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Épreuve de Mathématiques B PSI

Durée 4 h

Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, d'une part il le signale au chef de salle, d'autre part il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en indiquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.

L'usage de calculatrices est interdit.

Exercice I.- Dans cet exercice les deux parties sont indépendantes. Le candidat pourra aborder la partie B en admettant le résultat de la question A(3) (b)
Soit n un entier naturel non nul. On notera M_n(ℂ) l'ensemble des matrices de dimension n × n à coefficients dans ℂ. On note respectivement I_n et O_n la matrice identité et la matrice nulle de M_n(ℂ). Le déterminant d'une matrice A est noté det(A), sa trace Tr(A) et son polynôme caractéristique est désigné par P_A(X).

Partie A

(1) Soient A, B, C et et D quatre matrices de M_n(ℂ).
(a) Justifier brièvement les relations suivantes entre les déterminants de matrices de M_(2n)(ℂ) définies par blocs et les déterminants de leurs blocs:
det((I_n, O_n; O_n, D)) = det(D), det((I_n, B; O_n, I_n)) = 1 et det((A, O_n; O_n, I_n)) = det(A).
(b) En déduire det((A, B; O_n, D)) = det(A)det(D).
(c) De la question précédente, déduire det((A, O_n; C, D)) = det(A)det(D).
(2) Dans toute la suite de cette partie, A, B, C et D sont quatre matrices de M_n(ℂ) telles que DC = CD. Soit la matrice définie par blocs
M = (A, B; C, D) ∈ M_(2n)(ℂ).
A l'aide du produit (A, B; C, D)(D, O_n; − C, I_n), montrer que, si la matrice D est inversible, alors on a
det(M) = det(AD − BC).
(3) Pour tout x ∈ ℂ, on pose D_x = D − xI_n et M_x = (A, B; C, D_x) ∈ M_(2n)(ℂ).
(a) Montrer que det(M_x) = det(AD_x − BC) pour tout nombre complexe x ∉ S où S est un sous-ensemble fini de ℂ.
(b) En déduire que l'on a det(A, B; C, D) = det(AD − BC) en toute généralité.

Partie B

Dans cette partie, q désigne un nombre complexe différent de 0 et de 1 . On considère l'espace vectoriel M_2(ℂ) des matrices 2 × 2 à coefficients complexes. On rappelle que la base canonique de M_2(ℂ) est B = {E_(1, 1), E_(1, 2), E_(2, 1), E_(2, 2)} où
E_(1, 1) = (1, 0; 0, 0), E_(1, 2) = (0, 1; 0, 0), E_(2, 1) = (0, 0; 1, 0) et E_(2, 2) = (0, 0; 0, 1).
Soit la matrice non nulle A = (a, b; c, d) ∈ M_2(ℂ). On pose A~ = (d, − b; − c, a).
On définit les deux endomorphismes de M_2(ℂ) suivants :
R_A : M_2(ℂ), → M_2(ℂ), L_A : M_2(ℂ), → M_2(ℂ); X, ↦ AX, X, ↦ XA
(1) Déterminer les matrices de R_A et L_A dans la base B.
(2) Montrer que la matrice de l'endomorphisme R_A − qL_A dans la base B est la matrice définie par blocs
M_A = (aI_2 − q^t A, bI_2; cI_2, dI_2 − q^t A).
(3) Montrer que l'on a successivement les égalités suivantes
(a) det(M_A) = det(A)det(A~ + q^2 A − q(a + d)I_2),
(b) det(M_A) = (1 − q)^2 det(A)det((d − qa, − (1 + q)b; − (1 + q)c, a − qd)),
(c) det(M_A) = (1 − q)^2 det(A)((1 + q)^2 det(A) − q(Tr(A))^2).
(4) On suppose à présent que le polynôme caractéristique de A se décompose en le produit P_A(X) = (X − α)(X − β) où α, β ∈ ℂ.
(a) Montrer que l'on a det(M_A) = P_A(qα)P_A(qβ).
(b) A l'aide des questions précédentes, montrer que les deux assertions suivantes sont équivalentes :
  • Il existe une matrice non nulle B de M_2(ℂ) telle que AB = qBA.
  • On a det(A) = 0 ou α = qβ ou β = qα.
    (5) Soit A un matrice de M_2(ℂ) telle qu'il existe une matrice B non nulle dans M_2(ℂ) avec AB = qBA où q ∈ ℂ∖{0, 1}. Montrer que A est semblable à une matrice de l'un des trois types suivants
A_1 = (α, 0; 0, qα) A_2 = (α, 0; 0, 0) et A_3 = (0, 1; 0, 0) où α ∈ ℂ^∗
Exercice II .-Dans cet exercice, la partie C peut-être traitée indépendamment des parties A et B.

