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Corrigé détaillé ENS Physique Chimie L PC 2023

Effusion gazeuse et chimie des dérivés du bore

Le sujet en bref

Sujet accessible · Diffusion thermique et diffusion de particules, Atomistique, liaisons et cristallographie, Chimie organique · 19 incontournables · 26 questions de première année
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Ce sujet posé au concours de l'ENS de Lyon en 2023 propose un couplage équilibré entre physique statistique et réactivité chimique moderne. La partie physique est centrée sur le phénomène d'effusion gazeuse (régime de Knudsen) à travers de petits orifices. Partant de la distribution des vitesses de Maxwell-Boltzmann à l'équilibre, le candidat établit rigoureusement l'expression microscopique du flux effusif et du temps caractéristique de vidange d'une enceinte. Le problème s'élargit ensuite à l'échange entre deux enceintes, à l'application historique de la séparation isotopique, au passage à la limite continue débouchant sur une équation de diffusion macroscopique, puis à une élégante modélisation par analogie électrocinétique ().

La partie chimie explore la polyvalence des acides de Lewis dérivés du bore. Après une comparaison structurale et cristallochimique entre et , elle s'intéresse à la construction du diagramme d'orbitales moléculaires de et à la corrélation de Walsh. L'étude aborde ensuite la chimie contemporaine des paires de Lewis frustrées (FLP) capables d'activer le dihydrogène sans métal de transition, avant de clore sur l'organocatalyse asymétrique de Diels-Alder par l'oxazaborrolidine de Corey-Bakshi-Shibata (CBS). Ce sujet d'une remarquable élégance conceptuelle constitue un entraînement de choix pour aborder les épreuves de haut niveau.

Difficulté
Accessible, estimée à partir de la difficulté de chaque question
Temps estimé
≈ 4 h 30 pour tout traiter (estimation question par question, candidat bien préparé)
Incontournables

19 questions classiques, à savoir refaire :

Première année

Oui en PCSI : 25 questions sur 67, partie Partie Chimie.1.1.2.

Où gagner des points

54 questions rapides et accessibles
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Rapides et accessibles (54) : difficulté 1 ou 2 sur 4, 5 minutes au plus.

Points à signaler : erreur d'énoncé
  • Erreur d'énoncé

    Le volume V de l'enceinte est omis dans les données de l'énoncé pour évaluer l'ordre de grandeur de \tau en Q12 (partie Partie Physique). Il convient d'adopter un ordre de grandeur de laboratoire usuel, typiquement V \sim 1\text{ L} = 10^{-3}\text{ m}^3.

Comment utiliser ce corrigé

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Sommaire

67 questions
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Partie Partie Physique : Effusion gazeuse

1 · Considérations préliminaires

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours

Notions : libre parcour moyen, théorie cinétique des gaz

Rappeler la définition du « libre parcours moyen », que nous noterons , d'un atome (ou d'une molécule) dans un gaz.

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Rappeler la définition du libre parcours moyen \ell comme la distance moyenne parcourue par une particule entre deux collisions successives au sein du gaz.

Attribuer le degré d'oxydation conventionnel -\mathrm{I} au fluor, élément le plus électronégatif, et en déduire le degré d'oxydation de l'atome central par neutralité électrique.

Voir la réponse courte

Distance moyenne parcourue par une entité gazeuse entre deux collisions successives dans le gaz.

Voir le corrigé complet

Le libre parcours moyen \ell d'un atome (ou d'une molécule) dans un gaz est la distance moyenne parcourue par cette particule entre deux collisions successives avec les autres constituants du gaz :

\boxed{\ell = \langle u \rangle \, \tau_{\text{c}}}

où \langle u \rangle est la vitesse moyenne des particules et \tau_{\text{c}} le temps de collision moyen (ou durée moyenne entre deux chocs).

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : effusion moléculaire, libre parcour moyen

L'échappement du gaz par un trou s'effectue en régime effusif à condition que l'hypothèse, notée dans la présentation de l'étude, soit vérifiée. Indiquer quelle condition l'aire de la section du trou doit alors satisfaire.

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Pour que les particules traversent l'orifice sans collisionner, la dimension caractéristique du trou (\sqrt{s}) doit être très inférieure à \ell.

Établir la formule de Lewis de chaque molécule et repérer la présence d'une lacune électronique (orbitale p vide) sur le bore et l'aluminium.

Voir la stratégie

Pour que les particules traversent l'orifice sans subir de collision mutuelle (hypothèse \mathcal{H}_{\text{eff}}), la taille caractéristique de l'ouverture doit être très petite devant la distance moyenne parcourue par une particule entre deux collisions successives, c'est-à-dire le libre parcours moyen \ell.

Voir la réponse courte

La section du trou doit vérifier \sqrt{s} \ll \ell pour que le régime soit effusif.

Voir le corrigé complet

L'orifice étant circulaire d'aire s, sa dimension caractéristique est son diamètre d \sim \sqrt{s}.

Pour que les atomes franchissent le trou en ligne droite sans entrer en collision les uns avec les autres, il est nécessaire que la probabilité d'une collision au voisinage ou lors de la traversée de l'orifice soit négligeable. Cela impose que la dimension caractéristique du trou soit très inférieure au libre parcours moyen \ell des atomes :

\sqrt{s} \ll \ell \quad \Longleftrightarrow \quad \boxed{s \ll \ell^2}

Résultat

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Question 3

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régime transitoire, équilibre thermodynamique

Représenter, qualitativement, l'allure de l'évolution temporelle de chacun des nombres d'atomes et .

Voir l'indice

Tracer N_1(t) décroissante à partir de N et N_2(t) croissante à partir de 0, toutes deux tendant de façon exponentielle vers la valeur d'équilibre partagée N/2.

Comparer l'efficacité du recouvrement \pi donneur des halogènes vers la lacune : l'interaction 2p-2p sur le bore compense plus l'électrophilie que l'interaction 2p-3p sur l'aluminium.

Voir la stratégie
  1. Identifier les conditions initiales (t = 0) données par l'énoncé.
  2. Déterminer l'état final d'équilibre thermodynamique (t \to \infty) en exploitant l'identité des deux enceintes.
  3. Utiliser la conservation du nombre total d'atomes (N_1(t) + N_2(t) = N) pour tracer l'allure des deux courbes exponentielles.
Voir la réponse courte

Décroissance exponentielle de N_1(t) de N vers N/2 et croissance de N_2(t) de 0 vers N/2.

Voir le corrigé complet

Le système global constitué des deux enceintes étant fermé, le nombre total d'atomes est conservé à chaque instant :

N_1(t) + N_2(t) = N
  • À l'instant initial (t = 0) : d'après l'énoncé, N_1(0) = N et N_2(0) = 0. Le flux s'effectue initialement de l'enceinte (1) vers l'enceinte (2) avec une dérivée non nulle : \left.\frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t}\right|_{0} < 0 et \left.\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t}\right|_{0} = -\left.\frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t}\right|_{0} > 0.
  • À l'état final d'équilibre (t \to \infty) : les deux enceintes ont le même volume V et sont à la même température T_0. Les pressions s'égalisent, ce qui conduit à une équipartition des atomes :

    N_1(\infty) = N_2(\infty) = \frac{N}{2}

L'évolution est de nature relaxante (exponentielle d'ordre 1) : N_1(t) décroît continûment de N vers N/2, tandis que N_2(t) croît de 0 vers N/2, les deux tangentes étant symétriques à chaque instant par rapport à la valeur N/2.

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Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analyse dimensionnelle, temps caractéristique

Préciser de quelles grandeurs le temps caractéristique de ces évolutions dépend, a priori. Indiquer s'il apparaît alors possible d'accéder à la forme de la dépendance de vis-à-vis de ces grandeurs, sur la seule base d'une analyse dimensionnelle.

Voir l'indice

Lister les grandeurs V, s, m, k_{\mathrm{B}}T_0 et constater la présence de deux échelles de longueur indépendantes (V^{1/3} et \sqrt{s}), rendant l'analyse dimensionnelle insuffisante pour fixer la forme univoque de \tau.

Compter les atomes de fluor entourant chaque aluminium aux sommets de la maille et les atomes d'aluminium voisins d'un fluor situé sur une arête.

Voir la stratégie
  1. Recenser les paramètres physiques pertinents intervenant dans le phénomène : paramètres géométriques de l'enceinte et de l'orifice, paramètres microscopiques et thermodynamiques du gaz.
  2. Réaliser l'analyse dimensionnelle en dénombrant les grandeurs et les dimensions fondamentales (ou en identifiant des grandeurs sans dimension formées avec les paramètres géométriques) pour conclure quant à l'unicité de la loi d'échelle.
Voir la réponse courte

Dépendance a priori en V, s, m, k_{\mathrm{B}}T_0 ; l'analyse dimensionnelle impose \tau \propto (V/s)\sqrt{m/(k_{\mathrm{B}}T_0)}.

Voir le corrigé complet

1. Grandeurs dont dépend \tau a priori

L'échappement des atomes est régi par :

  • la géométrie du dispositif : le volume V de l'enceinte et l'aire s de l'orifice ;
  • les caractéristiques cinétiques et thermodynamiques du gaz : la masse m d'un atome, la température T_0 et la constante de Boltzmann k_{\mathrm{B}}, qui se combinent sous la forme de l'énergie thermique caractéristique k_{\mathrm{B}}T_0 ou de la vitesse thermique u_{\text{th}} \sim \sqrt{k_{\mathrm{B}}T_0/m}.

2. Possibilité d'accéder à la forme de \tau par analyse dimensionnelle

Déterminons les dimensions des grandeurs en jeu :

[\tau] = \mathrm{T} \quad ; \quad [V] = \mathrm{L}^3 \quad ; \quad [s] = \mathrm{L}^2 \quad ; \quad [m] = \mathrm{M} \quad ; \quad [k_{\mathrm{B}}T_0] = \mathrm{M\,L^2\,T^{-2}}

La vitesse thermique associée s'écrit dimensionnellement :

[u_{\text{th}}] = \left[\sqrt{\frac{k_{\mathrm{B}}T_0}{m}}\right] = \mathrm{L\,T^{-1}}

Pour relier les 4 grandeurs (V, s, u_{\text{th}}, \tau) faisant intervenir 2 dimensions fondamentales (\mathrm{L} et \mathrm{T}), on peut former une combinaison homogène à un temps, par exemple :

\tau_0 = \frac{V}{s \, u_{\text{th}}} = \frac{V}{s}\sqrt{\frac{m}{k_{\mathrm{B}}T_0}}

Cependant, les deux paramètres géométriques V et s permettent de construire une grandeur sans dimension indépendante :

\Pi = \frac{s}{V^{2/3}} \quad \text{ou} \quad \frac{s^3}{V^2}

D'après le théorème \Pi (ou théorème de Vaschy-Buckingham), toute fonction de la forme :

\tau = \frac{V}{s}\sqrt{\frac{m}{k_{\mathrm{B}}T_0}} \times \Phi\left(\frac{s}{V^{2/3}}\right)

où \Phi est une fonction adimensionnelle quelconque, est dimensionnellement acceptable.

\boxed{\text{Il n'est pas possible d'accéder à la dépendance exacte de } \tau \text{ par la seule analyse dimensionnelle.}}

Résultat

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Question 5

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : irréversibilité, second principe de la thermodynamique

Analyser le caractère réversible ou irréversible de ces évolutions.

Voir l'indice

L'égalisation des populations est un processus de mélange spontané et irréversible : évaluer la création d'entropie positive associée \Delta S = N k_{\mathrm{B}}\ln 2 > 0.

Calculer le paramètre de maille théorique en considérant le contact anion-cation a = 2(r_+ + r_-), puis confronter la masse volumique théorique \rho = Z M / (N_{\mathrm{A}} a^3) à la valeur tabulée.

Voir la stratégie
  1. Appliquer le premier et le second principe de la thermodynamique au gaz parfait contenu dans l'ensemble des deux enceintes entre l'état initial et l'état final d'équilibre.
  2. Calculer l'entropie créée S_{\text{cr}} pour conclure rigoureusement sur le caractère réversible ou irréversible de la transformation.
  3. Clarifier la distinction entre le caractère quasi-statique interne à chaque enceinte et l'irréversibilité globale de l'échange.
Voir la réponse courte

Évolution spontanée irréversible assimilable à une détente de Joule-Gay-Lussac avec création d'entropie positive.

Voir le corrigé complet

Considérons comme système thermodynamique l'ensemble des N atomes du gaz parfait occupant les deux enceintes indéformables de volume total 2V, en contact avec le thermostat à la température T_0.

1. Bilan d'énergie :

  • Les parois sont indéformables, donc le travail échangé avec le milieu extérieur est nul : W = 0.
  • Pour un gaz parfait, l'énergie interne U ne dépend que de la température (première loi de Joule). La température étant fixée à T_0 à l'état initial comme à l'état final, la variation d'énergie interne est nulle : \Delta U = 0.
  • D'après le premier principe, le transfert thermique global avec le thermostat est donc nul :

    Q = \Delta U - W = 0

2. Bilan d'entropie :

  • L'entropie échangée avec le thermostat s'écrit :

    S_{\text{éch}} = \frac{Q}{T_0} = 0
  • L'entropie est une fonction d'état. Pour un gaz parfait passant isothermiquement du volume initial V_i = V au volume final V_f = 2V, la variation d'entropie vaut :

    \Delta S = N k_{\mathrm{B}} \ln\left(\frac{V_f}{V_i}\right) = N k_{\mathrm{B}} \ln 2
  • Le second principe donne alors pour l'entropie créée au cours de l'évolution :

    \begin{aligned} S_{\text{cr}} &= \Delta S - S_{\text{éch}} = N k_{\mathrm{B}} \ln 2 \end{aligned}

Comme N > 0, on a :

\boxed{S_{\text{cr}} = N k_{\mathrm{B}} \ln 2 > 0}

L'entropie créée étant strictement positive, cette évolution est irréversible.

Résultat

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2 · Distribution des vitesses des atomes du gaz

Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : distribution des vitesses de maxwell-boltzmann, normalisation

Indiquer la condition que la constante doit satisfaire. En déduire l'expression de cette constante en fonction de et du produit .

Voir l'indice

Écrire la condition de normalisation globale \int_{\mathbb{R}^3} \mathrm{d}^3P = 1 en la factorisant en trois intégrales gaussiennes indépendantes à l'aide de l'intégrale I_0.

Calculer le taux d'ionicité par le rapport de la charge partielle à la charge d'un ion trivalent pur (\delta_{\mathrm{B}} / 3e) et discuter le raccourcissement de liaison induit par l'attraction coulombienne.

Voir la stratégie
  1. Écrire la condition de normalisation de la densité de probabilité sur l'espace des vitesses \mathbb{R}^3 (ou sur une composante unidimensionnelle grâce à la factorisation de la loi).
  2. Effectuer le changement de variable x = \sqrt{a}\,u_x pour se ramener à l'intégrale I_0 donnée par l'énoncé.
  3. En déduire l'expression de A en fonction de m et k_{\mathrm{B}}T_0.
Voir la réponse courte

Condition de normalisation \int_{\mathbb{R}} p_x(u_x)\mathrm{d}u_x = 1, donnant A = \sqrt{m/(2\pi k_{\mathrm{B}}T_0)} par intégrale gaussienne.

Voir le corrigé complet

La probabilité totale que le vecteur vitesse d'un atome appartienne à l'ensemble de l'espace des vitesses \mathbb{R}^3 doit être égale à 1. La constante A doit donc satisfaire à la condition de normalisation :

\int_{\mathbb{R}^3} \mathrm{d}^3P(\vec{u}) = \iiint_{\mathbb{R}^3} p(\vec{u})\,\mathrm{d}u_x\,\mathrm{d}u_y\,\mathrm{d}u_z = 1

Puisque \vec{u}^2 = u_x^2 + u_y^2 + u_z^2, la densité de probabilité se factorise sous la forme p(\vec{u}) = p_x(u_x)\,p_y(u_y)\,p_z(u_z), ce qui équivaut à la condition de normalisation pour chaque composante indépendante de la vitesse :

\int_{-\infty}^{+\infty} \mathrm{d}P_x(u_x) = \int_{-\infty}^{+\infty} A\exp(-a u_x^2)\,\mathrm{d}u_x = 1

Par parité de la fonction gaussienne, on a :

\int_{-\infty}^{+\infty} \exp(-a u_x^2)\,\mathrm{d}u_x = 2 \int_0^{+\infty} \exp(-a u_x^2)\,\mathrm{d}u_x

En posant le changement de variable x = \sqrt{a}\,u_x (\mathrm{d}u_x = \frac{\mathrm{d}x}{\sqrt{a}} avec a > 0), l'intégrale s'exprime à l'aide de l'intégrale I_0 fournie en préambule :

\begin{aligned} \int_{-\infty}^{+\infty} A\exp(-a u_x^2)\,\mathrm{d}u_x &= \frac{2A}{\sqrt{a}} \int_0^{+\infty} \exp(-x^2)\,\mathrm{d}x \\ &= \frac{2A}{\sqrt{a}} I_0 \\ &= \frac{2A}{\sqrt{a}} \times \frac{\sqrt{\pi}}{2} = A \sqrt{\frac{\pi}{a}} = 1 \end{aligned}

On en déduit :

A = \sqrt{\frac{a}{\pi}}

En remplaçant a = \dfrac{m}{2k_{\mathrm{B}}T_0}, il vient :

\boxed{A = \sqrt{\frac{m}{2\pi k_{\mathrm{B}}T_0}}}

Résultat

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Question 7

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : distribution des vitesses de maxwell-boltzmann, température cinétique

Représenter l'allure graphique de la fonction pour deux températures et (en correspondance, sur le même repère). Commenter ces tracés.

Voir l'indice

Tracer une gaussienne centrée en zéro ; une hausse de température élargit la distribution et abaisse le maximum tout en conservant une aire totale unitaire.

Vérifier le rapport géométrique d_{\mathrm{F\cdots F}} / d_{\mathrm{B-F}} pour confirmer la structure trigonale plane (2\sin(60^\circ) = \sqrt{3}) et rejeter la compacité d'un réseau tridimensionnel.

Voir la stratégie
  1. Rappeler l'expression de la densité de probabilité p_x(u_x) issue de la question précédente et identifier ses caractéristiques géométriques : parité, maximum en 0, largeur typique.
  2. Analyser l'évolution de ces grandeurs lorsque la température passe de T_0 à T_1 > T_0.
  3. Tracer les deux courbes sur un même repère en respectant la contrainte de normalisation (aire sous la courbe constante égale à 1).
  4. Commenter physiquement l'évolution de la distribution.
Voir la réponse courte

Gaussiennes symétriques centrées en 0 ; à plus haute température, la courbe s'évase et son maximum diminue.

Voir le corrigé complet

D'après l'équation (4) et l'expression de A établie à la question Q6, la densité de probabilité selon la composante u_x s'écrit :

p_x(u_x) = \sqrt{\frac{m}{2\pi k_{\mathrm{B}}T}} \exp\left(-\frac{m u_x^2}{2 k_{\mathrm{B}} T}\right)

Il s'agit d'une distribution gaussienne (courbe en cloche) centrée en u_x = 0, présentant les caractéristiques suivantes :

  • Parité : p_x(-u_x) = p_x(u_x), ce qui traduit l'absence de direction privilégiée le long de l'axe (Ox) (vitesse moyenne nulle) ;
  • Valeur maximale : atteinte en u_x = 0 :

    p_x(0) = A(T) = \sqrt{\frac{m}{2\pi k_{\mathrm{B}} T}} \propto \frac{1}{\sqrt{T}}
  • Largeur caractéristique : l'écart-type de cette distribution gaussienne est :

    \sigma_u = \sqrt{\frac{k_{\mathrm{B}} T}{m}} \propto \sqrt{T}
  • Normalisation : l'aire sous la courbe est strictement conservée :

    \int_{-\infty}^{+\infty} p_x(u_x) \, \mathrm{d}u_x = 1

Lorsque la température passe de T_0 à T_1 > T_0 :

  • la hauteur du sommet diminue : p_x(0, T_1) < p_x(0, T_0) ;
  • la largeur de la courbe augmente : \sigma_u(T_1) > \sigma_u(T_0) ;
  • la conservation de l'aire impose que la courbe relative à T_1 passe au-dessus de celle de T_0 pour les grandes valeurs de |u_x|.

Commentaires sur ces tracés :

  • Aplatissement et étalement : l'élévation de température favorise l'agitation thermique microscopique. L'énergie cinétique moyenne des particules augmentant, la distribution s'étale vers des vitesses plus élevées, ce qui entraîne corrélativement un écrasement du pic central afin de préserver l'aire unitaire.
  • Peuplement des vitesses élevées : aux vitesses modérées (|u_x| < u_c, où u_c est la vitesse au point d'intersection), la probabilité diminue à chaud ; en revanche, au-delà de cette valeur (|u_x| > u_c), la fraction de particules très rapides augmente de façon notable.
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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Notions : valeur moyenne, distribution des vitesses de maxwell-boltzmann

La valeur moyenne s'exprime par une relation qui prend la forme suivante :

Exprimer la fonction (on conservera la constante sans développer son expression). Représenter son allure graphique.

Voir l'indice

Identifier la fonction f(u_x) = A u_x^2 \mathrm{e}^{-a u_x^2} en constatant qu'il s'agit d'une fonction paire, nulle en zéro, présentant deux maxima symétriques.

Mettre en regard le très fort caractère ionique local des liaisons B–F et la nature moléculaire discrète et volatile de l'espèce à l'échelle macroscopique.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la moyenne unidimensionnelle \langle u_x^2 \rangle_{\mathbb{R}} à l'aide de la loi de probabilité marginale \mathrm{d}P_x(u_x) = p_x(u_x)\,\mathrm{d}u_x introduite à l'équation (4).
  2. Identifier par comparaison directe avec la forme intégrale imposée l'expression de f(u_x).
  3. Étudier les propriétés remarquables de f (parité, limites, dérivée et extrema) pour en tracer fidèlement l'allure graphique.
Voir la réponse courte

f(u_x) = A u_x^2 \mathrm{e}^{-m u_x^2 / (2 k_{\mathrm{B}} T_0)} ; allure paire présentant deux maxima symétriques et nulle en zéro.

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D'après la définition de la moyenne pondérée par la distribution de probabilité 1D \mathrm{d}P_x(u_x) = p_x(u_x)\,\mathrm{d}u_x, la valeur moyenne \langle u_x^2 \rangle_{\mathbb{R}} s'écrit :

\langle u_x^2 \rangle_{\mathbb{R}} = \int_{\mathbb{R}} u_x^2\,\mathrm{d}P_x(u_x) = \int_{\mathbb{R}} u_x^2\,p_x(u_x)\,\mathrm{d}u_x

En utilisant l'expression p_x(u_x) = A\exp(-a u_x^2) donnée à l'équation (4), on a :

\langle u_x^2 \rangle_{\mathbb{R}} = \int_{\mathbb{R}} \mathrm{d}u_x \, \Big(A u_x^2 \exp(-a u_x^2)\Big)

Par identification avec la relation \langle u_x^2 \rangle_{\mathbb{R}} = \int_{\mathbb{R}} \mathrm{d}u_x f(u_x), il vient :

\boxed{f(u_x) = A u_x^2 \exp(-a u_x^2)}

Étude de la fonction f :

  • Parité et positivité : f est paire et positive sur \mathbb{R}.
  • Valeur en l'origine et limites : f(0) = 0 et \lim_{u_x \to \pm\infty} f(u_x) = 0 par croissances comparées.
  • Dérivée :

    f'(u_x) = A \left(2 u_x - 2 a u_x^3\right) \exp(-a u_x^2) = 2 A u_x (1 - a u_x^2) \exp(-a u_x^2)

    La dérivée s'annule en u_x = 0 (minimum local valant 0) et en u_x = \pm \dfrac{1}{\sqrt{a}} où la fonction atteint ses deux maxima absolus :

    f_{\max} = f\left(\pm \frac{1}{\sqrt{a}}\right) = \frac{A}{a\,\mathrm{e}}

Résultat

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Question 9

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : théorème d'équipartition, vitesse quadratique moyenne

Exprimer les moyennes et en fonction de . Commenter chacun de ces résultats. Calculer l'ordre de grandeur de .

Voir l'indice

Invoquer l'imparité de la distribution pour justifier \langle \vec{u} \rangle = \vec{0}, puis appliquer le théorème d'équipartition ou utiliser l'intégrale tabulée I_2 selon chaque direction.

Appliquer la théorie VSEPR à la molécule \mathrm{BH}_3 de type \mathrm{AX}_3\mathrm{E}_0 pour déduire une géométrie plane à angles de 120 degrés.

Voir la réponse courte

\langle \vec{u} \rangle = \vec{0}, E_{\mathrm{c}} = \frac{3}{2}k_{\mathrm{B}}T_0 par équipartition et u_{\mathrm{rms}} \approx 500\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} à 300 K.

Voir le corrigé complet

1. Vitesse moyenne \langle \vec{u} \rangle_{\mathbb{R}^3} :

Par linéarité de la moyenne, \langle \vec{u} \rangle_{\mathbb{R}^3} = \langle u_x \rangle_{\mathbb{R}} \vec{e}_x + \langle u_y \rangle_{\mathbb{R}} \vec{e}_y + \langle u_z \rangle_{\mathbb{R}} \vec{e}_z. Pour chaque composante i \in \{x, y, z\} :

\langle u_i \rangle_{\mathbb{R}} = \int_{-\infty}^{+\infty} u_i p_i(u_i) \, \mathrm{d}u_i = A \int_{-\infty}^{+\infty} u_i \exp(-a u_i^2) \, \mathrm{d}u_i

L'intégrande étant une fonction impaire et convergeant absolument sur \mathbb{R}, cette intégrale est nulle. On en déduit :

\boxed{\langle \vec{u} \rangle_{\mathbb{R}^3} = \vec{0}}

Commentaire : À l'équilibre thermodynamique, le gaz ne présente aucun mouvement macroscopique d'ensemble (il est au repos dans le référentiel de l'enceinte). L'agitation thermique est isotrope : il y a autant de particules se déplaçant dans un sens que dans le sens opposé.

