Corrigé détaillé E3A Physique Chimie PC 2023
Physique des sous-marins et chimie du fer et de la fumagilline
- 42 questions corrigées
- Sujet accessible
- Faisable en PCSI : 20 questions sur 42, parties I, I.2 et I.3
- Vérifié question par question
Le sujet en bref
Sujet accessible · Chimie organique, Mécanique des fluides, Atomistique, liaisons et cristallographie · 20 incontournables · 22 questions de première annéeAfficher ou masquer la section
Le sujet en bref
Ce sujet aborde la physique des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) à travers trois volets complémentaires : le dimensionnement mécanique de la coque sous l'action des forces de pression hydrostatiques, la cavitation hydrodynamique autour des hélices et l'implosion de microbulles de vapeur, puis la propagation d'ondes électromagnétiques VLF en eau de mer conductrice pour les télécommunications sous-marines. La seconde partie est consacrée à la chimie générale (diagramme potentiel-pH du fer, cristallographie du fer métallique et affinité de fixation du dioxygène par la myoglobine et l'hémoglobine) ainsi qu'à une synthèse organique multi-étapes du fumagillol.
Très progressif et fidèle aux fondamentaux du programme de PC, ce sujet balaye un vaste ensemble de questions de cours et d'applications directes sans lourdeur calculatoire excessive. Il constitue un excellent support de révision pour consolider les bilans locaux en mécanique des fluides, les équations de propagation avec pertes en électromagnétisme et les raisonnements classiques en chimie analytique et organique.
- Difficulté
- Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
- Temps estimé
- ≈ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
- Chapitres
- Chimie organique29 %
- Mécanique des fluides26 %
- Atomistique, liaisons et cristallographie12 %
- Ondes électromagnétiques dans les milieux10 %
Part des questions du sujet.
- Incontournables
20 questions classiques, à savoir refaire :
- Première année
Oui en PCSI : 20 questions sur 42, parties I, I.2 et I.3.
Où gagner des points
30 questions rapides et accessibles · 2 résultats donnés par l'énoncéAfficher ou masquer la section
Où gagner des points
Points à signaler : parties indépendantes, données en annexe
Parties indépendantes
Les trois parties de physique (Q1 (partie I) à Q18 (partie III)) et les deux parties de chimie (Q1 (partie I) à Q24 (partie II)) sont totalement indépendantes entre elles et peuvent être traitées dans n'importe quel ordre.
Données en annexe
Les expressions des opérateurs différentiels utiles pour la dynamique de la microbulle en coordonnées sphériques (Q10 (partie II) à Q12 (partie II)) sont fournies en fin d'épreuve.
Comment utiliser ce corrigé
Cherchez d'abord chaque question seul. Bloqué ? Ouvrez l'indice, puis la stratégie, et seulement ensuite le corrigé complet. Cochez les questions réussies pour estimer votre note. Comment sont rédigés nos corrigés
Sommaire
42 questionsAfficher ou masquer la section
Sommaire
42 questionsPartie I : Physique - Hydrostatique du sous-marin en plongée
Question 1
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en PCSI, BCPST1
Notions : force de pression, équivalent volumique
Établir l'expression de l'équivalent volumique des forces de pression qui s'exercent sur ce volume élémentaire .
Voir l'indiceIndice
Effectuer le bilan des forces pressantes nettes sur les six faces du parallélépipède élémentaire \mathrm{d}x\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}z au premier ordre pour faire apparaître le gradient de pression.
Appliquer les règles de Klechkowski, de Pauli et de Hund pour dénombrer les électrons sur les sous-couches jusqu'au numéro atomique Z=26.
Voir la stratégieStratégie
- Isoler le parallélépipède de fluide élémentaire de côtés \mathrm{d}x, \mathrm{d}y, \mathrm{d}z centré en M(x,y,z).
- Exprimer le bilan des forces de pression exercées par le fluide extérieur sur chaque paire de faces opposées à l'aide d'un développement limité à l'ordre un.
- Sommer ces contributions vectorielles pour obtenir la force totale de pression \mathrm{d}\vec{F}_p, puis en déduire la densité volumique de force \vec{F}_v définie par \mathrm{d}\vec{F}_p = \vec{F}_v\,\mathrm{d}\tau.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bilan des forces de pression sur un cube élémentaire \mathrm{d}x\mathrm{d}y\mathrm{d}z conduisant à \vec{f}_p = -\vec{\nabla} P.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Considérons le volume élémentaire de fluide \mathrm{d}\tau = \mathrm{d}x\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}z centré en M(x,y,z). Les forces de pression s'exercent perpendiculairement aux six faces du parallélépipède et sont dirigées vers l'intérieur du volume.
Sur les deux faces d'aire \mathrm{d}S_x = \mathrm{d}y\,\mathrm{d}z, perpendiculaires à l'axe (Ox) :
en x - \dfrac{\mathrm{d}x}{2}, la force pressante s'écrit :
\mathrm{d}\vec{F}_{x-} = P\left(x - \frac{\mathrm{d}x}{2}, y, z\right)\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_xen x + \dfrac{\mathrm{d}x}{2}, la force pressante s'écrit :
\mathrm{d}\vec{F}_{x+} = -P\left(x + \frac{\mathrm{d}x}{2}, y, z\right)\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_x
La résultante selon \vec{e}_x vaut donc :
\begin{aligned} \mathrm{d}\vec{F}_{p,x} &= \left[ P\left(x - \frac{\mathrm{d}x}{2}, y, z\right) - P\left(x + \frac{\mathrm{d}x}{2}, y, z\right) \right] \mathrm{d}y\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_x \\ &= -\frac{\partial P}{\partial x}\,\mathrm{d}x\,\mathrm{d}y\,\mathrm{d}z\,\vec{e}_x = -\frac{\partial P}{\partial x}\,\mathrm{d}\tau\,\vec{e}_x \end{aligned}De manière totalement analogue pour les faces perpendiculaires à (Oy) et (Oz) :
\begin{aligned} \mathrm{d}\vec{F}_{p,y} &= -\frac{\partial P}{\partial y}\,\mathrm{d}\tau\,\vec{e}_y \\ \mathrm{d}\vec{F}_{p,z} &= -\frac{\partial P}{\partial z}\,\mathrm{d}\tau\,\vec{e}_z \end{aligned}
La force de pression totale s'exerçant sur le volume élémentaire \mathrm{d}\tau est la somme de ces trois composantes :
Par définition de l'équivalent volumique (ou densité volumique de force) \vec{F}_v tel que \mathrm{d}\vec{F}_p = \vec{F}_v\,\mathrm{d}\tau, on en déduit :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le bilan des forces de pression est souvent mal maîtrisé ; vérifiez l'homogénéité pour ne pas confondre force et force volumique.
« Cette première question a finalement été très mal traitée dans l’ensemble. Le bilan des forces de pression sur une particule de fluide est soit inconnu soit mal réalisé. »
« Une vérification de l’homogénéité des relations demandées aurait permis d’éviter les confusions entre forces de pression et densité volumique des forces de pression. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Mise en équation
- Faisable en PCSI, BCPST1
Notions : statique des fluides, équation fondamentale de la statique des fluides
En plus de ces forces de pression, le volume élémentaire est soumis à la seule force de pesanteur. Donner sans démonstration l'expression de la force volumique associée. En déduire la condition d'équilibre locale (équation de l'hydrostatique).
Voir l'indiceIndice
Exprimer la force de pesanteur volumique \rho_0 \vec{g} le long de l'axe vertical descendant et écrire la condition d'équilibre mécanique local \vec{F}_v + \rho_0 \vec{g} = \vec{0}.
Classer les espèces par nombre d'oxydation croissant de bas en haut et par niveau d'acidité décroissant de gauche à droite (apparition des précipités d'hydroxydes à pH basique).
Voir la réponse courteRéponse courte
Force volumique de pesanteur \rho\vec{g} puis équilibre local \vec{f}_p + \rho\vec{g} = \vec{0}, soit \vec{\nabla} P = \rho\vec{g}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La force de pesanteur s'exerçant sur le volume élémentaire \mathrm{d}\tau est \mathrm{d}\vec{P} = \mathrm{d}m\,\vec{g} = \rho_0\vec{g}\,\mathrm{d}\tau. La force volumique associée s'écrit donc :
puisque l'axe (Oz) est vertical et orienté vers le bas.
À l'équilibre hydrostatique dans le référentiel d'étude, la somme des forces volumiques agissant sur la particule fluide est nulle :
En utilisant l'expression de \vec{F}_v obtenue à la question Q1, on en déduit la condition d'équilibre locale (équation fondamentale de la statique des fluides) :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Évitez de confondre poids et force volumique de pesanteur, et pensez à bien justifier l'équation de l'hydrostatique.
« De nombreuses confusions entre la force volumique de pesanteur et le poids. »
« L’équation de l’hydrostatique est alors donnée sans réelle justification. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question 3
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Faisable en PCSI, BCPST1
Notions : relation fondamentale de l'hydrostatique, pression
Déterminer l'expression de la pression dans l'eau de mer à une profondeur en fonction de la masse volumique , et . On suppose que l'eau de mer est incompressible et homogène. On prendra .
Voir l'indiceIndice
Intégrer directement l'équation différentielle de l'hydrostatique \frac{\mathrm{d}P}{\mathrm{d}z} = \rho_0 g en tenant compte de la pression atmosphérique en surface z=0.
Observer l'absence de domaine commun entre le fer solide et la zone de stabilité thermodynamique de l'eau, puis écrire l'équation de réduction des protons par le fer métallique.
Voir la stratégieStratégie
- Projeter la relation fondamentale de l'hydrostatique établie à la question Q2 sur l'axe (Oz).
- Intégrer l'équation différentielle en exploitant l'incompressibilité et l'homogénéité du fluide (\rho_0 = \text{cste}).
- Déterminer la constante d'intégration à l'aide de la condition aux limites en surface P(z=0) = P_0.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration de l'équation différentielle selon z descendant : P(z) = P_0 + \rho_0 g z.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la condition d'équilibre locale obtenue à la question Q2 :
Par symétrie plane du problème, la pression ne dépend que de la coordonnée verticale z. La projection sur les axes donne :
L'eau de mer étant supposée incompressible et homogène, sa masse volumique \rho_0 est constante. En intégrant par rapport à z :
où C est une constante d'intégration. En utilisant la condition à la surface libre P(z=0) = P_0 :
On en déduit l'expression de la pression à la profondeur z :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La relation demandée doit être démontrée et non simplement énoncée.
« La relation demandée est souvent donnée sans démonstration. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 4
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en PCSI, BCPST1
Notions : poussée d'archimède
On cherche à déterminer la pression exercée par l'eau sur la coque interne (dite coque épaisse) du sous-marin (voir figure 3). Pour simplifier, on assimile l'ensemble de celui-ci à un cylindre de rayon et de longueur . On suppose que le sous-marin est en position horizontale dans l'eau et que son axe est à la profondeur . Donner l'expression vectorielle de la poussée d'Archimède qui s'exerce sur le « sous-marin ». Que représente physiquement cette force ?
Voir l'indiceIndice
Écrire la résultante des forces de pression exercées par le fluide sur la surface fermée du cylindre en exploitant le théorème d'Archimède.
Représenter le cube avec un nœud à chaque sommet et un nœud au centre géométrique, puis dénombrer la multiplicité de chaque position.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer le volume V du cylindre modélisant le sous-marin.
- Appliquer le théorème d'Archimède en prenant garde à l'orientation descendante de l'axe vertical (Oz).
- Préciser l'origine microscopique/macroscopique (forces de pression) et la signification usuelle (poids du fluide déplacé).
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression \vec{\Pi}_A = -\rho_0 \pi R^2 L \vec{g}, résultante des forces de pression égale à l'opposé du poids de fluide déplacé.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le sous-marin étant assimilé à un cylindre de rayon R et de longueur L entièrement immergé, son volume s'écrit :
La poussée d'Archimède \vec{\Pi} est égale à l'opposé du poids du volume de fluide déplacé. Avec l'axe (Oz) orienté verticalement vers le bas, l'accélération de la pesanteur s'écrit \vec{g} = g\,\vec{e}_z. L'expression vectorielle de la poussée d'Archimède est donc :
Signification physique :
- Par définition mécanique, cette force représente la résultante des forces de pression exercées par le fluide environnant sur l'ensemble de la surface fermée du solide immergé : \vec{\Pi} = \oiint -P\,\vec{n}_{\text{ext}}\,\mathrm{d}S. Les forces de pression étant plus intenses sur la partie inférieure du corps (où la profondeur et donc la pression sont plus grandes) que sur sa partie supérieure, la résultante est dirigée vers le haut.
- En vertu du théorème de Green-Ostrogradski et de la loi de l'hydrostatique, elle équivaut exactement à l'opposé du poids du volume de fluide déplacé par le corps immergé, et s'applique au centre de poussée (ou centre de carène), confondu ici avec le centre géométrique du cylindre.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Donnez l'expression vectorielle de la poussée et expliquez-la physiquement comme la résultante des forces de pression.
« L’expression vectorielle correcte de la poussée d’Archimède a rarement été donnée. Elle est parfois confondue avec le théorème d’Archimède. »
« L’interprétation physique de la poussée, en termes de résultante des forces de pression, est très rarement donnée. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question 5
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en PCSI, BCPST1
Notions : poussée d'archimède, pression
Expliquer qualitativement le rôle des ballasts et pourquoi la coque externe du sous-marin est dite « mince » alors que la coque interne est dite « épaisse ». L'acier de la coque interne est un acier spécial, le « 100 HLES », qui peut résister à une « pression » de . Le sous-marin risque-t-il d'imploser à une profondeur ?
Voir l'indiceIndice
Convertir la résistance mécanique de l'acier en pascals (1\text{ kg}\cdot\text{mm}^{-2} \approx 9{,}8\cdot 10^6\text{ Pa}) et la comparer à la pression totale régnant à 300\text{ m} de profondeur.
