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Corrigé détaillé ENS Physique Chimie L PC 2023 (page 4/4 : Partie Chimie (questions 19 à 34))

Effusion gazeuse et chimie des dérivés du bore

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Partie Partie Chimie : Quelques aspects de la chimie du bore (suite)

1.2.2 · Paire de Lewis frustrée

Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : base de lewis, phosphine

Représenter le produit 1 et justifier qu'il s'agit bien d'une base de Lewis.

Voir la stratégie
  1. Identifier la structure du groupement mésityle (2,4,6-triméthylphényle) et représenter la trimésitylphosphine \mathbf{1} en faisant figurer l'atome central de phosphore, ses substituants et son doublet non liant.
  2. Établir le schéma de Lewis autour de l'atome de phosphore à partir de sa valence pour justifier la présence d'un doublet non liant et conclure quant à sa nature de base de Lewis.
Voir la réponse courte

Tri-tert-butylphosphine avec doublet non liant disponible sur le phosphore, se comportant comme une base de Lewis.

Voir le corrigé complet

Le groupement mésityle (noté \mathrm{Mes}) est le 2,4,6-triméthylphényle. La molécule de trimésitylphosphine \mathbf{1} est donc constituée d'un atome central de phosphore lié à trois noyaux aromatiques portant chacun trois groupes méthyle en positions 2, 4 et 6 (par rapport au carbone d'attache) :

Justification du caractère de base de Lewis :

  • L'atome de phosphore \mathrm{P} (Z = 15) possède la configuration électronique de valence [\mathrm{Ne}]\, 3\mathrm{s}^2 3\mathrm{p}^3, soit 5 électrons de valence.
  • Dans \mathrm{PMes}_3, il est engagé dans trois liaisons simples covalentes \sigma avec le carbone \mathrm{C}(1) de chacun des trois groupements mésityle, satisfaisant à la règle de l'octet.
  • Le phosphore conserve ainsi un doublet non liant (stéréochimie \mathrm{AX}_3\mathrm{E}_1, pyramide trigonale).

Ce doublet non liant, localisé dans la plus haute orbitale occupée (HO) du phosphore, est susceptible d'être cédé à une orbitale vacante (lacune électronique).

\boxed{\mathbf{1} = \mathrm{PMes}_3 \text{ possède un doublet non liant accessible : c'est donc une base de Lewis.}}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : effet inductif attracteur, encombrement stérique

Représenter le produit 2. Expliquer l'intérêt d'utiliser des substituants fluorés ici.

Voir la stratégie
  1. Représenter la structure du tri(pentafluorophényl)bore \mathbf{2}, noté \mathrm{B}(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3, en faisant apparaître le bore central trivalent et ses trois groupements pentafluorophényles.
  2. Analyser l'intérêt des atomes de fluor sous les deux aspects caractéristiques des paires de Lewis frustrées :

    • l'effet électronique : renforcement de l'acidité de Lewis ;
    • l'effet stérique : encombrement empêchant la formation d'un adduit classique.
Voir la réponse courte

Tris(pentafluorophényl)borane ; groupes \mathrm{C}_6\mathrm{F}_5 très électroattracteurs renforçant l'acidité et assurant l'encombrement stérique.

Voir le corrigé complet

1. Représentation du produit 2

Le tri(pentafluorophényl)bore \mathbf{2} comporte un atome de bore central lié à trois cycles aromatiques perfluorés :

\boxed{\mathbf{2} = \mathrm{B}(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3}

2. Intérêt d'utiliser des substituants fluorés

L'introduction des groupements pentafluorophényles répond à un double objectif :

  • Effet électronique (exaltation de l'acidité de Lewis) : Le fluor est l'élément le plus électronégatif du tableau périodique (\chi_{\mathrm{P}} \approx 4{,}0). Les quinze substituants fluorés exercent un effet inductif attracteur (-I) très puissant qui appauvrit fortement le bore en densité électronique. Ce déficit stabilise très nettement son orbitale vacante 2\mathrm{p}_z (la BV), conférant à \mathrm{B}(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3 un pouvoir acide de Lewis exceptionnellement élevé.
  • Effet stérique (favorisant la frustration de la paire) : Les substituants fluorés en positions ortho sur les trois noyaux aromatiques créent un encombrement stérique important au voisinage immédiat du bore. Cet encombrement empêche l'approche stérique d'une base de Lewis volumineuse comme \mathrm{PMes}_3, interdisant la formation d'une liaison covalente de coordination (adduit classique).

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : paire de lewis frustrée, orbitale frontalière

Comparer les niveaux énergétiques de la HO et de la BV d'une paire de Lewis dans le cas où elle formerait une paire frustrée avec le cas où elle forme un adduit de Lewis, et justifier la réactivité de la paire frustrée.

Voir la stratégie
  1. Analyser la formation d'un adduit de Lewis classique en termes d'interaction orbitalaire frontalière entre la HO de la base (doublet non liant) et la BV de l'acide (lacune électronique).
  2. Examiner la situation dans une paire de Lewis frustrée (FLP) où l'encombrement stérique empêche ce recouvrement orbitalaire.
  3. Comparer les positions énergétiques relatives de la HO, de la BV et du gap orbitalaire \Delta E = E_{\mathrm{BV}} - E_{\mathrm{HO}} entre les deux situations, puis en déduire la réactivité vis-à-vis de petites molécules.
Voir la réponse courte

Absence de liaison maintenant la HO haute et la BV basse, ce qui confère une très forte réactivité biphile.

Voir le corrigé complet

1. Cas de l'adduit de Lewis classique : Lorsqu'un acide et une base de Lewis non encombrés interagissent, le recouvrement entre la HO de la base (doublet non liant n) et la BV de l'acide (orbitale vacante p) donne naissance à deux orbitales moléculaires :

  • une orbitale liante \sigma, nettement stabilisée par rapport à la HO initiale de la base, qui devient la nouvelle HO de l'adduit ;
  • une orbitale antiliante \sigma^*, nettement déstabilisée par rapport à la BV initiale de l'acide, qui devient la nouvelle BV de l'adduit.

