WikiPrépaLivrets

Centrale Mathématiques 2 PSI 2004Sujet, corrigé et rapport du jury

Téléchargements

Ces sujets peuvent vous intéresser

Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
Afficher ou masquer la section

MATHÉMATIQUES II

Notations et objectifs du problème

Dans tout ce problème, E est un espace vectoriel euclidien de dimension d ≥ 1. Le produit scalaire de deux vecteurs u et v de E est noté (u|v), la norme du vecteur u est notée ‖u‖.
L'espace des endomorphismes de E est noté L(E). Le composé de deux éléments f et g de L(E) est noté indifféremment fg ou f o g et l'identité I_E. L'adjoint de f est noté f^∗; on rappelle qu'il est caractérisé par la propriété suivante :
∀(u, v) ∈ E^2, (f(u)|v) = (u|f^∗(v)).
Si f est un élément de L(E), Tr(f) désigne la trace de f. Le composé de p exemplaires de f est noté f^p (avec, par convention, f^0 = I_E ). Si F est un sous espace de E stable par f, l'endomorphisme induit par f sur F est noté f_F.
On notera S(E) l'ensemble des endomorphismes symétriques (ou autoadjoints) de E et S^+(E) le sous ensemble de S(E) constitué des endomorphismes symétriques dont les valeurs propres sont positives.
On rappelle que, si t ↦ x(t) est une application de ℝ dans E et (e) = ( e_1, e_2, …, e_d ) une base de E, par rapport à laquelle les coordonnées de x(t) sont x_1(t), x_2(t), …, x_d(t) :
∀t ∈ ℝ, x(t) = ∑_(i = 1)^d x_i(t)e_i
alors x est de classe C^k sur ℝ, si et seulement si, pour tout entier i ∈ {1, 2, …, d} l'application t ↦ x_i(t) est une application de classe C^k de ℝ dans ℝ.
Soit f un élément de L(E) et x_0 un élément de E. On considère l'équation
𝒫_((f, x_0)){(dx)/(dt) = f(x); x(0) = x_0
dont l'inconnue x est la fonction t ↦ x(t) de classe C^1 de ℝ dans E.
On rappelle que, pour tout x_0 de E, il existe une unique solution de 𝒫(f, x_0). On l'appelle f-trajectoire de x_0.

Filière PSI

Afin d'alléger la rédaction, on conviendra que toute propriété géométrique d'une trajectoire x concerne en réalité l'ensemble x(ℝ) = {x(t)|t ∈ ℝ}; par exemple, on dira que la trajectoire x est un cercle si x(ℝ) est un cercle.
On désigne par B(E) l'ensemble des f, éléments de L(E), tels que toutes les f-trajectoires sont bornées, c'est-à-dire sont telles que, quel que soit le choix de x_0, il existe un réel M ≥ 0, dépendant de x_0, pour lequel on a :
∀t ∈ ℝ, ‖x(t)‖ ≤ M,
si x désigne la f-trajectoire de x_0.
De même, on note SP(E) l'ensemble des f, éléments de L(E), tels que toutes les f-trajectoires sont sphériques, c'est-à-dire sont telles que, quel que soit le choix de x_0, il existe un élément γ ∈ E et un réel r ≥ 0, dépendants de x_0, pour lesquels on a:
∀t ∈ ℝ, ‖x(t) − γ‖ = r,
si x désigne la f-trajectoire de x_0.
L'objectif du problème est de caractériser les ensembles B(E) et SP(E).

