CCINP Mathématiques 2 PSI 2001Sujet et corrigé
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CCP 2001 PSI - Maths 2
Les calculatrices programmables et alphanumériques sont autorisées, sous réserve des conditions définies dans la circulaire
n^∘ 99-186 du 16.11.99-BOEN
n^∘42 du 25.11.99.
L'objet de ce problème est de définir un algorithme de calcul approché d'une intégrale, utilisant la méthode des trapèzes.
Dans la première partie, on étudie le procédé d'extrapolation de Richardson.
Dans une deuxième partie, on établit la formule d'Euler-Mac Laurin.
La troisième partie utilise les deux premières parties pour définir la méthode de Romberg, qui est une troisième méthode d'intégration basée sur l'accélération de la convergence à partir de la méthode des trapèzes.
La deuxième partie est indépendante de la première partie.
De nombreuses questions de ce problème sont simples ; le candidat s'attachera à les résoudre avec soin et complètement. On noteℝ l'ensemble des nombres réels,
ℕ l'ensemble des entiers naturels et
ℕ^∗ l'ensemble des entiers naturels non nuls.
Étant donné un intervalleI de
ℝ , on note
C^∞(I, ℝ) l'ensemble des fonctions définies sur
I à valeurs dans
ℝ , indéfiniment dérivables.
Étant donné un entiers ∈ ℕ et une fonction
φ , on utilise la notation
φ(t) = O(t^s) lorsque
t ⟶ 0 , qui signifie que le quotient
(φ(t))/(t^s) est borné lorsque
t ⟶ 0, t ≠ 0 .
t_n étant le terme général d'une suite qui ne s'annule pas et qui tend vers 0 lorsque
n ⟶ + ∞ , on note
u_n = O(t_n) lorsque
n ⟶ + ∞ , le terme général d'une suite telle que le quotient
(u_n)/(t_n) est borné lorsque
n ⟶ + ∞ .
Dans la première partie, on étudie le procédé d'extrapolation de Richardson.
Dans une deuxième partie, on établit la formule d'Euler-Mac Laurin.
La troisième partie utilise les deux premières parties pour définir la méthode de Romberg, qui est une troisième méthode d'intégration basée sur l'accélération de la convergence à partir de la méthode des trapèzes.
La deuxième partie est indépendante de la première partie.
De nombreuses questions de ce problème sont simples ; le candidat s'attachera à les résoudre avec soin et complètement. On note
Étant donné un intervalle
Étant donné un entier
PREMIÈRE PARTIE
Procédé d'extrapolation de Richardson
On désigne par
A une fonction définie sur
ℝ à valeurs dans
ℝ , et on suppose que
A admet un développement limité à tout ordre au voisinage de 0 .
On noteA(t) = a_0 + a_1 t + ⋯ + a_k t^k + O(t^(k + 1)) son développement limité à l'ordre
k au voisinage de 0 , les coefficients
a_p étant des réels.
On note
I-1.1. Étant donné un réel
ρ non nul et un entier
s ∈ ℕ , on suppose que
φ est une fonction qui vérifie
φ(t) = O((ρt)^s) lorsque
t ⟶ 0 . Montrer que
φ(t) = O(t^s) lorsque
t ⟶ 0 .
I-1.2. Pour
k ∈ ℕ^∗ , on suppose que
φ(t) = O(t^k) lorsque
t ⟶ 0 . Déterminer la limite lorsque
t ⟶ 0, t ≠ 0 , du quotient
(φ(t))/(t^(k − 1)) .
I-2.1. Montrer que
A(t) admet une limite lorsque
t ⟶ 0 et déterminer cette limite.
Soitr un réel vérifiant
r > 1 . On définit la suite des fonction
A_n par :
pourt réel,
A_0(t) = A(t) puis, pour
t réel et
n ∈ ℕ^∗, A_n(t) = (r^n A_(n − 1)(t) − A_(n − 1)(rt))/(r^n − 1) .
I-2.2. Montrer qu'il existe un réela_(1, 2) , que l'on déterminera, tel que le développement limité de
A_1 à l'ordre
k au voisinage de 0 soit
A_1(t) = a_0 + a_(1, 2)t^2 + ⋯ + O(t^(k + 1)) .