Identifier la direction de contact entre les atomes le long de la grande diagonale de la maille cubique : 4R = a\sqrt{3}.
Voir la stratégieStratégie
- Décrire le principe de fonctionnement des ballasts en reliant leur taux de remplissage au bilan vertical des forces (poids et poussée d'Archimède).
- Expliquer la différence structurelle entre les coques en analysant le saut de pression \Delta P appliqué sur chacune d'elles.
- Calculer la pression à z_c = 300\text{ m} à l'aide de la formule établie en Q3, convertir la résistance mécanique de l'acier en pascals et comparer les valeurs pour conclure quant au risque d'implosion.
Voir la réponse courteRéponse courte
Rôle des ballasts sur la flottabilité, équilibrage des pressions pour la coque externe et calcul de P(300\text{ m}) \approx 31\text{ bar} \ll 100\text{ kg}\cdot\text{mm}^{-2}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Rôle des ballasts
Les ballasts sont des réservoirs situés entre la coque mince et la coque épaisse, permettant d'ajuster la flottabilité globale du sous-marin :
- Pour plonger : on ouvre les purges situées en partie haute afin de chasser l'air et de remplir les ballasts d'eau de mer. La masse totale du submersible augmente ; le poids devient supérieur à la poussée d'Archimède, entraînant l'immersion.
- Pour faire surface : on chasse l'eau des ballasts à l'aide d'air comprimé. La masse du sous-marin diminue ; le poids devient inférieur à la poussée d'Archimède, assurant la remontée.
2. Coque mince et coque épaisse
- Coque externe (mince) : elle délimite les ballasts et assure le profilage hydrodynamique du sous-marin. En immersion, les ballasts sont inondés d'eau de mer : la pression sur la face interne de la coque mince compense quasi exactement la pression de l'eau sur sa face externe (\Delta P \approx 0). Ne subissant aucune contrainte mécanique majeure d'écrasement, elle peut être de faible épaisseur.
- Coque interne (épaisse) : elle abrite l'équipage et le matériel, maintenus à la pression atmosphérique (P_{\text{int}} \approx P_0 \approx 1\text{ bar}). Elle subit donc directement sur sa face externe la totalité de la pression hydrostatique de l'eau présente dans les ballasts. Le gradient de pression \Delta P = P(z) - P_0 \approx \rho_0 g z engendre un effort d'écrasement considérable : cette coque doit être épaisse et très résistante afin d'éviter l'implosion.
3. Risque d'implosion à z_c = 300\text{ m}
D'après le résultat de la question Q3, la pression hydrostatique à la profondeur z_c = 300\text{ m} vaut :
Application numérique :
La différence de pression subie par la coque épaisse est :
L'acier « 100 HLES » (acier à haute limite d'élasticité) résiste à une contrainte (assimilée ici à une pression) de 100\text{ kg}\cdot\text{mm}^{-2} :
La pression de l'eau à 300\text{ m} (environ 3\text{ MPa}) est très largement inférieure à la résistance nominale du matériau (environ 980\text{ MPa}) :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Fournissez une explication scientifique rigoureuse et menez soigneusement l'application numérique avec ses unités.
« Les réponses données à cette question sont souvent fantaisistes, parfois dénuées de bon sens et peu scientifiques. »
« L’application numérique demandée, avec les unités correspondantes des grandeurs, n’a quasiment pas été traitée correctement. »
Source : rapport du jury E3A 2023
I.1
Question 1
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1
Notions : configuration électronique, règle de klechkowski
Donner la configuration électronique du fer, en la justifiant.
Voir la stratégieStratégie
Pour établir la configuration électronique d'un atome dans son état fondamental :
- Rappeler le numéro atomique Z et les règles de remplissage des sous-couches électroniques (principe de Pauli, règle de Klechkowski).
- Remplir successivement les sous-couches par énergie croissante jusqu'à placer la totalité des 26 électrons.
Voir la réponse courteRéponse courte
Règle de Klechkowski pour Z=26 : 1s^2 2s^2 2p^6 3s^2 3p^6 4s^2 3d^6 ou [\text{Ar}]\,4s^2 3d^6.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'atome de fer possède un numéro atomique Z = 26, soit 26 électrons à placer dans son état fondamental.
Le remplissage des sous-couches s'effectue selon les règles suivantes :
- le principe d'exclusion de Pauli : une orbitale atomique ne peut contenir au maximum que deux électrons de spins opposés (antiparallèles) ;
- la règle de Klechkowski : les sous-couches sont remplies par valeurs croissantes de la somme n + \ell, et pour une même valeur de n + \ell, par valeur croissante du nombre quantique principal n.
L'ordre de remplissage des sous-couches est ainsi :
En tenant compte du nombre maximal d'électrons par sous-couche (2 pour \mathrm{s}, 6 pour \mathrm{p}, 10 pour \mathrm{d}), les 26 électrons se répartissent selon :
soit, en faisant apparaître le cœur de gaz rare de l'argon (_{18}\mathrm{Ar}) :
Résultat
Question 2
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Exploitation de document
- Faisable en MPSI, BCPST1
Notions : diagramme potentiel-ph, nombre d'oxydation
Attribuer les domaines du diagramme E-pH (voir page suivante) en les justifiant. Les espèces considérées sont : , , , et .
Voir la stratégieStratégie
Pour attribuer les domaines d'un diagramme potentiel-pH (E\text{--}\mathrm{pH}) :
- Déterminer le nombre d'oxydation du fer dans chaque espèce : l'oxydant prédomine ou existe à un potentiel plus élevé que son réducteur conjugué (classement vertical).
- Classer les espèces de même degré d'oxydation selon le caractère acido-basique : la forme acide (la moins riche en ligands \mathrm{HO}^-) prédomine à \mathrm{pH} acide, tandis que l'hydroxyde précipite à \mathrm{pH} plus basique (classement horizontal).
Voir la réponse courteRéponse courte
Classement par nombre d'oxydation croissant selon l'axe des potentiels et par hydrolyse acide-base croissante selon le pH.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Déterminons le nombre d'oxydation (n.o.) du fer dans les différentes espèces :
- \text{n.o.}(\text{Fe}) = 0 pour \text{Fe}_{(\text{s})},
- \text{n.o.}(\text{Fe}) = +\text{II} pour \text{Fe}^{2+}_{(\text{aq})} et \text{Fe(OH)}_{2(\text{s})},
- \text{n.o.}(\text{Fe}) = +\text{III} pour \text{Fe}^{3+}_{(\text{aq})} et \text{Fe(OH)}_{3(\text{s})}.
1. Classement selon le potentiel (axe vertical) : À \mathrm{pH} fixé, le potentiel d'équilibre croît avec le nombre d'oxydation du fer. On observe donc trois zones de potentiel :
- les domaines supérieurs (D et E) correspondent au degré d'oxydation +\text{III},
- les domaines intermédiaires (B et C) correspondent au degré d'oxydation +\text{II},
- le domaine inférieur (A) correspond au degré d'oxydation 0, c'est-à-dire au fer métallique \text{Fe}_{(\text{s})}.
2. Classement selon le pH (axe horizontal) : Pour un degré d'oxydation donné, les formes précipitent avec les ions hydroxyde lorsque le \mathrm{pH} augmente :
Au degré d'oxydation +\text{III} : l'équilibre acido-basique de précipitation s'écrit
\text{Fe}^{3+}_{(\text{aq})} + 3\,\mathrm{H_2O}_{(\ell)} = \text{Fe(OH)}_{3(\text{s})} + 3\,\mathrm{H}^+_{(\text{aq})}La forme acide \text{Fe}^{3+}_{(\text{aq})} est stable aux \mathrm{pH} acides (à gauche, domaine D) et l'hydroxyde \text{Fe(OH)}_{3(\text{s})} précipite aux \mathrm{pH} plus élevés (à droite, domaine E).
Au degré d'oxydation +\text{II} : de même, l'équilibre de précipitation
\text{Fe}^{2+}_{(\text{aq})} + 2\,\mathrm{H_2O}_{(\ell)} = \text{Fe(OH)}_{2(\text{s})} + 2\,\mathrm{H}^+_{(\text{aq})}implique que \text{Fe}^{2+}_{(\text{aq})} est stable à \mathrm{pH} acide (domaine B) et que \text{Fe(OH)}_{2(\text{s})} existe à \mathrm{pH} plus basique (domaine C).
On en déduit l'attribution des différents domaines :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 3
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Mise en équation
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, BCPST1
Notions : corrosion, oxydoréduction
En déduire que le fer métallique n'est pas stable en présence d'eau. Donner l'équation de la transformation associée. Comment appelle-t-on ce phénomène ? Citer un moyen pour l'éviter.
Voir la stratégieStratégie
- Comparer le domaine d'existence du fer métallique \mathrm{Fe}_{(\text{s})} (domaine A identifié en Q2) au domaine de stabilité thermodynamique de l'eau, délimité par les deux droites en pointillés représentant les couples \mathrm{O}_{2(\text{g})}/\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\text{l})} et \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\text{l})}/\mathrm{H}_{2(\text{g})}.
- Écrire la réaction d'oxydoréduction spontanée entre les deux couples dont les domaines sont disjoints.
- Nommer le phénomène de dégradation du métal et proposer une technique usuelle de protection.
Voir la réponse courteRéponse courte
Chevauchement des domaines de Fe et de l'eau inexistant : oxydation \text{Fe} + 2\text{H}^+ \to \text{Fe}^{2+} + \text{H}_2 et protection cathodique/anode sacrificielle.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Instabilité thermodynamique du fer dans l'eau :
Le domaine de stabilité de l'eau est délimité par les deux lignes en pointillés :
- frontière supérieure : couple \mathrm{O}_{2(\text{g})}/\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\text{l})},
- frontière inférieure : couple \mathrm{H}^+_{(\text{aq})}/\mathrm{H}_{2(\text{g})} (ou \mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\text{l})}/\mathrm{H}_{2(\text{g})}).
Le domaine d'existence du fer métallique \mathrm{Fe}_{(\text{s})} (domaine A) est entièrement situé en dessous du domaine de stabilité de l'eau (sous la droite de dégagement de dihydrogène). Les deux domaines étant disjoints, le fer métallique est thermodynamiquement instable en présence d'eau.
Équation de la transformation :
L'eau oxyde spontanément le fer métallique pour former des ions ferreux \mathrm{Fe}^{2+}_{(\text{aq})} (ou un précipité d'hydroxyde selon le pH) avec dégagement de dihydrogène :
\begin{aligned} \mathrm{Fe}_{(\text{s})} &\rightleftharpoons \mathrm{Fe}^{2+}_{(\text{aq})} + 2\,\mathrm{e}^- \\ 2\,\mathrm{H}^+_{(\text{aq})} + 2\,\mathrm{e}^- &\rightleftharpoons \mathrm{H}_{2(\text{g})} \end{aligned}Soit le bilan global (écrit en milieu acide ou neutre) :
\boxed{\mathrm{Fe}_{(\text{s})} + 2\,\mathrm{H}^+_{(\text{aq})} \longrightarrow \mathrm{Fe}^{2+}_{(\text{aq})} + \mathrm{H}_{2(\text{g})}}ou de façon équivalente avec l'eau comme réactif direct :
\boxed{\mathrm{Fe}_{(\text{s})} + 2\,\mathrm{H}_2\mathrm{O}_{(\text{l})} \longrightarrow \mathrm{Fe}^{2+}_{(\text{aq})} + \mathrm{H}_{2(\text{g})} + 2\,\mathrm{HO}^-_{(\text{aq})}}Nom du phénomène :
Ce phénomène d'altération spontanée du métal par son environnement est la corrosion (ou corrosion aqueuse du fer).
Moyen de protection :
Pour éviter ou ralentir cette corrosion, on peut utiliser :
- une protection cathodique par anode sacrificielle (en fixant des blocs d'un métal plus réducteur comme le zinc ou le magnésium, méthode très utilisée sur la coque des navires et sous-marins) ;
- ou l'application d'un revêtement protecteur inerte (peinture imperméable, vernis, polymère, ou galvanisation au zinc).
Résultat
I.2
Question 4
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
- Faisable en PCSI, PTSI
Notions : maille cubique centrée, coordinence
Dessiner en perspective cavalière la maille du fer métallique. Combien y a-t-il d'atomes de fer par maille ?
Voir la réponse courteRéponse courte
Dessin du réseau cubique centré et dénombrement : 8 \times 1/8 + 1 = 2 atomes de fer par maille.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le fer métallique cristallise à température et pression ambiantes dans une structure cubique centrée (variété allotropique \alpha).
La maille élémentaire est un cube d'arête a comportant :
- un atome de fer à chacun des 8 sommets du cube ;
- un atome de fer au centre du cube.
Pour déterminer le nombre d'atomes de fer par maille (multiplicité ou population N) :
- chaque atome situé sur un sommet est partagé entre 8 mailles adjacentes, sa contribution propre à la maille est donc de \frac{1}{8} ;
- l'atome situé au centre du cube est totalement contenu dans la maille, sa contribution propre est de 1.
On en déduit :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 5
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en PCSI, PTSI
Notions : maille cristalline, contact entre sphères
Déterminer le paramètre de maille, noté .
Voir la stratégieStratégie
Dans le modèle des sphères dures, le paramètre de maille a est relié au rayon atomique R par la condition de contact entre les atomes les plus proches voisins :
- Repérer la direction de plus grande compacité où les sphères sont en contact tangentiel.
- Exprimer la longueur géométrique de ce segment en fonction de a, puis en fonction de R.
- En déduire l'expression littérale de a et effectuer l'application numérique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Condition de contact sur la grande diagonale du cube a\sqrt{3} = 4R pour exprimer a \approx 287\text{ pm}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le réseau cubique centré (c.c.), les atomes situés aux sommets du cube sont en contact tangentiel avec l'atome situé au centre du cube le long de la grande diagonale du cube.