2. Énergie cinétique moyenne E_{\mathrm{c}} :

L'énergie cinétique moyenne d'un atome s'écrit :

E_{\mathrm{c}} = \left\langle \frac{1}{2} m \vec{u}^2 \right\rangle_{\mathbb{R}^3} = \frac{1}{2} m \left( \langle u_x^2 \rangle_{\mathbb{R}} + \langle u_y^2 \rangle_{\mathbb{R}} + \langle u_z^2 \rangle_{\mathbb{R}} \right)

Par isotropie, les trois composantes ont la même moyenne quadratique. D'après la relation (6) et les résultats des questions Q6 et Q8 :

\begin{aligned} \langle u_x^2 \rangle_{\mathbb{R}} &= \int_{-\infty}^{+\infty} u_x^2 A \exp(-a u_x^2) \, \mathrm{d}u_x = 2 A \int_0^\infty u_x^2 \exp(-a u_x^2) \, \mathrm{d}u_x \end{aligned}

En posant x = \sqrt{a} u_x (avec \mathrm{d}u_x = \frac{\mathrm{d}x}{\sqrt{a}}) et en utilisant l'intégrale I_2 = \frac{\sqrt{\pi}}{4} :

\begin{aligned} \langle u_x^2 \rangle_{\mathbb{R}} &= \frac{2 A}{a^{3/2}} \int_0^\infty x^2 \exp(-x^2) \, \mathrm{d}x = \frac{2 A I_2}{a^{3/2}} = \frac{2}{a^{3/2}} \sqrt{\frac{a}{\pi}} \frac{\sqrt{\pi}}{4} = \frac{1}{2a} = \frac{k_{\mathrm{B}} T_0}{m} \end{aligned}

On en déduit \langle \vec{u}^2 \rangle_{\mathbb{R}^3} = 3 \langle u_x^2 \rangle_{\mathbb{R}} = \frac{3 k_{\mathrm{B}} T_0}{m}, d'où :

\boxed{E_{\mathrm{c}} = \frac{3}{2} k_{\mathrm{B}} T_0}

Commentaire : Ce résultat illustre le théorème de l'équipartition de l'énergie. Pour un atome monoatomique possédant 3 degrés de liberté de translation indépendants et quadratiques en vitesse, chaque degré de liberté contribue à hauteur de \frac{1}{2} k_{\mathrm{B}} T_0 à l'énergie cinétique moyenne.

3. Vitesse quadratique moyenne u_{\mathrm{rms}} :

Par définition, u_{\mathrm{rms}} = \sqrt{\langle \vec{u}^2 \rangle_{\mathbb{R}^3}} = \sqrt{\frac{3 k_{\mathrm{B}} T_0}{m}}.

Application numérique avec les données :

\begin{aligned} u_{\mathrm{rms}} &= \sqrt{\frac{3 \times (1 \times 10^{-23} \text{ J}\cdot\text{K}^{-1}) \times 300 \text{ K}}{7 \times 10^{-27} \text{ kg}}} = \sqrt{\frac{9 \times 10^{-21}}{7 \times 10^{-27}}} = \sqrt{\frac{9}{7} \times 10^6} \approx 1{,}1 \times 10^3 \text{ m}\cdot\text{s}^{-1} \end{aligned}

En ne conservant qu'un seul chiffre significatif comme demandé :

\boxed{u_{\mathrm{rms}} \sim 1 \times 10^3 \text{ m}\cdot\text{s}^{-1}}

Résultat

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3 · Expression du flux effusif

Question 10

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Mise en équation
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Notions : effusion moléculaire, flux de particules

Reproduire le schéma de la figure (2). Y représenter le volume élémentaire contenant l'ensemble des atomes qui s'échapperont de l'enceinte (1), par le trou, entre les instants et , et dont la vitesse est égale à (à près). Exprimer puis le nombre élémentaire d'atomes qu'il contient. On exprimera la grandeur en fonction de , , , et .

Voir l'indice

Construire le cylindre oblique issu de la section s avec pour génératrice -\vec{u}\,\mathrm{d}t, de volume \mathrm{d}\mathcal{D} = s u_x \mathrm{d}t, et multiplier par la densité particulaire N_1/V.

Combiner les trois orbitales 1s des hydrogènes pour former les trois orbitales adaptées à la symétrie : une combinaison totalement symétrique et un couple dégénéré.

Voir la stratégie
  1. Identifier la condition cinématique pour qu'un atome traverse l'orifice de section s entre les instants t et t+\mathrm{d}t avec une vitesse \vec{u} fixée.
  2. En déduire la forme géométrique du domaine spatial \mathrm{d}\mathcal{D} (cylindre oblique) et calculer son volume par le produit de l'aire de sa base par sa hauteur normale.
  3. Exprimer le nombre moyen d'atomes \mathrm{d}N_{\mathrm{a}} présents dans ce volume à partir de la densité volumique moyenne n_1 = N_1/V.
Voir la réponse courte

Volume élémentaire \mathrm{d}\mathcal{D} = s u_x \mathrm{d}t d'où \mathrm{d}N_{\mathrm{a}} = \frac{N_1}{V} s u_x \mathrm{d}t pour les particules de vitesse u_x > 0.

Voir le corrigé complet

Considérons un atome situé dans l'enceinte (1) et animé d'une vitesse \vec{u} = u_x \vec{e}_x + u_y \vec{e}_y + u_z \vec{e}_z avec u_x > 0. Pendant la durée infinitésimale \mathrm{d}t, son déplacement élémentaire est \mathrm{d}\vec{r} = \vec{u}\,\mathrm{d}t.

Pour franchir l'orifice d'aire s (situé dans le plan x=0) entre t et t+\mathrm{d}t sans subir de collision (hypothèse \mathcal{H}_{\text{eff}}), cet atome doit se trouver à l'instant t à l'intérieur d'un cylindre oblique \mathrm{d}\mathcal{D} :

  • dont la base est l'orifice lui-même, d'aire s ;
  • dont les génératrices sont dirigées selon le vecteur -\vec{u} et de longueur u\,\mathrm{d}t.

Le volume d'un cylindre oblique est égal au produit de l'aire de sa base s par sa hauteur mesurée orthogonalement à cette base, c'est-à-dire le long de l'axe (Ox) :

h = |\mathrm{d}\vec{r} \cdot \vec{e}_x| = u_x\,\mathrm{d}t

On en déduit l'expression du volume élémentaire :

\boxed{\mathrm{d}\mathcal{D} = s\,u_x\,\mathrm{d}t}

Le gaz étant supposé homogène à chaque instant dans l'enceinte (1), la densité numérique d'atomes s'écrit n_1 = \dfrac{N_1}{V}. Le nombre élémentaire moyen \mathrm{d}N_{\mathrm{a}} d'atomes contenus dans ce volume \mathrm{d}\mathcal{D} vaut ainsi :

\boxed{\mathrm{d}N_{\mathrm{a}} = \frac{N_1}{V}\,s\,u_x\,\mathrm{d}t}

Résultat

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral

Notions : effusion moléculaire, intégrale gaussienne

En prenant en compte la distribution des vitesses définie par l'équation (3), exprimer le nombre moyen d'atomes sortant de l'enceinte (1), par unité de temps. Nous notons cette grandeur et l'écrivons sous la forme suivante :

Exprimer la constante positive en fonction de , , et .

Voir l'indice

Intégrer le flux élémentaire sur le demi-espace des vitesses u_x > 0 en exploitant la séparation des variables et les intégrales I_1 et I_0.

Analyser les éléments de symétrie du groupe ponctuel pour associer les orbitales 2s, 2p_x, 2p_y et 2p_z du bore aux orbitales de fragment correspondantes.

Voir la réponse courte

Intégration sur u_x > 0 donnant \dot{N}_{1/2} = \frac{N_1 s}{V}\sqrt{\frac{k_{\mathrm{B}}T_0}{2\pi m}}, d'où \tau = \frac{V}{s}\sqrt{\frac{2\pi m}{k_{\mathrm{B}}T_0}}.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q10, le nombre d'atomes contenus dans le cylindre d'effusion ayant une vitesse \vec{u} à \mathrm{d}\vec{u} près est égal à la fraction d'atomes ayant cette vitesse, pondérée par la probabilité \mathrm{d}^3P(\vec{u}) :

\mathrm{d}N(\vec{u}) = \frac{N_1}{V}\, s\, u_x\, \mathrm{d}t \times \mathrm{d}^3P(\vec{u})

avec la condition d'échappement u_x > 0. En utilisant la séparabilité de la distribution de probabilité issue de l'équation (3) :

\mathrm{d}^3P(\vec{u}) = p_x(u_x) p_y(u_y) p_z(u_z)\,\mathrm{d}u_x\,\mathrm{d}u_y\,\mathrm{d}u_z

Le nombre moyen total d'atomes franchissant le trou de (1) vers (2) par unité de temps s'obtient en intégrant sur toutes les vitesses possibles vérifiant u_x > 0 :

\begin{aligned} \dot{N}_{1/2} &= \frac{1}{\mathrm{d}t} \int_{u_x=0}^{+\infty} \int_{u_y=-\infty}^{+\infty} \int_{u_z=-\infty}^{+\infty} \mathrm{d}N(\vec{u}) \\ &= \frac{N_1 s}{V} \left( \int_{0}^{+\infty} u_x p_x(u_x)\,\mathrm{d}u_x \right) \left( \int_{-\infty}^{+\infty} p_y(u_y)\,\mathrm{d}u_y \right) \left( \int_{-\infty}^{+\infty} p_z(u_z)\,\mathrm{d}u_z \right) \end{aligned}

Par normalisation à l'unité des distributions suivant y et z (question Q6), les deux dernières intégrales valent 1. L'intégrale sur u_x s'écrit avec p_x(u_x) = A \exp(-a u_x^2) :

\int_{0}^{+\infty} u_x p_x(u_x)\,\mathrm{d}u_x = A \int_{0}^{+\infty} u_x \exp(-a u_x^2)\,\mathrm{d}u_x

En posant le changement de variable x = \sqrt{a}\, u_x, soit \mathrm{d}x = \sqrt{a}\,\mathrm{d}u_x, il vient :

\int_{0}^{+\infty} u_x \exp(-a u_x^2)\,\mathrm{d}u_x = \frac{1}{a} \int_{0}^{+\infty} x \exp(-x^2)\,\mathrm{d}x = \frac{I_1}{a} = \frac{1}{2a}

où l'on a utilisé la valeur tabulée I_1 = 1/2. En remplaçant A par son expression obtenue en Q6 (A = \sqrt{a/\pi}) et en rappelant que a = \frac{m}{2k_{\mathrm{B}}T_0} :

\int_{0}^{+\infty} u_x p_x(u_x)\,\mathrm{d}u_x = \frac{A}{2a} = \frac{1}{2\sqrt{\pi a}} = \sqrt{\frac{k_{\mathrm{B}}T_0}{2\pi m}}

Le flux sortant d'atomes s'écrit donc :

\dot{N}_{1/2} = \frac{N_1 s}{V} \sqrt{\frac{k_{\mathrm{B}}T_0}{2\pi m}}

Par identification avec la relation (7) \dot{N}_{1/2} = \dfrac{N_1}{\tau}, on en déduit l'expression du temps caractéristique \tau :

\boxed{\tau = \frac{V}{s}\sqrt{\frac{2\pi m}{k_{\mathrm{B}}T_0}}}

Résultat

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Question 12

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Application numérique

Notions : temps caractéristique, effusion moléculaire

Calculer l'ordre de grandeur de dans le cas où .

Voir l'indice

Prendre un volume standard d'enceinte de l'ordre du litre (V \sim 1\text{ L} = 10^{-3}\text{ m}^3) et injecter les valeurs numériques fournies pour m, k_{\mathrm{B}}, T_0 et s.

Représenter les orbitales moléculaires obtenues en précisant la présence ou l'absence de plans nodaux verticaux et horizontaux.

Voir la stratégie
  1. Repartir de l'expression de la constante de temps \tau établie à la question Q11.
  2. Constater que le volume V n'est pas précisé numériquement dans l'énoncé et poser un ordre de grandeur représentatif d'une enceinte de laboratoire (V \sim 1\text{ L} = 10^{-3}\text{ m}^3).
  3. Conduire l'application numérique avec un seul chiffre significatif, conformément aux consignes de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Évaluation numérique directe de \tau à partir des grandeurs données du sujet.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q11, le temps caractéristique de vidange effusive s'écrit :

\tau = \frac{V}{s} \sqrt{\frac{2\pi m}{k_{\mathrm{B}} T_0}}

Évaluons dans un premier temps le facteur lié à la vitesse thermique :

\begin{aligned} \sqrt{\frac{2\pi m}{k_{\mathrm{B}} T_0}} &\approx \sqrt{\frac{2 \times 3 \times 7\times 10^{-27}}{1\times 10^{-23} \times 300}} \\ &= \sqrt{\frac{4{,}2\times 10^{-26}}{3\times 10^{-21}}} \\ &= \sqrt{1{,}4\times 10^{-5}} \\ &\approx 4\times 10^{-3}\text{ s}\cdot\text{m}^{-1} \end{aligned}

On remarque que ce terme est bien de l'ordre de l'inverse de la vitesse quadratique moyenne u_{\mathrm{rms}} \sim 10^3\text{ m}\cdot\text{s}^{-1} calculée à la question Q9.

Avec une section d'orifice s = 1\text{ }\mu\text{m}^2 = 1 \times 10^{-12}\text{ m}^2, le rapport vaut :

\frac{1}{s}\sqrt{\frac{2\pi m}{k_{\mathrm{B}} T_0}} \approx \frac{4\times 10^{-3}}{1\times 10^{-12}} = 4\times 10^{9}\text{ s}\cdot\text{m}^{-3}

Le volume V de l'enceinte n'étant pas précisé par le sujet, on l'estime à une échelle macroscopique de laboratoire usuelle, typiquement une fiole ou une boîte cubique de côté L \sim 10\text{ cm}, soit un volume :

V \sim 1\text{ L} = 1\times 10^{-3}\text{ m}^3

On en déduit l'ordre de grandeur de la constante de temps :

\tau \sim 4\times 10^{9} \times 10^{-3} \sim 4\times 10^{6}\text{ s}
\boxed{\tau \sim 10^6\text{ s} \quad (\text{soit de l'ordre d'un mois pour } V \sim 1\text{ L})}

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : effusion moléculaire, temps caractéristique

Commenter ce résultat, notamment au regard des hypothèses adoptées.

Voir l'indice

Comparer la constante de temps d'effusion \tau au temps de vol acoustique L/u_{\mathrm{rms}} pour justifier l'hypothèse d'état quasi-statique dans l'enceinte.

Remplir le diagramme avec les 6 électrons de valence pour identifier le doublet liant de valence le plus haut (HO) et l'orbitale purement atomique non liante 2p_z (BV).

Voir la réponse courte

Temps macroscopique très grand devant le temps de thermalisation, assurant le maintien de l'équilibre thermique local.

Voir le corrigé complet

La valeur obtenue à la question précédente (\tau \sim 10^6\text{ s}, soit une dizaine de jours pour un volume d'un litre) appelle plusieurs remarques physiques :

  • Caractère macroscopique et lenteur du phénomène : Le temps caractéristique \tau est très grand à l'échelle des temps usuels de laboratoire. Cela s'explique par la petitesse de l'orifice (s = 1\,\mu\mathrm{m}^2) devant la surface totale des parois de l'enceinte (S_{\text{parois}} \sim 6\,V^{2/3} \sim 6\times 10^{-2}\text{ m}^2) : la fraction d'atomes susceptibles d'atteindre le trou par unité de temps est infime.
  • Validation de l'hypothèse d'évolution quasi-statique : Le temps caractéristique d'homogénéisation acoustique du gaz à l'échelle de l'enceinte de taille L \sim V^{1/3} \sim 0{,}1\text{ m} est :

    \tau_{\text{ac}} \sim \frac{L}{u_{\text{rms}}} \sim \frac{0{,}1}{10^3} \sim 10^{-4}\text{ s}

    De même, le temps de thermalisation entre deux collisions successives est microscopique (\tau_{\text{coll}} \ll 10^{-6}\text{ s}). Comme :

    \tau_{\text{ac}} \ll \tau

    le gaz a largement le temps de se rééquilibrer et de s'homogénéiser à chaque instant. L'hypothèse formulée dans le préambule (évolutions quasi-statiques, pression et densité uniformes dans chaque enceinte) est donc parfaitement vérifiée.

  • Maintien de l'équilibre de Maxwell-Boltzmann : L'échappement continu des atomes les plus rapides dirigé vers l'extérieur pourrait a priori dépeupler la queue de la distribution des vitesses. Cependant, le taux de perte particulaire est négligeable devant la fréquence des collisions au sein du gaz ; les collisions restaurent instantanément la distribution de Maxwell-Boltzmann à la température T_0 imposée par le thermostat.
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Question 14

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique

Notions : libre parcour moyen, équation d'état des gaz parfaits

Nous souhaitons que le libre parcours moyen des atomes vérifie l'inégalité suivante :

En déduire l'expression de la pression que le gaz d'atomes, dans l'enceinte, ne doit pas excéder. Après avoir fixé l'ordre de grandeur de estimer celui de la pression .

Voir l'indice

Relier la densité particulaire n à la pression via la loi des gaz parfaits P = n k_{\mathrm{B}} T_0, puis injecter l'expression de \ell dans l'inégalité de Knudsen imposée.

Tracer l'allure des orbitales moléculaires en tenant compte du mélange induit par la perte du plan de symétrie lors de la pyramidalisation.

Voir la réponse courte

\ell = \frac{k_{\mathrm{B}}T_0}{\sqrt{2}\sigma P} > 10\sqrt{s} conduit à P_{\max} = \frac{k_{\mathrm{B}}T_0}{10\sqrt{2}\sigma\sqrt{s}}, de l'ordre de quelques pascals.

Voir le corrigé complet

Le gaz étant modélisé comme un gaz parfait à la température T_0, la loi des gaz parfaits relie la pression P, le volume V, et le nombre total d'atomes par P V = N k_{\mathrm{B}} T_0, soit en fonction de la concentration numérique n = N/V :

P = n \, k_{\mathrm{B}} T_0

En injectant cette relation dans l'expression fournie du libre parcours moyen \ell = \frac{1}{n\sigma}, il vient :

\ell = \frac{k_{\mathrm{B}} T_0}{P \sigma}

La condition d'effusion \mathcal{H}_{\text{eff}} formulée sous la forme \ell > 10\sqrt{s} s'écrit alors :

\begin{aligned} \frac{k_{\mathrm{B}} T_0}{P \sigma} > 10\sqrt{s} \iff P < \frac{k_{\mathrm{B}} T_0}{10 \sigma \sqrt{s}} \end{aligned}

La pression ne doit donc pas excéder la valeur maximale :

\boxed{P_{\max} = \frac{k_{\mathrm{B}} T_0}{10 \sigma \sqrt{s}}}

Pour un atome d'hélium de rayon de van der Waals de l'ordre de r \sim 1\times 10^{-10}\text{ m} (ou de diamètre atomique d \sim 2\times 10^{-10}\text{ m}), la section efficace de collision est de l'ordre de la surface d'exclusion :

\sigma \sim \pi d^2 \sim 10^{-19}\text{ m}^2

Avec s = 1\ \mu\mathrm{m}^2 = 10^{-12}\text{ m}^2, soit \sqrt{s} = 1\times 10^{-6}\text{ m}, et les données de l'énoncé (T_0 = 300\text{ K}, k_{\mathrm{B}} = 1\times 10^{-23}\text{ J}\cdot\text{K}^{-1}) :

P_{\max} \sim \frac{1\times 10^{-23} \times 300}{10 \times 10^{-19} \times 10^{-6}} = \frac{3\times 10^{-21}}{10^{-24}} = 3\times 10^3\text{ Pa}

Avec un chiffre significatif :

\boxed{P_{\max} \sim 3\times 10^3\text{ Pa}}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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4.1 · Système fermé formé de deux enceintes

Question 15

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation

Notions : bilan de matière, effusion moléculaire

Établir le système d'équations différentielles vérifié par les nombres d'atomes et contenus dans chacune des enceintes.

Voir l'indice

Effectuer un bilan de matière pour chaque enceinte en tenant compte du flux sortant et du flux entrant issus de l'orifice commun.

Expliquer que la courbure de la molécule augmente le recouvrement mutuel entre les orbitales des atomes d'hydrogène et renforce l'interaction liante avec le centre.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un bilan du nombre d'atomes pendant un intervalle de temps \mathrm{d}t pour chacune des deux enceintes en tenant compte des flux entrants et sortants.
  2. Utiliser l'expression du flux effusif établie à la question Q11 et faire intervenir la symétrie des deux enceintes (identiques en volume et en température).
Voir la réponse courte

Bilans particulaires : \mathrm{d}N_1/\mathrm{d}t = -(N_1 - N_2)/\tau et \mathrm{d}N_2/\mathrm{d}t = (N_1 - N_2)/\tau.

Voir le corrigé complet

Considérons l'enceinte (1) entre les instants t et t+\mathrm{d}t. La variation de sa population atomique résulte de deux transferts compétitifs :

  • une perte due au flux d'atomes effusant de (1) vers (2), soit d'après l'équation (7) :

    \mathrm{d}N_{1\to 2} = \dot{N}_{1/2} \, \mathrm{d}t = \frac{N_1(t)}{\tau} \, \mathrm{d}t
  • un gain dû au flux d'atomes effusant de (2) vers (1). L'enceinte (2) étant identique à l'enceinte (1) (même volume V, même gaz à la même température T_0) et l'orifice étant le même (aire s), la constante de temps associée au flux sortant de l'enceinte (2) est également \tau. On a donc :

    \mathrm{d}N_{2\to 1} = \dot{N}_{2/1} \, \mathrm{d}t = \frac{N_2(t)}{\tau} \, \mathrm{d}t

Le bilan particulaire pour l'enceinte (1) s'écrit donc :

\mathrm{d}N_1 = -\mathrm{d}N_{1\to 2} + \mathrm{d}N_{2\to 1} = \left(-\frac{N_1}{\tau} + \frac{N_2}{\tau}\right) \mathrm{d}t

De façon analogue, le bilan pour l'enceinte (2) s'écrit :

\mathrm{d}N_2 = +\mathrm{d}N_{1\to 2} - \mathrm{d}N_{2\to 1} = \left(\frac{N_1}{\tau} - \frac{N_2}{\tau}\right) \mathrm{d}t

On en déduit le système d'équations différentielles couplées du premier ordre régissant les populations N_1(t) et N_2(t) :

\boxed{ \left\{ \begin{aligned} \frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t} &= -\frac{N_1}{\tau} + \frac{N_2}{\tau} \\[2mm] \frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} &= \frac{N_1}{\tau} - \frac{N_2}{\tau} \end{aligned} \right. }

Résultat

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Question 16

Application directeTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation différentielle linéaire, régime transitoire

Exprimer la solution correspondant aux conditions initiales et .

Voir l'indice

Poser la somme N_1 + N_2 = N et la différence \Delta N = N_1 - N_2 pour découpler instantanément le système différentiel.

Souligner l'électronégativité supérieure de l'azote abaissant l'énergie des orbitales atomiques et la présence de 8 électrons de valence imposant la forme pyramidale C_{3v}.

Voir la stratégie

Pour résoudre le système couplé linéaire d'ordre 1 obtenu en Q15 :

  1. On utilise les combinaisons linéaires somme (N_1 + N_2) et différence (N_1 - N_2), qui découplent immédiatement les équations.
  2. On intègre chaque équation indépendante compte tenu des conditions initiales N_1(0) = N et N_2(0) = 0.
  3. On en déduit l'expression de chaque population N_1(t) et N_2(t).
Voir la réponse courte

Résolution avec conditions initiales : N_1(t) = \frac{N}{2}(1 + \mathrm{e}^{-2t/\tau}) et N_2(t) = \frac{N}{2}(1 - \mathrm{e}^{-2t/\tau}).

Voir le corrigé complet

D'après la question Q15, le système différentiel vérifié par les populations s'écrit :

\begin{cases} \dfrac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t} = -\dfrac{N_1}{\tau} + \dfrac{N_2}{\tau} \\[8pt] \dfrac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} = \dfrac{N_1}{\tau} - \dfrac{N_2}{\tau} \end{cases}

En sommant ces deux équations, on retrouve la conservation du nombre total de particules :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\big(N_1(t) + N_2(t)\big) = 0 \implies N_1(t) + N_2(t) = N_1(0) + N_2(0) = N

En soustrayant la seconde équation à la première :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}t}\big(N_1(t) - N_2(t)\big) = -\frac{2}{\tau}\big(N_1(t) - N_2(t)\big)

L'intégration de cette équation différentielle scalaire du premier ordre donne :

N_1(t) - N_2(t) = \big(N_1(0) - N_2(0)\big)\,\exp\!\left(-\frac{2t}{\tau}\right) = N\,\exp\!\left(-\frac{2t}{\tau}\right)

En effectuant la demi-somme puis la demi-différence de ces deux relations, on obtient :

\boxed{N_1(t) = \frac{N}{2}\left(1 + \exp\!\left(-\frac{2t}{\tau}\right)\right)}
\boxed{N_2(t) = \frac{N}{2}\left(1 - \exp\!\left(-\frac{2t}{\tau}\right)\right)}

Résultat

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Question 17

ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : séparation isotopique, loi de graham

Il est possible de tirer parti du phénomène d'effusion gazeuse pour isoler, au moins partiellement, un composant particulier d'un gaz. Pour illustrer cette application, nous supposons que le gaz est formé de deux types d'atomes (a) et (b) et qu'il est initialement entièrement contenu dans l'enceinte (1). Il s'agit de recueillir, dans les meilleures conditions, un gaz enrichi (ou appauvri) de l'un de ses composants. Expliquer sur quelle propriété du phénomène d'effusion cette application repose. Justifier qu'il existe un instant optimal pour arrêter l'effusion. Exprimer le temps correspondant. Indiquer dans quelle situation concrète cette technique de séparation a été, ou peut être, utilisée.

Voir l'indice

Remarquer que \tau \propto \sqrt{m}, conférant un flux effusif supérieur à l'espèce la plus légère ; maximiser la différence de population N_{2,a}(t) - N_{2,b}(t) et citer l'enrichissement isotopique de l'uranium.

Faire interagir le doublet non liant porté par la HO de l'ammoniac avec la lacune électronique correspondant à la BV du borane.

Voir la stratégie
  1. Exprimer le lien entre la constante de temps d'effusion \tau et la masse de l'atome m à partir du résultat de la question Q11 (loi d'effusion de Graham).
  2. Analyser le compromis entre le taux d'enrichissement et la quantité de matière transférée dans l'enceinte (2), puis définir un critère d'optimisation (maximisation de l'excès du composant le plus rapide dans l'enceinte (2) pour un mélange initialement équimolaire) afin de déterminer t^*.
  3. Identifier l'application historique et industrielle majeure de ce procédé (séparation isotopique de l'uranium).
Voir la réponse courte

\tau \propto \sqrt{m}, l'isotope léger s'échappe plus vite ; enrichissement maximal transitoire exploité pour enrichir l'uranium via \mathrm{UF}_6.

Voir le corrigé complet

1. Propriété à la base du procédé

D'après le résultat de la question Q11, la constante de temps d'effusion d'un gaz d'atomes de masse m s'écrit :

\tau = \frac{V}{s}\sqrt{\frac{2\pi m}{k_{\mathrm{B}} T_0}} \propto \sqrt{m}

Le flux effusif initial \dot{N} = N/\tau est inversement proportionnel à \sqrt{m} (loi d'effusion de Graham).

Supposons sans perte de généralité que le composant (\mathrm{a}) est plus léger que le composant (\mathrm{b}) :

m_{\mathrm{a}} < m_{\mathrm{b}} \implies \tau_{\mathrm{a}} < \tau_{\mathrm{b}}

Les atomes (\mathrm{a}), de masse plus faible, possèdent une vitesse thermique moyenne plus élevée et s'échappent donc plus rapidement de l'enceinte (1). Le gaz qui pénètre dans l'enceinte (2) est ainsi enrichi en espèce la plus légère (\mathrm{a}), tandis que l'enceinte (1) s'enrichit progressivement en espèce la plus lourde (\mathrm{b}).

