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CONCOURS COMMUN 2004 DES ÉCOLES DES MINES D'ALBI, ALÈS, DOUAI, NANTES

Épreuve de Mathématiques
(toutes filières)

Mardi 18 mai 2004 de 14h00 à 18h00

Instructions générales:

Les candidats doivent vérifier que le sujet comprend 4 pages numérotées 1/4, 2/4, 3/4, 4/4.
Les candidats sont invités à porter une attention particulière à la rédaction: les copies illisibles ou mal présentées seront pénalisées.
Les candidats colleront sur leur première feuille de composition l'étiquette à code à barres correspondante.

L'emploi d'une calculatrice est interdit

ANALYSE

PREMIERE PARTIE

Soit (E) l'équation différentielle : (1 − x)^2 y^′ = (2 − x)y.
On note I l'intervalle ] - ∞, 1 [.
  1. Calculer une primitive A de la fonction a définie sur I par : a(x) = (2 − x)/((1 − x)^2).
  2. Intégrer (E) sur I.
Soit f la fonction définie sur I par : f(x) = 1/(1 − x)e^(1/(1 − x)).
3. Calculer le développement limité de f au voisinage de 0 à l'ordre 3 .

DEUXIEME PARTIE

  1. Prouver par récurrence que, pour tout entier naturel n, il existe un polynôme P_n tel que : f^((n))(x) = P_n(1/(1 − x))e^(1/(1 − x)) pour tout réel x appartenant à I.
    La démonstration permet d'exprimer P_(n + 1)(X) en fonction de P_n(X), P^′_n(X) et X . Expliciter cette relation.
  2. Préciser P_0, P_1, P_2 et P_3.
  3. En dérivant n fois les deux membres de l'équation (E), prouver que pour tout entier positif n :
P_(n + 1)(X) = [(2n + 1)X + X^2]P_n(X) − n^2 X^2 P_(n − 1)(X)

TROISIEME PARTIE

Le but de cette partie est d'établir quelques propriétés des nombres a_n = f(n)(0).
7. Pour tout entier positif n, exprimer a_(n + 1) en fonction de n, a_n et a_(n − 1).
8.
a) Préciser, sans nouveau calcul: a_0, a_1, a_2, a_3. En déduire a_4.
b) Préciser le développement limité de f au voisinage de 0 à l'ordre 4 .
9. On désigne par ( u_p ) la suite définie pour tout entier naturel p par : u_p = ∑_(i = 0)^p 1/(i!).
En appliquant une formule de Taylor à la fonction exponentielle, prouver que la suite ( u_p ) converge vers e.
p et n désignant des entiers naturels quelconques, on pose:
S_p(n) = ∑_(i = 0)^p((n + i)!)/((i!)^2)
10.
a) Exprimer S_p(0) et S_p(1) à l'aide de u_p et u_(p − 1) pour p ≥ 1.
b) Prouver que les suites p → S_p(0) et p → S_p(1) convergent et préciser leur limite en fonction de e.
11. Prouver que quels que soient les entiers p et n supérieurs ou égaux à 1 :
S_p(n + 1) − (2n + 2)S_p(n) + n^2 S_p(n − 1) = S_(p − 1)(n) − S_p(n)
12. En déduire que pour tout entier naturel n , la suite p → S_p(n) converge.
13. Prouver que : a_n = lim_(p → + ∞)∑_(i = 0)^p((n + i)!)/((i!)^2) = lim_(p → + ∞)n!∑_(i = 0)^p((n + i)/n) ⋅ 1/(i!)

FIN DU PROBLEME D'ANALYSE

ALGEBRE ET GEOMETRIE

PREMIERE PARTIE

Soient I et J les matrices définies par : I = [1, 0, 0; 0, 1, 0; 0, 0, 1] et J = [0, 1, 0; 0, 0, 1; 1, 0, 0].
E⃗ désigne l'espace vectoriel usuel orienté muni d'une base orthonormée directe B = (i⃗, j⃗, k⃗).
Soit : f l'endomorphisme de E⃗ défini par sa matrice J relativement à la base B et
u⃗ = 1/(√3)(i⃗ + j⃗ + k⃗)
  1. Calculer f(u⃗) et prouver que le plan Q d'équation : x + y + z = 0 est stable par f (c'est-à-dire que l'image par f de tout vecteur de Q appartient à Q ).
  2. On pose v⃗ = i⃗ + 1/2(− j⃗ − k⃗) et w⃗ = u⃗ ∧ v⃗.
    a) Vérifier que (v⃗, w⃗) est une base du plan Q .
    b) (u⃗, v⃗, w⃗) est-elle une base orthonormée directe de E⃗ ?
    c) Trouver un réel θ tel que : f(v⃗) = cos(θ)v⃗ + sin(θ)w⃗ et f(w⃗) = − sin(θ)v⃗ + cos(θ)w⃗.
    d) Que pensez vous de la nature géométrique de la restriction de f à Q ?

