Corrigé détaillé ENS Physique Chimie L PC 2023 (page 2/4 : Partie Physique (questions 18 à 33))
Effusion gazeuse et chimie des dérivés du bore
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- Faisable en PCSI : 25 questions sur 67, partie Partie Chimie.1.1.2
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Partie Partie Physique : Effusion gazeuse (suite)
4.2 · Système ouvert formé de deux enceintes
Question 18
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Mise en équation
Notions : bilan de matière, équation différentielle
Établir le système d'équations différentielles, paramétré par les seules constantes et , vérifié par les nombres d'atomes et contenus dans chacune des enceintes.
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Conserver le bilan pour l'enceinte (1) et ajouter au bilan de l'enceinte (2) le terme de fuite vers le vide extérieur d'aire ks, caractérisé par \tau_2 = \tau_1/k.
Rappeler que les deux électrons assurant la liaison covalente bore-azote proviennent exclusivement du doublet non liant de la base azotée.
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- Effectuer un bilan particulaire sur chaque enceinte pendant un intervalle de temps \mathrm{d}t élémentaire, en tenant compte des échanges entre les enceintes et de la fuite vers l'extérieur.
- Exprimer \tau_2 en fonction de \tau_1 et du paramètre k à partir de la dépendance de \tau envers l'aire de l'orifice établie à la question Q11.
- Rassembler les deux équations différentielles couplées portant sur N_1(t) et N_2(t).
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Bilans avec fuite : \dot{N}_1 = -\frac{N_1}{\tau_1} + \frac{N_2}{\tau_1} et \dot{N}_2 = \frac{N_1}{\tau_1} - (1+k)\frac{N_2}{\tau_1}.
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D'après la relation (7) établie à la question Q11, le temps caractéristique de vidange effusive d'une enceinte de volume V à travers un orifice de section S vaut :
L'orifice de fuite vers l'extérieur ayant pour aire s' = ks, la constante de temps \tau_2 associée vérifie donc :
Effectuons les bilans de matière pendant la durée \mathrm{d}t :
Pour l'enceinte (1), qui communique uniquement avec l'enceinte (2) à travers l'orifice d'aire s, les échanges particulaires donnent :
\frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t} = -\dot{N}_{1\to 2} + \dot{N}_{2\to 1} = -\frac{N_1}{\tau_1} + \frac{N_2}{\tau_1}Pour l'enceinte (2), les atomes entrent depuis l'enceinte (1) au débit \dot{N}_{1\to 2} = N_1/\tau_1, en sortent vers l'enceinte (1) au débit \dot{N}_{2\to 1} = N_2/\tau_1, et s'échappent vers l'extérieur au débit \dot{N}_{2\to\text{ext}} = N_2/\tau_2. Le milieu extérieur étant supposé être le vide, aucun flux ne pénètre de l'extérieur vers l'enceinte (2). D'où :
\frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} = \dot{N}_{1\to 2} - \dot{N}_{2\to 1} - \dot{N}_{2\to\text{ext}} = \frac{N_1}{\tau_1} - \frac{N_2}{\tau_1} - \frac{N_2}{\tau_2}
En substituant \tau_2 = \tau_1 / k, on obtient le système différentiel recherché :
Résultat
Question 19
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : équation différentielle du second ordre
Former l'équation différentielle vérifiée par la fonction (paramétrée par les seules constantes et ).
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Dériver la seconde équation différentielle par rapport au temps et y réinjecter l'expression de \mathrm{d}N_1/\mathrm{d}t issue de la première.
Dessiner l'atome de phosphore lié à trois motifs mésityles stériquement encombrants et justifier la disponibilité de son doublet non liant.
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Pour obtenir l'équation différentielle portant uniquement sur N_2(t), on part du système différentiel du premier ordre couplé établi à la question Q18. On dérive la seconde équation par rapport au temps, puis on élimine successivement \frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t} et N_1 à l'aide des deux équations du système.
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Élimination de N_1 conduisant à \ddot{N}_2 + \frac{2+k}{\tau_1}\dot{N}_2 + \frac{k}{\tau_1^2}N_2 = 0.
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D'après la question Q18, le système d'équations différentielles régissant l'évolution des populations d'atomes s'écrit :
Dérivons l'équation (2) par rapport au temps t :
En substituant l'expression de \frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}t} issue de l'équation (1), on obtient :
D'après l'équation (2), le terme \frac{N_1}{\tau_1} s'exprime en fonction de N_2 et de sa dérivée :
En remplaçant cette expression dans la dérivée seconde :
En regroupant tous les termes dans le membre de gauche, on parvient à l'équation différentielle linéaire du second ordre à coefficients constants :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 20
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : facteur de qualité, oscillateur harmonique
Exprimer le facteur de qualité associé à cette équation différentielle. Analyser ce résultat.
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Identifier les coefficients de l'équation sous la forme canonique du second ordre et montrer que le facteur de qualité vérifie Q \le 1/(2\sqrt{2}) < 1/2 pour tout k > 0.
Expliquer que l'effet inductif fortement attracteur des 15 atomes de fluor abaisse l'énergie de l'orbitale vacante du bore tout en empêchant géométriquement l'adduction directe.
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- Identifier les paramètres canoniques d'une équation différentielle linéaire du second ordre sous la forme standard \dfrac{\mathrm{d}^2 N_2}{\mathrm{d}t^2} + \dfrac{\omega_0}{Q}\dfrac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}t} + \omega_0^2 N_2 = 0.
- En déduire l'expression de la pulsation propre \omega_0 puis du facteur de qualité Q en fonction de k.
- Étudier les variations de Q(k) pour déterminer son maximum et en déduire le régime d'évolution du système.