La longueur de la grande diagonale d'un cube d'arête a vaut :
Le long de cette demi-diagonale joignant un sommet au centre, les sphères sont tangentes. La diagonale complète traverse ainsi un rayon du premier atome au sommet, le diamètre complet (2R) de l'atome central et un rayon de l'atome au sommet opposé, soit :
On en déduit la relation de tangence :
Application numérique : avec R = 0{,}124\text{ nm},
Résultat
Question 6
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en PCSI, PTSI
Notions : masse volumique, maille cristalline
À l'aide des données, calculer la masse volumique du fer métallique.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer la masse volumique \rho comme le rapport de la masse contenue dans une maille élémentaire sur le volume V = a^3 de cette maille.
- Exprimer la masse de la maille à l'aide de la multiplicité N (nombre d'atomes en propre déterminé en Q4), de la masse molaire M(\text{Fe}) et du nombre d'Avogadro N_A.
- Réaliser l'application numérique avec le paramètre de maille a déterminé en Q5, en veillant aux unités du système international.
Voir la réponse courteRéponse courte
Calcul de la masse volumique du cristal \rho = \frac{Z M}{N_A a^3} \approx 7{,}87\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La masse volumique \rho du cristal est définie par le rapport de la masse m_{\text{maille}} contenue dans une maille élémentaire sur le volume V_{\text{maille}} = a^3 de celle-ci :
où :
- N = 2 est le nombre d'atomes de fer appartenant en propre à la maille cubique centrée (d'après Q4) ;
- M(\text{Fe}) = 56\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1} = 56\cdot 10^{-3}\text{ kg}\cdot\text{mol}^{-1} est la masse molaire du fer ;
- N_A = 6{,}02\cdot 10^{23}\text{ mol}^{-1} est la constante d'Avogadro ;
- a = \frac{4R}{\sqrt{3}} \approx 2{,}864\cdot 10^{-10}\text{ m} est le paramètre de maille (d'après Q5).
En injectant l'expression de a en fonction du rayon métallique R :
Application numérique :
Résultat
Question 7
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en PCSI, PTSI
Notions : compacité, cristal
Calculer la compacité du fer métallique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Rapport du volume des deux sphères au volume du cube : c = \pi\sqrt{3}/8 \approx 0{,}68.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La compacité C d'un réseau cristallin est la fraction du volume de la maille effectivement occupée par les atomes assimilés à des sphères indéformables de rayon R :
Pour la maille cubique centrée (c.c.), on a N = 2 atomes par maille (question Q4) et la condition de tangence le long de la grande diagonale du cube donne a = \dfrac{4R}{\sqrt{3}} (question Q5).
En remplaçant a par son expression en fonction de R, il vient :
On constate que la compacité est indépendante du rayon atomique R.
Application numérique :
Résultat
I.3
Question 8
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1
Notions : constante d'équilibre, équilibre chimique
Écrire l'équilibre dans le cas de la myoglobine et exprimer en fonction notamment des concentrations en , et de la pression partielle en dioxygène.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier le coefficient stœchiométrique n de fixation du dioxygène pour la myoglobine d'après le texte introductif.
- Écrire l'équation de l'équilibre chimique de complexation.
- Exprimer la constante d'équilibre \beta_{\text{Mb}} à l'aide de la loi d'action de masse (loi de Guldberg et Waage) en utilisant les activités des différentes espèces chimiques (solutés et gaz).
Voir la réponse courteRéponse courte
Écriture de l'équilibre \text{Mb} + \text{O}_2 = \text{MbO}_2 et de la constante de formation \beta_{\text{Mb}} = \frac{[\text{MbO}_2] P^\circ}{[\text{Mb}] P_{\text{O}_2}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'énoncé indique qu'une molécule de myoglobine fixe une unique molécule de dioxygène, ce qui correspond à un coefficient de Hill n = 1.
L'équation de l'équilibre de complexation s'écrit donc :
En assimilant les solutés à des solutions idéales et le dioxygène à un gaz parfait, les activités chimiques des espèces s'expriment selon :
- a(\text{MbO}_{2(\text{aq})}) = \dfrac{[\text{MbO}_2]}{C^\circ}, avec C^\circ = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} ;
- a(\text{Mb}_{(\text{aq})}) = \dfrac{[\text{Mb}]}{C^\circ} ;
- a(\text{O}_{2(\text{g})}) = \dfrac{P_{\text{O}_2}}{P^\circ}, où P_{\text{O}_2} est la pression partielle en dioxygène et P^\circ = 1\text{ bar} = 10^5\text{ Pa} est la pression standard.
D'après la loi d'action de masse, la constante d'équilibre thermodynamique \beta_{\text{Mb}} s'écrit :
D'où l'expression recherchée :
Résultat
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1
Notions : équilibre chimique, taux d'avancement
En déduire l'expression de en fonction de , et .
Voir la réponse courteRéponse courte
Expression de la saturation Y = [\text{MbO}_2]/([\text{Mb}]+[\text{MbO}_2]) = \frac{\beta_{\text{Mb}} P_{\text{O}_2}/P^\circ}{1 + \beta_{\text{Mb}} P_{\text{O}_2}/P^\circ}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Chaque molécule de myoglobine (\mathrm{Mb}) ne possédant qu'un seul site de fixation du dioxygène, le nombre de sites occupés est proportionnel à [\mathrm{MbO}_2] et le nombre total de sites est proportionnel à [\mathrm{Mb}]_{\text{tot}} = [\mathrm{Mb}] + [\mathrm{MbO}_2].
Par définition, la fraction de saturation Y s'écrit donc :
D'après l'expression de la constante d'équilibre établie à la question précédente :
En injectant cette relation dans l'expression de Y et en simplifiant par [\mathrm{Mb}], il vient :
En multipliant le numérateur et le dénominateur par \dfrac{P^\circ}{\beta_{\mathrm{Mb}}}, on obtient la forme directement comparable à celle de l'hémoglobine donnée plus loin dans le sujet :
Résultat
Question 10
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1
Notions : constante d'équilibre, lecture graphique
Par lecture graphique, déterminer dans le cas de la myoglobine. En déduire une expression de en fonction de , puis une valeur numérique de cette constante. Commenter.
Voir la stratégieStratégie
- Lire sur le graphique la valeur de l'abscisse P_{\mathrm{O}_2} correspondant à l'ordonnée Y = 0{,}5 pour la courbe en traits pointillés (myoglobine).
- Utiliser l'expression de la fraction de saturation Y établie à la question Q9 pour relier \beta_{\mathrm{Mb}} à P_{50} et à la pression standard P^\circ.
- Effectuer l'application numérique avec P^\circ = 1{,}0\cdot 10^5\text{ Pa} = 100\text{ kPa} et commenter le rôle physiologique de la myoglobine.
Voir la réponse courteRéponse courte
Lecture de P_{50} à mi-saturation Y=0{,}5 d'où \beta_{\text{Mb}} = P^\circ/P_{50}, traduisant une forte affinité pour l'oxygène.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par définition, la pression de demi-saturation P_{50} correspond à la pression partielle en dioxygène telle que Y = 0{,}5. Sur le graphe de la figure page 12, la courbe en pointillés de la myoglobine (Mb) croise la droite horizontale Y = 0{,}5 à une abscisse comprise entre 0{,}3\text{ kPa} et 0{,}4\text{ kPa} :
D'après le résultat de la question Q9, la fraction de saturation s'écrit :
Pour P_{\mathrm{O}_2} = P_{50}, on a Y = \dfrac{1}{2}, soit :
On en déduit l'expression de la constante d'équilibre :
Avec P^\circ = 1{,}0\cdot 10^5\text{ Pa} = 100\text{ kPa} et P_{50} \approx 0{,}35\text{ kPa} :
Commentaire :
- La constante d'équilibre est nettement supérieure à 1 (\beta_{\mathrm{Mb}} \gg 1), ce qui traduit une très grande affinité de la myoglobine pour le dioxygène.
- La très faible valeur de P_{50} montre que la myoglobine reste saturée en dioxygène même à des pressions partielles très faibles (dès P_{\mathrm{O}_2} \gtrsim 1\text{ kPa}, Y > 0{,}9). Cela est en parfait accord avec son rôle biologique : la myoglobine est une molécule de stockage du dioxygène dans les tissus musculaires, capable de retenir l'\mathrm{O}_2 et de ne le relarguer qu'en cas d'hypoxie sévère (effort musculaire intense).
Résultat
Question 11
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Mise en équation
- Exploitation de document
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1
Notions : constante d'équilibre, équilibre chimique
Quelle est la valeur du coefficient de Hill dans le cas de l'hémoglobine Hb ? En déduire l'équilibre de complexation de par l'hémoglobine et exprimer sa constante d'équilibre .
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la valeur du coefficient n à partir du texte introductif de la sous-partie I.3 précisant la stœchiométrie maximale de fixation du dioxygène par l'hémoglobine.
- Écrire l'équation de l'équilibre chimique correspondant à cette valeur de n.
- Appliquer la loi d'action de masse pour exprimer la constante thermodynamique d'équilibre \beta_{\text{Hb}} en fonction des concentrations et de la pression partielle.
Voir la réponse courteRéponse courte
Détermination du coefficient de Hill n, équilibre \text{Hb} + n\,\text{O}_2 = \text{Hb}(\text{O}_2)_n et expression de sa constante \beta_{\text{Hb}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après l'énoncé, « une protéine d'hémoglobine peut fixer quatre molécules de dioxygène ». Dans le modèle de fixation coopérative concertée proposé par l'équilibre général \text{X}_{(\text{aq})} + n\,\text{O}_{2(\text{g})} = \text{X}(\text{O}_2)_{n(\text{aq})}, le coefficient de Hill est le nombre de molécules fixées :
Ce résultat est par ailleurs en accord direct avec l'expression de Y_{\text{Hb}} fournie dans la suite du sujet, où intervient la puissance 4.
L'équilibre de complexation s'écrit donc :
Les activités thermodynamiques associées aux espèces en solution aqueuse diluée (assimilée idéale) et au dioxygène gazeux (assimilé à un gaz parfait) sont respectivement :
avec les grandeurs standard C^\circ = 1\text{ mol}\cdot\text{L}^{-1} et P^\circ = 1\text{ bar} = 10^5\text{ Pa}.
La constante d'équilibre \beta_{\text{Hb}} s'exprime ainsi par le quotient réactionnel à l'équilibre :
Résultat
Question 12
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Exploitation de document
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1
Notions : constante d'équilibre, lecture graphique
Par lecture graphique, déterminer dans le cas de l'hémoglobine. En déduire une expression de en fonction de , puis une valeur numérique de cette constante. Commenter.
Voir la stratégieStratégie
- Repérer sur le graphique la valeur de P_{\text{O}_2} pour laquelle la fraction de saturation de l'hémoglobine vaut Y_{\text{Hb}} = 0{,}5.
- Utiliser l'expression de Y_{\text{Hb}} fournie dans l'énoncé pour exprimer \beta_{\text{Hb}} en fonction de P_{50} et de la pression standard P^\circ.
- Effectuer l'application numérique et commenter le résultat en comparant l'affinité et le rôle physiologique de l'hémoglobine à ceux de la myoglobine.
Voir la réponse courteRéponse courte
Lecture graphique de P_{50} pour l'hémoglobine et calcul de \beta_{\text{Hb}} = (P^\circ/P_{50})^n, soulignant le comportement coopératif.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Détermination graphique de P_{50} :
Pour l'hémoglobine (courbe en trait plein), la pression de demi-saturation P_{50} correspond à l'abscisse pour laquelle Y_{\text{Hb}} = 0{,}5. Graphiquement, chaque division secondaire sur l'axe des abscisses représente 0{,}2\text{ kPa}. L'intersection de l'horizontale Y = 0{,}5 avec la courbe en trait plein se situe entre 4{,}6\text{ kPa} et 4{,}8\text{ kPa}, soit :
(une lecture comprise entre 4{,}6\text{ kPa} et 4{,}8\text{ kPa} est tout à fait acceptable).
2. Expression et calcul de \beta_{\text{Hb}} :
D'après l'expression donnée par l'énoncé :
À demi-saturation, par définition Y_{\text{Hb}}(P_{50}) = 0{,}5 = \dfrac{1}{2}, d'où :
On en déduit l'expression de la constante globale d'équilibre :
Avec la pression standard P^\circ = 1{,}0\cdot 10^5\text{ Pa} = 100\text{ kPa} et P_{50} \approx 4{,}7\text{ kPa} :
3. Commentaires :
- Comparaison des affinités : On constate que P_{50}(\text{Hb}) \approx 4{,}7\text{ kPa} \gg P_{50}(\text{Mb}) \approx 0{,}35\text{ kPa}. L'affinité globale de l'hémoglobine pour le dioxygène est donc bien plus faible que celle de la myoglobine.
- Rôle physiologique : Cette différence est indispensable au fonctionnement de l'organisme : l'hémoglobine assure le transport du dioxygène depuis les poumons (forte pression partielle, P_{\text{O}_2} \approx 13\text{ kPa}, où elle est saturée) vers les tissus périphériques (où P_{\text{O}_2} \approx 4\text{ à }5\text{ kPa}), zone où elle se décharge aisément. La myoglobine, qui assure le stockage dans les muscles, présente une très forte affinité lui permettant de capter le dioxygène cédé par l'hémoglobine et de ne le relarguer qu'en cas d'hypoxie ou d'effort intense (P_{\text{O}_2} < 1\text{ kPa}).
- Allure sigmoïde : La courbe de l'hémoglobine présente une forme en « S » (sigmoïde), caractéristique du phénomène de coopérativité positive induit par les quatre sous-unités (n = 4). Cela permet un relargage massif et régulé de dioxygène sur une plage étroite de pressions physiologiques, contrairement à la réponse hyperbolique de la myoglobine (n = 1).
Résultat
Partie II : Physique - Quelques aspects de la cavitation
Question 6
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
Notions : conservation du débit volumique, écoulement incompressible
L'écoulement est supposé unidimensionnel. Écrire une relation entre les vitesses et les sections et .
