Corrigé détaillé Mines Physique 2 MP 2024 (page 2/2 : Partie II)
Thermodynamique du froid
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Partie II : Réfrigérateur à détente de gaz
A · Thermodynamique des gaz parfaits
Question 12
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Incontournable
- Question de cours
Notions : facteur de boltzmann, probabilité d'occupation
Rappeler la loi statistique de BOLTZMANN. On notera .
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Écrire la probabilité canonique de Boltzmann P_j proportionnelle au facteur exponentiel \exp(-\beta \varepsilon_j) normalisé par la fonction de partition Z(\beta).
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Énoncé de la probabilité de Boltzmann P_j = \frac{1}{Z}\mathrm{e}^{-\beta \varepsilon_j} pour un micro-état d'énergie \varepsilon_j à l'équilibre avec un thermostat.
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Considérons une particule (ou un système microscopique) en contact thermique avec un thermostat à la température T, de sorte que \beta = \frac{1}{k_{\mathrm{B}}T}.
Pour des niveaux d'énergie non dégénérés \varepsilon_j (j = 1, \dots, p), la loi statistique de Boltzmann énonce que la probabilité P_j pour la particule d'occuper le niveau d'énergie \varepsilon_j est proportionnelle au facteur de Boltzmann \exp(-\beta \varepsilon_j) :
où la constante de normalisation Z(\beta) = \displaystyle\sum_{j=1}^p \exp(-\beta \varepsilon_j), appelée fonction de partition, assure la condition de normalisation des probabilités :
Résultat
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Donner l'expression complète de la loi de Boltzmann plutôt qu'une proportionnalité, et définir toute nouvelle grandeur introduite.
« La réponse pouvait être en ni ou en pi mais devait être complète, la proportionnalité fut donc jugée insuffisante. Il est important de prendre soin d’introduire les grandeurs qui ne sont pas dans l’énoncé. »
Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024
Question 13
Application directeTemps estimé : ≈ 4 min- Incontournable
- Calcul littéral
Notions : fonction de partition, énergie interne
Exprimer l'énergie moyenne d'une des particules du milieu en fonction de et sa dérivée. En déduire l'expression de l'énergie interne du système.
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Exprimer l'énergie moyenne par particule comme la dérivée logarithmique -\mathrm{d}\ln Z/\mathrm{d}\beta et multiplier par N particules indépendantes.
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Relation classique \bar{\varepsilon} = -\frac{\partial \ln Z}{\partial \beta} puis sommation sur les N particules indépendantes pour obtenir U = N\bar{\varepsilon}.
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Par définition de l'espérance en statistique de Boltzmann, l'énergie moyenne \bar{\varepsilon} d'une particule s'écrit :
En dérivant la fonction de partition Z(\beta) = \sum_{j=1}^{p} \exp(-\beta \varepsilon_j) par rapport au paramètre \beta, on obtient :
On en déduit immédiatement :
ce qui conduit à l'expression de l'énergie moyenne par particule :
Dans le cadre du modèle du gaz parfait, les interactions entre particules sont négligées (particules indépendantes). L'énergie interne totale U(\beta) du système de N particules est donc la somme des énergies moyennes individuelles :
soit :
Résultat
Question 14
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : fluctuation d'énergie, capacité thermique
Montrer qu'on peut exprimer, en fonction d'une somme (qu'on ne cherchera surtout pas à calculer), l'écart-type associé à la moyenne . Quel est l'écart-type associé ? Que peut-on en en déduire ?
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Relier la variance \sigma_\varepsilon^2 à la dérivée seconde de \ln Z, puis sommer pour les N particules indépendantes afin d'évaluer la fluctuation relative \sigma_U/U \propto 1/\sqrt{N}.
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- Par définition en probabilités, la variance de l'énergie d'une particule s'exprime à l'aide des moyennes \bar{\varepsilon} et \overline{\varepsilon^2}, ou directement comme la moyenne de l'écart quadratique (\varepsilon_j - \bar{\varepsilon})^2.
