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Mines Physique 1 MP 2018Sujet, corrigé et rapport du jury

Pas encore noté
  • Mécanique du point (force centrale, énergie potentielle)
  • Électrostatique (théorème de Gauss)
  • Ondes électromagnétiques dans un plasma, équations de Maxwell
  • Analyse de Fourier
  • Thermodynamique (premier principe, détente de Joule-Gay-Lussac)

Téléchargements

Présentation du sujet

Difficile
Interaction laser-plasma à haut éclairement : génération d'harmoniques dans un gaz, sur un miroir plasma et dans une feuille mince
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Le sujet étudie l'interaction entre un laser de forte puissance et la matière, et la génération d'harmoniques qui en résulte. Il traite d'abord un gaz (modèle de l'atome d'hydrogène et mécanisme en trois étapes), puis un solide transformé en miroir plasma, enfin une feuille mince. Il s'appuie sur quatre documents et mobilise mécanique, électrostatique, ondes électromagnétiques, analyse de Fourier et thermodynamique.

  1. 1Partie I : génération d'harmoniques dans les gazChamp coulombien de l'atome d'hydrogène comparé au champ laser, ionisation, trajectoire de l'électron libéré et énergie de recombinaison, puis analyse de Fourier du signal émis (questions 1 à 10).
  2. 2Partie II : génération d'harmoniques sur un miroir plasmaPulsation plasma, propagation d'une onde dans un plasma et réflexion dans une zone de densité variable, puis émission cohérente de sillage par des oscillations plasma (questions 11 à 17).
  3. 3Partie III : interaction d'une impulsion avec une feuille minceDétente du plasma, pulsation plasma maximale et estimation de la température électronique (questions 18 à 21).

Difficile. Le jury indique que le sujet comportait de nombreuses difficultés et que certaines questions demandaient beaucoup de temps ; de bonnes copies n'ont traité que la moitié ou les deux tiers du sujet.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Champ et puissance du laser non obtenus · Force de Lorentz et relation de structure · Intégrations et conditions initiales
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Sujet exigeant, où de bons résultats ont été obtenus en traitant seulement une partie des questions. Le jury déplore des résultats non homogènes, des unités inconnues, des questions de cours mal maîtrisées et des lacunes en outils mathématiques de base (intégration de fonctions trigonométriques, conditions initiales, notation complexe). Il met aussi en garde contre les résultats obtenus sans honnêteté intellectuelle.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Champ et puissance du laser non obtenusQuestion 3

    Définition de la puissance souvent fausse, confusion entre force et champ électrique et unités fantaisistes ; il fallait exploiter les documents en annexe.

    « Les champs électriques n’ont quasiment jamais été obtenus. »
  2. 2
    Force de Lorentz et relation de structureQuestion 6

    Beaucoup se trompent sur la force de Lorentz et confondent relation de structure et relation de dispersion.

    « confondent relation de structure et relation de dispersion »
  3. 3
    Intégrations et conditions initialesQuestion 8

    Le principe fondamental de la dynamique suivi de deux intégrations donne lieu à de nombreuses erreurs, notamment sur les conditions initiales.

    « Certains candidats ne réussissent pas à intégrer correctement une fonction trigonométrique »
  4. 4
    Raisonnement électrostatique absentQuestion 11

    Un raisonnement par le théorème de Gauss ou l'analogie avec un condensateur était attendu, et les graphes manquaient souvent de légendes.

    « La très large majorité des candidats ont répondu par anticipation à la question 12 dans cette question »
  5. 5
    Déphasage non homogèneQuestion 15

    Une simple analyse dimensionnelle aurait permis de détecter les erreurs grossières sur le déphasage.

    « Beaucoup de candidats font des erreurs grossières dans l’expression du déphasage »
  6. 6
    Gaz parfait mal comprisQuestion 18

    Une analogie avec la détente de Joule-Gay-Lussac ou le premier principe était attendue, plutôt que l'équation d'état.