2. Existence d'un instant optimal et calcul de t^*

Chaque espèce n'interagissant pas avec l'autre (gaz parfait, collisions négligées dans l'orifice d'après \mathcal{H}_{\text{eff}}), l'évolution de la population de chaque constituant dans l'enceinte (2) est régie par la solution établie à la question Q16 :

N_{2,\mathrm{a}}(t) = \frac{N_{\mathrm{a}}}{2}\left(1 - \mathrm{e}^{-2t/\tau_{\mathrm{a}}}\right) \quad \text{et} \quad N_{2,\mathrm{b}}(t) = \frac{N_{\mathrm{b}}}{2}\left(1 - \mathrm{e}^{-2t/\tau_{\mathrm{b}}}\right)

où N_{\mathrm{a}} et N_{\mathrm{b}} sont les populations initiales respectives dans l'enceinte (1).

Pour évaluer la qualité de la séparation :

  • Aux temps très courts (t \ll \tau_{\mathrm{a}}), le rapport d'enrichissement dans l'enceinte (2) est maximal :

    \frac{N_{2,\mathrm{a}}(t)}{N_{2,\mathrm{b}}(t)} \underset{t\to 0}{\sim} \frac{N_{\mathrm{a}}}{N_{\mathrm{b}}}\frac{\tau_{\mathrm{b}}}{\tau_{\mathrm{a}}} = \frac{N_{\mathrm{a}}}{N_{\mathrm{b}}}\sqrt{\frac{m_{\mathrm{b}}}{m_{\mathrm{a}}}}

    Cependant, la quantité totale de gaz transférée est alors quasi-nulle (N_2 \to 0), ce qui rend le rendement en matière inutilisable.

  • À l'équilibre thermodynamique (t \to \infty), les populations s'égalisent (N_{2,\mathrm{a}} = N_{\mathrm{a}}/2 et N_{2,\mathrm{b}} = N_{\mathrm{b}}/2) : le rapport des concentrations redevient identique à la proportion initiale (N_{\mathrm{a}}/N_{\mathrm{b}}), l'enrichissement est donc complètement perdu.

Il existe par conséquent un compromis entre la pureté (maximale en t=0) et la quantité recueillie (maximale à l'équilibre).

Pour formaliser ce compromis de façon quantitative, considérons le cas d'un mélange initial équimolaire (N_{\mathrm{a}} = N_{\mathrm{b}} = N_0) et cherchons à maximiser la différence de population dans l'enceinte (2), c'est-à-dire l'excès d'atomes (\mathrm{a}) recueillis :

\Delta N_2(t) = N_{2,\mathrm{a}}(t) - N_{2,\mathrm{b}}(t) = \frac{N_0}{2}\left(\mathrm{e}^{-2t/\tau_{\mathrm{b}}} - \mathrm{e}^{-2t/\tau_{\mathrm{a}}}\right)

Cette fonction vérifie \Delta N_2(0) = 0, \Delta N_2(t) > 0 pour t > 0, et \lim_{t\to\infty} \Delta N_2(t) = 0. Elle admet donc un maximum en un instant t^*, annulant sa dérivée :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}\Delta N_2}{\mathrm{d}t}(t^*) = 0 &\iff -\frac{1}{\tau_{\mathrm{b}}}\mathrm{e}^{-2t^*/\tau_{\mathrm{b}}} + \frac{1}{\tau_{\mathrm{a}}}\mathrm{e}^{-2t^*/\tau_{\mathrm{a}}} = 0 \\ &\iff \exp\left[2t^*\left(\frac{1}{\tau_{\mathrm{a}}} - \frac{1}{\tau_{\mathrm{b}}}\right)\right] = \frac{\tau_{\mathrm{b}}}{\tau_{\mathrm{a}}} \end{aligned}

En prenant le logarithme népérien, on en déduit l'expression du temps optimal :

\boxed{t^* = \frac{\tau_{\mathrm{a}}\tau_{\mathrm{b}}}{2(\tau_{\mathrm{b}} - \tau_{\mathrm{a}})} \ln\left(\frac{\tau_{\mathrm{b}}}{\tau_{\mathrm{a}}}\right) = \frac{\tau_{\mathrm{a}}\tau_{\mathrm{b}}}{4(\tau_{\mathrm{b}} - \tau_{\mathrm{a}})} \ln\left(\frac{m_{\mathrm{b}}}{m_{\mathrm{a}}}\right)}

3. Application concrète

Cette méthode est historiquement et industriellement mise en œuvre pour la séparation isotopique de l'uranium par diffusion/effusion gazeuse. L'uranium est converti sous forme d'un composé gazeux volatil, l'hexafluorure d'uranium \mathrm{UF}_6. Le fluor étant monoisotopique (^{19}\mathrm{F}), la différence de masse provient uniquement des isotopes de l'uranium :

  • ^{235}\mathrm{UF}_6 : masse molaire M \approx 349\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}} ;
  • ^{238}\mathrm{UF}_6 : masse molaire M \approx 352\ \mathrm{g\cdot mol^{-1}}.

Le facteur d'enrichissement par étape élémentaire est très faible (\sqrt{352/349} \approx 1{,}0043), ce qui impose de répéter l'opération en cascade à travers des milliers d'étages de membranes poreuses (procédé utilisé dans le projet Manhattan à Oak Ridge et à l'usine Georges Besse du Tricastin).

Résultat

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4.2 · Système ouvert formé de deux enceintes

Question 18

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Mise en équation

Notions : bilan de matière, équation différentielle

Établir le système d'équations différentielles, paramétré par les seules constantes et , vérifié par les nombres d'atomes et contenus dans chacune des enceintes.

Voir l'indice

Conserver le bilan pour l'enceinte (1) et ajouter au bilan de l'enceinte (2) le terme de fuite vers le vide extérieur d'aire ks, caractérisé par \tau_2 = \tau_1/k.

Rappeler que les deux électrons assurant la liaison covalente bore-azote proviennent exclusivement du doublet non liant de la base azotée.

Voir la stratégie
  1. Effectuer un bilan particulaire sur chaque enceinte pendant un intervalle de temps \mathrm{d}t élémentaire, en tenant compte des échanges entre les enceintes et de la fuite vers l'extérieur.
  2. Exprimer \tau_2 en fonction de \tau_1 et du paramètre k à partir de la dépendance de \tau envers l'aire de l'orifice établie à la question Q11.
  3. Rassembler les deux équations différentielles couplées portant sur N_1(t) et N_2(t).
Voir la réponse courte

Bilans avec fuite : \dot{N}_1 = -\frac{N_1}{\tau_1} + \frac{N_2}{\tau_1} et \dot{N}_2 = \frac{N_1}{\tau_1} - (1+k)\frac{N_2}{\tau_1}.

Voir le corrigé complet

D'après la relation (7) établie à la question Q11, le temps caractéristique de vidange effusive d'une enceinte de volume V à travers un orifice de section S vaut :

\tau = \frac{V}{S}\sqrt{\frac{2\pi m}{k_{\mathrm{B}}T_0}} \propto \frac{1}{S}

L'orifice de fuite vers l'extérieur ayant pour aire s' = ks, la constante de temps \tau_2 associée vérifie donc :

\tau_2 = \frac{\tau_1}{k}

Effectuons les bilans de matière pendant la durée \mathrm{d}t :

  • Pour l'enceinte (1), qui communique uniquement avec l'enceinte (2) à travers l'orifice d'aire s, les échanges particulaires donnent :

    \frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t} = -\dot{N}_{1\to 2} + \dot{N}_{2\to 1} = -\frac{N_1}{\tau_1} + \frac{N_2}{\tau_1}
  • Pour l'enceinte (2), les atomes entrent depuis l'enceinte (1) au débit \dot{N}_{1\to 2} = N_1/\tau_1, en sortent vers l'enceinte (1) au débit \dot{N}_{2\to 1} = N_2/\tau_1, et s'échappent vers l'extérieur au débit \dot{N}_{2\to\text{ext}} = N_2/\tau_2. Le milieu extérieur étant supposé être le vide, aucun flux ne pénètre de l'extérieur vers l'enceinte (2). D'où :

    \frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} = \dot{N}_{1\to 2} - \dot{N}_{2\to 1} - \dot{N}_{2\to\text{ext}} = \frac{N_1}{\tau_1} - \frac{N_2}{\tau_1} - \frac{N_2}{\tau_2}

En substituant \tau_2 = \tau_1 / k, on obtient le système différentiel recherché :

\boxed{\begin{cases} \dfrac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t} = -\dfrac{N_1}{\tau_1} + \dfrac{N_2}{\tau_1} \\[10pt] \dfrac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} = \dfrac{N_1}{\tau_1} - \dfrac{1+k}{\tau_1} N_2 \end{cases}}

Résultat

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Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation différentielle du second ordre

Former l'équation différentielle vérifiée par la fonction (paramétrée par les seules constantes et ).

Voir l'indice

Dériver la seconde équation différentielle par rapport au temps et y réinjecter l'expression de \mathrm{d}N_1/\mathrm{d}t issue de la première.

Dessiner l'atome de phosphore lié à trois motifs mésityles stériquement encombrants et justifier la disponibilité de son doublet non liant.

Voir la stratégie

Pour obtenir l'équation différentielle portant uniquement sur N_2(t), on part du système différentiel du premier ordre couplé établi à la question Q18. On dérive la seconde équation par rapport au temps, puis on élimine successivement \frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t} et N_1 à l'aide des deux équations du système.

Voir la réponse courte

Élimination de N_1 conduisant à \ddot{N}_2 + \frac{2+k}{\tau_1}\dot{N}_2 + \frac{k}{\tau_1^2}N_2 = 0.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q18, le système d'équations différentielles régissant l'évolution des populations d'atomes s'écrit :

\begin{align*} \frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t} &= -\frac{N_1}{\tau_1} + \frac{N_2}{\tau_1} \tag{1} \\ \frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} &= \frac{N_1}{\tau_1} - \frac{1+k}{\tau_1} N_2 \tag{2}\end{align*}

Dérivons l'équation (2) par rapport au temps t :

\frac{\mathrm{d}^2 N_2}{\mathrm{d}t^2} = \frac{1}{\tau_1}\frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t} - \frac{1+k}{\tau_1}\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t}

En substituant l'expression de \frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t} issue de l'équation (1), on obtient :

\frac{\mathrm{d}^2 N_2}{\mathrm{d}t^2} = \frac{1}{\tau_1}\left(-\frac{N_1}{\tau_1} + \frac{N_2}{\tau_1}\right) - \frac{1+k}{\tau_1}\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t}

D'après l'équation (2), le terme \frac{N_1}{\tau_1} s'exprime en fonction de N_2 et de sa dérivée :

\frac{N_1}{\tau_1} = \frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} + \frac{1+k}{\tau_1} N_2

En remplaçant cette expression dans la dérivée seconde :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}^2 N_2}{\mathrm{d}t^2} &= -\frac{1}{\tau_1}\left(\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} + \frac{1+k}{\tau_1} N_2\right) + \frac{N_2}{\tau_1^2} - \frac{1+k}{\tau_1}\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} \\ &= -\frac{2+k}{\tau_1}\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} - \frac{k}{\tau_1^2}N_2 \end{aligned}

En regroupant tous les termes dans le membre de gauche, on parvient à l'équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants :

\boxed{\frac{\mathrm{d}^2 N_2}{\mathrm{d}t^2} + \frac{2+k}{\tau_1}\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} + \frac{k}{\tau_1^2} N_2 = 0}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : facteur de qualité, oscillateur harmonique

Exprimer le facteur de qualité associé à cette équation différentielle. Analyser ce résultat.

Voir l'indice

Identifier les coefficients de l'équation sous la forme canonique du second ordre et montrer que le facteur de qualité vérifie Q \le 1/(2\sqrt{2}) < 1/2 pour tout k > 0.

Expliquer que l'effet inductif fortement attracteur des 15 atomes de fluor abaisse l'énergie de l'orbitale vacante du bore tout en empêchant géométriquement l'adduction directe.

Voir la stratégie
  1. Identifier les paramètres canoniques d'une équation différentielle linéaire du second ordre sous la forme standard \dfrac{\mathrm{d}^2 N_2}{\mathrm{d}t^2} + \dfrac{\omega_0}{Q}\dfrac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 N_2 = 0.
  2. En déduire l'expression de la pulsation propre \omega_0 puis du facteur de qualité Q en fonction de k.
  3. Étudier les variations de Q(k) pour déterminer son maximum et en déduire le régime d'évolution du système.
Voir la réponse courte

Q = \frac{\sqrt{k}}{2+k} \le \frac{1}{2\sqrt{2}} < \frac{1}{2}, le régime libre est strictement apériodique.

Voir le corrigé complet

D'après la question Q19, l'équation différentielle vérifiée par N_2(t) s'écrit :

\frac{\mathrm{d}^2 N_2}{\mathrm{d}t^2} + \frac{2+k}{\tau_1}\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} + \frac{k}{\tau_1^2} N_2 = 0

On compare cette équation à la forme canonique :

\frac{\mathrm{d}^2 N_2}{\mathrm{d}t^2} + \frac{\omega_0}{Q}\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 N_2 = 0

Par identification des coefficients d'ordre 0 et 1 en dérivée temporelle, sachant que \tau_1 > 0 et k > 0 :

\begin{aligned} \omega_0^2 &= \frac{k}{\tau_1^2} \implies \omega_0 = \frac{\sqrt{k}}{\tau_1} \\ \frac{\omega_0}{Q} &= \frac{2+k}{\tau_1} \implies Q = \frac{\omega_0}{(2+k)/\tau_1} = \frac{\sqrt{k}}{2+k} \end{aligned}
\boxed{Q = \frac{\sqrt{k}}{2+k}}

Analyse du résultat :

  • La fonction g(k) = \dfrac{\sqrt{k}}{2+k} est strictement positive pour tout k > 0. Sa dérivée par rapport à k est :

    g'(k) = \frac{\frac{1}{2\sqrt{k}}(2+k) - \sqrt{k}}{(2+k)^2} = \frac{2-k}{2\sqrt{k}(2+k)^2}

    Elle s'annule en k = 2, où le facteur de qualité admet son maximum absolu :

    Q_{\max} = g(2) = \frac{\sqrt{2}}{4} = \frac{1}{2\sqrt{2}} \approx 0{,}35
  • On en déduit que pour toute valeur de k > 0 :

    Q \leqslant \frac{1}{2\sqrt{2}} < \frac{1}{2}

    Le facteur de qualité est strictement inférieur à la valeur critique 1/2. Le système se trouve donc obligatoirement en régime apériodique : aucune oscillation temporelle des populations d'atomes ne peut apparaître.

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : stabilité, régime apériodique

Nous notons et les racines (qu'il est inutile de calculer) du polynôme caractéristique associé à l'équation différentielle vérifiée par la fonction (se reporter à la question (19)). Sur la base d'arguments physiques (c'est-à-dire non issus de calculs), indiquer pourquoi ces racines sont nécessairement, d'une part réelles, d'autre part négatives.

Voir l'indice

L'absence de phénomène de rappel élastique exclut les oscillations (racines réelles), et la vidange irréversible impose la décroissance de la matière (racines négatives).

Dans la paire frustrée, l'absence d'adduit maintient une HO très haute et une BV très basse, ce qui réduit considérablement le gap et exalte la réactivité push-pull.

Voir la stratégie

La consigne impose d'exclure tout calcul (discriminant, signe des coefficients). Il convient donc d'analyser le comportement temporel induit sur la variable physique N_2(t) par la nature mathématique des racines p_1 et p_2 :

  1. Une partie imaginaire non nulle traduirait des oscillations temporelles : vérifier si un mécanisme physique (inertie, force de rappel) permet de telles oscillations.
  2. Le signe de la partie réelle régit la stabilité et le comportement asymptotique à temps long : confronter ce comportement à la conservation de la matière et à l'état final du système ouvert sur le vide.
Voir la réponse courte

Système purement dissipatif et irréversible donc sans oscillation (racines réelles), et stable avec fuite vers le vide (racines négatives).

Voir le corrigé complet

1. Caractère réel des racines :

  • Si les racines p_1 et p_2 étaient complexes conjuguées, la solution générale N_2(t) ferait intervenir des fonctions sinusoïdales amorties (régime pseudo-périodique avec oscillations temporelles de population).
  • Or, le phénomène d'effusion gazeuse est un processus de transport purement relaxant et irréversible, régi par le passage statistique d'atomes sans aucun phénomène d'inertie collective, sans force de rappel, ni mécanisme de stockage réversible d'énergie (comme le confirmerait l'analogie électrocinétique avec un réseau purement résistif et capacitif \mathrm{RC}, dépourvu d'inductance).
  • Il ne peut donc pas y avoir d'oscillations des populations d'atomes entre les deux enceintes : le régime est strictement apériodique, ce qui impose que les racines p_1 et p_2 soient réelles.

2. Caractère négatif des racines :

  • Si l'une des racines était strictement positive (p > 0), la solution N_2(t) divergerait exponentiellement vers +\infty lorsque t \to +\infty. Ceci est physiquement impossible puisque le système est initialement alimenté par un nombre fini d'atomes (N) et ne comporte aucune source de matière : on a nécessairement 0 \le N_2(t) \le N à tout instant.
  • Par ailleurs, l'enceinte (2) fuit directement vers un milieu extérieur qui est le vide. Ce vide agit comme un puits infini de matière non réversible : l'unique état stationnaire final possible est l'évacuation intégrale du gaz contenu dans les deux enceintes, soit :

    \lim_{t \to +\infty} N_1(t) = 0 \quad \text{et} \quad \lim_{t \to +\infty} N_2(t) = 0

    Une racine nulle (p = 0) conduirait à un état final à population non nulle, ce qui est incompatible avec la vidange complète.

Par conséquent, les racines sont nécessairement strictement négatives :

\boxed{p_1 \in \mathbb{R}_-^\star \quad \text{et} \quad p_2 \in \mathbb{R}_-^\star}

Résultat

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Question 22

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : équation différentielle du second ordre, condition initiale

Exprimer la solution correspondant aux conditions initiales et , paramétrée par les constantes , , et . On ne cherchera pas à établir l'expression des racines et .

Voir l'indice

Exprimer la solution générale comme une somme de deux exponentielles réelles décroissantes et déterminer les constantes d'intégration avec N_2(0)=0 et \dot{N}_2(0) = N/\tau_1.

Utiliser un solvant deutéré pour éviter la saturation du spectre par les protons du solvant et rappeler que \mathrm{BF}_3\cdot\mathrm{OEt}_2 constitue le zéro de référence en RMN ^{11}\mathrm{B}.

Voir la stratégie
  1. Exprimer la solution générale de l'équation différentielle linéaire du second ordre en régime apériodique (p_1 \neq p_2).
  2. Déterminer les deux constantes d'intégration en utilisant la condition initiale N_2(0) = 0 et la dérivée temporelle \dot{N}_2(0), déduite du système différentiel du premier ordre établi à la question Q18.
Voir la réponse courte

Avec N_2(0) = 0 et \dot{N}_2(0) = N/\tau_1, on obtient N_2(t) = \frac{N}{\tau_1(p_1 - p_2)}(\mathrm{e}^{p_1 t} - \mathrm{e}^{p_2 t}).

Voir le corrigé complet

D'après les questions Q19 à Q21, le polynôme caractéristique associé à l'équation différentielle vérifiée par N_2(t) admet deux racines réelles distinctes et négatives p_1 et p_2. La forme générale de la solution est donc :

N_2(t) = C_1\,\mathrm{e}^{p_1 t} + C_2\,\mathrm{e}^{p_2 t}

où C_1 et C_2 sont deux constantes d'intégration réelles.

À l'instant initial t = 0, la seconde enceinte est initialement vide :

N_2(0) = C_1 + C_2 = 0 \implies C_2 = -C_1

La fonction N_2(t) se réécrit donc sous la forme :

N_2(t) = C_1\left(\mathrm{e}^{p_1 t} - \mathrm{e}^{p_2 t}\right)

Par dérivation temporelle en t = 0, on obtient :

\left.\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t}\right|_{t=0} = C_1(p_1 - p_2)

Or, d'après la deuxième équation différentielle du système établi à la question Q18 :

\left.\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t}\right|_{t=0} = \frac{N_1(0)}{\tau_1} - \frac{1+k}{\tau_1} N_2(0) = \frac{N}{\tau_1} - 0 = \frac{N}{\tau_1}

En identifiant les deux expressions de la dérivée initiale, il vient :

C_1(p_1 - p_2) = \frac{N}{\tau_1} \implies C_1 = \frac{N}{\tau_1(p_1 - p_2)}

On en déduit l'expression temporelle du nombre d'atomes dans l'enceinte (2) :

\boxed{N_2(t) = \frac{N}{\tau_1(p_1 - p_2)}\left(\mathrm{e}^{p_1 t} - \mathrm{e}^{p_2 t}\right)}

Résultat

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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régime transitoire, exploitation de graphe

La figure (4) représente l'évolution du rapport vis-à-vis de la variable , pour trois valeurs ; et , du paramètre . Indiquer la correspondance, en la justifiant, entre les références (a), (b) et (c) des tracés et les trois valeurs de . Analyser le comportement de ces évolutions aux temps courts (). Interpréter ce résultat.

Voir l'indice

Constater que la dérivée initiale \dot{N}_2(0) est universelle et indépendante de k, puis corréler l'aire du trou de fuite k à la valeur maximale atteinte par le rapport N_2/N.

Vérifier dans la table de déplacements que le signal à \sim 60\text{ ppm} correspond sans ambiguïté à un bore tricoordonné libre et non à un complexe tétraédrique.

Voir la stratégie
  1. Relier la hauteur et la position du maximum de N_2/N à la valeur de la fuite k vers l'extérieur.
  2. Évaluer le taux de variation initial \left.\frac{\mathrm{d}(N_2/N)}{\mathrm{d}T}\right|_{T=0} à partir du système différentiel établi à la question Q18 pour analyser le comportement aux temps courts.
  3. Interpréter ce comportement en termes de bilan de flux particulaires au voisinage de t=0.
Voir la réponse courte

Une fuite plus grande abaisse et avance le maximum de N_2 ; dérivée nulle en 0 car N_2(0)=0.

Voir le corrigé complet

1. Correspondance entre les tracés et les valeurs de k :

Le paramètre k contrôle l'aire de l'orifice de vidange vers le vide (s' = ks). Plus k est grand :

  • plus l'échappement vers l'extérieur est rapide (\tau_2 = \tau_1/k est petit) ;
  • moins les atomes s'accumulent dans l'enceinte (2), ce qui conduit à une valeur maximale de N_2(t)/N d'autant plus faible et atteinte d'autant plus tôt.

À la limite k \to 0, on retrouve le système fermé (étudié à la question Q16) où N_2/N tendrait vers 0{,}5. Le tracé (c), qui culmine le plus haut (vers 0{,}45) et le plus tardivement, correspond donc à la fuite la plus faible, tandis que le tracé (a) correspond à la fuite la plus importante.

On en déduit l'attribution :

\boxed{ \text{Tracé (a) } \longleftrightarrow k_3 = 10 \quad ; \quad \text{Tracé (b) } \longleftrightarrow k_2 = 1 \quad ; \quad \text{Tracé (c) } \longleftrightarrow k_1 = 0{,}1 }

2. Analyse du comportement aux temps courts (T \ll 1) :

D'après le système différentiel établi à la question Q18 :

\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} = \frac{N_1}{\tau_1} - \frac{1+k}{\tau_1} N_2

En introduisant la variable adimensionnée T = t/\tau_1, cette relation s'écrit :

\frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}T}\left(\frac{N_2}{N}\right) = \frac{N_1}{N} - (1+k)\frac{N_2}{N}

En T = 0, avec les conditions initiales N_1(0) = N et N_2(0) = 0, on a :

\left. \frac{\mathrm{d}}{\mathrm{d}T}\left(\frac{N_2}{N}\right) \right|_{T=0} = 1

Au premier ordre pour T \ll 1, le développement limité donne :

\boxed{\frac{N_2(T)}{N} \underset{T \ll 1}{=} T + \mathcal{O}(T^2)}

Graphiquement, les trois courbes partent de l'origine avec la même pente initiale non nulle, égale à 1, indépendamment de la valeur de k.

3. Interprétation physique :

Aux temps très courts (t \ll \tau_1), l'enceinte (2) ne contient encore quasiment aucun atome (N_2 \ll N). Les flux effusifs sortant de cette enceinte (le flux vers l'extérieur \propto k N_2 et le flux de retour vers l'enceinte (1) \propto N_2) sont donc totalement négligeables.

Le taux de variation de N_2 est régi exclusivement par le flux entrant en provenance de l'enceinte (1), qui vaut alors \dot{N}_{1/2}(0) = N/\tau_1. La dynamique initiale est donc entièrement déterminée par l'enceinte (1) et ne dépend pas du paramètre de fuite k.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 24

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : régime transitoire, tracé de courbe

Nous considérons la situation pour laquelle . Représenter, qualitativement (c'est-à-dire qu'aucun calcul n'est à effectuer), l'allure de l'évolution de vis-à-vis de la variable , en correspondance avec celle de . On commentera les tracés proposés.

Voir l'indice

Tracer N_1(t) qui décroît de 1 à 0 de manière strictement monotone, tandis que N_2(t) part de 0 avec une pente unité, culmine puis décroît vers 0.

Identifier la coupure hétérolytique du dihydrogène donnant un sel formé du cation phosphonium [\mathrm{Mes}_3\mathrm{PH}]^+ et de l'anion hydridoborate [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-.

Voir la stratégie
  1. Partir du système différentiel reliant N_1 et N_2 en fonction de la variable sans dimension T = t/\tau_1.
  2. Identifier les points caractéristiques : conditions initiales, pentes à l'origine, position relative des deux courbes et extremum de N_2(T).
  3. Interpréter physiquement les deux régimes temporels induits par la faiblesse de la fuite (k = 0{,}1 \ll 1) : quasi-égalisation rapide des deux compartiments, suivie d'une lente vidange conjointe vers le vide.
Voir la réponse courte

Décroissance monotone de N_1/N depuis 1 avec une pente initiale -1/\tau_1, tendant vers zéro à long terme.

Voir le corrigé complet

D'après le système différentiel établi à la question Q18, avec la variable sans dimension T = t/\tau_1 :

\frac{\mathrm{d}(N_1/N)}{\mathrm{d}T} = -\frac{N_1}{N} + \frac{N_2}{N} \quad \text{et} \quad \frac{\mathrm{d}(N_2/N)}{\mathrm{d}T} = \frac{N_1}{N} - (1+k)\frac{N_2}{N}

Plusieurs propriétés remarquables permettent de tracer l'évolution de N_1(T)/N en correspondance directe avec celle de N_2(T)/N pour k = k_1 = 0{,}1 (courbe (c) de la figure 4) :

  • Conditions initiales et pentes à l'origine : À T=0, N_1(0)/N = 1 et N_2(0)/N = 0. Les pentes initiales sont directement opposées :

    \left.\frac{\mathrm{d}(N_1/N)}{\mathrm{d}T}\right|_{T=0} = -1 \quad \text{tandis que} \quad \left.\frac{\mathrm{d}(N_2/N)}{\mathrm{d}T}\right|_{T=0} = +1
  • Sens de variation et position relative : L'enceinte (1) se vide dans l'enceinte (2) tant que N_1 > N_2. On a à tout instant N_1(t) \ge N_2(t), si bien que \frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}T} \le 0 : la population N_1(T) est strictement décroissante.
  • Lien au niveau du maximum de N_2 : Le maximum de N_2(T) est atteint lorsque \frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}T} = 0, c'est-à-dire :

    N_1(T_{\max}) = (1+k) N_2(T_{\max}) = 1{,}1 \, N_2(T_{\max})

    Au temps T_{\max} \approx 1{,}8, où N_2/N \approx 0{,}44, la courbe N_1/N se situe donc juste au-dessus du sommet de N_2/N, à la valeur N_1/N \approx 0{,}49.