Voir l'indiceIndice
Appliquer la conservation du débit volumique D_v = v\,S pour un écoulement incompressible et unidimensionnel en régime permanent.
Calculer le rapport entre la masse des atomes contenus dans une maille et le volume de celle-ci : \rho = \frac{N M}{N_A a^3}.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la nature du fluide (eau liquide, incompressible) et le régime d'écoulement (stationnaire et unidimensionnel).
- Appliquer le principe de conservation de la masse pour en déduire la conservation du débit volumique à travers deux sections droites du tube.
Voir la réponse courteRéponse courte
Conservation du débit volumique pour un fluide incompressible : D_v = S_1 v_1 = S_2 v_2.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le fluide étudié étant un liquide, il est considéré comme incompressible (\rho = \rho_0 = \text{cste}). En régime stationnaire, la conservation de la masse à travers un tube de courant se traduit par la conservation du débit volumique D_v le long de l'écoulement.
L'écoulement étant modélisé comme unidimensionnel, la vitesse est considérée comme uniforme sur toute section droite. Le débit volumique à travers une section droite S où la vitesse vaut v s'écrit :
En exprimant l'égalité du débit volumique au niveau de la section d'entrée S_1 et au niveau du col S_2, on obtient la relation de continuité :
soit encore :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Une justification concise était attendue sans qu'il soit nécessaire de se lancer dans une démonstration complète.
« La justification de la réponse est trop souvent absente. Une démonstration, non demandée, est parfois tentée. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question 7
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 10 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Schéma ou tracé
Notions : relation de bernoulli, cavitation, changement d'état
Rappeler les conditions d'application du théorème de Bernoulli. Exprimer la différence de pression en fonction de la vitesse et des sections et . Les points E et C sont situés sur l'axe des au niveau de l'entrée du tube et de son col. Donner l'allure du diagramme où est la température de l'eau. On indiquera les différents domaines d'existence des phases ainsi que deux points caractéristiques à nommer. Si l'on considère un point M situé dans le domaine où l'eau est liquide, justifier alors la possible apparition d'une bulle de vapeur dans l'écoulement dans une région du tube de Venturi que l'on indiquera sur un schéma sur la copie.
Voir l'indiceIndice
Écrire la relation de Bernoulli le long d'une ligne de courant horizontale entre l'entrée et le col, puis relier la vaporisation à la comparaison entre la pression locale P(C) et la pression de vapeur saturante P_{\text{sat}}(T).
Calculer le ratio entre le volume occupé par les N sphères dures de rayon R et le volume de la maille a^3.
Voir la stratégieStratégie
- Énoncer avec rigueur les hypothèses du théorème de Bernoulli pour un fluide parfait en écoulement stationnaire et incompressible.
- Appliquer le théorème de Bernoulli entre l'entrée E et le col C (à altitude constante) et injecter la relation de continuité issue de la question Q6 pour exprimer P(C) - P(E).
- Tracer le diagramme de phases (P, T) de l'eau en précisant l'allure spécifique de la courbe de fusion (pente négative pour l'eau), les trois phases, le point triple et le point critique.
- Justifier la cavitation par une dépressurisation isotherme amenant le fluide liquide sous sa pression de vapeur saturante P_{\text{sat}}(T) au niveau du col C.
Voir la réponse courteRéponse courte
Bernoulli fournit P(C)-P(E) < 0 ; au col, la dépression fait passer sous P_{\text{sat}}(T), initiant la vaporisation.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Conditions d'application du théorème de Bernoulli
Le théorème de Bernoulli s'applique le long d'une ligne de courant sous les hypothèses suivantes :
- écoulement stationnaire (ou permanent) ;
- fluide incompressible et homogène (\rho_0 = \text{cte}) ;
- fluide parfait (viscosité négligeable, pas de pertes de charge) ;
- forces volumiques conservatives dérivant d'une énergie potentielle (ici la pesanteur).
2. Différence de pression P(C) - P(E)
Le tube étant horizontal, les points E et C sont à la même altitude (z_E = z_C). La relation de Bernoulli entre E et C s'écrit :
D'après la question Q6, la conservation du débit volumique donne v_2 = v_1 \dfrac{S_1}{S_2}. On en déduit :
Comme S_1 > S_2, on a P(C) - P(E) < 0 : la pression chute au niveau de l'étranglement (effet Venturi).
3. Diagramme (P, T) de l'eau
Les deux points caractéristiques sont :
- le point triple \mathrm{T} : équilibre simultané des trois phases (solide, liquide, vapeur) ;
- le point critique \mathrm{C_r} : extrémité de la courbe d'équilibre liquide-vapeur au-delà duquel les phases liquide et gaz ne se distinguent plus (fluide supercritique).
4. Apparition d'une bulle de vapeur (cavitation)
Considérons une particule fluide initialement au point M dans l'état liquide à la température T et à la pression P(E) > P_{\text{sat}}(T). L'écoulement étant rapide, les échanges thermiques sont négligeables et l'évolution est quasi-isotherme.
Lorsque le fluide s'accélère vers le col C, sa vitesse augmente considérablement (v_2 > v_1), ce qui entraîne une chute de pression. Si la vitesse au col est suffisamment grande, la pression locale P(C) peut descendre en dessous de la pression de vapeur saturante de l'eau à cette température :
Le fluide traverse la courbe d'ébullition (trajectoire verticale descendante M \to M') : une vaporisation locale se produit brutalement, conduisant à l'apparition de microbulles de vapeur d'eau au niveau de la section minimale S_2 (le col C).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Attention aux erreurs de calcul et à l'emplacement correct des phases sur le diagramme P(T) pour éviter des conclusions contradictoires.
« Les conditions d’application du théorème de Bernoulli sont souvent connues des candidats, mais les calculs qui suivent ne sont pas toujours exacts. »
« Le diagramme P(T) donne lieu à des erreurs sur l’emplacement des phases, d’où il découle des interprétations erronées du phénomène et des contradictions avec les réponses aux questions suivantes. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question 8
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
Notions : perte de charge, viscosité
Représenter clairement l'allure de la pression en fonction des abscisses des points E, A, C, B et S. Représenter de manière qualitative sur le même graphique l'allure de en tenant compte cette fois de la viscosité du fluide. Comment s'appelle le phénomène responsable de cette modification ?
Voir l'indiceIndice
Constater qu'en fluide parfait la pression remonte à sa valeur initiale après le col, tandis qu'en fluide visqueux les pertes de charge induisent une baisse de pression irréversible d'amont en aval.
Écrire le bilan de complexation \mathrm{Mb} + \mathrm{O_2} = \mathrm{MbO_2} et exprimer la constante thermodynamique en introduisant la pression standard P^\circ.
Voir la stratégieStratégie
- Exprimer qualitativement l'évolution de la pression le long de l'axe (Ox) pour un fluide parfait à l'aide de la relation de Bernoulli et de la conservation du débit, en exploitant la géométrie symétrique du convergent-divergent.
- Prendre en compte les effets visqueux (dissipation d'énergie mécanique) qui introduisent un déficit de pression cumulatif le long de l'écoulement.
- Tracer les deux allures sur un même graphe en précisant les points caractéristiques (E, A, C, B et S) et nommer le phénomène physique correspondant.
Voir la réponse courteRéponse courte
Tracé de P(x) symétrique en fluide parfait, puis décroissant globalement avec viscosité par perte de charge régulière et singulière.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Cas du fluide parfait (non visqueux) : Pour un fluide incompressible en écoulement stationnaire dans un tube horizontal, la conservation du débit volumique donne v(x) = \frac{D_v}{S(x)}. D'après le théorème de Bernoulli, la pression s'écrit :
- De E à C (convergent) : la section S(x) diminue, la vitesse v(x) augmente, donc la pression P(x) décroît jusqu'à un minimum au col C où la section S_2 est minimale.
- De C à S (divergent) : la section réaugmente, le fluide ralentit et la pression remonte.
Le tube étant symétrique (S(E) = S(S) = S_1 et S(A) = S(B)), la courbe est symétrique par rapport à l'abscisse x_C, avec une restauration complète de la pression en sortie :
P(S) = P(E)
2. Prise en compte de la viscosité du fluide : La viscosité induit des contraintes de cisaillement au sein du fluide et aux parois, entraînant une dissipation irréversible d'énergie mécanique en énergie thermique (dissipation visqueuse). Il en résulte une diminution continue de la pression totale le long de l'écoulement. La pression est donc inférieure en tout point à celle calculée sans viscosité, et la remontée de pression dans le divergent est incomplète :
3. Graphique comparatif :
4. Nom du phénomène : Le phénomène responsable de cette chute supplémentaire et irréversible de pression s'appelle les pertes de charge (ou la dissipation visqueuse).
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Question mal traitée en raison d'une méconnaissance fréquente de la notion de perte de charge.
« Cette question a été assez mal traitée dans l’ensemble, la notion de perte de charge semble inconnue pour beaucoup d’étudiants. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question 9
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Notions : cavitation, pression de vapeur saturante
Un sous-marin est-il plus discret en eau chaude qu'en eau froide ? Si l'on suppose un diamètre de l'hélice de , et en raisonnant sur l'extrémité des pales uniquement, les bulles de cavitation apparaissent-elles en haut ou en bas de l'hélice ?
Voir l'indiceIndice
Considérer l'évolution de la pression de vapeur saturante avec la température et exploiter le gradient de pression hydrostatique sur la hauteur de l'hélice pour localiser la dépression maximale.
Écrire la conservation de la concentration totale en myoglobine et exprimer la fraction molaire Y = [\mathrm{MbO_2}] / [\mathrm{Mb}]_{\text{tot}} en fonction de P_{\mathrm{O_2}}.
Voir la stratégieStratégie
- Relier la discrétion acoustique à l'apparition de la cavitation, puis comparer la pression de vapeur saturante P_{\text{sat}}(T) en eau chaude et en eau froide à l'aide de la courbe d'équilibre liquide-vapeur vue à la question précédente.
- Comparer la pression locale à l'extrémité des pales entre la position haute et la position basse en appliquant la loi de l'hydrostatique établie à la question Q3.
Voir la réponse courteRéponse courte
P_{\text{sat}} est plus basse à froid donc retarde la cavitation ; la pression statique est minimale en haut de l'hélice, où les bulles naissent.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Influence de la température de l'eau sur la discrétion acoustique
La cavitation est la vaporisation locale du fluide provoquée par une chute de pression sous la pression de vapeur saturante :
L'implosion des bulles de cavitation génère un bruit acoustique important, très néfaste à la discrétion du sous-marin.
D'après le diagramme d'état (P, T) de l'eau (établi à la question Q7), la pression de vapeur saturante P_{\text{sat}}(T) est une fonction strictement croissante de la température. Ainsi :
En eau chaude, la pression de vapeur saturante étant plus élevée, le seuil de pression critique est atteint pour une dépression moins marquée (donc à des vitesses d'hélice plus faibles). La cavitation y apparaît donc plus facilement :
2. Apparition des bulles à l'extrémité de l'hélice
À l'extrémité des pales, à une distance R_{\text{hélice}} = D/2 de l'axe, la vitesse linéaire de rotation v = \omega R_{\text{hélice}} est identique en haut et en bas de l'hélice. La dépression dynamique induite par l'écoulement autour du profil de pale est donc la même.
En revanche, d'après la relation fondamentale de l'hydrostatique (question Q3), la pression au repos croît avec la profondeur z :
Pour une hélice de diamètre D = 10\text{ m}, le haut de l'hélice se situe à une immersion inférieure de D par rapport au bas. L'écart de pression statique vaut :
La pression statique environnante étant nettement plus faible au sommet de l'hélice, la pression absolue locale P atteint la valeur critique P_{\text{sat}}(T) en premier en ce point :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Veillez à justifier rigoureusement votre réponse.
« La réponse à cette question est très souvent mal justifiée. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question 10
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : conservation de la masse, écoulement incompressible
Écrire l'équation locale traduisant la conservation de la masse dans l'eau. Quelle relation peut-on déduire de l'imperméabilité de la paroi de la microbulle ? À l'aide des données en fin de problème, déduire de ces deux relations la relation suivante :
Montrer que : .
Voir l'indiceIndice
Exprimer l'incompressibilité \mathrm{div}\,\vec{v} = 0 en coordonnées sphériques pour déterminer la dépendance spatiale de v(r,t), puis écrire la continuité de la vitesse normale à l'interface mobile r=R(t).
Lire graphiquement la valeur de la pression partielle pour laquelle Y = 0{,}5 et utiliser la relation \beta_{\text{Mb}} = P^\circ / P_{50}.
Voir la stratégieStratégie
- Écrire l'équation générale de conservation de la masse (continuité) et utiliser le caractère incompressible de l'eau pour obtenir une condition sur la divergence de la vitesse.
- Exprimer la condition aux limites cinématique d'imperméabilité sur la frontière mobile r = R(t).
- Intégrer l'équation de continuité spatiale grâce à la symétrie sphérique radiale pour déterminer la forme du champ de vitesse, puis identifier la constante d'intégration spatiale A(t) grâce à la condition d'imperméabilité.
Voir la réponse courteRéponse courte
Condition d'incompressibilité \text{div}\,\vec{v} = 0 en coordonnées sphériques et raccord cinétique à la surface mobile de la bulle v(R,t) = \dot{R}(t).
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Équation locale de conservation de la masse
L'équation locale de conservation de la masse s'écrit de manière générale :
Le fluide étant supposé incompressible et homogène, sa masse volumique est uniforme et constante (\rho = \rho_0 = \text{cte}), ce qui simplifie l'équation sous la forme :
2. Condition d'imperméabilité de la paroi \Sigma
La paroi \Sigma de la microbulle est située à la coordonnée radiale r = R(t). L'imperméabilité de la paroi signifie qu'il n'y a pas de transfert de matière à travers l'interface liquide-gaz : le fluide immédiatement au contact de la paroi se déplace radialement à la même vitesse que celle-ci :
3. Déduction de la loi de vitesse radiale
Le champ de vitesse étant purement radial et à symétrie sphérique, \vec{v}(r,t) = v(r,t)\,\vec{e}_r. D'après l'expression de la divergence en coordonnées sphériques fournie dans les données :
Il en résulte que la quantité r^2\,v(r,t) est indépendante de r et ne dépend que du temps t. En introduisant la fonction scalaire temporelle -A(t) comme constante d'intégration spatiale, on obtient :
ce qui correspond bien à la relation demandée.