    « La définition du gaz parfait est parfois méconnue. »

Ce qui a été bien réussi

  • Les questions 1 et 2 sur le modèle de l'atome ont souvent été correctement traitées.
  • L'expression de l'énergie moyenne a souvent été obtenue en question 9.
  • La question de cours 12 (Maxwell, conductivité, relation de dispersion) n'a pas posé de difficulté à la plupart des candidats.
  • La question 13 a été largement réussie.

Conseils du jury

  • Vérifier l'homogénéité des résultats et comparer uniquement des grandeurs de même dimension.
  • Connaître les unités de base et garder un regard critique sur les ordres de grandeur obtenus.
  • Signaler honnêtement une erreur et proposer des pistes plutôt que de forcer le résultat attendu.
  • Revoir les outils mathématiques de base : intégration, conditions initiales, notation complexe.
  • Rédiger clairement, limiter les ratures et mettre les résultats en valeur.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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A2018 - PHYSIQUE I MP

CONCOURS MINES COMMUN PONTS

ÉCOLE DES PONTS PARISTECH, ISAE-SUPAERO, ENSTA PARISTECH, TELECOM PARISTECH, MINES PARISTECH, MINES SAINT-ÉTIENNE, MINES NANCY, IMT Atlantique, ENSAE PARISTECH. Concours Centrale-Supélec (Cycle International), Concours Mines-Télécom, Concours Commun TPE/EIVP.

CONCOURS 2018

PREMIÈRE ÉPREUVE DE PHYSIQUE

Durée de l'épreuve : 3 heures

L'usage de la calculatrice et de tout dispositif électronique est interdit.
Les candidats sont priés de mentionner de façon apparente sur la première page de la copie :

PHYSIQUE I - MP

L'énoncé de cette épreuve comporte 9 pages de texte.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.

Interaction laser plasma à haut éclairement

Au début des années 2000, des mécanismes de génération d'impulsions électromagnétiques très brèves et de forte intensité, jusque là théoriques, ont été concrétisés sur le plateau de Saclay notamment par le Laboratoire d'Optique Appliquée de l'Ensta ParisTech et le Laboratoire de Physique à Haute Intensité du Cea.
Lorsqu'un faisceau laser de forte puissance est focalisé sur de la matière (gaz ou solide), cette dernière est ionisée quasi-instantanément et se transforme alors en un plasma globalement neutre. L'interaction entre le champ électromagnétique du laser et le plasma ainsi formé met en jeu une physique particulièrement riche et complexe. Sous certaines conditions, un rayonnement laser de haute fréquence (UV ou X) peut être émis par ce plasma. Dans le domaine temporel, ce rayonnement peut être associé à des impulsions très brèves dont la durée se situe dans la gamme des femto-secondes ( 10^(− 15) s ) voire atto-secondes ( 10^(− 18) s ). Les applications de ce type de laser sont maintenant largement mises en place en recherche, dans l'industrie et dans le domaine des applications biomédicales. Nous proposons d'étudier certains de ces mécanismes d'émission issus de l'interaction laser-plasma.
Hormis le nombre i tel que i^2 = − 1, les nombres complexes sont soulignés : z ∈ ℂ. Les vecteurs seront traditionnellement surmontés d'une flèche, par exemple E⃗ pour un champ électrique; sauf s'ils sont unitaires et seront alors surmontés d'un chapeau, par exemple uˆ_x tel que ‖uˆ_x‖ = 1. Les résultats numériques attendus sont des ordres de grandeur comportant au plus deux chiffres significatifs. Quatre documents d'information sont rassemblés à la fin du sujet.

I. - Génération d'harmoniques dans les gaz

I.A. - Champ laser et champ coulombien.