- Le gaz étant parfait, les N particules sont mutuellement indépendantes : les variances s'additionnent pour donner la variance de l'énergie interne totale.
- Évaluer la fluctuation relative \sigma_U / U en fonction de N et commenter son comportement à la limite thermodynamique (N \sim \mathcal{N}_{\mathrm{A}}).
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Lien entre variance et dérivée seconde de \ln Z, puis décroissance de la fluctuation relative \sigma_U / U \propto 1/\sqrt{N} vers zéro.
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Par définition, la variance de l'énergie \varepsilon d'une particule s'écrit :
où la moyenne du carré de l'énergie est donnée par la loi de Boltzmann :
On en déduit l'expression de l'écart-type sous la forme d'une somme :
L'énergie totale du gaz est la somme des énergies de chaque particule : E = \sum_{i=1}^N \varepsilon^{(i)}. Les particules d'un gaz parfait étant statistiquement indépendantes et identiquement distribuées, les variances s'ajoutent :
L'écart-type associé à l'énergie interne U = N\bar{\varepsilon} vaut donc :
On en déduit la fluctuation relative de l'énergie interne :
Pour un système macroscopique, N \sim \mathcal{N}_{\mathrm{A}} \sim 10^{23}, ce qui donne :
Les fluctuations relatives de l'énergie interne sont totalement négligeables à l'échelle macroscopique : l'énergie interne est une grandeur quasi déterministe, ce qui justifie l'équivalence des descriptions canonique (température fixée) et microcanonique (énergie fixée) à la limite thermodynamique.
Résultat
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Préférer une utilisation directe des définitions et veiller à conclure sur le passage à N particules et la limite thermodynamique.
« Beaucoup d’approches très mathématiques alors qu’une simple manipulation des définitions suffit pour réussir. »
« Le passage à N particules ainsi que la conclusion sur la limite thermodynamique sont souvent absents des compositions. »
Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024
Question déjà tombée ailleurs
Question 15
Application directeTemps estimé : ≈ 2 min- Question de cours
- Calcul littéral
Notions : densité d'états
Préciser l'unité (ou la dimension) de la densité d'états .
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Remarquer que \mathrm{d}g = q(\varepsilon)\mathrm{d}\varepsilon représente un nombre d'états sans dimension, ce qui fixe immédiatement la dimension de q(\varepsilon).
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Le nombre d'états étant sans dimension, la densité d'états q(\varepsilon) a pour dimension l'inverse d'une énergie (\mathrm{J}^{-1}).
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D'après l'énoncé, la relation définissant la densité d'états s'écrit :
où \mathrm{d}g représente un nombre d'états quantiques distincts (grandeur sans dimension, [\mathrm{d}g] = 1) et \mathrm{d}\varepsilon un intervalle d'énergie ([\mathrm{d}\varepsilon] = \mathrm{M}\cdot\mathrm{L}^2\cdot\mathrm{T}^{-2}).
Par conséquent, la dimension de q(\varepsilon) est :
Dans le Système International d'unités (SI), q(\varepsilon) s'exprime en :
En physique microscopique, on emploie également très couramment l'électron-volt à la puissance moins un (\mathrm{eV}^{-1}).
Résultat
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Il est préférable d'exprimer la grandeur en faisant apparaître le joule plutôt qu'uniquement des unités de base SI.
« Question bien réussie. Il est cependant regrettable de ne pas identifier le joule et de conserver une expression en système SI (ceci fut compté juste). »
Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024
Question 16
ExigeanteTemps estimé : ≈ 7 min- Mise en équation
- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : densité d'états, particule dans une boîte
Montrer que est proportionnel à . Pour la suite, on pourra poser sans préciser la constante .
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Relier le volume de l'espace des phases à une coquille sphérique d'impulsion de rayon p = \sqrt{2m\varepsilon} et d'épaisseur \mathrm{d}p.