4. Expression de A(t)
En évaluant le champ de vitesse sur la paroi de la bulle en r = R(t) :
En injectant la condition d'imperméabilité v(R(t), t) = \frac{\mathrm{d}R(t)}{\mathrm{d}t}, on en déduit directement :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Sachez mener les calculs à leur terme et traduire correctement l'imperméabilité de la paroi de la bulle.
« L’équation locale de conservation de la masse est souvent connue mais les calculs qui suivent n’ont pas souvent été menés à bien. Peu d’étudiants ont su traduire la condition d’imperméabilité de la paroi de la bulle. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 11
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Notions : équation de navier-stokes, accélération convective
Écrire l'équation d'Euler. En déduire l'expression de en fonction de , , et de ses dérivées temporelles. On négligera la pesanteur.
Voir l'indiceIndice
Projeter l'équation d'Euler selon \vec{e}_r en explicitant le terme d'accélération convective v\,\frac{\partial v}{\partial r} et la dérivée temporelle partielle \frac{\partial v}{\partial t}.
Utiliser le fait que l'hémoglobine fixe quatre molécules de dioxygène pour poser n=4 dans le modèle d'adsorption globale.
Voir la stratégieStratégie
- Écrire l'équation d'Euler sous forme vectorielle pour un fluide parfait incompressible en l'absence de forces volumiques.
- Projeter cette équation sur le vecteur unitaire radial \vec{e}_r en exploitant la formule du terme convectif fournie en annexe.
- Exprimer les dérivées temporelle et spatiale du champ de vitesse v(r,t) = -\frac{A(t)}{r^2} établi à la question Q10 pour obtenir \frac{\partial p}{\partial r}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Équation d'Euler en coordonnées sphériques avec composante convective radiale v\,\partial v/\partial r et terme instationnaire \partial v/\partial t.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'eau de mer étant modélisée comme un fluide parfait homogène et incompressible de masse volumique \rho_0, l'équation de Navier-Stokes se réduit à l'équation d'Euler :
où la pesanteur est négligée conformément à l'énoncé.
L'écoulement étant purement radial et à symétrie sphérique, la vitesse s'écrit \vec{v} = v(r,t)\,\vec{e}_r. D'après les formules fournies :
La projection de l'équation d'Euler sur l'axe radial \vec{e}_r donne :
soit :
D'après le résultat de la question Q10, v(r,t) = -\dfrac{A(t)}{r^2}. Calculons les différentes dérivées :
En réinjectant ces expressions dans la projection de l'équation d'Euler, il vient :
D'où l'expression finale :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 12
ExigeanteTemps estimé : ≈ 9 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
Notions : cavitation
Exprimer la durée , appelée temps de Rayleigh, que met la bulle à disparaître en fonction de , , et ainsi que de l'intégrale suivante dont on donne la valeur approchée. On pourra poser :
Calculer numériquement avec les valeurs suivantes : , , , . Commenter par rapport à la durée typique d'évolution d'une bulle dans une boisson pétillante.
Voir l'indiceIndice
Séparer les variables dans l'équation différentielle régissant R(t), poser u = R/R_0 et intégrer entre l'état initial u=1 et l'implosion complète u=0.
Relever l'abscisse de demi-saturation pour l'hémoglobine sur la courbe sigmoïde et calculer \beta_{\text{Hb}} = (P^\circ / P_{50})^4.
Voir la stratégieStratégie
- Séparer les variables dans l'équation différentielle régissant R(t) entre t = 0 (R = R_0) et t = \tau (R = 0).
- Effectuer le changement de variable suggéré u = R/R_0 pour exprimer l'intégrale en fonction de J.
- Réaliser l'application numérique et comparer l'ordre de grandeur obtenu à celui des bulles dans les boissons gazeuses.
Voir la réponse courteRéponse courte
Intégration de l'équation de Rayleigh pour trouver \tau \approx 0{,}15\text{ ms}, temps d'implosion extrêmement court devant une bulle de boisson.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'équation différentielle fournie par l'énoncé s'écrit :
La bulle existe pour t \in [0, \tau], avec R(0) = R_0 et R(\tau) = 0. En séparant les variables :
En intégrant entre t = 0 et t = \tau :
On effectue le changement de variable u = \frac{R}{R_0}, d'où \mathrm{d}R = R_0\,\mathrm{d}u :
On obtient ainsi l'expression du temps de Rayleigh :
Application numérique :
- \rho_0 = 1,0\cdot 10^3\text{ kg}\cdot\text{m}^{-3}
- p_{\infty,0} = 1,0\cdot 10^5\text{ Pa}
- p_{\text{sat}}(T) = 2,4\cdot 10^3\text{ Pa} d'où p_{\infty,0} - p_{\text{sat}}(T) = 9,76\cdot 10^4\text{ Pa}
- R_0 = 2,0\text{ mm} = 2,0\cdot 10^{-3}\text{ m}
- J = 0,747
Commentaire : Dans une boisson pétillante (soda, eau gazeuse, champagne), une bulle subsiste typiquement pendant plusieurs secondes lors de sa montée vers la surface libre (\tau_{\text{boisson}} \sim 1\text{ à }10\text{ s}). Le temps d'implosion par cavitation calculé ici est de l'ordre d'une fraction de milliseconde (\sim 0,2\text{ ms}), soit environ quatre ordres de grandeur plus court. Il s'agit d'un effondrement extrêmement bref et violent.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le calcul du temps de Rayleigh a rarement été mené avec succès.
« Quelques candidats ont tenté le calcul du temps de Rayleigh mais rarement avec bonheur. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question 13
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
Notions : énolate, mésomérie
Quelle est l'espèce formée par réaction de la molécule avec une base forte ? On écrira ses différentes formes mésomères.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la nature chimique de la molécule \underline{\mathbf{1}} (le 3-oxobutanoate de méthyle ou acétoacétate de méthyle, un \beta-cétoester) et repérer ses protons les plus acides.
- Décrire l'arrachement du proton par une base forte pour obtenir l'espèce conjuguée (un ion énolate).
- Établir les formes limites de résonance décrivant la délocalisation de la charge négative sur le carbone central et sur les deux atomes d'oxygène des carbonyles.
Voir la réponse courteRéponse courte
Déprotonation en alpha du carbonyle formant un ion énolate stabilisé par délocalisation sur l'oxygène.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La molécule \underline{\mathbf{1}} est un \beta-cétoester (3-oxobutanoate de méthyle). Les atomes d'hydrogène portés par le carbone central en position \alpha des deux fonctions carbonyle présentent un caractère particulièrement acide (\mathrm{p}K_a \approx 10\text{--}11, contre environ 20 pour une cétone simple et 25 pour un ester simple), du fait du double effet attracteur (inductif -I et mésomère -M) des groupements cétone et ester.
En présence d'une base forte (notée \mathrm{B}^-), la déprotonation quantitative s'effectue sur ce carbone central activé pour former un ion énolate (ou énolate de \beta-cétoester) :
La charge négative est stabilisée par résonance sur trois centres principaux : le carbone \alpha et les deux atomes d'oxygène des carbonyles. Les trois formes mésomères limites majeures sont :
Résultat
Question 14
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Exploitation de document
Notions : alkylation d'énolate, rmn du proton
Donner la structure de la molécule et attribuer les différents signaux du spectre RMN.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la réaction conduisant à \underline{\mathbf{2}} : alkylation de l'énolate du 3-oxobutanoate de méthyle \underline{\mathbf{1}} par le bromure de prényle (1-bromo-3-méthylbut-2-ène).
- Proposer la structure du produit d'alkylation en position \alpha (C-alkylation) : le 2-acétyl-5-méthylhex-4-énoate de méthyle.
- Attribuer chaque signal du spectre RMN ^1\text{H} aux différents groupes de protons en s'appuyant sur l'intégration, le déplacement chimique \delta et la multiplicité.
Voir la réponse courteRéponse courte
Alkylation régiosélective de l'énolate et identification des massifs RMN ^1\text{H} selon leurs voisinages et intégrations.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'attaque nucléophile de l'énolate issu de \underline{\mathbf{1}} (obtenu à la question Q13) sur le bromure de prényle (\mathrm{Br-CH_2-CH=C(CH_3)_2}) par substitution nucléophile \mathrm{S_N2} conduit au produit de C-alkylation \underline{\mathbf{2}} : le 2-acétyl-5-méthylhex-4-énoate de méthyle.
Attribution des signaux du spectre RMN ^{1}\text{H} :
- \mathbf{\delta = 1{,}70\text{ ppm}} (3H, dq) et \mathbf{\delta = 1{,}82\text{ ppm}} (3H, dq) : protons des deux groupes méthyles allyliques portés par le carbone de la double liaison, notés =\mathrm{C}(\mathrm{CH}_3)_2. Ces deux groupes méthyles sont diastéréotopes (l'un est en cis et l'autre en trans de l'hydrogène vinylique). Ils présentent un couplage allylique (^4J) avec l'hydrogène vinylique et homoallylique (^5J) entre eux, d'où la forme en doublet de quadruplets.
- \mathbf{\delta = 2{,}31\text{ ppm}} (3H, s) : protons du méthyle du groupement acétyle (\mathrm{-CO-CH_3}). Le singulet est dû à l'absence de protons sur le carbone adjacent, et le déblindage (\delta \approx 2{,}3\text{ ppm}) est caractéristique d'une position en \alpha d'un carbonyle.
- \mathbf{\delta = 2{,}46 - 2{,}71\text{ ppm}} (2H, m) : protons du groupe méthylène allylique (\mathrm{-CH_2-}). Ils sont couplés au proton méthine voisin et au proton vinylique, apparaissant sous forme d'un multiplet complexe.
- \mathbf{\delta = 3{,}22\text{ ppm}} (1H, t) : proton méthine (\mathrm{-CH-}) situé entre les deux groupements électroattracteurs (cétone et ester). Il est couplé aux 2 protons du \mathrm{CH_2} adjacent (^3J), formant un triplet.
- \mathbf{\delta = 3{,}68\text{ ppm}} (3H, s) : protons du groupement méthoxy de l'ester (\mathrm{-CO-OCH_3}). L'absence de couplage donne un singulet, et la forte électronégativité de l'oxygène explique le déplacement chimique vers \delta \approx 3{,}7\text{ ppm}.
- \mathbf{\delta = 5{,}20\text{ ppm}} (1H, m) : proton vinylique (\mathrm{-CH=}). Le déplacement chimique correspond au domaine des protons d'alcène (4{,}5 - 7\text{ ppm} d'après les données), couplé avec le \mathrm{CH_2} (^3J) et les deux méthyles allyliques (^4J).
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 15
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Incontournable
- Question de cours
Notions : réaction de diels-alder
Quel est le nom de la réaction de formation de la molécule ?
Voir la réponse courteRéponse courte
Identification de la cycloaddition [4+2] thermique entre un diène conjugué et un alcène activé.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La molécule \underline{\mathbf{5}} possède un motif diène conjugué qui réagit à chaud (benzène à reflux) avec la 2-bromoacroléine, un alcène électro-appauvri jouant le rôle de diénophile, pour former un dérivé du cyclohexène \underline{\mathbf{6}}.
Il s'agit d'une réaction de Diels-Alder (ou cycloaddition [4+2]).
Résultat
Question 16
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en PCSI
Notions : réduction de carbonyle, chimiosélectivité
Quel est le rôle de dans la transformation de en ? Aurait-on pu utiliser un autre réactif tel que pour cette étape ?
Voir la réponse courteRéponse courte
Réduction chimiosélective de la cétone en alcool par \text{NaBH}_4 sans toucher à l'ester, contrairement à \text{LiAlH}_4.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans la molécule \underline{\mathbf{6}}, deux fonctions carbonyles sont présentes :
- une fonction cétone sur le cycle à six chaînons ;
- une fonction ester méthylique (-\mathrm{COOCH_3}) sur la chaîne latérale.
Le tétrahydruroborate de sodium \mathrm{NaBH_4} joue le rôle d'agent réducteur chimiosélectif : il apporte des ions hydrures \mathrm{H^-} qui réduisent la fonction cétone en alcool secondaire (\underline{\mathbf{7}}), sans modifier la fonction ester.
On ne pouvait pas utiliser le tétrahydruroaluminate de lithium \mathrm{LiAlH_4} :
- \mathrm{LiAlH_4} est un agent réducteur beaucoup plus puissant et moins sélectif que \mathrm{NaBH_4}.
- Il réduirait non seulement la fonction cétone en alcool secondaire, mais également la fonction ester en alcool primaire (-\mathrm{CH_2OH}), ce qui n'est pas souhaité ici puisque la fonction ester doit être conservée pour les étapes ultérieures.
Résultat
Question 17
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en PCSI
Notions : protection de fonction
Quel est le rôle de l'étape de formation de ?
Voir la réponse courteRéponse courte
Protection du groupe hydroxyle sous forme d'éther silylé pour éviter sa déprotonation ou son oxydation ultérieure.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'étape de passage de \underline{\mathbf{7}} à \underline{\mathbf{8}} correspond à la protection de la fonction alcool secondaire sous la forme d'un éther de silyle : le triméthylsilyléther (-\mathrm{OTMS}).
Cette protection est réalisée par réaction avec le chlorure de triméthylsilyle (\mathrm{TMSCl}) en présence de triéthylamine (\mathrm{Et_3N}), qui joue le rôle de base en piégeant le chlorure d'hydrogène (\mathrm{HCl}) formé sous forme de chlorhydrate d'ammonium \mathrm{Et_3NH^+,\,Cl^-}.