DEUXIEME PARTIE

Pour tout vecteur t⃗ = xi⃗ + yj⃗ + zk⃗, on note [t⃗] = [x; y; z] la matrice det⃗ relativement à la base B.
On définit ainsi les matrices colonnes à coefficients complexes X_1 = √3.[u⃗], X_2 = [v⃗] + i[w⃗] et X_3 = [v⃗] − i[w⃗] et on désigne par P la matrice carrée d'ordre 3: P = [X_1, X_2, X_3]
3.
a) Exprimer les coefficients non réels de P en fonction de j et j^2.
(On rappelle que j désigne le nombre complexe e^((2iπ)/3) ).
b) Soit P¯ la matrice dont les coefficients sont les conjugués de ceux de P. Exprimer le produit P.P¯ en fonction de la matrice I.
4.
a) Pour i ∈ {1, 2, 3}, calculer JX_i en fonction de X_i.
b) En déduire une matrice diagonale Δ telle que : PΔ = JP.
5.
a) Prouver que l'ensemble C(J) = {M ∈ M_3(ℂ)/MJ = JM} des matrices M qui commutent avec J est le sous-espace vectoriel de M_3(ℂ) engendré par I , J et J^2.
b) Donner une base et la dimension de C(J).
6. a, b et c désignant des nombres complexes quelconques, on note: M(a, b, c) = aI + bJ + cJ^2.
a) Calculer la matrice D(a, b, c) = P^(− 1)M(a, b, c)P, en utilisant le résultat de la question 4.b).
b) Calculer de façon indépendante les déterminants de M(a, b, c) et D(a, b, c).
c) En déduire que l'expression : a^3 + b^3 + c^3 − 3abc, est le produit de trois expressions de la forme αa + βb + γc où α, β et γ représentent des nombres complexes à préciser.
d) On suppose que a, b, c sont distincts et on considère ces nombres comme les affixes respectives des sommets A, B, C d'un triangle ( T ) dans un plan complexe d'origine O .
Prouver que la matrice M(a, b, c) est singulière (autrement dit : non inversible ) si et seulement si (T) est équilatéral ou si O est son centre de gravité.

TROISIEME PARTIE

On reprend les notations de la question précédente et on construit par récurrence une suite( T_n ) de triangles de sommets A_n, B_n et C_n en posant:
.) (T_0) = (T).
.) λ désignant un nombre réel, pour tout entier naturel n , ( T_(n + 1) ) est le triangle dont les sommets A_(n + 1), B_(n + 1) et C_(n + 1) sont tels que :
A_(n + 1) est le barycentre des points pondérés ( B_n, λ ) et ( C_n, 1 − λ ),
B_(n + 1) est le barycentre des points pondérés ( C_n, λ ) et ( A_n, 1 − λ ),
C_(n + 1) est le barycentre des points pondérés ( A_n, λ ) et ( B_n, 1 − λ ).
On note: a_n, b_n et c_n les affixes respectives des sommets A_n, B_n et C_n
Y_n = [a_n; b_n; c_n] et Z_n = P^(− 1) ⋅ Y_n
  1. Prouver que pour tout entier n : Z_(n + 1) = D(0, λ, 1 − λ). Z_n.
  2. Expliciter les coefficients de la matrice ( D ( 0, λ, 1 − λ))^n.
a) On admet qu'une suite géométrique non nulle de raison complexe q converge si et seulement si q = 1 ou |q| < 1.
Prouver que la suite définie pour tout entier n par (λj + (1 − λ)j^2)^n converge si et seulement si λ appartient à un intervalle à préciser.
b) Prouver que si cette condition est réalisée, les suites ( a_n ), ( b_n ) et ( c_n ) convergent.
10.
a) Exprimer a_(n + 1) + b_(n + 1) + c_(n + 1) en fonction de a_n + b_n + c_n.
b) Prouver que les suites (a_n), (b_n) et (c_n) ont même limite.
c) Exprimer cette limite en fonction de a, b et c .

FIN DU PROBLEME D'ALGEBRE ET GEOMETRIE - FIN DU SUJET

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