Soit
pour
I-2.2. Montrer qu'il existe un réel
I-2.3. En déduire qu'il existe un réel
a_(n, n + 1) , que l'on ne demande pas de déterminer, tel que le développement limité de
A_n à l'ordre
k au voisinage de 0 soit
A_n(t) = a_0 + a_(n, n + 1)t^(n + 1) + ⋯ + O(t^(k + 1)) .
I-2.4. Soit
t_0 un réel non nul fixé. Montrer que la suite de terme général
A(r^(− m)t_0) converge vers
a_0 lorsque
m ⟶ + ∞ .
Dans la suite de la première partie, on suppose que pour toutt_0 ≠ 0 fixé et
r > 1 fixé, on sait calculer les premiers termes
A(t_0), A(r^(− 1)t_0), …, A(r^(− m)t_0) de la suite.
Le procédé de Richardson consiste à extrapoler ces valeurs pour obtenir, grâce à un procédé d'accélération de convergence, la valeur dea_0 .
Dans la suite de la première partie, on suppose que pour tout
Le procédé de Richardson consiste à extrapoler ces valeurs pour obtenir, grâce à un procédé d'accélération de convergence, la valeur de
Pour
p ∈ ℕ , on note
A_(p, 0) = A_0(r^(− p)t_0) puis, pour
q entier vérifiant
1 ⩽ q ⩽ p , on note
A_(p, q) = A_q(r^(− p)t_0) .
I-3.1. Justifier l'égalité
A_(p, 0) = a_0 + O(r^(− p)) lorsque
p ⟶ + ∞ .
I-3.2. Déterminer un entier naturelα(p, q) > 0 , que l'on explicitera, tel que
A_(p, q) = a_0 + O(r^(− α(p, q))) lorsque
p ⟶ + ∞ .
I-3.3. Pourp ⩾ 1 , justifier l'égalité :
A_(p, 1) = (rA_(p, 0) − A_(p − 1, 0))/(r − 1) .
I-3.4. Pour1 ⩽ q ⩽ p , justifier l'égalité :
A_(p, q) = (r^q A_(p, q − 1) − A_(p − 1, q − 1))/(r^q − 1) = A_(p, q − 1) + 1/(r^q − 1)(A_(p, q − 1) − A_(p − 1, q − 1)) .
Dans la pratique, on range les valeursA_(p, q) pour
0 ⩽ q ⩽ p ⩽ m dans un tableau triangulaire:
I-3.2. Déterminer un entier naturel
I-3.3. Pour
I-3.4. Pour
Dans la pratique, on range les valeurs
I-4. Déterminer la plus petite valeur et la plus grande valeur de
α(p, q) pour
0 ⩽ q ⩽ p ⩽ m .
Lorsquem ⟶ + ∞ , de laquelle des valeurs
A_(p, q) du tableau peut-on attendre la meilleure approximation de
a_0 (on pourra utiliser I-1.2 pour justifier la réponse) ?
On écrira cette valeur sous la formea_0 + O(r^(− σ(m))) lorsque
m ⟶ + ∞ et on précisera la valeur de l'entier
σ(m) > 0 .
On considère une fonctiong ∈ C^∞(ℝ, ℝ) et on note
g(α + h) = c_0 + c_1 h + ⋯ + c_(2k)h^(2k) + O(h^(2k + 1)) son développement limité à l'ordre
2k au voisinage de
α .
Lorsque
On écrira cette valeur sous la forme
On considère une fonction
I-5.1. Exprimer les coefficients
c_p pour
0 ⩽ p ⩽ 2k , en fonction de
g et de ses dérivées successives.
Pourh ≠ 0 , on note
G(h) = (g(α + h) − g(α − h))/(2h) .
I-5.2. Montrer que la fonctionG est paire.
Montrer queG se prolonge par continuité en 0 par une valeur que l'on déterminera.
On noteG˜ la fonction
G prolongée en 0 par cette valeur.
I-5.3. Exprimer à l'aide des coefficientsc_p le développement limité de
G˜ à l'ordre
2k − 1 au voisinage de 0 .
Pourt réel positif, on note
A(t) = G˜(√t) .