Résultat
Question 18
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Question de cours
Notions : réduction d'ester
Proposer un réactif pour la transformation de en .
Voir la stratégieStratégie
- Comparer les formules développées de \underline{\mathbf{8}} et de \underline{\mathbf{9}} pour repérer la transformation fonctionnelle subie par la molécule.
- Identifier la famille de réactions correspondante et proposer le réactif usuel de cette réaction au programme.
- Justifier brièvement la chimiosélectivité observée entre les deux liaisons doubles de \underline{\mathbf{8}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Réduction ménagée de l'ester en aldéhyde à basse température avec un réactif encombré comme le DIBAL-H.
Voir le corrigé completCorrigé complet
En comparant les structures des molécules \underline{\mathbf{8}} et \underline{\mathbf{9}} :
- le squelette carboné, la fonction ester, le groupement silyléther (-\mathrm{OTMS}) et la double liaison endocyclique bromée restent inchangés ;
- la liaison double de la chaîne latérale -\mathrm{CH}=\mathrm{C}(\mathrm{CH}_3)_2 a été convertie en un cycle oxirane (époxyde).
Il s'agit donc d'une réaction d'époxydation (réaction de Prilezhaev).
Le réactif de choix pour époxider sélectivement un alcène est un peracide carboxylique (\mathrm{RCO_3H}), en particulier l'acide méta-chloroperbenzoïque (m-CPBA) :
Résultat
Question 19
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Question de cours
- Raisonnement qualitatif
Notions : stéréochimie, dihydroxylation
La réaction de transformation de en est une syn-dihydroxylation. Au vu de la structure de , que signifie ce terme ?
Voir l'indiceIndice
Indiquer que les deux groupements hydroxyle sont transférés simultanément du même côté du plan de l'insaturation (addition supra-faciale).
Voir la réponse courteRéponse courte
Addition concertée des deux fonctions hydroxyles du même côté du plan de la double liaison alcène.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le terme syn-dihydroxylation se décompose en deux aspects :
- Dihydroxylation : il s'agit d'une réaction d'addition sur la double liaison alcène \mathrm{C=C} du cycle de \underline{\mathbf{10}}, conduisant à la fixation formelle de deux groupements hydroxyle -\mathrm{OH} sur les deux atomes de carbone vicinaux pour former un 1,2-diol (ou \alpha-diol vicinal).
- Syn : qualifie la stéréospécificité de l'addition. Les deux groupes -\mathrm{OH} sont introduits simultanément sur la même face du plan de la double liaison alcène (par l'intermédiaire d'un ester osmique cyclique concerté), ce qui confère aux deux fonctions alcool une configuration relative cis sur le cycle à 6 chaînons dans \underline{\mathbf{11}}.
Au vu de la structure de \underline{\mathbf{11}}, la double liaison intracyclique a été convertie en un 1,2-diol dont les deux substituants hydroxyle sont situés du même côté du cycle.
Question 20
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Question de cours
- Mise en équation
- Faisable en PCSI
Notions : acétalisation, mécanisme réactionnel
Proposer un mécanisme pour la transformation de en . Quel est le nom de cette réaction ?
Voir l'indiceIndice
Identifier une synthèse d'éther-oxyde de Williamson : déprotonation de l'alcool par l'alcoolate encombré puis attaque nucléophile \mathrm{S_N2} sur l'iodure de méthyle.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier les réactifs en présence : le substrat \underline{\mathbf{11}} porte deux fonctions alcool (diol), la base est le tert-amylate de sodium (\mathrm{NaO}t\text{-Am}, alcoolate fort et encombré) et l'agent alkylant est l'iodométhane (\mathrm{MeI} = \mathrm{CH}_3\mathrm{I}).
- Reconnaitre la suite classique : déprotonation de l'alcool en alcoolate (réaction acide-base), suivie d'une substitution nucléophile bimoléculaire (\mathrm{S_N2}) sur l'halogénoalcane.
- Nommer sans ambiguïté cette réaction fondamentale de formation d'éther-oxyde.
Voir la réponse courteRéponse courte
Mécanisme acido-catalysé d'acétalisation protégeant le diol sous forme d'un acétal cyclique stable.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La transformation du diol \underline{\mathbf{11}} en l'éther-oxyde \underline{\mathbf{12}} s'effectue en deux étapes mécanistiques :
Étape acido-basique (déprotonation) : L'ion tert-amylate t\text{-AmO}^-, base forte non nucléophile du fait de son encombrement stérique, arrache le proton de la fonction hydroxyle pour former l'ion alcoolate correspondant :
\mathrm{R\text{--}OH} + t\text{-AmO}^- \rightleftharpoons \mathrm{R\text{--}O}^- + t\text{-AmOH}Substitution nucléophile (\mathrm{S_N2}) : Le doublet non liant de l'oxygène de l'alcoolate \mathrm{R\text{--}O}^- attaque l'atome de carbone électrophile de l'iodométhane (\mathrm{CH}_3\text{--}\mathrm{I}), avec rupture hétérolytique de la liaison \mathrm{C\text{--}I} et départ de l'ion iodure \mathrm{I}^-, excellent groupe partant :
\mathrm{R\text{--}O}^- + \mathrm{H_3C\text{--}I} \longrightarrow \mathrm{R\text{--}O\text{--}CH_3} + \mathrm{I}^-
Résultat
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Question de cours
- Mise en équation
- Faisable en PCSI
Notions : addition nucléophile, organolithien
Par analogie de la réactivité d'un organolithien () avec celle d'un organomagnésien, proposer un mécanisme pour la transformation de en .
Voir l'indiceIndice
Effectuer une première addition nucléophile de l'organolithien sur le carbonyle d'ester avec élimination de méthylate, suivie d'une seconde addition sur la cétone intermédiaire.
Voir la stratégieStratégie
- Analyser les modifications structurales entre \underline{\mathbf{12}} et \underline{\mathbf{13}} : la fonction ester méthylique -\mathrm{CO_2Me} de \underline{\mathbf{12}} est transformée en alcool tertiaire -\mathrm{C(CH_3)_2OH} dans \underline{\mathbf{13}}, tandis que la fonction alcool secondaire présente sur le cycle est conservée après traitement final.
- Établir l'analogie entre le méthyllithium \mathrm{MeLi} et un organomagnésien \mathrm{MeMgX} : liaison fortement polarisée \mathrm{H_3C^{\delta-}-Li^{\delta+}}, conférant au groupe méthyle un caractère de carbanion nucléophile fort et de base très forte.
- Détailler la succession des étapes élémentaires : déprotonation de l'alcool résiduel, addition nucléophile sur l'ester, élimination du méthylate (régénération de la cétone intermédiaire), seconde addition sur la cétone, puis hydrolyse finale.
Voir la réponse courteRéponse courte
Attaque nucléophile du carbanion méthyle sur le carbone électrophile de l'aldéhyde suivie d'hydrolyse pour former un alcool.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le méthyllithium \mathrm{MeLi} présente une liaison \mathrm{C-Li} fortement polarisée (\chi_{\mathrm{C}} = 2{,}55 > \chi_{\mathrm{Li}} = 0{,}98), ce qui lui confère, à l'instar d'un organomagnésien \mathrm{MeMgX}, un caractère de nucléophile carbanionique fort (\mathrm{H_3C^-}) et de base très forte.
La transformation met en jeu un excès de \mathrm{MeLi} selon le mécanisme suivant :
Déprotonation préliminaire (réaction acido-basique) : L'alcool présent sur le cycle réagit de façon immédiate et irréversible avec un premier équivalent de \mathrm{MeLi} pour former un alcoolate de lithium, avec dégagement de méthane :
\mathrm{R-OH} + \mathrm{MeLi} \longrightarrow \mathrm{R-O^-Li^+} + \mathrm{CH_4}\uparrowPremière addition nucléophile sur l'ester : Un second équivalent de \mathrm{MeLi} attaque le carbone électrophile de la fonction ester carboxylique pour conduire à un intermédiaire tétraédrique :
\mathrm{R'-CO_2Me} + \mathrm{MeLi} \longrightarrow \mathrm{R'-C(O^-Li^+)(OMe)(Me)}Élimination de l'ion méthylate : Le doublet de l'oxygène se rabat pour expulser le groupe partant méthylate \mathrm{MeO^-Li^+}, formant une cétone intermédiaire méthylée :
\mathrm{R'-C(O^-Li^+)(OMe)(Me)} \longrightarrow \mathrm{R'-CO-Me} + \mathrm{MeOLi}Seconde addition nucléophile : La cétone intermédiaire formée, étant plus électrophile et stériquement plus accessible que l'ester de départ, subit immédiatement l'addition d'un troisième équivalent de \mathrm{MeLi} pour conduire à un alcoolate tertiaire de lithium :
\mathrm{R'-CO-Me} + \mathrm{MeLi} \longrightarrow \mathrm{R'-C(O^-Li^+)(Me)_2}Hydrolyse (traitement aqueux terminal) : Lors de l'hydrolyse acide ménagée (work-up), les alcoolates formés sont protonés pour régénérer l'alcool du cycle et libérer l'alcool tertiaire, aboutissant au produit \underline{\mathbf{13}} :
\mathrm{R-O^-Li^+} + \mathrm{H_3O^+} \longrightarrow \mathrm{R-OH} + \mathrm{Li^+} + \mathrm{H_2O}\mathrm{R'-C(O^-Li^+)(Me)_2} + \mathrm{H_3O^+} \longrightarrow \mathrm{R'-C(Me)_2OH} + \mathrm{Li^+} + \mathrm{H_2O}
Résultat
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Question de cours
- Mise en équation
Notions : estérification, substitution nucléophile
Proposer un mécanisme pour la transformation de en . Quel est le rôle de la pyridine ?
Voir l'indiceIndice
Faire attaquer préférentiellement l'alcool secondaire moins encombré sur l'anhydride, la pyridine servant de catalyseur basique et de piège pour l'acide formé.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la nature de la transformation entre \underline{\mathbf{13}} et \underline{\mathbf{14}} : il s'agit d'une estérification (acétylation) chimiosélective de la fonction alcool secondaire du cycle par l'anhydride acétique \mathrm{Ac_2O}, l'alcool tertiaire restant inchangé en raison de son encombrement stérique.
- Détailler le mécanisme d'addition-élimination sur l'anhydride d'acide.
- Préciser le double rôle de la pyridine (rôle acido-basique et catalyseur nucléophile).
Voir la réponse courteRéponse courte
Addition-élimination sur le chlorure d'acyle et piégeage de l'acide chlorhydrique formé par la pyridine basique.
Voir le corrigé completCorrigé complet
La molécule \underline{\mathbf{13}} possède deux fonctions alcool : un alcool secondaire sur le cycle et un alcool tertiaire sur la chaîne latérale. L'alcool secondaire, nettement moins encombré stériquement que l'alcool tertiaire, est le seul à réagir avec l'anhydride acétique \mathrm{Ac_2O} pour conduire à l'acétate \underline{\mathbf{14}}.
En notant \mathrm{R{-}OH} l'alcool secondaire de \underline{\mathbf{13}} et \mathrm{Ac_2O} = \mathrm{CH_3{-}CO{-}O{-}CO{-}CH_3} :
Addition nucléophile : le doublet non liant de l'oxygène de l'alcool secondaire \mathrm{R{-}OH} attaque le carbone électrophile de l'un des carbonyles de l'anhydride acétique :
\mathrm{R{-}OH} + \mathrm{CH_3{-}CO{-}O{-}COCH_3} \rightleftharpoons \mathrm{R{-}\overset{+}{O}(H){-}C(O^-)(CH_3){-}OCOCH_3}Élimination du groupe partant : le doublet non liant de l'atome d'oxygène chargé négativement se rabat pour reformer la liaison \mathrm{C{=}O}, avec départ de l'ion carboxylate (groupe partant \mathrm{CH_3COO^-}) :
\mathrm{R{-}\overset{+}{O}(H){-}C(O^-)(CH_3){-}OCOCH_3} \longrightarrow \mathrm{R{-}\overset{+}{O}(H){-}COCH_3} + \mathrm{CH_3COO^-}Déprotonation : l'intermédiaire protoné est déprotoné par la pyridine (ou par l'ion acétate, lui-même protoné en acide acétique puis neutralisé par la pyridine) :
\mathrm{R{-}\overset{+}{O}(H){-}COCH_3} + \mathrm{C_5H_5N} \longrightarrow \mathrm{R{-}O{-}COCH_3} + \mathrm{C_5H_5NH^+}
Rôle de la pyridine :
- Rôle acido-basique (piège à protons) : la pyridine fixe le proton libéré sous forme d'ion pyridinium (\mathrm{C_5H_5NH^+}). Cela évite l'acidification du milieu réactionnel par l'acide acétique formé, prévenant ainsi la déshydratation acide de l'alcool tertiaire et l'ouverture éventuelle des cycles ou époxydes.
- Rôle de catalyseur nucléophile : plus nucléophile que l'alcool, la pyridine peut attaquer directement l'anhydride acétique pour former in situ un intermédiaire acétylpyridinium \mathrm{[CH_3CO{-}NC_5H_5]^+} particulièrement électrophile, activant fortement l'estérification.
Question 23
ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : activation électrophile, élimination
Donner la structure de la molécule issue de la réaction de avec le chlorure de méthanesulfonyle (MsCl). Au vu de la structure de , quel est le rôle de cette étape ? Quel autre produit aurait-on pu obtenir ? On précise que TBABr joue ici le rôle de base, que l'on notera .
Voir l'indiceIndice
La mésylation convertit le groupement hydroxyle en un excellent groupe partant mésylate, qui subit ensuite une élimination de type \mathrm{E2} pour former l'alcène le plus substitué.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la fonction réactive dans la molécule \underline{\mathbf{14}} vis-à-vis du chlorure de méthanesulfonyle (\mathrm{MsCl}) et en déduire la structure du mésylate \underline{\mathbf{14}}'.
