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Centrale Physique MP 2012Sujet, corrigé et rapport du jury

Pas encore noté
  • Mécanique du point : mouvement dans un champ de force centrale
  • Champ de gravitation et analogie avec l'électrostatique
  • Optique ondulatoire : principe de Huygens-Fresnel et diffraction
  • Équations de Maxwell (formes locales et intégrales)
  • Ondes électromagnétiques dans le vide, les conducteurs et les plasmas
  • Vecteur de Poynting et bilan énergétique

Téléchargements

Présentation du sujet

Difficulté moyenne
Le satellite Jason 2 : orbite perturbée, diffusion des ondes radar par l'océan et traversée de l'ionosphère
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Le problème aborde trois questions liées au satellite océanographique Jason 2, dans des domaines distincts du programme de première et de deuxième année. Il étudie l'orbite du satellite puis ses perturbations dues à l'aplatissement de la Terre, la diffusion de l'onde radar par une mer plate ou houleuse à l'aide du principe de Huygens-Fresnel, et enfin la propagation des ondes électromagnétiques dans le vide, dans un conducteur et dans le plasma ionosphérique.

  1. 1Partie I : le satellite Jason 2Étude de l'orbite à l'aide du vecteur de Runge-Lenz, cas du mouvement circulaire, puis écart à la trajectoire circulaire pour une Terre ellipsoïdale (I.A et I.B).
  2. 2Partie II : diffusion des ondes radar par l'océanDiffusion par une surface lisse via le principe de Huygens-Fresnel, puis par une mer houleuse modélisée par un coefficient de réflexion modulé (II.A et II.B).
  3. 3Partie III : propagation d'ondes électromagnétiquesOndes dans le vide, dans un milieu conducteur à conductivité complexe, puis dans l'ionosphère avec vitesse de phase, vitesse de groupe et choix de la fréquence de travail (III.A à III.C).

Difficulté moyenne. Le jury qualifie l'épreuve de bien calibrée en durée et en difficulté, de difficulté très raisonnable, les très mauvaises copies étant rares.

Ce qu'a observé le jury

6 erreurs relevées
Signe de l'énergie mécanique · Erreur de signe dans le déphasage · Formes intégrales des équations de Maxwell
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Épreuve bien calibrée qui a permis à de nombreux candidats d'aborder des pans entiers du problème, avec une bonne dispersion des notes. La présentation des copies progresse, mais l'expression française reste souvent douteuse. L'optique est le point faible, et la mécanique a été bien réussie sur l'orbite classique mais beaucoup moins sur l'écart à la trajectoire circulaire.

Les erreurs les plus sanctionnées

  1. 1
    Signe de l'énergie mécaniquePartie I.A

    L'expression littérale est souvent juste mais l'application numérique a le mauvais signe ; énergie potentielle gravitationnelle et de pesanteur sont parfois confondues.

    « beaucoup de candidats établissent une expression littérale correcte de l’énergie mécanique, mais se trompent sur le signe de l’application numérique. »
  2. 2
    Erreur de signe dans le déphasagePartie II.A

    Une mauvaise gestion des angles orientés inverse le signe ; un simple test physique sur la direction de l'optique géométrique permettait de la détecter.

    « L’erreur la plus répandue et lourde de conséquences porte sur le signe présent dans l’expression du déphasage en fonction des angles. »
  3. 3
    Formes intégrales des équations de MaxwellPartie III.A

    Le théorème d'Ampère en régime variable n'est presque jamais écrit, et surfaces ou contours d'intégration sont mal définis.

    « trop peu ont su exprimer correctement la forme intégrale des équations de Maxwell. »
  4. 4
    Notion de milieu dispersif mal comprisePartie III.A

    Le caractère dispersif se juge sur la dépendance de la vitesse de phase avec la fréquence, pas sur l'existence d'une relation de dispersion.

    « Pour certains, le simple fait d’établir une relation dénommée « équation de dispersion » prouve que le vide est dispersif. »
  5. 5
    Vecteur d'onde complexe mal exploitéPartie III.B

    Vitesse de phase calculée avec k complexe, racines de complexes et relations d'ordre sur C ; les expressions réelles demandées n'étaient pas utilisées.