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Q = \frac{\sqrt{k}}{2+k} \le \frac{1}{2\sqrt{2}} < \frac{1}{2}, le régime libre est strictement apériodique.
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D'après la question Q19, l'équation différentielle vérifiée par N_2(t) s'écrit :
On compare cette équation à la forme canonique :
Par identification des coefficients d'ordre 0 et 1 en dérivée temporelle, sachant que \tau_1 > 0 et k > 0 :
Analyse du résultat :
La fonction g(k) = \dfrac{\sqrt{k}}{2+k} est strictement positive pour tout k > 0. Sa dérivée par rapport à k est :
g'(k) = \frac{\frac{1}{2\sqrt{k}}(2+k) - \sqrt{k}}{(2+k)^2} = \frac{2-k}{2\sqrt{k}(2+k)^2}Elle s'annule en k = 2, où le facteur de qualité admet son maximum absolu :
Q_{\max} = g(2) = \frac{\sqrt{2}}{4} = \frac{1}{2\sqrt{2}} \approx 0{,}35On en déduit que pour toute valeur de k > 0 :
Q \leqslant \frac{1}{2\sqrt{2}} < \frac{1}{2}Le facteur de qualité est strictement inférieur à la valeur critique 1/2. Le système se trouve donc obligatoirement en régime apériodique : aucune oscillation temporelle des populations d'atomes ne peut apparaître.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : stabilité, régime apériodique
Nous notons et les racines (qu'il est inutile de calculer) du polynôme caractéristique associé à l'équation différentielle vérifiée par la fonction (se reporter à la question (19)). Sur la base d'arguments physiques (c'est-à-dire non issus de calculs), indiquer pourquoi ces racines sont nécessairement, d'une part réelles, d'autre part négatives.
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L'absence de phénomène de rappel élastique exclut les oscillations (racines réelles), et la vidange irréversible impose la décroissance de la matière (racines négatives).
Dans la paire frustrée, l'absence d'adduit maintient une HO très haute et une BV très basse, ce qui réduit considérablement le gap et exalte la réactivité push-pull.
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La consigne impose d'exclure tout calcul (discriminant, signe des coefficients). Il convient donc d'analyser le comportement temporel induit sur la variable physique N_2(t) par la nature mathématique des racines p_1 et p_2 :
- Une partie imaginaire non nulle traduirait des oscillations temporelles : vérifier si un mécanisme physique (inertie, force de rappel) permet de telles oscillations.
- Le signe de la partie réelle régit la stabilité et le comportement asymptotique à temps long : confronter ce comportement à la conservation de la matière et à l'état final du système ouvert sur le vide.
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Système purement dissipatif et irréversible donc sans oscillation (racines réelles), et stable avec fuite vers le vide (racines négatives).
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1. Caractère réel des racines :
- Si les racines p_1 et p_2 étaient complexes conjuguées, la solution générale N_2(t) ferait intervenir des fonctions sinusoïdales amorties (régime pseudo-périodique avec oscillations temporelles de population).
- Or, le phénomène d'effusion gazeuse est un processus de transport purement relaxant et irréversible, régi par le passage statistique d'atomes sans aucun phénomène d'inertie collective, sans force de rappel, ni mécanisme de stockage réversible d'énergie (comme le confirmerait l'analogie électrocinétique avec un réseau purement résistif et capacitif \mathrm{RC}, dépourvu d'inductance).
- Il ne peut donc pas y avoir d'oscillations des populations d'atomes entre les deux enceintes : le régime est strictement apériodique, ce qui impose que les racines p_1 et p_2 soient réelles.
2. Caractère négatif des racines :
- Si l'une des racines était strictement positive (p > 0), la solution N_2(t) divergerait exponentiellement vers +\infty lorsque t \to +\infty. Ceci est physiquement impossible puisque le système est initialement alimenté par un nombre fini d'atomes (N) et ne comporte aucune source de matière : on a nécessairement 0 \le N_2(t) \le N à tout instant.
Par ailleurs, l'enceinte (2) fuit directement vers un milieu extérieur qui est le vide. Ce vide agit comme un puits infini de matière non réversible : l'unique état stationnaire final possible est l'évacuation intégrale du gaz contenu dans les deux enceintes, soit :
\lim_{t \to +\infty} N_1(t) = 0 \quad \text{et} \quad \lim_{t \to +\infty} N_2(t) = 0Une racine nulle (p = 0) conduirait à un état final à population non nulle, ce qui est incompatible avec la vidange complète.
Par conséquent, les racines sont nécessairement strictement négatives :
Résultat
Question 22
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : équation différentielle du second ordre, condition initiale
Exprimer la solution correspondant aux conditions initiales et , paramétrée par les constantes , , et . On ne cherchera pas à établir l'expression des racines et .
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Exprimer la solution générale comme une somme de deux exponentielles réelles décroissantes et déterminer les constantes d'intégration avec N_2(0)=0 et \dot{N}_2(0) = N/\tau_1.
Utiliser un solvant deutéré pour éviter la saturation du spectre par les protons du solvant et rappeler que \mathrm{BF}_3\cdot\mathrm{OEt}_2 constitue le zéro de référence en RMN ^{11}\mathrm{B}.
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- Exprimer la solution générale de l'équation différentielle linéaire du second ordre en régime apériodique (p_1 \neq p_2).
- Déterminer les deux constantes d'intégration en utilisant la condition initiale N_2(0) = 0 et la dérivée temporelle \dot{N}_2(0), déduite du système différentiel du premier ordre établi à la question Q18.