Cette partie s'appuie principalement sur le document I.
On adopte dans un premier temps une description semi-classique de l'atome d'hydrogène dans le référentiel du proton supposé fixe :
  • la position de l'électron est repérée par le vecteur r⃗ et sa vitesse par le vecteur v⃗;
  • l'électron est assimilé à un point matériel de masse m ≃ 9.10^(− 31) kg et de charge q = − e où e = 1, 6 ⋅ 10^(− 19)C désigne la charge élémentaire;
  • l'électron est animé d'un mouvement circulaire, de rayon r = ‖r⃗‖ et de vitesse v = ‖v⃗‖;
  • on néglige le poids de l'électron;
  • la norme du moment cinétique est quantifiée : mrv = nℏ où ℏ = h/(2π) ≃ 10^(− 34) J ⋅ s désigne la constante de Planck réduite et n est un entier naturel non nul.
  • 1 - Donner l'expression de la force électrique coulombienne subie par l'électron, due au proton. Montrer qu'il s'agit d'une force centrale qui dérive d'une énergie potentielle W_p dont on déterminera l'expression.
  • 2 - Déterminer l'expression de l'énergie mécanique W_m de l'électron sur son orbite circulaire de rayon r, en fonction de r, e et ε_0 = 9.10^(− 12) F ⋅ m^(− 1). Montrer que le rayon de la trajectoire s'écrit sous la forme r = a_0 n^2 où l'on exprimera a_0 en fonction de ε_0, h, m, et e. Préciser la valeur de n lorsque l'électron est dans son état fondamental. Calculer la valeur numérique en électron-volt de l'énergie mécanique de l'état fondamental notée − W_0.
  • 3 - On donne a_0 = 1/2 ⋅ 10^(− 10) m, calculer la valeur de la norme du champ électrique coulombien E_c ressenti par l'électron dans son état fondamental. Calculer la puissance P de l'impulsion laser. Déterminer, notamment en fonction de P, les expressions de l'amplitude du champ électrique laser avant son passage à travers la lentille E_ℓ = E_0(z = − f^′) et au niveau du foyer E_f = E_0(z = 0). En utilisant les valeurs numériques (fournies dans le tableau du document I relatives à la cible ≪gaz≫ ), comparer E_c et E_f. Que peut-on en conclure?