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- Exprimer le nombre d'états accessibles (ou le volume de l'espace des phases) pour une particule classique dans un volume spatial V, dans une coquille sphérique d'impulsion [p, p+\mathrm{d}p] (ou de vitesse [v, v+\mathrm{d}v]).
- Relier l'impulsion p (ou la norme de la vitesse v) à l'énergie cinétique \varepsilon.
- Exprimer le volume élémentaire en fonction de \varepsilon et \mathrm{d}\varepsilon pour identifier la dépendance de la densité d'états q(\varepsilon).
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Dénombrement des états quantiques dans l'espace des modes 3D : volume proportionnel à \varepsilon^{3/2}, d'où q(\varepsilon) = \mathrm{d}N/\mathrm{d}\varepsilon \propto \sqrt{\varepsilon}.
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Dans le cadre de la mécanique classique, l'état d'un atome ponctuel est repéré par sa position \vec{r} dans le récipient de volume V et par son impulsion \vec{p} = m\vec{v} (ou sa vitesse \vec{v}).
L'énergie de l'atome est purement cinétique :
En différentiant cette relation :
L'espace des positions étant borné au volume fixe V, l'intégration sur la position apporte un facteur spatial constant \int_V \mathrm{d}^3\vec{r} = V.
Dans l'espace des impulsions, les états ayant une énergie comprise entre \varepsilon et \varepsilon + \mathrm{d}\varepsilon correspondent aux impulsions de norme comprise entre p et p+\mathrm{d}p. Le volume de la coquille sphérique correspondante est :
En exprimant ce volume élémentaire en fonction de l'énergie \varepsilon :
Le nombre d'états \mathrm{d}g = q(\varepsilon)\,\mathrm{d}\varepsilon étant proportionnel au volume de l'espace des phases V\,\mathrm{d}^3\vec{p}, on en déduit directement :
La densité d'états q(\varepsilon) est donc bien proportionnelle à \sqrt{\varepsilon} :
Résultat
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Question technique valorisant l'aptitude à mener un calcul analytique de manière efficace.
« Une question technique qui met en lumière l’habilité du candidat, MP, de surcroît, à mener un calcul efficacement. »
Source : rapport du jury Mines-Ponts 2024
Question 17
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 4 min- Calcul littéral
Notions : fonction de partition, densité d'états
En déduire l'expression de en fonction de , et de l'intégrale (il est aussi inutile de calculer ).
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Effectuer le changement de variable sans dimension x = \beta \varepsilon dans l'intégrale donnant la fonction de partition continue.
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- Exprimer la fonction de partition continue Z(\beta) à l'aide de l'intégrale sur les énergies \varepsilon \in [0, +\infty[ et de la densité d'états q(\varepsilon) = Q\sqrt{\varepsilon} obtenue à la question précédente.
- Effectuer le changement de variable sans dimension x = \beta\varepsilon pour faire apparaître l'intégrale A.
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Calcul intégral de Z(\beta) = \int_0^\infty q(\varepsilon)\mathrm{e}^{-\beta \varepsilon}\,\mathrm{d}\varepsilon par le changement de variable x = \beta \varepsilon.
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D'après l'énoncé, la fonction de partition continue pour une particule s'écrit :
En utilisant le résultat de la question précédente, q(\varepsilon) = Q\sqrt{\varepsilon}, on obtient :
Comme la température thermodynamique est strictement positive, \beta = \frac{1}{k_{\mathrm{B}}T} > 0. On effectue le changement de variable :
Les bornes d'intégration restent inchangées (x = 0 pour \varepsilon = 0, et x \to +\infty lorsque \varepsilon \to +\infty). L'expression devient :
On reconnaît l'intégrale A = \displaystyle\int_0^{+\infty} \sqrt{x}\mathrm{e}^{-x}\,\mathrm{d}x. On en déduit :
Résultat
Question 18
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : énergie interne, théorème d'équipartition
Déterminer enfin l'énergie interne du gaz, en fonction de et ; commenter le résultat obtenu et proposer une généralisation dans le cas d'un gaz parfait diatomique.