Partie I - Étude de trajectoires

I.A - Soit F un sous-espace de E, stable par f. Montrer que si x_0 ∈ F, la f-trajectoire de x_0 est contenue dans F.
I.B - Soit f un élément de L(E), x_0 un vecteur propre de f associé à la valeur propre λ et x la f-trajectoire de x_0. Exprimer x(t) en fonction de x_0, λ, t.
I.C - Soit f un élément de L(E), x_0 un élément de Kerf^2 n'appartenant pas à Ker f et x la f-trajectoire de x_0. Exprimer x(t) en fonction de x_0, f(x_0), t et préciser la nature géométrique de cette trajectoire.
I.D - Soit f un élément de L(E), x_0 un élément de E − {0}. On suppose qu'il existe un réel φ n'appartenant pas à πℤ et un réel k strictement positif tels que
(f^2 − 2kcosφf + k^2 I_E)(x_0) = 0.
On note t ↦ x(t) la f-trajectoire de x_0.
I.D.1) Montrer que la famille ( x_0, f(x_0) ) est libre et justifier l'existence de deux applications u et v de ℝ dans E, telles que
∀t ∈ ℝ, x(t) = u(t)x_0 + v(t)f(x_0)
I.D.2) Montrer que u et v sont de classe C^2. Former une équation différentielle linéaire du second ordre, avec deux conditions initiales, vérifiée par u. En déduire l'expression de u.
I.D.3) Montrer que x est bornée si et seulement si cosφ = 0. Dans ce cas, décrire géométriquement la f-trajectoire x. À quelles conditions cette trajectoire est-elle un cercle?
I.E - Soit k un réel strictement positif, f un élément de L(E), g = f^2 + k^2 I_E et x_0 un élément de Kerg^2. On désigne par G la famille
G = {x_0, f(x_0), g(x_0), gf(x_0)}.
I.E.1) Montrer que F = vect(G) est stable par f.
I.E.2) Montrer que G est libre si et seulement si g(x_0) ≠ 0.
I.E.3) On suppose que g(x_0) ≠ 0. Montrer que la f-trajectoire de x_0 peut s'écrire sous la forme :
x(t) = u(t)x_0 + v(t)f(x_0) + w(t)g(x_0) + h(t)gf(x_0).
Déterminer u(t), v(t), puis w(t), puis h(t). Montrer que cette trajectoire n'est pas bornée.

Partie II - Étude des endomorphismes à trajectoires bornées

Dans les questions II.A à II.D incluses, f désigne un endomorphisme de E tel que toutes les f-trajectoires sont bornées: f ∈ B(E).
II.A - Soit λ une valeur propre réelle de f. Montrer que λ = 0.
II.B - Montrer que Kerf = Kerf^2 et E = Imf ⊕ Kerf.
II.C - Exhiber, sans démonstration, un polynôme non nul, à coefficients réels, qui annule f. Démontrer qu'il existe un polynôme unitaire à coefficient réel qui est de degré minimal parmi les polynômes non nuls de ℝ[X] annulant f.
Dans toute la suite de la section II.C, ce polynôme est noté P.
II.C.1) Soit Q(Q ∈ ℝ[X]) un diviseur non constant de P. Montrer que Q(f) ne peut être inversible.
II.C.2) On suppose que P admet une racine réelle λ. Montrer que λ = 0 et, en s'aidant de la question II.B, que l'ordre de multiplicité de cette racine dans P est égal à 1 .
II.C.3) Que dire de f si P est scindé sur ℝ ?
II.C.4) On suppose que P possède une racine complexe λ non réelle. On écrit λ sous forme trigonométrique : λ = ke^(iφ), avec k et φ réels, k > 0 et φ n'appartenant pas à πℤ. Démontrer qu'il existe un vecteur x_0 ≠ 0 tel que: (f^2 − 2k(cosφ)f + k^2 I_E)(x_0) = 0. En déduire la valeur de cosφ. Qu'en conclure sur les racines non réelles de P ?
II.C.5) Soit k > 0, montrer que Ker(f^2 + k^2 I_E)^2 = Ker(f^2 + k^2 I_E).
II.C.6) On suppose f ≠ 0; démontrer qu'il existe un entier s ≥ 1 et des réels a_1, a_2, …, a_s strictement positifs et distincts tels que P soit de l'une ou l'autre des deux formes suivantes :
P = ∏_(i = 1)^s(X^2 + a_i^2) ou X∏_(i = 1)^s(X^2 + a_i^2)
II.D - Prouver que f vérifie les deux propriétés suivantes :
i) L'endomorphisme f^2 est diagonalisable et ses valeurs propres sont des réels négatifs ou nuls.
ii) rgf = rgf^2.
Prouver que les dimensions des sous-espaces propres de f^2 associés à ses valeurs propres strictement négatives sont paires.
II.E - Réciproquement soit f un élément de L(E), non nul et vérifiant les deux propriétés i) et ii) de la question II.D). Établir l'existence d'un entier s strictement positif, de s sous-espaces E_1, E_2, …, E_s tous non réduits à {0}, de dimensions paires et stables par f et de s réels a_1, a_2, …, a_s, strictement positifs et distincts, tels que :
Kerf ⊕ [⨁_(i = 1)^s E_i] = E
∀i ∈ {1, …, s}, ∀x ∈ E_i, f^2(x) = − a_i^2 x
Étudier la f-trajectoire d'un vecteur appartenant à l'un des E_i et en conclure que f ∈ B(E).