Il en résulte une forte augmentation du saut énergétique :

\Delta E_{\text{adduit}} = E_{\mathrm{BV}}(\text{adduit}) - E_{\mathrm{HO}}(\text{adduit}) \gg \Delta E_{\text{libre}}

L'adduit de Lewis est ainsi énergétiquement stable et chimiquement peu réactif (extinction mutuelle des sites acide et basique).

2. Cas de la paire de Lewis frustrée (FLP) : En raison de la gêne stérique majeure induite par les volumineux substituants (groupes mésityles sur le phosphore et pentafluorophényles sur le bore), les deux centres réactifs ne peuvent pas s'approcher à une distance permettant un recouvrement orbitalaire effectif : aucune liaison dative ne se forme.

  • La HO du système reste celle de la base libre \mathbf{1} (doublet non liant du phosphore, de haute énergie) :

    E_{\mathrm{HO}}(\text{frustrée}) > E_{\mathrm{HO}}(\text{adduit})
  • La BV du système reste celle de l'acide libre \mathbf{2} (lacune 2p_z du bore, particulièrement basse en énergie en raison de l'effet attracteur -I des fluorures) :

    E_{\mathrm{BV}}(\text{frustrée}) < E_{\mathrm{BV}}(\text{adduit})
\boxed{E_{\mathrm{HO}}(\text{frustrée}) > E_{\mathrm{HO}}(\text{adduit}) \quad \text{et} \quad E_{\mathrm{BV}}(\text{frustrée}) < E_{\mathrm{BV}}(\text{adduit})}

3. Justification de la réactivité de la paire frustrée : Le saut d'énergie frontalière \Delta E = E_{\mathrm{BV}} - E_{\mathrm{HO}} est donc bien plus faible dans le cas d'une paire frustrée que dans celui d'un adduit :

\boxed{\Delta E_{\text{frustrée}} \ll \Delta E_{\text{adduit}}}

Puisque les deux centres réactifs ne s'annihilent pas mutuellement, le système conserve simultanément :

  • un caractère nucléophile très marqué (HO haute, prête à donner des électrons) ;
  • un caractère électrophile très marqué (BV basse, prête à accepter des électrons).

Cette réactivité bifonctionnelle concertée (effet « push-pull ») permet à la paire frustrée d'activer et de cliver des molécules a priori très peu réactives et non polaires, telles que le dihydrogène \mathrm{H}_2.

Résultat

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : rmn du proton, référence rmn

Expliquer l'intérêt d'utiliser un solvant deutéré en RMN du proton, et donner la raison de l'ajout de .

Voir la réponse courte

Éviter le signal prépondérant du solvant en ^1\mathrm{H} ; \mathrm{BF}_3\cdot\mathrm{OEt}_2 sert de référence externe (0 ppm) en ^{11}\mathrm{B}.

Voir le corrigé complet
  1. Intérêt d'utiliser un solvant deutéré en RMN du proton :

    • Dans une solution pour analyse RMN, le solvant est présent en très large excès molaire devant le soluté (typiquement d'un facteur 10^3 à 10^4). L'utilisation d'un solvant protoné classique engendrerait un pic de solvant d'intensité gigantesque qui saturerait le détecteur et masquerait les signaux d'intérêt du soluté.
    • Le deutérium ^{2}\mathrm{H} (noté \mathrm{D}) possède un rapport gyromagnétique \gamma(^{2}\mathrm{H}) très différent de celui du proton \gamma(^{1}\mathrm{H}) (\gamma(^{1}\mathrm{H})/\gamma(^{2}\mathrm{H}) \approx 6{,}5) : il résonne donc à une fréquence bien distincte à champ magnétique fixé et n'apparaît pas dans la fenêtre spectrale d'acquisition de la RMN ^{1}\mathrm{H}.
    • Le signal du deutérium permet en outre d'assurer le système de verrouillage (lock) du spectromètre afin de stabiliser le champ magnétique B_0 au cours de la mesure.
  2. Raison de l'ajout de \mathrm{BF}_3\text{-}\mathrm{OEt}_2 :

    • L'éthérate de trifluorure de bore \mathrm{BF}_3\cdot\mathrm{OEt}_2 constitue la référence universelle (l'étalon) en spectroscopie \mathrm{RMN}\ ^{11}\mathrm{B}, par convention internationale.
    • Son ajout permet de calibrer le spectre en fixant l'origine de l'échelle des déplacements chimiques à \delta = 0\text{ ppm}, de façon analogue au rôle joué par le tétraméthylsilane (TMS) en RMN ^{1}\mathrm{H} et ^{13}\mathrm{C}.
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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : rmn du bore, paire de lewis frustrée

Vérifier en justifiant si le spectre RMN du mélange avant réaction est compatible avec la présence d'une paire de Lewis frustrée.

Voir la stratégie
  1. Identifier la signature RMN ^{11}\mathrm{B} attendue pour une forme tricoordonnée (acide libre) et pour une forme tétracoordonnée (adduit de Lewis) à l'aide de la table des déplacements chimiques (figure 8).
  2. Analyser le spectre expérimental fourni sur la figure 7 (déplacement chimique des signaux observés).
  3. Conclure quant à l'existence ou non d'une liaison de coordination entre la phosphine \mathbf{1} et le borane \mathbf{2}.
Voir la réponse courte

Déplacement chimique élevé typique d'un bore trivalent plan et non d'une espèce tétraédrique d'adduit.