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Calculer -\mathrm{d}\ln Z/\mathrm{d}\beta à partir de la dépendance en \beta^{-3/2}, puis ajouter les degrés de liberté de rotation pour un gaz diatomique.
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- Utiliser la relation établie à la question Q13 reliant l'énergie interne U(\beta) à la dérivée logarithmique de la fonction de partition Z(\beta), dont l'expression a été trouvée en Q17.
- Commenter le résultat en réintroduisant la température T (loi de Joule, équipartition de l'énergie pour les 3 degrés de liberté de translation).
- Proposer la généralisation au gaz diatomique en ajoutant les degrés de liberté supplémentaires (rotation, puis vibration).
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Dérivation de \ln Z conduisant à U = \frac{3}{2}N k_{\mathrm{B}} T, interprétation par l'équipartition puis passage à \frac{5}{2}N k_{\mathrm{B}} T pour un gaz diatomique.
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D'après la question Q17, la fonction de partition d'un atome s'écrit :
où Q et A sont indépendants de \beta. On en déduit :
En utilisant l'expression de l'énergie interne établie à la question Q13 :
il vient directement :
Commentaires sur le résultat :
- Avec \beta = \frac{1}{k_{\mathrm{B}} T}, l'énergie interne s'écrit U = \frac{3}{2}Nk_{\mathrm{B}}T = \frac{3}{2}nRT. Elle ne dépend que de la température : le gaz parfait vérifie la première loi de Joule.
- L'énergie moyenne par atome vaut \bar{\varepsilon} = \frac{3}{2}k_{\mathrm{B}}T. On retrouve le théorème de l'équipartition de l'énergie : chacun des trois degrés de liberté de translation (associés aux termes quadratiques d'énergie cinétique selon x, y et z) contribue pour \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T à l'énergie moyenne.
Généralisation à un gaz parfait diatomique :
Une molécule diatomique possède, outre ses 3 degrés de liberté de translation, 2 degrés de liberté de rotation autour des axes orthogonaux à la liaison internucléaire. Aux températures usuelles, les rotations sont dégelées tandis que les vibrations restent gelées, soit 5 degrés de liberté actifs :
\boxed{U = \frac{5}{2}\frac{N}{\beta} = \frac{5}{2}Nk_{\mathrm{B}}T}ce qui correspond à un coefficient adiabatique \gamma = \frac{7}{5} = 1{,}4.
- À température plus élevée, le mode de vibration s'active (contribuant pour 2 \times \frac{1}{2}k_{\mathrm{B}}T par molécule, énergie cinétique et potentielle), conduisant à U = \frac{7}{2}\frac{N}{\beta} (\gamma = \frac{9}{7}).
- De façon générale, l'énergie interne s'écrit sous la forme U = \frac{N k_{\mathrm{B}} T}{\gamma - 1} = \frac{N}{(\gamma - 1)\beta}.
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
B · Le modèle de van der Waals
Question 19
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
- Faisable en MPSI, PCSI, PTSI, MP2I, BCPST1
Notions : interaction de van der waals, potentiel d'interaction
Quelle est la nature des interactions décrites ici ? Quel est le signe de ?
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Identifier les forces de dispersion de van der Waals (forces de London) et exploiter le caractère attractif du potentiel pour déduire le signe de \alpha.
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Interactions attractives à longue portée de van der Waals (forces de dispersion), impliquant une constante \alpha > 0.
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L'énergie potentielle d'interaction entre deux molécules varie en -1/r^6. Il s'agit des interactions de van der Waals, qui décrivent l'attraction électrostatique à moyenne distance entre dipôles électriques (permanents, induits ou instantanés, notamment les forces de dispersion de London).