- Analyser l'aptitude nucléofuge du groupe partant pour expliquer le rôle de la mésylation en vue de l'étape d'élimination conduisant à \underline{\mathbf{15}}.
- Examiner la régiosélectivité de l'élimination en repérant les différents protons situés en position \beta du groupe partant pour identifier le produit minoritaire (régioisomère \underline{\mathbf{15}}').
Voir la réponse courteRéponse courte
Transformation de l'alcool en mésylate (bon groupe partant) puis \beta-élimination menant à l'alcène et son régioisomère.
Voir le corrigé completCorrigé complet
1. Structure de la molécule \underline{\mathbf{14}}'
Dans la molécule \underline{\mathbf{14}}, le seul groupe hydroxyle libre est l'alcool tertiaire de la chaîne latérale. La réaction avec le chlorure de méthanesulfonyle (\mathrm{MsCl}) en présence de triéthylamine (\mathrm{Et_3N}) transforme cet alcool en un ester sulfonique (mésylate) :
où -\mathrm{OMs} = -\mathrm{OSO_2CH_3}.
2. Rôle de cette étape
Le groupe hydroxyle -\mathrm{OH} est un très mauvais groupe partant car l'ion hydroxyde \mathrm{HO^-} est une base forte. La mésylation permet de convertir le groupe hydroxyle en un excellent groupe nucléofuge (l'ion mésylate \mathrm{MsO^-} ou \mathrm{CH_3SO_3^-}), particulièrement stable du fait de la délocalisation de sa charge négative par mésomérie sur trois atomes d'oxygène.
3. Autre produit \underline{\mathbf{15}}' envisageable
Lors de la deuxième étape, la base \mathrm{B}|^{-} peut arracher un proton situé en position \beta du groupe partant -\mathrm{OMs} :
- L'arrachement du proton \mathrm{H}_\beta situé sur le carbone de l'oxirane adjacent conduit à l'alcène trisubstitué \underline{\mathbf{15}}, thermodynamiquement plus stable (produit de type Zaitsev).
- L'arrachement d'un proton sur l'un des deux groupes méthyle équivalents conduit à un alcène terminal disubstitué \underline{\mathbf{15}}' (produit de type Hofmann), qui constitue le régioisomère minoritaire.
Résultat
Question 24
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Calcul littéral
- Application numérique
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : rendement de synthèse
Calculer le rendement global de la synthèse.
Voir l'indiceIndice
Multiplier successivement les rendements isolés de chacune des étapes de la chaîne réactionnelle conduisant du produit 1 au produit final 16.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier l'ensemble des étapes de la séquence réactionnelle linéaire menant du précurseur initial \underline{\mathbf{1}} au fumagillol \underline{\mathbf{16}}.
- Relever le rendement de chaque transformation (en notant qu'un rendement « quantitatif » correspond à 100\,\%).
- Exprimer le rendement global comme le produit des rendements successifs et réaliser l'application numérique.
Voir la réponse courteRéponse courte
Produit des rendements de l'ensemble des étapes séquentielles de la chaîne réactionnelle globale.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans une synthèse linéaire, le rendement global \eta_{\text{global}} est égal au produit des rendements \eta_i de chacune des étapes successives de la chaîne :
D'après le schéma de synthèse, les rendements des différentes étapes sont :
- De \underline{\mathbf{1}} à \underline{\mathbf{4}} : \eta_1 = 23\,\% = 0{,}23 (rendement global indiqué à partir de \underline{\mathbf{1}}) ;
- De \underline{\mathbf{4}} à \underline{\mathbf{5}} : \eta_2 = 84\,\% = 0{,}84 ;
- De \underline{\mathbf{5}} à \underline{\mathbf{6}} : \eta_3 = 80\,\% = 0{,}80 ;
- De \underline{\mathbf{6}} à \underline{\mathbf{7}} : \eta_4 = 98\,\% = 0{,}98 ;
- De \underline{\mathbf{7}} à \underline{\mathbf{8}} : \eta_5 = 90\,\% = 0{,}90 ;
- De \underline{\mathbf{8}} à \underline{\mathbf{9}} : \eta_6 = 80\,\% = 0{,}80 ;
- De \underline{\mathbf{9}} à \underline{\mathbf{10}} : \eta_7 = 99\,\% = 0{,}99 ;
- De \underline{\mathbf{10}} à \underline{\mathbf{11}} : \eta_8 = 81\,\% = 0{,}81 ;
- De \underline{\mathbf{11}} à \underline{\mathbf{12}} : \eta_9 = 47\,\% = 0{,}47 ;
- De \underline{\mathbf{12}} à \underline{\mathbf{13}} : \eta_{10} = 75\,\% = 0{,}75 ;
- De \underline{\mathbf{13}} à \underline{\mathbf{14}} : \eta_{11} = 95\,\% = 0{,}95 ;
- De \underline{\mathbf{14}} à \underline{\mathbf{15}} : \eta_{12} = 75\,\% = 0{,}75 ;
- De \underline{\mathbf{15}} à \underline{\mathbf{16}} : \eta_{13} = 100\,\% = 1{,}00 (réaction quantitative).
On en déduit :
Résultat
Partie III : Physique - Propagation des ondes électromagnétiques dans l'eau de mer
Question 13
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : équation de maxwell, conservation de la charge, temps de relaxation
Donner les quatre équations de Maxwell (ainsi que leur nom) pour l'eau de mer. En déduire l'équation locale de conservation de la charge électrique. À l'aide de cette dernière, montrer que l'eau de mer est effectivement un milieu localement neutre. On fera intervenir pour cette réponse un temps de relaxation à exprimer en fonction de et et dont on calculera la valeur numérique.
Voir l'indiceIndice
Appliquer la divergence à l'équation de Maxwell-Ampère pour retrouver la conservation locale de la charge, puis substituer la loi d'Ohm locale et l'équation de Maxwell-Gauss pour faire émerger l'équation différentielle en \rho(t).
Identifier le proton le plus acide situé sur le carbone central en \alpha des deux carbonyles et écrire les formes mésomères délocalisant la charge négative sur chaque oxygène.
Voir la stratégieStratégie
- Écrire les quatre équations de Maxwell dans un milieu linéaire, homogène et isotrope de permittivité \varepsilon et de perméabilité \mu_0, en nommant chacune d'entre elles.
- Appliquer l'opérateur divergence à l'équation de Maxwell-Ampère et utiliser l'équation de Maxwell-Gauss pour établir la conservation locale de la charge.
- Utiliser la loi d'Ohm locale \vec{j} = \gamma\vec{E} pour former l'équation différentielle régissant la densité volumique de charge \rho, introduire le temps de relaxation \tau_R, le calculer et justifier la neutralité locale.
Voir la réponse courteRéponse courte
Les quatre équations de Maxwell mènent à \partial\rho/\partial t + (\gamma/\varepsilon)\rho = 0 d'où un temps de relaxation ultra-court \tau_R \approx 0{,}18\text{ ns}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans l'eau de mer assimilée à un milieu linéaire, homogène et isotrope de permittivité absolue \varepsilon = \varepsilon_0 \varepsilon_r et de perméabilité magnétique \mu_0, les quatre équations de Maxwell s'écrivent :
Prenons la divergence de l'équation de Maxwell-Ampère :
Or, d'après l'identité vectorielle rappelée dans les données, la divergence d'un rotationnel est identiquement nulle (\operatorname{div}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{B}) = 0). En substituant \operatorname{div}\vec{E} = \frac{\rho}{\varepsilon} (équation de Maxwell-Gauss), il vient :
Comme \varepsilon est constant et \mu_0 \neq 0, on obtient l'équation locale de conservation de la charge électrique :
D'après la loi d'Ohm locale dans l'eau de mer homogène, \vec{j} = \gamma\vec{E}, d'où :
L'équation de conservation de la charge devient alors :
Cette équation différentielle linéaire du premier ordre s'intègre sous la forme :
où l'on a introduit le temps de relaxation des charges :
Application numérique avec \varepsilon_r = 81, \varepsilon_0 = 8,85\cdot 10^{-12}\text{ F}\cdot\text{m}^{-1} et \gamma = 4\text{ S}\cdot\text{m}^{-1} :
Ce temps de relaxation est extrêmement court devant toutes les échelles temporelles caractéristiques des ondes utilisées (pour des fréquences inférieures à quelques dizaines de mégahertz, et a fortiori dans le domaine VLF de 3 à 30 kHz où la période varie entre 30 et 330 \mus). Tout déséquilibre initial de charge se dissipe donc quasi instantanément vers les frontières du milieu. L'eau de mer est ainsi un milieu localement neutre :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Pensez à remplacer la permittivité du vide par celle du milieu, écrivez la conservation de la charge et appliquez la loi d'Ohm locale.
« Les équations de Maxwell sont souvent bien citées, mais le remplacement de ε! par ε est parfois manqué. De trop nombreuses copies ne donnent pas l’équation locale de conservation de la charge. »
« Un milieu, tel que l’eau de mer, peut être localement neutre (ρ= 0) mais posséder un vecteur densité de courant non nul, donné ici par la loi d’Ohm locale. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 14
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
Notions : équation de d'alembert, effet de peau
À partir des équations de Maxwell, établir une équation aux dérivées partielles dont est solution.
Voir l'indiceIndice
Prendre le rotationnel de l'équation de Maxwell-Faraday, développer à l'aide de l'identité du double rotationnel et injecter les équations de Maxwell-Gauss et Maxwell-Ampère.
Identifier une alkylation d'énolate sur un halogénure d'allyle et attribuer les singulets caractéristiques de l'ester et de la cétone ainsi que les multiplets vinyliques.
Voir la stratégieStratégie
- Partir de l'équation de Maxwell-Faraday et lui appliquer l'opérateur rotationnel.
- Développer le double rotationnel à l'aide de l'identité vectorielle fournie et de la neutralité électrique locale établie en Q13 (\operatorname{div}\vec{E} = 0).
- Remplacer \vec{\operatorname{rot}}\vec{B} à l'aide de l'équation de Maxwell-Ampère couplée à la loi d'Ohm locale pour aboutir à l'équation aux dérivées partielles cherchée.
Voir la réponse courteRéponse courte
Utilisation de \vec{\text{rot}}(\vec{\text{rot}}\vec{E}) avec les équations de Maxwell pour obtenir l'équation de propagation dissipative (télégraphistes).
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q13, l'eau de mer est un milieu localement neutre (\rho = 0), ce qui simplifie l'équation de Maxwell-Gauss en :
Prenons le rotationnel de l'équation de Maxwell-Faraday :
En utilisant l'identité vectorielle fournie, \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{E}) = \vec{\operatorname{grad}}(\operatorname{div}\vec{E}) - \vec{\Delta}\vec{E}, et la condition \operatorname{div}\vec{E} = 0, le membre de gauche s'écrit :
Par ailleurs, l'équation de Maxwell-Ampère dans l'eau de mer s'écrit avec la loi d'Ohm locale \vec{\jmath} = \gamma\vec{E} :
En dérivant cette expression par rapport au temps :
En identifiant les deux expressions de \vec{\operatorname{rot}}(\vec{\operatorname{rot}}\vec{E}), on obtient :
soit l'équation aux dérivées partielles vérifiée par le champ électrique :
Cette équation est également vérifiée par la représentation complexe \underline{\vec{E}}(M,t).
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La prise en compte de la loi d'Ohm locale est indispensable pour établir la bonne équation de propagation.
« L’oubli » de la loi d’Ohm, dans la question précédente, conduisait à la mauvaise équation de propagation. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 15
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
Notions : relation de dispersion, onde électromagnétique
Établir la relation de dispersion de l'OPPH dans l'eau de mer. Montrer que l'on retrouve la relation de dispersion dans le vide si la conductivité est nulle et si .
Voir l'indiceIndice
Remplacer l'opérateur laplacien vectoriel par -\underline{k}^2 et les dérivées temporelles par des multiplications par j\omega dans l'équation aux dérivées partielles.
Reconnaître une cycloaddition [4+2] péricyclique thermique entre un diène conjugué et un alcène activé.
Voir la stratégieStratégie
- Injecter l'expression de l'onde plane progressive harmonique (OPPH) dans l'équation de propagation établie à la question Q14 en utilisant les correspondances d'opérateurs en représentation complexe.
- Factoriser par le champ pour en déduire la relation liant le carré scalaire du vecteur d'onde complexe \underline{k}^2 à la pulsation \omega.
- Prendre la limite \gamma = 0 et \varepsilon = \varepsilon_0 pour vérifier la cohérence avec le vide.
Voir la réponse courteRéponse courte
Injection de l'OPPH dans l'équation d'onde donnant \underline{k}^2 = \mu_0\varepsilon\omega^2 - i\mu_0\gamma\omega, cohérente avec le vide sans conductivité.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le champ électrique recherché sous forme d'onde plane progressive harmonique s'écrit :
Les dérivées temporelles et spatiales en régime harmonique complexe se traduisent par les règles de dérivation :
En reportant ces opérateurs dans l'équation aux dérivées partielles obtenue à la question Q14 :
on obtient pour une onde d'amplitude non nulle (\underline{\vec{E}} \neq \vec{0}) :
La relation de dispersion de l'OPPH dans l'eau de mer s'écrit donc :
ou de façon équivalente :
Cas limite du vide : Dans le vide, la conductivité est nulle (\gamma = 0) et la permittivité absolue coïncide avec celle du vide (\varepsilon = \varepsilon_0). La relation de dispersion devient alors :
Le vecteur d'onde est alors purement réel (k \in \mathbb{R}^+) :
où c = \frac{1}{\sqrt{\mu_0\varepsilon_0}} est la célérité des ondes électromagnétiques dans le vide. On retrouve bien la relation de dispersion classique dans le vide, non dispersive et sans atténuation.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
La relation de dispersion s'obtient sans difficulté à condition de ne pas omettre le terme issu de la loi d'Ohm.