    « Cette vitesse a été très souvent mal exprimée car donnée avec k complexe ! »
  6. 6
    Comparaisons non homogènesPartie III.C

    Pour négliger la force magnétique, beaucoup comparent directement champ magnétique et champ électrique ; des pulsations sont données en Hz.

    « Un nombre considérable de candidats donne des pulsations en Hz ou compare une pulsation et une fréquence. »

Ce qui a été bien réussi

  • L'étude de l'orbite guidée par le vecteur de Runge-Lenz a été parfaitement traitée dans de nombreuses copies.
  • L'équation de d'Alembert et l'onde plane progressive harmonique sont globalement assez bien maîtrisées.
  • La conductivité complexe du plasma a été globalement bien établie à partir de la relation fondamentale de la dynamique.
  • La précision des résultats numériques est correctement maîtrisée dans l'ensemble.

Conseils du jury

  • Lire attentivement l'énoncé et respecter ses consignes, notamment le retour aux notations réelles en électromagnétisme.
  • Mener une analyse physique avant le calcul, en particulier en optique ondulatoire.
  • Interpréter physiquement chaque résultat plutôt que de considérer le calcul comme une fin.
  • Rester critique sur les applications numériques et les expressions littérales, et vérifier que deux réponses consécutives ne se contredisent pas.
  • Écrire explicitement les intégrales et les surfaces ou contours utilisés, plutôt que nommer seulement les lois.

Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.

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Lecture du sujet en ligne

L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.
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Lancé le 20 juin 2008 de Vandenberg (Californie), le satellite océanographique Jason 2 permet, entre autre, de mesurer la hauteur des océans.
Dans une première partie, le problème étudie la trajectoire de ce satellite au-dessus de l'ionosphère, d'abord en considérant la Terre comme sphérique, puis en prenant en compte sa non-sphéricité. La seconde partie du problème aborde la diffusion des ondes radar sur l'océan et la troisième partie étudie l'influence de l'ionosphère sur la propagation de telles ondes.
Les trois parties sont indépendantes.

Notations

Dans tout le problème, ⟨f(M, t)⟩ désigne la valeur moyenne dans le temps de la grandeur f(M, t).
La pulsation ω sera toujours réelle, positive, non nulle.
À toute grandeur réelle f(M, t) = A(M)cos(ωt − φ(M)), on pourra associer la grandeur complexe f_–(M, t) = A(M)expi(ωt − φ(M)).
Le nombre imaginaire i est tel que i^2 = − 1.
La polarisation d'une onde électromagnétique fera référence au champ électrique.

Données utiles

Masse d'un proton
Masse d'un électron
Charge élémentaire
Permittivité diélectrique du vide
Perméabilité magnétique du vide
Célérité de la lumière dans le vide
Constante de gravitation
Masse de la Terre
Rayon de la Terre
Vitesse angulaire de rotation de la Terre sur elle-même dans le référentiel géocentrique
m_p = 1, 67 × 10^(− 27) kg; m_e = 9, 11 × 10^(− 31) kg; e = 1, 60 × 10^(− 19)C; ε_0 = 8, 85 × 10^(− 12) F ⋅ m^(− 1); μ_0 = 4π10^(− 7)H ⋅ m^(− 1); c = 3, 00 × 10^8 m ⋅ s^(− 1); G = 6, 67 × 10^(− 11) N ⋅ m^2 ⋅ kg^(− 2); M_T = 5, 97 × 10^(24) kg; R_T = 6378 km; ω_T = 7, 29 × 10^(− 5)rad ⋅ s^(− 1)

Formulaire

rot^(→−)(rot^(→−)(A⃗)) = grad^(→−)(div(A⃗)) − ΔA⃗
Gradient d'un champ scalaire V en coordonnées sphériques ( r, θ, φ )
grad^(→−)V = (∂V)/(∂r)u⃗_r + 1/r(∂V)/(∂θ)u⃗_θ + 1/(rsinθ)(∂V)/(∂φ)u⃗_φ
Les résultats numériques seront donnés avec un nombre de chiffres significatifs compatible avec celui utilisé pour les données de l'énoncé.