Voir le corrigé complet

D'après la table de corrélation RMN ^{11}\mathrm{B} (figure 8) :

  • Un bore tricoordonné neutre (hybridation \mathrm{sp}^2) au sein d'un triarylborane \mathrm{B}(\mathrm{Ar})_3 possède une lacune électronique vacante 2\mathrm{p}_z, ce qui le rend fortement déblindé : son déplacement chimique est attendu dans la région \delta \in [50\,;\,75]\text{ ppm}.
  • À l'inverse, si un adduit classique de coordination se formait par engagement du doublet libre du phosphore dans la lacune du bore (\mathrm{Mes}_3\mathrm{P}\rightarrow\mathrm{B}(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3), le bore adopterait une géométrie tétraédrique (hybridation \mathrm{sp}^3) tétracoordonnée. Son environnement électronique serait alors beaucoup plus blindé, se traduisant par un déplacement chimique négatif (typiquement \delta \in [-25\,;\,-10]\text{ ppm}, comme indiqué pour les adduits du type \mathrm{R}_3\mathrm{N}-\mathrm{BR}'_3 ou les borates \mathrm{BR}_4^-).

Sur le spectre RMN ^{11}\mathrm{B} du mélange équimolaire de \mathbf{1} et \mathbf{2} (figure 7), on relève :

  • Le pic à \delta = 0\text{ ppm}, correspondant à l'étalon interne \mathrm{BF}_3\cdot\mathrm{OEt}_2 ;
  • Un unique signal majeur pour l'espèce borée à :

    \delta = 59{,}6\text{ ppm} \quad (\text{repéré à } 59{,}56\text{ ppm})
  • L'absence totale de signal dans la région des déplacements chimiques négatifs (\delta < 0\text{ ppm}).

Le composé \mathbf{2} se trouve donc exclusivement sous sa forme libre tricoordonnée de triarylborane \mathrm{B}(\mathrm{Ar})_3 et n'est pas coordonné à la phosphine \mathbf{1}.

\boxed{\text{Le spectre RMN }^{11}\mathrm{B}\text{ confirme l'absence d'adduit de Lewis et est parfaitement compatible avec une paire de Lewis frustrée.}}

Résultat

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Question 24

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Notions : coupure hétérolytique du dihydrogène, paire de lewis frustrée

À l'aide des spectres obtenus après réaction et de la table de déplacement chimique en annexe (figure (8)), déterminer les structures des composés 3 et 4 qui composent le solide blanc obtenu.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de la transformation subie par le dihydrogène sous l'action conjointe de la base de Lewis \mathbf{1} et de l'acide de Lewis \mathbf{2} (coupure hétérolytique du dihydrogène par une paire de Lewis frustrée).
  2. Exploiter les données de \mathrm{RMN}\ ^{31}\mathrm{P} et ^{1}\mathrm{H} pour identifier le cation issu de la protonation de la phosphine.
  3. Exploiter le déplacement chimique en \mathrm{RMN}\ ^{11}\mathrm{B} et la figure (8) pour identifier l'anion borate hydrogéné.
Voir la réponse courte

Clivage hétérolytique de \mathrm{H}_2 formant le sel [t\mathrm{Bu}_3\mathrm{PH}]^+[(C_6F_5)_3\mathrm{BH}]^-.

Voir le corrigé complet

L'absence de complexation stérique entre \mathbf{1} (\mathrm{PMes}_3) et \mathbf{2} (\mathrm{B(C_6F_5)_3}) permet une activation coopérative synergique de la molécule de dihydrogène, conduisant à sa coupure hétérolytique en un proton \mathrm{H}^+ et un hydrure \mathrm{H}^- :

  • Analyse du phosphore et identification du premier fragment : Le spectre \mathrm{RMN}\ ^{31}\mathrm{P} présente un unique doublet à \delta = -27{,}53\text{ ppm} caractérisé par une très grande constante de couplage J = 480\text{ Hz}. En \mathrm{RMN}\ ^{1}\mathrm{H} (tableau 1), on retrouve exactement cette même constante de couplage pour un doublet à \delta = 7{,}91\text{ ppm} intégrant pour 1\text{ H}. Cette valeur de J est caractéristique d'un couplage scalaire direct à une liaison ^{1}J_{\mathrm{P-H}} : le proton s'est lié directement au phosphore. La base de Lewis \mathbf{1} a donc capté le proton pour former le cation phosphonium :

    [\mathrm{HP(Mes)}_3]^+ \quad \text{ou} \quad [(\mathrm{Mes})_3\mathrm{PH}]^+
  • Analyse du bore et identification du second fragment : Le spectre \mathrm{RMN}\ ^{11}\mathrm{B} présente un signal à \delta = -25{,}47\text{ ppm}. D'après la table de déplacement chimique de la figure (8), cette zone de déplacements négatifs (\delta \in [-20\,; -30]\text{ ppm}) correspond précisément aux anions borates de type [\mathrm{R}_3\mathrm{BH}]^- (bore tétracoordonné portant un hydrure). De plus, le spectre \mathrm{RMN}\ ^{1}\mathrm{H} présente un signal intégrant pour 1\text{ H} à \delta = 4{,}10\text{ ppm}, confirmant la présence d'un proton lié au bore. L'acide de Lewis \mathbf{2} a donc fixé l'ion hydrure pour former l'anion hydroborate :

    [\mathrm{HB(C_6F_5)}_3]^- \quad \text{ou} \quad [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-

Le solide blanc obtenu est donc un sel résultant de la coupure hétérolytique de \mathrm{H}_2, composé de la paire d'ions :

\boxed{\mathbf{3} = [(\mathrm{Mes})_3\mathrm{PH}]^+ \quad \text{et} \quad \mathbf{4} = [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-}

(ou vice-versa pour l'indexation de \mathbf{3} et \mathbf{4}).

Résultat

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Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : rmn du proton, couplage scalaire

Attribuer les différents signaux en RMN (tableau (1)) et commenter la multiplicité du signal à 4,10 ppm.