« Cette question a été en générale bien traitée par les candidats n’ayant pas oublié le terme dû à la loi d’Ohm. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question 16
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Incontournable
- Calcul littéral
Notions : vecteur de poynting, onde électromagnétique
Après avoir déterminé le champ , donner l'expression de la moyenne temporelle du vecteur de Poynting en fonction de , , , , et de .
Voir l'indiceIndice
Déterminer le champ magnétique complexe à l'aide de la relation de structure \underline{\vec{B}} = \frac{\underline{\vec{k}} \wedge \underline{\vec{E}}}{\omega}, puis appliquer la formule de la moyenne temporelle \langle\vec{\Pi}\rangle = \frac{1}{2\mu_0}\mathrm{Re}(\underline{\vec{E}} \wedge \underline{\vec{B}}^*).
Mettre en avant la chimiosélectivité modérée de \mathrm{NaBH_4} qui réduit la fonction cétone sans attaquer la fonction ester, contrairement à \mathrm{LiAlH_4}.
Voir la stratégieStratégie
- Déterminer le champ magnétique complexe \underline{\vec{B}}(M,t) à partir de l'équation de Maxwell-Faraday adaptée aux ondes planes progressives harmoniques.
- Exprimer la moyenne temporelle du vecteur de Poynting à l'aide de la formule fournie : \langle\vec{\Pi}\rangle = \frac{1}{2\mu_0}\operatorname{Re}\left(\underline{\vec{E}}\wedge\underline{\vec{B}}^*\right).
Voir la réponse courteRéponse courte
Détermination de \vec{B} par Maxwell-Faraday puis calcul de la moyenne temporelle \langle\vec{\Pi}\rangle = \frac{k_r}{2\mu_0\omega}|E_0|^2 e^{-2k_i z}\vec{u}_z.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Le champ électrique de l'OPPH polarisée selon \vec{u}_x se propageant selon \vec{u}_z s'écrit en représentation complexe :
avec \underline{\vec{k}} = \underline{k}\,\vec{u}_z = (k_r - j k_i)\,\vec{u}_z.
D'après l'équation de Maxwell-Faraday en notation complexe :
Pour une onde plane de vecteur d'onde complexe \underline{\vec{k}}, l'opérateur rotationnel s'identifie à -j\underline{\vec{k}}\wedge, d'où :
Comme \vec{u}_z \wedge \vec{u}_x = \vec{u}_y, on obtient :
Calculons à présent la moyenne temporelle du vecteur de Poynting \vec{\Pi} = \frac{1}{\mu_0}\vec{E}\wedge\vec{B}. En utilisant la formule rappelée dans les données du problème :
En explicitant le produit vectoriel entre \underline{\vec{E}} et le conjugué \underline{\vec{B}}^* :
Or \underline{k} - \underline{k}^* = (k_r - j k_i) - (k_r + j k_i) = -2jk_i, ce qui donne e^{-j(-2jk_i)z} = e^{-2k_i z}. De plus, \underline{k}^* = k_r + j k_i et \vec{u}_x \wedge \vec{u}_y = \vec{u}_z. On en déduit :
On obtient ainsi finalement pour la moyenne temporelle du vecteur de Poynting :
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Ce calcul classique nécessite de la rigueur mathématique et une expression exacte du vecteur de Poynting.
« Le calcul mathématique demandé, exigeant en rigueur, mais classique dans les cours sur ce chapitre a rarement été mené correctement. L’expression du vecteur de Poynting est trop souvent incorrecte. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Question déjà tombée ailleurs
Question 17
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Question de cours
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : coefficient d'atténuation, effet de peau
Identifier le coefficient . Montrer que l'atténuation par unité de longueur, , est proportionnelle à .
Voir l'indiceIndice
Identifier le terme d'atténuation en puissance e^{-2k_i z} dans le vecteur de Poynting et relier le rapport logarithmique à k_i.
Identifier une réaction classique de protection de la fonction alcool sous forme de silyléther pour éviter sa déprotonation ultérieure.
Voir la réponse courteRéponse courte
Identification de \alpha = 2k_i dans la décroissance énergétique et expression de l'atténuation en décibels par unité de longueur.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après le résultat de la question Q16, l'intensité énergétique de l'onde s'écrit :
En identifiant cette expression avec la forme proposée par l'énoncé, I(z) = I(0)e^{-\alpha z} où I(0) = \frac{k_r |\underline{E}_0|^2}{2\mu_0\omega}, on en déduit immédiatement :
L'atténuation en décibels est définie par :
où \log désigne le logarithme décimal. En remplaçant \alpha par son expression en fonction de k_i, on obtient l'atténuation par unité de longueur :
La grandeur \frac{20}{\ln 10} étant une constante indépendante de z, l'atténuation par unité de longueur est bien proportionnelle à la partie imaginaire k_i du vecteur d'onde.
Résultat
Question 18
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 8 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Application numérique
- Raisonnement qualitatif
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : épaisseur de peau, relation de dispersion
Montrer que pour , . Exprimer la grandeur . Comment varie l'atténuation par unité de longueur dans ce cas ? Calculer numériquement pour des ondes dites VLF (Very Low Frequency) comprises entre à utilisées pour communiquer avec un sous-marin en plongée. Faire le calcul pour les deux valeurs extrêmes de fréquences. Commenter en rapport avec la figure 9.
Voir l'indiceIndice
Négliger le courant de déplacement devant le courant de conduction dans la relation de dispersion, calculer la racine carrée du complexe imaginaire pur et relier \delta à la pulsation.
Utiliser un peracide organique (tel que le m-CPBA) pour époxyder sélectivement la liaison double la plus enrichie en électrons.
Voir la stratégieStratégie
- Partir de la relation de dispersion établie en Q15 et appliquer la condition de basse fréquence \omega \ll \frac{\gamma}{\varepsilon} (régime du bon conducteur).
- Prendre la racine carrée du nombre complexe pour identifier l'expression de \underline{k} sous la forme proposée et en déduire l'épaisseur de peau \delta.
- Exprimer l'atténuation en fonction de \delta et expliciter sa dépendance avec la pulsation \omega (ou la fréquence f).
- Effectuer les applications numériques pour les deux fréquences extrêmes (3\text{ kHz} et 30\text{ kHz}) et interpréter la nécessité de déployer l'antenne filaire près de la surface (figure 9).
Voir la réponse courteRéponse courte
Approximation aux basses fréquences \delta = \sqrt{2/(\mu_0\gamma\omega)} ; calcul de \delta entre 1{,}45\text{ m} et 4{,}6\text{ m} validant la pénétration des VLF.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après la question Q15, la relation de dispersion de l'onde dans l'eau de mer s'écrit :
Sous l'hypothèse \omega \ll \dfrac{\gamma}{\varepsilon} (qui correspond au régime du conducteur ohmique où le courant de déplacement est négligeable devant le courant de conduction), le terme imaginaire domine très largement :
Comme -j = \mathrm{e}^{-j\pi/2} = \left(\dfrac{1 - j}{\sqrt{2}}\right)^2, la racine carrée donne :
On en déduit l'expression de l'épaisseur de peau (ou profondeur de pénétration) \delta :
Pour une onde se propageant et s'atténuant vers les z > 0, on retient la solution avec le signe + (\underline{k} = k_r - j k_i avec k_r = k_i = 1/\delta > 0).
D'après le résultat de la question Q17, l'atténuation par unité de longueur s'écrit :
L'atténuation par unité de longueur est inversement proportionnelle à \delta, et croît donc comme la racine carrée de la fréquence (\sqrt{f} ou \sqrt{\omega}) : les ondes de plus haute fréquence sont plus rapidement amorties.
Applications numériques : Avec \gamma = 4\text{ S}\cdot\text{m}^{-1} et \mu_0 = 4\pi\cdot 10^{-7}\text{ H}\cdot\text{m}^{-1} :
Pour f_1 = 3\text{ kHz} = 3{,}0\cdot 10^3\text{ Hz} :
\delta_1 = \frac{1}{\sqrt{\pi \times 3{,}0\cdot 10^3 \times 4\pi\cdot 10^{-7} \times 4}} = \frac{1}{\sqrt{16\pi^2 \times 3{,}0\cdot 10^{-4}}} \approx \boxed{4{,}6\text{ m}}Pour f_2 = 30\text{ kHz} = 3{,}0\cdot 10^4\text{ Hz} :
\delta_2 = \frac{\delta_1}{\sqrt{10}} \approx \boxed{1{,}5\text{ m}}
Commentaire en relation avec la figure 9 : L'épaisseur de peau \delta dans l'eau de mer est très faible, comprise entre seulement 1{,}5\text{ m} et 4{,}6\text{ m} pour la bande VLF. À une immersion normale de plusieurs dizaines ou centaines de mètres (z_c > 300\text{ m}), l'onde radio est quasi totalement absorbée (e^{-z/\delta} \approx 0).
Pour capter le signal de télécommunication sans devoir remonter à la surface — ce qui compromettrait sa furtivité —, le sous-marin déroule une antenne filaire tractée qui remonte flotter à proximité immédiate de la surface (à une profondeur de l'ordre de quelques mètres, inférieure ou comparable à \delta), comme le montre précisément la figure 9.
Résultat
Voir ce qu'a relevé le juryCe qu'a relevé le jury
Le lien avec l'épaisseur de peau a parfois été vu, mais la seconde partie de la question a été presque ignorée.
« Cette question a été parfois abordée car l’étudiant reconnaissait une situation amenant à l’épaisseur de peau. La seconde partie de la question n’a quasiment pas été traitée. »
Source : rapport du jury E3A 2023
Questions fréquentes sur ce sujet
Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet E3A Physique-Chimie PC 2023 ?
Surtout 3 chapitres : Chimie organique (29 % des questions, partie II), Mécanique des fluides (26 %, parties I et II) et Atomistique, liaisons et cristallographie (12 %). Plus ponctuellement : Ondes électromagnétiques dans les milieux, Réactions en solution aqueuse : acide-base, précipitation, complexation, Thermodynamique chimique et équilibres, Équations de Maxwell et ondes électromagnétiques dans le vide, Oxydoréduction et électrochimie…
Peut-on travailler le sujet E3A Physique-Chimie PC 2023 dès la première année (PCSI) ?
En partie : 20 questions sur 42 (48 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la partie I en entier (Q1 (partie I) à Q5 (partie I)), la sous-partie I.2 (Q4 (partie I) à Q7 (partie I)) et la sous-partie I.3 (Q8 (partie I) à Q12 (partie I)), ainsi que Q1 (partie I), Q16 (partie II), Q17 (partie II), Q20 (partie II), Q21 (partie II) et Q24 (partie II). Avec les autres programmes de première année : 9 en MPSI, 11 en PTSI et 14 en BCPST1.
Combien de temps faut-il pour traiter le sujet E3A Physique-Chimie PC 2023 ?
Environ 3 h 15 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé).
Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet E3A Physique-Chimie PC 2023 ?
Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : Q10 (partie II) (conservation de la masse), Q12 (partie II) (cavitation), Q16 (partie III) (vecteur de poynting) et Q23 (partie II) (activation électrophile).
Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet E3A Physique-Chimie PC 2023 ?
Questions de cours : Q1 (partie I) (force de pression), Q2 (partie I) (statique des fluides), Q4 (partie I) (poussée d'archimède), Q6 (partie II) (conservation du débit volumique), Q7 (partie II) (relation de bernoulli), Q13 (partie III) (équation de maxwell), Q17 (partie III) (coefficient d'atténuation), Q1 (partie I) (configuration électronique)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q3 (partie I) (relation fondamentale de l'hydrostatique), Q14 (partie III) (équation de d'alembert), Q15 (partie III) (relation de dispersion), Q16 (partie III) (vecteur de poynting), Q18 (partie III) (épaisseur de peau), Q4 (partie I) (maille cubique centrée), Q5 (partie I) (maille cristalline), Q6 (partie I) (masse volumique)….
Où gagner des points facilement dans le sujet E3A Physique-Chimie PC 2023 ?
Beaucoup de questions rapides et accessibles (29 sur 42), par exemple : Q1 (partie I) à Q4 (partie I), Q6 (partie II), Q8 (partie II), Q9 (partie II), Q1 (partie I) à Q13 (partie II), Q15 (partie II) à Q22 (partie II) et Q24 (partie II). Résultat donné par l'énoncé, que l'on peut admettre pour poursuivre : Q10 (partie II), Q17 (partie III) et Q18 (partie III).
Quel est le sens de l'axe vertical dans les questions Q2 (partie I) à Q4 (partie I) ?
L'axe (Oz) est orienté vers le bas, dans le sens de la profondeur croissante. Le vecteur pesanteur s'écrit donc \vec{g} = g\,\vec{e}_z, ce qui donne une dérivée spatiale positive \mathrm{d}P/\mathrm{d}z = +\rho_0 g et une poussée d'Archimède portée par -\vec{e}_z.
Comment compter l'étape initiale pour le rendement global en Q24 (partie II) ?
Prendre directement le rendement de 23\,\% indiqué entre \underline{\mathbf{1}} et \underline{\mathbf{4}}, sans chercher de données intermédiaires pour \underline{\mathbf{2}} et \underline{\mathbf{3}}. Une étape qualifiée de « quantitative » dans la séquence compte quant à elle pour un rendement de 100\,\%.
Où je me situe, question par question
Cochez les questions que vous avez réussies sans aide.
- Note estimée
- –
- 0 question réussie sur 42
Estimation indicative, faute de barème officiel publié : chaque question compte selon sa difficulté estimée (de 1 à 4 points), sur les 42 questions de ce corrigé. Votre sélection reste sur cet appareil.
S'entraîner sur les mêmes chapitres
Feuilles imprimables : énoncés d'abord, corrigés en fin de document.
Signaler une erreur
Une étape vous semble fausse ou incomplète ? Dites-le nous en précisant le numéro de la question (par exemple Q1) : dans les commentaires ci-dessous ou sur le Discord de WikiPrépa. Chaque signalement est vérifié et la question corrigée si besoin.
Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.