X ENS Mathématiques PSI 2021Sujet, corrigé et rapport du jury
Téléchargements
Présentation du sujet
DifficileIntégration et dérivation fractionnaires : fonction Gamma, transformation de Laplace, opérateurs de Riemann-Liouville et de CaputoAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
DifficileLe problème cherche à définir des opérateurs d'intégration et de dérivation d'ordre réel quelconque, qui prolongent les itérées usuelles et se composent raisonnablement. Des préliminaires installent les outils (fonction Gamma, théorème de Fubini sur un triangle, produit de convolution, transformation de Laplace et son injectivité). Viennent ensuite l'intégration fractionnaire, les dérivées fractionnaires de Riemann-Liouville et de Caputo, puis deux équations différentielles fractionnaires simples.
- 1PréliminairesDéfinition et équation fonctionnelle de Γ, version simple du théorème de Fubini, convolution, transformation de Laplace et injectivité via le théorème de Weierstrass.
- 2Partie A : intégration fractionnaireItérées de l'intégration par un opérateur à noyau, fonctions Φ_α et définition de J^α avec sa loi de composition et sa transformée de Laplace.
- 3Partie B : dérivées fractionnairesFormule de Taylor avec reste intégral, dérivée de Riemann-Liouville, défaut de la loi des exposants et dérivée de Caputo.
- 4Partie C : deux équations différentielles fractionnairesÉquation d'Abel, série entière E_α et résolution de l'équation D^α_* u = -u par transformation de Laplace.
Difficile. Le jury indique que les dernières questions n'ont pas été abordées en raison de la longueur du sujet, et que plusieurs questions de la partie B ont été très mal traitées ou presque jamais abordées.
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesConvergence de Γ mal justifiée · Paramètre présent dans les bornes · Majorations inutilement compliquéesAfficher ou masquer la section
Ce qu'a observé le jury
6 erreurs relevéesLe cours est globalement connu, mais souvent appliqué de façon approximative, en particulier le théorème de convergence dominée. Les majorations et la manipulation des inégalités posent des difficultés. Les questions classiques ou calculatoires ont été plutôt réussies, alors que les questions ouvertes et la fin de la partie B ont peu abouti.
Les erreurs les plus sanctionnées
- 1Convergence de Γ mal justifiée1a, 1b
L'intégrande de Γ ne se prolonge pas toujours par continuité en 0, et une limite nulle à l'infini ne suffit pas à conclure à la convergence.
- 2Paramètre présent dans les bornes2a, 2b, 3a
Peu de candidats remarquent que la variable apparaît à la fois dans l'intégrande et dans les bornes, et la dérivation sous le signe intégrale est rarement bien justifiée.
- 3Majorations inutilement compliquées4c, 5b, 5c
En 4c, beaucoup se perdent dans des sous-cas alors qu'il suffisait d'établir une convergence, sans optimiser la majoration ; les majorations de 5b et 5c sont aussi rarement abouties.
- 4Questions ouvertes mal traitées7a, 7c, 10b
La formule de dérivation de Φ_α est rarement donnée, et les questions ouvertes 7c et 10b ont conduit à de nombreuses erreurs.
- 5Loi de composition des dérivées fractionnaires10d, 11, 12
Les calculs de 11 étaient simples car les effets de D^α et J^α sur les Φ_γ étaient connus, mais les bonnes réponses ont été très rares ; 10d et 12 ont été presque délaissées.
- 6Règle de d'Alembert mal appliquée14b
La règle de d'Alembert pour le rayon de convergence est identifiée mais rarement appliquée correctement.
Ce qui a été bien réussi
- Les questions 3b et 3c sur la convolution ont été plutôt bien réussies.
- La linéarité de la transformation de Laplace en 5 a été plutôt bien vue.
- Le calcul de 7b et les questions relativement faciles de 8 ont été plutôt bien réussis.
- La formule de Taylor avec reste intégral en 9 a souvent été reconnue ou redémontrée par récurrence.
- La question 10c a été bien faite, et ceux qui ont abordé 13 l'ont bien réussie.
Conseils du jury
- Justifier précisément la convergence d'une intégrale généralisée, en 0 comme à l'infini.
- Repérer si le paramètre figure dans les bornes d'une intégrale avant de choisir le théorème de continuité ou de dérivation.
- Adapter une majoration à ce qui est demandé, par exemple une simple convergence, sans chercher à l'optimiser.
- Vérifier les signes avant de multiplier des inégalités.
- Appliquer le théorème de convergence dominée en vérifiant rigoureusement toutes ses hypothèses.
Synthèse rédigée par WikiPrépa à partir du rapport officiel du jury (à télécharger en PDF). Les citations sont extraites du rapport.
Ces sujets peuvent vous intéresser
Lecture du sujet en ligne
L'énoncé complet, avec les formules et les figures, sans ouvrir le PDF.Afficher ou masquer la section
Lecture du sujet en ligne
Écoles Normales Supérieures - École Polytechnique Concours d'admission 2021
Filière PSI
Épreuve de mathématiques
Durée : quatre heures
(calculatrices interdites)
Préambule
- On commence par des préliminaires sur la fonction Gamma;
- on démontre ensuite une version simple du théorème de Fubini pour des fonctions continues sur un carré et qu'on s'autorisera à utiliser dans la suite du problème dans un cadre plus général, cf. la question 2) ;
- on introduit enfin la transformation de Laplace et on prouve son caractère injectif sur les fonctions continues.
L'intégration fractionnaire est définie dans la partie A alors que les dérivées fractionnaires le seront dans la partie B. Dans la dernière partie on s'intéressera enfin à deux équations différentielles fractionnaires simples.