Pour déterminer le signe de la constante \alpha, exprimons la force d'interaction \vec{F} exercée par la molécule située à l'origine sur une molécule repérée par \vec{r} = r\,\hat{u}_r :
L'interaction étant attractive, la force est dirigée vers l'origine, c'est-à-dire dans le sens opposé au vecteur unitaire \hat{u}_r. On en déduit :
soit :
Résultat
Question déjà tombée ailleurs
Question 20
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Mise en équation
- Calcul littéral
Notions : énergie potentielle, intégrale spatiale
Quel est le nombre (moyen) de molécules dont le centre est situé à une distance de comprise entre et ? En calculant une intégrale, déduire l'énergie potentielle d'interaction moyenne de la molécule centrée sur avec toutes les autres. On pourra considérer que pour évaluer les bornes d'intégration.
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Multiplier la densité numérique N/V par le volume d'une coquille sphérique 4\pi r^2\mathrm{d}r, puis intégrer de la distance d'approche minimale 2r_0 jusqu'à l'infini.
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- Exprimer le volume de la coquille sphérique comprise entre les rayons r et r + \mathrm{d}r, puis multiplier par la densité particulaire n^* en tenant compte du volume exclu (r \geqslant 2r_0).
- Sommer (intégrer) les contributions élémentaires d'énergie potentielle \varepsilon_p(r) \, \mathrm{d}N de r = 2r_0 à +\infty, en justifiant la borne supérieure grâce à la condition V \gg r_0^3.
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Densité uniforme de molécules dans une coquille sphérique, puis intégration radiale de l'énergie d'interaction entre r_0 et l'infini.
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Le volume élémentaire d'une coquille sphérique comprise entre les rayons r et r + \mathrm{d}r centrée sur la molécule O est :
Les molécules étant assimilées à des sphères indéformables de rayon r_0, la distance minimale entre les centres de deux molécules est 2r_0. Pour r < 2r_0, aucune autre molécule ne peut pénétrer dans cette région (volume exclu). Pour r \geqslant 2r_0, la densité particulaire moyenne est uniforme et vaut n^* = \frac{N}{V}.
Le nombre moyen de molécules dans cette coquille est donc :
L'énergie potentielle d'interaction moyenne \bar{\varepsilon}_1 de la molécule centrale avec l'ensemble des autres molécules s'obtient en intégrant l'interaction binaire \varepsilon_p(r) = -\dfrac{\alpha}{r^6} sur tout l'espace disponible :
Puisque le volume macroscopique V vérifie V \gg r_0^3, la taille macroscopique du récipient R_{\text{max}} \sim V^{1/3} est immensément plus grande que le rayon microscopique r_0. De plus, la fonction à intégrer décroît très vite (en 1/r^4) à l'infini. Il est donc tout à fait légitime de repousser la borne supérieure à +\infty :
On en déduit :
Résultat
Question 21
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 5 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : gaz de van der waals, énergie interne
En déduire l'expression de l'énergie interne du fluide se met sous la forme
dans laquelle on exprimera la constante en fonction de et .
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Sommer l'interaction sur l'ensemble des paires de molécules en n'oubliant pas le facteur 1/2 pour éviter le double comptage, puis ajouter l'énergie cinétique moyenne.
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Sommation sur les N molécules avec facteur un demi pour éviter le double comptage, puis ajout de l'énergie cinétique microscopique.
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L'énergie interne U du fluide est la somme de l'énergie cinétique microscopique totale et de l'énergie potentielle d'interaction totale :
L'énergie cinétique moyenne est donnée dans le préambule de la partie II.B :
L'énergie potentielle totale d'interaction résulte de la somme des interactions entre toutes les paires distinctes de molécules \{i, j\}. En sommant l'énergie d'interaction moyenne \bar{\varepsilon}_1 de chaque molécule avec toutes les autres, chaque paire est comptée deux fois. Il vient donc :
En utilisant l'expression de \bar{\varepsilon}_1 établie à la question précédente :
on obtient :
En sommant les deux contributions, l'énergie interne s'écrit bien sous la forme :
avec :
Résultat
Question 22
Application directeTemps estimé : ≈ 3 min- Raisonnement qualitatif
Notions : gaz de van der waals, covolume
Justifier physiquement le signe de .