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Avec N_2(0) = 0 et \dot{N}_2(0) = N/\tau_1, on obtient N_2(t) = \frac{N}{\tau_1(p_1 - p_2)}(\mathrm{e}^{p_1 t} - \mathrm{e}^{p_2 t}).
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D'après les questions Q19 à Q21, le polynôme caractéristique associé à l'équation différentielle vérifiée par N_2(t) admet deux racines réelles distinctes et négatives p_1 et p_2. La forme générale de la solution est donc :
où C_1 et C_2 sont deux constantes d'intégration réelles.
À l'instant initial t = 0, la seconde enceinte est initialement vide :
La fonction N_2(t) se réécrit donc sous la forme :
Par dérivation temporelle en t = 0, on obtient :
Or, d'après la deuxième équation différentielle du système établi à la question Q18 :
En identifiant les deux expressions de la dérivée initiale, il vient :
On en déduit l'expression temporelle du nombre d'atomes dans l'enceinte (2) :
Résultat
Question 23
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Exploitation de document
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : régime transitoire, exploitation de graphe
La figure (4) représente l'évolution du rapport vis-à-vis de la variable , pour trois valeurs ; et , du paramètre . Indiquer la correspondance, en la justifiant, entre les références (a), (b) et (c) des tracés et les trois valeurs de . Analyser le comportement de ces évolutions aux temps courts (). Interpréter ce résultat.
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Constater que la dérivée initiale \dot{N}_2(0) est universelle et indépendante de k, puis corréler l'aire du trou de fuite k à la valeur maximale atteinte par le rapport N_2/N.
Vérifier dans la table de déplacements que le signal à \sim 60\text{ ppm} correspond sans ambiguïté à un bore tricoordonné libre et non à un complexe tétraédrique.
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- Relier la hauteur et la position du maximum de N_2/N à la valeur de la fuite k vers l'extérieur.
- Évaluer le taux de variation initial \left.\frac{\mathrm{d}(N_2/N)}{\mathrm{d}T}\right|_{T=0} à partir du système différentiel établi à la question Q18 pour analyser le comportement aux temps courts.
- Interpréter ce comportement en termes de bilan de flux particulaires au voisinage de t=0.
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Une fuite plus grande abaisse et avance le maximum de N_2 ; dérivée nulle en 0 car N_2(0)=0.
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1. Correspondance entre les tracés et les valeurs de k :
Le paramètre k contrôle l'aire de l'orifice de vidange vers le vide (s' = ks). Plus k est grand :
- plus l'échappement vers l'extérieur est rapide (\tau_2 = \tau_1/k est petit) ;
- moins les atomes s'accumulent dans l'enceinte (2), ce qui conduit à une valeur maximale de N_2(t)/N d'autant plus faible et atteinte d'autant plus tôt.
À la limite k \to 0, on retrouve le système fermé (étudié à la question Q16) où N_2/N tendrait vers 0{,}5. Le tracé (c), qui culmine le plus haut (vers 0{,}45) et le plus tardivement, correspond donc à la fuite la plus faible, tandis que le tracé (a) correspond à la fuite la plus importante.
On en déduit l'attribution :
2. Analyse du comportement aux temps courts (T \ll 1) :
D'après le système différentiel établi à la question Q18 :
En introduisant la variable adimensionnée T = t/\tau_1, cette relation s'écrit :
En T = 0, avec les conditions initiales N_1(0) = N et N_2(0) = 0, on a :
Au premier ordre pour T \ll 1, le développement limité donne :
Graphiquement, les trois courbes partent de l'origine avec la même pente initiale non nulle, égale à 1, indépendamment de la valeur de k.
3. Interprétation physique :
Aux temps très courts (t \ll \tau_1), l'enceinte (2) ne contient encore quasiment aucun atome (N_2 \ll N). Les flux effusifs sortant de cette enceinte (le flux vers l'extérieur \propto k N_2 et le flux de retour vers l'enceinte (1) \propto N_2) sont donc totalement négligeables.
Le taux de variation de N_2 est régi exclusivement par le flux entrant en provenance de l'enceinte (1), qui vaut alors \dot{N}_{1/2}(0) = N/\tau_1. La dynamique initiale est donc entièrement déterminée par l'enceinte (1) et ne dépend pas du paramètre de fuite k.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 24
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : régime transitoire, tracé de courbe
Nous considérons la situation pour laquelle . Représenter, qualitativement (c'est-à-dire qu'aucun calcul n'est à effectuer), l'allure de l'évolution de vis-à-vis de la variable , en correspondance avec celle de . On commentera les tracés proposés.
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Tracer N_1(t) qui décroît de 1 à 0 de manière strictement monotone, tandis que N_2(t) part de 0 avec une pente unité, culmine puis décroît vers 0.
Identifier la coupure hétérolytique du dihydrogène donnant un sel formé du cation phosphonium [\mathrm{Mes}_3\mathrm{PH}]^+ et de l'anion hydridoborate [(\mathrm{C}_6\mathrm{F}_5)_3\mathrm{BH}]^-.
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- Partir du système différentiel reliant N_1 et N_2 en fonction de la variable sans dimension T = t/\tau_1.
- Identifier les points caractéristiques : conditions initiales, pentes à l'origine, position relative des deux courbes et extremum de N_2(T).
- Interpréter physiquement les deux régimes temporels induits par la faiblesse de la fuite (k = 0{,}1 \ll 1) : quasi-égalisation rapide des deux compartiments, suivie d'une lente vidange conjointe vers le vide.
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Décroissance monotone de N_1/N depuis 1 avec une pente initiale -1/\tau_1, tendant vers zéro à long terme.
