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Séries de restes d'une série convergente et déterminant d'une matrice liée aux polynômes de Tchebychev
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Le premier problème étudie, pour une série convergente, la nature et la somme de la série formée par ses restes successifs, avec des applications à la série harmonique alternée, à la fonction zêta et à une série entière. Le second problème calcule le déterminant d'une matrice construite à partir des intégrales de Wallis, en la reliant à une base de polynômes trigonométriques.

  1. 1Problème 1, partie I : cas de la série géométrique alternéeOn étudie la série des restes de la série géométrique alternée, puis celle de la série harmonique alternée à l'aide d'une représentation intégrale des restes.
  2. 2Problème 1, partie II : égalité générale sur les restes et applicationsOn établit une identité générale reliant la somme des restes à la somme pondérée des termes, puis on l'applique à une suite, à une série à termes positifs, à la fonction zêta de Riemann et à une série entière.
  3. 3Problème 2, partie I : calcul direct du déterminantOn explicite la matrice W_n construite à partir des coefficients binomiaux centraux et des intégrales de Wallis, et on calcule son déterminant pour un petit cas.
  4. 4Problème 2, partie II : interprétation par une base orthogonaleOn introduit un produit scalaire sur les fonctions continues, deux bases liées aux cosinus itérés, et on en déduit le déterminant de W_n par un changement de base.

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CONCOURS COMMUNS POLYTECHNIOUES
ÉPREUVE SPÉCIFIQUE - FILIÈRE PSI

MATHÉMATIQUES 1

DURÉE : 4 heures
Les calculatrices programmables et alphanumériques sont autorisées, sous réserve des conditions définies dans la circulaire n^∘ 99-186 du 16.11.99 - BOEN n^∘42 du 25.11.99.
Cette épreuve comporte deux problèmes indépendants l'un de l'autre.

PROBLÈME 1

Etant donné une série convergente ∑_(k ≥ 0)u_k(x), on note R_n(x) = ∑_(k = n + 1)^(+ ∞)u_k(x) son reste d'ordre n, pour n ∈ N et on se propose d'étudier la série ∑_(n ≥ 0)R_n(x).

PARTIE I

I.1. On suppose que u_k(x) = (− 1)^k x^k, où x ∈ R.
I.1.1. Déterminer l'ensemble I des x ∈ R tels que la série ∑_(k ≥ 0)(− 1)^k x^k converge et préciser sa somme ∑_(k = 0)^(+ ∞)(− 1)^k x^k pour x ∈ I.
I.1.2. En supposant que x ∈ I, expliciter R_n(x), montrer que la série ∑_(n ≥ 0)R_n(x) converge et calculer sa somme S(x) = ∑_(n = 0)^(+ ∞)R_n(x).
I.2. On conserve les notations du I.1 :
u_k(x) = (− 1)^k x^k, R_n(x) = ∑_(k = n + 1)^(+ ∞)(− 1)^k x^k pour n ∈ N et on pose R_(− 1)(x) = ∑_(k = 0)^(+ ∞)(− 1)^k x^k. On considère par ailleurs la série ∑_(k ≥ 1)((− 1)^(k + 1))/k et on pose : r_n = ∑_(k = n + 1)^(+ ∞)((− 1)^(k + 1))/k pour n ∈ N. On se propose d'établir la convergence de la série ∑_(n ≥ 0)r_n et de calculer sa somme.
I.2.1. Justifier la convergence de la série ∑_(k ≥ 1)((− 1)^(k + 1))/k et par suite l'existence de r_n pour tout n ∈ N.
I.2.2. Soit (n, m) ∈ N^2 avec n ≤ m et I_0 = [0, 1[.
I.2.2.1. En remarquant que ∑_(k = n)^m(− 1)^k x^k = R_(n − 1)(x) − R_m(x), montrer que pour tout x ∈ I_0 on a l'inégalité : |∑_(k = n)^m(− 1)^k x^k| ≤ 2.
I.2.2.2. L'entier n étant fixé, déduire en particulier de I.2.2.1 que :
∫_(10)lim_(m → + ∞)(∑_(k = n)^m(− 1)^k x^k)dx = lim_(m → + ∞)∑_(k = n)^m∫_(10)(− 1)^k x^k dx
et par suite que r_n = ∫_(10)R_(n − 1)(x)dx.
I.2.2.3. Retrouver ainsi la valeur (bien connue !) de r_0.
I.2.2.4. Montrer que pour tout couple (m, x) ∈ N × I_0 on a l'inégalité :
|∑_(n = 0)^m R_(n − 1)(x)| ≤ 2.
I.2.2.5. Déduire en particulier de I.2.2.4 que la somme ∑_(n = 0)^m∫_(l0)R_(n − 1)(x)dx admet une limite lorsque m tend vers + ∞.
En déduire que la série ∑_(n ≥ 0)r_n converge et calculer sa somme ∑_(n = 0)^(+ ∞)r_n.