I Le satellite Jason 2

I.A - Étude de l'orbite

I.A.1) Rappeler l'expression de la force de gravitation F⃗ qu'exerce la Terre (centre T, masse M_T ) sur un satellite (point matériel S, masse m ), en fonction de la constante de gravitation G, des masses M_T et m, de la distance r = TS et du vecteur unitaire u⃗_(TS) = TS^(→−)/TS.
Figure 1
I.A.2) On se place dans le référentiel géocentrique ( T, x_g, y_g, z_g ) noté ( R_g ), de base fixe ( e⃗_(xg), e⃗_(yg), e⃗_(zg) ) (figure 2b).
Figure 2
a) Définir le référentiel géocentrique. Pourquoi ce référentiel n'est-il pas rigoureusement galiléen ? Justifier.
Dans toute la suite, le référentiel géocentrique ( R_g ) est considéré comme galiléen et, sauf mention contraire, seule l'action de la Terre est prise en compte.
b) Dans ce référentiel, quelles sont les deux grandeurs mécaniques du satellite qui se conservent (on justifiera la réponse) ? Quelles caractéristiques du mouvement peut-on en déduire?
I.A.3) On se propose d'établir l'expression de la trajectoire du satellite autour de la Terre à partir de l'invariant dynamique de Runge-Lenz. On définit le vecteur de Runge-Lenz par R⃗ = v⃗ ∧ σ⃗_T − GM_T mu⃗_(TS) où v⃗ est la vitesse du satellite dans (R_g) et σ⃗_T le moment cinétique du satellite dans (R_g), calculé en T.
a) Calculer (dR⃗)/(dt) dans (R_g). Conclure.
b) Dans quel plan se trouve R⃗ ? Justifier.
c) On note R la norme de R⃗ et β l'angle entre R⃗ et TS^(→−). Montrer que R⃗ ⋅ u⃗_(TS) = (σ_T^2)/(mr) − GM_T m où σ_T est la norme du moment cinétique σ⃗_T du satellite. En déduire l'expression de la trajectoire du satellite sous la forme r(β) = p/(1 + ecosβ); donner les expressions de p et e en fonction de σ_T, G, M_T, m et R.
Suivant les valeurs de e, rappeler les différentes trajectoires possibles.
I.A.4) On admet que la trajectoire de Jason 2 est circulaire (en réalité, e = 9, 5 × 10^(− 5) ), de centre T, de rayon r_0 = 7714 km, soit une altitude h = 1336 km (juste au dessus de l'ionosphère). La masse du satellite Jason 2 est m = 525 kg.
Établir en fonction de G, M_T, m et r_0, les expressions de :
  • la norme de la vitesse orbitale du satellite v_0;
  • la période de révolution T_0;
  • son énergie mécanique E_m.
Calculer numériquement ces grandeurs pour le satellite Jason 2.