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D'après le système différentiel établi à la question Q18, avec la variable sans dimension T = t/\tau_1 :
Plusieurs propriétés remarquables permettent de tracer l'évolution de N_1(T)/N en correspondance directe avec celle de N_2(T)/N pour k = k_1 = 0{,}1 (courbe (c) de la figure 4) :
Conditions initiales et pentes à l'origine : À T=0, N_1(0)/N = 1 et N_2(0)/N = 0. Les pentes initiales sont directement opposées :
\left.\frac{\mathrm{d}(N_1/N)}{\mathrm{d}T}\right|_{T=0} = -1 \quad \text{tandis que} \quad \left.\frac{\mathrm{d}(N_2/N)}{\mathrm{d}T}\right|_{T=0} = +1- Sens de variation et position relative : L'enceinte (1) se vide dans l'enceinte (2) tant que N_1 > N_2. On a à tout instant N_1(t) \ge N_2(t), si bien que \frac{\mathrm{d}N_1}{\mathrm{d}T} \le 0 : la population N_1(T) est strictement décroissante.
Lien au niveau du maximum de N_2 : Le maximum de N_2(T) est atteint lorsque \frac{\mathrm{d}N_2}{\mathrm{d}T} = 0, c'est-à-dire :
N_1(T_{\max}) = (1+k) N_2(T_{\max}) = 1{,}1 \, N_2(T_{\max})Au temps T_{\max} \approx 1{,}8, où N_2/N \approx 0{,}44, la courbe N_1/N se situe donc juste au-dessus du sommet de N_2/N, à la valeur N_1/N \approx 0{,}49.
Comportement aux temps longs (T \gg 1) : Comme la fuite vers l'extérieur est très faible (k = 0{,}1 \ll 1), la dynamique présente deux échelles de temps distinctes :
- pour T \lesssim 2, un régime rapide gouverné par le temps \tau_1/2, identique au système fermé (question Q16), conduisant à une quasi-égalisation des deux populations (N_1 \approx N_2 \approx N/2) ;
- pour T \gtrsim 2, un régime de fuite lente où les deux enceintes se vident conjointement vers le vide extérieur à travers l'orifice s' = 0{,}1\,s, avec un temps caractéristique beaucoup plus long \tau_{\text{lente}} \approx \frac{2\tau_1}{k} = 20\,\tau_1. Les deux courbes se rejoignent presque (N_1 \approx N_2) et décroissent lentement vers 0.
Question 25
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Démarche expérimentale
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : manométrie, équation d'état des gaz parfaits
Indiquer comment, expérimentalement (c'est-à-dire en pratique), l'évolution temporelle du nombre d'atomes dans une enceinte () peut être suivie.
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Proposer le suivi continu de la pression dans l'enceinte par un capteur piézoélectrique ou un manomètre de Pirani, ou une méthode de spectrométrie d'absorption optique.
Attribuer les signaux aromatiques et aliphatiques, et interpréter le quadruplet à 4{,}10\text{ ppm} par le couplage scalaire avec le noyau ^{11}\mathrm{B} de spin I=3/2 selon la règle 2I+1.
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Le gaz étudié est modélisé par un gaz parfait contenu dans une enceinte de volume V fixé et maintenu à température T_0 constante par un thermostat.
- Relier la grandeur microscopique N_i(t) à une grandeur macroscopique directement mesurable, en l'occurrence la pression partielle P_i(t).
- Préciser les dispositifs expérimentaux envisageables compte tenu de l'ordre de grandeur de la pression dans le domaine effusif (vide primaire ou secondaire).
- Mentionner des méthodes alternatives (optiques ou spectrométriques), particulièrement adaptées en présence de mélanges d'espèces.
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Mesure continue de la pression par jauge à vide (Pirani, Penning) car N_i = P_i V / (k_{\mathrm{B}} T_0).
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Le gaz étant supposé parfait et le système évoluant de manière quasi-statique à volume V et température T_0 constants, la pression P_i(t) au sein de l'enceinte (i) est reliée au nombre d'atomes N_i(t) par l'équation d'état :
L'évolution temporelle de N_i(t) peut donc être suivie par plusieurs méthodes expérimentales :
Mesure manométrique de la pression (méthode directe) :
La mesure en continu de la pression P_i(t) permet d'accéder directement à N_i(t). Compte tenu de la condition d'effusion qui impose des pressions réduites (P \lesssim 10^3\text{ Pa}, d'après la question Q14), on emploie des capteurs de vide adaptés :- un manomètre capacitif (jauge capacitive à membrane), indépendant de la nature du gaz ;
- une jauge thermique (type jauge de Pirani, basée sur la conductivité thermique du gaz) ;
- une jauge à ionisation (type Penning ou Bayard-Alpert) si les pressions sont très faibles (vide poussé).
- Spectrophotométrie d'absorption optique :
En éclairant l'enceinte à travers un hublot transparent à une longueur d'onde de résonance atomique, l'absorbance mesurée A(t) est directement proportionnelle à la concentration numérique n_i(t) = N_i(t)/V en vertu de la loi de Beer-Lambert. - Spectrométrie de masse (analyseur de gaz résiduel) :
Un très faible prélèvement ou un raccordement à un spectromètre de masse quadripolaire permet de mesurer le courant ionique proportionnel au nombre d'atomes, méthode particulièrement indispensable pour discriminer les isotopes dans le cas d'un mélange (comme évoqué à la question Q17).
4.3 · Système formé d'une série d'enceintes
Question 26
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Mise en équation
Notions : bilan de particules, discrétisation spatiale
Établir l'équation différentielle reliant , et , pour .
Voir l'indiceIndice
Écrire le bilan particulaire de l'enceinte intermédiaire i recevant de la matière de i-1 et i+1 et en cédant vers celles-ci selon la loi d'effusion.