Voir la stratégie
  1. Associer chaque signal du tableau (1) aux noyaux d'hydrogène des deux entités formées à la question précédente : le cation [(\mathrm{Mes})_3\mathrm{PH}]^+ et l'anion [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-.
  2. Expliquer la multiplicité singulière du signal à 4{,}10\text{ ppm} à l'aide de la règle 2I+1 appliquée au noyau de bore ^{11}\mathrm{B} (I = 3/2), et préciser l'intensité relative des raies.
Voir la réponse courte

Signal à 4,10 ppm dédoublé par couplage direct avec le noyau de phosphore ^{31}\mathrm{P} de spin 1/2.

Voir le corrigé complet

1. Attribution des signaux du spectre RMN ^{1}\mathrm{H} (tableau 1) :

Le sel ionique \mathbf{3}+\mathbf{4} est formé du cation phosphonium [(\mathrm{Mes})_3\mathrm{PH}]^+ et de l'anion borate [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-. L'attribution des signaux s'effectue comme suit :

  • Signal à 7{,}91\text{ ppm} (doublet, J = 480\text{ Hz}, 1\text{ H}) : Il correspond au proton directement lié à l'atome de phosphore (\mathrm{P}-\mathrm{H}) du cation phosphonium. Le phosphore ^{31}\mathrm{P} ayant un spin nucléaire I = 1/2, le signal est dédoublé en un doublet (2I+1 = 2). La constante de couplage scalaire ^{1}J_{\mathrm{P-H}} = 480\text{ Hz} est très élevée, ce qui est caractéristique d'un couplage direct à une liaison.
  • Signal à 6{,}58\text{ ppm} (doublet, J = 10\text{ Hz}, 6\text{ H}) : Il correspond aux 6 protons aromatiques situés en position méta des trois groupements mésityle (positions 3 et 5 de chaque cycle). Le dédoublement provient du couplage à longue distance avec le noyau de phosphore ^{31}\mathrm{P} (^{4}J_{\mathrm{P-H}} = 10\text{ Hz}).
  • Signal à 4{,}10\text{ ppm} (quadruplet, J = 112\text{ Hz}, 1\text{ H}) : Il correspond à l'hydrure directement lié au bore (\mathrm{B}-\mathrm{H}) de l'anion hydridoborate [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-.
  • Signaux à 1{,}95\text{ ppm}, 1{,}87\text{ ppm} et 1{,}62\text{ ppm} (trois singulets de 9\text{ H} chacun, soit 27\text{ H} au total) : Ces signaux correspondent aux groupements méthyle portés par les trois noyaux mésityle (3 \times 3 \times 3 = 27\text{ H}). En raison de l'encombrement stérique considérable, la rotation autour des liaisons \mathrm{P}-\mathrm{C}_{\mathrm{Ar}} est bloquée : la molécule adopte une conformation hélicoïdale (en hélice, de symétrie C_3) où les deux méthyles ortho de chaque cycle mésityle ne sont plus équivalents (diastéréotopiques). On observe ainsi :

    • un singulet (9\text{ H}) pour les méthyles en position para ;
    • deux singulets distincts (9\text{ H} chacun) pour les deux ensembles de méthyles en positions ortho.

2. Commentaire sur la multiplicité du signal à 4{,}10\text{ ppm} :

  • D'après les données de l'énoncé, l'isotope majoritaire du bore, ^{11}\mathrm{B} (abondance naturelle d'environ 80\,\%), possède un spin nucléaire :

    I = \frac{3}{2}
  • Le couplage scalaire direct d'un proton avec un seul noyau de spin I fait éclater la raie de résonance en :

    2nI + 1 = 2 \times 1 \times \frac{3}{2} + 1 = 4 \text{ composantes}

    Le signal apparaît donc sous la forme d'un quadruplet.

  • Intensités des raies : Contrairement à un couplage avec trois protons équivalents (I = 1/2) qui donne un quadruplet d'intensités binomiales 1:3:3:1 (triangle de Pascal), le couplage avec un unique noyau de spin I = 3/2 donne un quadruplet constitué de quatre raies d'égales intensités (1:1:1:1), car les quatre états de projection magnétique du spin nucléaire (m_I = -3/2, -1/2, +1/2, +3/2) ont la même probabilité d'occupation.
  • La constante de couplage ^{1}J_{^{11}\mathrm{B}-\mathrm{H}} = 112\text{ Hz} est typique d'une liaison covalente bore-hydrogène.
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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé

Notions : réaction de wittig, ylure de phosphore

Donner la structure du composé 5. Il est synthétisé à partir de diphénylméthanone et de méthylènetriphénylphosphorane. Proposer l'équation-bilan de la réaction de la formation de 5, et préciser quelle est la force motrice de cette réaction.

Voir la stratégie
  1. Identifier le réactif de départ (\mathrm{Ph})_2\mathrm{CO} et l'ylure de phosphore (méthylènetriphénylphosphorane \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}=\mathrm{CH}_2), puis reconnaître la réaction de Wittig pour déduire la structure de l'alcène \mathbf{5} (1,1-diphényléthène).
  2. Écrire l'équation-bilan stœchiométrique en faisant apparaître l'oxyde de triphénylphosphine \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}=\mathrm{O} comme sous-produit.
  3. Justifier la force motrice à partir de la valeur de l'énergie de liaison E_{\mathrm{P}=\mathrm{O}} fournie dans les données de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Synthèse de (\mathrm{Ph})_2\mathrm{C}=\mathrm{CH}_2 avec libération de \mathrm{Ph}_3\mathrm{P=O} dont la liaison très forte est la force motrice.

Voir le corrigé complet

1. Structure du composé 5 :

D'après le texte de l'énoncé, le composé \mathbf{5} est le 1,1-diphényléthène. Sa formule semi-développée est :

\boxed{\mathrm{Ph}_2\mathrm{C}=\mathrm{CH}_2}

soit topologiquement :

2. Équation-bilan de formation :

Il s'agit d'une réaction d'oléfination de Wittig entre la benzophénone (diphénylméthanone) et l'ylure de phosphore non stabilisé (méthylènetriphénylphosphorane) :

\boxed{\mathrm{Ph}_2\mathrm{C}=\mathrm{O} + \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}=\mathrm{CH}_2 \longrightarrow \mathrm{Ph}_2\mathrm{C}=\mathrm{CH}_2 + \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}=\mathrm{O}}

(l'ylure pouvant indifféremment être représenté sous sa forme mésomère zwitterionique \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}^+-\bar{\mathrm{C}}\mathrm{H}_2).