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Utiliser la relation thermodynamique liant la dérivée partielle de l'entropie par rapport à la température à volume constant avec la capacité thermique C_V > 0.
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Pour déterminer le signe de la constante c, on peut analyser la variation de l'entropie S avec la température T à volume fixé V :
- microscopiquement, une hausse de température accroît l'agitation thermique et donc le désordre ;
- macroscopiquement, la condition de stabilité thermique impose une capacité thermique à volume constant strictement positive (C_V > 0).
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Prise en compte du volume propre exclu des molécules réduisant le volume effectif offert au déplacement, imposant un covolume positif.
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L'expression de l'entropie fournie s'écrit sous la forme :
La dérivée partielle de l'entropie par rapport à la température à volume fixé vaut :
Or, d'après l'identité thermodynamique fondamentale T\,\mathrm{d}S = \mathrm{d}U + P\,\mathrm{d}V, on a à volume constant :
La condition de stabilité thermodynamique d'un fluide homogène impose une capacité thermique isochore strictement positive :
Puisque k_{\mathrm{B}} > 0, N > 0 et T > 0, il vient nécessairement :
Résultat
Question 23
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 6 min- Incontournable
- Calcul littéral
- Raisonnement qualitatif
Notions : équation d'état, gaz de van der waals
En déduire en fonction de ainsi que l'équation d'état du fluide . Commenter.
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Différencier l'expression de S(T,V) et identifier les différentielles avec la relation fondamentale T\mathrm{d}S = \mathrm{d}U + P\mathrm{d}V.
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- Exprimer les différentielles \mathrm{d}U et \mathrm{d}S en fonction des variables d'état indépendantes (T,V) à l'aide des expressions obtenues en Q21 et fournies par l'énoncé.
- Identifier terme à terme dans l'identité thermodynamique \mathrm{d}U = T\mathrm{d}S - P\mathrm{d}V pour obtenir c puis la pression P(T,V,N).
- Commenter la forme de l'équation d'état en interprétant physiquement le terme de covolume u et le terme de pression interne N^2 a / V^2.
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Utilisation de l'identité thermodynamique reliant énergie libre ou entropie à la pression pour retrouver la loi de van der Waals.
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D'après le résultat de la question Q21, l'énergie interne du fluide \mathcal{F} s'écrit :
Sa différentielle par rapport aux variables (T, V) est donc :
Par ailleurs, l'entropie donnée par l'énoncé s'écrit :
Sa différentielle est :
En injectant \mathrm{d}S dans l'identité thermodynamique \mathrm{d}U = T\mathrm{d}S - P\mathrm{d}V, on obtient :
Par identification avec la différentielle de U calculée précédemment :
Sur le terme en \mathrm{d}T :
c N k_{\mathrm{B}} = \frac{N k_{\mathrm{B}}}{\gamma - 1} \implies \boxed{c = \frac{1}{\gamma - 1}}Comme \gamma > 1, on retrouve bien c > 0, en accord avec la question Q22.
Sur le terme en \mathrm{d}V :
\frac{N k_{\mathrm{B}} T}{V - u} - P = \frac{N^2 a}{V^2} \implies \boxed{P(T,V,N) = \frac{N k_{\mathrm{B}} T}{V - u} - \frac{N^2 a}{V^2}}
Commentaires :
L'équation d'état peut se réécrire sous la forme canonique de l'équation d'état de van der Waals :
\left(P + \frac{N^2 a}{V^2}\right)(V - u) = N k_{\mathrm{B}} T- Le terme u, proportionnel au volume propre des particules, représente le covolume : le volume accessible au mouvement des molécules est réduit à V - u en raison de la répulsion stérique à courte portée.