Préliminaires
- On considère la fonction Gamma définie par :
Γ(x) = ∫_0^(+ ∞)e^(− t)t^(x − 1) dt .
(a) Montrer queΓ est bien définie pourx réel strictement positif.
(b) Montrer que pour toutx > 0 , on a la relationΓ(x + 1) = xΓ(x) et en déduire que pour toutn ∈ ℕ^∗ on aΓ(n) = (n − 1) !.
- On admettra pour la suite que la fonction Gamma précédente peut être prolongée en une fonction qu'on notera encore
Γ , définie surR∖{ − n : n ∈ ℕ} et vérifiant l'équation fonctionnelleΓ(x + 1) = xΓ(x) pour toutx ∈ R∖{ − n : n ∈ ℕ} : l'écritureΓ(x) = ∫_0^(+ ∞)e^(− t)t^(x − 1) dt n'est alors valable que pourx > 0 . Pour tout entiern ∈ ℕ , on pose en outreΓ(− n):= + ∞ . - On utilisera aussi sans justification l'égalité suivante:
2. Soit
(a) i. Pour
ii. Montrer avec soin la continuité de
iii. Calculer la dérivée de la fonction
(b) Pour tous
i. Expliciter la dérivée partielle
ii. Expliciter
iii. Donner alors une expression de la dérivée de
(c) Déduire de ce qui précède une preuve de l'égalité (
3. Pour
(b) Montrer que le produit de convolution est commutatif.
(c) Montrer que le produit de convolution est associatif.
4. Une fonction
(b) Montrer que si
(c) Soient
(d) Sous les hypothèses de la question précédente, en utilisant (
- On cherche à présent à montrer que
L(f)(s) = L(g)(s) pour touts assez grand si et seulement sif = g .
(a) Justifier qu'on peut se ramener à chercher les fonctionsf telles queL(f)(s) = 0 pour touts assez grand.
(b) Soitf : [a, b] → R une fonction continue telle que pour toutn ⩾ 0 , on ait :∫_a^b x^n f(x)dx = 0 . Montrer que∫_a^b f^2(x)dx = 0 , et en déduire quef est la fonction nulle.
Indication : on pourra utiliser, sans justification, le théorème d'approximation de Weierstrass qui établit l'existence pour toutε > 0 , d'un polynômep_ε ∈ R[X] tel que :max_(x ∈ [a, b])|f(x) − p_ε(x)| ⩽ ε .
(c) En déduire queL est injective.
Dans la suite du problème le candidat pourra librement utiliser les résultats de ces préliminaires dans le cas où les fonctions ne sont plus nécessairement continues en 0 mais y sont seulement intégrables.
A - Intégration fractionnaire
- Pour
f : ]0, + ∞[ → R une fonction continue en 0 et intégrable au voisinage de 0 , on noteI(f)(x) = ∫_0^x f(t)dt et pour toutn ⩾ 2 on définit par récurrence :
- Pour tout réel
α ∈ R , on noteΦ_α : ]0, + ∞[ → R définie par :
(a) Quelle est la dérivée
(b) Montrer, en utilisant (
(c) Expliciter
8. Pour tout réel
(a) Montrer que pour tous réels
(b) On suppose
(c) Pour
(d) Soit
B - Dérivées fractionnaires
9. Pour
10. Étant donné un réel
Remarque: on ne demande pas au candidat de donner des conditions nécessaires pour l'existence de
(a) Pour tout
(b) Pour
(c) Pour
(d) Pour
11. Loi des exposants.
(a) Soient
(b) Soient
(c) Soit
12. Soit un réel
- La fonction
𝟙 , qui n'est pas définie explicitement dans l'énoncé d'origine, est vraisemblablement la fonction constante égale à 1 .
(b) Soitf une fonction de classeC^1 sur[0, + ∞[ , et soit0 < α < 1 . Montrer que(D ∘ J^α)f(x) = (J^α ∘ D)f(x) + f(0)Φ_α(x) .
(c) Soitm − 1 < α < m et soitf de classeC^m sur[0, + ∞[ , à valeurs réelles. Sous réserve d'existence de tous les termes, montrer que :
C - Deux équations différentielles fractionnaires
- Pour
0 < α < 1 , l'équation d'Abel eng est :
(a) Exprimer
(b) On suppose que
14. Pour
(b) Montrer que le rayon de convergence de
(c) On pose
(d) On pose
15. On cherche à résoudre l'équation
16. On suppose que
Questions fréquentes
4 questionsSur quoi porte le sujet X-ENS maths PSI 2021 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quoi porte le sujet X-ENS maths PSI 2021 ?
Sur l'intégration et la dérivation fractionnaires : fonction Gamma, convolution et transformation de Laplace en préliminaires, puis dérivées de Riemann-Liouville et de Caputo et deux équations différentielles fractionnaires.
Quelles erreurs le jury a-t-il le plus relevées en X-ENS maths PSI 2021 ?
Des convergences d'intégrales mal justifiées, le paramètre situé dans les bornes non repéré, des majorations mal conduites, des inégalités multipliées sans contrôle des signes et un usage approximatif de la convergence dominée.
Le sujet X-ENS maths PSI 2021 est-il long ?
Oui. Le jury note que les dernières questions n'ont pas été abordées, ce qu'il jugeait prévisible vu la longueur du sujet.
Quelles questions de X-ENS maths PSI 2021 étaient les plus accessibles ?
Selon le jury, les questions 3b, 3c, 7b, 8 et 10c ont été plutôt bien réussies. Beaucoup de candidats ont délaissé la question 12 pour les questions plus faciles de la partie C, et une proportion notable a gagné des points aux questions 13 et 14.
Pas de description pour le moment