3. Force motrice de la réaction :

La force motrice thermodynamique de l'oléfination de Wittig réside dans la formation concomitante de l'oxyde de triphénylphosphine \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}=\mathrm{O}, qui comporte une liaison phosphore-oxygène extrêmement stable et forte. Cette grande stabilité se traduit par une énergie de liaison particulièrement élevée :

\boxed{E_{\mathrm{P}=\mathrm{O}} = 535\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

Ce gain enthalpique très favorable rend la réaction quasi-irréversible et déplace totalement l'équilibre vers la formation de l'alcène.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé

Notions : cycle catalytique, hydrogénation

Donner la structure de l'intermédiaire 6 et du produit final 7 du cycle catalytique de la figure (4). Attribuer le nom des étapes A, B et C parmi « Transfert de proton », « Coupure hétérolytique » et « Transfert d'hydrure ».

Voir la stratégie
  1. Identifier le produit final \mathbf{7} comme le produit de l'hydrogénation catalytique de l'alcène \mathbf{5} (1,1-diphényléthène).
  2. Suivre les espèces présentes dans les différents compartiments du cycle catalytique (figure 4) pour déduire la nature chimique de chaque transformation et la structure de l'intermédiaire \mathbf{6}.
  3. Attribuer rigoureusement les noms des étapes A, B et C proposés par l'énoncé.
Voir la réponse courte

A: coupure hétérolytique de \mathrm{H}_2, B: transfert de proton, C: transfert d'hydrure régénérant le catalyseur.

Voir le corrigé complet

1. Structure du produit final 7

La réaction globale est l'hydrogénation catalytique du 1,1-diphényléthène \mathbf{5} (\mathrm{Ph}_2\mathrm{C}=\mathrm{CH}_2). L'addition formelle d'une molécule de dihydrogène \mathrm{H}_2 sur la double liaison conduit à l'alcane correspondant, le 1,1-diphényléthane :

\boxed{\mathbf{7} \;:\quad \mathrm{Ph}_2\mathrm{CH}-\mathrm{CH}_3}

2. Analyse des étapes et structure de l'intermédiaire 6

  • Étape A : Le mélange de la base de Lewis \mathbf{1} (\mathrm{PMes}_3) et de l'acide de Lewis \mathbf{2} (\mathrm{B}(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3) réagit avec \mathrm{H}_2 pour former le sel \mathbf{3} + \mathbf{4} constitué du cation phosphonium [\mathrm{Mes}_3\mathrm{PH}]^+ et de l'anion hydridoborate [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^- (d'après la question Q24). La liaison \mathrm{H}-\mathrm{H} subit un clivage ionique en \mathrm{H}^+ et \mathrm{H}^-. Il s'agit donc d'une coupure hétérolytique.
  • Étape B : L'état intermédiaire indiqué dans le cycle est le mélange \mathbf{2} + \mathbf{3} + \mathbf{6}. On constate que le cation phosphonium \mathbf{3} n'a pas réagi, tandis que l'anion hydridoborate \mathbf{4} a libéré l'acide borane libre \mathbf{2}. L'anion \mathbf{4} a donc cédé son ion hydrure \mathrm{H}^- à l'alcène \mathbf{5}. Cette étape est un transfert d'hydrure.

    L'addition de l'hydrure \mathrm{H}^- s'effectue régiosélectivement sur le carbone terminal du 1,1-diphényléthène (\mathrm{CH}_2), ce qui conduit au carbanion benzhydrylique \mathbf{6}, fortement stabilisé par délocalisation mésomère sur les deux noyaux aromatiques :

    \boxed{\mathbf{6} \;:\quad \mathrm{Ph}_2\bar{\mathrm{C}}-\mathrm{CH}_3 \quad \left(\text{anion 1,1-diphényléthyle}\right)}
  • Étape C : Le carbanion \mathbf{6} réagit avec le cation phosphonium \mathbf{3} (\mathrm{Mes}_3\mathrm{PH}^+) : ce dernier lui transfère son proton \mathrm{H}^+, ce qui délivre le produit hydrogéné \mathbf{7} et régénère la phosphine libre \mathbf{1}. Il s'agit d'un transfert de proton. Le catalyseur (\mathbf{1} + \mathbf{2}) est ainsi intégralement régénéré.

En résumé, l'attribution des étapes est la suivante :

\boxed{ \begin{aligned} \text{Étape A} &\;:\quad \text{« Coupure hétérolytique »} \\ \text{Étape B} &\;:\quad \text{« Transfert d'hydrure »} \\ \text{Étape C} &\;:\quad \text{« Transfert de proton »} \end{aligned} }

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : chimie verte, catalyse sans métal de transition

Donner deux avantages de ce procédé par rapport à d'autres permettant les mêmes types de réaction.

Voir la réponse courte

Absence de métaux de transition coûteux/toxiques et conditions opératoires douces de température et pression.

Voir le corrigé complet

L'hydrogénation classique des liaisons multiples carbone-carbone fait habituellement appel à des catalyseurs à base de métaux de transition, soit hétérogènes (palladium sur charbon \mathrm{Pd/C}, platine \mathrm{Pt}, nickel de Raney), soit homogènes (catalyseur de Wilkinson \left[\mathrm{RhCl}(\mathrm{PPh}_3)_3\right]).

