X ENS Physique 1 PC 2001Sujet
- Statique des fluides et pression hydrostatique
- Tension superficielle et loi de Jurin
- Potentiel chimique et pression osmotique
- Écoulement visqueux et loi de Poiseuille
- Équation d'état de Van der Waals et spinodale
- Stabilité mécanique et métastabilité d'un fluide
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Présentation du sujet
La montée de la sève dans les arbres : pression, capillarité, osmose, perte de charge et métastabilité de l'eau liquide sous tractionAfficher ou masquer la section
Présentation du sujet
Le problème analyse les mécanismes physico-chimiques susceptibles d'expliquer l'ascension de la sève brute dans les arbres. La première partie évalue et écarte successivement la pression atmosphérique, la capillarité, l'osmose (poussée radiculaire) et montre que la perte de charge visqueuse ne peut expliquer une ascension de plusieurs dizaines de mètres.
- 1Partie I.A : la poussée atmosphériqueCalculer la hauteur maximale d'ascension de l'eau par aspiration sous vide et montrer son insuffisance.
- 2Partie I.B : la capillaritéÉtablir la loi de Jurin reliant hauteur d'ascension capillaire, rayon du tube et tension superficielle, et l'appliquer aux canaux de xylène.
- 3Partie I.C : l'osmoseÉtablir l'expression de la pression osmotique à l'équilibre entre solution et solvant pur, et évaluer la poussée radiculaire due aux sels minéraux et aux sucres de la sève.
- 4Partie I.D : la perte de chargeUtiliser la loi de Poiseuille pour évaluer la perte de charge visqueuse dans les canaux de xylène et la comparer à la poussée radiculaire.
- 5Partie II : la transpiration et la métastabilité de l'eau sous tensionAnalyser l'expérience de Böhm montrant que l'eau liquide peut être stable sous traction, estimer la tension de rupture de l'eau, puis étudier la spinodale d'un fluide de Van der Waals et l'équation d'état de Speedy pour discuter la métastabilité de l'eau liquide dans les conditions de la sève.
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ÉCOLE POLYTECHNIQUE
ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHYSIQUE ET CHIMIE INDUSTRIELLES
filière P C
PREMIÈRE COMPOSITION DE PHYSIQUE
Comment la sève monte-t-elle dans les arbres?
Données numériques
| Accélération de la pesanteur |
|
| Constante des gaz parfaits |
|
| Pression atmosphérique normale | 1, 01325 bar
|
| Masse volumique de l'eau à
|
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| Tension superficielle de l'eau à
|
|
| Viscosité dynamique de l'eau à
|
|
| Rayon des canaux de xylène (bois) |
|
| Température de fusion de la glace sous pression normale |
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Propriétés de l'eau au point critique
| Masse volumique | Pression | Température |
|
|
|
|
Paramètres de l'équation d'état de Speedy à
20^∘C
|
|
|
|
| 17,8297 | -208 MPa |
|
Masses molaires
| Élément | C | Cl | H | O | K | Na | S |
| Masse molaire en g | 12 | 35,5 | 1 | 16 | 39,1 | 23 | 32,1 |
Formulaire
- A température constante, pour un corps pur de potentiel chimique
μ , de volume molairev et à la pressionP , on a :
- Potentiel chimique d'une mole de composant
i dans un mélange idéal à la températureT et à la pressionp :
- Loi de Poiseuille :
Première partie L'impossible montée
A. La poussée atmosphérique.
- En supposant que l'eau est incompressible, quelle est la pression
P(h) au sommet d'une colonne d'eau de hauteurh et dont la base est à la pression atmosphériqueP_0 ? - Application numérique : Quelle hauteur maximale
h_A peut atteindre l'eau soumise à une aspiration sous vide?
B. La capillarité.
- On considère une goutte de liquide, sphérique, de rayon
r , à l'équilibre avec l'air environnant de pression uniformeP_0 ; soitP_i la pression au sein de la goutte.
a) Donner l'expression deP_i en fonction deP_0, σ etr .
b) Application numérique : A partir de quel rayon la pression au sein d'une goutte d'eau est-elle supérieure de1% à la pression atmosphérique? - Lorsque l'on plonge un tube de verre très propre, cylindrique et de faible rayon
R , dans un liquide, on constate que le liquide s'élève dans le tube d'une hauteurh . Le ménisque a la forme d'une calotte sphérique qui se raccorde aux parois avec un angleψ (voir figure 1).
a) En calculant la pression du liquide sous le ménisque de deux façons différentes, relierh àR, cosψ et à la grandeurλ_C = √(σ/(ρg)) , dont on donnera la dimension et que l'on interprétera.
b) Que se passe-t-il siψ > π/2 ?
c) Application numérique : Calculerλ_C pour l'eau. De quelle hauteurh_C la sève brute peut-elle s'élever par capillarité dans les canaux de xylène qui la transportent?

