈ ℕ)
I.B.1) Montrer que (H_i)_(0 ≤ i ≤ n) est une base de ℂ_n[X].
I.B.2) Si j ∈ ℤ et i ∈ ℕ^∗, donner une expression simple de H_i(j) montrant que H_i(j) est dans ℤ. On distinguera les trois cas : j < 0, 0 ≤ j ≤ i − 1 et j ≥ i.
I.C - Polynômes de ℂ[X] tels que P(ℕ) ⊂ ℤ
Soit P dans ℂ_n[X]. On décompose P sur (H_i)_(0 ≤ i ≤ n) en :
P = ∑_(i = 0)^n a_i H_i
I.C.1) Vérifier l'égalité suivante :
(P(0); ⋮; P(n)) = ^t M_n ⋅ (a_0; ⋮; a_n)
où ^t M_n est la transposée de la matrice M_n.
I.C.2) Établir :
∀i ∈ {0, …, n}, a_i = ∑_(j = 0)^i(− 1)^(i − j)C_i^j P(j)
Si i ≥ n + 1, que vaut ∑_(j = 0)^i(− 1)^(i − j)C_i^j P(j) ?
I.C.3) Montrer que les trois conditions suivantes sont équivalentes:
a) ∀i ∈ {0, …, n}, P(i) ∈ ℤ,
b) ∀i ∈ {0, …, n}, a_i ∈ ℤ,
c) P(ℤ) ⊂ ℤ.
En particulier les polynômes P de ℂ[X] tels que P(ℕ) ⊂ ℤ sont les combinaisons linéaires à coefficients dans ℤ des polynômes de Hilbert.
I.D - Description des suites de la forme (P(j))_(j ∈ ℕ) où P est un polynôme.
Soit (u_j)_(j ∈ ℕ) une suite complexe. Démontrer que les deux conditions suivantes sont équivalentes :
a) il existe P ∈ ℂ_n[X] tel que: ∀j ∈ ℕ, u_j = P(j),
b)
∀i ∈ ℕ, i ≥ n + 1 ⇒ ∑_(j = 0)^i(− 1)^(i − j)C_i^j u_j = 0

Partie II - Quelques propriétés des séries entières

Dans toute cette partie, on fixe : R dans ℝ_+^∗ ∪ { + ∞}, f dans E_R, ω dans D_R et r dans ]|ω|, R[. Pour z dans D_R on écrit donc :
f(z) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n z^n, où la série entière ∑_(n = 0)^(+ ∞)a_n z^n
a un rayon de convergence supérieur ou égal à R.
Pour k ∈ ℕ^∗ on note f^((k)) la fonction définie pour z ∈ D_R par:
f^((k))(z) = ∑_(n = k)^(+ ∞)n(n − 1)…(n − k + 1)a_n z^(n − k)
(on sait que cette série entière a même rayon de convergence que la série entière initiale).
II.A - Représentation intégrale de f(ω) à partir des valeurs de f sur C_r II.A.1) Si p ∈ ℕ, prouver :
∫_(− π)^π f(re^(it))e^(− ipt)dt = 2πa_p r^p
II.A.2) Montrer :
f(ω) = ∫_(− π)^π(re^(it))/(re^(it) − ω)f(re^(it))(dt)/(2π)
Indication : on pourra partir de :
(re^(it))/(re^(it) − ω) = ∑_(p = 0)^(+ ∞)(ω/(re^(it)))^p

II.B - Principe du maximum

II.B.1) Justifier la définition de M_f(r) = Max{|f(z)|, z ∈ C_r}.
II.B.2) Montrer : |f(ω)| ≤ r/(r − |ω|)M_f(r).
II.B.3) Montrer : |f(ω)| ≤ M_f(r).
Indication : si p ∈ ℕ^∗, on pourra appliquer, avec justification, le résultat de II.B. 2 à f^p puis faire tendre p vers + ∞.
II.C - Division de f(z) − f(ω) par z − ω pour f dans E_R
II.C.1) Si j ∈ ℕ, montrer la convergence de la série de terme général a_n ω^(n − 1 − j) pour n ≥ j + 1. On pose:
b_j = ∑_(n = j + 1)^(+ ∞)a_n ω^(n − 1 − j)
II.C.2) Montrer que, lorsque j → + ∞, b_j = O(1/(r^j)).
II.C.3) Montrer que le rayon de convergence de la série entière ∑_(j = 0)^(+ ∞)b_j z^j est
supérieur ou égal à R. Pour z ∈ D_R, on pose : supérieur ou égal à R. Pour z ∈ D_R, on pose :
g(z) = ∑_(j = 0)^(+ ∞)b_j z^j
Vérifier : ∀z ∈ D_R, (z − ω)g(z) = f(z) − f(ω).