  • Comportement aux temps longs (T \gg 1) : Comme la fuite vers l'extérieur est très faible (k = 0{,}1 \ll 1), la dynamique présente deux échelles de temps distinctes :

    • pour T \lesssim 2, un régime rapide gouverné par le temps \tau_1/2, identique au système fermé (question Q16), conduisant à une quasi-égalisation des deux populations (N_1 \approx N_2 \approx N/2) ;
    • pour T \gtrsim 2, un régime de fuite lente où les deux enceintes se vident conjointement vers le vide extérieur à travers l'orifice s' = 0{,}1\,s, avec un temps caractéristique beaucoup plus long \tau_{\text{lente}} \approx \frac{2\tau_1}{k} = 20\,\tau_1. Les deux courbes se rejoignent presque (N_1 \approx N_2) et décroissent lentement vers 0.
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Question 25

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Démarche expérimentale
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : manométrie, équation d'état des gaz parfaits

Indiquer comment, expérimentalement (c'est-à-dire en pratique), l'évolution temporelle du nombre d'atomes dans une enceinte () peut être suivie.

Voir l'indice

Proposer le suivi continu de la pression dans l'enceinte par un capteur piézoélectrique ou un manomètre de Pirani, ou une méthode de spectrométrie d'absorption optique.

Attribuer les signaux aromatiques et aliphatiques, et interpréter le quadruplet à 4{,}10\text{ ppm} par le couplage scalaire avec le noyau ^{11}\mathrm{B} de spin I=3/2 selon la règle 2I+1.

Voir la stratégie

Le gaz étudié est modélisé par un gaz parfait contenu dans une enceinte de volume V fixé et maintenu à température T_0 constante par un thermostat.

  1. Relier la grandeur microscopique N_i(t) à une grandeur macroscopique directement mesurable, en l'occurrence la pression partielle P_i(t).
  2. Préciser les dispositifs expérimentaux envisageables compte tenu de l'ordre de grandeur de la pression dans le domaine effusif (vide primaire ou secondaire).
  3. Mentionner des méthodes alternatives (optiques ou spectrométriques), particulièrement adaptées en présence de mélanges d'espèces.
Voir la réponse courte

Mesure continue de la pression par jauge à vide (Pirani, Penning) car N_i = P_i V / (k_{\mathrm{B}} T_0).

Voir le corrigé complet

Le gaz étant supposé parfait et le système évoluant de manière quasi-statique à volume V et température T_0 constants, la pression P_i(t) au sein de l'enceinte (i) est reliée au nombre d'atomes N_i(t) par l'équation d'état :

P_i(t)\,V = N_i(t)\,k_{\mathrm{B}}T_0 \iff N_i(t) = \frac{V}{k_{\mathrm{B}}T_0}\,P_i(t)

L'évolution temporelle de N_i(t) peut donc être suivie par plusieurs méthodes expérimentales :

  • Mesure manométrique de la pression (méthode directe) :
    La mesure en continu de la pression P_i(t) permet d'accéder directement à N_i(t). Compte tenu de la condition d'effusion qui impose des pressions réduites (P \lesssim 10^3\text{ Pa}, d'après la question Q14), on emploie des capteurs de vide adaptés :

    • un manomètre capacitif (jauge capacitive à membrane), indépendant de la nature du gaz ;
    • une jauge thermique (type jauge de Pirani, basée sur la conductivité thermique du gaz) ;
    • une jauge à ionisation (type Penning ou Bayard-Alpert) si les pressions sont très faibles (vide poussé).
  • Spectrophotométrie d'absorption optique :
    En éclairant l'enceinte à travers un hublot transparent à une longueur d'onde de résonance atomique, l'absorbance mesurée A(t) est directement proportionnelle à la concentration numérique n_i(t) = N_i(t)/V en vertu de la loi de Beer-Lambert.
  • Spectrométrie de masse (analyseur de gaz résiduel) :
    Un très faible prélèvement ou un raccordement à un spectromètre de masse quadripolaire permet de mesurer le courant ionique proportionnel au nombre d'atomes, méthode particulièrement indispensable pour discriminer les isotopes dans le cas d'un mélange (comme évoqué à la question Q17).
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4.3 · Système formé d'une série d'enceintes

Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Mise en équation

Notions : bilan de particules, discrétisation spatiale

Établir l'équation différentielle reliant , et , pour .

Voir l'indice

Écrire le bilan particulaire de l'enceinte intermédiaire i recevant de la matière de i-1 et i+1 et en cédant vers celles-ci selon la loi d'effusion.

Écrire la réaction d'oléfination de Wittig entre la benzophénone et l'ylure de phosphore, et justifier son irréversibilité par la très grande énergie de la liaison \mathrm{P=O}.

Voir la stratégie

Pour une enceinte intermédiaire i (1 < i < K), on effectue un bilan du nombre d'atomes pendant une durée \mathrm{d}t, en comptabilisant les flux effusifs échangés à travers les deux orifices identiques de section s la reliant à ses voisines immédiates (i-1) et (i+1).

Voir la réponse courte

Bilan de flux sur l'enceinte i : \frac{\mathrm{d}N_i}{\mathrm{d}t} = \frac{1}{\tau}(N_{i-1} - 2N_i + N_{i+1}).

Voir le corrigé complet

Considérons l'enceinte i pour 1 < i < K à l'instant t. Elle communique uniquement avec les enceintes (i-1) et (i+1) par deux orifices identiques de section s.

D'après la relation (7), le flux effusif d'une enceinte contenant N atomes vers une enceinte voisine à travers un trou de section s s'écrit :

\dot{N}_{\text{sortant}} = \frac{N}{\tau}

Le bilan d'atomes dans l'enceinte i entre les instants t et t + \mathrm{d}t s'écrit ainsi :

\begin{aligned} \frac{\mathrm{d}N_i}{\mathrm{d}t} &= \dot{N}_{(i-1) \to i} - \dot{N}_{i \to (i-1)} + \dot{N}_{(i+1) \to i} - \dot{N}_{i \to (i+1)} \\ &= \frac{N_{i-1}(t)}{\tau} - \frac{N_i(t)}{\tau} + \frac{N_{i+1}(t)}{\tau} - \frac{N_i(t)}{\tau} \end{aligned}

On obtient ainsi l'équation différentielle régissant l'évolution du nombre d'atomes N_i(t) :

\boxed{\frac{\mathrm{d}N_i}{\mathrm{d}t} = \frac{1}{\tau}\left(N_{i-1}(t) - 2N_i(t) + N_{i+1}(t)\right)}

Résultat

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Question 27

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : équation de diffusion, limite continue

Établir l'équation aux dérivées partielles vérifiée par la fonction . Commenter ce résultat.

Voir l'indice

Développer la fonction f(x \pm L, t) en série de Taylor à l'ordre deux en espace pour faire émerger l'opérateur laplacien 1D et identifier le coefficient de diffusion D = L^2/\tau.

Identifier le carbanion intermédiaire stabilisé par les cycles phényles, le produit final hydrogéné, puis ordonner les étapes : coupure hétérolytique, transfert d'hydrure, transfert de proton.

Voir la stratégie
  1. Exprimer les termes discrets N_{i+1}(t) et N_{i-1}(t) à l'aide de la fonction continue f(x, t) sous la forme de développements de Taylor par rapport à la variable d'espace x_i = i L, à l'ordre deux en la maille spatiale L.
  2. Injecter ces développements dans la relation discrète établie à la question 26 pour faire apparaître la dérivée spatiale seconde (laplacien 1D).
  3. Identifier l'équation aux dérivées partielles obtenue ainsi que le coefficient de diffusion effectif D, puis en commenter la nature et le sens physique.
Voir la réponse courte

Développement de Taylor au pas spatial a : \frac{\partial f}{\partial t} = D \frac{\partial^2 f}{\partial x^2} avec coefficient de diffusion D = a^2/\tau.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de l'approximation des milieux continus (K \gg 1), la variable discrète N_i(t) s'identifie à f(x_i, t) où x_i = i L. La distance séparant deux enceintes adjacentes est égale au pas spatial \Delta x = x_{i+1} - x_i = L.
Effectuons un développement de Taylor de la fonction f au voisinage de l'abscisse x_i à l'ordre deux en L :

\begin{aligned} N_{i+1}(t) &= f(x_i + L, t) = f(x_i, t) + L \frac{\partial f}{\partial x}(x_i, t) + \frac{L^2}{2} \frac{\partial^2 f}{\partial x^2}(x_i, t) + \mathcal{O}(L^3) \\ N_{i-1}(t) &= f(x_i - L, t) = f(x_i, t) - L \frac{\partial f}{\partial x}(x_i, t) + \frac{L^2}{2} \frac{\partial^2 f}{\partial x^2}(x_i, t) + \mathcal{O}(L^3) \end{aligned}

En sommant ces deux expressions, les termes d'ordre un s'annulent et il vient :

N_{i+1}(t) - 2N_i(t) + N_{i-1}(t) = L^2 \frac{\partial^2 f}{\partial x^2}(x_i, t) + \mathcal{O}(L^3)

Par ailleurs, la dérivée temporelle discrète s'identifie à la dérivée partielle temporelle :

\frac{\mathrm{d}N_i}{\mathrm{d}t} = \frac{\partial f}{\partial t}(x_i, t)

En reportant ces relations dans l'équation différentielle établie à la question 26, on obtient :

\frac{\partial f}{\partial t}(x_i, t) = \frac{L^2}{\tau} \frac{\partial^2 f}{\partial x^2}(x_i, t)

En étendant cette relation à toute abscisse x, la fonction f(x, t) vérifie l'équation aux dérivées partielles :

\boxed{\frac{\partial f}{\partial t} = D \frac{\partial^2 f}{\partial x^2} \quad \text{avec} \quad D = \frac{L^2}{\tau}}

Comme V = L^3, le coefficient de diffusion s'écrit également à partir de l'expression de \tau (établie à la question 11) :

D = \frac{s}{L} \sqrt{\frac{k_{\mathrm{B}} T_0}{2\pi m}}

Commentaires sur ce résultat :

  • Il s'agit de l'équation de la diffusion unidimensionnelle (équation de la chaleur / seconde loi de Fick).
  • La constante D représente un coefficient de diffusion effectif de dimension [D] = \mathrm{L^2\cdot T^{-1}} = \mathrm{m^2\cdot s^{-1}}.
  • Cette équation parabolique traduit un phénomène de transport irréversible : le gaz s'étale progressivement le long de la chaîne d'enceintes sous l'effet du gradient de concentration (ici gradient du nombre d'atomes), en tendant vers une répartition spatialement uniforme à l'équilibre.
  • Le temps caractéristique de diffusion sur une distance macroscopique d obéit à la loi d'échelle classique t_{\text{diff}} \sim d^2 / D.

Résultat

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Question 28

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : échelle mésoscopique, approximation des milieux continus

Indiquer à quelle condition, portant sur la suite des nombres d'atomes, le passage à la limite continue que nous avons effectué reste justifiable.

Voir l'indice

Vérifier la condition des milieux continus : grand nombre de particules par cellule (N_i \gg 1) et variations relatives faibles entre cellules voisines (|N_{i+1}-N_i| \ll N_i).

Citer l'absence de catalyseurs à base de métaux de transition onéreux ou toxiques et la mise en œuvre à température ambiante sous pression modérée de dihydrogène.

Voir la stratégie
  1. Analyser la validité mathématique du développement de Taylor réalisé à la question précédente (négligeabilité des termes d'ordre supérieur).
  2. Rappeler la condition physique et statistique nécessaire pour décrire une grandeur discrète par une fonction continue (absence de fluctuations quantiques ou discrètes dominantes).
  3. Formuler explicitement la condition portant sur la suite (N_i).
Voir la réponse courte

La variation relative du nombre d'atomes d'une maille à l'autre doit être faible : |N_{i+1} - N_i| \ll N_i.

Voir le corrigé complet

Le passage à la limite continue repose sur deux conditions complémentaires portant sur la suite (N_i) :

  1. Condition de variation spatiale lente (continuité mathématique) : Pour tronquer le développement de Taylor de f(x \pm L, t) au second ordre en L, il faut que les termes d'ordre supérieur soient négligeables :

    \frac{L^4}{12}\left|\frac{\partial^4 f}{\partial x^4}\right| \ll L^2 \left|\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}\right|

    En notant \lambda l'échelle spatiale caractéristique de variation du profil de population, cette condition équivaut à \lambda \gg L. Transposée à la suite discrète (N_i)_{1 \le i \le K}, elle impose que la population varie très peu d'une boîte à sa voisine :

    |N_{i+1}(t) - N_i(t)| \ll N_i(t)

    La suite (N_i) ne doit donc présenter aucun saut ou gradient abrupt à l'échelle d'une maille L.

  2. Condition statistique (validité du milieu continu) : Pour pouvoir assimiler la population discrète d'une enceinte à une fonction continue f et s'affranchir des fluctuations microscopiques (loi des grands nombres, avec des fluctuations relatives en 1/\sqrt{N_i} négligeables), il est indispensable que chaque enceinte contienne un grand nombre d'atomes :

    \forall i, \quad N_i(t) \gg 1
\boxed{N_i(t) \gg 1 \quad \text{et} \quad |N_{i+1}(t) - N_i(t)| \ll N_i(t)}

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 29

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : équation de diffusion, régime transitoire

Nous supposons que le système formé de l'ensemble des enceintes est fermé (c'est-à-dire qu'il n'y a aucune fuite vers l'extérieur). À l'instant initial, la première enceinte contient atomes et les autres sont vides (nous ne tiendrons pas compte du fait que ces conditions initiales peuvent ne pas satisfaire la condition établie en réponse à la question (28)). Représenter qualitativement l'allure graphique de l'évolution temporelle de la fonction représentant le nombre d'atomes occupant l'enceinte d'abscisse (dans la limite continue). Nous considérerons que cette enceinte se situe au milieu de la chaîne, ou dans son voisinage. On enrichira ce tracé d'éventuelles données.

Voir l'indice

Tracer une fonction initialement nulle, restant négligeable pendant un temps de latence t_d \sim d^2/(2D), atteignant un pic transitoire puis tendant vers l'état homogène N/K.

Rappeler que la proline est un acide aminé naturel protéinogène (acide aminé secondaire cyclique).

Voir la stratégie
  1. Identifier la valeur initiale N(d, t=0) et la valeur asymptotique N(d, t \to \infty) par conservation du nombre total d'atomes dans le système fermé.
  2. Évaluer les échelles de temps caractéristiques du phénomène de diffusion : le temps de latence t_d nécessaire pour que les atomes atteignent l'abscisse d, et le temps d'homogénéisation globale t_{\text{eq}}.
  3. Tracer l'allure de la courbe N(d, t) en faisant apparaître ces grandeurs caractéristiques.
Voir la réponse courte

Réponse retardée et étalée par diffusion, atteignant un maximum avant relaxation vers une distribution uniforme.

Voir le corrigé complet

1. États limites et conservation du nombre d'atomes :

  • À l'instant initial (t = 0) : Tous les atomes sont situés dans la première enceinte (x_1 \approx 0). L'enceinte située en d \gg L est donc initialement vide :

    N(d, 0) = 0
  • À l'état final (t \to \infty) : Le système étant fermé et sans fuite vers l'extérieur, le nombre total d'atomes N se conserve. Par diffusion, le gaz tend vers un état d'équilibre thermodynamique macroscopique où la densité est uniforme dans toute la chaîne de K enceintes identiques :

    N(d, t \to \infty) = \frac{N}{K}

2. Échelles de temps caractéristiques : D'après l'équation de diffusion établie à la question précédente, le transfert de matière est régi par le coefficient de diffusion D = \frac{L^2}{\tau} :

  • Temps de diffusion jusqu'à l'abscisse d : Il s'écoule un temps de latence avant que le front de matière n'atteigne l'enceinte d'abscisse d :

    t_d \sim \frac{d^2}{2D} = \frac{d^2}{2 L^2}\,\tau

    Pour une enceinte située au milieu de la chaîne (d \approx \frac{K L}{2}), ce temps est de l'ordre de :

    t_d \sim \frac{K^2}{8}\,\tau
  • Temps d'homogénéisation globale : L'ensemble de la chaîne de longueur totale L_{\text{tot}} = K L atteint l'uniformité sur un temps caractéristique :

    t_{\text{eq}} \sim \frac{L_{\text{tot}}^2}{\pi^2 D} = \frac{K^2}{\pi^2}\,\tau \sim K^2 \tau

3. Allure de l'évolution temporelle : Aux temps courts (t \ll t_d), le nombre d'atomes reste quasi nul avec une tangente horizontale à l'origine (effet de retard diffusif). Puis, N(d, t) augmente de façon monotone (allure sigmoïdale pour le milieu de chaîne) pour tendre asymptotiquement vers N/K.

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4.4 · Analogie électrocinétique

Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Question de cours
  • Calcul littéral

Notions : analogie électrocinétique, résistance thermique

Indiquer, sur la base d'une construction rigoureuse, quels sont les équivalents, pour le système , d'une charge électrique , d'un courant , d'un potentiel électrique , d'une résistance et d'une capacité . On donnera l'expression de chacun de ces équivalents. En particulier, on exprimera la « résistance effusive » en fonction de , et (aire de la section d'un trou).

Voir l'indice

Établir l'analogie Q \leftrightarrow N, I \leftrightarrow \dot{N} et V_{\text{élec}} \leftrightarrow P, puis utiliser la loi des gaz parfaits pour déduire la capacité C = V/(k_{\mathrm{B}}T_0) et la résistance R_{\mathrm{eff}}.

Proposer une double addition d'un réactif de Grignard phénylé (\mathrm{PhMgBr} en excès) sur la fonction ester méthylique, suivie d'une hydrolyse acide ménagée.

Voir la stratégie
  1. Identifier la grandeur conservative extensive du système jouant le rôle de la charge électrique Q, ainsi que le flux particulaire associé jouant le rôle de l'intensité I.
  2. Identifier la variable intensive motrice de l'écoulement (l'analogue du potentiel électrique V_{\text{élec}}) à l'aide de l'équation d'état du gaz parfait.
  3. En déduire l'équivalent de la relation constitutive d'un condensateur (Q = C V_{\text{élec}}) pour exprimer la capacité C, puis la loi d'Ohm (\Delta V_{\text{élec}} = R I) pour identifier la résistance effusive R_{\mathrm{eff}}.
Voir la réponse courte

Q \leftrightarrow N, I \leftrightarrow \dot{N}, V_{\text{élec}} \leftrightarrow P, C \leftrightarrow V/(k_{\mathrm{B}}T_0), R_{\mathrm{eff}} = \frac{\sqrt{2\pi m k_{\mathrm{B}}T_0}}{s}.

Voir le corrigé complet

Dans le système fluide \mathcal{S}, l'échange d'atomes à travers l'orifice est régi par les équations de conservation et d'effusion établies précédemment. Construisons l'analogie électrocinétique terme à terme :

  • Charge électrique Q : La grandeur extensive conservative stockée dans chaque enceinte est le nombre d'atomes N. Ainsi :

    \boxed{Q \longleftrightarrow N}
  • Courant électrique I : Le débit de charges I = \frac{\mathrm{d}Q}{\mathrm{d}t} a pour analogue le débit ou flux algébrique net d'atomes \Phi_{1\to 2} traversant une section de l'orifice :

    \boxed{I \longleftrightarrow \Phi = \dot{N}_{1/2} - \dot{N}_{2/1} = \frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}}
  • Potentiel électrique V_{\text{élec}} : L'écoulement d'atomes est gouverné par la différence de pression entre les deux enceintes. La grandeur intensive motrice est donc la pression P du gaz :

    \boxed{V_{\text{élec}} \longleftrightarrow P}
  • Capacité électrique C : Dans une enceinte de volume V maintenue à la température T_0, le gaz parfait vérifie :

    P V = N k_{\mathrm{B}} T_0 \iff N = \left(\frac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0}\right) P

    Par identification avec la relation constitutive d'un condensateur Q = C V_{\text{élec}}, on obtient la capacité d'une enceinte :

    \boxed{C = \frac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0}}
  • Résistance effusive R_{\mathrm{eff}} : D'après la relation (7) issue de la question Q11, le flux net d'atomes de l'enceinte (1) vers l'enceinte (2) s'écrit :

    \Phi = \frac{N_1 - N_2}{\tau}

    En exprimant N_1 et N_2 en fonction des pressions respectives P_1 et P_2 :

    N_1 - N_2 = \frac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0}(P_1 - P_2) \implies \Phi = \frac{V}{\tau k_{\mathrm{B}} T_0}(P_1 - P_2)

    La loi d'Ohm locale \Delta V_{\text{élec}} = P_1 - P_2 = R_{\mathrm{eff}} \Phi impose alors :

    R_{\mathrm{eff}} = \frac{\tau k_{\mathrm{B}} T_0}{V}

    En injectant l'expression de \tau = \frac{V}{s}\sqrt{\frac{2\pi m}{k_{\mathrm{B}}T_0}} (question Q11), on aboutit à :

    \boxed{R_{\mathrm{eff}} = \frac{\sqrt{2\pi m k_{\mathrm{B}} T_0}}{s}}

Résultat

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Question 31

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analogie électrocinétique, circuit rc

Représenter, par un schéma, l'analogue électrique du système fermé formé de deux enceintes en communication par l'intermédiaire d'un trou (se reporter à la figure (1)).

Voir l'indice

Représenter deux condensateurs de capacité C reliés en boucle fermée à travers une résistance de valeur R_{\mathrm{eff}}.

Dessiner le ballon, le tube récepteur gradué et le réfrigérant du Dean-Stark, et expliquer le déplacement d'équilibre par élimination azéotropique de l'eau.

Voir la réponse courte

Deux condensateurs identiques C reliés en boucle fermée à travers une résistance R_{\mathrm{eff}}.

Voir le corrigé complet

D'après les correspondances établies à la question Q30 :

  • chaque enceinte (i) (i \in \{1, 2\}) de volume V à la température T_0 stocke une charge Q_i = N_i sous un potentiel P_i tel que P_i = \dfrac{N_i k_{\mathrm{B}} T_0}{V} = \dfrac{Q_i}{C}. Elle est donc modélisée par un condensateur de capacité :

    C = \frac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0}

    relié entre le nœud au potentiel P_i et la masse de référence (P = 0) ;

  • l'orifice d'aire s séparant les deux enceintes assure une communication résistive soumise à la différence de potentiel P_1 - P_2. Il est donc modélisé par un résistor de résistance effusive :

    R_{\mathrm{eff}} = \frac{\sqrt{2\pi m k_{\mathrm{B}} T_0}}{s}

    connecté entre les deux nœuds de potentiels P_1 et P_2 ;

  • le courant électrique circulant de l'enceinte (1) vers l'enceinte (2) représente le débit net de particules :

    I = \frac{P_1 - P_2}{R_{\mathrm{eff}}} = \frac{N_1 - N_2}{R_{\mathrm{eff}} C} = \frac{N_1 - N_2}{\tau}

    ce qui redonne bien le système différentiel de la question Q15, la constante de temps du circuit étant \tau_c = R_{\mathrm{eff}} \dfrac{C}{2} = \dfrac{\tau}{2}.

Initialement, le condensateur 1 porte la charge Q_1(0) = N (potentiel P_1(0) = N k_{\mathrm{B}} T_0 / V), tandis que le condensateur 2 est initialement déchargé (Q_2(0) = 0).

Le schéma de l'analogue électrique associé est représenté ci-dessous :

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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : analogie électrocinétique, circuit rc

Représenter, par un schéma, l'analogue électrique du système formé de deux enceintes en communication par l'intermédiaire d'un trou (aire ), l'une étant en communication avec l'extérieur (le vide) par l'intermédiaire d'un second trou (aire ) (se reporter à la figure (3)).

Voir l'indice

Reprendre le circuit précédent et connecter le second condensateur à la masse (potentiel nul représentant le vide) par une résistance R_2 = R_{\mathrm{eff}}/k.

Représenter l'approche endo stabilisée par les interactions orbitalaires secondaires entre les doubles liaisons du diène et le carbonyle du diénophile.

Voir la stratégie
  1. Identifier la modélisation électrique de chaque élément d'après les correspondances établies à la question Q30 :

    • les deux enceintes de volume V sont modélisées par des condensateurs identiques de capacité C = \dfrac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0} reliés à la masse (le potentiel nul P = 0 représentant le vide) ;
    • l'orifice de communication interne d'aire s est modélisé par une résistance effusive R_1 = R_{\mathrm{eff}} = \dfrac{\sqrt{2\pi m k_{\mathrm{B}} T_0}}{s} reliant les potentiels P_1 et P_2 ;
    • l'orifice externe d'aire s' = ks reliant l'enceinte (2) au vide extérieur (P_{\text{ext}} = 0, soit la masse) est modélisé par une résistance effusive R_2 = \dfrac{R_{\mathrm{eff}}}{k} connectée entre le nœud 2 et la masse.
  2. Représenter le schéma électrique équivalent en indiquant clairement les potentiels, les dipôles et leurs valeurs associées.
Voir la réponse courte

Condensateur C_1 relié par R_1 au condensateur C_2, lui-même relié à la masse par la résistance de fuite R_2.

Voir le corrigé complet

D'après les équivalences définies à la question Q30 :

  • La pression extérieure étant nulle (milieu extérieur vide, P_{\mathrm{ext}} = 0), l'extérieur correspond à la référence des potentiels (la masse).
  • L'enceinte (1) est représentée par un condensateur de capacité C = \dfrac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0} placé entre le potentiel P_1(t) et la masse, initialement chargé sous une charge Q_1(0) = N.
  • L'orifice d'aire s assure le transfert de particules entre les deux enceintes et correspond à une résistance R_1 = R_{\mathrm{eff}} reliant les nœuds 1 et 2, avec R_{\mathrm{eff}} C = \tau_1.
  • L'enceinte (2) est représentée par un condensateur identique de capacité C reliant le potentiel P_2(t) à la masse, initialement déchargé (Q_2(0) = 0).
  • L'orifice de fuite d'aire s' = ks évacue les particules de l'enceinte (2) vers le vide ; il correspond à une résistance effusive R_2 = \dfrac{R_{\mathrm{eff}}}{k} reliant le nœud 2 à la masse, telle que R_2 C = \tau_2 = \dfrac{\tau_1}{k}.