C. L'osmose.
- On considère un récipient, formé de deux compartiments, de même volume
V et à la même températureT , séparés par une membrane semi-perméable, perméable au solvantA mais non aux solutésB_i . Le compartiment de gaucheG contient une solution supposée idéale, celui de droiteD le solvant pur (voir figure 2). On noteμ_A^0(T, P) le potentiel chimique d'une mole deA pur.
a) Quelle condition est satisfaite lorsque ce système est à l'équilibre ? En déduire que les deux compartiments ne peuvent être alors à la même pression.
b) En supposant que la solution est très diluée et que le solvant est incompressible, montrer que la surpressionΠ qui s'exerce dans le compartimentG , appelée pression osmotique, est de la forme :Π = RT(∑_i n_i)/V oùn_i est le nombre de moles du solutéB_i .
c) Commenter cette loi. Où intervient la nature du ou des solutés? En quoi cette loi est-elle remarquable? - La sève brute contient en général moins d'un gramme par litre de minéraux divers (ions
Na^+, Cl^−, K^+ ,HCO_3^−… ) et parfois des substances organiques.
a) Estimer la pression osmotique de la sève brute par rapport à l'eau pure en ne tenant compte que des sels minéraux.
b) Certains arbres, comme l'érable, ont au début du printemps, une sève riche en sucres : la concentration

c) Expérimentalement, on constate qu'à la base des végétaux, la sève brute est bien émise sous pression : on trouve des pressions de l'ordre de 1 bar et plus, en excès par rapport à la pression atmosphérique. Est-il raisonnable de considérer cette poussée radiculaire comme étant pour une large part de nature osmotique?
d) Application numérique : De quelle hauteur
D. La perte de charge.
- Les canaux de xylène, approximativement cylindriques, présentent une dispersion en taille. Quels sont ceux qui transportent principalement la sève brute?
- Des mesures donnent des vitesses moyennes d'ascension de l'ordre de
0, 5mh^(− 1) pour les conifères et jusqu'à50 m h^(− 1) pour des arbres à gros canaux comme le chêne.
a) En déduire la perte de charge théorique par unité de longueur pour ces deux types d'arbres. Que constate-t-on?
b) Les mesures expérimentales sont dans un facteur d'environ 2 par rapport aux prévisions
théoriques. Dans quel sens ce facteur joue-t-il? Justifier.
c) La perte de charge est-elle significative par rapport à la poussée radiculaire ?
E. Quels sont, parmi les mécanismes précités, ceux qui vous semblent les plus à même d'expliquer la montée de la sève? Montrer que la montée de la sève dans les très grands conifères demeure inexplicable à ce stade.
Deuxième partie La transpiration
A. Un analogue saisissant de ce mode de transport de la sève est donné par l'expérience de J. Böhm (1893). Un récipient, en argile poreuse, est plongé dans un bain d'eau bouillante. L'eau du récipient est siphonnée, par l'intermédiaire d'un tube capillaire, au travers d'une bouteille contenant du mercure. Lorsque l'on retire le bain bouillant, on constate que l'eau reflue dans le tube en tirant à elle une colonne de mercure qui peut atteindre 1 m de hauteur (voir figure 3 ).

- Quelle est la pression dans le tube au niveau de l'interface eau/mercure? En quoi est-ce remarquable?
- Expliquer en quelques lignes en quoi cette expérience éclaire le mécanisme de la montée de la sève par transpiration.
- L'argile poreuse est un entrelacs de pores de tailles et de formes variées dans lequels existent des ménisques entre l'air et l'eau liquide. Quelle doit-être la largeur approximative de ces pores pour provoquer une telle dépression? (on se référera à I.B).
- Qu'adviendrait-il si jamais une bulle apparaissait dans l'eau?
B. L'expérience de Böhm montre que l'eau liquide peut être stable sous traction. Dans tout ce qui suit, on cherche à évaluer quelle tension (force de traction par unité de surface) l'eau liquide peut supporter sans se rompre.
.jpg)

- On admet que la colonne de liquide se rompt en deux, tout en conservant son volume, et que la surface de séparation créée est plane et bien nette (voir figure 4b). Exprimer à l'aide de la tension superficielle
σ du liquide le travailW qu'il a fallu fournir pour créer cette séparation. -
W est l'opposé du travail des forces attractives à très courte portéeδ (moins de 10 nm ) qui s'exercent entre les molécules de part et d'autre de la surface de séparation. Quelle est l'origine microscopique de ces forces attractives? - Application numérique : En supposant que
W soit fourni par une force constanteF_(max) sur la distance adéquateδ , calculerF_(max) pour l'eau à20^∘C puis la tension correspondante(F_(max))/S , que l'on exprimera en bar. On prendraS = 10 cm^2 . - Que vaut la pression de l'eau juste avant la rupture? Ce résultat est-il compatible avec l'expérience de Böhm?