I.B - Écart à la trajectoire circulaire

On appelle inclinaison du satellite l'angle i = 66^∘ entre le plan équatorial et le plan de l'orbite (ici 0^∘ < i < 90^∘ : on parle d'orbite prograde) (cf. figure 2a). On note Z⃗ le vecteur unitaire orthogonal au plan de l'orbite et orienté à partir du sens de parcours de la trajectoire (le sens de parcours est indiqué sur les schémas). On appelle nœuds N et N^′ les deux intersections de la trajectoire circulaire du satellite avec le plan équatorial (figure 2b).
À cause des irrégularités de la répartition de la masse terrestre (en particulier l'aplatissement aux pôles) et des forces d'attraction de la Lune et du Soleil, en utilisant les coordonnées sphériques (figure 2c.), le potentiel de gravitation V s'écrit (à l'ordre le plus bas en la perturbation) :
V(r, θ) = − (GM_T)/r(1 − ((R_T)/r)^2(J_2)/2(3cos^2 θ − 1))
où J_2 = 1083 × 10^(− 6) est un nombre sans dimension.
I.B.1) Déterminer les composantes g_r, g_θ, g_φ du champ de gravitation dans la base sphérique ( u⃗_r, u⃗_θ, u⃗_φ ) (cf. figure 2c). Donner l'ordre de grandeur de la valeur maximale du rapport |g_θ/g_r| dans le cas du satellite Jason 2. Conclure.
La composante g_r confère à la trajectoire les propriétés essentielles (mouvement plan, circulaire); on se propose d'étudier l'influence de g_θ.
I.B.2) Soit Γ⃗_T le moment en T de la force de gravitation, appliquée en S. Déterminer ses coordonnées dans la base sphérique (u⃗_r, u⃗_θ, u⃗_φ).
Ce moment peut également être projeté dans la base fixe ( e⃗_(xg), e⃗_(yg), e⃗_(zg) ) de ( R_g ) (cf. figures 2b et c); on peut montrer (la démonstration n'est pas demandée au candidat) qu'en moyennant sur une période T_0 on obtient, pour le mouvement circulaire du satellite :
⟨Γ_x⟩ = − σ_T(2π)/(T_0)((R_T)/(r_0))^2 3/2J_2 sinicosicosψ; ⟨Γ_y⟩ = − σ_T(2π)/(T_0)((R_T)/(r_0))^2 3/2J_2 sinicosisinψ; ⟨Γ_z⟩ = 0
I.B.3) Exprimer σ⃗_T en fonction de sa norme σ_T, i, ψ et des vecteurs unitaires e⃗_(xg), e⃗_(yg) et e⃗_(zg).
Déterminer ensuite (dσ⃗_T)/(dt) dans (R_g) (à ce stade, on considèrera que σ_T, i et ψ dépendent du temps).
En admettant que (dσ⃗_T)/(dt) = ⟨Γ⃗_T⟩ et que la norme σ_T reste à peu près constante, déterminer de nouvelles expressions de ⟨Γ_x⟩, ⟨Γ_y⟩ et ⟨Γ_z⟩.
I.B.4) Montrer que i ne dépend pas du temps et que
(dψ)/(dt) = − 3/2J_2√((GM_T)/(r_0^3))((R_T)/(r_0))^2 cosi
Dans la suite, on note Ω = (dψ)/(dt). Que représente le vecteur Ω⃗ correspondant à cette variation? Comparer les vecteurs Ω⃗ et ω⃗_T (vecteur rotation de la Terre sur elle-même) en direction et sens. En s'aidant de la figure 2 b et du théorème du moment cinétique en T, montrer qu'on pouvait prévoir le sens de variation de ψ.
I.B.5) On définit alors une nouvelle période, la période nodale, qui est le temps entre deux passages à l'équateur dans le même sens. Pour Jason 2, elle vaut T_n = 112 min26 s, elle est très voisine de T_0.
Pour les satellites océanographiques, il est intéressant d'avoir un échantillonnage homogène de la surface du globe pendant une période, appelée période de répétitivité T_R : il faut pour cela que le satellite repasse à la verticale des mêmes points du sol tous les T_R = NT_n où N est le nombre entier de révolutions du satellite durant une période de répétitivité.
On note k le nombre de fois où un même point du sol croise le plan de l'orbite du satellite dans un sens donné pendant une période de répétitivité.
Déterminer l'expression de k en fonction de T_n, ω_T, Ω et N. Calculer la valeur de k pour N = 127.

II Diffusion des ondes radar par l'océan

Un radar altimétrique embarqué émet une onde électromagnétique (onde radio de fréquence f = 13, 6GHz ).
L'onde est émise en direction de la mer, celle-ci absorbe l'onde et la réémet : on parle de diffusion. Cette onde rétrodiffusée, appelée écho, est captée en retour par le radar.
La mesure de la durée du trajet aller-retour permet de déterminer la distance {surface océan - satellite}; par différence avec la position du satellite par rapport à un ellipsoïde de référence, on en déduit la hauteur de la mer.
On supposera que, durant ce trajet aller-retour, le satellite est immobile au dessus de la mer.
Dans toute cette partie, l'atmosphère sera assimilée au vide (indice optique égal à 1). Certaines perturbations apportées par le fait que l'ionosphère est un plasma seront abordées dans la partie III.