Le schéma électrique équivalent est donc un circuit passif en échelle RC à deux mailles :

\boxed{\text{Le schéma équivalent associe deux capacités } C = \frac{V}{k_{\mathrm{B}}T_0} \text{ couplées par } R_1 = R_{\mathrm{eff}}, \text{ avec une fuite à la masse via } R_2 = \frac{R_{\mathrm{eff}}}{k}.}

Résultat

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Question 33

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : analogie électrocinétique, irréversibilité

Indiquer quelle différence fondamentale il existe toutefois entre le système et son analogue électrocinétique.

Voir l'indice

Souligner que le nombre d'atomes est une grandeur strictement positive et discrète, alors que la charge électrique peut changer de signe.

Coordonner l'atome d'oxygène du carbonyle sur le bore acide de Lewis en disposant le motif pour permettre une liaison hydrogène intramoléculaire avec le \mathrm{N-H}^+.

Voir la réponse courte

Les pressions et nombres d'atomes sont strictement positifs contrairement aux tensions et charges algébriques.

Voir le corrigé complet

L'analogie formelle entre les équations différentielles du système effusif \mathcal{S} et celles d'un réseau électrique \mathrm{RC} masque plusieurs différences physiques fondamentales :

  1. Nature microscopique du transport et origine de la « résistance » :

    • Dans un conducteur ohmique, le courant électrique résulte de l'action d'une force motrice macroscopique (\vec{F} = q\vec{E}) sur les porteurs de charge, limitée par de très nombreuses collisions avec le réseau cristallin (modèle de Drude, régime fortement collisionnel). Cette friction microscopique dissipe de l'énergie sous forme de chaleur par effet Joule.
    • À l'inverse, l'effusion s'effectue en régime purement balistique (hypothèse \mathcal{H}_{\text{eff}}) : les atomes traversent l'orifice sans subir la moindre collision et en l'absence de toute force motrice au passage du trou. Le débit net n'est pas un mouvement d'ensemble freiné, mais la simple différence statistique entre deux flux thermiques unidirectionnels totalement découplés. Il n'y a aucune dissipation d'énergie par frottement localisé (pas d'équivalent de l'effet Joule au niveau de l'orifice).
  2. Caractère absolu des grandeurs thermodynamiques vs relativité du potentiel :

    • Le potentiel électrique V_{\text{élec}} est défini à une constante additive près (seules les différences de potentiel ont un sens physique) et peut être de signe quelconque, tout comme la charge Q.
    • En revanche, la pression P et le nombre d'atomes N sont des grandeurs intrinsèquement positives, admettant une référence absolue : le vide P = 0 (N = 0). Un « potentiel » négatif n'a aucun sens physique pour le gaz.
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Partie Partie Chimie : Quelques aspects de la chimie du bore

1.1.1 · Considérations générales

Question 1

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Calcul littéral
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : nombre d'oxydation, électronégativité

Donner le degré d'oxydation du bore et de l'aluminium dans les structures et .

Voir la réponse courte

Le fluor étant au degré -\mathrm{I}, le bore et l'aluminium sont tous deux au degré d'oxydation +\mathrm{III}.

Voir le corrigé complet

Le fluor étant l'élément le plus électronégatif de la classification périodique (\chi_{\mathrm{P}}(\mathrm{F}) \approx 4{,}0), il se voit attribuer le nombre d'oxydation -\mathrm{I} dans ses combinaisons avec le bore (\chi_{\mathrm{P}}(\mathrm{B}) \approx 2{,}0) et l'aluminium (\chi_{\mathrm{P}}(\mathrm{Al}) \approx 1{,}6).

La somme des nombres d'oxydation des atomes d'un édifice neutre étant nulle :

  • Pour la molécule \mathrm{BF}_3 :

    \mathrm{n.o.}(\mathrm{B}) + 3\,\mathrm{n.o.}(\mathrm{F}) = 0 \iff \mathrm{n.o.}(\mathrm{B}) + 3 \times (-\mathrm{I}) = 0

    soit :

    \boxed{\mathrm{n.o.}(\mathrm{B}) = +\mathrm{III}}
  • Pour \mathrm{AlF}_3 :

    \mathrm{n.o.}(\mathrm{Al}) + 3\,\mathrm{n.o.}(\mathrm{F}) = 0 \iff \mathrm{n.o.}(\mathrm{Al}) + 3 \times (-\mathrm{I}) = 0

    soit :

    \boxed{\mathrm{n.o.}(\mathrm{Al}) = +\mathrm{III}}

Résultat

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Question 2

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : acide de lewis, lacune électronique

Justifier que et sont bien des acides de Lewis.

Voir la réponse courte

L'atome central possède un sextet électronique et dispose d'une case quantique vacante acceptrice de doublet.

Voir le corrigé complet

D'après le préambule de la partie chimie, un acide de Lewis est défini comme une entité chimique possédant une lacune électronique, c'est-à-dire une orbitale atomique de valence vacante susceptible d'accueillir un doublet d'électrons provenant d'une base de Lewis.

  • Cas du bore dans \mathrm{BF}_3 : Le bore (Z = 5) possède la configuration électronique fondamentale 1s^2 2s^2 2p^1, soit 3 électrons de valence. Dans la molécule \mathrm{BF}_3, le bore engage ses 3 électrons dans 3 liaisons de covalence simples avec les trois atomes de fluor. Il est ainsi entouré de 6 électrons (un sextet) et ne respecte pas la règle de l'octet : il possède une orbitale 2p_z vacante (une lacune électronique).
  • Cas de l'aluminium dans \mathrm{AlF}_3 : L'aluminium (Z = 13, même colonne 13 que le bore) possède la configuration électronique fondamentale [\mathrm{Ne}]\, 3s^2 3p^1, soit également 3 électrons de valence. Dans l'entité monomère \mathrm{AlF}_3, l'aluminium est entouré de 3 doublets liants (6 électrons) et présente également une orbitale 3p_z vacante (une lacune électronique).

Possédant chacun une lacune électronique sur l'atome central, \mathrm{BF}_3 et \mathrm{AlF}_3 sont donc bien des acides de Lewis.

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Question 3

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : acide de lewis, rétrodonation

Comparer, qualitativement, la force des acides de Lewis et .

Voir la stratégie

Pour comparer la force de deux acides de Lewis de même type :

  1. Évaluer la disponibilité de la lacune électronique en analysant les effets donneurs \pi des substituants fluor (stabilisation par mésomérie et qualité des recouvrements orbitaires p_\pi - p_\pi).
  2. Prendre en compte les effets de taille et d'électronégativité des atomes centraux (accessibilité stérique et charge partielle).
Voir la réponse courte

Rétrodonation \pi partielle des doublets du fluor dans la case vide du bore, diminuant l'acidité de Lewis de \mathrm{BF}_3.

Voir le corrigé complet

Deux facteurs principaux permettent de comparer qualitativement l'acidité de Lewis de \mathrm{BF}_3 et \mathrm{AlF}_3 :

  • Recouvrement \pi et donation des doublets des fluorures :

    • Dans la molécule \mathrm{BF}_3, l'atome de bore et les atomes de fluor appartiennent à la même période (période 2). Le recouvrement entre les orbitales 2p pleines des fluors et la lacune 2p_z vide du bore est particulièrement efficace en raison de leur proximité énergétique et de leur taille similaire (liaison \pi par rétro-donation 2p_\pi - 2p_\pi). Cette délocalisation partielle des doublets non liants comble en partie la lacune électronique du bore, ce qui atténue significativement son électrophilie.
    • Dans \mathrm{AlF}_3, l'aluminium appartient à la période 3 : sa lacune réside dans une orbitale 3p. La différence d'extension spatiale et d'énergie entre les orbitales 2p du fluor et 3p de l'aluminium rend le recouvrement 2p_\pi - 3p_\pi beaucoup moins efficace. La lacune de l'aluminium est donc nettement moins compensée par les doublets des fluors, ce qui accroît sa disponibilité pour interagir avec une base de Lewis externe.
  • Électronégativité et accessibilité stérique : L'aluminium est moins électronégatif que le bore (\chi_{\mathrm{Al}} < \chi_{\mathrm{B}}), rendant la liaison \mathrm{Al}-\mathrm{F} plus polarisée et conférant à l'atome d'aluminium un caractère plus électrophile. De plus, le rayon atomique de l'aluminium est plus grand (r_{\mathrm{Al}} > r_{\mathrm{B}}), ce qui réduit la gêne stérique et permet à l'aluminium d'augmenter plus aisément sa coordinence (jusqu'à 6, comme observé dans la phase solide \beta\text{-}\mathrm{AlF}_3).
\boxed{\mathrm{AlF}_3 \text{ est un acide de Lewis plus fort que } \mathrm{BF}_3.}

Résultat

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1.1.2 · Pourquoi BF3 est un gaz (et AlF3 un solide) à température ambiante

Question 4

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document
  • Faisable en MPSI, PCSI, TSI1

Notions : coordinence, maille cristalline

Déterminer les coordinences des atomes d'aluminium et de fluor. Préciser la nature des sites occupés.

Voir la stratégie
  1. Dénombrer le nombre d'atomes de chaque espèce appartenant en propre à la maille élémentaire afin de vérifier la stœchiométrie \mathrm{AlF}_3.
  2. Déterminer l'environnement géométrique et le nombre de plus proches voisins pour chaque type d'atome en exploitant la périodicité du cristal.
  3. Identifier la nature géométrique des sites correspondants (octaédrique, linéaire).
Voir la réponse courte

Al est en site octaédrique de coordinence 6, et F est pontant entre deux octaèdres (coordinence 2).

Voir le corrigé complet

1. Population de la maille et vérification stœchiométrique :

  • Les atomes d'aluminium occupent les 8 sommets du cube, chacun étant partagé par 8 mailles adjacentes :

    N_{\mathrm{Al}} = 8 \times \frac{1}{8} = 1
  • Les atomes de fluor occupent les milieux des 12 arêtes du cube, chacun étant partagé par 4 mailles :

    N_{\mathrm{F}} = 12 \times \frac{1}{4} = 3

La maille contient donc 1 motif formulaire \mathrm{AlF}_3.

2. Coordinence et nature des sites :

  • Pour l'aluminium : chaque sommet est le point de rencontre de 6 arêtes orthogonales (le long des axes \pm \vec{e}_x, \pm \vec{e}_y, \pm \vec{e}_z). Sur chacune de ces arêtes, à la distance d = a/2, se trouve un atome de fluor. L'aluminium est ainsi entouré de 6 atomes de fluor disposés aux sommets d'un octaèdre régulier. L'aluminium occupe un site octaédrique et sa coordinence vaut :

    \boxed{\mathrm{Coordinence}(\mathrm{Al}) = 6}
  • Pour le fluor : chaque atome de fluor, situé au milieu d'une arête de longueur a, possède pour plus proches voisins les 2 atomes d'aluminium situés aux deux extrémités de cette arête, à la distance d = a/2. Les atomes de fluor occupent donc un site linéaire (ou pontant) de coordinence :

    \boxed{\mathrm{Coordinence}(\mathrm{F}) = 2}

Résultat

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Question 5

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en MPSI, PCSI, TSI1

Notions : masse volumique, rayon ionique

La masse volumique expérimentale du trifluorure d'aluminium est . En justifiant chaque hypothèse de calcul, et à l'aide des données tabulées, justifier la nature ionique des liaisons fluor-aluminium dans . Commenter. (Une marge d'erreur de 10

Voir la stratégie
  1. Exprimer le paramètre de maille a sous l'hypothèse d'un contact entre sphères dures le long de l'arête du cube pour le modèle ionique et pour le modèle covalent.
  2. Calculer la masse molaire de l'unité formulaire \mathrm{AlF}_3 et la masse volumique théorique \rho_{\text{th}} correspondante.
  3. Comparer la masse volumique calculée à la valeur expérimentale \rho = 2,84\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} pour conclure sur la nature de la liaison.
Voir la réponse courte

Calcul du paramètre a par contact ionique et de \rho en accord avec 2,84\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}.

Voir le corrigé complet

1. Hypothèses de calcul :

  • Modèle des sphères dures indéformables : les atomes (ou ions) sont assimilés à des sphères en contact tangentiel le long de l'arête du cube entre un atome central de la liaison placé au sommet (x=0) et le fluor situé au milieu de l'arête (x=a/2).
  • Paramètre de maille : la condition de contact impose :

    \frac{a}{2} = r_{\mathrm{Al}} + r_{\mathrm{F}} \implies a = 2\left(r_{\mathrm{Al}} + r_{\mathrm{F}}\right)
  • Contenu de la maille : d'après la question Q4, la maille cubique simple compte Z = 1 unité formulaire \mathrm{AlF}_3 (N_{\mathrm{Al}} = 1 et N_{\mathrm{F}} = 3).

La masse molaire de \mathrm{AlF}_3 vaut :

M(\mathrm{AlF}_3) = M(\mathrm{Al}) + 3\,M(\mathrm{F}) = 27,0 + 3 \times 19,0 = 84,0\text{ g}\cdot\text{mol}^{-1}

La masse volumique théorique s'exprime donc par :

\rho = \frac{Z\,M(\mathrm{AlF}_3)}{N_A\,a^3}

2. Test du modèle ionique : En faisant l'hypothèse d'une liaison purement ionique entre \mathrm{Al}^{3+} et \mathrm{F}^-, les rayons tabulés sont r_{\mathrm{Al}^{3+}} = 51\text{ pm} et r_{\mathrm{F}^-} = 133\text{ pm}. Le paramètre de maille s'écrit :

\begin{aligned} a_{\text{ion}} &= 2\left(r_{\mathrm{Al}^{3+}} + r_{\mathrm{F}^-}\right) = 2 \times (51 + 133)\text{ pm} = 368\text{ pm} = 3,68 \times 10^{-8}\text{ cm} \end{aligned}

Le volume de la maille est :

V_{\text{maille}} = a_{\text{ion}}^3 = (3,68 \times 10^{-8}\text{ cm})^3 \approx 4,98 \times 10^{-23}\text{ cm}^3

La masse volumique théorique est alors :

\begin{aligned} \rho_{\text{ion}} &= \frac{1 \times 84,0}{6,022 \times 10^{23} \times 4,98 \times 10^{-23}} \approx 2,80\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} \end{aligned}

L'écart relatif avec la valeur expérimentale \rho_{\text{exp}} = 2,84\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} est de :

\frac{|\rho_{\text{ion}} - \rho_{\text{exp}}|}{\rho_{\text{exp}}} = \frac{|2,80 - 2,84|}{2,84} \approx 1,4\% \ll 10\%

3. Test du modèle covalent (à titre comparatif) : Avec les rayons atomiques (r_{\mathrm{Al}} = 143\text{ pm} et r_{\mathrm{F}} = 50\text{ pm}) :

\begin{aligned} a_{\text{cov}} &= 2 \times (143 + 50) = 386\text{ pm} = 3,86 \times 10^{-8}\text{ cm} \\ \rho_{\text{cov}} &= \frac{84,0}{6,022 \times 10^{23} \times (3,86 \times 10^{-8})^3} \approx 2,43\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} \end{aligned}

L'écart relatif serait ici de \approx 14\%, ce qui dépasse la tolérance de 10\%.

\boxed{\rho_{\text{calc, ion}} \approx 2,80\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3} \approx \rho_{\text{exp}} = 2,84\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}}

Commentaire : L'excellent accord entre la masse volumique expérimentale et celle issue des rayons ioniques (écart de 1,4\%) justifie sans ambiguïté le caractère essentiellement ionique du réseau tridimensionnel de \beta\text{-}\mathrm{AlF}_3.

Résultat

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Question 6

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Calcul littéral
  • Application numérique
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : pourcentage d'ionicité, moment dipolaire

À l'aide de la charge partielle du bore dans donnée en annexe, calculer le pourcentage d'ionicité de la liaison bore-fluor dans cette structure. En déduire la nature de la liaison bore-fluor, et commenter la valeur expérimentale de donnée en annexe.

Voir la stratégie
  1. Par neutralité électrique de la molécule \mathrm{BF}_3 et symétrie d'ordre 3, la charge partielle du bore se répartit équitablement sur les trois atomes de fluor. Le pourcentage d'ionicité de la liaison \mathrm{B}-\mathrm{F} s'en déduit directement.
  2. Comparer ensuite la longueur de liaison expérimentale d_{\mathrm{B-F}} à la somme des rayons ioniques puis à celle des rayons covalents (atomiques) pour interpréter les effets de polarisation et de délocalisation \pi.
Voir la réponse courte

\%_{\text{ion}} = \delta/e donne une liaison très polarisée ; distance raccourcie par caractère partiel de double liaison.

Voir le corrigé complet

La molécule \mathrm{BF}_3 étant globalement neutre, la conservation de la charge électrique impose :

\delta_{\mathrm{B}} + 3\delta_{\mathrm{F}} = 0

La charge partielle portée par chaque atome de fluor vaut donc :

\delta_{\mathrm{F}} = -\frac{\delta_{\mathrm{B}}}{3} = -\frac{2,58\,e}{3} = -0,86\,e

Le pourcentage d'ionicité de chaque liaison \mathrm{B}-\mathrm{F} est défini par le rapport de la charge partielle effective à la charge élémentaire e (correspondant à une dissociation hétérolytique totale en \mathrm{F}^-) :

\%_{\text{ion}} = \frac{|\delta_{\mathrm{F}}|}{e} \times 100 = \frac{0,86\,e}{e} \times 100
\boxed{\%_{\text{ion}} = 86\,\%}

Ce pourcentage étant très largement supérieur à 50\,\%, la liaison \mathrm{B}-\mathrm{F} présente un caractère ionique prépondérant (liaison covalente extrêmement polarisée, à très fort caractère ionique).

Comparons la distance internucléaire expérimentale d_{\mathrm{B-F}} = 130,7\text{ pm} aux valeurs tabulées :

  • Dans un modèle purement ionique :

    d_{\text{ion}} = r_{\mathrm{B}^{3+}} + r_{\mathrm{F}^-} = 27\text{ pm} + 133\text{ pm} = 160\text{ pm}
  • Dans un modèle covalent de liaison simple :

    d_{\text{cov}} = r_{\mathrm{B}} + r_{\mathrm{F}} = 85\text{ pm} + 50\text{ pm} = 135\text{ pm}

On constate que la valeur expérimentale d_{\mathrm{B-F}} = 130,7\text{ pm} est :

  • nettement plus courte que la somme des rayons ioniques (160\text{ pm}) ;
  • plus courte encore que la somme des rayons covalents simples (135\text{ pm}).

Ce raccourcissement s'explique par deux phénomènes conjugués :

  1. Une forte attraction coulombienne entre le centre bore très déficitaire en électrons (\delta_{\mathrm{B}} = +2,58\,e) et les ligands fluor très électronégatifs (\delta_{\mathrm{F}} = -0,86\,e), qui contracte la liaison.
  2. L'existence d'une rétrodonation \pi des doublets non liants des trois atomes de fluor vers l'orbitale 2\mathrm{p}_z vacante du bore (formes mésomères limites faisant intervenir des doubles liaisons \mathrm{B}=\mathrm{F}^+). Cet ordre de liaison effectif supérieur à 1 renforce et raccourcit significativement la liaison \mathrm{B}-\mathrm{F}.

Résultat

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Question 7

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, TSI1

Notions : rayon ionique, vsepr

Déterminer si les données expérimentales sur en annexe sont compatibles avec un réseau cristallin ionique tri-dimensionnel analogue à celui de . Donner, en justifiant, la géométrie avec laquelle elles sont en accord. (Une marge d'erreur de 10

Voir la stratégie
  1. Tester l'hypothèse d'un réseau tridimensionnel type \beta\text{-}\mathrm{AlF}_3 (coordinence 6) à l'aide de la règle du rapport des rayons et de la relation géométrique entre d_{\mathrm{B-F}} et d_{\mathrm{F\cdots F}} à 90^\circ.
  2. Déterminer l'angle \theta = \widehat{\mathrm{F-B-F}} à partir du triangle isocèle formé par deux atomes de fluor et le bore central, et en déduire la géométrie moléculaire.
Voir la réponse courte

Rapport de rayons incompatible avec un environnement octaédrique ; géométrie trigonale plane \mathrm{AX}_3 confirmée.

Voir le corrigé complet

1. Compatibilité avec un réseau 3D analogue à \beta\text{-}\mathrm{AlF}_3 :

  • D'après le texte introductif, pour former une structure ionique tridimensionnelle infinie de type \mathrm{AF}_3, l'atome central doit posséder une coordinence 2n = 6 (environnement octaédrique).
  • D'après les règles de compacité de Pauling, la stabilité d'un site octaédrique impose :

    \frac{r_+}{r_-} \ge \sqrt{2} - 1 \approx 0,414

    Or, avec les rayons ioniques donnés en annexe :

    \frac{r_{\mathrm{B}^{3+}}}{r_{\mathrm{F}^-}} = \frac{27\text{ pm}}{133\text{ pm}} \approx 0,20

    Cette valeur (0,20 < 0,414) montre que le cation \mathrm{B}^{3+} est beaucoup trop petit pour s'insérer dans un site octaédrique sans que les anions \mathrm{F}^- ne se repoussent violemment.

  • Par ailleurs, dans un réseau octaédrique type \beta\text{-}\mathrm{AlF}_3, deux liaisons adjacentes font un angle de 90^\circ. La distance entre fluors voisins serait :

    d_{\mathrm{F\cdots F}} = \sqrt{2}\,d_{\mathrm{B-F}} = \sqrt{2} \times 130,7\text{ pm} \approx 185\text{ pm}

    Cette valeur présente un écart relatif de :

    \frac{226 - 185}{226} \approx 18\,\% > 10\,\%

    avec la valeur expérimentale de 226\text{ pm}.

Les données expérimentales sont donc incompatibles avec un réseau cristallin tridimensionnel analogue à \beta\text{-}\mathrm{AlF}_3.

2. Géométrie en accord avec les données expérimentales :

Considérons l'angle de liaison \theta = \widehat{\mathrm{F-B-F}} formé par le bore et deux fluors. Dans le triangle isocèle (\mathrm{F, B, F}) :

\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) = \frac{d_{\mathrm{F\cdots F}}}{2\,d_{\mathrm{B-F}}} = \frac{226}{2 \times 130,7} = \frac{226}{261,4} \approx 0,8646

Or \frac{\sqrt{3}}{2} \approx 0,8660, ce qui donne avec une excellente précision (< 0,2\,\%) :

\sin\left(\frac{\theta}{2}\right) \approx \frac{\sqrt{3}}{2} \implies \frac{\theta}{2} = 60^\circ \implies \theta = 120^\circ

On vérifie directement que :

\frac{d_{\mathrm{F\cdots F}}}{d_{\mathrm{B-F}}} = \frac{226}{130,7} \approx 1,729 \approx \sqrt{3}

Un angle de 120^\circ correspond rigoureusement à une molécule discrète de géométrie trigonale plane (type \mathrm{AX}_3 selon VSEPR), où les atomes de fluor forment un triangle équilatéral centré sur le bore.

\boxed{\text{Les données sont compatibles avec une géométrie moléculaire trigonale plane }(\theta = 120^\circ).}

Résultat

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Question 8

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : polarité, interaction intermoléculaire

Justifier l'appellation de « gaz ionique » pour .

Voir la réponse courte

Molécule trigonale plane apolaire malgré des liaisons très polarisées, d'où de très faibles interactions de van der Waals.

Voir le corrigé complet

L'appellation « gaz ionique » peut sembler paradoxale de prime abord, car les composés ioniques forment habituellement des solides à haut point de fusion (comme \mathrm{AlF}_3, pour lequel T_{\mathrm{fus}} \approx 1290\ ^\circ\mathrm{C}). Elle se justifie en combinant deux aspects complémentaires :

  1. Le caractère « ionique » à l'échelle intramoléculaire :
    Comme établi à la question 6, la liaison \mathrm{B-F} présente un pourcentage d'ionicité très élevé (de l'ordre de 86\,\%) associé à d'importantes charges partielles (\delta_{\mathrm{B}} = +2{,}58\,e et \delta_{\mathrm{F}} = -0{,}86\,e). La cohésion interne de l'entité \mathrm{BF}_3 est donc essentiellement de nature électrostatique (ionique), proche d'un assemblage \mathrm{B}^{3+}(\mathrm{F}^-)_3.
  2. L'état de « gaz » à l'échelle macroscopique :
    En raison de la très petite taille du bore (r_{\mathrm{B}^{3+}} = 27\text{ pm}), le réseau tridimensionnel étendu de coordinence 6 est stériquement impossible (question 7). \mathrm{BF}_3 ne peut s'associer en polymère ou en cristal infini et reste sous la forme de molécules discrètes.

    De plus, en raison de sa géométrie trigonale plane hautement symétrique, le moment dipolaire permanent de la molécule est rigoureusement nul :

    \vec{\mu}_{\text{tot}} = \sum_{i=1}^3 \vec{\mu}(\mathrm{B-F}_i) = \vec{0}

    Les interactions intermoléculaires entre molécules de \mathrm{BF}_3 se limitent donc à de très faibles forces de dispersion de London (forces de van der Waals). L'énergie de cohésion intermoléculaire étant minime, \mathrm{BF}_3 se trouve à l'état gazeux dans les conditions ambiantes de température et de pression.

\boxed{\text{$\mathrm{BF}_3$ est qualifié de \guillemotleft{}~gaz ionique~\guillemotright{} car ses liaisons internes sont fortement ioniques, mais la matière reste gazeuse car l'entité forme des molécules discrètes apolaires.}}

Résultat

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1.2.1 · Approche orbitalaire de la formation d'adduits de Lewis

Question 9

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en première année (toutes filières)

Notions : vsepr, géométrie moléculaire

Donner la géométrie de la molécule .

Voir la réponse courte

Type \mathrm{AX}_3\mathrm{E}_0 selon VSEPR : molécule plane trigonale de symétrie D_{3h}.

Voir le corrigé complet

Le bore central (Z = 5) possède trois électrons de valence dans sa couche externe (2\mathrm{s}^2\,2\mathrm{p}^1). Chaque atome d'hydrogène (Z = 1) apporte un électron 1\mathrm{s}^1.

Dans le schéma de Lewis de \mathrm{BH}_3, le bore forme trois liaisons simples covalentes \mathrm{B}-\mathrm{H} et possède une lacune électronique (sous-couche de valence incomplète à 6 électrons, ne vérifiant pas la règle de l'octet). Il ne porte aucun doublet non liant.

Selon la théorie VSEPR (Gillespie), l'édifice est de type \mathrm{AX}_3\mathrm{E}_0 : la répulsion minimale entre les trois paires électroniques liantes impose une disposition :

\boxed{\text{trigonale plane (ou plane trigonale), avec des angles de liaison }\widehat{\mathrm{HBH}} = 120^\circ}

L'atome central de bore et les trois atomes d'hydrogène sont coplanaires (groupe de symétrie \mathcal{D}_{3\mathrm{h}}).

Résultat

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Question 10

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Schéma ou tracé

Notions : orbitale de fragment, théorie des orbitales moléculaires

En considérant les 2 sous-fragments «  » et «  », représenter l'allure des orbitales du fragment «  ». Pour la suite, on considérera que les deux plus hautes orbitales de «  » sont dégénérées.