Par comparaison avec ces procédés traditionnels, l'utilisation d'une paire de Lewis frustrée (FLP) présente plusieurs avantages majeurs ; on peut notamment citer :

  1. L'absence de métaux de transition (catalyse dite « sans métal » ou metal-free) : les métaux nobles couramment employés (\mathrm{Pd}, \mathrm{Pt}, \mathrm{Rh}) sont rares, très coûteux et toxiques. Leur remplacement par un système organique/bore évite la présence de résidus métalliques toxiques dans le produit final (un critère particulièrement critique dans l'industrie pharmaceutique) et s'inscrit dans les principes de la chimie verte.
  2. Des conditions opératoires particulièrement douces : l'activation et l'hydrogénation se font ici à température ambiante et sous pression atmosphérique de dihydrogène (P = 1\text{ bar}), avec une cinétique très rapide (conversion complète en 15\text{ minutes} pour 1\,\% molaire de catalyseur), alors que de nombreux procédés industriels ou de laboratoire au laboratoire nécessitent l'emploi d'autoclaves sous haute pression de \mathrm{H}_2.
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1.3 · Un catalyseur au bore particulier : l'oxazaborrolidine CBS

Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en BCPST1

Notions : acide aminé, biomolécule

Rappeler la classe de molécules naturelles dont fait partie la proline.

Voir la réponse courte

Acide aminé (ou acide \alpha-aminé protéinogène cyclique).

Voir le corrigé complet

La proline fait partie de la classe des acides \boldsymbol{\alpha}-aminés (ou plus généralement des acides aminés), et constitue l'un des 20 acides \alpha-aminés protéinogènes naturels entrant dans la composition des protéines.

\boxed{\text{La proline est un acide }\alpha\text{-aminé (ou acide aminé naturel / protéinogène).}}

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : organomagnésien, addition nucléophile sur ester

Proposer une courte voie de synthèse de l'alcool 10 ( groupement phényle) à partir de 9. On supposera que le groupe protecteur « GP » résiste aux conditions expérimentales de cette synthèse.

Voir la stratégie
  1. Identifier la transformation fonctionnelle : conversion d'un ester méthylique -\mathrm{COOCH}_3 (molécule 9) en alcool tertiaire di-substitué -\mathrm{C}(\mathrm{Ph})_2\mathrm{OH} (molécule 10).
  2. Choisir le réactif nucléophile approprié introduisant deux groupements phényles, à savoir un organomagnésien mixte (\mathrm{PhMgBr}) ou un organolithien (\mathrm{PhLi}).
  3. Préciser les conditions opératoires (stœchiométrie, solvant aprotique anhydre) et l'étape d'hydrolyse terminale.
Voir la réponse courte

Double addition de bromure de phénylmagnésium \mathrm{PhMgBr} sur l'ester 9 suivie d'une hydrolyse acide.

Voir le corrigé complet

La molécule 9 possède une fonction ester méthylique, tandis que la molécule 10 est un alcool tertiaire portant deux groupements phényles sur le même carbone.

Cette transformation s'effectue en une seule étape synthétique par double addition nucléophile d'un réactif de Grignard :

  1. 1.

    Addition de l'organométallique : Traitement de l'ester 9 par au moins 2 équivalents (typiquement un excès de 2{,}5 à 3 équivalents) de bromure de phénylmagnésium \mathrm{PhMgBr} (ou de phényllithium \mathrm{PhLi}), dans un solvant éthéré anhydre tel que le tétrahydrofurane (\mathrm{THF}) ou l'éther diéthylique (\mathrm{Et}_2\mathrm{O}), sous atmosphère inerte (\mathrm{N}_2 ou \mathrm{Ar}) :

    • Une première addition nucléophile de \mathrm{Ph}^- sur le carbone du carbonyle de l'ester forme un intermédiaire tétraédrique ;
    • L'élimination du groupement partant méthanolate (\mathrm{CH}_3\mathrm{O}^-) génère in situ une cétone intermédiaire ;
    • La cétone étant plus électrophile que l'ester de départ, elle subit immédiatement l'addition d'un second équivalent de \mathrm{PhMgBr} pour conduire à un alcoolate de magnésium tertiaire.
  2. 2. Hydrolyse : Hydrolyse en milieu aqueux modérément acide (par exemple avec une solution aqueuse saturée de chlorure d'ammonium \mathrm{NH}_4\mathrm{Cl}_{(\mathrm{aq})} ou d'acide chlorhydrique dilué) afin de protoner l'alcoolate sans affecter le reste de la molécule :
\boxed{ \textbf{9} \xrightarrow[\text{2. } \mathrm{NH}_4\mathrm{Cl}_{(\mathrm{aq})}]{\text{1. } \mathrm{PhMgBr}\text{ (excès, }\ge 2\text{ éq.}),\,\mathrm{THF}\text{ anhydre}} \textbf{10} }

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : montage dean-stark, déplacement d'équilibre

Faire un schéma d'un montage Dean-Stark et justifier l'intérêt d'utiliser un montage Dean-Stark dans le cas de cette réaction.

Voir la stratégie
  1. Représenter schématiquement le montage de Dean-Stark en faisant figurer les éléments essentiels : ballon chauffé, tête de décantation (col montant, colonne graduée avec robinet, bras de retour) et réfrigérant à reflux.
  2. Identifier la nature de la réaction (condensation de l'amino-alcool issu de 10 avec la triméthylboroxine 11 libérant de l'eau) et expliquer le mécanisme de séparation hétéroazéotropique toluène/eau.
  3. Conclure sur le rôle thermodynamique (déplacement d'équilibre selon le principe de Le Chatelier) et le suivi cinétique permis par ce montage.
Voir la réponse courte

Élimination par distillation hétéroazéotropique de l'eau formée pour déplacer l'équilibre vers la formation de l'oxazaborolidine.