PARTIE II

Une égalité sur les restes; quelques applications.

II.1. Egalité sur les restes.

Lorsque la série numérique ∑_(k ≥ 1)u_k converge, on note toujours R_n = ∑_(k = n + 1)^(+ ∞)u_k son reste d'ordre n.
Soit ∑_(k ≥ 1)u_k une série convergente ; exprimer pour n ∈ N la différence ∑_(k = 0)^n R_k − ∑_(k = 1)^n ku_k en fonction de n et de R_n.

II.2. Application à une suite.

Montrer qu'il existe deux réels α et β tels que ∑_(k = 1)^n(n − k)((− 1)^(k + 1))/k = αn + β + o(1) lorsque n tend vers + ∞.

II.3. Application à une série à termes positifs.

On suppose de plus que u_k ≥ 0 pour tout k ∈ N^∗.
II.3.1. Montrer que la convergence de la série ∑_(k ≥ 0)R_k entraîne la convergence de la série ∑_(k ≥ 1)ku_k.
II.3.2. On suppose que la série ∑_(k ≥ 1)ku_k est convergente. Quelle est la limite de la suite (n + 1)R_n lorsque n tend vers + ∞ ?
II.3.3. Déduire de ce qui précède que les deux séries ∑_(k ≥ 0)R_k et ∑_(k ≥ 1)ku_k sont de même nature et lorsqu'elles convergent comparer alors leurs sommes ∑_(k = 0)^(+ ∞)R_k et ∑_(k = 1)^(+ ∞)ku_k.
II.4. Application à la série ∑_(k ≥ 1)1/(k^x).
On suppose maintenant que u_k(x) = 1/(k^x) pour k ∈ N^∗ et x ∈ D = ]1, + ∞[.
On note toujours R_n(x) = ∑_(k = n + 1)^(+ ∞)1/(k^x) le reste d'ordre n et on pose ζ(x) = ∑_(k = 1)^(+ ∞)1/(k^x) pour x ∈ D.
Préciser l'ensemble D_1 des x ∈ D tels que la série ∑_(n ≥ 0)R_n(x) soit convergente et exprimer, pour x ∈ D_1, la somme ∑_(n = 0)^(土 _∞)R_n(x) à l'aide de la fonction ζ.

II.5. Application à une série entière.

On suppose maintenant que u_k(x) = a_k x^k, où (a_k)_(k ∈ ℕ^∗) désigne une suite de nombres réels et où x ∈ R. On désigne par ρ le rayon de convergence de cette série entière, on suppose ρ > 0 et on note f(x) = ∑_(k = 1)^(+ ∞)a_k x^k pour x ∈ ] − ρ, ρ[.
II.5.1. Soit x ∈ ] − ρ, ρ[; justifier la convergence de la série ∑_(k ≥ 1)ka_k x^k; en déduire que la suite (n + 1)R_n(x) admet une limite lorsque n → + ∞ (et préciser cette limite).
II.5.2. En déduire que la série ∑_(n ≥ 0)R_n(x) est convergente pour x ∈ ] − ρ, ρ[ et exprimer sa somme ∑_(n = 0)^(+ ∞)R_n(x) à l'aide de x et de la fonction f.
II.5.3. Exemple : on suppose que a_k = sin(kπ/2) + 1/kcos(kπ/2) pour k ∈ N^∗.
II.5.3.1. Déterminer alors le rayon de convergence ρ de cette série entière.
II.5.3.2. Expliciter la somme ∑_(n = 0)^(+ ∞)R_n(x) pour x ∈ ] − ρ, ρ[ (en justifiant le résultat).

PROBLÈME 2

Notations :
Pour k ∈ N, j ∈ N et 0 ≤ j ≤ k, on note C_k^j = (k!)/(j!(k − j)!) le coefficient binomial (avec 0! = 1 ).
Si n ∈ N on note [ [0, n] ] l'ensemble des entiers naturels k tels que 0 ≤ k ≤ n; on désigne par M_(n + 1)(R) l'anneau des matrices carrées d'ordre n + 1 à coefficients dans R.
Si M ∈ M_(n + 1)(R) on note M = (m_(i, j)) avec (i, j) ∈ [ [0, n] ]^2 ou m_(i, j) désigne l'élément de la ligne i et de la colonne j.
Pour n ∈ N^∗ on considère la matrice W_n = (w_(i, j)) ∈ M_(n + 1)(R), (i, j) ∈ [ [0, n] ]^2 avec w_(i, j) définie par :
si i + j est pair : i + j = 2p alors w_(i, j) = 1/(2^(2p))C_(2p)^p; si i + j est impair alors w_(i, j) = 0
On se propose de calculer le déterminant de W_n noté detW_n.

