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Mines Mathématiques 1 MP 2018Sujet, corrigé et rapport du jury

Lemme de Fekete et théorème de Erdös-Szekeres

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Présentation du sujet

Difficulté moyenne
Lemme de sous-additivité de Fekete et théorème d'Erdös-Szekeres : applications probabilistes
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Le problème étudie des applications probabilistes du lemme de Fekete et du théorème d'Erdös-Szekeres. Après des préliminaires, il construit limites inférieure et supérieure d'une suite bornée pour démontrer le lemme de Fekete, l'applique à des moyennes de variables indépendantes, puis établit le théorème d'Erdös-Szekeres par un rangement de jetons en piles. Il se termine par l'encadrement de l'espérance de la plus longue sous-liste croissante d'une permutation aléatoire.

  1. 1Partie A : préliminairesMajoration d'une espérance et comparaison somme-intégrale donnant une minoration de n!.
  2. 2Partie B : le lemme de sous-additivité de FeketeLimites inférieure et supérieure d'une suite bornée, puis convergence de u_n/n pour une suite positive sous-additive.
  3. 3Partie C : une application probabilisteInclusion d'événements pour des moyennes de variables indépendantes de même loi et convergence d'une suite de probabilités via le lemme de Fekete.
  4. 4Partie D : le théorème d'Erdös-SzekeresRangement de jetons en piles et existence d'une sous-liste croissante ou décroissante de longueur donnée.
  5. 5Partie E : comportement asymptotique d'une suite aléatoirePermutation aléatoire uniforme, loi de la plus longue sous-liste croissante et encadrement de son espérance par un multiple de racine de n.

Difficulté moyenne. Le jury juge la longueur raisonnable, avec peu de calculs mais des raisonnements assez fins : les bons candidats ont traité correctement quinze à seize questions et personne n'a terminé la question 20.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Existence des bornes mal justifiée · Limites supérieure et inférieure traitées comme des limites · Majoration à partir d'un certain rang
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Le sujet associait suites et probabilités, et les candidats se sont répartis selon leur maîtrise de l'un ou l'autre domaine. L'étalement des notes a été satisfaisant, surtout dans la première moitié du classement. Le jury met en garde contre le grappillage, qui n'a pas payé sur ce sujet.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Existence des bornes mal justifiéeQ3

    Il faut préciser que l'ensemble est non vide et majoré pour affirmer l'existence d'une borne supérieure.

  2. 2
    Limites supérieure et inférieure traitées comme des limitesQ4, Q5, Q6

    Beaucoup ont appliqué aux limites inférieure et supérieure les propriétés des limites sans justification, ou ont cru l'ordre sur les suites total.

    « L’analogie de nom ne suffit pas, du moins en mathématiques, pour justifier une extension des propriétés. »
  3. 3
    Majoration à partir d'un certain rangQ8, Q9

    L'inégalité obtenue ne donne une majoration qu'à partir du rang 2n, ce que presque tous ont ignoré. En Q9, la suite a souvent été supposée décroissante à tort.

    « L’erreur quasi unanime à la question suivante consistait à affirmer que la suite était majorée »
  4. 4
    Indépendance passée sous silenceQ11

    Invoquer seulement le fait que les variables ont même loi ne suffit pas : l'hypothèse d'indépendance est essentielle.

  5. 5
    Lemme de Fekete non utiliséQ12

    L'énoncé annonçait pourtant une application du lemme. Il fallait passer au logarithme, puis à l'opposé, sans oublier un cas particulier.

    « Remarquons au passage qu’il faut s’assurer, avant d’utiliser un logarithme, que l’expression est strictement positive. »
  6. 6
    Explications sans calcul qui tournent au bavardageQ13, Q14, Q15

    Les questions d'explication demandent de mettre en avant les arguments décisifs. Pour montrer une non-indépendance, un contre-exemple est l'outil le plus sûr.

    « dans ce genre de situation l’arme absolue reste le contre-exemple. »

Ce qui a été bien réussi

  • La plupart des candidats sérieux ont traité correctement la question 1.
  • La question 7 a été mieux réussie que les précédentes.
  • Quelques bonnes solutions ont été proposées pour la question 16.
  • La présentation des copies a été globalement satisfaisante.