- Le terme \dfrac{N^2 a}{V^2} est la pression interne (ou pression moléculaire) : les forces d'attraction à longue portée (Van der Waals) exercent une cohésion interne qui diminue la force exercée par les molécules sur les parois du récipient, et donc la pression mesurée P.
- À la limite des faibles densités (V \gg u et V^2 \gg N^2 a / P), on retrouve l'équation d'état du gaz parfait P V = N k_{\mathrm{B}} T.
Résultat
C · Refroidissement par détente adiabatique
Question 24
ExigeanteTemps estimé : ≈ 8 min- Calcul littéral
- Résultat donné : utilisable pour la suite
Notions : enthalpie, gaz de van der waals
Montrer que l'enthalpie molaire du fluide s'écrit où et et sont des constantes que l'on exprimera en fonction des données.
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Partir de H = U + PV, exprimer PV au premier ordre en développant l'équation d'état pour les faibles densités (V \approx RT/P), et regrouper les termes sous la forme demandée.
Voir la stratégieStratégie
- Rappeler la définition de l'enthalpie molaire H = U + PV.
- Effectuer un développement au premier ordre en A et B du volume molaire V(T,P) à partir de l'équation d'état.
- Injecter ce développement dans les expressions de U et de PV, puis sommer pour obtenir H(T,P) et identifier les constantes C_P et K.
Voir la réponse courteRéponse courte
Développement à faible pression de l'enthalpie molaire H_m = U_m + P V_m à l'aide de l'équation d'état tronquée.
Voir le corrigé completCorrigé complet
Par définition, l'enthalpie molaire du fluide s'écrit :
L'équation d'état molaire donnée s'écrit :
À l'ordre zéro en A et B (modèle du gaz parfait), on a V \approx \frac{RT}{P}. En développant au premier ordre en A et B, il vient :
On en déduit le terme PV au premier ordre :
De même, l'énergie interne molaire s'exprime au premier ordre en remplaçant V par \frac{RT}{P} dans le terme correctif en A :
En sommant ces deux contributions, on obtient l'enthalpie molaire :
Puisque RT_r = \dfrac{2A}{B}, on a \dfrac{1}{T_r} = \dfrac{BR}{2A}. L'expression s'identifie alors sous la forme :
avec :
puisque \gamma > 1, A > 0 et R > 0.
Résultat
Question 25
IntermédiaireTemps estimé : ≈ 7 min- Incontournable
- Question de cours
- Calcul littéral
- Application numérique
Notions : détente de joule-thomson, cycle thermique
Comment nomme-t-on la détente adiabatique et isenthalpique d'un fluide ? La transformation ainsi décrite est-elle réversible ? À quelle condition une détente de ce type permet-elle un refroidissement ? Faire l'application numérique pour et et conclure.
Voir l'indiceIndice
Identifier la détente de Joule-Thomson, rappeler son caractère spontané et irréversible, et déterminer la condition sur la température initiale pour observer un refroidissement (\Delta T < 0 lors d'une détente \Delta P < 0).
Voir la stratégieStratégie
- Identifier le nom usuel de la détente adiabatique et isenthalpique en écoulement stationnaire ainsi que son caractère irréversible.
- Exprimer la différentielle de l'enthalpie H(T,P) à partir de la relation établie à la question Q24 pour en déduire le signe de \left(\frac{\partial T}{\partial P}\right)_H.
- Déterminer la condition sur la température T pour qu'une baisse de pression entraîne une baisse de température.
- Calculer numériquement la température d'inversion T_r = \frac{2A}{RB} pour \mathrm{N}_2 et \mathrm{H}_2, puis comparer à la température ambiante pour conclure sur la liquéfaction.
Voir la réponse courteRéponse courte
Détente de Joule-Kelvin irréversible ; condition de refroidissement T < T_r, vérifiée à l'ambiante pour l'azote mais non pour le dihydrogène.