II.D - Minoration de M_f(r) à l'aide des zéros de f

On suppose que p ∈ ℕ^∗, que f s'annule en p points distincts z_1, …, z_p de D_r^–∖{0}.
II.D.1) Montrer qu'il existe F dans E_R telle que:
∀z ∈ D_R, F(z) × ∏_(j = 1)^p(z − z_j) = f(z) × ∏_(j = 1)^p(r^2 − z_j^–z)
II.D.2) Si j ∈ {1, …, p} et z ∈ C_r∖{z_j} que vaut
|(r^2 − z_j^–z)/(z − z_j)|?
II.D.3) En appliquant II.B. 3 à F au point ω = 0, montrer :
M_f(r) × |∏_(j = 1)^p z_j| ≥ |f(0)|r^p
II.D.4) On suppose f(0) = … = f^((k − 1))(0) = 0 où k ∈ 𝕀^∗. Prouver :
M_f(r) × |∏_(j = 1)^p z_j| ≥ (|f^((k))(0)|)/(k!)r^(p + k)

II.E - Étude asymptotique d'une fonction entière nulle sur IN

On suppose que R = + ∞, c ∈ ]0, e[, f est nulle sur ℕ et que lorsque r → ∞, M_f(r) = O(c^r).
Montrer que f = 0.
Indication: on supposera par l'absurde f ≠ 0, on appliquera II.D. 4 avec k = Min{i ∈ ℕ, f^((i))(0) ≠ 0}, r = p, z_1 = 1, …, z_p = p, et on fera tendre p vers + ∞.

Partie III - Théorème de Pólya

Soit f dans E_∞.
III.A - Majoration de |∑_(k = 0)^n(− 1)^k C_n^k f(k)|
Soient n dans ℕ^∗ et r un réel tel que r > n.
III.A.1) Décomposer en éléments simples la fraction rationnelle :
F_n = (n!)/(X(X − 1)…(X − n))
III.A.2) À l'aide de II.A.2, prouver :
∫_(− π)^π(n!f(re^(it)))/((re^(it) − 1)…(re^(it) − n))(dt)/(2π) = ∑_(k = 0)^n(− 1)^(n − k)C_n^k f(k)
III.A.3) Montrer :
|∑_(k = 0)^n(− 1)^(n − k)C_n^k f(k)| ≤ (n!M_f(r))/((r − 1)…(r − n))

III.B - Preuve du théorème

On suppose ici
a) f(ℕ) ⊂ ℤ,
b) Lorsque r → + ∞, M_f(r) = o((2^r)/(√r)).
On va démontrer que f est polynomiale (théorème de Pólya).
N.B. L'exemple de f(z) = 2^z montre que la condition asymptotique (b) n'est pas loin d'être optimale.
III.B.1) En appliquant III.A. 3 à r = 2n + 1, prouver qu'il existe N dans ℕ tel que
∀n ≥ N, ∑_(k = 0)^n(− 1)^(n − k)C_n^k f(k) = 0
III.B.2) À l'aide de I.D) et II.E), prouver le résultat désiré.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet Centrale mathématiques 1 PSI 2003 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet Centrale mathématiques 1 PSI 2003 ?

Il porte sur l'algèbre linéaire de première année à travers les polynômes de Hilbert, puis sur les séries entières et les fonctions entières.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées sur ce sujet Centrale maths 1 PSI 2003 ?

Le jury relève des confusions entre déterminant et trace, une mauvaise inversion des matrices triangulaires, et plusieurs erreurs classiques sur les séries entières comme la confusion entre max et sup.

Ce sujet Centrale maths 1 PSI 2003 est-il accessible dès la première année ?

La première partie repose uniquement sur des connaissances d'algèbre linéaire de première année, mais les parties suivantes portent sur les séries entières et les fonctions de variable complexe.

Le sujet Centrale mathématiques 1 PSI 2003 aborde-t-il le théorème de Pólya ?

Oui, la troisième partie démontre que toute fonction entière vérifiant une certaine condition asymptotique est un polynôme, résultat dû à Georg Pólya.

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