Voir le corrigé complet

1. Schéma du montage de Dean-Stark

2. Justification de l'intérêt du montage de Dean-Stark

  • Nature de la réaction : La condensation entre l'amino-alcool issu de la déprotection de l'amine de 10 (la \alpha,\alpha-diphénylprolinol) et la triméthylboroxine 11 pour former l'oxazaborolidine CBS 8 est une réaction réversible s'accompagnant de l'élimination stœchiométrique d'eau :

    3\,\text{amino-alcool} + \mathbf{11} \rightleftharpoons 3\,\mathbf{8} + 3\,\mathrm{H_2O}
  • Principe de séparation : Le toluène et l'eau forment un hétéroazéotrope dont la température d'ébullition (environ 85\,^\circ\mathrm{C}) est inférieure à celle du toluène pur (110{,}6\,^\circ\mathrm{C}) et de l'eau (100\,^\circ\mathrm{C}). Les vapeurs hétéroazéotropiques montent, se condensent dans le réfrigérant et tombent dans le tube collecteur du Dean-Stark.
  • Décantation et piégeage : L'eau et le toluène sont non miscibles à l'état liquide. L'eau étant plus dense (\rho_{\mathrm{eau}} \approx 1{,}00\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}) que le toluène (\rho_{\mathrm{tolu\grave{e}ne}} \approx 0{,}87\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}), elle s'accumule au fond du tube gradué. Le toluène surnageant déborde par la branche latérale et retourne en continu dans le ballon réactionnel.
  • Déplacement d'équilibre : L'élimination continue de l'eau hors du milieu réactionnel déplace l'équilibre chimique dans le sens direct (principe de Le Chatelier), ce qui permet d'obtenir un rendement quantitatif en CBS 8 tout en évitant l'hydrolyse du produit formé.
  • Suivi de la réaction : La mesure du volume d'eau recueillie dans la partie graduée permet en outre de suivre l'avancement de la réaction et de repérer son achèvement.
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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : réaction de diels-alder, règle endo

Donner les produits majoritaires 15 de la réaction de Diels-Alder entre ces deux réactifs en l'absence de CBS. Justifier leur stéréochimie à l'aide d'une représentation de l'approche des deux réactifs.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de la réaction : cycloaddition [4+2] de Diels-Alder concertée entre un diène cyclique (s-cis bloqué) et un diénophile activé par un groupement carbonyle.
  2. Déterminer la diastéréosélectivité par la règle endo d'Alder : analyser les interactions orbitalaires secondaires stabilisant l'état de transition.
  3. Conclure sur l'énantiosélectivité : en l'absence de catalyseur chiral, les réactifs étant achiraux, l'attaque a lieu de manière équiprobable sur les deux faces énantiotopiques, conduisant à un mélange racémique d'énantiomères.
Voir la réponse courte

Cycloaddition [4+2] diastéréosélective favorisant le produit endo par stabilisation des orbitales secondaires.

Voir le corrigé complet

La réaction entre le cyclohexa-1,3-diène 13 (diène conjugué bloqué en conformation s-cis) et la méthylacroléine 14 (diénophile) est une réaction de cycloaddition [4+2] de Diels-Alder concertée supracirculaire-supracirculaire ([\pi 4_s + \pi 2_s]).

1. Diastéréosélectivité (endo / exo) : D'après la règle endo d'Alder (règle de l'accumulation maximale d'insaturations), l'approche privilégiée place le substituant électroattracteur et insaturé (-\mathrm{CHO}) du côté du système \pi du diène. Cet état de transition endo est cinétiquement favorisé grâce à des interactions orbitalaires secondaires stabilisantes entre les orbitales \pi du carbonyle et celles du diène (recouvrement liant entre la \mathrm{BV} du diénophile et la \mathrm{HO} du diène sur les carbones internes).

Le groupe formyle -\mathrm{CHO} se retrouve donc en position endo (orienté vers la double liaison résiduelle du bicyclo[2.2.2]octène), tandis que le groupe méthyle -\mathrm{CH}_3 se retrouve en position exo (orienté vers le pont éthano -\mathrm{CH}_2-\mathrm{CH}_2-).

2. Énantiosélectivité : En l'absence de catalyseur chiral tel que le CBS, le milieu réactionnel est achiral. Les deux réactifs étant achiraux et présentant des faces énantiotopiques, l'attaque endo s'effectue avec une probabilité strictement identique sur les deux faces. La réaction conduit donc à un **mélange racémique** (mélange équimolaire) des deux énantiomères 15-S et 15-R.

\boxed{\text{Les produits majoritaires }\mathbf{15}\text{ sont les deux énantiomères }\mathbf{15\text{-}S}\text{ et }\mathbf{15\text{-}R}\text{ en mélange racémique (\textit{endo-CHO}}).}

Résultat

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé

Notions : acide de lewis, adduit de lewis

Proposer une structure pour l'adduit de Lewis 16 qui se forme entre la méthylacroléine et le CBS protonné.

Voir la stratégie
  1. Identifier les centres donneur (base de Lewis) et accepteur (acide de Lewis) d'électrons : l'atome d'oxygène du carbonyle de la méthylacroléine 14 possède des doublets non liants, tandis que le bore du catalyseur protonné 12 dispose d'une lacune électronique (orbitale \mathrm{p} vacante).
  2. Prendre en compte l'interaction stabilisatrice supplémentaire caractéristique du catalyseur CBS activé : la liaison hydrogène intramoléculaire entre le groupement \mathrm{N}^+-\mathrm{H} et l'oxygène du carbonyle.
  3. Préciser la conformation privilégiée de la méthylacroléine (s-trans) et représenter clairement l'adduit 16.
Voir la réponse courte

Coordination de l'oxygène carbonyle de l'aldéhyde sur l'atome de bore chiral de l'oxazaborolidine.