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1. Nom de la détente et réversibilité
La détente adiabatique et isenthalpique d'un fluide s'écoulant à travers un étranglement ou une paroi poreuse est appelée la détente de Joule-Thomson (ou détente de Joule-Kelvin).
Cette transformation est irréversible : elle est le siège de frottements visqueux intenses au passage du milieu poreux ou du détendeur (phénomène dissipatif de perte de charge), ce qui conduit à une création d'entropie S_{\text{cr}} > 0.
2. Condition pour obtenir un refroidissement
D'après la question Q24, l'enthalpie molaire au premier ordre s'écrit :
Pour une détente isenthalpique, \mathrm{d}H = 0. En différentiant H(T,P) et en négligeant le terme en K\frac{\mathrm{d}T}{T^2} qui relève du second ordre en correction d'interaction devant C_P \mathrm{d}T, on obtient :
Le coefficient de Joule-Thomson \mu_{\mathrm{JT}} = \left(\frac{\partial T}{\partial P}\right)_H vaut ainsi :
Une détente correspond à un abaissement de pression (\mathrm{d}P < 0). Elle conduit à un refroidissement (\mathrm{d}T < 0) si et seulement si :
Comme les températures absolues sont strictement positives, la condition nécessaire et suffisante pour obtenir un refroidissement est :
où T_r = \frac{2A}{RB} est la température maximale d'inversion de Joule-Thomson.
3. Applications numériques et conclusion
On calcule la température d'inversion T_r = \frac{2A}{RB} pour chacun des deux gaz avec deux chiffres significatifs :
Pour le diazote \mathrm{N}_2 (A = 1{,}4\cdot 10^{-1}\ \mathrm{SI}, B = 3{,}9\cdot 10^{-5}\ \mathrm{SI}, R = 8{,}3\ \mathrm{J}\cdot\mathrm{K}^{-1}\cdot\mathrm{mol}^{-1}) :
T_r(\mathrm{N}_2) = \frac{2 \times 1{,}4\cdot 10^{-1}}{8{,}3 \times 3{,}9\cdot 10^{-5}} = \frac{0{,}28}{3{,}24\cdot 10^{-4}} \approx \boxed{8{,}6\cdot 10^2\ \mathrm{K}}Pour le dihydrogène \mathrm{H}_2 (A = 2{,}5\cdot 10^{-2}\ \mathrm{SI}, B = 2{,}7\cdot 10^{-5}\ \mathrm{SI}) :
T_r(\mathrm{H}_2) = \frac{2 \times 2{,}5\cdot 10^{-2}}{8{,}3 \times 2{,}7\cdot 10^{-5}} = \frac{0{,}050}{2{,}24\cdot 10^{-4}} \approx \boxed{2{,}2\cdot 10^2\ \mathrm{K}}
Conclusion : À température ambiante usuelle (T_{\mathrm{amb}} \approx 293\text{--}300\ \mathrm{K}) :
- Pour le diazote \mathrm{N}_2, T_{\mathrm{amb}} < T_r(\mathrm{N}_2) : une détente de Joule-Thomson effectuée directement à température ambiante refroidit le gaz, ce qui permet d'amorcer le procédé de liquéfaction sans pré-refroidissement.
- Pour le dihydrogène \mathrm{H}_2, T_{\mathrm{amb}} > T_r(\mathrm{H}_2) : une détente de Joule-Thomson à température ambiante provoquerait au contraire un échauffement du gaz (\mathrm{d}T > 0). Pour liquéfier le dihydrogène, il est indispensable de le pré-refroidir en dessous de 220\ \mathrm{K} (par exemple à l'aide d'azote liquide) avant de procéder à la détente.
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Corrigé rédigé par WikiPrépa ; ce n'est pas un corrigé officiel du concours. Mis à jour le 25 septembre 2026.