Écrire la réaction d'oléfination de Wittig entre la benzophénone et l'ylure de phosphore, et justifier son irréversibilité par la très grande énergie de la liaison \mathrm{P=O}.
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Pour une enceinte intermédiaire i (1 < i < K), on effectue un bilan du nombre d'atomes pendant une durée \mathrm{d}t, en comptabilisant les flux effusifs échangés à travers les deux orifices identiques de section s la reliant à ses voisines immédiates (i-1) et (i+1).
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Bilan de flux sur l'enceinte i : \frac{\mathrm{d}N_i}{\mathrm{d}t} = \frac{1}{\tau}(N_{i-1} - 2N_i + N_{i+1}).
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Considérons l'enceinte i pour 1 < i < K à l'instant t. Elle communique uniquement avec les enceintes (i-1) et (i+1) par deux orifices identiques de section s.
D'après la relation (7), le flux effusif d'une enceinte contenant N atomes vers une enceinte voisine à travers un trou de section s s'écrit :
Le bilan d'atomes dans l'enceinte i entre les instants t et t + \mathrm{d}t s'écrit ainsi :
On obtient ainsi l'équation différentielle régissant l'évolution du nombre d'atomes N_i(t) :
Résultat
Question 27
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : équation de diffusion, limite continue
Établir l'équation aux dérivées partielles vérifiée par la fonction . Commenter ce résultat.
Voir l'indiceIndice
Développer la fonction f(x \pm L, t) en série de Taylor à l'ordre deux en espace pour faire émerger l'opérateur laplacien 1D et identifier le coefficient de diffusion D = L^2/\tau.
Identifier le carbanion intermédiaire stabilisé par les cycles phényles, le produit final hydrogéné, puis ordonner les étapes : coupure hétérolytique, transfert d'hydrure, transfert de proton.
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- Exprimer les termes discrets N_{i+1}(t) et N_{i-1}(t) à l'aide de la fonction continue f(x, t) sous la forme de développements de Taylor par rapport à la variable d'espace x_i = i L, à l'ordre deux en la maille spatiale L.
- Injecter ces développements dans la relation discrète établie à la question 26 pour faire apparaître la dérivée spatiale seconde (laplacien 1D).
- Identifier l'équation aux dérivées partielles obtenue ainsi que le coefficient de diffusion effectif D, puis en commenter la nature et le sens physique.
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Développement de Taylor au pas spatial a : \frac{\partial f}{\partial t} = D \frac{\partial^2 f}{\partial x^2} avec coefficient de diffusion D = a^2/\tau.
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Dans le cadre de l'approximation des milieux continus (K \gg 1), la variable discrète N_i(t) s'identifie à f(x_i, t) où x_i = i L. La distance séparant deux enceintes adjacentes est égale au pas spatial \Delta x = x_{i+1} - x_i = L.
Effectuons un développement de Taylor de la fonction f au voisinage de l'abscisse x_i à l'ordre deux en L :
En sommant ces deux expressions, les termes d'ordre un s'annulent et il vient :
Par ailleurs, la dérivée temporelle discrète s'identifie à la dérivée partielle temporelle :
En reportant ces relations dans l'équation différentielle établie à la question 26, on obtient :
En étendant cette relation à toute abscisse x, la fonction f(x, t) vérifie l'équation aux dérivées partielles :
Comme V = L^3, le coefficient de diffusion s'écrit également à partir de l'expression de \tau (établie à la question 11) :
Commentaires sur ce résultat :
- Il s'agit de l'équation de la diffusion unidimensionnelle (équation de la chaleur / seconde loi de Fick).
- La constante D représente un coefficient de diffusion effectif de dimension [D] = \mathrm{L^2\cdot T^{-1}} = \mathrm{m^2\cdot s^{-1}}.
- Cette équation parabolique traduit un phénomène de transport irréversible : le gaz s'étale progressivement le long de la chaîne d'enceintes sous l'effet du gradient de concentration (ici gradient du nombre d'atomes), en tendant vers une répartition spatialement uniforme à l'équilibre.
- Le temps caractéristique de diffusion sur une distance macroscopique d obéit à la loi d'échelle classique t_{\text{diff}} \sim d^2 / D.
Résultat
Question 28
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Notions : échelle mésoscopique, approximation des milieux continus
Indiquer à quelle condition, portant sur la suite des nombres d'atomes, le passage à la limite continue que nous avons effectué reste justifiable.
Voir l'indiceIndice
Vérifier la condition des milieux continus : grand nombre de particules par cellule (N_i \gg 1) et variations relatives faibles entre cellules voisines (|N_{i+1}-N_i| \ll N_i).
Citer l'absence de catalyseurs à base de métaux de transition onéreux ou toxiques et la mise en œuvre à température ambiante sous pression modérée de dihydrogène.
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- Analyser la validité mathématique du développement de Taylor réalisé à la question précédente (négligeabilité des termes d'ordre supérieur).
- Rappeler la condition physique et statistique nécessaire pour décrire une grandeur discrète par une fonction continue (absence de fluctuations quantiques ou discrètes dominantes).
- Formuler explicitement la condition portant sur la suite (N_i).
Voir la réponse courteRéponse courte
La variation relative du nombre d'atomes d'une maille à l'autre doit être faible : |N_{i+1} - N_i| \ll N_i.