II.A - Diffusion sur une mer plate

On s'intéresse au processus de rétrodiffusion de l'onde réémise par une surface S de l'océan, éclairée par le radar. L'onde arrivant sur l'océan est considérée comme plane (bien qu'étant sphérique). Elle se propage dans la direction u⃗ = sinθe⃗_y − cosθe⃗_z (figure 3) ( θ est sans rapport avec celui de la partie I ). La direction de propagation n'est donc pas forcément celle de la verticale.
Figure 3
On s'intéresse à la rétrodiffusion dans la direction θ^′, cette rétrodiffusion est à rapprocher de la diffraction à l'infini. On considère que les angles θ et θ^′ sont faibles.
L'amplitude de l'onde diffractée (ou rétrodiffusée) en un point M à l'infini par une ouverture de surface S est donnée par la relation suivante :
A_–_d(M) = K_–∬_S t_–(P)exp(i(2π)/λ(u⃗^′ − u⃗) ⋅ OP^(→−))dS
où K_– est une constante complexe, t_–(P) un coefficient rendant compte de l'efficacité de la diffusion et λ la longueur d'onde de l'onde radar.
On s'intéresse à une portion de mer carrée, de côté a = 7 km selon les axes x et y, centrée en O, lisse de telle sorte que t_–(P) = t_0 avec t_0 ∈ ℝ_+. On considèrera que les vecteurs directeurs u⃗ et u⃗^′ des rayons incidents et rétrodiffusés sont toujours dans le plan (yOz) (cf. figure 3).
II.A.1) Déterminer l'éclairement diffracté (ou rétrodiffusé) E_d en M, en fonction de θ, θ^′, λ, a et de l'éclairement maximal E_0.
II.A.2) Pour quel angle θ^′ l'éclairement est-il maximal? Cela peut-il correspondre à l'écho perçu par le satellite?

II.B - Diffusion sur une mer houleuse

On envisage la même portion de mer, mais cette fois-ci houleuse, de telle sorte que
t_–(P) = t_0 + t_1 cos((2πy)/d)
avec a≫d et a≫λ.
II.B.1) L'hypothèse a≫λ était-elle valable à la question précédente?
II.B.2) Montrer que l'onde diffusée est constituée de trois ondes se propageant dans trois directions que l'on déterminera en fonction de λ, d et θ.
II.B.3) Laquelle de ces trois ondes est susceptible de correspondre à l'écho reçu par le satellite? Quelle condition doivent vérifier d, λ et θ pour pouvoir effectivement récupérer cet écho?

III Propagation d'ondes électromagnétiques

III.A - Ondes électromagnétiques dans le vide

III.A.1) Rappeler les équations de Maxwell en présence de charges et de courants.
Quelles sont les traductions globales, dites aussi formes intégrales, de ces lois locales?
III.A.2) Établir l'équation de propagation du champ E⃗(M, t) dans le vide (en l'absence de charges et de courants).
III.A.3) On considère une onde dont le champ électrique en notation complexe s'écrit :
E⃗_–(M, t) = E_0 expi(ωt − kx)e⃗_y
où E_0 ∈ ℝ_+^∗ et k ∈ ℝ_+^∗.
Caractériser cette onde (donner 5 qualificatifs).
III.A.4) À quelle condition sur k et ω cette onde est-elle une solution de l'équation de propagation? Comment appelle-t-on cette relation? Le vide est-il un milieu dispersif (à justifier)?
III.A.5) Déterminer l'expression réelle du champ magnétique B⃗(M, t).
III.A.6) Déterminer l'expression du vecteur de Poynting Π⃗(M, t). Quelle est la signification physique du flux de Π⃗ à travers une surface S ouverte, arbitrairement orientée?

