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X ENS Physique 2 MP 2002Sujet

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DEUXIÈME COMPOSITION DE PHYSIQUE

(Durée : 4 heures)

L'utilisation des calculatrices est autorisée pour cette épreuve.

Premier problème

L'objet du problème est d'étudier certains aspects du mouvement de trois corps en interaction gravitationnelle. On désignera par G la constante de gravitation universelle.

I

Deux masses ponctuelles m_1 et m_2 en interaction gravitationnelle forment un système isolé. À l'instant t, elles sont situées respectivement aux points A_1 et A_2 repérés dans un référentiel galiléen par R⃗_1 = OA_1^(→−) et R⃗_2 = OA_2^(→−), avec les vitesses V⃗_1 et V⃗_2; on pose r⃗ = A_1 A_2^(→−) et r = ‖r⃗‖.
  1. Donner l'expression de l'énergie potentielle d'interaction des deux masses.
  2. Déterminer la position de leur centre d'inertie C. Quelle est la trajectoire de C ? Déterminer sa vitesse.
  3. Calculer l'énergie cinétique des deux masses dans le référentiel barycentrique; montrer qu'elle est égale à celle d'une masse ponctuelle de vitesse v⃗ = r⃗˙ et de masse μ que l'on déterminera en fonction de m_1 et m_2.
  4. Montrer que le mouvement relatif de m_2 par rapport à m_1, caractérisé par r⃗(t), est équivalent à celui de cette masse ponctuelle soumise à une force que l'on explicitera et dont on précisera les caractéristiques.
  5. À quelle condition portant sur r et v = ‖v⃗‖ les deux masses restent-elles à distance finie l'une de l'autre?
    6.a) À quelle condition sur r et v les deux masses restent-elles à distance fixe r_0 l'une de l'autre?
    b) Déterminer dans ce cas la période T de leur mouvement, ainsi que la vitesse angulaire Ω, en fonction des masses, de r_0 et G.

II

On étudie un cas particulier du problème à trois corps « restreint », à savoir :
  • Deux masses m_1 et m_2 sont beaucoup plus grandes que la troisième m, soit m_1≫m et m_2≫m. La masse m est supposée ponctuelle comme m_1 et m_2.
  • Les deux masses m_1 et m_2, à distance constante l'une de l'autre, effectuent un mouvement de rotation à la vitesse angulaire Ω autour de leur centre d'inertie C. Ce mouvement, décrit au I.6, n'est pas affecté par la présence de la troisième masse m.
On ne considère dans cette partie que les situations où les trois masses restent alignées au cours du temps. La masse m est située au point A. On prendra la direction A_1 A_2^(→−) comme axe x^′ Cx d'origine C, avec CA_1^(→−) = − r_1 e⃗_x et CA_2^(→−) = r_2 e⃗_x, CA^(→−) = xe⃗_x, e⃗_x vecteur unitaire.
  1. Exprimer, en fonction de x et à l'aide des paramètres du système, la composante selon x^′ Cx de la force totale qui s'exerce sur la masse m dans le référentiel tournant à la vitesse angulaire Ω.
  2. Montrer que dans ce référentiel tournant cette composante dérive d'une fonction U(x) qui joue le rôle d'une «e énergie potentielle ». Expliciter U(x).
  3. Effectuer une étude qualitative de U(x) en fonction de x; par une analyse graphique, montrer qu'il y a trois positions «d'équilibre » possibles pour la masse m et les situer qualitativement par rapport aux masses m_1 et m_2.
  4. Discuter de la stabilité de ces positions d'équilibre dans le référentiel tournant, vis-à-vis des déplacements selon l'axe x^′ Cx.