Pour
I-5.2. Montrer que la fonction
Montrer que
On note
I-5.3. Exprimer à l'aide des coefficients
Pour
I-6.1. On choisit
h > 0 et on considère la suite de valeurs
G(h), G(h/2), …, G(h/(2^m)) .
Déterminer un réelt_0 > 0 et un réel
r > 1 tels que cette suite de valeurs soit
A(t_0), A(r^(− 1)t_0), …, A(r^(− m)t_0) .
On utilise les notations des questions précédentes avecA_0(t) = A(t), A_(p, 0) = A_0(r^(− p)t_0) puis
A_(p, q) , pour les valeurs
r et
t_0 déterminées dans I-6.1.
Déterminer un réel
On utilise les notations des questions précédentes avec
I-6.2. Quelle est la limite
ℓ de
A_(p, 0) lorsque
p ⟶ + ∞ ? On exprimera
ℓ à l'aide de la fonction
g et de
α .
Dans ce qui suit, on prendg(x) = lnx, α = 3 et
h = 0, 8 .
Dans ce qui suit, on prend
I-7.1. Calculer les valeurs
A_(p, 0) pour
0 ⩽ p ⩽ 3 .
Donner le tableau des valeursA_(p, q) pour
0 ⩽ q ⩽ p ⩽ 3 .
I-7.2. Quelle est la valeur exacte deℓ ?
Parmi les valeursA_(p, q) trouvées, quelle est la meilleure approximation de
ℓ ?
Donner le tableau des valeurs
I-7.2. Quelle est la valeur exacte de
Parmi les valeurs
DEUXIÈME PARTIE
Formule d'Euler-Mac Laurin
Pour
p ∈ ℕ , on définit la suite
B_p de polynômes par :
(i) Pour toutt ∈ ℝ, B_0(t) = 1
(ii) Pourp ∈ ℕ^∗ et
t ∈ ℝ, B_p^′(t) = pB_(p − 1)(t) et
∫_0^1 B_p(t)dt = 0 ,
et on noteb_p = B_p(0) .
(i) Pour tout
(ii) Pour
et on note
II-1.1. Déterminer les polynômes
B_1, B_2, B_3 .
II-1.2. Pour0 ⩽ p ⩽ 3 , calculer
b_p et comparer
b_p à
B_p(1) .
II-1.3. Montrer que pourp ⩾ 2 , on a
b_p = B_p(1) .
II-1.2. Pour
II-1.3. Montrer que pour
II-2.1. Pour
p ∈ ℕ et
t ∈ ℝ , on définit
B˜_p(t) = (− 1)^p B_p(1 − t) .
Montrer que la suite de polynômesB˜_p vérifie les relations (i) et (ii). En déduire que
B˜_p = B_p .
II-2.2. Montrer que pourp ∈ ℕ^∗ , on a
b_(2p + 1) = 0 .
Soitf ∈ C^∞([0, 1], ℝ) ; on note
f^((p)) la dérivée d'ordre
p de la fonction
f .
II-3.1. Montrer l'égalité∫_0^1 f(t)dt = ∫_0^1 B_0(t)f(t)dt = 1/2(f(0) + f(1)) − ∫_0^1 B_1(t)f^′(t)dt .
II-3.2. Pourn ⩾ 2 , montrer l'égalité :
Montrer que la suite de polynômes
II-2.2. Montrer que pour
Soit
II-3.1. Montrer l'égalité
II-3.2. Pour
II-3.3. En déduire que pour
n = 2k on a l'égalité :
Pour
t ∈ ℝ , on note
E(t) la partie entière de
t .
Pourp ∈ ℕ , on définit la fonction
D_p par : pour
t ∈ ℝ, D_p(t) = B_p(t − E(t)) .
Pour
II-4.1. Montrer que
D_p est une fonction périodique de période 1.
Montrer queD_p est une fonction de classe
C^∞ par morceaux sur
ℝ .
Dans la suite la fonctionf appartient à
C^∞([0, N], ℝ) où
N ∈ ℕ avec
N ⩾ 2 .
Pourq entier vérifiant
1 ⩽ q ⩽ N , on définit les fonctions
f_q de
[0, 1] dans
ℝ par
f_q(t) = f(t + q − 1) .