III.B - Ondes électromagnétiques dans un milieu conducteur

III.B.1) En absence de densité volumique de charges, mais en présence de densité volumique de courants ȷ⃗(M, t), établir l'équation de propagation du champ E⃗_–(M, t) en fonction de ȷ⃗_–(M, t).
III.B.2) On considère une onde du type E⃗_–(M, t) = E_0 expi(ωt − k_–x)e⃗_y où E_0 ∈ ℝ_+^∗ et k_– ∈ ℂ. On pose, en notation complexe, la relation d'Ohm : ȷ⃗_–(M, t) = γ_–E⃗_–(M, t) où γ_– est la conductivité électrique complexe du milieu, on suppose qu'elle ne dépend ni de l'espace ni du temps.
Réécrire l'équation de propagation du champ E⃗_–(M, t) en fonction de γ_–.
À quelle condition sur k_– et ω cette onde est-elle une solution de l'équation de propagation? On ne cherchera pas à résoudre cette équation.
III.B.3) On pose k_– = k_1 + ik_2, avec k_1 et k_2 réels.
a) Écrire en notation réelle l'expression du champ électrique E⃗(M, t).
b) Par analogie avec le vide, dire ce que représente k_1, la partie réelle de k_–. Donner une interprétation du signe de k_1. Quel phénomène physique traduit k_2, la partie imaginaire de k_– ?
Que dire si le produit k_1 k_2 est positif? Que dire si le produit k_1 k_2 est négatif?
c) Définir par une phrase la vitesse de phase v_φ et donner l'expression de la vitesse de phase de cette onde en fonction des grandeurs précédemment définies.
III.B.4) Démontrer une relation simple entre les vecteurs E⃗_–(M, t), k⃗_– (vecteur d'onde complexe) et B⃗_–(M, t). Déterminer les expressions de la représentation complexe du champ magnétique B⃗_–(M, t) et du champ réel B⃗(M, t). Que dire des champs E⃗(M, t) et B⃗(M, t) si k_2 est non nul?
III.B.5) Déterminer l'expression du vecteur de Poynting Π⃗(M, t) puis l'expression de sa valeur moyenne ⟨Π⃗(M, t)⟩. Commenter.
III.B.6) Une onde incidente, E⃗_–_i(M, t) = E_(0i)expi(ωt − k_–_A x)e⃗_y où E_(0i) ∈ ℝ_+^∗ et k_–_A = k_(A1) + ik_(A2) avec k_(A1) et k_(A2) deux réels, se propageant dans le milieu ( A ) arrive en incidence normale sur une interface située en x = 0 et séparant le milieu ( A ) du milieu ( B ).
Cette onde incidente donne naissance à deux ondes, l'une réfléchie, E⃗_–_r(M, t) = E_–_(0r)expi(ωt + k_–_A x)e⃗_y, se propageant dans le milieu (A) et l'autre transmise, E⃗_–_t(M, t) = E_–_(0t)expi(ωt − k_–_B x)e⃗_y où k_–_B = k_(B1) + ik_(B2) avec k_(B1) et k_(B2) deux réels, se propageant dans le milieu (B).
On définit les coefficients de réflexion et de transmission énergétiques au niveau de l'interface située en x = 0 par
R = (⟨‖Π⃗_r(O, t)‖⟩)/(⟨‖Π⃗_i(O, t)‖⟩) et T = (⟨‖Π⃗_t(O, t)‖⟩)/(⟨‖Π⃗_i(O, t)‖⟩)
où Π⃗_i(O, t), Π⃗_r(O, t) et Π⃗_t(O, t) représentent respectivement les vecteurs de Poynting, au voisinage d'un point O de l'interface, des ondes incidente, réfléchie et transmise ( ‖A⃗‖ désigne le module du vecteur A⃗ ).
a) Justifier l'écriture du champ E⃗_–_r(M, t).
b) Donner les expressions de R et de T en fonction des données précédentes.
c) Que vaut la somme R + T ? Quelle est la signification de cette égalité?
d) Que dire des coefficients R et T si k_(B1) = 0 ? Quelle en est la signification ?
Ne pouviez-vous pas prévoir ce résultat dès les questions III.B. 4 ou III.B. 5 ?
e) Connaissez-vous un exemple similaire en électrocinétique?