Conseils du jury

  • Ne faire aucune impasse sur le programme, un sujet pouvant porter sur une partie étroite de celui-ci.
  • Entrer dans la logique du problème plutôt que de le voir comme un empilement de questions.
  • Traiter une partie significative du problème avec soin plutôt que de grappiller.
  • Préciser tous les arguments, même simples, comme la croissance du logarithme et de l'exponentielle.
  • Écrire en noir, une réponse illisible ne rapportant aucun point.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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ÉCOLE DES PONTS PARISTECH, ISAE-SUPAERO, ENSTA PARISTECH, TELECOM PARISTECH, MINES PARISTECH, MINES SAINT-ÉTIENNE, MINES NANCY, IMT Atlantique, ENSAE PARISTECH.

Concours Centrale-Supélec (Cycle International), Concours Mines-Télécom, Concours Commun TPE/EIVP.

CONCOURS 2018

PREMIÈRE ÉPREUVE DE MATHÉMATIQUES

Durée de l'épreuve : 3 heures

L'usage de la calculatrice et de tout dispositif électronique est interdit.
Les candidats sont priés de mentionner de façon apparente
sur la première page de la copie :

MATHÉMATIQUES I - MP

L'énoncé de cette épreuve comporte 5 pages de texte.
Si, au cours de l'épreuve, un candidat repère ce qui lui semble être une erreur d'énoncé, il le signale sur sa copie et poursuit sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu'il est amené à prendre.
Le but de ce problème est d'étudier quelques applications probabilistes du lemme de sous-additivité de Fekete et du théorème de Erdös-Szekeres.
Dans tout le problème, ( Ω, 𝒜, P ) désigne un espace probabilisé. On note P(A) la probabilité d'un événement A et on note E(X) l'espérance (si elle existe) d'une variable aléatoire réelle discrète X définie sur ( Ω, 𝒜, P ).

A. Préliminaires

Les deux questions de cette partie sont indépendantes.
Soit n un entier naturel non nul.
  1. Montrer que pour toute variable aléatoire X réelle à valeurs dans {1, …, n} et pour tout m ∈ {1, …, n},
E(X) ⩽ m − 1 + nP(X ⩾ m).
  1. À l'aide d'une comparaison entre une somme et une intégrale, montrer que
nln(n) − n + 1 ⩽ ∑_(k = 1)^n ln(k).
En déduire l'inégalité
(n/e)^n ⩽ n!

B. Le lemme de sous-additivité de Fekete

Soit u = (u_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite réelle bornée. Pour tout n ∈ ℕ^∗, on note U_n = {u_k; k ⩾ n}. On définit les suites u_– = (u_–_n)_(n ∈ ℕ^∗) et u¯ = (u¯_n)_(n ∈ ℕ^∗) par les formules
u_–_n = inf(U_n) et u¯_n = sup(U_n).
  1. Justifier que u_– et u¯ sont bien définies. Montrer qu'elles sont monotones puis qu'elles convergent.
Pour toutes suites réelles v = (v_n)_(n ∈ ℕ^∗) et w = (w_n)_(n ∈ ℕ^∗), on dit que v est plus petite que w, et on note v ≤ w, si pour tout n ∈ ℕ^∗, on a v_n ⩽ w_n. De façon équivalente, on dit aussi que w est plus grande que v.
4) Montrer que u¯ est la plus petite suite (au sens de ≤ ) qui est décroissante et plus grande que u. Montrer de même que u_– est la plus grande suite (au sens de ≤) qui est croissante et plus petite que u.
Dans toute la suite du problème, on appelle limite inférieure lim et limite supérieure lim^– les limites suivantes:
lim_–_(n → + ∞)u_n = lim_(n → + ∞)u_–_n et lim^–_(n → + ∞)u_n = lim_(n → + ∞)u¯_n
  1. Si v = (v_n)_(n ∈ ℕ^∗) est une autre suite réelle bornée plus grande que u, comparer les limites de u¯ et de v¯.
  2. Montrer que u¯ et u_– sont adjacentes si et seulement si u converge. En ce cas, que peut-on dire des limites des trois suites u, u¯ et u_– ?
    On dit qu'une suite réelle u = (u_n)_(n ∈ ℕ^∗) est sous-additive si pour tous i, j dans ℕ^∗, on a u_(i + j) ⩽ u_i + u_j.
    Dans le reste de cette partie on ne suppose plus que la suite u est bornée, mais on suppose que u est positive et sous-additive.
  3. Soit m et n deux entiers naturels non nuls tels que m ⩾ 2n. On note q le quotient et r le reste de la division euclidienne de m par n. Montrer que
u_m ⩽ (q − 1)u_n + u_(n + r)
et en déduire l'inégalité
(u_m)/m ⩽ (m − n − r)/m ⋅ (u_n)/n + (max{u_n, u_(n + 1), …, u_(2n − 1)})/m.
  1. En déduire que la suite ((u_m)/m)_(m ∈ ℕ^∗) est bornée, puis que pour tout n ∈ ℕ^∗,
lim^–_(m → + ∞)(u_m)/m ⩽ (u_n)/n.
  1. En conclure que la suite ((u_n)/n)_(n ∈ ℕ^∗) converge.