II-4.2. Montrer que les fonctionf_q appartiennent à
C^∞([0, 1], ℝ) et qu'elles vérifient les égalités :
pourm ∈ ℕ et
q entier tel que
2 ⩽ q ⩽ N, f_1^((m))(0) = f^((m))(0), f_q^((m))(0) = f_(q − 1)^((m))(1), f_N^((m))(1) = f^((m))(N) .
II-4.3. En appliquant (1) aux fonctionf_q , en déduire la formule d'Euler-Mac Laurin sur
[0, N] :
Montrer que
Dans la suite la fonction
Pour
II-4.2. Montrer que les fonction
pour
II-4.3. En appliquant (1) aux fonction
TROISIÈME PARTIE
Méthode de Romberg
Dans cette partie on note
[a, b] un intervalle de
ℝ et
f une fonction de
C^∞([a, b], ℝ) .
Étant donné
N ∈ ℕ^∗ et
h = (b − a)/N , on note :
T_f(h) = h[1/2f(a) + ∑_(q = 1)^(N − 1)f(a + qh) + 1/2f(b)] si
N ⩾ 2, T_f(h) = h[1/2f(a) + 1/2f(b)] si
N = 1 , la valeur approchée de l'intégrale
∫_0^1 f(t)dt obtenue par la méthode des trapèzes pour le pas
h .
III-1. On supposeN ⩾ 2 . En appliquant la formule (2) à la fonction
g(t) = f(a + th) définie sur
[0, N] , montrer la formule :
III-1. On suppose
III-2. Montrer que la formule (3) peut s'écrire : (4)
T_f(h) = ∫_a^b f(t)dt + ∑_(p = 1)^(k − 1)d_p h^(2p) + O(h^(2k)) où les
d_p désignent des nombres réels.
Pour
t > 0 , on définit
A(t) = T_f(√t) .
III-3.1. Déterminer
lim_(t → 0)A(t) .
III-3.2. On prendN = 1 et donc
h = b − a , et on calcule la suite de valeurs
T_f(h), T_f(h/2), …, T_f(h/(2^m)) .
Déterminer un réelt_0 > 0 et un réel
r > 1 tels que cette suite de valeurs soit
A(t_0), A(r^(− 1)t_0), …, A(r^(− m)t_0) .
On utilise les notations de la première partie avecA_0(t) = A(t), A_(p, 0) = A_0(r^(− p)t_0) puis,
A_(p, q), t_0 et
r étant les valeurs trouvées en III-3.2. On note
h_p = (b − a)/(2^p) .
III-3.2. On prend
Déterminer un réel
On utilise les notations de la première partie avec
III-4.1. Exprimer
A_(p, 0) et
A_(p − 1, 0) à l'aide de
T_f et de
h_p .
III-4.2. Pourp ⩾ 1 , on définit
A_(p, 0)^′ = h_p∑f(a + (2q + 1)h_p) , la somme étant étendue aux entiers
q tels que
a < a + (2q + 1)h_p < b . Exprimer
A_(p, 0) en fonction de
A_(p − 1, 0) et
A_(p, 0)^′ . Quel est l'intérêt de cette expression?
III-4.2. Pour
III-5. On choisit
f(t) = (sint)/t pour
t ≠ 0, f(0) = 1, a = 0, b = π, h = b − a = π .
III-5.1. Montrer quef ∈ C^∞([0, π], ℝ) .
III-5.2. Calculer les valeursA_(p, 0) pour
0 ⩽ p ⩽ 3 et les valeurs
A_(p, 0)^′ pour
1 ⩽ p ⩽ 3 .
Indiquer dans quel ordre vous calculez ces sept valeurs.
III-5.3. Donner le tableau des valeursA_(p, q) pour
0 ⩽ q ⩽ p ⩽ 3 .
De laquelle de ces valeurs peut-on attendre la meilleure approximation de∫_0^π(sint)/t dt ?
III-6. Que donne cette méthode lorsquef est une fonction périodique de période
b − a ?
III-5.1. Montrer que
III-5.2. Calculer les valeurs
Indiquer dans quel ordre vous calculez ces sept valeurs.
III-5.3. Donner le tableau des valeurs
De laquelle de ces valeurs peut-on attendre la meilleure approximation de
III-6. Que donne cette méthode lorsque
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