III

  1. Trois masses, a priori différentes, m_1, m_2 et m_3 sont situées respectivement aux trois sommets A_1, A_2, A_3, d'un triangle équilatéral de côté d; soit C leur centre d'inertie.
    F⃗_1 étant la résultante des forces de gravitation s'exerçant sur la masse m_1, montrer que :
F⃗_1 = − Gm_1((m_1 + m_2 + m_3))/(d^3)CA_1^(→−)
  1. En déduire que, si les masses tournent dans leur plan avec une certaine vitesse angulaire commune Ω que l'on déterminera, elles sont en équilibre relatif.
On limite, dans toute la suite de cette partie, l'étude au cas où, comme en II, l'une des masses, m_3(= m), est beaucoup plus petite que les deux autres m_1 et m_2, dont le mouvement circulaire n'est pas modifié par m. On prend la direction A_1 A_2^(→−) comme axe X^′ CX. La masse m, placée en A, est repérée par R⃗(t) = CA^(→−) de coordonnées ( X, Y ). On s'intéresse à la stabilité de la masse m au voisinage du sommet A_3 du triangle équilatéral de base A_1 A_2, en limitant d'abord
l'étude aux mouvements dans ce plan. On oriente l'axe Y^′ CY de telle sorte que l'ordonnée de A_3 soit positive.
3. Écrire, dans le référentiel tournant, « l'énergie potentielle » U(X, Y) dont dérive la somme des forces gravitationnelles et d'inertie d'entraînement agissant sur la masse m; on posera ‖AA_1^(→−)‖ = d_1(X, Y) et ‖AA_2^(→−)‖ = d_2(X, Y).
4. Écrire l'expression vectorielle de l'accélération a⃗ de la masse m dans le référentiel tournant, à l'aide du vecteur rotation Ω⃗, de la vitesse v⃗(v_x, v_y) dans ce référentiel et de grad^(→−)(u) où u(X, Y) = U(X, Y)/m.
Dans la suite, on notera u_X(X, Y) = (∂u(X, Y))/(∂X), u_(XY)(X, Y) = (∂^2 u(X, Y))/(∂X∂Y), etc..
5. En vue d'étudier la stabilité de m au voisinage du point A_3, on pose X = X_0 + x, Y = Y_0 + y, où ( X_0, Y_0 ) sont les coordonnées du point d'équilibre A_3 de la masse m, dont on ne demande pas le calcul explicite.
Écrire les équations du mouvement, en se limitant aux termes du premier ordre en x et y. Pour alléger l'écriture, on notera : u_(XX) = u_(XX)(X_0, Y_0) u_(XY) = u_(XY)(X_0, Y_0) etc..
6. On cherche des solutions du type : x = aexp(λt), y = bexp(λt), où a et b sont des constantes.
Montrer que λ doit vérifier l'équation caractéristique :
λ^4 + λ^2(4Ω^2 + u_(XX) + u_(YY)) + (u_(XX)u_(YY) − u_(XY)^2) = 0
  1. On admet que si l'on pose :
λ = λ^′ Ω m_1 = α(m_1 + m_2) m_2 = (1 − α)(m_1 + m_2)
et que l'on évalue les dérivées partielles figurant dans l'équation caractéristique de la question III.6, la variable λ^(′2) vérifie l'équation du second degré suivante :
λ^(′4) + λ^(′2) + (27)/4α(1 − α) = 0
Soit Δ le discriminant de cette équation.
a) Que conclure sur la stabilité de la position d'équilibre si Δ ⩾ 0 ?
b) Même question si Δ < 0.
c) En déduire les valeurs de α pour lesquelles la position d'équilibre est stable.
8. Pour le système Lune - Terre, le rapport de la masse légère m_1 à la masse totale ( m_1 + m_2 ) est α = 0, 012. En considérant ce système comme isolé, quelles conclusions en tirez-vous quant à la stabilité de la position d'équilibre d'un petit objet dont la position formerait un triangle équilatéral avec les centres de la Terre et de la Lune?
Même question pour le système Jupiter - Soleil pour lequel α = 0, 001. L'observation des « planètes troyennes », de même période de révolution que Jupiter autour du Soleil et faisant avec lui et le Soleil un triangle équilatéral, conforte-t-elle votre conclusion?
9. Par une analyse qualitative des forces s'exerçant dans le référentiel tournant, étudier la stabilité de la position A_3 vis-à-vis de petits mouvements orthogonaux au plan XCY.