C. Une application probabiliste

Soit x un nombre réel et (X_n)_(n ∈ ℕ^∗) une suite de variables aléatoires réelles mutuellement indépendantes et de même loi. Pour tout n ∈ ℕ^∗ on note Y_n la variable aléatoire réelle définie par
Y_n = 1/n∑_(k = 1)^n X_k
  1. Montrer que si P(X_1 < x) = 1, alors pour tout n ∈ ℕ^∗, P(Y_n < x) = 1 et que si P(X_1 ⩾ x) > 0, alors pour tout n ∈ ℕ^∗, P(Y_n ⩾ x) > 0.
  2. Soit m et n deux entiers naturels non nuls. Montrer l'inclusion d'événements suivante :
({Y_m ⩾ x} ∩ {1/n∑_(k = m + 1)^(m + n)X_k ⩾ x}) ⊂ {Y_(m + n) ⩾ x}
et en déduire l'inégalité
P(Y_(m + n) ⩾ x) ⩾ P(Y_m ⩾ x)P(Y_n ⩾ x)
  1. Démontrer la convergence de la suite
((P(Y_n ⩾ x))^(1/n))_(n ∈ ℕ^∗)

D. Le théorème de Erdös-Szekeres

Si r est un entier naturel non nul, on note ℓ = (ℓ_1, …, ℓ_r) une liste de nombres réels de longueur r; cette liste est croissante si ℓ_1 ⩽ ℓ_2 ⩽ ⋯ ⩽ ℓ_r, décroissante si ℓ_1 ⩾ ℓ_2 ⩾ ⋯ ⩾ ℓ_r. Une liste ℓ^′ de longueur p ∈ {1, …, r} est extraite de ℓ s'il existe p indices strictement croissants i_1 < i_2 < ⋯ < i_p dans {1, …, r} tels que ℓ^′ = (ℓ_(i_1), …, ℓ_(i_p)).
Soit p et q deux entiers naturels non nuls et a = (a_1, a_2, …, a_(pq + 1)) une liste de longueur pq + 1 de nombres réels deux-à-deux distincts qui représentent les valeurs de pq + 1 jetons numérotés 1, 2, …, pq + 1.
On range successivement les jetons en piles de gauche à droite par le procédé suivant:
  • le jeton n^∘1 de valeur a_1 débute la première pile;
  • si a_2 > a_1, alors on pose le jeton n^∘2 de valeur a_2 sur le jeton n^∘1; sinon on crée une nouvelle pile avec ce jeton n^∘2, située à droite de la première pile;
  • lors des étapes suivantes, disposant du jeton n^∘k de valeur a_k, on le dépose sur la première pile en partant de la gauche telle que a_k est supérieur à la valeur du jeton au sommet de la pile, si une telle pile existe; sinon on crée une nouvelle pile avec ce jeton, située à droite des précédentes.
En suivant ce procédé avec tous les jetons, on obtient plusieurs piles de jetons, chaque pile ayant des valeurs rangées dans l'ordre croissant du bas vers le haut.
Par exemple, avec la liste
a = (1, 4, 2, 3, 7, 6, 5, 9, 10, 8)
dans cet ordre, on obtient de gauche à droite les trois piles suivantes :
10
9 8
7 6
4 3
1 2 5
  1. À l'aide d'un raisonnement par récurrence sur le nombre s de piles, montrer qu'à l'issue du processus, pour tout jeton de valeur z de la dernière pile, il existe une liste b = (b_1, …, b_s) de réels extraite de la liste a vérifiant:
  • b est décroissante et de longueur s;
  • pour tout i ∈ {1, …, s} le jeton n^∘i de valeur b_i est dans la i-ème pile en partant de la gauche;
  • b_s = z.
Par exemple, avec la liste a = (1, 4, 2, 3, 7, 6, 5, 9, 10, 8) on a une liste extraite b = (7, 6, 5).
14) En déduire que la liste a admet au moins une liste extraite croissante de longueur p + 1 ou une liste extraite décroissante de longueur q + 1.