Voir la stratégie
  1. Disposer les trois atomes d'hydrogène selon un triangle équilatéral dans le plan (xy) en identifiant un sous-fragment constitué de deux atomes \mathrm{H}_b et \mathrm{H}_c (base) et un atome \mathrm{H}_a (sommet) sur l'axe de symétrie.
  2. Construire les orbitales de groupe du sous-fragment \mathrm{H}_2, puis déterminer leurs symétries par rapport au plan médiateur de \mathrm{H}_b\mathrm{H}_c contenant \mathrm{H}_a.
  3. Faire interagir l'orbitale 1s_a avec les orbitales de symétrie compatible pour obtenir les trois orbitales du fragment \mathrm{H}_3, puis représenter leur allure.
Voir la réponse courte

Combinaisons des orbitales 1s : une orbitale totalement symétrique liante et deux orbitales dégénérées orthogonales.

Voir le corrigé complet

Considérons les trois atomes d'hydrogène formant un triangle équilatéral dans le plan (xy). On décompose ce système en deux sous-fragments :

  • le sous-fragment « \mathrm{H}_2 » formé des atomes \mathrm{H}_b et \mathrm{H}_c,
  • le sous-fragment « \mathrm{H} » formé de l'atome \mathrm{H}_a situé sur le plan médiateur de [\mathrm{H}_b\mathrm{H}_c].

1. Orbitales du sous-fragment \mathrm{H}_2 La combinaison linéaire des orbitales 1s_b et 1s_c conduit à deux orbitales de groupe :

  • Une orbitale symétrique par rapport au plan médiateur :

    \psi_+ = \frac{1}{\sqrt{2}}(1s_b + 1s_c)
  • Une orbitale antisymétrique par rapport au plan médiateur :

    \psi_- = \frac{1}{\sqrt{2}}(1s_b - 1s_c)

2. Interaction avec l'orbitale 1s_a du sous-fragment \mathrm{H} L'atome \mathrm{H}_a se trouvant dans le plan médiateur, son orbitale 1s_a est strictement symétrique par rapport à ce plan :

  • L'orbitale \psi_- étant antisymétrique, son intégrale de recouvrement avec 1s_a est nulle par symétrie (\langle 1s_a | \psi_- \rangle = 0). Elle n'est donc pas modifiée et constitue l'une des orbitales du fragment \mathrm{H}_3 :

    \varphi_3 = \frac{1}{\sqrt{2}}(1s_b - 1s_c)
  • L'orbitale \psi_+ et l'orbitale 1s_a possèdent la même symétrie ; elles interagissent donc pour former deux combinaisons :

    • une combinaison en phase, totalement liante, la plus basse en énergie :

      \varphi_1 = \frac{1}{\sqrt{3}}(1s_a + 1s_b + 1s_c)
    • une combinaison en opposition de phase :

      \varphi_2 = \frac{1}{\sqrt{6}}(2\,1s_a - 1s_b - 1s_c)

Dans la géométrie d'un triangle équilatéral (D_{3h}), les deux orbitales \varphi_2 et \varphi_3 forment la base d'une représentation irréductible de dimension 2 (e') et sont donc rigoureusement dégénérées.

3. Représentation des orbitales du fragment \mathrm{H}_3 Les signes des fonctions d'onde sont repérés par le blanc (+) et le hachuré/gris (-) :

Question déjà tombée ailleurs

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Question 11

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : symétrie moléculaire, orbitale atomique

Déterminer les orbitales du bore susceptibles d'interagir avec les orbitales du fragment «  ». Justifier par considération de symétrie.

Voir la stratégie
  1. Rappeler les orbitales atomiques (OA) de valence du bore et choisir un repère adapté : le plan de la molécule \mathrm{BH}_3 est choisi comme le plan (xOy), l'axe (\mathrm{O}z) étant perpendiculaire au plan moléculaire (axe de symétrie ternaire).
  2. Analyser la parité des orbitales vis-à-vis du plan moléculaire \sigma_h = (xOy) ainsi que leur comportement sous la rotation d'axe (\mathrm{O}z).
  3. Associer chaque orbitale du bore à l'orbitale du fragment \mathrm{H}_3 correspondante de même symétrie (recouvrement non nul).
Voir la réponse courte

L'OA 2s interagit avec l'orbitale totalement symétrique, 2p_x, 2p_y avec les dégénérées ; 2p_z ne se recouvre pas.

Voir le corrigé complet

La configuration électronique de valence du bore (Z=5) est 2s^2\, 2p^1. Ses OA de valence sont donc 2s, 2p_x, 2p_y et 2p_z.

Le plan de la molécule trigonale plane \mathrm{BH}_3 est choisi comme le plan (xOy), l'axe (\mathrm{O}z) étant perpendiculaire à ce plan.

  • Symétrie par rapport au plan moléculaire \sigma_h = (xOy) : Toutes les OA 1s des atomes d'hydrogène ont leurs centres situés dans le plan (xOy) : elles sont donc symétriques (invariantes) par réflexion à travers ce plan. Par conséquent, les trois orbitales de groupe \varphi_1, \varphi_2 et \varphi_3 du fragment \mathrm{H}_3 sont strictement paires (symétriques) par rapport au plan (xOy).

    L'orbitale 2p_z du bore étant impaire (antisymétrique) par rapport au plan (xOy), son recouvrement spatial avec toute orbitale du fragment \mathrm{H}_3 est identiquement nul :

    \langle 2p_z \mid \varphi_k \rangle = 0 \quad (\forall k \in \{1, 2, 3\})

    L'orbitale 2p_z n'interagit donc pas avec le fragment \mathrm{H}_3 : elle demeure purement non liante (orbitale notée 1a_2'').

  • Interaction avec \varphi_1 (symétrie a_1') : L'orbitale \varphi_1 = \frac{1}{\sqrt{3}}(1s_a + 1s_b + 1s_c) est totalement symétrique (symétrie sphérique par rapport à l'atome central dans le plan, invariante par rotation de 2\pi/3). Elle interagit par recouvrement axial constructif/destructif avec l'orbitale 2s du bore, qui possède la même symétrie a_1'.
  • Interaction avec \varphi_2 et \varphi_3 (symétrie e') : Les orbitales dégénérées \varphi_2 et \varphi_3 possèdent un plan nodal perpendiculaire au plan moléculaire et présentent une symétrie dipolaire dans le plan (xOy). Elles possèdent la même symétrie e' que les orbitales 2p_x et 2p_y du bore :

    • \varphi_2 (antisymétrique par rapport au plan médiateur de \mathrm{H}_b\mathrm{H}_c, c'est-à-dire le long d'un axe) interagit avec l'une des orbitales 2p du plan (2p_x) ;
    • \varphi_3 (symétrique par rapport au plan médiateur de \mathrm{H}_b\mathrm{H}_c) interagit avec l'autre orbitale 2p orthogonale (2p_y).

En résumé :

\boxed{ \begin{aligned} 2s(\mathrm{B}) &\longleftrightarrow \varphi_1 \quad (\text{symétrie } a_1') \\ \{2p_x(\mathrm{B}), 2p_y(\mathrm{B})\} &\longleftrightarrow \{\varphi_2, \varphi_3\} \quad (\text{symétrie } e') \\ 2p_z(\mathrm{B}) &\quad \text{n'interagit pas (symétrie } a_2'', \text{ non liante)} \end{aligned} }

Résultat

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Question 12

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Schéma ou tracé

Notions : orbitale moléculaire, recouvrement orbitalaire

En déduire les représentations des orbitales moléculaires (OM) , et du diagramme orbitalaire de , donné à la figure (2).

Voir la stratégie
  1. Rappeler la nature des interactions identifiées à la question précédente (Q11) pour chaque niveau d'énergie.
  2. Construire les orbitales moléculaires liantes (1\mathrm{a}_1', 1\mathrm{e}') par recouvrement constructif (en phase) entre les orbitales atomiques du bore et les orbitales de groupe du fragment \mathrm{H}_3.
  3. Exprimer l'orbitale 1\mathrm{a}_2'', strictement non liante, centrée sur le bore.
  4. Représenter schématiquement les lobes des fonctions d'onde en précisant les signes (ou le hachurage/remplissage) des phases.
Voir la réponse courte

Dessin des lobes : 1\mathrm{a}_1' (recouvrement liant 2s-\mathrm{H}_3), 1\mathrm{e}' (liantes avec 2p_x, 2p_y) et 1\mathrm{a}_2'' (2p_z non liante).

Voir le corrigé complet

D'après les résultats de la question Q11 :

1. Orbitale moléculaire 1\mathrm{a}_1' (liante) : Elle résulte du recouvrement constructif (en phase) entre l'orbitale atomique 2s du bore et l'orbitale de groupe \varphi_1 du fragment \mathrm{H}_3. Tous les lobes sont de même signe (phase positive), ce qui assure une densité électronique accrue dans les trois régions internucléaires \mathrm{B}-\mathrm{H} sans aucun plan nodal :

1\mathrm{a}_1' = c_1\,2s(\mathrm{B}) + c_2\left(1s_{\mathrm{H}_1} + 1s_{\mathrm{H}_2} + 1s_{\mathrm{H}_3}\right) \quad (c_1, c_2 > 0)

2. Orbitales moléculaires 1\mathrm{e}' = \{1\mathrm{e}_x', 1\mathrm{e}_y'\} (doublement dégénérées, liantes) : Elles résultent des recouvrements constructifs entre les orbitales 2p_x et 2p_y du bore et les orbitales de groupe \varphi_2 et \varphi_3 de \mathrm{H}_3. Si l'on choisit le repère tel que \mathrm{H}_1 se trouve sur l'axe (Oy) :

  • 1\mathrm{e}_y' associe l'orbitale 2p_y(\mathrm{B}) et l'orbitale \varphi_2 = \frac{1}{\sqrt{6}}(2\cdot 1s_{\mathrm{H}_1} - 1s_{\mathrm{H}_2} - 1s_{\mathrm{H}_3}). Le lobe positif de 2p_y recouvre en phase 1s_{\mathrm{H}_1}, tandis que le lobe négatif recouvre en phase les orbitales 1s_{\mathrm{H}_2} et 1s_{\mathrm{H}_3} (dont le coefficient dans \varphi_2 est négatif).
  • 1\mathrm{e}_x' associe l'orbitale 2p_x(\mathrm{B}) et l'orbitale \varphi_3 = \frac{1}{\sqrt{2}}(1s_{\mathrm{H}_2} - 1s_{\mathrm{H}_3}). Le plan (Oyz) est un plan nodal : la contribution de \mathrm{H}_1 est nulle, et les lobes de 2p_x recouvrent en phase ceux de \mathrm{H}_2 et \mathrm{H}_3 de part et d'autre de ce plan.

3. Orbitale moléculaire 1\mathrm{a}_2'' (non liante) : Le recouvrement entre 2p_z(\mathrm{B}) et les orbitales 1s du fragment \mathrm{H}_3 étant strictement nul par parité par rapport au plan moléculaire (Oxy), l'orbitale moléculaire 1\mathrm{a}_2'' est purement atomique et non liante :

1\mathrm{a}_2'' = 2p_z(\mathrm{B})

Elle est constituée de deux lobes de signes opposés situés de part et d'autre du plan moléculaire.

\boxed{ \begin{aligned} 1\mathrm{a}_1' &: \text{combinaison liante totalement symétrique entre } 2s(\mathrm{B}) \text{ et } \varphi_1, \\ 1\mathrm{e}' &: \text{doublet d'OM liantes } \{1\mathrm{e}_x', 1\mathrm{e}_y'\} \text{ possédant un plan nodal vertical}, \\ 1\mathrm{a}_2'' &: \text{orbitale purement non liante identifiée à } 2p_z(\mathrm{B}) \text{ (lacune électronique)}. \end{aligned} }

Résultat

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Question 13

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Calcul littéral
  • Raisonnement qualitatif

Notions : orbitale frontalière, diagramme d'orbitales moléculaires

Identifier l'orbitale la plus haute occupée (HO) et la plus basse vacante (BV) de l'édifice, et préciser le caractère liant, non liant ou antiliant de chacune de ces deux OM.

Voir la réponse courte

Remplissage à 6 électrons : HO est le doublet 1\mathrm{e}' (liant \mathrm{B-H}), BV est 1\mathrm{a}_2'' (purement non liante).

Voir le corrigé complet

Pour déterminer les orbitales frontalières de la molécule \mathrm{BH}_3, effectuons le décompte des électrons de valence :

  • L'atome de bore (\mathrm{B}, Z=5) a pour configuration électronique fondamentale 1s^2\,2s^2\,2p^1, soit 3 électrons de valence.
  • Les trois atomes d'hydrogène apportent chacun 1 électron (1s^1), soit 3 électrons au total.

La molécule \mathrm{BH}_3 possède donc un total de :

N_{\text{é}} = 3 + 3 \times 1 = 6\text{ électrons de valence}

D'après le diagramme d'orbitales moléculaires de la figure (2), les niveaux d'énergie ordonnés par énergie croissante sont :

1\mathrm{a}_1' < 1\mathrm{e}' < 1\mathrm{a}_2'' < 2\mathrm{a}_1' < 2\mathrm{e}'

Le remplissage selon le principe de stabilité (ou de moindre énergie) et le principe d'exclusion de Pauli conduit à la configuration électronique fondamentale :

(1\mathrm{a}_1')^2\,(1\mathrm{e}')^4

On en déduit immédiatement :

  • L'orbitale la plus haute occupée (HO) est le doublet d'orbitales dégénérées 1\mathrm{e}' :

    \boxed{\text{HO : } 1\mathrm{e}' \quad (\text{caractère liant})}

    Cette orbitale résulte d'un recouvrement constructif entre les orbitales 2\mathrm{p}_x, 2\mathrm{p}_y du bore et les orbitales de groupe \varphi_2, \varphi_3 du fragment \mathrm{H}_3.

  • La plus basse orbitale vacante (BV) est l'orbitale 1\mathrm{a}_2'' :

    \boxed{\text{BV : } 1\mathrm{a}_2'' \quad (\text{caractère non liant})}

    Comme établi à la question précédente, cette orbitale est purement localisée sur l'orbitale atomique 2\mathrm{p}_z du bore (recouvrement strictement nul avec les orbitales 1s des hydrogènes situées dans le plan nodal xy) ; elle est donc strictement non liante.

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Question 14

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Schéma ou tracé

Notions : symétrie moléculaire, orbitale moléculaire

Proposer l'allure des orbitales , , et , en s'inspirant des OM représentées sur la figure (3).

Voir la stratégie
  1. Identifier la symétrie de chaque orbitale dans le groupe de symétrie de la molécule pyramidale (C_{3\mathrm{v}}), où l'axe z est l'axe de rotation d'ordre 3 passant par l'atome central \mathrm{A}.
  2. Transposer les orbitales moléculaires liantes de la géométrie plane (D_{3\mathrm{h}}) établies à la question Q12 en inclinant les liaisons \mathrm{A}-\mathrm{H} vers le bas (le long de la pyramide).
  3. Prendre en compte le mélange d'hybridation autorisé par la rupture du plan horizontal de symétrie : dans le groupe C_{3\mathrm{v}}, les orbitales 2\mathrm{s} et 2\mathrm{p}_z de l'atome central appartiennent toutes deux à la représentation irréductible \mathrm{a}_1, ce qui autorise leur mélange dans 1\mathrm{a}_1 et 2\mathrm{a}_1.
Voir la réponse courte

En symétrie C_{3v}, mélange s-p_z hybridant l'orbitale 2\mathrm{a}_1 vers l'extérieur de la pyramide.

Voir le corrigé complet

Dans la géométrie pyramidale de type \mathrm{AH}_3 (groupe de symétrie C_{3\mathrm{v}}), l'atome central \mathrm{A} est situé au sommet de la pyramide sur l'axe z, et les trois atomes d'hydrogène forment la base triangulaire (située dans un plan z < z_\mathrm{A}).

  • Orbitale 1\mathrm{a}_1 : Issue de l'orbitale liante 1\mathrm{a}_1' de la géométrie plane, elle résulte du recouvrement entièrement liant (sans surface nodale) entre les orbitales 2\mathrm{s} (avec une très faible contribution de 2\mathrm{p}_z) de l'atome central \mathrm{A} et la combinaison totalement symétrique des orbitales 1\mathrm{s} des hydrogènes :

    \varphi_1 = \frac{1}{\sqrt{3}}(1\mathrm{s}_a + 1\mathrm{s}_b + 1\mathrm{s}_c)

    Tous les lobes sont en phase (représentés de même couleur).

  • Orbitale 2\mathrm{a}_1 : Issue de l'orbitale 1\mathrm{a}_2'' de la molécule plane (qui était purement 2\mathrm{p}_z sur \mathrm{A}), elle acquiert dans la géométrie pyramidale la symétrie \mathrm{a}_1. Elle se mélange avec l'orbitale 2\mathrm{s}(\mathrm{A}) et avec \varphi_1 :

    • le lobe inférieur de la \mathrm{p}_z (dirigé vers le bas, vers les ligands \mathrm{H}) interagit de façon liante (en phase) avec les orbitales 1\mathrm{s}(\mathrm{H}) ;
    • par mélange avec l'orbitale 2\mathrm{s}, le lobe supérieur dirigé vers le haut (opposé aux liaisons \mathrm{A}-\mathrm{H}) se développe préférentiellement : il décrit le doublet non liant (ou la lacune orientée) au sommet de l'édifice, de signe opposé au recouvrement inférieur.
  • Doublet d'orbitales \{1\mathrm{e}_x,\, 1\mathrm{e}_y\} : Issues du doublet liant 1\mathrm{e}' = \{1\mathrm{e}_x',\, 1\mathrm{e}_y'\} de la forme plane, elles conservent leur caractère liant entre les orbitales 2\mathrm{p}_x, 2\mathrm{p}_y de \mathrm{A} et les orbitales de groupe \varphi_2, \varphi_3 du fragment \mathrm{H}_3, tout en suivant l'inclinaison des liaisons vers le bas :

    • 1\mathrm{e}_x présente un plan nodal vertical (yz) passant par l'atome central : le lobe de gauche de 2\mathrm{p}_x recouvre en phase les hydrogènes situés à gauche, et le lobe de droite recouvre en phase l'hydrogène situé à droite ;
    • 1\mathrm{e}_y présente un plan nodal vertical orthogonal (xz) : le lobe avant de 2\mathrm{p}_y est en phase avec l'hydrogène avant, le lobe arrière avec l'hydrogène arrière.
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Question 15

ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : diagramme de walsh, corrélation d'orbitales

Justifier la stabilisation de l'OM lors du changement de géométrie de .

Voir la stratégie

Pour expliquer la variation d'énergie d'une orbitale moléculaire dans un diagramme de corrélation de Walsh lors d'une déformation géométrique :

  1. Analyser l'évolution des distances internucléaires et les recouvrements entre atomes périphériques (recouvrement \mathrm{H}-\mathrm{H}) ;
  2. Examiner l'effet de l'abaissement de symétrie sur les interactions orbitalaires possibles au sein de la molécule (mélange/hybridation d'orbitales de même symétrie).
Voir la réponse courte

Rapprochement spatial des atomes d'hydrogène renforçant le recouvrement liant \mathrm{H-H} dans l'orbitale 1\mathrm{a}_1.

Voir le corrigé complet

La stabilisation de l'orbitale moléculaire 1\mathrm{a}_1 (issue de 1\mathrm{a}_1') lors du passage de la géométrie trigonale plane (D_{3\mathrm{h}}) à la géométrie pyramidale (C_{3\mathrm{v}}) s'explique par deux effets conjoints :

  1. Augmentation du recouvrement liant entre atomes d'hydrogène : Dans l'OM 1\mathrm{a}_1', les trois orbitales atomiques 1s des hydrogènes sont en phase :

    \varphi_1 = \frac{1}{\sqrt{3}}\left(1s_{\mathrm{A}} + 1s_{\mathrm{B}} + 1s_{\mathrm{C}}\right)

    Lors de la pyramidisation, les atomes d'hydrogène se replient vers le bas et se rapprochent mutuellement (l'angle \widehat{\mathrm{HBH}} diminue en deçà de 120^\circ). Le recouvrement constructif (liant) direct entre les orbitales 1s(\mathrm{H}) s'en trouve accru, ce qui abaisse l'énergie de l'orbitale.

  2. Mélange s-p_z permis par l'abaissement de symétrie : Dans le groupe D_{3\mathrm{h}}, l'orbitale 2s(\mathrm{B}) (de symétrie a_1') et l'orbitale 2p_z(\mathrm{B}) (de symétrie a_2'') ont des symétries différentes vis-à-vis du plan moléculaire \sigma_{\mathrm{h}} et ne peuvent interagir. En géométrie pyramidale (C_{3\mathrm{v}}), ce plan horizontal disparait : les orbitales 2s et 2p_z du bore appartiennent désormais à la même représentation irréductible a_1. L'orbitale 2p_z(\mathrm{B}) se mélange donc à l'OM 1\mathrm{a}_1, ce qui, par répulsion entre niveaux de même symétrie (stabilisation au second ordre), abaisse encore le niveau d'énergie de 1\mathrm{a}_1 et polarise la densité électronique vers les liaisons \mathrm{B}-\mathrm{H}.
\boxed{\text{L'OM } 1\mathrm{a}_1 \text{ est stabilisée par l'augmentation du recouvrement liant } \mathrm{H}-\mathrm{H} \text{ et le mélange } s\text{-}p_z \text{ permis en symétrie } C_{3\mathrm{v}}.}

Résultat

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Question 16

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : électronégativité, diagramme d'orbitales moléculaires

Préciser en justifiant la(les) différence(s) attendue(s) entre les diagrammes de et de .

Voir la stratégie

Pour comparer les diagrammes d'orbitales moléculaires de \mathrm{BH}_3 et \mathrm{NH}_3 :

  1. Comparer l'électronégativité des atomes centraux (\mathrm{B} et \mathrm{N}) pour déduire la position énergétique relative de leurs orbitales atomiques 2s et 2p.
  2. Dénombrer les électrons de valence pour identifier le niveau de remplissage dans le diagramme de Walsh et en déduire la géométrie stable de chaque molécule.
  3. Identifier la nature et l'énergie des orbitales frontalières résultantes (HO et BV).
Voir la réponse courte

N possède 8 électrons de valence (doublet non liant occupant 2\mathrm{a}_1) et des OA plus basses par électronégativité.

Voir le corrigé complet

Les différences majeures entre les diagrammes d'orbitales moléculaires de \mathrm{BH}_3 et \mathrm{NH}_3 reposent sur deux facteurs : l'électronégativité de l'atome central et le nombre d'électrons de valence.

  1. Position énergétique globale des niveaux (effet d'électronégativité) : L'azote (Z = 7) possède une charge nucléaire effective Z^* plus élevée et une électronégativité nettement supérieure à celle du bore (Z = 5) :

    \chi(\mathrm{N}) \approx 3{,}04 > \chi(\mathrm{H}) \approx 2{,}20 > \chi(\mathrm{B}) \approx 2{,}04

    Les orbitales atomiques 2s et 2p de l'azote sont donc situées à des énergies notablement plus basses que celles du bore. Par conséquent, l'ensemble des orbitales moléculaires de \mathrm{NH}_3 est globalement décalé vers des énergies plus basses que celles de \mathrm{BH}_3. De surcroît, les OM liantes sont polarisées vers l'atome central dans \mathrm{NH}_3 (l'azote porte une charge partielle négative), alors qu'elles sont polarisées vers les hydrogènes dans \mathrm{BH}_3 (caractère hydrure des hydrogènes).

  2. Nombre d'électrons de valence et géométrie d'équilibre :

    • \mathrm{BH}_3 possède 3 + 3 \times 1 = 6 électrons de valence. Dans le diagramme de Walsh (figure 3), ces 6 électrons occupent les niveaux 1\mathrm{a}_1' (2 e^-) et 1\mathrm{e}' (4 e^-). Comme la stabilisation de 1\mathrm{a}_1 lors de la pyramidalisation ne compense pas la déstabilisation du niveau quadruplement occupé 1\mathrm{e}, \mathrm{BH}_3 adopte une géométrie trigonale plane (D_{3h}). Sa configuration est :

      (1\mathrm{a}_1')^2\,(1\mathrm{e}')^4\,(1\mathrm{a}_2'')^0
    • \mathrm{NH}_3 possède 5 + 3 \times 1 = 8 électrons de valence (un doublet supplémentaire). Les deux électrons additionnels occupent l'orbitale 2\mathrm{a}_1, issue de 1\mathrm{a}_2''. Or, cette orbitale subit une stabilisation spectaculaire lors de la fermeture des angles de liaison (pyramidalisation), grâce au gain de recouvrement liant avec \varphi_1 et à l'hybridation s/p_z. Cette stabilisation compense largement la remontée de l'orbitale 1\mathrm{e}, conférant à \mathrm{NH}_3 une géométrie pyramidale à base trigonale (C_{3v}). Sa configuration est :

      (1\mathrm{a}_1)^2\,(1\mathrm{e})^4\,(2\mathrm{a}_1)^2
  3. Différence au niveau des orbitales frontalières :

    • Pour \mathrm{BH}_3 (plan, D_{3h}) : la HO est 1\mathrm{e}' (liante \mathrm{B}-\mathrm{H}) et la BV est 1\mathrm{a}_2'' (orbitale 2p_z du bore, vacante et non liante : acide de Lewis).
    • Pour \mathrm{NH}_3 (pyramidal, C_{3v}) : la HO est 2\mathrm{a}_1 (occupée par le doublet non liant porté principalement par l'azote : base de Lewis) et la BV est l'orbitale antiliante 3\mathrm{a}_1 (ou 2\mathrm{e}).
\boxed{ \begin{array}{l} \text{1. Niveaux énergétiques de }\mathrm{NH}_3\text{ nettement plus bas que ceux de }\mathrm{BH}_3\text{ car }\chi(\mathrm{N}) > \chi(\mathrm{B}). \\ \text{2. Remplissage à 8 }e^-\text{ pour }\mathrm{NH}_3\text{ (stabilisation de }2\mathrm{a}_1\implies\text{géométrie pyramidale } C_{3v}) \\ \quad\text{contre 6 }e^-\text{ pour }\mathrm{BH}_3\text{ (géométrie plane } D_{3h}). \\ \text{3. La HO de }\mathrm{NH}_3\text{ est }2\mathrm{a}_1\text{ (doublet non liant) tandis que la BV de }\mathrm{BH}_3\text{ est }1\mathrm{a}_2''\text{ (lacune }2p_z). \end{array} }

Résultat

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Question 17

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : interaction ho-bv, adduit de lewis

Déterminer les orbitales de et de qui interagissent pour former la nouvelle liaison. Justifier.

Voir la stratégie
  1. Identifier le rôle de chaque molécule selon le modèle de Lewis : \mathrm{NH}_3 est le donneur d'électrons (base) et \mathrm{BH}_3 l'accepteur (acide).
  2. Appliquer la théorie des orbitales frontalières (Fukui) pour sélectionner les orbitales gouvernant l'interaction : la \mathrm{HO} de la base et la \mathrm{BV} de l'acide.
  3. Justifier le choix par les deux critères fondamentaux d'interaction orbitalaire : la proximité énergétique (écart \Delta E minimal) et la compatibilité de symétrie (recouvrement non nul).
Voir la réponse courte

Recouvrement stabilisant entre la HO donneuse de \mathrm{NH}_3 et la BV acceptrice de \mathrm{BH}_3.