Voir le corrigé complet

La formation de l'adduit de Lewis 16 repose sur les caractéristiques suivantes :

  • Acidité de Lewis de 12 : La protonation de l'atome d'azote bloque son doublet non liant, empêchant la rétrodonation \pi vers l'orbitale 2\mathrm{p} vacante du bore. Le bore devient ainsi un centre acide de Lewis exceptionnellement puissant.
  • Coordination de la méthylacroléine 14 : L'oxygène du groupe carbonyle \mathrm{C}=\mathrm{O} engage l'un de ses doublets non liants pour former une liaison dative (covalente de coordination) avec la lacune du bore :

    \mathrm{B} \longleftarrow \mathrm{O}=\mathrm{CH}-\mathrm{C}(\mathrm{CH}_3)=\mathrm{CH}_2
  • Liaison hydrogène stabilisatrice : Le proton porté par l'ammonium \mathrm{N}^+-\mathrm{H} établit simultanément une liaison hydrogène intramoléculaire avec l'oxygène du carbonyle (\mathrm{N}^+-\mathrm{H}\cdots\mathrm{O}=\mathrm{C}). Cette double interaction (coordination au bore et pont hydrogène) verrouille rigoureusement l'orientation spatiale du diénophile.
  • Conformation du diénophile : La méthylacroléine adopte une conformation s-trans (liaisons \mathrm{C}=\mathrm{O} et \mathrm{C}=\mathrm{C} antiparallèles), énergétiquement plus stable en raison d'une gêne stérique minimale.

On propose ainsi la structure suivante pour l'adduit de Lewis 16 :

\boxed{\text{Adduit \textbf{16} : coordination } \mathrm{B}\leftarrow\mathrm{O}=\mathrm{CH}-\mathrm{C}(\mathrm{CH}_3)=\mathrm{CH}_2 \text{ assistée par liaison hydrogène } \mathrm{N}^+-\mathrm{H}\cdots\mathrm{O}}

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Question 34

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : induction asymétrique, catalyse asymétrique

Donner une explication sur le caractère énantiosélectif de la réaction et représenter l'énantiomère majoritaire 15-S (on ne cherchera pas à justifier l'obtention de cet énantiomère plutôt que l'autre).

Voir l'indice

Expliquer le blocage stérique de l'une des faces du diénophile par les groupements phényles du catalyseur chiral, favorisant l'attaque du diène sur la face opposée.

Voir la stratégie
  1. Expliquer l'origine de l'énantiosélectivité en s'appuyant sur la chiralité du catalyseur oxazaborolidine protonné, le blocage conformationnel du diénophile coordonné et la différenciation stérique des faces diastéréotopiques.
  2. Représenter l'adduit de Diels-Alder bicyclique 15-S avec le groupement formyle -\mathrm{CHO} en position endo et le méthyle -\mathrm{CH}_3 en position exo.
  3. Établir rigoureusement la configuration absolue (S) du stéréocentre quaternaire \mathrm{C}_2 à l'aide des règles de Cahn, Ingold et Prelog (CIP).
Voir la réponse courte

Blocage stérique d'une face du diénophile par les groupements phényles du catalyseur chiral, induisant l'énantiosélectivité.

Voir le corrigé complet

1. Origine du caractère énantiosélectif de la réaction

En l'absence de catalyseur chiral, l'approche du diène sur l'une ou l'autre des deux faces énantiotopiques du diénophile est équiprobable, conduisant à un mélange racémique des énantiomères.

En présence du catalyseur oxazaborolidine protonné 12, chiral (issu de la \text{L}-proline naturelle de configuration S) :

  • La méthylacroléine 14 se coordonne au bore et établit une liaison hydrogène intramoléculaire \mathrm{N^+ - H \cdots O=C} (adduit 16), ce qui fige le diénophile dans une conformation plane et rigide (s-trans) au sein d'un complexe chiral.
  • Les deux faces du diénophile deviennent alors diastéréotopiques.
  • Les volumineux substituants phényles portés par le squelette du catalyseur créent une forte gêne stérique qui masque l'une des faces du diénophile. L'attaque du cyclohexa-1,3-diène a donc lieu très préférentiellement sur la face opposée, la moins encombrée, ce qui induit une très haute énantiosélectivité.

2. Représentation de l'énantiomère majoritaire 15-S

L'addition Diels-Alder conduit au squelette bicyclo[2.2.2]oct-5-ène. Le groupement électroattracteur -\mathrm{CHO} est majoritairement en position endo (tourné vers la double liaison résiduelle \mathrm{C}_5=\mathrm{C}_6) et le groupement méthyle -\mathrm{CH}_3 en position exo.

3. Vérification de la configuration absolue (S) au carbone \mathrm{C}_2

Attribution des priorités selon les règles de Cahn, Ingold et Prelog (CIP) autour du centre stéréogène \mathrm{C}_2 :

  1. -\mathrm{CHO} : le carbone est lié à (\mathrm{O}, \mathrm{O}, \mathrm{H}) \implies priorité 1 ;
  2. -\mathrm{C}_1 (tête de pont) : lié à \mathrm{C}_6 (sp^2, compté doublement lié à \mathrm{C}), \mathrm{C}_7 (sp^3) et \mathrm{H}, soit (\mathrm{C}, \mathrm{C}, \mathrm{C}, \mathrm{H}) \implies priorité 2 ;
  3. -\mathrm{C}_3 : groupement méthylène -\mathrm{CH}_2-, lié à (\mathrm{C}_4, \mathrm{H}, \mathrm{H}) \implies priorité 3 ;
  4. -\mathrm{CH}_3 : groupement méthyle, lié à (\mathrm{H}, \mathrm{H}, \mathrm{H}) \implies priorité 4.

Le substituant de plus faible priorité -\mathrm{CH}_3 (4) pointe vers l'arrière du plan (liaison hachurée). Le sens de parcours des substituants par ordre de priorité décroissante :

\mathbf{(1)} \ [-\mathrm{CHO}] \longrightarrow \mathbf{(2)} \ [-\mathrm{C}_1] \longrightarrow \mathbf{(3)} \ [-\mathrm{C}_3]

s'effectue dans le sens anti-horaire (sens trigonométrique).

Le centre stéréogène \mathrm{C}_2 est donc bien de configuration absolue \mathbf{(S)}.

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