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Le passage à la limite continue repose sur deux conditions complémentaires portant sur la suite (N_i) :
Condition de variation spatiale lente (continuité mathématique) : Pour tronquer le développement de Taylor de f(x \pm L, t) au second ordre en L, il faut que les termes d'ordre supérieur soient négligeables :
\frac{L^4}{12}\left|\frac{\partial^4 f}{\partial x^4}\right| \ll L^2 \left|\frac{\partial^2 f}{\partial x^2}\right|En notant \lambda l'échelle spatiale caractéristique de variation du profil de population, cette condition équivaut à \lambda \gg L. Transposée à la suite discrète (N_i)_{1 \le i \le K}, elle impose que la population varie très peu d'une boîte à sa voisine :
|N_{i+1}(t) - N_i(t)| \ll N_i(t)La suite (N_i) ne doit donc présenter aucun saut ou gradient abrupt à l'échelle d'une maille L.
Condition statistique (validité du milieu continu) : Pour pouvoir assimiler la population discrète d'une enceinte à une fonction continue f et s'affranchir des fluctuations microscopiques (loi des grands nombres, avec des fluctuations relatives en 1/\sqrt{N_i} négligeables), il est indispensable que chaque enceinte contienne un grand nombre d'atomes :
\forall i, \quad N_i(t) \gg 1
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 29
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
- Schéma ou tracé
Notions : équation de diffusion, régime transitoire
Nous supposons que le système formé de l'ensemble des enceintes est fermé (c'est-à-dire qu'il n'y a aucune fuite vers l'extérieur). À l'instant initial, la première enceinte contient atomes et les autres sont vides (nous ne tiendrons pas compte du fait que ces conditions initiales peuvent ne pas satisfaire la condition établie en réponse à la question (28)). Représenter qualitativement l'allure graphique de l'évolution temporelle de la fonction représentant le nombre d'atomes occupant l'enceinte d'abscisse (dans la limite continue). Nous considérerons que cette enceinte se situe au milieu de la chaîne, ou dans son voisinage. On enrichira ce tracé d'éventuelles données.
Voir l'indiceIndice
Tracer une fonction initialement nulle, restant négligeable pendant un temps de latence t_d \sim d^2/(2D), atteignant un pic transitoire puis tendant vers l'état homogène N/K.
Rappeler que la proline est un acide aminé naturel protéinogène (acide aminé secondaire cyclique).
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la valeur initiale N(d, t=0) et la valeur asymptotique N(d, t \to \infty) par conservation du nombre total d'atomes dans le système fermé.
- Évaluer les échelles de temps caractéristiques du phénomène de diffusion : le temps de latence t_d nécessaire pour que les atomes atteignent l'abscisse d, et le temps d'homogénéisation globale t_{\text{eq}}.
- Tracer l'allure de la courbe N(d, t) en faisant apparaître ces grandeurs caractéristiques.
Voir la réponse courteRéponse courte
Réponse retardée et étalée par diffusion, atteignant un maximum avant relaxation vers une distribution uniforme.
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1. États limites et conservation du nombre d'atomes :
À l'instant initial (t = 0) : Tous les atomes sont situés dans la première enceinte (x_1 \approx 0). L'enceinte située en d \gg L est donc initialement vide :
N(d, 0) = 0À l'état final (t \to \infty) : Le système étant fermé et sans fuite vers l'extérieur, le nombre total d'atomes N se conserve. Par diffusion, le gaz tend vers un état d'équilibre thermodynamique macroscopique où la densité est uniforme dans toute la chaîne de K enceintes identiques :
N(d, t \to \infty) = \frac{N}{K}
2. Échelles de temps caractéristiques : D'après l'équation de diffusion établie à la question précédente, le transfert de matière est régi par le coefficient de diffusion D = \frac{L^2}{\tau} :
Temps de diffusion jusqu'à l'abscisse d : Il s'écoule un temps de latence avant que le front de matière n'atteigne l'enceinte d'abscisse d :
t_d \sim \frac{d^2}{2D} = \frac{d^2}{2 L^2}\,\tauPour une enceinte située au milieu de la chaîne (d \approx \frac{K L}{2}), ce temps est de l'ordre de :
t_d \sim \frac{K^2}{8}\,\tauTemps d'homogénéisation globale : L'ensemble de la chaîne de longueur totale L_{\text{tot}} = K L atteint l'uniformité sur un temps caractéristique :
t_{\text{eq}} \sim \frac{L_{\text{tot}}^2}{\pi^2 D} = \frac{K^2}{\pi^2}\,\tau \sim K^2 \tau
3. Allure de l'évolution temporelle : Aux temps courts (t \ll t_d), le nombre d'atomes reste quasi nul avec une tangente horizontale à l'origine (effet de retard diffusif). Puis, N(d, t) augmente de façon monotone (allure sigmoïdale pour le milieu de chaîne) pour tendre asymptotiquement vers N/K.
4.4 · Analogie électrocinétique
Question 30
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Question de cours
- Calcul littéral
Notions : analogie électrocinétique, résistance thermique
Indiquer, sur la base d'une construction rigoureuse, quels sont les équivalents, pour le système , d'une charge électrique , d'un courant , d'un potentiel électrique , d'une résistance et d'une capacité . On donnera l'expression de chacun de ces équivalents. En particulier, on exprimera la « résistance effusive » en fonction de , et (aire de la section d'un trou).
Voir l'indiceIndice
Établir l'analogie Q \leftrightarrow N, I \leftrightarrow \dot{N} et V_{\text{élec}} \leftrightarrow P, puis utiliser la loi des gaz parfaits pour déduire la capacité C = V/(k_{\mathrm{B}}T_0) et la résistance R_{\mathrm{eff}}.
Proposer une double addition d'un réactif de Grignard phénylé (\mathrm{PhMgBr} en excès) sur la fonction ester méthylique, suivie d'une hydrolyse acide ménagée.
Voir la stratégieStratégie
- Identifier la grandeur conservative extensive du système jouant le rôle de la charge électrique Q, ainsi que le flux particulaire associé jouant le rôle de l'intensité I.