I.B. - Un mécanisme en trois étapes

Cette partie s'appuie principalement sur le document II.
Pour simplifier le problème, on limite l'étude au mouvement de l'électron le long d'un axe ( O, uˆ_x ) perpendiculaire à ( O, uˆ_z ) et x représente la coordonnée de l'électron le long de l'axe ( O, uˆ_x ). L'impulsion laser est modélisée par une onde électromagnétique plane. Le champ électrique du laser, au niveau de l'atome d'hydrogène situé au foyer du faisceau s'écrit
E⃗(z, t) = E_f cos(ω_0 t − k_0 z)uˆ_x
pour 0 ≤ t ≤ T, avec ω_0 = 2πν_0 = k_0 c = (2π)/(λ_0)c. Le noyau, constitué d'un proton, est situé en O, il est supposé fixe.
  • 4 - Justifier que pour l'étude du mouvement de l'électron, on peut négliger le terme k_0 z dans l'expression du champ électrique du laser.
  • 5 - Donner l'expression de l'énergie potentielle d'interaction W_p entre le proton et l'électron en fonction de l'abscisse x. Vérifier qu'elle correspond bien à l'allure donnée sur la figure II.a
  • 6 - Donner l'expression de la force de Lorentz subie par l'électron et causée par le champ électromagnétique du laser. Rappeler la relation de structure pour une onde électromagnétique plane harmonique. On la supposera applicable localement. A quelle condition, supposée vérifiée par la suite, cette force est-elle conservative? Déterminer, en fonction de e, E_f, ω_0, t et x, l'énergie potentielle W_(p, las)(x, t) associée à cette force ainsi que l'expression de l'énergie potentielle totale
W_(p, tot)(x, t) = W_p(x) + W_(p, las)(x, t)
Préciser le sens du champ électrique dans la situation de la figure II.b.
  • 7 - Justifier qu'il y a deux instants privilégiés par cycle optique où l'ionisation, c'est-à-dire la traversée de la barrière de potentiel, est la plus facile. Déterminer x~_0, la position correspondant au maximum de W_(p, tot) selon x. Déterminer l'expression de E_(f, i) correspondant à une ionisation en x = x~_0 à l'un des instants privilégiés. Cette ionisation est-elle possible dans les conditions expérimentales précisées dans le tableau du document I, avec une cible ≪ gaz ≫ ?
On s'intéresse maintenant à la deuxième étape du mécanisme représentée sur la figure II.c. L'ionisation a lieu à un instant t_i > 0. On considère qu'elle confère une vitesse négligeable ( v(t = t_i) ≃ 0 ) à l'électron et qu'elle s'effectue au niveau du noyau ( x(t = t_i) ≃ x_0 ≃ 0 ). Pour t ≥ t_i, l'électron n'est soumis qu'au champ électrique du laser E⃗(t) = E_f cos(ω_0 t)uˆ_x.
◻8 - Ecrire l'équation du mouvement, puis déterminer, en fonction de e, E_f, m, ω_0, t et t_i, l'expression de la vitesse x˙(t), de la position x(t) pour t ≥ t_i. A posteriori, quelle condition doit être vérifiée pour que x_0 soit bien négligeable lors de l'étude du mouvement de l'électron dans le champ laser.
On s'intéresse enfin à la troisième étape du mécanisme représentée sur la figure II.d.
  • 9 - Déterminer l'expression de l'énergie cinétique W_c de l'électron lors de sa recombinaison avec le noyau à un instant t > t_i. Exprimer sa valeur moyenne sur une période ⟨W_c⟩ en fonction de e, E_f, m et ω_0. On admet que l'énergie cinétique maximale de l'électron est donnée par la relation W_(c, max) ≃ 3, 2⟨W_c⟩ et on donne ⟨W_c⟩ ≃ 60eV. Lors de cette recombinaison, l'électron << retombant >> dans son état fondamental, un photon est émis. On interprète cette émission comme étant celle d'une impulsion brève dont l'étendue du spectre correspond à la fréquence maximale possible d'un photon issu de la recombinaison. Estimer un ordre de grandeur de la durée δT de cette impulsion.
Figure 1 - Graphe du signal s(0, t)
L'émission de ces impulsions lumineuses très brèves a lieu deux fois par période : une fois après une ionisation du côté des x > 0 et une autre fois après une ionisation du côté des x < 0.
On modélise le train d'impulsions émis par l'atome par un signal s(x, t) = s_+(x, t) + s_−(x, t). Au niveau de l'atome, on considère que s_+(0, t) = s_0(t) et s_−(0, t) = − s_0(t − (T_0)/2) où la fonction s_0(t) est périodique de période T_0. Une allure possible de s_+(0, t) et s_−(0, t) est donnée par la figure 1 . On souhaite déterminer les pulsations présentes dans le spectre associé au signal s(t).
  • 10 - Justifier le fait qu'il suffit de raisonner sur un signal sinusoïdal : s_0(t) = S_0 cos(ωt). Donner les expressions des signaux s_+(x, t) et s_−(x, t) reçus à une distance x de l'atome. A quelle condition reliant ω à ω_0 = (2π)/(T_0), le signal s(x, t) est-il d'amplitude maximale? Préciser les caractéristiques spectrales du train d'impulsions brèves émises lors de l'interaction d'un laser avec un plasma peu dense.

II. - Génération d'harmoniques sur un miroir plasma

Cette partie s'appuie principalement sur le document III.
Dans le cas où la cible est initialement un solide, l'émission d'impulsions brèves se fait par conversion d'énergie entre les oscillations d'un plasma et une impulsion lumineuse brève.

II.A. - Pulsation propre

Dans un premier temps on souhaite déterminer la pulsation propre des oscillations d'un plasma dans un problème unidimensionnel. Initialement, pour t < 0, le

plasma est neutre, immobile et localisé entre les abscisses x = − L/2 et x = + L/2. Le vide règne de part et d'autre du plasma. On note n la densité particulaire des électrons, de masse m et de charge q = − e. On étudie le mouvement d'ensemble des électrons consécutif à une perturbation se produisant à l'instant t = 0. On considère que les ions restent fixes et qu'à chaque instant t > 0 la distribution des électrons reste homogène sur une longueur L. Etudier le mouvement du nuage revient alors à étudier celui d'un électron situé au centre de la distribution, à l'abscisse X(t). L'effet de la perturbation peut donc se résumer à un déplacement impulsionnel du nuage électronique par rapport aux ions : pour t < 0 on a X(t) = 0 et X(0) = X_0 > 0.
  • 11 - Tracer l'allure de la densité volumique de charge ρ(x). Déterminer le champ électrique qui règne à l'intérieur du plasma, où la densité volumique de charge est nulle. Déterminer l'équation du mouvement d'un électron du plasma et en déduire que la pulsation propre du plasma est donnée par la relation ω_p = √((ne^2)/(mε_0)).