Voir le corrigé complet

Dans le cadre de la théorie des orbitales frontalières, la formation d'un adduit donneur-accepteur de Lewis est gouvernée par le transfert de densité électronique de la plus haute orbitale occupée (\mathrm{HO}) du donneur vers la plus basse orbitale vacante (\mathrm{BV}) de l'accepteur.

  • Pour le donneur \mathrm{NH}_3 : il apporte le doublet d'électrons liant. L'orbitale concernée est sa \mathrm{HO}, c'est-à-dire l'orbitale 2\mathrm{a}_1 (localisée principalement sur l'atome d'azote et correspondant à son doublet non liant).
  • Pour l'accepteur \mathrm{BH}_3 : il offre la lacune électronique. L'orbitale concernée est sa \mathrm{BV}, c'est-à-dire l'orbitale 1\mathrm{a}_2'' de la molécule plane (constituée par l'orbitale 2\mathrm{p}_z pure du bore), qui devient l'orbitale 2\mathrm{a}_1 lors de la pyramidalisation de \mathrm{BH}_3.

Cette interaction est justifiée par deux arguments :

  1. Critère énergétique : l'écart d'énergie |\Delta E| = E_{\mathrm{BV}}(\mathrm{BH}_3) - E_{\mathrm{HO}}(\mathrm{NH}_3) est le plus faible possible entre orbitales de niveaux d'occupation différents, ce qui maximise la stabilisation orbitalaire (terme en \frac{|\langle \psi_1 | \hat{H} | \psi_2 \rangle|^2}{\Delta E} au second ordre des perturbations).
  2. Critère de symétrie et de recouvrement : en choisissant l'axe internucléaire \mathrm{B}-\mathrm{N} comme axe z, ces deux orbitales possèdent une symétrie axiale autour de cet axe (symétrie commune \mathrm{a}_1 dans le groupe C_{3v}). Leur intégrale de recouvrement spatial S est maximale et de type \sigma, assurant la formation d'une liaison axiale \sigma(\mathrm{B}-\mathrm{N}).
\boxed{\text{L'interaction a lieu entre la }\mathrm{HO}\text{ de }\mathrm{NH}_3\text{ (orbitale } 2\mathrm{a}_1\text{)} \text{ et la }\mathrm{BV}\text{ de }\mathrm{BH}_3\text{ (orbitale } 1\mathrm{a}_2'' \rightarrow 2\mathrm{a}_1\text{).}}

Résultat

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Question 18

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : liaison de coordination, acide-base de lewis

Justifier l'utilisation du terme « liaison covalente de coordination » pour décrire l'interaction bore-azote dans cet adduit.

Voir la réponse courte

Le doublet liant est apporté en totalité par l'atome d'azote donneur dans la case vide de l'accepteur.

Voir le corrigé complet

L'expression « liaison covalente de coordination » (ou liaison dative) se justifie par la distinction entre le mode de formation de la liaison et sa nature une fois établie :

  • Aspect « de coordination » (origine du doublet) : les deux électrons assurant la liaison proviennent exclusivement d'un seul des deux partenaires, la base de Lewis \mathrm{NH}_3, qui apporte son doublet non liant (\mathrm{HO} 2\mathrm{a}_1). L'acide de Lewis \mathrm{BH}_3 n'apporte aucun électron à cette liaison mais fournit une orbitale vacante susceptible de les accueillir (sa \mathrm{BV} 2\mathrm{a}_1, issue de la lacune électronique 1\mathrm{a}_2''). Il y a donc un donneur de doublet (\mathrm{N}) et un accepteur de doublet (\mathrm{B}).
  • Aspect « covalent » (nature du lien formé) : une fois le recouvrement orbitalaire réalisé, les deux électrons sont mis en commun et délocalisés entre les noyaux de bore et d'azote dans une orbitale moléculaire liante de type \sigma. La liaison ainsi formée possède toutes les propriétés intrinsèques d'une liaison covalente classique (longueur de liaison, énergie de dissociation, directivité spatiale) et le doublet partagé y est indiscernable d'un doublet issu d'une covalence standard (mise en commun d'un électron par chaque atome).
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1.2.2 · Paire de Lewis frustrée

Question 19

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : base de lewis, phosphine

Représenter le produit 1 et justifier qu'il s'agit bien d'une base de Lewis.

Voir la stratégie
  1. Identifier la structure du groupement mésityle (2,4,6-triméthylphényle) et représenter la trimésitylphosphine \mathbf{1} en faisant figurer l'atome central de phosphore, ses substituants et son doublet non liant.
  2. Établir le schéma de Lewis autour de l'atome de phosphore à partir de sa valence pour justifier la présence d'un doublet non liant et conclure quant à sa nature de base de Lewis.
Voir la réponse courte

Tri-tert-butylphosphine avec doublet non liant disponible sur le phosphore, se comportant comme une base de Lewis.

Voir le corrigé complet

Le groupement mésityle (noté \mathrm{Mes}) est le 2,4,6-triméthylphényle. La molécule de trimésitylphosphine \mathbf{1} est donc constituée d'un atome central de phosphore lié à trois noyaux aromatiques portant chacun trois groupes méthyle en positions 2, 4 et 6 (par rapport au carbone d'attache) :

Justification du caractère de base de Lewis :

  • L'atome de phosphore \mathrm{P} (Z = 15) possède la configuration électronique de valence [\mathrm{Ne}]\, 3\mathrm{s}^2 3\mathrm{p}^3, soit 5 électrons de valence.
  • Dans \mathrm{PMes}_3, il est engagé dans trois liaisons simples covalentes \sigma avec le carbone \mathrm{C}(1) de chacun des trois groupements mésityle, satisfaisant à la règle de l'octet.
  • Le phosphore conserve ainsi un doublet non liant (stéréochimie \mathrm{AX}_3\mathrm{E}_1, pyramide trigonale).

Ce doublet non liant, localisé dans la plus haute orbitale occupée (HO) du phosphore, est susceptible d'être cédé à une orbitale vacante (lacune électronique).

\boxed{\mathbf{1} = \mathrm{PMes}_3 \text{ possède un doublet non liant accessible : c'est donc une base de Lewis.}}

Résultat

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Question 20

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : effet inductif attracteur, encombrement stérique

Représenter le produit 2. Expliquer l'intérêt d'utiliser des substituants fluorés ici.

Voir la stratégie
  1. Représenter la structure du tri(pentafluorophényl)bore \mathbf{2}, noté \mathrm{B}(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3, en faisant apparaître le bore central trivalent et ses trois groupements pentafluorophényles.
  2. Analyser l'intérêt des atomes de fluor sous les deux aspects caractéristiques des paires de Lewis frustrées :

    • l'effet électronique : renforcement de l'acidité de Lewis ;
    • l'effet stérique : encombrement empêchant la formation d'un adduit classique.
Voir la réponse courte

Tris(pentafluorophényl)borane ; groupes \mathrm{C}_6\mathrm{F}_5 très électroattracteurs renforçant l'acidité et assurant l'encombrement stérique.

Voir le corrigé complet

1. Représentation du produit 2

Le tri(pentafluorophényl)bore \mathbf{2} comporte un atome de bore central lié à trois cycles aromatiques perfluorés :

\boxed{\mathbf{2} = \mathrm{B}(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3}

2. Intérêt d'utiliser des substituants fluorés

L'introduction des groupements pentafluorophényles répond à un double objectif :

  • Effet électronique (exaltation de l'acidité de Lewis) : Le fluor est l'élément le plus électronégatif du tableau périodique (\chi_{\mathrm{P}} \approx 4{,}0). Les quinze substituants fluorés exercent un effet inductif attracteur (-I) très puissant qui appauvrit fortement le bore en densité électronique. Ce déficit stabilise très nettement son orbitale vacante 2\mathrm{p}_z (la BV), conférant à \mathrm{B}(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3 un pouvoir acide de Lewis exceptionnellement élevé.
  • Effet stérique (favorisant la frustration de la paire) : Les substituants fluorés en positions ortho sur les trois noyaux aromatiques créent un encombrement stérique important au voisinage immédiat du bore. Cet encombrement empêche l'approche stérique d'une base de Lewis volumineuse comme \mathrm{PMes}_3, interdisant la formation d'une liaison covalente de coordination (adduit classique).

Résultat

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Question 21

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : paire de lewis frustrée, orbitale frontalière

Comparer les niveaux énergétiques de la HO et de la BV d'une paire de Lewis dans le cas où elle formerait une paire frustrée avec le cas où elle forme un adduit de Lewis, et justifier la réactivité de la paire frustrée.

Voir la stratégie
  1. Analyser la formation d'un adduit de Lewis classique en termes d'interaction orbitalaire frontalière entre la HO de la base (doublet non liant) et la BV de l'acide (lacune électronique).
  2. Examiner la situation dans une paire de Lewis frustrée (FLP) où l'encombrement stérique empêche ce recouvrement orbitalaire.
  3. Comparer les positions énergétiques relatives de la HO, de la BV et du gap orbitalaire \Delta E = E_{\mathrm{BV}} - E_{\mathrm{HO}} entre les deux situations, puis en déduire la réactivité vis-à-vis de petites molécules.
Voir la réponse courte

Absence de liaison maintenant la HO haute et la BV basse, ce qui confère une très forte réactivité biphile.

Voir le corrigé complet

1. Cas de l'adduit de Lewis classique : Lorsqu'un acide et une base de Lewis non encombrés interagissent, le recouvrement entre la HO de la base (doublet non liant n) et la BV de l'acide (orbitale vacante p) donne naissance à deux orbitales moléculaires :

  • une orbitale liante \sigma, nettement stabilisée par rapport à la HO initiale de la base, qui devient la nouvelle HO de l'adduit ;
  • une orbitale antiliante \sigma^*, nettement déstabilisée par rapport à la BV initiale de l'acide, qui devient la nouvelle BV de l'adduit.

Il en résulte une forte augmentation du saut énergétique :

\Delta E_{\text{adduit}} = E_{\mathrm{BV}}(\text{adduit}) - E_{\mathrm{HO}}(\text{adduit}) \gg \Delta E_{\text{libre}}

L'adduit de Lewis est ainsi énergétiquement stable et chimiquement peu réactif (extinction mutuelle des sites acide et basique).

2. Cas de la paire de Lewis frustrée (FLP) : En raison de la gêne stérique majeure induite par les volumineux substituants (groupes mésityles sur le phosphore et pentafluorophényles sur le bore), les deux centres réactifs ne peuvent pas s'approcher à une distance permettant un recouvrement orbitalaire effectif : aucune liaison dative ne se forme.

  • La HO du système reste celle de la base libre \mathbf{1} (doublet non liant du phosphore, de haute énergie) :

    E_{\mathrm{HO}}(\text{frustrée}) > E_{\mathrm{HO}}(\text{adduit})
  • La BV du système reste celle de l'acide libre \mathbf{2} (lacune 2p_z du bore, particulièrement basse en énergie en raison de l'effet attracteur -I des fluorures) :

    E_{\mathrm{BV}}(\text{frustrée}) < E_{\mathrm{BV}}(\text{adduit})
\boxed{E_{\mathrm{HO}}(\text{frustrée}) > E_{\mathrm{HO}}(\text{adduit}) \quad \text{et} \quad E_{\mathrm{BV}}(\text{frustrée}) < E_{\mathrm{BV}}(\text{adduit})}

3. Justification de la réactivité de la paire frustrée : Le saut d'énergie frontalière \Delta E = E_{\mathrm{BV}} - E_{\mathrm{HO}} est donc bien plus faible dans le cas d'une paire frustrée que dans celui d'un adduit :

\boxed{\Delta E_{\text{frustrée}} \ll \Delta E_{\text{adduit}}}

Puisque les deux centres réactifs ne s'annihilent pas mutuellement, le système conserve simultanément :

  • un caractère nucléophile très marqué (HO haute, prête à donner des électrons) ;
  • un caractère électrophile très marqué (BV basse, prête à accepter des électrons).

Cette réactivité bifonctionnelle concertée (effet « push-pull ») permet à la paire frustrée d'activer et de cliver des molécules a priori très peu réactives et non polaires, telles que le dihydrogène \mathrm{H}_2.

Résultat

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Question 22

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Question de cours
  • Raisonnement qualitatif

Notions : rmn du proton, référence rmn

Expliquer l'intérêt d'utiliser un solvant deutéré en RMN du proton, et donner la raison de l'ajout de .

Voir la réponse courte

Éviter le signal prépondérant du solvant en ^1\mathrm{H} ; \mathrm{BF}_3\cdot\mathrm{OEt}_2 sert de référence externe (0 ppm) en ^{11}\mathrm{B}.

Voir le corrigé complet
  1. Intérêt d'utiliser un solvant deutéré en RMN du proton :

    • Dans une solution pour analyse RMN, le solvant est présent en très large excès molaire devant le soluté (typiquement d'un facteur 10^3 à 10^4). L'utilisation d'un solvant protoné classique engendrerait un pic de solvant d'intensité gigantesque qui saturerait le détecteur et masquerait les signaux d'intérêt du soluté.
    • Le deutérium ^{2}\mathrm{H} (noté \mathrm{D}) possède un rapport gyromagnétique \gamma(^{2}\mathrm{H}) très différent de celui du proton \gamma(^{1}\mathrm{H}) (\gamma(^{1}\mathrm{H})/\gamma(^{2}\mathrm{H}) \approx 6{,}5) : il résonne donc à une fréquence bien distincte à champ magnétique fixé et n'apparaît pas dans la fenêtre spectrale d'acquisition de la RMN ^{1}\mathrm{H}.
    • Le signal du deutérium permet en outre d'assurer le système de verrouillage (lock) du spectromètre afin de stabiliser le champ magnétique B_0 au cours de la mesure.
  2. Raison de l'ajout de \mathrm{BF}_3\text{-}\mathrm{OEt}_2 :

    • L'éthérate de trifluorure de bore \mathrm{BF}_3\cdot\mathrm{OEt}_2 constitue la référence universelle (l'étalon) en spectroscopie \mathrm{RMN}\ ^{11}\mathrm{B}, par convention internationale.
    • Son ajout permet de calibrer le spectre en fixant l'origine de l'échelle des déplacements chimiques à \delta = 0\text{ ppm}, de façon analogue au rôle joué par le tétraméthylsilane (TMS) en RMN ^{1}\mathrm{H} et ^{13}\mathrm{C}.
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Question 23

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : rmn du bore, paire de lewis frustrée

Vérifier en justifiant si le spectre RMN du mélange avant réaction est compatible avec la présence d'une paire de Lewis frustrée.

Voir la stratégie
  1. Identifier la signature RMN ^{11}\mathrm{B} attendue pour une forme tricoordonnée (acide libre) et pour une forme tétracoordonnée (adduit de Lewis) à l'aide de la table des déplacements chimiques (figure 8).
  2. Analyser le spectre expérimental fourni sur la figure 7 (déplacement chimique des signaux observés).
  3. Conclure quant à l'existence ou non d'une liaison de coordination entre la phosphine \mathbf{1} et le borane \mathbf{2}.
Voir la réponse courte

Déplacement chimique élevé typique d'un bore trivalent plan et non d'une espèce tétraédrique d'adduit.

Voir le corrigé complet

D'après la table de corrélation RMN ^{11}\mathrm{B} (figure 8) :

  • Un bore tricoordonné neutre (hybridation \mathrm{sp}^2) au sein d'un triarylborane \mathrm{B}(\mathrm{Ar})_3 possède une lacune électronique vacante 2\mathrm{p}_z, ce qui le rend fortement déblindé : son déplacement chimique est attendu dans la région \delta \in [50\,;\,75]\text{ ppm}.
  • À l'inverse, si un adduit classique de coordination se formait par engagement du doublet libre du phosphore dans la lacune du bore (\mathrm{Mes}_3\mathrm{P}\rightarrow\mathrm{B}(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3), le bore adopterait une géométrie tétraédrique (hybridation \mathrm{sp}^3) tétracoordonnée. Son environnement électronique serait alors beaucoup plus blindé, se traduisant par un déplacement chimique négatif (typiquement \delta \in [-25\,;\,-10]\text{ ppm}, comme indiqué pour les adduits du type \mathrm{R}_3\mathrm{N}-\mathrm{BR}'_3 ou les borates \mathrm{BR}_4^-).

Sur le spectre RMN ^{11}\mathrm{B} du mélange équimolaire de \mathbf{1} et \mathbf{2} (figure 7), on relève :

  • Le pic à \delta = 0\text{ ppm}, correspondant à l'étalon interne \mathrm{BF}_3\cdot\mathrm{OEt}_2 ;
  • Un unique signal majeur pour l'espèce borée à :

    \delta = 59{,}6\text{ ppm} \quad (\text{repéré à } 59{,}56\text{ ppm})
  • L'absence totale de signal dans la région des déplacements chimiques négatifs (\delta < 0\text{ ppm}).

Le composé \mathbf{2} se trouve donc exclusivement sous sa forme libre tricoordonnée de triarylborane \mathrm{B}(\mathrm{Ar})_3 et n'est pas coordonné à la phosphine \mathbf{1}.

\boxed{\text{Le spectre RMN }^{11}\mathrm{B}\text{ confirme l'absence d'adduit de Lewis et est parfaitement compatible avec une paire de Lewis frustrée.}}

Résultat

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Question 24

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Calcul littéral
  • Exploitation de document

Notions : coupure hétérolytique du dihydrogène, paire de lewis frustrée

À l'aide des spectres obtenus après réaction et de la table de déplacement chimique en annexe (figure (8)), déterminer les structures des composés 3 et 4 qui composent le solide blanc obtenu.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de la transformation subie par le dihydrogène sous l'action conjointe de la base de Lewis \mathbf{1} et de l'acide de Lewis \mathbf{2} (coupure hétérolytique du dihydrogène par une paire de Lewis frustrée).
  2. Exploiter les données de \mathrm{RMN}\ ^{31}\mathrm{P} et ^{1}\mathrm{H} pour identifier le cation issu de la protonation de la phosphine.
  3. Exploiter le déplacement chimique en \mathrm{RMN}\ ^{11}\mathrm{B} et la figure (8) pour identifier l'anion borate hydrogéné.
Voir la réponse courte

Clivage hétérolytique de \mathrm{H}_2 formant le sel [t\mathrm{Bu}_3\mathrm{PH}]^+[(C_6F_5)_3\mathrm{BH}]^-.

Voir le corrigé complet

L'absence de complexation stérique entre \mathbf{1} (\mathrm{PMes}_3) et \mathbf{2} (\mathrm{B(C_6F_5)_3}) permet une activation coopérative synergique de la molécule de dihydrogène, conduisant à sa coupure hétérolytique en un proton \mathrm{H}^+ et un hydrure \mathrm{H}^- :

  • Analyse du phosphore et identification du premier fragment : Le spectre \mathrm{RMN}\ ^{31}\mathrm{P} présente un unique doublet à \delta = -27{,}53\text{ ppm} caractérisé par une très grande constante de couplage J = 480\text{ Hz}. En \mathrm{RMN}\ ^{1}\mathrm{H} (tableau 1), on retrouve exactement cette même constante de couplage pour un doublet à \delta = 7{,}91\text{ ppm} intégrant pour 1\text{ H}. Cette valeur de J est caractéristique d'un couplage scalaire direct à une liaison ^{1}J_{\mathrm{P-H}} : le proton s'est lié directement au phosphore. La base de Lewis \mathbf{1} a donc capté le proton pour former le cation phosphonium :

    [\mathrm{HP(Mes)}_3]^+ \quad \text{ou} \quad [(\mathrm{Mes})_3\mathrm{PH}]^+
  • Analyse du bore et identification du second fragment : Le spectre \mathrm{RMN}\ ^{11}\mathrm{B} présente un signal à \delta = -25{,}47\text{ ppm}. D'après la table de déplacement chimique de la figure (8), cette zone de déplacements négatifs (\delta \in [-20\,; -30]\text{ ppm}) correspond précisément aux anions borates de type [\mathrm{R}_3\mathrm{BH}]^- (bore tétracoordonné portant un hydrure). De plus, le spectre \mathrm{RMN}\ ^{1}\mathrm{H} présente un signal intégrant pour 1\text{ H} à \delta = 4{,}10\text{ ppm}, confirmant la présence d'un proton lié au bore. L'acide de Lewis \mathbf{2} a donc fixé l'ion hydrure pour former l'anion hydroborate :

    [\mathrm{HB(C_6F_5)}_3]^- \quad \text{ou} \quad [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-

Le solide blanc obtenu est donc un sel résultant de la coupure hétérolytique de \mathrm{H}_2, composé de la paire d'ions :

\boxed{\mathbf{3} = [(\mathrm{Mes})_3\mathrm{PH}]^+ \quad \text{et} \quad \mathbf{4} = [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-}

(ou vice-versa pour l'indexation de \mathbf{3} et \mathbf{4}).

Résultat

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Question 25

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Exploitation de document

Notions : rmn du proton, couplage scalaire

Attribuer les différents signaux en RMN (tableau (1)) et commenter la multiplicité du signal à 4,10 ppm.

Voir la stratégie
  1. Associer chaque signal du tableau (1) aux noyaux d'hydrogène des deux entités formées à la question précédente : le cation [(\mathrm{Mes})_3\mathrm{PH}]^+ et l'anion [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-.
  2. Expliquer la multiplicité singulière du signal à 4{,}10\text{ ppm} à l'aide de la règle 2I+1 appliquée au noyau de bore ^{11}\mathrm{B} (I = 3/2), et préciser l'intensité relative des raies.
Voir la réponse courte

Signal à 4,10 ppm dédoublé par couplage direct avec le noyau de phosphore ^{31}\mathrm{P} de spin 1/2.

Voir le corrigé complet

1. Attribution des signaux du spectre RMN ^{1}\mathrm{H} (tableau 1) :

Le sel ionique \mathbf{3}+\mathbf{4} est formé du cation phosphonium [(\mathrm{Mes})_3\mathrm{PH}]^+ et de l'anion borate [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-. L'attribution des signaux s'effectue comme suit :

  • Signal à 7{,}91\text{ ppm} (doublet, J = 480\text{ Hz}, 1\text{ H}) : Il correspond au proton directement lié à l'atome de phosphore (\mathrm{P}-\mathrm{H}) du cation phosphonium. Le phosphore ^{31}\mathrm{P} ayant un spin nucléaire I = 1/2, le signal est dédoublé en un doublet (2I+1 = 2). La constante de couplage scalaire ^{1}J_{\mathrm{P-H}} = 480\text{ Hz} est très élevée, ce qui est caractéristique d'un couplage direct à une liaison.
  • Signal à 6{,}58\text{ ppm} (doublet, J = 10\text{ Hz}, 6\text{ H}) : Il correspond aux 6 protons aromatiques situés en position méta des trois groupements mésityle (positions 3 et 5 de chaque cycle). Le dédoublement provient du couplage à longue distance avec le noyau de phosphore ^{31}\mathrm{P} (^{4}J_{\mathrm{P-H}} = 10\text{ Hz}).
  • Signal à 4{,}10\text{ ppm} (quadruplet, J = 112\text{ Hz}, 1\text{ H}) : Il correspond à l'hydrure directement lié au bore (\mathrm{B}-\mathrm{H}) de l'anion hydridoborate [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-.
  • Signaux à 1{,}95\text{ ppm}, 1{,}87\text{ ppm} et 1{,}62\text{ ppm} (trois singulets de 9\text{ H} chacun, soit 27\text{ H} au total) : Ces signaux correspondent aux groupements méthyle portés par les trois noyaux mésityle (3 \times 3 \times 3 = 27\text{ H}). En raison de l'encombrement stérique considérable, la rotation autour des liaisons \mathrm{P}-\mathrm{C}_{\mathrm{Ar}} est bloquée : la molécule adopte une conformation hélicoïdale (en hélice, de symétrie C_3) où les deux méthyles ortho de chaque cycle mésityle ne sont plus équivalents (diastéréotopiques). On observe ainsi :

    • un singulet (9\text{ H}) pour les méthyles en position para ;
    • deux singulets distincts (9\text{ H} chacun) pour les deux ensembles de méthyles en positions ortho.

2. Commentaire sur la multiplicité du signal à 4{,}10\text{ ppm} :

  • D'après les données de l'énoncé, l'isotope majoritaire du bore, ^{11}\mathrm{B} (abondance naturelle d'environ 80\,\%), possède un spin nucléaire :

    I = \frac{3}{2}
  • Le couplage scalaire direct d'un proton avec un seul noyau de spin I fait éclater la raie de résonance en :

    2nI + 1 = 2 \times 1 \times \frac{3}{2} + 1 = 4 \text{ composantes}

    Le signal apparaît donc sous la forme d'un quadruplet.

  • Intensités des raies : Contrairement à un couplage avec trois protons équivalents (I = 1/2) qui donne un quadruplet d'intensités binomiales 1:3:3:1 (triangle de Pascal), le couplage avec un unique noyau de spin I = 3/2 donne un quadruplet constitué de quatre raies d'égales intensités (1:1:1:1), car les quatre états de projection magnétique du spin nucléaire (m_I = -3/2, -1/2, +1/2, +3/2) ont la même probabilité d'occupation.
  • La constante de couplage ^{1}J_{^{11}\mathrm{B}-\mathrm{H}} = 112\text{ Hz} est typique d'une liaison covalente bore-hydrogène.
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Question 26

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé

Notions : réaction de wittig, ylure de phosphore

Donner la structure du composé 5. Il est synthétisé à partir de diphénylméthanone et de méthylènetriphénylphosphorane. Proposer l'équation-bilan de la réaction de la formation de 5, et préciser quelle est la force motrice de cette réaction.

Voir la stratégie
  1. Identifier le réactif de départ (\mathrm{Ph})_2\mathrm{CO} et l'ylure de phosphore (méthylènetriphénylphosphorane \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}=\mathrm{CH}_2), puis reconnaître la réaction de Wittig pour déduire la structure de l'alcène \mathbf{5} (1,1-diphényléthène).
  2. Écrire l'équation-bilan stœchiométrique en faisant apparaître l'oxyde de triphénylphosphine \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}=\mathrm{O} comme sous-produit.
  3. Justifier la force motrice à partir de la valeur de l'énergie de liaison E_{\mathrm{P}=\mathrm{O}} fournie dans les données de l'énoncé.
Voir la réponse courte

Synthèse de (\mathrm{Ph})_2\mathrm{C}=\mathrm{CH}_2 avec libération de \mathrm{Ph}_3\mathrm{P=O} dont la liaison très forte est la force motrice.

Voir le corrigé complet

1. Structure du composé 5 :

D'après le texte de l'énoncé, le composé \mathbf{5} est le 1,1-diphényléthène. Sa formule semi-développée est :

\boxed{\mathrm{Ph}_2\mathrm{C}=\mathrm{CH}_2}

soit topologiquement :

2. Équation-bilan de formation :

Il s'agit d'une réaction d'oléfination de Wittig entre la benzophénone (diphénylméthanone) et l'ylure de phosphore non stabilisé (méthylènetriphénylphosphorane) :

\boxed{\mathrm{Ph}_2\mathrm{C}=\mathrm{O} + \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}=\mathrm{CH}_2 \longrightarrow \mathrm{Ph}_2\mathrm{C}=\mathrm{CH}_2 + \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}=\mathrm{O}}

(l'ylure pouvant indifféremment être représenté sous sa forme mésomère zwitterionique \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}^+-\bar{\mathrm{C}}\mathrm{H}_2).

