Centrale Mathématiques 2 PSI 2003Sujet, corrigé et rapport du jury
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MATHÉMATIQUES II
Dans tout le problème,
n est un entier naturel supérieur ou égal à 1 .
On considère un espace euclidienE de dimension
n . On note
(x|y) le produit scalaire de deux vecteurs
x et
y et
x ↦ ‖x‖ la norme associée.
Pouru ∈ L(E) , on note
u^∗ son adjoint,
χ_u son polynôme caractéristique et
Sp(u) l'ensemble de ses valeurs propres. On note
π_u le générateur de l'idéal des polynômes annulateurs de
u dont le coefficient de plus haut degré est égal à 1 .
π_u est appelé polynôme minimal de
u .
L'endomorphismeu de
E est dit antisymétrique lorsque
u^∗ = − u .
On note,S(E), A(E) et
O(E) les sous-ensembles de
L(E) formés respectivement des endomorphismes symétriques, antisymétriques, orthogonaux.
SiF est un sous-espace de
E stable par
u , on note
u|_F l'endomorphisme de
F induit par
u .
On note𝒫(E) l'ensemble des endomorphismes
u de
E tels que
u^∗ soit un polynôme en
u et
𝒩(E) l'ensemble des endomorphismes
u de
E qui commutent avec leur adjoint, donc :
On considère un espace euclidien
Pour
L'endomorphisme
On note,
Si
On note
Le but du problème est d'étudier et comparer les deux ensembles
𝒫(E) et
𝒩(E) . On note
𝒰_n(ℝ) l'ensemble des matrices carrées réelles de taille
n et
S_n, A_n et
O_n les sous-ensembles de
𝒰_n(ℝ) formés respectivement des matrices symétriques, antisymétriques, orthogonales.
PourA ∈ ℳ_n(ℝ) , on note
χ_A son polynôme caractéristique et
π_A son polynôme minimal, c'est-à-dire le polynôme minimal de l'endomorphisme de
ℝ^n canoniquement associé à
A . On note
^t A la transposée de
A .
Deux matricesA et
B sont dites orthogonalement semblables lorsqu'il existe
P ∈ O_n tel que
B = P^(− 1)AP .
On note𝒫_n l'ensemble des matrices
A de
𝒰_n(ℝ) telles que
^t A peut s'exprimer comme un polynôme en
A , donc :
Pour
Deux matrices
On note
Les parties I et II sont indépendantes.
Filière PSI
Partie I - Généralités sur
𝒫_((E)) et
𝒫_n
I.A -
I.A.1) Soient
A et
B les deux matrices d'un même endomorphisme de
E rapporté à deux bases orthonormales. Montrer que
A et
B sont orthogonalement semblables.
I.A.2) Soitu un endomorphisme de
E et
A sa matrice sur
ℬ , une base orthonormale de
E . Établir un rapport entre l'appartenance de
u à
𝒫(E) (resp.
𝒩(E) ) et l'appartenance de
A à
𝒫_n (resp.
𝒩_n ).
Dans la suite du problème, on pourra exploiter ce rapport pour répondre à certaines questions.
I.A.3) Montrer que
𝒫(E) ⊂ 𝒩(E) et que
𝒫_n ⊂ 𝒩_n .
I.A.2) Soit
Dans la suite du problème, on pourra exploiter ce rapport pour répondre à certaines questions.
I.A.3)
I.B -
I.B.1) Vérifier que
S(E) ⊂ 𝒫(E) et
A(E) ⊂ 𝒫(E) .
I.B.2) Quelles sont les matrices triangulaires supérieures qui appartiennent à𝒫_n ?
En déduire que sin ≥ 2 , on a
𝒫(E) ≠ L(E) .
I.B.3) Soitu ∈ L(E) admettant, sur une certaine base
ℬ de
E , une matrice triangulaire supérieure. Montrer qu'il existe une base orthonormale
ℬ ' de
E , telle que les matrices de passage de
ℬ à
ℬ ' et de
ℬ ' à
ℬ soient triangulaires supérieures.
Montrer que la matrice deu dans
ℬ ' est triangulaire supérieure.
En déduire les élémentsu ∈ 𝒫(E) qui sont trigonalisables.
I.B.4) On suppose queu est un automorphisme de
E ; montrer que
u admet un polynôme annulateur
P tel que
P(0) ≠ 0 . En déduire que
u^(− 1) peut s'écrire comme un polynôme en
u .
En déduire queO(E) ⊂ 𝒫(E) .
I.B.2) Quelles sont les matrices triangulaires supérieures qui appartiennent à
En déduire que si
I.B.3) Soit
Montrer que la matrice de
En déduire les éléments
I.B.4) On suppose que
En déduire que
I.C -
I.C.1) Montrer que si
A ∈ 𝒫_n et
A ≠ 0 , alors il existe un unique polynôme réel que l'on note
P_A , tel que degré
(P_A) < degré
(π_A) et
P_A(A) = ^t A .