II.B. - Propagation dans un plasma homogène

On souhaite étudier la propagation d'une onde électromagnétique plane, de vecteur d'onde k⃗ et de pulsation ω, dans un plasma homogène au sein duquel on néglige l'agitation thermique. On cherche les champs électrique et magnétique sous la forme E⃗ = ℜe(E⃗_–) et B⃗ = ℑm(B⃗_–), avec E⃗_– = E⃗_0 e^(i(ωt − k⃗ ⋅ r⃗)) et B⃗_– = B⃗_0 e^(i(ωt − k⃗ ⋅ r⃗)).
  • 12 - Rappeler les équations de Maxwell. Le plasma étant supposé peu dense, localement neutre et le mouvement des électrons étant supposé non-relativiste, exprimer la conductivité complexe du milieu puis déterminer l'équation de propagation d'une onde électromagnétique dans le plasma. Montrer que la relation de dispersion s'écrit ω^2 = ω_p^2 + k^2 c^2. La pulsation ω étant fixée, en déduire qu'à partir d'une certaine densité particulaire électronique critique n_c, que l'on explicitera, la propagation n'est pas possible dans le plasma. Qu'advient-il alors de l'onde électromagnétique?
On s'intéresse maintenant à la propagation, sous incidence normale, de l'onde électromagnétique dans la zone hétérogène de la surface du plasma. Cette zone de transition entre le vide et l'intérieur homogène est modélisée par une évolution exponentielle de la densité particulaire électronique décrite sur la figure III.b. On considère que la relation de dispersion établie à la question précédente est encore valable, mais avec ω_p = ω_p(x).
  • 13 - Déterminer l'abscisse x_c correspondant à la réflexion de l'onde électromagnétique.
On reprend la situation de la question précédente à l'exception notable du fait que l'onde électromagnétique arrive désormais sur la surface avec un angle d'incidence β. On s'intéresse à la propagation de cette onde dans le plan (xOy). La relation de dispersion précédente est toujours supposée valable.
  • 14 - Justifier que la composante du vecteur d'onde le long de la surface, c'est-à-dire la composante k_y, se conserve au cours de la propagation. En déduire l'abscisse x_r de réflexion de l'onde électromagnétique en fonction de x_c, L et β. Comparer ce résultat avec celui obtenu sous incidence normale.

II.C. - Excitation d'ondes plasma à la surface.

On modélise dans cette partie la seconde étape du mécanisme décrit dans le document III. Dans un premier temps, on raisonne sur une seule dimension d'espace : x. On suppose qu'un paquet d'électron traverse la surface vers les x > 0 avec une vitesse v⃗ = vuˆ_x constante. On choisit l'origine des temps lorsque le paquet passe en x = − 3L. Lors de son passage, il excite localement des ondes plasma (voir figure 2) qui se mettent à osciller comme dans la partie II.A avec X(x, t) = X_0 cosφ(x, t).
  • 15 - Donner l'expression de l'instant t_0(x) de passage du pa-
Figure 2 - Cas 1D
quet d'électron à l'abscisse x. Déterminer, pour t > t_0(x), l'expression de la phase φ(x, t) en un point d'abscisse x. On prendra φ(x, t = t_0(x)) = 0 et on exprimera le résultat en fonction de t, t_0(x) et ω_p(x) puis en fonction de t, v, L, x et ω_(max), où ω_(max) désigne la pulsation plasma associée à la densité particulaire maximale n_(max).
On définit le vecteur d'onde des oscillations plasma k⃗_p = − gradφ(x, t) et on admet que les oscillations plasma ne peuvent émettre une onde électromagnétique que lorsque k⃗_p ⋅ uˆ_x = 0.
  • 16 - Montrer que les oscillations plasma peuvent effectivement émettre un rayonnement mais qu'elles n'auraient pas pu le faire si elles avaient été excitées par un paquet d'électrons se déplaçant vers les x < 0.