C. On considère un fluide de volume molairev , à la pressionP et à la températureT , dont l'équation d'état est, dans un domaine de température et de pression, correctement décrite par
l'équation de Van der Waals :
- Calculer
χ_T pour le fluide de Van der Waals. - Quel doit-être, selon vous, le signe de
χ_T pour que le fluide soit mécaniquement stable?
3. Montrer que l'équation de la spinodale du fluide de Van der Waals en coordonnées
- En déduire l'équation de la spinodale
P = f(v) en coordonnées(v, P) . - Tracer l'allure de la spinodale dans le diagramme (
v, P ) en indiquant les zones où le fluide n'est pas stable mécaniquement. - Calculer les coordonnées
(v_C, P_C) du sommetC de la spinodale, puis la température correspondanteT_C . - Tracer, dans le plan (
v, P ), l'allure des isothermes du fluide de Van der Waals. Justifier physiquement pourquoiC est confondu avec le point critique du fluide, point dont on rappellera la définition. - Dans les conditions expérimentales courantes, pour une température
T donnée inférieure àT_C , certaines parties de l'isotherme ne sont pas observées expérimentalement; une portion est remplacée par un « palier » àP constante, d'extrémitésA etB (avecv_A < v_B ). Quelle est la condition d'équilibre thermodynamique que doit satisfaire le fluide enA et enB et qui détermine la position de ce palier. - Indiquer sur le graphe de cette isotherme de Van der Waals les parties correspondant au fluide stable, instable, métastable.
D. On introduit les coordonnées réduitesθ = T/T_C, φ = v/v_C etπ = P/P_C . - Montrer que, pour un fluide de Van der Waals, le rapport
(P_C v_C)/(RT_C) est universel (indépendant dea etb ). Application numérique : Est-ce bien vérifié dans le cas de l'eau? - Donner dans le diagramme (
φ, π ) l'équation de la spinodale. A quel volume réduit la pression s'annule-t-elle sur la spinodale? Quelle est la température réduite correspondante? - Application numérique : Comparer pour l'eau ces prédictions avec les valeurs expérimentales d'annulation de la pression :
T = 324^∘C et un volume massiqueu ≃ 1, 8 cm^3 g^(− 1) . - Application numérique : Calculer approximativement, pour l'eau, la pression sur la spinodale côté liquide à
T = 20^∘C . Comparer avec la valeur trouvée en II.B.4. - Application numérique : Calculer la pression à
T = 20^∘C pour une masse volumiqueρ = 0, 99821 g cm^(− 3) . A quel résultat devrait-on s'attendre? Que constate-t-on?
E. Ainsi, à la température ambiante, l'équation d'état de van der Waals ne décrit plus correctement l'eau liquide. Speedy a proposé en 1982 l'équation d'état suivante :
- Application numérique : Calculer pour une pression de 1 atm à
T = 20^∘C la masse volumique de l'eau. Que pensez-vous de la qualité de l'ajustement? - Calculer
χ_T^(− 1) pour l'équation d'état de Speedy. Comment interpréterP_s etv_s ? - Montrer que l'équation d'état de Speedy s'obtient, à température fixée, en faisant un développement limité de la pression en fonction de
v^(− 1) autour dev_s^(− 1) , tronqué au second ordre. En déduire une expression deB . - La valeur de la pression de l'eau liquide à la limite de la métastabilité prédite par Speedy à
T = 20^∘C est proche de la valeur expérimentale. Par ailleurs, des mesures donnent une pression de la sève de l'ordre de -1 MPa au sommet des végétaux. Qu'en concluez-vous?
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte ce sujet de physique 1 X-ESPCI PC 2001 ?Afficher ou masquer la section
Questions fréquentes
4 questionsSur quels chapitres porte ce sujet de physique 1 X-ESPCI PC 2001 ?
Il porte sur la statique des fluides, la tension superficielle, la thermodynamique des solutions (osmose), l'écoulement visqueux et la thermodynamique de l'équation d'état de Van der Waals appliquée à la métastabilité de l'eau.
Le sujet explique-t-il complètement la montée de la sève ?
La première partie montre qu'aucun des mécanismes classiques (pression atmosphérique, capillarité, osmose) ne suffit pour les grands arbres ; la seconde partie développe le mécanisme réel de la transpiration, lié à la capacité de l'eau liquide à supporter une pression négative.
Quelles parties de ce sujet sont indépendantes ?
L'énoncé précise que les sous-parties sont très largement indépendantes les unes des autres, bien que la partie II reprenne des éléments établis en partie I (notamment la capillarité).
Ce sujet utilise-t-il l'équation d'état de Van der Waals ?
Oui, la partie II.C étudie la spinodale du fluide de Van der Waals pour discuter la limite de métastabilité de l'eau liquide, avant de comparer ce modèle à l'équation d'état empirique de Speedy.
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