SiA est la matrice nulle, on convient que
P_A est le polynôme nul.
Si
Énoncer le résultat correspondant pour
u ∈ 𝒫(E) .
I.C.2) Déterminer les matricesA de
𝒫_n pour lesquelles
P_A est un polynôme constant.
I.C.3) Déterminer les matricesA de
𝒫_n pour lesquelles
P_A est du premier degré. On rappelle que toute matrice carrée s'écrit comme somme d'une matrice symétrique et d'une matrice antisymétrique.
I.C.4) SoientA et
B deux matrices orthogonalement semblables.
I.C.2) Déterminer les matrices
I.C.3) Déterminer les matrices
I.C.4) Soient
Montrer que si
A ∈ 𝒫_n alors
B ∈ 𝒫_n et
P_A = P_B .
I.D - Décrire les élémentsA de
𝒫_2 et calculer les
P_A correspondants.
I.E - Soit
I.D - Décrire les éléments
I.E - Soit
I.E.1) On suppose que
π_(A_1) et
π_(A_2) sont premiers entre eux. Montrer l'existence de deux polynômes
U et
V tels que :
Calculer
A^m pour
m entier positif quelconque, puis
P(A) pour
P = P_(A_1) − (P_(A_1) − P_(A_2))Uπ_(A_1) .
En déduire queA ∈ 𝒫_(n_1 + n_2) .
I.E.2) Expliciterπ_A en fonction de
π_(A_1) et
π_(A_2) .
En déduire que
I.E.2) Expliciter
Comment trouver
P_A connaissant
π_(A_1), π_(A_2) , et le polynôme
P défini par :
I.F - Soit
Vérifier que
A ∈ 𝒫_4 et calculer
P_A avec la méthode précédente.
Partie II - Étude de
𝒩_((E)) et
𝒩_n
II.A - Montrer que si
u ∈ 𝒩(E) et
P ∈ ℝ[X] , alors
P(u) ∈ 𝒩(E) .
II.B - Soientu ∈ 𝒩(E) et
x ∈ E . Montrer que
‖u(x)‖^2 = ‖u^∗(x)‖^2 . En déduire que
u et
u^∗ ont le même noyau.
II.C - Soitm un entier,
m > 0 . On suppose donné un endomorphisme
f antisymétrique inversible de l'espace
ℝ^m muni de son produit scalaire canonique.
II.C.1) Comparer les déterminants def et
f^∗ . En déduire que
m est pair.
II.C.2) On considère les applicationsn et
g définies sur
ℝ^m par
n(x) = ‖x‖^2 et
g(x) = ‖f(x)‖^2 et l'application
II.B - Soient
II.C - Soit
II.C.1) Comparer les déterminants de
II.C.2) On considère les applications
Montrer que
n et
g sont de classe
C^1 sur
ℝ^m et que leurs différentielles en
x fixé sont les formes linéaires
Montrer que l'application
q est de classe
C^1 sur
ℝ^m∖{0} et déterminer sa différentielle en
x , en calculant
dq(x)(h) au moyen de produits scalaires et de normes.
On note
S = {x ∈ U/‖x‖ = 1} .
Montrer que l'ensemble des valeurs prises parq sur
S coïncide avec l'ensemble des valeurs prises par
q sur
U . Montrer que la fonction
q admet un maximum sur
ℝ^m∖{0} et que ce maximum est atteint en un point
x_0 ∈ S .
Montrer que, pour touth , on a
(f(x_0)|f(h)) = ‖f(x_0)‖^2(x_0|h) . En déduire que
Π = Vect(x_0, f(x_0)) est un plan stable par
f .
Donner une base orthonormale deΠ et exprimer la matrice de
f|_Π relative à cette base.
II.C.3) Montrer qu'il existe une base orthonormaleℬ de
ℝ^m telle que :
Montrer que l'ensemble des valeurs prises par
Montrer que, pour tout
Donner une base orthonormale de
II.C.3) Montrer qu'il existe une base orthonormale
II.D - Soit
u ∈ ℒ(E) et
E_1 ⊂ E un sous-espace stable par
u et
u^∗ . On note
E_2 le supplémentaire orthogonal de
E_1 .
II.D.1) Montrer queE_2 est stable par
u et
u^∗ .
II.D.2) Montrer que(u|_(E_1))^∗ = u^∗|_(E_1) .
II.D.3) Montrer que si, en outre,u ∈ 𝒩(E) , alors
u|_(E_1) ∈ 𝒩(E_1) et
u|_(E_2) ∈ 𝒩(E_2) .
II.D.1) Montrer que
II.D.2) Montrer que
II.D.3) Montrer que si, en outre,
Jusqu'à la fin de la partie II, u désigne un élément de
𝒩(E) .