Deuxième problème

Quelques propriétés des gaz réels et des mélanges sous deux phases

Dans tout le problème, la température reste fixée et est notée T.R désigne la constante des gaz parfaits.
  1. On considère un système formé d'un seul constituant.
    a) Établir la relation entre l'enthalpie libre à la pression p_1 notée G(p_1), l'enthalpie libre à la pression p_2 notée G(p_2) et le volume V du système.
    b) Que devient cette relation dans le cas où le système est un solide ou un liquide peu compressible?
    c) Que devient la relation dans le cas où le système est constitué par n moles de gaz parfait ? En déduire l'expression du potentiel chimique (enthalpie libre molaire) μ du constituant à la pression p en fonction du potentiel chimique standard μ^∘ et de la pression standard p^∘.
  2. Dans le cas d'un gaz réel la forme de l'expression précédente du potentiel chimique est conservée à condition de remplacer p par la fugacité f, fonction de p. On se propose de trouver le lien entre f et p.
    a) Établir la relation entre f, p, T, le volume molaire V_m du gaz réel et le volume molaire V_m^o du gaz parfait associé. On utilisera le fait que, lorsque la pression tend vers 0 , le gaz réel se comporte comme un gaz parfait.
    b) On appelle Z le facteur de compressibilité, qui représente un écart du comportement du gaz réel par rapport au gaz parfait associé :
Z(p) = (pV_m)/(RT)
Montrer que f peut s'écrire :
f = pexp(∫_0^p(Z(p^′) − 1)/(p^′)dp^′)
c) On propose comme équation d'état d'un gaz réel l'équation de Van der Waals :
p + a/(V_m^2) = (RT)/(V_m − b)
dans laquelle a et b désignent deux constantes caractéristiques du gaz étudié. Quelle interprétation physique peut-on donner de ces constantes?
En effectuant un développement limité de V_m au premier ordre en (ap)/(R^2 T^2) et (bp)/(RT), calculer une expression approchée de f.
Application numérique. On donne pour l'ammoniac les valeurs numériques suivantes:
a = 0, 42 Pa m^6 mol^(− 2), b = 37 × 10^(− 6) m^3 mol^(− 1).
Calculer f pour p = 10^6 Pa et T = 298, 15 K. On prendra R = 8, 31 J K^(− 1) mol^(− 1). L'un des deux paramètres a et b joue-t-il un rôle prépondérant? Comment cela se traduit-il sur le volume molaire V_m ?
3. On étudie le comportement d'un mélange de constituants en équilibre sous deux phases liquide et gazeuse.
On peut établir (mais ce n'est pas demandé) pour le constituant i l'expression suivante pour la fugacité f_i :
f_i = a_i^L p_i^(sat)exp(∫_0^(p_i^(sat))(Z_i(p_i^′) − 1)/(p_i^′)dp_i^′)exp(1/(RT)∫_(p_i^(sat))^(p_i)V_(im)^L dp_i^′)
dans laquelle p_i^(sat) désigne la pression de vapeur saturante du constituant i pur, V_(im)^L son volume molaire à l'état liquide, a_i^L son activité dans la phase liquide, p_i sa pression dans la phase gazeuse, Z_i son facteur de compressibilité.
Que devient cette expression dans les cas suivants :
a) Le liquide est incompressible sur l'intervalle de pression étudié.
b) Le volume molaire du constituant i liquide est négligeable.
c) La condition de la question précédente est réalisée et la phase gazeuse est un mélange idéal de gaz parfaits.
d) Les conditions de la question précédente sont réalisées et le liquide est un mélange idéal où x_i^L désigne la fraction molaire du constituant i dans la phase liquide.
4. La relation de la question 3.d) est vérifiée pour les constituants du mélange benzène (1)-toluène (2) aux pressions faibles et modérées. x_i^L et x_i^V désignent les fractions molaires du constituant i dans la phase liquide et dans la phase gazeuse respectivement. On donne les pressions de vapeur saturante à 90^∘C : p_1^(sat) = 136, 1 × 10^3 Pa et p_2^(sat) = 54, 2 × 10^3 Pa. Établir les courbes isothermes d'ébullition et de rosée sur le diagramme représentant p en fonction respectivement de x_1^L et x_1^V à 90^∘C.

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