E. Comportement asymptotique d'une suite aléatoire

Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 2 . On note S_n l'ensemble des permutations de {1, 2, …, n}. Chaque élément σ ∈ S_n est noté par la liste de ses n images ( σ(1), σ(2), …, σ(n) ).
Soit B une variable aléatoire à valeurs dans S_n de loi uniforme, c'est-à-dire que pour tout σ ∈ S_n, on a P(B = σ) = 1/Card(S_n). On définit la variable aléatoire A à valeurs dans S_n en posant, pour tout ω ∈ Ω,
A(ω) = (B(ω)(1), …, B(ω)(n))
On note également, pour tout k ∈ {1, …, n}, A_k(ω) = B(ω)(k). Enfin, on considère les variables aléatoires réelles C_n et D_n définies par:
  • C_n est la longueur de la plus longue liste croissante extraite de A;
  • D_n est la longueur de la plus longue liste décroissante extraite de A.
  1. Les variables aléatoires réelles A_1, A_2, …, A_n sont-elles mutuellement indépendantes?
  2. Soit k ∈ {1, …, n} et s = (s_1, …, s_k) une liste croissante de longueur k d'éléments de {1, …, n}. On note A^s l'événement: «la liste ( A_(s_1), …, A_(s_k) ) est croissante ». Montrer que P(A^s) = 1/(k!).
  3. Démontrer que C_n et D_n ont la même loi. Démontrer alors, à l'aide du résultat de la question 14 , que :
E(C_n) ⩾ (√n)/2
  1. Démontrer que pour tout k ∈ {1, …, n},
P(C_n ⩾ k) ⩽ ((n/k))/(k!)
  1. Soit n un entier naturel non nul et α un réel strictement supérieur à 1 . Justifier qu'il existe un entier naturel non nul k tel que k − 1 < αe√n ⩽ k. À l'aide du résultat de la question 2, déduire de la question précédente que
P(C_n ⩾ αe√n) ⩽ (1/α)^(2αe√n)
  1. En déduire qu'il existe une suite (ε_n)_(n ∈ ℕ^∗) tendant vers 0 telle que, pour tout n ∈ ℕ^∗,
(E(C_n))/(√n) ⩽ (1 + n^(− 1/4))e + ε_n
En conclure que lim^–_(n → + ∞)(E(C_n))/(√n) existe et que lim^–_(n → + ∞)(E(C_n))/(√n) ⩽ e.

Fin du problème

Questions fréquentes

4 questions
Sur quels chapitres porte le sujet Mines Maths 1 MP 2018 ?
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Sur quels chapitres porte le sujet Mines Maths 1 MP 2018 ?

Sur les suites réelles (bornes, limites inférieure et supérieure, suites sous-additives) et sur les probabilités discrètes, avec indépendance, espérance et permutations aléatoires.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées en Mines Maths 1 MP 2018 ?

L'extension abusive des propriétés des limites aux limites supérieure et inférieure, une majoration affirmée sans tenir compte du rang, l'oubli de l'hypothèse d'indépendance et le lemme de Fekete non utilisé en Q12.

Combien de questions faut-il traiter pour réussir Mines Maths 1 MP 2018 ?

Selon le rapport, les bons candidats ont traité correctement quinze à seize questions. La plupart des bonnes copies se sont arrêtées vers la question 15.

Le grappillage est-il efficace en Mines Maths 1 MP 2018 ?

Non. Le jury déconseille formellement de traiter mal quelques questions puis de survoler toutes les autres, stratégie qui ne rapporte en général pas grand-chose.

Pas de description pour le moment