II.E - Soientλ ∈ ℝ et
x ∈ E ; montrer que
‖u(x) − λx‖^2 = ‖u^∗(x) − λx‖^2 . En déduire que
u et
u^∗ ont les mêmes sous-espaces propres et que ceux-ci sont en somme directe orthogonale.
Siλ est une valeur propre de
u , on note
E_u(λ) le sous-espace propre associé. Soit
F le supplémentaire orthogonal du sous-espace :
⨁_λ E_u(λ) , où la somme porte sur l'ensemble des valeurs propres de
u .
Montrer queF est stable par
u et
u^∗ . En considérant la restriction de
u à
F , montrer que la dimension de
F ne peut être impaire. On notera
dimF = 2p .
II.F - On suppose quep est non nul. Soit
v ∈ 𝒩(F) . On pose
II.E - Soient
Si
Montrer que
II.F - On suppose que
II.F.1) Justifier que le polynôme caractéristique de
s est scindé.On le note :
II.F.2) Montrer que
s o
a = a o
s et
s o
v = vos .
Montrer qu'il existe une base orthonormale
ℬ^′ de
F telle que la matrice de
v dans
ℬ^′ soit diagonale par blocs :
avec, pour
i = 1, …, k, M_i de la forme
λ_i I_(n_i) + A_i où
A_i est antisymétrique.
II.F.3) On suppose en outre quev n'admet aucune valeur propre réelle. Montrer que les
A_i sont inversibles.
II.G - Montrer qu'il existe une base orthonormaleℬ de
E telle que :
II.F.3) On suppose en outre que
II.G - Montrer qu'il existe une base orthonormale
pour
i = 1, …, p .
II.H - Donner une caractérisation des matricesA ∈ 𝒩_n .
II.I - Préciser la matrice obtenue dans II.G quandu ∈ O(E) .
II.H - Donner une caractérisation des matrices
II.I - Préciser la matrice obtenue dans II.G quand
Partie III - Relation entre
𝒫_n et
𝒩_n
III.A - Soit
P ∈ ℝ[X] .
III.A.1) Soit
III.A.1) Soit
Montrer que
P(Δ) = ^t Δ si et seulement
P(M_i) = ^t M_i , pour
i = 1, …, k .
III.A.2) Donner les expressions deP_A, χ_A et
π_A pour une matrice
III.A.2) Donner les expressions de
Montrer que
P(A) = ^t A si et seulement si
P(a + ib) = a − ib et
P(a − ib) = a + ib .
Dans les questions qui suivent, on fixeA ∈ 𝒩_n . D'après II.H,
A est orthogonalement semblable à une matrice
B telle que celle représentée dans II.G.
III.A.3) Montrer queP(A) = ^t A si et seulement si :
Dans les questions qui suivent, on fixe
III.A.3) Montrer que
III.A.4) Montrer qu'il existe
P ∈ ℂ[X] , de degré minimal, vérifiant les conditions ci-dessus (sur
P(λ) et
P(z) ) et que ce polynôme est, en fait, à coefficients réels.
En déduire que𝒩_n = 𝒫_n .
III.B - Montrer que le polynômeP trouvé dans III.A. 4 est, en fait,
P_A . Retrouver, avec la méthode précédente, le polynôme
P_A de la question I.F.
III.C - Dans cette question, on supposen ≥ 3 et on note
C(α_0, α_1, …, α_(n − 1)) ∈ 𝒰_n(ℝ) la matrice circulante
En déduire que
III.B - Montrer que le polynôme
III.C - Dans cette question, on suppose
III.C.1) Montrer que
J ∈ 𝒫_n .
En déduire que toute matrice circulante appartient à
𝒫_n .
III.C.2) À toute matrice circulante non nulleA = C(α_0, …, α_(n − 1)) , on associe les polynômes
III.C.2) À toute matrice circulante non nulle
Donner l'expression de
π_J . Comparer
Q et le reste de la division euclidienne de
P_A ∘ P par
π_J .
En déduire les étapes d'une méthode de calcul deP_A . Détailler le calcul pour
A = C(1, 1, 0) .
III.D - SoitP(X) = a_0 + a_1 X + a_2 X^2 avec
a_2 ≠ 0 .
En déduire les étapes d'une méthode de calcul de
III.D - Soit
Montrer qu'il existe un entier
n ≥ 3 et une matrice
A ∈ 𝒫_n telle que
P = P_A si et seulement si
(a_1 − 1)^2 − 4a_0 a_2 ∈ [0, 4[ .
Indication : montrer que, sin et
A existent,
χ_A admet au moins une racine réelle et exactement deux racines complexes, conjuguées l'une de l'autre.
Indication : montrer que, si
Pas de description pour le moment