Partie III - Étude des endomorphismes à trajectoires sphériques

III.A -

III.A.1) Soit f un élément de L(E). Prouver l'équivalence des deux propriétés suivantes :
a) f^∗ + f = 0
b) ∀u ∈ E, (u|f(u)) = 0.
Un endomorphisme vérifiant l'une de ces deux propriétés est appelé endomorphisme antisymétrique de E. L'ensemble de ces endomorphismes est noté A(E).
III.A.2) Soit f un élément de A(E) et x une f-trajectoire associée ; calculer la dérivée de la fonction t ↦ ‖x(t)‖^2. Montrer que A(E) ⊂ SP(E).
III.B - Soit f un élément de SP(E) et F un sous-espace de E stable par F. Montrer que f_F est élément de SP(F).
III.C - Montrer que SP(E) ⊂ B(E).
III.D - Dans cette section III.D, E est de dimension 2 et f est un élément non nul de SP(E).
III.D.1) Démontrer que f^2 est une homothétie de rapport strictement négatif.
III.D.2) Soit x_0 un élément de E − {0} et a le centre d'un cercle contenant la f-trajectoire de x_0. Justifier que a peut s'écrire sous la forme αx_0 + βf(x_0) et prouver que (x_0|f(x_0)) = 0.
III.D.3) Prouver que A(E) = SP(E).
III.E - Dans cette section III.E, E est un espace vectoriel orienté de dimension 3.
Soit ω un élément de E − {0} et v un vecteur de E orthogonal à ω. On définit l'endomorphisme ψ de E par ψ : u ↦ ω ∧ u + (u|ω)v.
III.E.1) Montrer que ψ est antisymétrique si et seulement si v = 0.
III.E.2) Montrer que si v est non nul, ψ appartient à SP(E).
On pourra commencer par prouver que pour tout x_0 de E, si x désigne la f-trajectoire de x_0, (x|ω) est constant et l'on cherchera le centre de la sphère sous la forme α(ω + ω ∧ v), où α est une constante à déterminer.
On se propose de prouver que tout endomorphisme f élément de SP(E), non nul est de la même forme que ψ.
III.E.3) Soit f un élément de SP(E) − {0}. Établir que f^2 n'admet qu'une seule valeur propre strictement négative, notée − μ^2 et que Imf = Ker(f^2 + μ^2 I_E).
III.E.4) En déduire l'existence d'une base orthonormée de E où la matrice de f est de la forme
(0, − μ, b; μ, 0, 0; 0, 0, 0)
et conclure.
III.F - On suppose, dans cette question, que f, élément de SP(E), vérifie f^2 = − μ^2 I_E où μ > 0. À l'aide des résultats des questions III.B et III.D, montrer que f est antisymétrique.
III.G - Démontrer que, dans le cas général, SP(E) est constitué des endomorphismes f ∈ L(E) qui vérifient les deux propriétés suivantes :
i) E = Kerf ⊕ Imf.
ii) L'endomorphisme induit par f sur Imf est antisymétrique.
Ces deux conditions étant supposées réalisées, préciser géométriquement en fonction de x_0 élément de E, le centre d'une sphère qui contient la f-trajectoire de x_0.

-••FIN •••

Pas de description pour le moment