PARTIE I

I.1. Expliciter la matrice W_3.
I.2. Calculer det W_3.
I.3. Pour m ∈ N on note J_m = ∫_0^π cos^m tdt.
I.3.1. Calculer J_0 et J_1.
I.3.2. Etablir une relation entre J_(m + 2) et J_m pour m ∈ N.
Quelle est la valeur de J_(2p + 1) pour p ∈ N ?
I.3.3. Expliciter J_(2p) en fonction de p et du coefficient binomial C_(2p)^p pour p ∈ N.
I.3.4. Exprimer w_(i, j) en fonction de J_(i + j), de i et de j pour tout couple (i, j) ∈ [ [0, n] ]] ]^2.

PARTIE II

On considère l'espace vectoriel E = C([0, π], R) des fonctions continues sur l'intervalle [0, π] à valeurs dans R. On considère sur E le produit scalaire < ⋅ / ⋅ > défini par:
pour (f, g) ∈ E^2 : ⟨f/g⟩ = 1/π∫_0^π f(t)g(t)dt.
On définit deux suites (e_k)_(k ∈ N) et (v_k)_(k ∈ N) d'éléments de E par:
pour tout t ∈ [0, π] e_0(t) = ν_0(t) = 1 et pour k ≥ 1 e_k(t) = √2cos(kt), ν_k(t) = cos^k(t).
Pour m ∈ N on note H_m(e) le sous-espace vectoriel vect (e_0, e_1, …, e_m) (sous-espace vectoriel de E engendré par la famille (e_j)_(j ∈ [[0, m]])).
On note, de même, H_m(v) le sous-espace vectoriel vect (v_0, v_1, …, v_m).
II.1. Calculer les produits scalaires ⟨e_j/e_k⟩ pour (j, k) ∈ [ [0, m] ]]^2.
II.2. En déduire que pour tout m ∈ N la famille (e_j)_(j ∈ [[0, m]]) est une base de H_m(e).
II.3. Soit m ∈ N; montrer que ν_m ∈ H_m(e), c'est-à-dire que ν_m = ∑_(i = 0)^m q_(i, m)e_i; expliciter q_(m, m) (on ne cherchera pas à calculer q_(i, m) pour 0 ≤ i ≤ m − 1).
II.4. Démontrer l'égalité H_m(e) = H_m(v) pour tout m ∈ N.
II.5. Pour m ∈ N on note d_m la distance de ν_(m + 1) au sous-espace vectoriel H_m(e) (pour la distance associée au produit scalaire défini au début de la partie II). Déduire de ce qui précède la valeur de d_m.
II.6. Soit n ∈ N^∗; pour (i, j) ∈ [ [0, n] ]] ]^2 on note v_j = ∑_(i = 0)^n q_(i, j)e_i et on pose alors :
Q_n = (q_(i, j)) ∈ M_(n + 1)(R)
avec(i, j) ∈ [ [0, n] ]] ]^2.
II.6.1. Calculer det Q_n pour n ∈ N^∗.
II.6.2. Calculer detW_n pour n ∈ N^∗.

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte ce sujet de maths 1 PSI CCINP 2001 ?
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Sur quels chapitres porte ce sujet de maths 1 PSI CCINP 2001 ?

Le premier problème porte sur les séries numériques, les séries entières et les intégrales, le second sur les espaces préhilbertiens, les intégrales de Wallis et le calcul de déterminants.

Quelles parties sont indépendantes dans ce sujet ?

L'énoncé précise que l'épreuve comporte deux problèmes indépendants l'un de l'autre ; à l'intérieur du premier problème, les applications de la partie II peuvent être traitées séparément après l'identité générale sur les restes.

Quels résultats de cours faut-il connaître pour ce sujet ?

La convergence des séries numériques et des séries entières, le calcul des intégrales de Wallis, et la construction d'une base orthonormée dans un espace préhilbertien.

Ce sujet est-il faisable en première année ?

Certaines questions du problème 1 sur les séries géométriques et harmoniques sont accessibles en première année, mais l'essentiel du sujet (séries entières, fonction zêta, espaces préhilbertiens) relève du programme de deuxième année.

Pas de description pour le moment