Partie A

Soit a un réel positif ou nul. On considère les suites réelles (a_n)_(n ∈ ℕ) et (b_n)_(n ∈ ℕ) définies par
a_0 = a, b_0 = 1, a_(n + 1) = (a_n + b_n)/2 et b_(n + 1) = √(a_n b_n).
(1) Montrez que pour tout entier n > 0 on a
(a) a_n ≥ 0 et b_n ≥ 0,
(b) a_(n + 1) − b_(n + 1) = 1/2(√(a_n) − √(b_n))^2.
(2) En déduire que, pour tout entier n ≥ 1, on a
0 ≤ b_n ≤ b_(n + 1) ≤ a_(n + 1) ≤ a_n
(3) Montrer que, pour tout entier n ≥ 1, on a
(√(a_n) − √(b_n))^2 ≤ a_n − b_n
puis que, pour tout n ≥ 1, on a
|a_n − b_n| ≤ 1/(2^n)|1 − a|.
(4) En déduire que les suites (a_n)_(n ∈ ℕ) et (b_n)_(n ∈ ℕ) sont convergentes et convergent vers la même limite.

Partie B

Désormais (a_n)_(n ∈ ℕ) et (b_n)_(n ∈ ℕ) désignent les suites de fonctions définies sur [0, + ∞[ en posant
a_0(x) = x, b_0(x) = 1, a_(n + 1)(x) = (a_n(x) + b_n(x))/2 et b_(n + 1)(x) = √(a_n(x)b_n(x)).
(1) Déduire de la partie A que les suites de fonctions (a_n)_(n ∈ ℕ) et (b_n)_(n ∈ ℕ) convergent simplement sur [0, + ∞[ vers une fonction f.
(2) (a) Déterminer f(0) et f(1).
(b) Montrer qu'on a √x ≤ f(x) ≤ x pour tout x positif.
(3) Soit A un réel strictement positif. Montrer que les suites de fonctions (a_n)_(n ∈ ℕ) et (b_n)_(n ∈ ℕ) convergent uniformément sur [0, A] vers f. (On pourra utiliser la question A(3).
(4) En déduire que la fonction f est continue sur [0, + ∞[.

Partie C

(1) Soient α et β deux réels strictement positifs. Montrer que la fonction
φ : t ↦ 1/(√((t^2 + α^2)(t^2 + β^2)))
est intégrable sur ℝ.
(2) Soit g la fonction définie sur ]0, + ∞[parg(x) = ∫_0^(+ ∞)(dt)/(√((t^2 + x^2)(t^2 + 1))).
Montrer que g est de classe C^1 sur ]0, + ∞[.
(3) (a) Montrer que, pour tout réel x strictement positif, la fonction S_x définie par S_x(t) = 1/2(t − x/t) est une bijection de classe C^1 de ]0, + ∞[ dans ℝ.
(b) Soient α et β deux réels strictement positifs. En utilisant le changement de variable s = S_(αβ)(t), démontrer que l'on a
∀x > 0 ∫_(− ∞)^(+ ∞)(ds)/(√((s^2 + ((α + β)/2)^2)(s^2 + αβ))) = 2∫_0^(+ ∞)(dt)/(√((t^2 + α^2)(t^2 + β^2)))
(c) En déduire l'égalité
∀x > 0 ∫_0^(+ ∞)(dt)/(√((t^2 + ((α + β)/2)^2)(t^2 + αβ))) = ∫_0^(+ ∞)(dt)/(√((t^2 + α^2)(t^2 + β^2)))

Partie D

(1) Montrer que l'on a
∀n ∈ ℕ ∀x > 0 g(x) = ∫_0^(+ ∞)(dt)/(√((t^2 + (a_n(x))^2)(t^2 + (b_n(x))^2)))
(2) Pour n ≥ 1 et x > 0, on définit la fonction
h_n : t ↦ 1/(√((t^2 + (a_n(x))^2)(t^2 + (b_n(x))^2))).
(a) Montrer que, pour t > 0 et x > 0, on a lim_(n → + ∞)h_n(t) = 1/(t^2 + (f(x))^2).
(b) Démontrer l'inégalité 0 < h_n(t) ≤ 1/(t^2 + x) où t > 0, x > 0 et n ≥ 1.
(c) En déduire lim_(n → + ∞)∫_0^(+ ∞)h_n(t)dt = π/(2f(x)) où x > 0.
(d) En déduire que, pour tout x > 0, on a g(x) = π/(2f(x)) et que f est de classe C^1 sur l'intervalle ]0, + ∞[.

FIN DE LEPREUVE

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