III.C - Propagation des ondes électromagnétiques dans l'ionosphère

L'ionosphère, couche de l'atmosphère située à plus de 60 km d'altitude, peut être considérée comme un plasma : c'est un milieu ionisé, caractérisé par une densité volumique d'électrons libres de charge − e, de masse m_e, égale à n_1 = 1, 00 × 10^(11) m^(− 3) et une densité volumique de cations de charge + e, de masse m_C, égale aussi à n_1, l'ensemble est donc globalement neutre. La valeur de n_1 est supposée constante.
On se propose d'étudier dans ce milieu la propagation d'ondes du type E⃗_–(M, t) = E_0 expi(ωt − k_–x)e⃗_y où E_0 ∈ ℝ_+^∗ et k_– ∈ ℂ. On pose à nouveau k_– = k_1 + ik_2, avec k_1 et k_2 réels; si k_1 ≠ 0, alors on choisira k_1 > 0.
Dans toute la suite, vous pourrez utiliser les résultats démontrés dans la partie III.B.
Dans le plasma, les électrons et les ions sont soumis à la force de Lorentz due aux champs électrique et magnétique de l'onde. On négligera l'effet de la pesanteur et les interactions entre particules chargées, et on supposera que les particules sont non relativistes (i.e. leurs vitesses sont très petites devant c ).
III.C.1) En admettant que le rapport ω/|k_–| est de l'ordre de c, montrer que les effets de la partie magnétique de la force de Lorentz sont négligeables devant les effets de la partie électrique de la force de Lorentz.
III.C.2) En régime établi, et en supposant que l'amplitude des déplacements des charges reste petite devant la longueur d'onde, déterminer l'expression du vecteur vitesse v_–_e (dans le référentiel galiléen d'étude) d'un électron, positionné en M à l'instant t, en fonction de m_e, e, ω et E⃗_–(M, t). Donner l'expression du vecteur vitesse v⃗_–_i d'un cation. En déduire l'expression de la conductivité complexe du plasma γ_–. À la vue des valeurs numériques, montrer que γ_– = − i(n_1 e^2)/(m_e ω).
III.C.3) Calculer la puissance volumique moyenne fournie par le champ électromagnétique aux électrons libres. Commenter.
III.C.4) Établir l'expression de k_–^2 dans le plasma. Mettre en évidence une pulsation caractéristique dite pulsation plasma ω_p; donner son expression et calculer sa valeur numérique pour l'ionosphère. Calculer la longueur d'onde dans le vide λ_p associée. À quel domaine du spectre électromagnétique appartient cette longueur d'onde?
III.C.5) On se place dans le cas ω < ω_p.
a) Donner l'expression de k_– en fonction de ω_p, ω et c (on prendra k_2 négatif).
b) Donner les expressions des champs réels E⃗(M, t) et B⃗(M, t). Caractériser l'onde obtenue.
c) Donner l'expression de ⟨Π⃗(M, t)⟩ dans le plasma.
III.C.6) On se place dans le cas ω > ω_p.
a) Donner l'expression de k_– en fonction de ω_p, ω et c. Commenter.
b) Donner les expressions de E⃗(M, t) et B⃗(M, t). Caractériser l'onde obtenue (donner 5 qualificatifs).
c) Donner l'expression de ⟨Π⃗(M, t)⟩.
d) Déterminer l'expression de la vitesse de phase v_φ(ω) de cette onde en fonction de ω_p, ω et c. Le milieu est-il dispersif (justifier la réponse)?
e) Calculer la vitesse de groupe v_g(ω) en fonction de ω_p, ω et c. Donner la signification physique de cette vitesse.
f) Comparer v_φ(ω) et v_g(ω) à c. Que penser du fait que v_φ(ω) puisse être supérieure à c ?
III.C.7) Le choix de la fréquence des ondes radars émises par Jason 2 ( f = 13, 6GHz ) vous semble-t-il correct ?

Questions fréquentes

4 questions
Sur quoi porte le sujet de physique Centrale MP 2012 ?
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Sur quoi porte le sujet de physique Centrale MP 2012 ?

Sur le satellite Jason 2 : mécanique de l'orbite et de ses perturbations, diffusion des ondes radar par l'océan, puis propagation des ondes électromagnétiques dans le vide, un conducteur et l'ionosphère.

Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées en physique Centrale MP 2012 ?

Erreurs de signe sur l'énergie mécanique et sur le déphasage en optique, formes intégrales des équations de Maxwell mal écrites, notion de milieu dispersif mal comprise et vecteur d'onde complexe mal exploité.

Le sujet de physique Centrale MP 2012 était-il long ?

Le jury le juge de longueur raisonnable et bien calibré en durée ; un manque de temps a toutefois pénalisé la dernière partie, III.C, sur l'ionosphère.

Quelle partie du sujet Centrale physique MP 2012 a été la moins réussie ?

L'optique, avec 28 % de réussite selon le jury, alors que l'électromagnétisme des parties III.A et III.B atteint 54 %.

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