- Identifier la variable intensive motrice de l'écoulement (l'analogue du potentiel électrique V_{\text{élec}}) à l'aide de l'équation d'état du gaz parfait.
- En déduire l'équivalent de la relation constitutive d'un condensateur (Q = C V_{\text{élec}}) pour exprimer la capacité C, puis la loi d'Ohm (\Delta V_{\text{élec}} = R I) pour identifier la résistance effusive R_{\mathrm{eff}}.
Voir la réponse courteRéponse courte
Q \leftrightarrow N, I \leftrightarrow \dot{N}, V_{\text{élec}} \leftrightarrow P, C \leftrightarrow V/(k_{\mathrm{B}}T_0), R_{\mathrm{eff}} = \frac{\sqrt{2\pi m k_{\mathrm{B}}T_0}}{s}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Dans le système fluide \mathcal{S}, l'échange d'atomes à travers l'orifice est régi par les équations de conservation et d'effusion établies précédemment. Construisons l'analogie électrocinétique terme à terme :
Charge électrique Q : La grandeur extensive conservative stockée dans chaque enceinte est le nombre d'atomes N. Ainsi :
\boxed{Q \longleftrightarrow N}Courant électrique I : Le débit de charges I = \frac{\mathrm{d}Q}{\mathrm{d}t} a pour analogue le débit ou flux algébrique net d'atomes \Phi_{1\to 2} traversant une section de l'orifice :
\boxed{I \longleftrightarrow \Phi = \dot{N}_{1/2} - \dot{N}_{2/1} = \frac{\mathrm{d}N}{\mathrm{d}t}}Potentiel électrique V_{\text{élec}} : L'écoulement d'atomes est gouverné par la différence de pression entre les deux enceintes. La grandeur intensive motrice est donc la pression P du gaz :
\boxed{V_{\text{élec}} \longleftrightarrow P}Capacité électrique C : Dans une enceinte de volume V maintenue à la température T_0, le gaz parfait vérifie :
P V = N k_{\mathrm{B}} T_0 \iff N = \left(\frac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0}\right) PPar identification avec la relation constitutive d'un condensateur Q = C V_{\text{élec}}, on obtient la capacité d'une enceinte :
\boxed{C = \frac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0}}Résistance effusive R_{\mathrm{eff}} : D'après la relation (7) issue de la question Q11, le flux net d'atomes de l'enceinte (1) vers l'enceinte (2) s'écrit :
\Phi = \frac{N_1 - N_2}{\tau}En exprimant N_1 et N_2 en fonction des pressions respectives P_1 et P_2 :
N_1 - N_2 = \frac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0}(P_1 - P_2) \implies \Phi = \frac{V}{\tau k_{\mathrm{B}} T_0}(P_1 - P_2)La loi d'Ohm locale \Delta V_{\text{élec}} = P_1 - P_2 = R_{\mathrm{eff}} \Phi impose alors :
R_{\mathrm{eff}} = \frac{\tau k_{\mathrm{B}} T_0}{V}En injectant l'expression de \tau = \frac{V}{s}\sqrt{\frac{2\pi m}{k_{\mathrm{B}}T_0}} (question Q11), on aboutit à :
\boxed{R_{\mathrm{eff}} = \frac{\sqrt{2\pi m k_{\mathrm{B}} T_0}}{s}}
Résultat
Question 31
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Schéma ou tracé
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : analogie électrocinétique, circuit rc
Représenter, par un schéma, l'analogue électrique du système fermé formé de deux enceintes en communication par l'intermédiaire d'un trou (se reporter à la figure (1)).
Voir l'indiceIndice
Représenter deux condensateurs de capacité C reliés en boucle fermée à travers une résistance de valeur R_{\mathrm{eff}}.
Dessiner le ballon, le tube récepteur gradué et le réfrigérant du Dean-Stark, et expliquer le déplacement d'équilibre par élimination azéotropique de l'eau.
Voir la réponse courteRéponse courte
Deux condensateurs identiques C reliés en boucle fermée à travers une résistance R_{\mathrm{eff}}.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les correspondances établies à la question Q30 :
chaque enceinte (i) (i \in \{1, 2\}) de volume V à la température T_0 stocke une charge Q_i = N_i sous un potentiel P_i tel que P_i = \dfrac{N_i k_{\mathrm{B}} T_0}{V} = \dfrac{Q_i}{C}. Elle est donc modélisée par un condensateur de capacité :
C = \frac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0}relié entre le nœud au potentiel P_i et la masse de référence (P = 0) ;
l'orifice d'aire s séparant les deux enceintes assure une communication résistive soumise à la différence de potentiel P_1 - P_2. Il est donc modélisé par un résistor de résistance effusive :
R_{\mathrm{eff}} = \frac{\sqrt{2\pi m k_{\mathrm{B}} T_0}}{s}connecté entre les deux nœuds de potentiels P_1 et P_2 ;
le courant électrique circulant de l'enceinte (1) vers l'enceinte (2) représente le débit net de particules :
I = \frac{P_1 - P_2}{R_{\mathrm{eff}}} = \frac{N_1 - N_2}{R_{\mathrm{eff}} C} = \frac{N_1 - N_2}{\tau}ce qui redonne bien le système différentiel de la question Q15, la constante de temps du circuit étant \tau_c = R_{\mathrm{eff}} \dfrac{C}{2} = \dfrac{\tau}{2}.
Initialement, le condensateur 1 porte la charge Q_1(0) = N (potentiel P_1(0) = N k_{\mathrm{B}} T_0 / V), tandis que le condensateur 2 est initialement déchargé (Q_2(0) = 0).