    ractérisera. Expliquer pourquoi l'on parle d'<<Emission Cohérente de Sillage >> (ECS). Conclure cette partie en précisant les propriétés remarquables du spectre de l'ECS.
On reprend l'étude de la question 16 mais en la traitant à deux dimensions. Pour simplifier, on suppose que le paquet d'électrons, de vitesse v⃗ = vuˆ_x, injecté en M_0 sous l'effet du laser vers l'intérieur du plasma, passe par l'abscisse x = − 3L à l'instant même où le front d'onde du laser arrive en M_0 (voir ci-contre).
  • 17 - Déterminer le décalage temporel entre les arrivées du front d'onde laser aux points M_0 et M. En déduire l'expression du temps t_0(x, y) du passage du paquet d'électrons en un point ( x, y ) de la zone hétérogène. En reprenant la condition d'émission de la question précédente, avec désormais φ = φ(x, y, t), montrer que les points d'émission sont localisés sur un droite que l'on capoints d'émission sont localisés sur un droite que l'on ca-

III. - Interaction d'une impulsion avec une feuille mince

Cette partie s'appuie principalement sur le document IV.
L'impulsion laser est celle décrite dans le document I dans le cas d'une cible solide.
On étudie l'effet de l'expansion du plasma dans le vide sur le spectre du rayonnement émis afin d'estimer un ordre de grandeur de la température du plasma dans un modèle simplifié.
18- Justifier que si la température θ_e du plasma est assez élevée, alors on pourra, en première approximation, modéliser le plasma comme un gaz parfait. Montrer alors que la température θ_e du plasma reste inchangée pendant l'expansion du plasma dans le vide.
  • 19 - Déterminer l'expression de n_(L, max) en fonction en de δ, L et de la densité particulaire électronique n_(0, max) avant expansion. En déduire l'expression de la pulsation plasma maximale ω_(L, max) en fonction de δ, L et de la pulsation plasma ω_(0, max) associée à la densité particulaire n_(0, max). Pour des éventuelles applications numériques, on prendra par la suite ω_(0, max) ≃ 18, 7ω_0.
On suppose dans un premier modèle que la température θ_e des électrons du plasma est indépendante de l'épaisseur δ de la cible choisie.
  • 20 - Estimer dans ce modèle et à partir de la figure IV.b, un ordre de grandeur de la température électronique θ_e du plasma.
On suppose dans un second modèle que l'énergie cinétique totale des électrons du plasma ne dépend pas de l'épaisseur du plasma. On note δ_0 l'épaisseur de la feuille la plus épaisse lors de l'expérience ( δ_0 = 100 nm ) et L_0 la longueur caractéristique du gradient de ce plasma d'épaisseur δ_0.
◻21 - Comment varie alors la température électronique θ_e du plasma avec l'épaisseur δ ? Déterminer l'expression de ω_(L, max) en fonction de δ, ω_(0, max), δ_0 et L_0. Que penser de ces deux modèles compte-tenu des spectres expérimentaux de la figure IV.b?

Document I : Modélisation du faisceau laser incident

Le faisceau laser est modélisé de la façon suivante :
  • L'amplitude du champ laser est constante durant la durée de l'impulsion T = 50fs(1fs = 10^(− 15) s) et elle est nulle avant et après cette impulsion (Fig I.a). La période des oscillations du champ laser est notée T_0 et correspond dans le vide à une longueur d'onde λ_0 = 800 nm. L'énergie totale de l'impulsion laser est W_T.
  • Le faisceau présente une symétrie cylindrique d'axe ( Oz ). Dans un plan transverse ( z = constante), l'éclairement
Fig. i.a - Amplitude laser
  • Le faisceau est focalisé, par une lentille de distance focale f^′ et de diamètre égal à celui du faisceau laser D, sur une cible ( ≪ gaz ≫ ou ≪ solide ≫ ). L'angle α est le demi-angle au sommet du cône sous lequel est vue la lentille depuis la cible, placée au foyer O (fig. I.c).
  • L'allure du faisceau au voisinage du foyer O est représentée sur la figure I.d, il est caractérisé par les relations z_0 = (πR_0^2)/(λ_0), tanα ≃ (λ_0)/(πR_0) et R(z) = R_0√(1 + (z/(z_0))^2).
    Les conditions physiques expérimentales sont rassemblées ci-contre.