3. Force motrice de la réaction :

La force motrice thermodynamique de l'oléfination de Wittig réside dans la formation concomitante de l'oxyde de triphénylphosphine \mathrm{Ph}_3\mathrm{P}=\mathrm{O}, qui comporte une liaison phosphore-oxygène extrêmement stable et forte. Cette grande stabilité se traduit par une énergie de liaison particulièrement élevée :

\boxed{E_{\mathrm{P}=\mathrm{O}} = 535\text{ kJ}\cdot\text{mol}^{-1}}

Ce gain enthalpique très favorable rend la réaction quasi-irréversible et déplace totalement l'équilibre vers la formation de l'alcène.

Résultat

Question déjà tombée ailleurs

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Question 27

ExigeanteTemps estimé : ≈ 6 min
  • Exploitation de document
  • Schéma ou tracé

Notions : cycle catalytique, hydrogénation

Donner la structure de l'intermédiaire 6 et du produit final 7 du cycle catalytique de la figure (4). Attribuer le nom des étapes A, B et C parmi « Transfert de proton », « Coupure hétérolytique » et « Transfert d'hydrure ».

Voir la stratégie
  1. Identifier le produit final \mathbf{7} comme le produit de l'hydrogénation catalytique de l'alcène \mathbf{5} (1,1-diphényléthène).
  2. Suivre les espèces présentes dans les différents compartiments du cycle catalytique (figure 4) pour déduire la nature chimique de chaque transformation et la structure de l'intermédiaire \mathbf{6}.
  3. Attribuer rigoureusement les noms des étapes A, B et C proposés par l'énoncé.
Voir la réponse courte

A: coupure hétérolytique de \mathrm{H}_2, B: transfert de proton, C: transfert d'hydrure régénérant le catalyseur.

Voir le corrigé complet

1. Structure du produit final 7

La réaction globale est l'hydrogénation catalytique du 1,1-diphényléthène \mathbf{5} (\mathrm{Ph}_2\mathrm{C}=\mathrm{CH}_2). L'addition formelle d'une molécule de dihydrogène \mathrm{H}_2 sur la double liaison conduit à l'alcane correspondant, le 1,1-diphényléthane :

\boxed{\mathbf{7} \;:\quad \mathrm{Ph}_2\mathrm{CH}-\mathrm{CH}_3}

2. Analyse des étapes et structure de l'intermédiaire 6

  • Étape A : Le mélange de la base de Lewis \mathbf{1} (\mathrm{PMes}_3) et de l'acide de Lewis \mathbf{2} (\mathrm{B}(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3) réagit avec \mathrm{H}_2 pour former le sel \mathbf{3} + \mathbf{4} constitué du cation phosphonium [\mathrm{Mes}_3\mathrm{PH}]^+ et de l'anion hydridoborate [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^- (d'après la question Q24). La liaison \mathrm{H}-\mathrm{H} subit un clivage ionique en \mathrm{H}^+ et \mathrm{H}^-. Il s'agit donc d'une coupure hétérolytique.
  • Étape B : L'état intermédiaire indiqué dans le cycle est le mélange \mathbf{2} + \mathbf{3} + \mathbf{6}. On constate que le cation phosphonium \mathbf{3} n'a pas réagi, tandis que l'anion hydridoborate \mathbf{4} a libéré l'acide borane libre \mathbf{2}. L'anion \mathbf{4} a donc cédé son ion hydrure \mathrm{H}^- à l'alcène \mathbf{5}. Cette étape est un transfert d'hydrure.

    L'addition de l'hydrure \mathrm{H}^- s'effectue régiosélectivement sur le carbone terminal du 1,1-diphényléthène (\mathrm{CH}_2), ce qui conduit au carbanion benzhydrylique \mathbf{6}, fortement stabilisé par délocalisation mésomère sur les deux noyaux aromatiques :

    \boxed{\mathbf{6} \;:\quad \mathrm{Ph}_2\bar{\mathrm{C}}-\mathrm{CH}_3 \quad \left(\text{anion 1,1-diphényléthyle}\right)}
  • Étape C : Le carbanion \mathbf{6} réagit avec le cation phosphonium \mathbf{3} (\mathrm{Mes}_3\mathrm{PH}^+) : ce dernier lui transfère son proton \mathrm{H}^+, ce qui délivre le produit hydrogéné \mathbf{7} et régénère la phosphine libre \mathbf{1}. Il s'agit d'un transfert de proton. Le catalyseur (\mathbf{1} + \mathbf{2}) est ainsi intégralement régénéré.

En résumé, l'attribution des étapes est la suivante :

\boxed{ \begin{aligned} \text{Étape A} &\;:\quad \text{« Coupure hétérolytique »} \\ \text{Étape B} &\;:\quad \text{« Transfert d'hydrure »} \\ \text{Étape C} &\;:\quad \text{« Transfert de proton »} \end{aligned} }

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Question 28

Application directeTemps estimé : ≈ 3 min
  • Raisonnement qualitatif

Notions : chimie verte, catalyse sans métal de transition

Donner deux avantages de ce procédé par rapport à d'autres permettant les mêmes types de réaction.

Voir la réponse courte

Absence de métaux de transition coûteux/toxiques et conditions opératoires douces de température et pression.

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L'hydrogénation classique des liaisons multiples carbone-carbone fait habituellement appel à des catalyseurs à base de métaux de transition, soit hétérogènes (palladium sur charbon \mathrm{Pd/C}, platine \mathrm{Pt}, nickel de Raney), soit homogènes (catalyseur de Wilkinson \left[\mathrm{RhCl}(\mathrm{PPh}_3)_3\right]).

Par comparaison avec ces procédés traditionnels, l'utilisation d'une paire de Lewis frustrée (FLP) présente plusieurs avantages majeurs ; on peut notamment citer :

  1. L'absence de métaux de transition (catalyse dite « sans métal » ou metal-free) : les métaux nobles couramment employés (\mathrm{Pd}, \mathrm{Pt}, \mathrm{Rh}) sont rares, très coûteux et toxiques. Leur remplacement par un système organique/bore évite la présence de résidus métalliques toxiques dans le produit final (un critère particulièrement critique dans l'industrie pharmaceutique) et s'inscrit dans les principes de la chimie verte.
  2. Des conditions opératoires particulièrement douces : l'activation et l'hydrogénation se font ici à température ambiante et sous pression atmosphérique de dihydrogène (P = 1\text{ bar}), avec une cinétique très rapide (conversion complète en 15\text{ minutes} pour 1\,\% molaire de catalyseur), alors que de nombreux procédés industriels ou de laboratoire au laboratoire nécessitent l'emploi d'autoclaves sous haute pression de \mathrm{H}_2.
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1.3 · Un catalyseur au bore particulier : l'oxazaborrolidine CBS

Question 29

Application directeTemps estimé : ≈ 2 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Faisable en BCPST1

Notions : acide aminé, biomolécule

Rappeler la classe de molécules naturelles dont fait partie la proline.

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Acide aminé (ou acide \alpha-aminé protéinogène cyclique).

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La proline fait partie de la classe des acides \boldsymbol{\alpha}-aminés (ou plus généralement des acides aminés), et constitue l'un des 20 acides \alpha-aminés protéinogènes naturels entrant dans la composition des protéines.

\boxed{\text{La proline est un acide }\alpha\text{-aminé (ou acide aminé naturel / protéinogène).}}

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Question 30

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Question de cours
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : organomagnésien, addition nucléophile sur ester

Proposer une courte voie de synthèse de l'alcool 10 ( groupement phényle) à partir de 9. On supposera que le groupe protecteur « GP » résiste aux conditions expérimentales de cette synthèse.

Voir la stratégie
  1. Identifier la transformation fonctionnelle : conversion d'un ester méthylique -\mathrm{COOCH}_3 (molécule 9) en alcool tertiaire di-substitué -\mathrm{C}(\mathrm{Ph})_2\mathrm{OH} (molécule 10).
  2. Choisir le réactif nucléophile approprié introduisant deux groupements phényles, à savoir un organomagnésien mixte (\mathrm{PhMgBr}) ou un organolithien (\mathrm{PhLi}).
  3. Préciser les conditions opératoires (stœchiométrie, solvant aprotique anhydre) et l'étape d'hydrolyse terminale.
Voir la réponse courte

Double addition de bromure de phénylmagnésium \mathrm{PhMgBr} sur l'ester 9 suivie d'une hydrolyse acide.

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La molécule 9 possède une fonction ester méthylique, tandis que la molécule 10 est un alcool tertiaire portant deux groupements phényles sur le même carbone.

Cette transformation s'effectue en une seule étape synthétique par double addition nucléophile d'un réactif de Grignard :

  1. 1.

    Addition de l'organométallique : Traitement de l'ester 9 par au moins 2 équivalents (typiquement un excès de 2{,}5 à 3 équivalents) de bromure de phénylmagnésium \mathrm{PhMgBr} (ou de phényllithium \mathrm{PhLi}), dans un solvant éthéré anhydre tel que le tétrahydrofurane (\mathrm{THF}) ou l'éther diéthylique (\mathrm{Et}_2\mathrm{O}), sous atmosphère inerte (\mathrm{N}_2 ou \mathrm{Ar}) :

    • Une première addition nucléophile de \mathrm{Ph}^- sur le carbone du carbonyle de l'ester forme un intermédiaire tétraédrique ;
    • L'élimination du groupement partant méthanolate (\mathrm{CH}_3\mathrm{O}^-) génère in situ une cétone intermédiaire ;
    • La cétone étant plus électrophile que l'ester de départ, elle subit immédiatement l'addition d'un second équivalent de \mathrm{PhMgBr} pour conduire à un alcoolate de magnésium tertiaire.
  2. 2. Hydrolyse : Hydrolyse en milieu aqueux modérément acide (par exemple avec une solution aqueuse saturée de chlorure d'ammonium \mathrm{NH}_4\mathrm{Cl}_{(\mathrm{aq})} ou d'acide chlorhydrique dilué) afin de protoner l'alcoolate sans affecter le reste de la molécule :
\boxed{ \textbf{9} \xrightarrow[\text{2. } \mathrm{NH}_4\mathrm{Cl}_{(\mathrm{aq})}]{\text{1. } \mathrm{PhMgBr}\text{ (excès, }\ge 2\text{ éq.}),\,\mathrm{THF}\text{ anhydre}} \textbf{10} }

Résultat

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Question 31

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé
  • Faisable en PCSI, BCPST1

Notions : montage dean-stark, déplacement d'équilibre

Faire un schéma d'un montage Dean-Stark et justifier l'intérêt d'utiliser un montage Dean-Stark dans le cas de cette réaction.

Voir la stratégie
  1. Représenter schématiquement le montage de Dean-Stark en faisant figurer les éléments essentiels : ballon chauffé, tête de décantation (col montant, colonne graduée avec robinet, bras de retour) et réfrigérant à reflux.
  2. Identifier la nature de la réaction (condensation de l'amino-alcool issu de 10 avec la triméthylboroxine 11 libérant de l'eau) et expliquer le mécanisme de séparation hétéroazéotropique toluène/eau.
  3. Conclure sur le rôle thermodynamique (déplacement d'équilibre selon le principe de Le Chatelier) et le suivi cinétique permis par ce montage.
Voir la réponse courte

Élimination par distillation hétéroazéotropique de l'eau formée pour déplacer l'équilibre vers la formation de l'oxazaborolidine.

Voir le corrigé complet

1. Schéma du montage de Dean-Stark

2. Justification de l'intérêt du montage de Dean-Stark

  • Nature de la réaction : La condensation entre l'amino-alcool issu de la déprotection de l'amine de 10 (la \alpha,\alpha-diphénylprolinol) et la triméthylboroxine 11 pour former l'oxazaborolidine CBS 8 est une réaction réversible s'accompagnant de l'élimination stœchiométrique d'eau :

    3\,\text{amino-alcool} + \mathbf{11} \rightleftharpoons 3\,\mathbf{8} + 3\,\mathrm{H_2O}
  • Principe de séparation : Le toluène et l'eau forment un hétéroazéotrope dont la température d'ébullition (environ 85\,^\circ\mathrm{C}) est inférieure à celle du toluène pur (110{,}6\,^\circ\mathrm{C}) et de l'eau (100\,^\circ\mathrm{C}). Les vapeurs hétéroazéotropiques montent, se condensent dans le réfrigérant et tombent dans le tube collecteur du Dean-Stark.
  • Décantation et piégeage : L'eau et le toluène sont non miscibles à l'état liquide. L'eau étant plus dense (\rho_{\mathrm{eau}} \approx 1{,}00\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}) que le toluène (\rho_{\mathrm{tolu\grave{e}ne}} \approx 0{,}87\text{ g}\cdot\text{cm}^{-3}), elle s'accumule au fond du tube gradué. Le toluène surnageant déborde par la branche latérale et retourne en continu dans le ballon réactionnel.
  • Déplacement d'équilibre : L'élimination continue de l'eau hors du milieu réactionnel déplace l'équilibre chimique dans le sens direct (principe de Le Chatelier), ce qui permet d'obtenir un rendement quantitatif en CBS 8 tout en évitant l'hydrolyse du produit formé.
  • Suivi de la réaction : La mesure du volume d'eau recueillie dans la partie graduée permet en outre de suivre l'avancement de la réaction et de repérer son achèvement.
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Question 32

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min
  • Incontournable
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : réaction de diels-alder, règle endo

Donner les produits majoritaires 15 de la réaction de Diels-Alder entre ces deux réactifs en l'absence de CBS. Justifier leur stéréochimie à l'aide d'une représentation de l'approche des deux réactifs.

Voir la stratégie
  1. Identifier la nature de la réaction : cycloaddition [4+2] de Diels-Alder concertée entre un diène cyclique (s-cis bloqué) et un diénophile activé par un groupement carbonyle.
  2. Déterminer la diastéréosélectivité par la règle endo d'Alder : analyser les interactions orbitalaires secondaires stabilisant l'état de transition.
  3. Conclure sur l'énantiosélectivité : en l'absence de catalyseur chiral, les réactifs étant achiraux, l'attaque a lieu de manière équiprobable sur les deux faces énantiotopiques, conduisant à un mélange racémique d'énantiomères.
Voir la réponse courte

Cycloaddition [4+2] diastéréosélective favorisant le produit endo par stabilisation des orbitales secondaires.

Voir le corrigé complet

La réaction entre le cyclohexa-1,3-diène 13 (diène conjugué bloqué en conformation s-cis) et la méthylacroléine 14 (diénophile) est une réaction de cycloaddition [4+2] de Diels-Alder concertée supracirculaire-supracirculaire ([\pi 4_s + \pi 2_s]).

1. Diastéréosélectivité (endo / exo) : D'après la règle endo d'Alder (règle de l'accumulation maximale d'insaturations), l'approche privilégiée place le substituant électroattracteur et insaturé (-\mathrm{CHO}) du côté du système \pi du diène. Cet état de transition endo est cinétiquement favorisé grâce à des interactions orbitalaires secondaires stabilisantes entre les orbitales \pi du carbonyle et celles du diène (recouvrement liant entre la \mathrm{BV} du diénophile et la \mathrm{HO} du diène sur les carbones internes).

Le groupe formyle -\mathrm{CHO} se retrouve donc en position endo (orienté vers la double liaison résiduelle du bicyclo[2.2.2]octène), tandis que le groupe méthyle -\mathrm{CH}_3 se retrouve en position exo (orienté vers le pont éthano -\mathrm{CH}_2-\mathrm{CH}_2-).

2. Énantiosélectivité : En l'absence de catalyseur chiral tel que le CBS, le milieu réactionnel est achiral. Les deux réactifs étant achiraux et présentant des faces énantiotopiques, l'attaque endo s'effectue avec une probabilité strictement identique sur les deux faces. La réaction conduit donc à un **mélange racémique** (mélange équimolaire) des deux énantiomères 15-S et 15-R.

\boxed{\text{Les produits majoritaires }\mathbf{15}\text{ sont les deux énantiomères }\mathbf{15\text{-}S}\text{ et }\mathbf{15\text{-}R}\text{ en mélange racémique (\textit{endo-CHO}}).}

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Question 33

IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min
  • Schéma ou tracé

Notions : acide de lewis, adduit de lewis

Proposer une structure pour l'adduit de Lewis 16 qui se forme entre la méthylacroléine et le CBS protonné.

Voir la stratégie
  1. Identifier les centres donneur (base de Lewis) et accepteur (acide de Lewis) d'électrons : l'atome d'oxygène du carbonyle de la méthylacroléine 14 possède des doublets non liants, tandis que le bore du catalyseur protonné 12 dispose d'une lacune électronique (orbitale \mathrm{p} vacante).
  2. Prendre en compte l'interaction stabilisatrice supplémentaire caractéristique du catalyseur CBS activé : la liaison hydrogène intramoléculaire entre le groupement \mathrm{N}^+-\mathrm{H} et l'oxygène du carbonyle.
  3. Préciser la conformation privilégiée de la méthylacroléine (s-trans) et représenter clairement l'adduit 16.
Voir la réponse courte

Coordination de l'oxygène carbonyle de l'aldéhyde sur l'atome de bore chiral de l'oxazaborolidine.

Voir le corrigé complet

La formation de l'adduit de Lewis 16 repose sur les caractéristiques suivantes :

  • Acidité de Lewis de 12 : La protonation de l'atome d'azote bloque son doublet non liant, empêchant la rétrodonation \pi vers l'orbitale 2\mathrm{p} vacante du bore. Le bore devient ainsi un centre acide de Lewis exceptionnellement puissant.
  • Coordination de la méthylacroléine 14 : L'oxygène du groupe carbonyle \mathrm{C}=\mathrm{O} engage l'un de ses doublets non liants pour former une liaison dative (covalente de coordination) avec la lacune du bore :

    \mathrm{B} \longleftarrow \mathrm{O}=\mathrm{CH}-\mathrm{C}(\mathrm{CH}_3)=\mathrm{CH}_2
  • Liaison hydrogène stabilisatrice : Le proton porté par l'ammonium \mathrm{N}^+-\mathrm{H} établit simultanément une liaison hydrogène intramoléculaire avec l'oxygène du carbonyle (\mathrm{N}^+-\mathrm{H}\cdots\mathrm{O}=\mathrm{C}). Cette double interaction (coordination au bore et pont hydrogène) verrouille rigoureusement l'orientation spatiale du diénophile.
  • Conformation du diénophile : La méthylacroléine adopte une conformation s-trans (liaisons \mathrm{C}=\mathrm{O} et \mathrm{C}=\mathrm{C} antiparallèles), énergétiquement plus stable en raison d'une gêne stérique minimale.

On propose ainsi la structure suivante pour l'adduit de Lewis 16 :

\boxed{\text{Adduit \textbf{16} : coordination } \mathrm{B}\leftarrow\mathrm{O}=\mathrm{CH}-\mathrm{C}(\mathrm{CH}_3)=\mathrm{CH}_2 \text{ assistée par liaison hydrogène } \mathrm{N}^+-\mathrm{H}\cdots\mathrm{O}}

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Question 34

ExigeanteTemps estimé : ≈ 5 min
  • Raisonnement qualitatif
  • Schéma ou tracé

Notions : induction asymétrique, catalyse asymétrique

Donner une explication sur le caractère énantiosélectif de la réaction et représenter l'énantiomère majoritaire 15-S (on ne cherchera pas à justifier l'obtention de cet énantiomère plutôt que l'autre).

Voir l'indice

Expliquer le blocage stérique de l'une des faces du diénophile par les groupements phényles du catalyseur chiral, favorisant l'attaque du diène sur la face opposée.

Voir la stratégie
  1. Expliquer l'origine de l'énantiosélectivité en s'appuyant sur la chiralité du catalyseur oxazaborolidine protonné, le blocage conformationnel du diénophile coordonné et la différenciation stérique des faces diastéréotopiques.
  2. Représenter l'adduit de Diels-Alder bicyclique 15-S avec le groupement formyle -\mathrm{CHO} en position endo et le méthyle -\mathrm{CH}_3 en position exo.
  3. Établir rigoureusement la configuration absolue (S) du stéréocentre quaternaire \mathrm{C}_2 à l'aide des règles de Cahn, Ingold et Prelog (CIP).
Voir la réponse courte

Blocage stérique d'une face du diénophile par les groupements phényles du catalyseur chiral, induisant l'énantiosélectivité.

Voir le corrigé complet

1. Origine du caractère énantiosélectif de la réaction

En l'absence de catalyseur chiral, l'approche du diène sur l'une ou l'autre des deux faces énantiotopiques du diénophile est équiprobable, conduisant à un mélange racémique des énantiomères.

En présence du catalyseur oxazaborolidine protonné 12, chiral (issu de la \text{L}-proline naturelle de configuration S) :

  • La méthylacroléine 14 se coordonne au bore et établit une liaison hydrogène intramoléculaire \mathrm{N^+ - H \cdots O=C} (adduit 16), ce qui fige le diénophile dans une conformation plane et rigide (s-trans) au sein d'un complexe chiral.
  • Les deux faces du diénophile deviennent alors diastéréotopiques.
  • Les volumineux substituants phényles portés par le squelette du catalyseur créent une forte gêne stérique qui masque l'une des faces du diénophile. L'attaque du cyclohexa-1,3-diène a donc lieu très préférentiellement sur la face opposée, la moins encombrée, ce qui induit une très haute énantiosélectivité.

2. Représentation de l'énantiomère majoritaire 15-S

L'addition Diels-Alder conduit au squelette bicyclo[2.2.2]oct-5-ène. Le groupement électroattracteur -\mathrm{CHO} est majoritairement en position endo (tourné vers la double liaison résiduelle \mathrm{C}_5=\mathrm{C}_6) et le groupement méthyle -\mathrm{CH}_3 en position exo.

3. Vérification de la configuration absolue (S) au carbone \mathrm{C}_2

Attribution des priorités selon les règles de Cahn, Ingold et Prelog (CIP) autour du centre stéréogène \mathrm{C}_2 :

  1. -\mathrm{CHO} : le carbone est lié à (\mathrm{O}, \mathrm{O}, \mathrm{H}) \implies priorité 1 ;
  2. -\mathrm{C}_1 (tête de pont) : lié à \mathrm{C}_6 (sp^2, compté doublement lié à \mathrm{C}), \mathrm{C}_7 (sp^3) et \mathrm{H}, soit (\mathrm{C}, \mathrm{C}, \mathrm{C}, \mathrm{H}) \implies priorité 2 ;
  3. -\mathrm{C}_3 : groupement méthylène -\mathrm{CH}_2-, lié à (\mathrm{C}_4, \mathrm{H}, \mathrm{H}) \implies priorité 3 ;
  4. -\mathrm{CH}_3 : groupement méthyle, lié à (\mathrm{H}, \mathrm{H}, \mathrm{H}) \implies priorité 4.

Le substituant de plus faible priorité -\mathrm{CH}_3 (4) pointe vers l'arrière du plan (liaison hachurée). Le sens de parcours des substituants par ordre de priorité décroissante :

\mathbf{(1)} \ [-\mathrm{CHO}] \longrightarrow \mathbf{(2)} \ [-\mathrm{C}_1] \longrightarrow \mathbf{(3)} \ [-\mathrm{C}_3]

s'effectue dans le sens anti-horaire (sens trigonométrique).

Le centre stéréogène \mathrm{C}_2 est donc bien de configuration absolue \mathbf{(S)}.

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Questions fréquentes sur ce sujet

Quels chapitres faut-il réviser pour le sujet ENS Physique-Chimie L PC 2023 ?

Surtout 3 chapitres : Diffusion thermique et diffusion de particules (30 % des questions, partie Physique), Atomistique, liaisons et cristallographie (28 %, partie Chimie) et Chimie organique (19 %). Plus ponctuellement : Circuits électriques et régimes transitoires, Facteur de Boltzmann et physique statistique, Premier et second principes de la thermodynamique, Oxydoréduction et électrochimie, Réactions en solution aqueuse : acide-base, précipitation, complexation…

Peut-on travailler le sujet ENS Physique-Chimie L PC 2023 dès la première année (PCSI) ?

En partie : 25 questions sur 67 (37 %) ne demandent que le programme de PCSI. Blocs abordables : la sous-partie Partie Chimie.1.1.2 (Q4 (partie Partie Chimie) à Q8 (partie Partie Chimie)). Avec les autres programmes de première année : 20 en MPSI, 18 en PTSI, 18 en MP2I, 21 en TSI1 et 23 en BCPST1.

Combien de temps faut-il pour traiter le sujet ENS Physique-Chimie L PC 2023 ?

Environ 4 h 30 pour tout traiter (estimation question par question pour un candidat bien préparé).

Quelles sont les questions les plus difficiles du sujet ENS Physique-Chimie L PC 2023 ?

Aucune question n'est cotée très difficile (4 sur 4). Les plus exigeantes, cotées 3 sur 4 : notamment Q17 (partie Partie Physique) (séparation isotopique), Q10 (partie Partie Chimie) (orbitale de fragment), Q14 (partie Partie Chimie) (symétrie moléculaire), Q24 (partie Partie Chimie) (coupure hétérolytique du dihydrogène), Q25 (partie Partie Chimie) (rmn du proton) et Q27 (partie Partie Chimie) (cycle catalytique).

Quelles questions de cours et quels classiques contient le sujet ENS Physique-Chimie L PC 2023 ?

Questions de cours : Q1 (partie Partie Physique) (libre parcour moyen), Q2 (partie Partie Physique) (effusion moléculaire), Q30 (partie Partie Physique) (analogie électrocinétique), Q1 (partie Partie Chimie) (nombre d'oxydation), Q2 (partie Partie Chimie) (acide de lewis), Q9 (partie Partie Chimie) (vsepr), Q17 (partie Partie Chimie) (interaction ho-bv), Q18 (partie Partie Chimie) (liaison de coordination)…. Classiques incontournables, à savoir refaire : Q6 (partie Partie Physique) (distribution des vitesses de maxwell-boltzmann), Q9 (partie Partie Physique) (théorème d'équipartition), Q10 (partie Partie Physique) (effusion moléculaire), Q11 (partie Partie Physique) (effusion moléculaire), Q15 (partie Partie Physique) (bilan de matière), Q16 (partie Partie Physique) (équation différentielle linéaire), Q26 (partie Partie Physique) (bilan de particules), Q27 (partie Partie Physique) (équation de diffusion)….

Où gagner des points facilement dans le sujet ENS Physique-Chimie L PC 2023 ?

Le temps caractéristique d'égalisation des enceintes en Q16 (partie Partie Physique) vaut-il τ ?

Non : la relaxation vers l'équilibre s'effectue avec une constante de temps \tau/2. La constante \tau régit la vidange d'une enceinte dans le vide, mais le couplage symétrique d'échange entre les deux compartiments double la vitesse d'égalisation.

Faut-il connaître le spin du bore 11 pour la RMN en Q25 (partie Partie Chimie) ?

Oui : le noyau ^{11}\mathrm{B} possède un spin I = 3/2. Le couplage direct \mathrm{B}-\mathrm{H} produit un quadruplet de raies d'égales intensités (1:1:1:1) d'après la règle 2I+1, et non le quadruplet 1:3:3:1 issu du triangle de Pascal.

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