Le schéma de l'analogue électrique associé est représenté ci-dessous :
Question 32
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Schéma ou tracé
- Faisable en première année (toutes filières)
Notions : analogie électrocinétique, circuit rc
Représenter, par un schéma, l'analogue électrique du système formé de deux enceintes en communication par l'intermédiaire d'un trou (aire ), l'une étant en communication avec l'extérieur (le vide) par l'intermédiaire d'un second trou (aire ) (se reporter à la figure (3)).
Voir l'indiceIndice
Reprendre le circuit précédent et connecter le second condensateur à la masse (potentiel nul représentant le vide) par une résistance R_2 = R_{\mathrm{eff}}/k.
Représenter l'approche endo stabilisée par les interactions orbitalaires secondaires entre les doubles liaisons du diène et le carbonyle du diénophile.
Voir la stratégieStratégie
Identifier la modélisation électrique de chaque élément d'après les correspondances établies à la question Q30 :
- les deux enceintes de volume V sont modélisées par des condensateurs identiques de capacité C = \dfrac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0} reliés à la masse (le potentiel nul P = 0 représentant le vide) ;
- l'orifice de communication interne d'aire s est modélisé par une résistance effusive R_1 = R_{\mathrm{eff}} = \dfrac{\sqrt{2\pi m k_{\mathrm{B}} T_0}}{s} reliant les potentiels P_1 et P_2 ;
- l'orifice externe d'aire s' = ks reliant l'enceinte (2) au vide extérieur (P_{\text{ext}} = 0, soit la masse) est modélisé par une résistance effusive R_2 = \dfrac{R_{\mathrm{eff}}}{k} connectée entre le nœud 2 et la masse.
- Représenter le schéma électrique équivalent en indiquant clairement les potentiels, les dipôles et leurs valeurs associées.
Voir la réponse courteRéponse courte
Condensateur C_1 relié par R_1 au condensateur C_2, lui-même relié à la masse par la résistance de fuite R_2.
Voir le corrigé completCorrigé complet
D'après les équivalences définies à la question Q30 :
- La pression extérieure étant nulle (milieu extérieur vide, P_{\mathrm{ext}} = 0), l'extérieur correspond à la référence des potentiels (la masse).
- L'enceinte (1) est représentée par un condensateur de capacité C = \dfrac{V}{k_{\mathrm{B}} T_0} placé entre le potentiel P_1(t) et la masse, initialement chargé sous une charge Q_1(0) = N.
- L'orifice d'aire s assure le transfert de particules entre les deux enceintes et correspond à une résistance R_1 = R_{\mathrm{eff}} reliant les nœuds 1 et 2, avec R_{\mathrm{eff}} C = \tau_1.
- L'enceinte (2) est représentée par un condensateur identique de capacité C reliant le potentiel P_2(t) à la masse, initialement déchargé (Q_2(0) = 0).
- L'orifice de fuite d'aire s' = ks évacue les particules de l'enceinte (2) vers le vide ; il correspond à une résistance effusive R_2 = \dfrac{R_{\mathrm{eff}}}{k} reliant le nœud 2 à la masse, telle que R_2 C = \tau_2 = \dfrac{\tau_1}{k}.
Le schéma électrique équivalent est donc un circuit passif en échelle RC à deux mailles :
Résultat
Question 33
ExigeanteTemps estimé : ≈ 4 min- Raisonnement qualitatif
Notions : analogie électrocinétique, irréversibilité
Indiquer quelle différence fondamentale il existe toutefois entre le système et son analogue électrocinétique.
Voir l'indiceIndice
Souligner que le nombre d'atomes est une grandeur strictement positive et discrète, alors que la charge électrique peut changer de signe.
Coordonner l'atome d'oxygène du carbonyle sur le bore acide de Lewis en disposant le motif pour permettre une liaison hydrogène intramoléculaire avec le \mathrm{N-H}^+.
Voir la réponse courteRéponse courte
Les pressions et nombres d'atomes sont strictement positifs contrairement aux tensions et charges algébriques.
Voir le corrigé completCorrigé complet
L'analogie formelle entre les équations différentielles du système effusif \mathcal{S} et celles d'un réseau électrique \mathrm{RC} masque plusieurs différences physiques fondamentales :
Nature microscopique du transport et origine de la « résistance » :
- Dans un conducteur ohmique, le courant électrique résulte de l'action d'une force motrice macroscopique (\vec{F} = q\vec{E}) sur les porteurs de charge, limitée par de très nombreuses collisions avec le réseau cristallin (modèle de Drude, régime fortement collisionnel). Cette friction microscopique dissipe de l'énergie sous forme de chaleur par effet Joule.
- À l'inverse, l'effusion s'effectue en régime purement balistique (hypothèse \mathcal{H}_{\text{eff}}) : les atomes traversent l'orifice sans subir la moindre collision et en l'absence de toute force motrice au passage du trou. Le débit net n'est pas un mouvement d'ensemble freiné, mais la simple différence statistique entre deux flux thermiques unidirectionnels totalement découplés. Il n'y a aucune dissipation d'énergie par frottement localisé (pas d'équivalent de l'effet Joule au niveau de l'orifice).
Caractère absolu des grandeurs thermodynamiques vs relativité du potentiel :
- Le potentiel électrique V_{\text{élec}} est défini à une constante additive près (seules les différences de potentiel ont un sens physique) et peut être de signe quelconque, tout comme la charge Q.
- En revanche, la pression P et le nombre d'atomes N sont des grandeurs intrinsèquement positives, admettant une référence absolue : le vide P = 0 (N = 0). Un « potentiel » négatif n'a aucun sens physique pour le gaz.
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