Nature de la cible gaz solide
Durée impulsion T 50 fs 30 fs
Energie totale laser W_T 1 mJ 1 J
Diamètre faisceau D 1 cm 5 cm
Focale de la lentille f^′ 1 m 30 cm

Document II : Cas où la cible est un ≪gaz≫

La cible étant un gaz, on peut, pour comprendre le mécanisme d'émission d'impulsions attosecondes, se ramener à l'interaction d'un champ électrique laser avec un atome, par exemple l'hydrogène. Avant l'arrivée de l'impulsion laser, l'électron de l'atome d'hydrogène est ≪ au repos ≫ dans son état fondamental caractérisé par une énergie potentielle négative − W_0. On représente, en mécanique quantique, l'électron par un paquet d'ondes stationnaires. (Fig II.a)



Dans le cadre d'un modèle semi-classique qui donne des résultats satisfaisants, on peut décomposer le mécanisme d'émission d'impulsions en trois étapes :
  • Première étape (Fig II.b) : sous l'influence du champ laser, le puits de potentiel dans lequel se trouve l'électron de l'atome d'hydrogène est modifié et la hauteur de la barrière de potentiel s'annule. L'électron s'extrait alors de l'attraction coulombienne due au noyau atomique. En réalité l'ionisation peut avoir lieu par effet tunnel avant l'annulation de la barrière de potentiel. Nous n'étudierons pas cette possibilité dans ce problème.
  • Deuxième étape (Fig ii.c) : l'électron, libéré de l'attraction du noyau, est accéléré par le champ laser. Il peut revenir vers le noyau avec une énergie cinétique W_c
  • Troisième étape (Fig II.d) : lors de son retour sur le noyau, l'électron se recombine avec le noyau et émet un photon d'énergie hν.
    Les trois étapes de ce mécanisme se déroulent au cours d'un cycle optique du laser dont la période est notée T_0.
लिन्त भगत्रि

Document III : Cas où la cible est << solide >>

Fig. iii.a - Miroir
Lorsque la cible est un << solide >>, le plasma formé dès le début de l'arrivée de l'impulsion laser est très dense. Comme la cible est totalement ionisée, la densité particulaire en électron n_e vaut : n_e = Z × n_i où n_i est la densité particulaire atomique du solide et Z le nombre de charge de l'élément.
Le faisceau laser peut s'y réfléchir comme sur un miroir. On parle alors de << miroir plasma >>. Les impulsions brèves sont émises, lors de l'interaction du faisceau laser avec ce << miroir plasma >>, dans la direction du faisceau réfléchi. On considère que cette direction satisfait les lois de Descartes de l'optique géométrique (fig III.a).
La surface du << miroir plasma >> présente une très forte hétérogénéité de densité particulaire entre le vide (à l'extérieur) et une région très dense et homogène (à l'intérieur). On modélisera cette densité particulaire en électrons par une fonction exponentielle (fig III.b).
n_e(x) = {0, pour, x < − 3L; n_(max)e^(x/L), pour, − 3L ≤ x < 0; n_(max), pour, x ≥ 0
Fig. III.b - Transition de n_e
La densité particulaire des ions est de la même forme afin que le plasma soit localement neutre avant arrivée de l'onde électromagnétique. On suppose que n_(max), qui correspond à la densité particulaire électronique lorsque la cible est totalement ionisée est supérieur à n_c.
Le mécanisme d'émission que nous allons décrire est appelé Emission Cohérente de Sillage. Pour être efficace ce mécanisme nécessite que le faisceau laser incident arrive de façon oblique sur le ≪ miroir plasma ≫. On note β l'angle d'incidence sur la surface plane ( x = 0 ) de la cible devenue un ≪ miroir plasma ≫.
Figures extraites de la thèse de Cédric Thaury - 2008
Ce mécanisme peut être décrit en trois étapes :
  • Première étape : Les électrons, de la surface du miroir plasma, sont arrachés par le champ électrique du laser (fig III.c), puis renvoyés par paquet vers le plasma (fig III.d)
  • Deuxième étape : Lors de la traversée de la surface hétérogène du miroir plasma, les paquets d'électrons excitent des oscillations plasma (à la fréquence plasma locale ω_p(x) ). Du fait de l'incidence oblique, la superposition des paquets d'électrons formés à différents points de la surface résulte en un front de densité oblique qui se propage dans le plasma (fig III.e et fig III.f)
  • Troisième étape : Ces oscillations plasma émettent une impulsion lumineuse attoseconde dans la direction du faisceau réfléchi lorsque le front des oscillations plasma est perpendiculaire à la surface du miroir plasma (fig III.d)
    Ce mécanisme se répète à chaque cycle optique du laser (de période T_0 ).

Document IV : Cas où la cible est une << feuille mince >>

Fig. Iv.a - Profil
On s'intéresse au cas où l'épaisseur du miroir plasma est nanométrique (de 10 nm à 100 nm ). Dans ce cas, la totalité de la cible est vaporisée et ionisée pour former un plasma. L'expansion de ce plasma dans le vide a pour conséquence une diminution de la densité particulaire maximale de la cible. L'allure du profil de densité particulaire électronique avec et sans expansion est reportée sur la figure IV.a. On note δ l'épaisseur de la cible, et L la longueur caractéristique de l'hétérogénéité de densité aux surfaces. Cette dernière longueur dépend de la température θ_e du plasma et de la durée T de l'impulsion laser incidente. On peut l'estimer par une relation de la forme L = c_s T avec c_s = √((Zk_B θ_e)/(m_i)) où k_B = 1, 4.10^(− 23) J ⋅ K^(− 1) désigne la constante de Boltzmann, m_i la masse ionique et Z le nombre de charge de l'atome. La cible est ici en carbone avec Z = 6 et m_i = 2.10^(− 26) kg. On peut estimer que l'énergie cinétique moyenne d'un électron du plasma est égale à 3/2k_B θ_e.
Nous modéliserons le profil de densité particulaire des électrons n_L(x) de la façon suivante :
n_L(x) = {n_(L, max)e^(x/L), pour x < 0; n_(L, max), pour 0 < x < δ; n_(L, max)e^(− (x − δ)/L), pour δ < x
Dans ce modèle l'épaisseur δ de l'intérieur homogène du plasma ne varie pas pendant l'interaction.
Lorsque l'on fait varier l'épaisseur δ de la cible, on observe que l'étendue du spectre varie. L'harmonique maximale du spectre augmente avec l'épaisseur du miroir plasma (fig IV.b).

FIN DE L'ÉPREUVE

Questions fréquentes

4 questions
Sur quoi porte le sujet de physique 1 Mines MP 2018 ?
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Sur quoi porte le sujet de physique 1 Mines MP 2018 ?

Sur l'interaction entre un laser de forte puissance et la matière (gaz, miroir plasma, feuille mince) et la génération d'harmoniques.

Quels chapitres réviser pour le sujet Mines physique 1 MP 2018 ?

Mécanique du point, électrostatique, ondes électromagnétiques dans les plasmas et équations de Maxwell, analyse de Fourier et thermodynamique.

Le sujet de physique 1 Mines MP 2018 était-il difficile ?

Oui, le jury parle de nombreuses difficultés ; des candidats ont bien réussi en ne traitant que la moitié ou les deux tiers du sujet.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées en physique 1 Mines MP 2018 ?

Résultats non homogènes, confusion entre force et champ, erreurs d'intégration avec les conditions initiales, équations de Maxwell inexactes et définition du gaz parfait méconnue.

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